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Alluvions et Graviers de la Meuse (Namur - Lixhe)

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Mise en œuvre de la Directive-cadre sur l'Eau (2000/60/CE)
District hydrographique international de la Meuse :
Fiche de caractérisation de la masse d'eau RWM072
«Alluvions et Graviers de la Meuse (Namur - Lixhe) »
Mai 2016
Direction Générale
"Agriculture, Ressources naturelles & Environnement"
Avertissement
Pour plus d'indications sur les informations reprises dans le présent document, veuillez lire le
Guide explicatif des fiches par masse d'eau souterraine et les Deuxièmes Plans de gestion
du District de la Meuse.
Deuxièmes Plans de Gestion – DHI Meuse – Masse d’eau souterraine RWM072
1.
Description générale des caractéristiques de la masse d’eau souterraine ............................................ 3
1.1. Cartographie de l’emplacement et des limites de la masse d’eau souterraine ............................ 3
1.2. Descriptif de la masse d’eau souterraine .......................................................................................... 3
1.2.1.
Typologie (géologie / hydrogéologie)........................................................................................ 3
1.2.2.
Masses d’eau de surface (MESU) connectées à la masse d’eau souterraine RWM072 ....... 5
1.2.3.
Vulnérabilité.................................................................................................................................. 5
1.2.4.
Ressource annuellement renouvelable (2013) ......................................................................... 6
2. Résumé des pressions et incidences importantes de l’activité humaine sur les eaux souterraines .. 7
2.1. Occupation du sol (CNOSW/2008) .................................................................................................... 7
2.2. Population (INS/2006).......................................................................................................................... 7
2.3. Assainissement ..................................................................................................................................... 8
2.4. Agriculture ............................................................................................................................................ 8
2.4.1.
Caractérisation de l’agriculture .................................................................................................. 8
2.4.2.
Azote d’origine agricole - données du modèle EPICgrid (Sohier et al., 2013) ................... 10
2.5. Activités industrielles (DGARNE/2014) .......................................................................................... 12
2.5.1.
Pressions ponctuelles potentielles sur les eaux souterraines et indicateurs de pression . 12
2.5.2.
Secteurs d’activités classées ...................................................................................................... 14
2.6. Sites (potentiellement) contamines (OWD/2007 ; DGALTLP/2004 ; DPA/ ; SPAQuE/2007).... 15
2.7. Prélèvements (DGRNE/2010)............................................................................................................ 16
2.8. Synthèse des pressions ...................................................................................................................... 17
3. Identification des zones protégées ........................................................................................................... 19
3.1. Zones désignées pour le captage d’eau destiné à la consommation humaine........................... 19
3.2. Zones vulnérables .............................................................................................................................. 20
3.3. Zones désignées comme zone de protection des habitats et des espèces ................................... 20
3.3.1.
Sites NATURA 2000 ................................................................................................................... 20
3.3.2.
Zones humides............................................................................................................................ 20
3.3.3.
Ecosystèmes dépendant de la masse d’eau souterraine ........................................................ 20
3.3.4.
Zones d’eaux piscicoles ............................................................................................................. 20
3.4. Synthèse ............................................................................................................................................... 20
4. Surveillance, État de la masse d’eau souterraine et analyse de tendance .......................................... 21
4.1. Volet quantitatif .................................................................................................................................. 21
4.2. Volet qualitatif .................................................................................................................................... 21
4.3. Etat global 2013 de la masse d’eau souterraine .............................................................................. 23
2
Deuxièmes Plans de Gestion – DHI Meuse – Masse d’eau souterraine RWM072
1. DESCRIPTION GENERALE DES CARACTERISTIQUES DE LA MASSE D’EAU SOUTERRAINE
1.1.
C A RT O G R AP H I E
D E L ’ E M PL A CE M E N T E T D E S L I MI T E S D E L A MA S SE
D ’ E A U S O U T E R RA I N E
La masse d’eau RWM072, entrecoupée par la masse d’eau RWM073, est délimitée par la plaine alluviale de la
2
Meuse entre Namur et Engis et entre Herstal et Lixhe et s’étend sur une superficie de 78 km . Elle est
frontalière avec la Flandre (BLKS_0160_GWL_1m) et les Pays-Bas (NLGW0019).
Localisation et délimitation de la masse d’eau souterraine RWM072
1.2.
D E S C RI PT I F
D E L A M A SS E D ’ E A U SO UT E R R AI N E
1.2.1. Typologie (géologie / hydrogéologie)
Dans la plaine alluviale, la séquence granulométrique type débute (à la base) par de gros cailloux décimétriques
et se termine par des sables et graviers qui peuvent être chargés ou même surmontés de limons. Les épaisseurs
de graviers sont en moyenne comprises entre 4 et 10°m et celles de la couche argilo-limoneuse varie
généralement entre 1 et 4 m.
