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AMBASSADE DE FRANCE EN ALLEMAGNE
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SERVICE DE PRESSE et DE COMMUNICATION
Revue hebdomadaire de la presse
allemande
POLITIQUE INTERIEURE
Augmentation des effectifs de la Bundeswehr
Sous le titre « Von der Leyen veut étoffer la Bundeswehr », la Frankfurter Allgemeine Zeitung évoque les annonces de la ministre fédérale de la défense, Ursula
von der Leyen (CDU), qui a fait part, mardi 10 mai, de la première hausse d'effectifs de l’armée allemande depuis la réunification, une décision qui, a-t-elle
souligné, met un terme à une logique de coupes ininterrompues. D’ici à 2023, le
nombre de soldats doit augmenter de 14 300 et les effectifs civils de l’armée de
4 400 pour atteindre un total de 194 000 hommes.
Pour la FAZ, qui évoque un « petit tournant », cette décision est la suite logique
des annonces faites par la ministre de la défense lors de la conférence sur la sécurité à Munich il y a deux ans et demi. Die Welt applaudit à une mesure « enfin
réaliste » qui répond aux nécessités de la situation géopolitique actuelle marquée
par « la menace russe, la guerre contre Daech en Syrie, en Iraq et peut-être
bientôt en Libye ». Estimant qu’Ursula von der Leyen « dirige la Bundeswehr
comme une grande entreprise », le Handelsblatt se félicite du « gain de flexibilité » que représente la mesure. Il s’agit d’une augmentation « plus symbolique
que gigantesque », tempère la Berliner Zeitung, mais qui porte néanmoins la
marque des temps : « le monde se trouve à nouveau engagé dans un processus
de réarmement ».
Le gouvernement fédéral disposé à une limitation des contrats intérimaires et à davantage de flexibilité pour les retraités désireux
de reprendre une activité
L’ensemble de la presse a fait état de l’accord intervenu mardi 10 mai au sein du
gouvernement fédéral portant sur deux projets défendus par la ministre en
charge du travail et des affaires sociales, Andrea Nahles (SPD). Le premier projet
porte sur l’encadrement du travail intérimaire qui sera désormais limité à un contrat de 18 mois et ouvrira droit pour les travailleurs intérimaires en mission
pendant plus de neuf mois dans la même entreprise au même salaire que les
employés maison dans les mêmes fonctions. Le second projet vise à permettre
aux personnes ayant atteint l’âge de la retraite de continuer à travailler en dé-
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chargeant l’employeur de certaines cotisations (chômage notamment) et à permettre aux retraités désireux de de reprendre une activité une rémunération plus
attractive que ce n’était le cas jusqu’à présent.
Si Bild applaudit à ce second projet au motif qu’il prend enfin en compte le vieillissement de la population et fournit une réponse appropriée aux nombreux
retraités aptes à travailler, le tabloïd n’en souligne pas moins que le caractère
coûteux des projets de la ministre de tutelle (le 3ème d’envergure depuis 2013
avec l’adoption du salaire minimum). Le Tagesspiegel se déclare peu convaincu
par les mesures destinées à limiter l’usage des contrats de sous-traitance.
POLITIQUE EUROPEENNE ET INTERNATIONALE
Démission du chancelier autrichien
L’annonce de la démission du chancelier autrichien Werner Faymann est commentée par l’ensemble des quotidiens qui s’accordent à constater que son
revirement en matière de politique migratoire, marqué par un durcissement alors
qu'il avait initialement défendu l'accueil des réfugiés, n’est pas étranger à cette
issue. « Les socialistes du SPÖ et les chrétiens-démocrates de l’ÖVP ont été confrontés à une perte continue de confiance de la part des électeurs - ce qui n’est
pas sans rappeler un certain parallèle avec Berlin -, tandis qu’à droite le FPÖ
était en mesure de se présenter aux électeurs comme la vraie alternative », fait
valoir la FAZ. « Ce qui se passe actuellement chez nos voisins pourrait bien nous
menacer à brève échéance », renchérit le tabloïd Bild qui en veut pour preuve le
dernier sondage INSA qui crédite la grande coalition en Allemagne de seulement
50% d’opinions favorables et situe le parti de droite populiste AfD à 15% (en
hausse de 1,5 point par rapport à la semaine passée, alors qu’avec 30,5% la
CDU/CSU perd 1,5 point et que le SPD stagne à 19,5%). « Les grandes coalitions
sont un poison mortel pour les partis qui s’y engagent (…) Depuis 2005, la
CDU/CSU et le SPD se sont laissé aller par deux fois à la tentation. Ceci ne doit
pas se reproduire en 2017 », met en garde Bild.
