close

Se connecter

Se connecter avec OpenID

Appel à contributions - Université Paris 1 Panthéon

IntégréTéléchargement
Journée d’études des doctorants
de l’UMR Sirice du 21 mai 2016
Appel à contributions
Experts et gouvernance : quelles expertises pour quelle autorité ?
L’expert est un acteur omniprésent dans l’activité politique à l’échelle nationale et
internationale. Porteur d’une compétence qui le rend « spécialiste » mais également reconnu à ce
titre par sa formation et la plupart du temps par ses pairs, l’expert occupe une place de choix dans
les processus de décision concernant des domaines aussi divers que la santé, le développement,
l’industrie ou encore l’environnement, allant même jusqu’à occuper des fonctions jadis tenues par
des diplomates ou des hauts fonctionnaires. Par ailleurs, les canaux de communication ont beaucoup
évolué et l’expertise touche désormais toutes les professions, avec un public beaucoup plus large.
Le rôle des experts dans nos sociétés contemporaines n’a cessé d’intéresser les sciences
sociales depuis bientôt trois décennies. Constatant le rapprochement entre les techno-sciences et le
pouvoir dès la seconde moitié du XIXe siècle ainsi que le recours croissant à l’expertise dans tous
les domaines – politiques publiques, médias d’opinion, planification –, les sociologues et, plus
récemment, les historiens ont cherché à définir l’expert comme un acteur très particulier à la fois
spécialiste et médiateur entre savoir et pouvoir.
La journée d’étude des doctorants de l’UMR Sirice, qui se tient chaque année au printemps,
proposera le 21 mai 2016 aux jeunes chercheurs qui le souhaitent de travailler sur l’expert et ses
rapports au politique à partir de figures bien identifiées et/ou de groupes précis. Les situations
d’expertise qui confrontent le connaisseur technique à une demande sociale et/ou politique étant
relativement balisées par la littérature scientifique (l’expert juridique, militaire, sanitaire,
l’administrateur, les journalistes, etc.), il s’agira donc de présenter des figures précises pour les
saisir dans leur réalité historique. Les canaux de communication ayant beaucoup évolué, l’expertise
touche toutes les professions, avec un public beaucoup plus large. Il s’agit également d’interroger
l’existence de modèles nationaux, la construction d’une gouvernance internationale par l’expertise
dans des domaines précis mais également de mettre en perspective les chronologies différenciées de
l’institutionnalisation des différents champs de l’expertise.
Cette journée permettra également d’étudier l’apparition et la reconnaissance d’une
communauté épistémique d’un genre nouveau, à cheval entre les réseaux de savoir académique et le
travail de terrain. En nous inscrivant sur un temps long, nous faisons le pari d’offrir une autre
interprétation du rôle de l’expert et de son insertion dans les réseaux internationaux. De simple
conseiller ad hoc durant les commissions spéciales, il semble être progressivement devenu un
partenaire obligé dans la définition et la mise en place de plans de gouvernance globale.
Axes thématiques
Les axes thématiques de travail qui seront privilégiés par le comité scientifique sont les suivants :
- Formation des compétences et domaines d’expertise : l’étude de certaines figures
d’experts doit permettre de reconstituer des parcours, de la formation scientifique ou technique à la
reconnaissance sociale d’une compétence qui fait émerger l’expert, mais aussi d’interroger la
constitution de champs d’expertise nationaux et/ou internationaux, voire de communautés
épistémiques. Les experts peuvent également être des hommes et des femmes de terrain, aspect
qu’il importe d’aborder afin de comprendre la place de leurs propres expériences dans la
formulation de leurs avis. La légitimité de l’expert se construit-elle en écho, en parallèle, à la
professionnalisation de la politique ?
Il pourra s’agir de dégager des trajectoires où l’exigence croissante de spécialisation peut
venir contredire des logiques de sélection locale, nationale ou internationale. En lien avec cette
question des parcours, il faut également penser la construction des réseaux entre individus et
groupes d’experts. Le réseau étant ici à la fois une ressource sociale et, peut-être aussi, une
condition de la construction de l’expertise, l’insertion dans un tissu relationnel peut être l’un des
éléments nécessaire à la reconnaissance de l’expert et de ses compétences.
Enfin, il importe de mettre en perspective la féminisation progressive de ces milieux et de
différencier des domaines ou des institutions qui ont été un terrain propice à cette féminisation ou à
l’inverse, ceux dans lesquels l’expert, détenteur du savoir et d’une compétence, reste une figure
masculine.
- L’insertion de l’expert en politique : les premiers experts mobilisés en France dans la
sphère politique ont été d’abord des juristes, à qui le Code civil de 1804 a conféré une légitimité de
droit. Depuis le début du XXe siècle, la place croissante des experts aux côtés des hommes
politiques n’a eu de cesse d’interroger les sciences humaines et sociales, posant la question de leur
légitimité à intervenir comme un groupe à part dans un système politique donné. Il faut donc aussi
faire une histoire du recours à l’expertise, de ses pratiques et des structures qui se mettent en place
pour l’organiser et le légitimer. Ce deuxième axe de réflexion vise ainsi à interroger les processus
« d’institutionnalisation » des experts dans les structures politiques ou dans les processus
décisionnels. Quelle place occupent les figures que nous nous proposons de dégager entre
médiateur, conseiller ou technocrate ?
Les historiens peuvent également contribuer, par l’étude de figures précises, à une mise en situation
des modèles reconnus par les sciences politiques : l’externalisation précoce dans la pratique anglosaxonne de l’expertise ou, a contrario, l’internalisation de celle-ci dans l’appareil étatique français.
- L’autorité des experts : l’idée ici est d’interroger la matérialité de l’activité des experts eu
égard à l’utilisation de leurs conclusions par les pouvoirs politiques. Jusqu’où influencent-ils la
décision ? Pour quelles raisons leurs avis peuvent-ils être écartés ? Quelles en sont les
répercussions ? Nous souhaitons ainsi aborder la notion de porosité entre spécialistes et gouvernants
suivant une perspective originale des interactions entre différentes sphères d’influence et de la
réception des expertises dans ces sphères.
Cette journée d’étude a donc pour ambition de travailler sur l’évolution du rôle des experts en
politique du XIXe au XXIe siècle afin d’aborder les processus d’institutionnalisation selon une
lecture moins linéaire. Nous invitons donc les participants à interroger des chronologies
différenciées selon les champs d’expertises ou les domaines politiques. Jusqu’à quel point l’expert
devient-il incontournable dans l’activité et la prise de décision politique ? L’expert peut-il être un
vecteur de changement face au pouvoir politique ?
Comité scientifique : Laurence Badel (université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Éric Bussière
(université Paris-Sorbonne), Olivier Forcade (université Paris-Sorbonne), Fabrice Virgili (CNRS)
Modalités de soumission : nous invitons les doctorants souhaitant proposer une contribution pour
la journée d’étude à envoyer une proposition n’excédant pas 500 mots avant le 8 avril à l’adresse
suivante : doctorants.sirice@gmail.com
Auteur
Document
Catégorie
Uncategorized
Affichages
0
Taille du fichier
327 KB
Étiquettes
1/--Pages
signaler