Ces alluvions surmontent, entre Namur et Andenne, les calcaires et dolomies carbonifères du flanc Nord du
synclinorium de Namur ; ensuite jusqu’à Huy le houiller schisto-gréseux. En aval de Huy jusqu’à Engis affleurent
les schistes de la bande silurienne du Condroz, jalonnés sur la rive gauche par le flanc Sud inversé du
synclinorium de Namur où prédominent les calcaires du Frasnien et du Tournaisien-Viséen. Jusqu’à Visé, on
rencontre les séries schisto-gréseuses du bassin houiller de Liège, affectés par de nombreux plis déversés vers
le Nord ainsi que par de nombreuses failles longitudinales et transversales, avec affleurement des calcaires
viséens-tournaisiens au droit de l’anticlinal de Visé. Le Crétacé supérieur transgressif sur les terrains primaires
affleure sous les alluvions à l’aval de Visé.
3
Deuxièmes Plans de Gestion – DHI Meuse – Masse d’eau souterraine RWM072
Géologie de la masse d’eau souterraine RWM072
Le fonctionnement de la nappe alluviale peut se résumer essentiellement par les échanges suivants :
 l’apport direct des eaux pluviales : l’infiltration efficace est conditionnée par le coefficient de perméabilité
du recouvrement limoneux semi-perméable. L’importance de cette recharge directe est faible en raison de
la superficie négligeable de la plaine alluviale devant celle du bassin versant, mais également en raison de
l’imperméabilisation urbaine de la plaine ;
 les apports des versants : l’écoulement hypodermique dans le colluvium et dans le manteau d’altération du
substratum induit des apports dans la nappe alluviale en pied de versant. Ces apports peuvent être freinés
quand des anciens chenaux comblés par des alluvions peu perméables jalonnent le pied des versants ;
 les échanges avec le bedrock : la nappe alluviale draine généralement la nappe du bedrock quand ce dernier
est aquifère. Dans ce cas, en effet, la nappe du bedrock est souvent en légère surpression avec un niveau
piézométrique légèrement supérieur à celui de la nappe alluviale (surtout depuis l’arrêt des pompages liés à
l’exhaure des exploitations minières) ;
 les échanges avec le cours d’eau : la Meuse est navigable et équipée de plusieurs barrages-écluses qui
régularisent le débit du cours d’eau. Ces barrages-écluses peuvent à l’amont favoriser l’alimentation de la
nappe des graviers par le fleuve et inversement à l’aval. Cependant, quand les berges du cours d’eau sont
aménagées, des murs de quai diminuent légèrement les échanges entre la nappe alluviale et la Meuse.
La nappe alluviale est généralement libre, mais est parfois rendue légèrement captive sous les limons
fluviatiles. Dans l’ensemble, l’écoulement général de la nappe alluviale est plutôt parallèle au fleuve avec une
convergence vers celui-ci. Les ouvrages de génie civil (barrages, mur de quai, drains, etc.) influencent par
endroits fortement les relations nappe alluviale - fleuve, modifiant les gradients piézométriques et les débits
d’échange.
4
Deuxièmes Plans de Gestion – DHI Meuse – Masse d’eau souterraine RWM072
1.2.2. Masses d’eau de surface (MESU) connectées à la masse d’eau souterraine RWM072
Code
Nom (cours d’eau principal)
Dépendance ESO
MV35R (partiellement)
Meuse II
Oui*
*La masse d’eau trouve son unique exutoire en Meuse ; toutefois, le débit du fleuve est ici largement supérieur à la
recharge de la masse d’eau, leur rapport étant au minimum estimé à 30/1.
1.2.3. Vulnérabilité
Sur base des résultats obtenus par le biais du projet QUALVADOS (EPIC-Grid), la cible de référence considérée
pour la RWM072, c'est-à-dire l’endroit de la nappe pour lequel la recharge est calculée, est le toit de la zone
saturé.
Trois classes de vulnérabilité sont proposées :
 Faible : recharge inférieure ou égale à 80mm/an
 Moyenne : recharge comprise entre 80mm/an et 160mm/an
 Elevée : recharge supérieure à 160mm/an
La carte des vulnérabilités des eaux souterraines, par maille kilométrique, est présentée à la carte ci-dessous.
Le graphique montre que 51 % de la masse d’eau est de vulnérabilité moyenne. La partie de la masse d’eau
souterraine correspondant à la faible vulnérabilité est localement captive sous les limons fluviatiles
pratiquement imperméables.