Le tabloïd signale par ailleurs que l’ancien ministre-président bavarois Edmund
Stoiber (CSU) a appelé la CDU à davantage s’intéresser à son électorat conservateur de manière à regagner la frange des démocrates tentés par le vote AfD.
Constatant que le fossé s’est creusé entre la CDU et la CSU sur de nombreux
dossiers (politique migratoire, sécurité intérieure), Edmund Stoiber indique que
faute de rapprochement la CSU se trouvera contrainte de faire campagne sur ses
propres positions en 2017. Sous le titre « la gauche du SPD veut sortir de la
grande coalition », le tabloïd indique le lendemain que l’aile gauche du SPD fait
pression sur la présidence du parti pour qu’une éventuelle reconduction de la
grande coalition soit exclue au ledemain des élections de 2017. Le journal en
veut pour preuve des propos de Matthias Miersch, représentant de l’aile gauche,
qui a déclaré que « l’Autriche fournit l’exemple de ce qui se passe dès lors que la
grande coalition devient l’état normal des choses ».
Ukraine/réunion en format Normandie à Berlin
La presse rend compte de manière factuelle de la rencontre des ministres des
Affaires étrangères français, allemand, ukrainien et russe en format Normandie,
mercredi 11 mai à Berlin, rapportant les propos du ministre allemand des Affaires
étrangères qui a souligné le caractère « difficile » des négociations et fait part
d’un bilan « au mieux mitigé ». Les journaux retiennent que Frank-Walter
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Steinmeier (SPD) a néanmoins évoqué « une atmosphère améliorée » et a indiqué que « des pas significatifs vers l’avant » avaient été effectués sur les
questions de sécurité. A l’instar de la FAZ qui titre « à l’Est, rien de nouveau »,
les journaux regrettent l’absence de progrès sur l’organisation d’élections locales
dans l’est de l’Ukraine et rappellent la tenue d’un sommet européen dans six semaines lors duquel « des décisions devront être prises ». La Süddeutsche
Zeitung se montre pessimiste sur l’avancée des négociations, s’inquiétant d’un
risque d’échec des accords de Minsk et de nouvelles tensions entre Kiev et Moscou.
Accord UE-Turquie sur la politique migratoire
Suite au refus de la conférence des présidents du Parlement européen d’étudier
la proposition d’exemption de visas pour les Turcs tant que l’ensemble des conditions fixées à Anka ra ne seront pas remplies, la presse s’est fait l’écho de
l’escalade verbale côté turc : « le pacte sur les réfugiés de l’UE avec Ankara en
danger », titre la Süddeutsche Zeitung ; « Ankara fulmine, un ministre d’Erdogan
menace l’UE », souligne la Berliner Zeitung. Die Welt se félicite, dans un commentaire, du « réveil de Bruxelles » face au « despote du Bosphore » et juge que
l’accord conclu le 18 mars entre l’UE-Turquie n’est pas sans alternative. Face aux
chantages permanents d’Ankara, « c’est à l’UE d’agir et de protéger ses frontières, au pire par des missions militaires multinationales », écrit le quotidien.
Les avis sont partagés sur les rapports de force : « Erdogan a besoin des Européens bien plus que l’inverse et Mme Merkel et les autres devraient enfin faire
preuve de plus d’aplomb vis-à-vis d’Ankara », estime ainsi Die Welt. « L’UE a
besoin de la Turquie car Erdogan menace de renvoyer les réfugiés sur la route de
l’Europe », tempère la Frankfurter Rundschau. « La chancelière a besoin de l’aide
d’Erdogan pour éviter un échec de sa politique migratoire et le paie au prix
fort », affirme le Handelsblatt. Bild chiffre à 3,8 millions d’euros une concession
faite dans ce contexte par l’Allemagne à la Turquie, sous la forme de la construction d’un pavillon à l’Expo horticole internationale d’Antalya – après 15 ans
d’absence de l’Allemagne à cette manifestation – décidée à la dernière minute
« en raison de la situation politique actuelle », selon des sources proches du
gouvernement fédéral citées par Bild.
