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Branchement anarchique.

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Branchement anarchique :
La mort au coin de la rue
Virginie Boucka
es compteurs électriques installés sur
des panneaux de fortune, des câbles soutenus par
des supports inadéquats à
moins d'un mètre du sol, la situation est courante et épouvantable dans les quartiers de
la ville. Elle serait bien banale
s'il ne s'agissait pas de l'électricité. Sa production et sa
distribution doivent normalement respecter plusieurs critères de sécurité. Cela y va de
la vie des populations pour
Des enfants jouant à côté des cab/es et compteurs éleclesquelles elle est d'un apport ·
triques qui flirtent avec le sol au quartier Masuku.
inestimable. Or, ces mesures
''
de sécurité sont foulées au
pied par ceux qui ont une ···"-.
meilleure connaissance du
~
\
courant électrique et de ses
dangers.
La société d'énergie et d'eau
du Gabon (SEEG) est en effet
le premier responsable dans
l'anarchie observée en ce qui
concerne les branchements
sauvages dans la ville. Comment peut-on concevoir que
des compteurs soient placés
sur des supports non fiables, à
moins d'un mètre du sol dans
des quartiers populaires?
Pourtant, les compteurs sont
la propriété exclusive de la
Installations électriques sauvages à Ntchengue dans le 4ème
SEEG qui a la charge de les
arrondissement.
,"_...,., placer après une étude rondement menée. C'est du moins qui doit veiller sur le bien-être battre comme elles peuvent
ce que nous apprend cette so- et la sécurité des citoyens, pour avoir l'accès à l'électri~
ciété. Mais entre les principes n'est pas à exclure. Très sou- cité. La mairie ayant démiset la réalité le fossé est bien vent, les populations qui s'ins- sionné, des investissements
entretenu par l'appât du gain.
tallent dans les quartiers sous individuels sont ainsi consenLa responsabilité de la mairie intégrés sont obligées de se tis pour l'acquisition des cen-
D
ti
~i
~
--
~
tainès de mètres de câble. Et
la SEEG en plaçant des compteurs au niveau de la voie
principale est bien consciente
que le lieu de consommation
se trouve à plusieurs kilomètres. Mais, étrangement, les
conditions de transport après
les compteurs ne font guère
partie de ses préoccupations.
Et la mairie, incapable de financer la bonne couverture en
électricité dans ces quartiers,
laisse faire; même quand les
morts par électrocution ne se
comptent plus.
L'anarchie autour des branchements en électricité n'est
pas seulement l'apanage de
nouveaux quartiers, comme
on peut le penser, loin s'en
faut. .Même les quartiers les
plus anciens de la ville ne sont
pas à l'abri de cette triste et
dangereuse réalité entretenue
par la SEEG. Les câbles et
compteurs de la mort se retrouverlt aussi à N gadi, Balise,
Bac Aviation qu'à Fort-de
l'eau, Ntchengue ou Derrière
l'hôpital. Des câbles électriques qui servent de supports
aux populations lorsqu'elles
sont en perte d'équilibre, d'autres qui traînent dans des
flaques d'eau en temps de
pluie, les obligeant à flirter
avec la mort au quotidien.
Une situation qui traduit le
peu d'égard pour la vie qui
anime les autorités locales
plus préoccupées à s'en mettre
plein les poches. •
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