Vulnérabilité spécifique (recharge) de la masse d’eau souterraine RWM072
5
Deuxièmes Plans de Gestion – DHI Meuse – Masse d’eau souterraine RWM072
20%
29%
Faible R<80mm/an
Moyenne 80<R<160mm/an
Elevée R>160mm/an
51%
1.2.4. Ressource annuellement renouvelable (2013)
La recharge annuelle de la masse d’eau RWM072, correspondant au cumul de la percolation de base (recharge)
et des écoulements hypodermiques lents – « RECH + RHL » – est estimée par le modèle EPIC-Grid à 152 mm en
moyenne sur une période de 20 ans (de 1994 à 2013) avec un minimum de 73 mm en 1996 (année sèche) et un
maximum de 251 mm en 2001 (année humide).
Cependant, dans le cas de cette masse d’eau souterraine, la recharge est probablement fortement sousestimée. En effet, les mailles du modèle Epic-Grid, d’une dimension d’un km², sous-estiment la perméabilité
des graviers. De plus, Epic-Grid ne tient pas compte de la recharge latérale provenant des versants (c'est-à-dire
des masses d’eau souterraine voisines), ni de l’interaction avec la Meuse (apport d’eau de surface dans la
nappe alluviale au droit des captages importants, démontré par exemple à Jambes).
6
Deuxièmes Plans de Gestion – DHI Meuse – Masse d’eau souterraine RWM072
2. RESUME
DES PRESSIONS ET INCIDENCES IMPORTANTES DE L’ACTIVITE HUMAINE SUR LES
EAUX SOUTERRAINES
2.1.
O C C UP AT I O N
2.2.
P O P U L A T I O N (INS/2006)
D U SO L
(CNOSW/2008)
Nombre d’habitants résidant au droit de la masse d’eau : 56.866
 Densité de population : 730 hab/km², élevée.
Population raccordée à la masse d’eau (estimation) : 63.009
 Taux d’exportation d’eau potable : 10%
7
Deuxièmes Plans de Gestion – DHI Meuse – Masse d’eau souterraine RWM072
2.3.
A S SA I N I SS E M E N T
En matière de pollution domestique urbaine, 1 habitant est assimilé à 1 équivalent-habitant. Sur base de la
définition admise de l’équivalent-habitant (Arrêté royal du 23/01/1974, M.B. 15/02/1974) : 1 EH correspond,
pour une consommation de 180 litres/jours, à l’apport journalier de :
60 g de DBO5,
135 g de DCO,
90 g de MES,
10 g d’azote Kjeldahl,
2,2 g de phosphore
Dans la problématique de la pollution des eaux souterraines, seule l’évaluation des quantités produites d’azote
s’avère pertinente.
L’estimation de la contribution domestique à la pollution des eaux souterraines nécessite de connaître
l’historique de développement de l’égouttage étant donné les temps de transfert parfois très important entre
l’émission du soluté dans le milieu et son arrivée au voisinage des nappes de base. Il n’est donc pas possible de
chiffrer cette contribution.
Actuellement, sur base du Plan d’Assainissement par Sous-bassin hydrographique (PASH), 73.457 EH sont
répertoriés en tenant compte de la population, mais aussi des industries. Cela équivaut à une production
annuelle de 268 tonnes d’azote Kjeldahl.
Le régime d’assainissement adopté pour ces équivalents-habitants est de 78% en assainissement collectif et 8
% en assainissement autonome.
Régime d’assainissement
Collectif (>2000 EH) (Ia)
Collectif (<2000 EH)(Ib)
Autonome (II)
Transitoire (III)
Nombre d’EH
% d’EH
23.110
415
1.997
201
89,8
1,6
7,8
0,8
Tableau 1 : Répartition du nombre d’équivalent-habitant par type de régime
d’assainissement sur la masse d’eau souterraine RWM072 (SPGE, 2007)
2.4.
A G RI C UL T U RE
2.4.1. Caractérisation de l’agriculture

Nombre de sièges d’exploitation
Le nombre d'exploitations agricoles situées au droit de la masse d'eau souterraine RWM072 est évalué à 145
(Talisol, 2011).
Cependant, cette estimation est supérieure au nombre réel d’exploitations. En effet, l'estimation est réalisée
de la manière suivante :
- lorsqu’il y a déclaration de superficies, chaque déclarant d’une parcelle de minimum dix ares au droit
de la masse d’eau souterraine est comptabilisé.
Cette méthode comptabilise dès lors plusieurs fois une même exploitation si celle-ci est située au droit de
plusieurs masses d’eau souterraine.
- à ce nombre sont ajoutées les exploitations qui n’ont pas fait l'objet d'une déclaration de superficies.
Dans ce cas, elles sont attribuées à la masse d’eau souterraine située au droit du siège d’exploitation.
