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Analyse extrait Tombeau Lucioles

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LE TOMBEAU DES LUCIOLES
Histoire des arts 2015
Extrait analysé : « Pourquoi est-ce que les lucioles meurent tellement vite ? »
LE FILM :
Différentes temporalités se croisent tout au long du film, construit en strates de temps en
flash-backs intégrés dans d'autres flash-backs encore. Suite sans fin.
Le film débute par cette phrase : « Le 21 septembre 1945, je suis mort ». Ainsi, le narrateur
indique déjà le contexte historique (fin de la IIde Guerre Mondiale) et montre qu'il va parler du
passé. Par rapport au récit principal du film, c'est donc depuis le futur qu'il nous parle. Cette
temporalité où il est déjà mort est symbolisée par une ambiance rouge.
RÉSUMÉ DE L'EXTRAIT :
Seita et sa petite soeur Setsuko s'apprêtent à passer leur première nuit dans l'abri. Ils vont
chercher des lucioles pour l'éclairer, car Setsuko a peur du noir.
ANALYSE DE L'EXTRAIT :
La constellation des lucioles dans l'abri ouvre la voie au rêve et au souvenir : l'ambiance
lumineuse qu'elle crée a une dimension onirique :
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Domaine du souvenir : La série de souvenirs racontés par Seita s'intègre à la construction
générale du film : il est basé sur une série de flash-backs. Le futur est souvent codifié par
une ambiance sombre et rougeoyante, quand le passé est assez éclairé et joyeux.
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Monde du rêve : Seita préfère fuir la réalité et laisser Setsuko dans l'enfance et l'innocence :
– Il lui cache que leur mère est morte ;
– Il invente constamment des jeux pour la divertir et éclairer son quotidien ;
– Il en oublie une réalité fondamentale : sa sœur doit être bien nourrie. Au lieu de
retourner chez leur tante, il se voile la face en s'imaginant pouvoir protéger seul sa
petite sœur, alors que lui-même n'est qu'un enfant.
EFFETS VISUELS :
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Il y a une correspondance entre les points lumineux des lucioles, des lumières du bateau,
du feu d'artifice et des bombes qui traversent le ciel. Les lucioles rappellent même les
bonbons ronds aux couleurs chatoyantes et lumineuses que Setsuko aime déguster.
On est face à une ambiance nocturne mais féérique : les lucioles donnent la sensation aux
deux enfants de vivre un conte de fée. Ils prennent le fait de vivre dans l'abri comme un jeu,
au point d'en oublier par moments la situation de guerre. En effet, Seita découvrira bien plus
tard seulement que le Japon a capitulé...
La présence des insectes crée un effet de clair-obscur, qui donne une dimension esthétique.
Les lucioles forment comme une voûte céleste, une constellation d'étoiles sous la
moustiquaire. Allongés, Seita et Setsuko semblent flotter dans ce ciel nocturne, comme dans
un rêve.
La moustiquaire donne d'ailleurs la sensation qu'elle protège d'un doux voile les enfants du
monde extérieur. En même temps, elle est aussi le voile des illusions.
Les intensités lumineuses alternent entre la clarté et l'obscurité, dans doux battement.
DIALOGUES ET EFFETS SONORES :
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Lorsque les lucioles s'envolent vers la moustiquaire, une musique douce se fait entendre.
Une autre musique prend le relais : celle qui accompagne le baptême du bateau, souvenir
raconté par Seita. Le souvenir emboîte le pas à un autre souvenir, par des raccords
« fondus », tant de manière sonore que de manière visuelle.
Ce souvenir de l'admiration que Seita voue à son papa, qu'il idéalise et voit comme un
guerrier invincible. Pourtant, on apprend plus tard que ce père a déjà certainement été vaincu
avec sa flotte au moment où Seita convoque son souvenir.
Seita entonne le chant entendu lors du baptême. Ce chant fait aussi référence au patriotisme
des japonais durant cette époque. Cette allusion au patriotisme est souvent faite par la tante
des deux enfants, sur le ton du reproche, ou par la référence aux avions kamikazes. Encore
accompagné au début par la musique, cette dernière s'interrompt brusquement : Seita
revient à la réalité quand il se demande où est le bateau de son père.
D'ailleurs, Setsuko s'est endormie, la fatigue physique a pris le dessus : cela aussi fait revenir
Seita à la réalité, ce qui est signifié par une musique nostalgique. Il se sent seul et tente de
s'endormir en prenant sa petite sœur dans ses bras, mais celle-ci le repousse. La luciole
s'éteint, symbolisant bientôt la fin du rêve : en effet, le lendemain, les lucioles sont mortes.
Le matin au réveil, l'ambiance est morne : Setsuko est en train de creuser une tombe pour les
lucioles. La fillette compare les lucioles à leur mère : « Maman aussi elle est dans une
tombe ». A ce moment, il y a un montage alterné : l'image des lucioles placées dans la
tombe précède celle de la maman jetée dans la fosse commune.
« C'est la tante qui me l'a dit » : le masque de Seita tombe ; il cesse de se voiler la face et
de cacher la vérité. Les larmes coulent sur son visage : ce sont celles du dur retour au réel.
Il parle pour la première fois de la tombe de sa mère, qu'ils iront voir.
Setsuko demande alors : « Pourquoi est-ce que les lucioles meurent tellement vite ? ».
Cette phrase est très symbolique car elle fait référence à leur mère, partie trop vite, mais est
aussi une métaphore de la mort qui les attend trop tôt, eux et de nombreux japonais.
Une musique se fait entendre : on voit les enfants de dos, en proie à leur solitude, enfermés
par le cadre de la porte de l'abri. Un panoramique vers la gauche entraîne le regard vers une
scène lumineuse rouge : on retourne au temps de la mort.
LE TITRE ET LA MÉTAPHORE DES LUCIOLES :
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Setsuko se demande pourquoi les lucioles meurent si vite, montrant qu'il s'agit d'animaux
éphémères ; comme la vie de Seita et Setsuko, emportée par leur insouciance, leur fragilité
d'orphelins et la situation de guerre. Le titre évoque tant les insectes, dont la présence
rythme le film, que la vie écourtée de ces enfants lumineux et pleins de vie.
Leur mère aussi est comparée à la nature éphémère de ces insectes.
Les lucioles sont des animaux innocents, comme les deux enfants.
Setsuko creuse leur tombe, en même temps qu'ils creusent eux-même leur tombeau : en
choisissant de vivre en marge de la société, loin du monde des adultes et de leur brutalité, ils
oublient qu'ils ont besoin d'eux pour survivre.
Les lucioles invitent à de nombreuses comparaisons, faites par les enfants eux-mêmes :
– « Des lucioles sur une moustiquaire, c'est comme des flocons de neige sur une
vitre », dit par exemple Seita.
– Setsuko les compare un avion kamikaze qui passe dans le ciel : « Ca ressemble à
une luciole ».
De nombreuses correspondances visuelles peuvent aussi être trouvées avec d'autres points
lumineux (lumières lors du baptême du bateau, feux d'artifice, bonbons, bombes
aériennes...)
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