En fin de semaine, la presse se fait l’écho du durcissement des positions. « Erdoğan a accusé l’UE de s’ingérer dans les affaires intérieures de la Turquie »,
titre la Frankfurter Allgemeine Zeitung. « Si la stratégie d’Erdoğan est de refuser
aux Turcs la libéralisation des visas, c’est son problème, pas le mien », a rétorqué le président de la commission européenne, Jean-Claude Juncker, présent
jeudi 12 mai à Berlin dans le cadre de la conférence annuelle sur l’Europe organisée par la chaîne régionale publique WDR et de l’inauguration après travaux de
la représentation de la commission européenne. Il a également insisté sur le fait
que l’UE avait négocié le pacte migratoire avec le gouvernement turc et non son
président.
Sous le titre « Merkel défend le pacte migratoire UE-Turquie », la Süddeutsche
Zeitung indique que lors du Forum Europe qui s’est tenu à l’Auswärtiges Amt, la
chancelière a souligné que le pacte UE-Turquie avait permis de sauver des vies
en évitant des noyades de migrants en Méditerranée, rapportent les quotidiens.
« Les Européens ont un intérêt durable à ce que ce pacte migratoire ne
s’effondre pas », a également déclaré le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier (SPD), lors de cette conférence. S’agissant du
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dossier des visas, il a toutefois souligné que « la balle est dans le camp de la
Turquie », note le Tagesspiegel. « Il ne peut y avoir de ‘Lex Turquie’, la Turquie
doit remplir les critères pour une exemption des visas comme tout autre pays »,
a renchérit le vice-chancelier et président du SPD, Sigmar Gabriel, rapporte encore la Süddeutsche Zeitung.
Les responsables politiques allemands prennent la défense de la
BCE
Dans un article teinté d’ironie, la Süddeutsche Zeitung s’étonne que Mario Draghi, « bête noire des épargnants allemands » dont la politique monétaire était
encore récemment ouvertement critiquée en Allemagne, notamment par les conservateurs, reçoive à présent pour son action le soutien de la chancelière, du
vice-chancelier et du ministre des finances, après celui, remarqué, du président
de la Bundesbank. « Cela n’aide personne de faire de la BCE un bouc-émissaire
simplement parce qu’elle remplit son mandat », déclare ainsi au journal Sigmar
Gabriel en estimant que c’est aux gouvernements de donner à la banque centrale
européenne les moyens de sortir de sa politique monétaire expansive en prenant
les mesures économiques nécessaires à un retour de l’investissement. La chancelière est « sortie de son silence », relève la Süddeutsche, pour déclarer que la
BCE a pour mission d’assurer la stabilité des prix et que « l’Allemagne et tous les
autres pays de la zone euro doivent veiller à dégager à nouveau des potentiels
de croissance afin de faire remonter le taux d’inflation ».
« Les dirigeants de la grande coalition défendent publiquement et de manière
concertée la politique monétaire de la BCE, voilà qui est nouveau », constate le
quotidien de Munich. Dans un entretien avec le Handelsblatt, le ministre allemand des finances, Wolfgang Schäuble (CDU), se défend d’avoir critiqué Mario
Draghi et précise que les taux d’intérêts très bas avec une inflation proche de
zéro posent un problème davantage politique qu’économique. La Süddeutsche
Zeitung ne peut que spéculer sur les raisons de ce revirement soudain des dirigeants allemands, notamment conservateurs, dans leurs déclarations publiques,
et envisage même un calcul électoraliste, l’objectif pouvant être de chercher à
amadouer la BCE pour qu’elle infléchisse sa politique monétaire avant les législatives allemandes en 2017, écrit le journal./.
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