8
Deuxièmes Plans de Gestion – DHI Meuse – Masse d’eau souterraine RWM072

Répartition des régions agricoles discrétisées selon les pratiques agricoles :
Région agricole
Superficie (ha)
% de superficie de la
masse d’eau
33
65
2
Région herbagère de Liège
2.619,86
Condroz
5.094,36
Région limoneuse centre
118,46
Tableau 2 : Répartition des régions agricoles, discrétisées selon les pratiques agricoles,
présentes sur la masse d’eau RWM072 (Bogers et al., 2007)

Surfaces agricoles (SIGEC 2011) :
o
o
o
o

Surface agricole utile totale : 1.018,29 ha (soit 13% de la superficie de la masse d’eau) dont 47,9% de
prairies et 52,1 % de cultures ;
Surface agricole utile en zone vulnérable : 100% de la masse d’eau ;
Surface agricole utile moyenne par exploitation : 7ha (surface sous-estimée suite à la surestimation du
nombre d’exploitation).
Répartition de la surface agricole utile :
Principales successions culturales (Bogers et al., 2007) :
o
o
o
o
o
o
o
o
o
Maïs – maïs – maïs : 13%
Betteraves – froment – escourgeon : 12%
Autre culture – froment – escourgeon : 8%
Maïs – maïs – froment : 7 %
Maïs – froment – escourgeon : 7 %
Betteraves – froment – froment : 6%
Autre culture – froment – froment : 5%
Betteraves – froment – autre culture : 5%
Maïs – froment – froment : 5 %
9
Deuxièmes Plans de Gestion – DHI Meuse – Masse d’eau souterraine RWM072

Pression en azote organique (Talisol, 2011) :
o
o
o
o
Azote organique produit : 90.031,61 kg Norg
Azote organique épandu : 94.349,66 kg Norg
Azote organique importé : 4.318,05 kg Norg
Répartition de la pression en N organique en fonction du type de cheptel :
 Taux de liaison au sol (Talisol, 2011) :
o
o
o
Capacité d'épandage : 169.010,45 kg N
Taux de liaison (LS) interne : 0,53
Taux de liaison (LS) de référence : 0,56
2.4.2. Azote d’origine agricole - données du modèle EPICgrid (Sohier et al., 2013)
 Pertes en azote vers les eaux souterraines :
Le graphique ci-dessous présente l'évolution annuelle des pertes en azote issues de la zone vadose vers les
eaux souterraines pour la masse d'eau souterraine RWM072, ainsi que les moyennes sur des périodes de six
ans (segments rouges). D'après la moyenne calculée sur la période de 2006 à 2011, les pertes en azote peuvent
être qualifiées de faibles.
 Concentration en nitrate des eaux de lessivage :
- A la base de la zone racinaire :
Le graphique ci-dessous présente, pour la masse d’eau RWM072, la concentration en nitrate à la base de la
zone racinaire (1,5m) pour la période 2009-2013.
10
Deuxièmes Plans de Gestion – DHI Meuse – Masse d’eau souterraine RWM072
Cette illustration montre que 80% des mailles kilométriques définies sur RWM072 ont une concentration
inférieure à 25 mg de nitrate par litre à la base de la zone racinaire ; 12% ont une concentration comprise entre
26 et 40 mg de nitrate par litre et 8% ont une concentration supérieure à 40 mg/l.
Figure 1 : Répartition des concentrations en nitrate à la base de la zone
racinaire (1,5 m) pour la période 2009-2013.
La concentration moyenne des eaux de lessivage à la base de la zone racinaire (1,5m) est de 16,5 mg de
nitrate / litre en moyenne sur la période 2009-2013. La pression en nitrate sur les eaux souterraines de la
masse d’eau RW0M72 est qualifiée de faible.
- A proximité du toit de la zone saturée :
Le graphique ci-dessous présente la concentration en nitrate à proximité du toit de la zone saturée pour la
période 2009-2013.
Cette illustration montre que 77% des mailles kilométriques définies sur la masse d’eau RWM072 ont une
concentration inférieure à 25 mg de nitrate par litre à proximité du toit de la zone saturée ; 9% ont une
concentration comprise entre 26 et 40 mg de nitrate par litre et 14% ont une concentration supérieure à 40
mg/l.
Figure 2 : Répartition des concentrations en nitrate à proximité du toit de la
zone saturée pour la période 2009-2013.
- Evolution de la situation :
Le graphique ci-dessous (Fig.3) présente l’évolution de la situation des classes de concentration en nitrate entre
les deux plans de gestion tant à la base de la zone racinaire (BZR) qu’au toit de la zone saturée (TZS). Il combine
les deux anneaux qui viennent d’être présentés et ceux obtenus lors du premier plan de gestion.
Pour cette masse d’eau souterraine dont la proportion des deux meilleures classes (bleu et vert, concentration
< 26 mg/l) atteint 80 %, le modèle présente une amélioration à la base de la zone racinaire (BZR) et une
stagnation au toit de la zone saturée (TZS). En d’autres mots, la proportion de mailles kilométriques avec une
forte concentration en nitrate diminue en surface mais reste constante en profondeur. Les mesures pour
maîtriser les intrants semblent efficaces. Elles ont un impact positif et significatif à la base de la zone racinaire,
mais pas au toit de la zone saturée. La concentration en nitrate dans les eaux souterraines devrait rester faible
mais sans diminuer significativement.
11
Deuxièmes Plans de Gestion – DHI Meuse – Masse d’eau souterraine RWM072
Figure 3 : Comparaison de la répartition des concentrations en nitrate à la base de la zone racinaire (BZR) et à
proximité du toit de la zone saturée (TZS) pour les périodes 2000-2005 et 2009-2013.
2.5.
A C T I VI T E S
I N D US T R I E L L E S
(DGARNE/2014)
Le chapitre « Activités industrielles » du document « Guide explicatif des fiches par masse d'eau souterraine»
fournit plus de précisions quant à la méthodologie qui a été suivie.
2.5.1. Pressions ponctuelles potentielles sur les eaux souterraines et indicateurs de
pression
Les données issues de la base de données des permis d’environnement pour l’année 2014 ont été traitées de
façon à permettre leur localisation sur une carte. Les cartes suivantes donnent une vue d’ensemble des sites
potentiellement impactants sur la masse d’eau souterraine, la première représente la superficie de chaque site,
la deuxième sa localisation et son type.
12
Deuxièmes Plans de Gestion – DHI Meuse – Masse d’eau souterraine RWM072
13
Deuxièmes Plans de Gestion – DHI Meuse – Masse d’eau souterraine RWM072
Le tableau suivant récapitule les résultats obtenus pour la RWM072 :
Nombre de sites
(Avec une demande de permis environnement dont au moins une activité est potentiellement impactante pour les eaux souterraines)
Secteur industriel
IPPC
SEVESO
17
1
2
Non IPPC,
non SEVESO
1
4
99
Secteur tertiaire avec
activités classées
Secteur agricole avec activités classées
IPPC
Non IPPC
1
2
29
Densité de pression
(Nombre de sites par 100 km2, sites avec une demande de permis environnement dont au moins une activité est potentiellement impactante
pour les eaux souterraines)
Secteur industriel
Secteur tertiaire avec
activités classées
Secteur agricole avec activités classées
155
37
4
Tableau 3 : Bilan des pressions - Données issues de la base de données des permis d’environnement (janvier 2014)
– nombre de sites potentiellement impactants sur la masse d’eau souterraine et densité de pression
Pour rappel, la densité de pression globale correspond au nombre de sites/100 km2, avec les classes de densité
suivantes :
0-->20 : faible
20-->50 : moyenne
50-->100 : forte
> 100 : très forte
A la lumière des cartes et tableaux précédents, on peut conclure que la densité de pression potentielle du
secteur industriel classé est très forte sur la RWM072, que les sites industriels sont de grande superficie et se
regroupent sous forme de zones de grandes concentration (zoning, …). La densité de pression du secteur
tertiaire classé est moyenne. Le nombre de sites agricoles classés impactant potentiellement sur les eaux
souterraines est très faible en comparaison au nombre de sites industriels et tertiaires impactant également
sur les eaux souterraines.
2.5.2. Secteurs d’activités classées
Le graphique ci-dessous illustre à l’échelle de la masse d’eau souterraine RWM072, pour le secteur industriel la
répartition des secteurs d’activités et installations classées au permis d’environnement, ayant un impact
potentiel sur les eaux souterraines.
Secteur industriel
Dépôts et services auxiliaires (dépôts de bois, de déchets, de combustibles, d'engrais, de
matières dangereuses,…)
12%
12%
47%
Commerce et répartition de véhicules automobiles et de motocycles, commerce de détail
et de carburant
Production et distribution d'électricité, de gaz, de vapeur et d'eau chaude
29%
Autres activités classées (Transport aérien, travail du bois,…)
Tableau 4 : Répartition des activités et installations classées au permis d’environnement, ayant un impact
potentiel sur les eaux souterraines – secteur industriel - données janvier 2014 pour la RWM072
Les activités de dépôts et de services auxiliaires et les activités de commerce et réparation de véhicules
automobiles et de motocycles, commerce de détail et de carburants représentent plus de ¾ des activités
classées pour le secteur industriel.
Pour les secteurs tertiaire et agricole classés, il n’y a pas de graphiques de la répartition des secteurs d’activités
et installations classées au permis d’environnement, ayant un impact potentiel sur les eaux souterraines. En
effet, les données collectées ne sont pas en nombre suffisamment relevant pour en déduire une tendance
représentative.
14
Deuxièmes Plans de Gestion – DHI Meuse – Masse d’eau souterraine RWM072
2.6.
S I T E S ( PO T E N T I E L L E M E N T ) CO N T A MI N E S (OWD/2007 ;
DGALTLP/2004 ; DPA/ ; SPAQ U E/2007)
Un état des lieux des sites (potentiellement) pollués, recensés sur la masse d’eau RWM072, est présenté sur
base des données disponibles (carte 2.3). Il ne reflète que de manière imprécise le risque de rencontrer une
pollution des eaux souterraines, en particulier pour les raisons suivantes :
 l’état pollué ou non pollué du sol ne peut être établi qu’après des investigations de terrain comprenant le
prélèvement et l’analyse d’échantillons, or 68% de ces sites n’ont pas encore fait l’objet de telles études.
 Il existe en Région Wallonne des sites non recensés qui peuvent être affectés par une pollution du sol
comme par exemple d’anciennes décharges non répertoriées.
 Un sol pollué n’implique pas automatiquement la pollution de l’aquifère sous-jacent. En effet, les propriétés
chimiques et physico-chimiques du/des polluants ainsi que les propriétés du sol et du sous-sol : propriétés
hydrogéologiques (porosité, perméabilité, milieu karstique, milieu fissuré), propriétés physico-chimiques
(minéralogie, teneur en eau,….) et biologiques (microflore, aptitude à la dégradation), sont des facteurs
déterminants dans la migration d’une pollution.
 On considère généralement l’effet d’un site unique sur la pollution des eaux souterraines alors que l’impact
conjoint de plusieurs sites pollués (même faiblement pris individuellement) sur un même aquifère pourrait
entrainer un dépassement des valeurs seuils. (une approche globale et si besoin, une évaluation des risques
cumulés serait donc nécessaire, ce qui n’est pas considéré dans le cadre actuel)
Inventaire des sites (potentiellement) contaminés de la RWM072
Nombre de sites pertinents : 161
 Densité de pression : 205 sites / 100 km² ( classe de densité : Forte)
15
Deuxièmes Plans de Gestion – DHI Meuse – Masse d’eau souterraine RWM072
 Types de sites :
6
17
21
CET
Dépotoir non réhabilité
36
Station service
non SAR
SAR
39
pollution possible aux HAP
WALSOLS
42
34 stations services ont fait l’objet d’une étude et 15 d’entre-elle sont ou ont été contraintes à un plan
d’assainissement.
Les sites WALSOLS sont les sites pris en charges par la SPAQuE sur lesquels des analyses d’eaux souterraines
sont disponibles.
Quelques corrélations peuvent être établies en croisant les données actuelles relatives aux sites
potentiellement contaminés et des pollutions ponctuelles locales détectées (supérieures à 75¨% de la valeur
seuil en 2007).
La connaissance et la provenance des pollutions des eaux souterraines seront approfondies par le biais des
études engendrées par le décret sol entré en vigueur le 18 mai 2009.
Aucun des sites n’affecte le bon état global de la masse d’eau souterraine.
2.7.
P R E L E VE M E N T S (DGRNE/2010)
3
3
Volume annuel total : 16,3 Mm (8,6 Mm en 2004)
En 2010, un volume de 6,1 Mm³ a exceptionnellement été pompé pour des travaux temporaires de génie civil,
ce qui explique l’augmentation importante du volume prélevé par rapport à 2004.
 Prélèvement moyen : 209 mm/an
 Prélèvement moyen hors eau souterraine rejetée : 124 mm/an
1
 Taux d’utilisation de la ressource renouvelable ou WEI = Exploitation index = 82 %
Comme décrit plus haut, la plaine alluviale de Meuse est alimentée non seulement par l’apport direct des eaux
pluviales (recharge + RHL), mais également par l’apport des versants (dans ce cas d’une grande partie de la
MESo virtuelle M016), les échanges avec le bedrock (M011 et M012) et les échanges avec le cours d’eau (la
Meuse). Le WEI est donc ici fortement surestimé.
Nombre total de captages déclarés : 72
3
Nombre de captages significatifs (>10m /j) : 58
3
Nombre de captages importants (>1.000m /j) : 11
1
WEI ou Exploitation Index
= rapport entre le total des volumes prélevés (déduction faite des volumes restitués : fuites, eau de refroidissement,…) et les
ressources totales en eau
= prélèvement moyen annuel (2010) (déduction faite de l’eau rejetée) / ressource annuellement renouvelable à long terme
(moyenne sur 20 ans, de 1994 à 2013, voir chapitre 1.2.4)
16
Deuxièmes Plans de Gestion – DHI Meuse – Masse d’eau souterraine RWM072
Principaux usages :
45,7%
Distribution publique
Activité industrielle
Agro-alimentaire
Activité agricole
11,8%
Usage domestique
1,4%
Eau rejetée
0,3%
40,7%
0,1%
2.8.
SYNTHESE
D E S PR E S SI O N S
Le tableau ci-dessous résume l’analyse des pressions qui précède en prenant en compte leur capacité
d’affecter substantiellement l’état de la masse d’eau RWM072.
En aucun cas il ne s'agit de quantifier l'impact de tel ou tel secteur sur la masse d'eau mais plutôt de montrer
l'origine possible de contamination ou de surexploitation des ressources.
17
Deuxièmes Plans de Gestion – DHI Meuse – Masse d’eau souterraine RWM072
RWM072
Pression diffuse
Pressions ponctuelles
Pression quantitative
Industrielle
NA
###
#
Agricole
#
#
#
Collective
##
##
##
Historique
NA
###
NA
###: risque important ## : risque modéré # : risque faible NA : non applicable
18
Deuxièmes Plans de Gestion – DHI Meuse – Masse d’eau souterraine RWM072
3. IDENTIFICATION DES ZONES PROTEGEES
Zones protégées (protection des captages –Natura 2000)
3.1.
ZONES
D E SI G N E E S P O U R L E C A PT AG E D ’ E A U D E S T I N E A L A
CO N SO M M AT I O N H U M A I N E
Zone de protection
ZP arrêtées (délimitées)
Etudes ZP déposées
(en
cours)
Etudes ZP programmées (à
réaliser)
Etudes ZP non programmées
Total
Captages d’eau destinée à la consommation humaine
A Risque (NO3 et/ou PEST)
Total
2 prises d’eau (1 ZP)
16 prises d’eau (4 ZP)
2,3 km² ou 3% en superficie
0
18 prises d’eau (2 ZP)
0
4 prises d’eau
0
0
2 prises d’eau
38 prises d’eau
Au 05/05/2014, les zones de prévention délimitées (identiques en 2009) permettent la protection d’environ
45% des prélèvements annuels moyens en eau souterraine de la masse d’eau RWM072 pour la production
d’eau potable (± 3,4 Mm³/an). Lorsque les zones de prévention en cours seront arrêtées, près de 88% des
volumes prélevés pour la production d’eau potable (soit 6,6 Mm³/an) seront protégés.
19
Deuxièmes Plans de Gestion – DHI Meuse – Masse d’eau souterraine RWM072
3.2.
ZONES
V UL N E R A BL E S
Depuis 2013, la totalité de la masse d’eau souterraine RWM072 se trouve en zone vulnérable aux nitrates, la
rive gauche de la Meuse est comprise dans la zone vulnérable du Nord du sillon Sambre et Meuse, la rive droite
est incluse dans la zone vulnérable du Sud Namurois.
3.3.
ZONES
D E SI G N E E S C O MM E Z O N E D E P RO T E CT I O N D E S H A BI T AT S E T
D E S E S PE C E S
3.3.1. Sites NATURA 2000
En 2014, 9 zones Natura 2000 se situent partiellement dans la masse d’eau souterraine RWM072, toutes de
type aquatique (Meuse et ses affluents, Geer, Hoyoux, Triffoy et Samson) sauf une : la Montagne St Pierre.
3.3.2. Zones humides
Aucune zone humide n’est présente sur la masse d’eau.
3.3.3. Ecosystèmes dépendant de la masse d’eau souterraine
La masse d’eau est susceptible de supporter des écosystèmes terrestres ou aquatiques dépendant :
2
1. du type 3 : du flux des rivières (y compris les écosystèmes aquatiques, hyporhéiques et riverains) ;
2. du type 4 : des zones humides et des sources qui dépendent en permanence de l'écoulement
souterrain, ainsi que les écosystèmes terrestres qui dépendent des eaux souterraines de manière
saisonnière ou épisodique.
La masse d’eau souterraine sera soumise, dans le cadre de la conservation des écosystèmes terrestres
dépendants, à une surveillance normale.
Les résultats des études menées sur les sites pilotes – appartenant aux masses d’eau RWE031, RWM023 et
RWM100 - seront intégrés dans le prochain plan de gestion.
3.3.4. Zones d’eaux piscicoles
Néant, la Meuse n’étant classée en zone d’eaux cyprinicoles que jusqu’avant sa confluence avec la Sambre à
Namur.
3.4.
SYNTHESE
La masse d’eau RWM072 est une masse d’eau d’importance sous-régionale et son intérêt est identifié comme
suit :
Fonction de la masse d’eau
Usage principal
Eau potable
Importance stratégique :
de 1 (faible) à 5 (ressource)
3
2
Le terme « zone hyporhéique » est défini comme l’interface entre les eaux superficielles et les eaux souterraines. Il existe plusieurs
définitions qui varient en fonction des disciplines scientifiques, suivant que l’on se place sous l’angle des processus hydrologiques,
hydrogéologiques ou écologiques.
20
Deuxièmes Plans de Gestion – DHI Meuse – Masse d’eau souterraine RWM072
4. SURVEILLANCE, ÉTAT DE LA MASSE D’EAU SOUTERRAINE ET ANALYSE DE TENDANCE
4.1.
VOLET
Q U A N T I T AT I F
Cote piézométrique (m)
La masse d’eau est surveillée par 1 site de contrôle de surveillance quantitative, automatisé depuis octobre
2010, dont la chronique piézométrique est illustrée à la figure 4.
66
65,8
65,6
65,4
65,2
65
64,8
64,6
64,4
64,2
64
63,8
63,6
63,4
63,2
63
2007
AMAY PZ4
2008
2008
2010
2011
2012
2013
2014
2015
2016
Figure 4: Chronique piézométrique
Comme le montre la figure ci-dessus, indépendamment des fluctuations annuelles (cycles hautes eaux– basses
eaux) pouvant atteindre plus d’1 m, l’analyse de la chronique piézométrique indique une légère tendance à la
baisse des minima du niveau de l’eau souterraine (de l’ordre de 0,2m en 8 ans), qui est probablement plutôt lié
aux conditions climatiques qu’aux activités humaines et qui n’a aucune conséquence actuelle sur l’état
quantitatif de la masse d’eau souterraine.
Une baisse du niveau d’environ un mètre a toutefois été observée entre août et novembre 2011 (période
sèche), qui n’est pas visible sur les courbes piézométriques des autres masses d’eau de la plaine alluviale de
Meuse, mais bien sur les courbes piézométriques d’autres ouvrages dans la même région, et qui pourrait être
dû à un pompage important temporaire à proximité.
4.2.
VOLET
Q U A L I T AT I F
La masse d’eau RWM072 est surveillée par 7 sites de contrôle de surveillance qualitative et 5 sites additionnels
du réseau « survey nitrates ». L’analyse des résultats 2009-2013 a permis d’établir l’état de la masse d’eau
comme suit :
Altération
Nitrates
Pesticides
Minéralisation
Macro-polluants
Métaux
Hydrocarbures
Etat chimique DCE
Respect de la norme ou valeur
Indice global SEQ-Eso
seuil (nombre de sites/total sites)
2008
11 / 12
Moyen
7/7
Bon
7/7
Bon
7/7
Bon
7/7
Bon
7/7
Très bon
Bon
Indice global SEQ-Eso
2013
Moyen
Bon
Bon
Bon
Très bon
Très bon
Bon
La masse d’eau est localement altérée par de l’azote d’origine urbaine à Andenne et à Amay, comme le montre
les 2 figures ci-dessous.
21
Deuxièmes Plans de Gestion – DHI Meuse – Masse d’eau souterraine RWM072
80
DCE - ANDENNE
SCLAYN - P2
SEILLES P7
DCE - SEILLES
DCE - JAMBES
70
DCE - AMAY - P2
SCLAYN - P1
DCE - BAS-OHA - P5
MARCHE-LES-DAMES - P1
Concentration en NO3 (mg/l)
60
50
40
30
20
10
0
1993
1995
1997
1999
2001
2003
2005
2007
2009
2011
2013
2015
2017
Figure 5 : Chroniques d’évolution de la concentration en nitrates dans la partie amont de la RWM072 (Namur Engis)
80
VIVEGNIS - P6
70
DCE - VIVEGNIS - P4
DCE - VISE - P1
Concentration en NO3 (mg/l)
60
50
40
30
20
10
0
1993
1995
1997
1999
2001
2003
2005
2007
2009
2011
2013
2015
2017
Figure 6 : Chroniques d’évolution de la concentration en nitrates dans la partie aval de la RWM072 (HerstalLixhe)
La méthodologie d’analyse de tendance purement statistique, développée en 2014 (Ephesia, 2014), n’a montré
aucune tendance significative de la concentration en nitrates pour l’ensemble de la masse d’eau RWM072.
22
Deuxièmes Plans de Gestion – DHI Meuse – Masse d’eau souterraine RWM072
4.3.
E T AT
G L O B AL
2013
D E L A M A S SE D ’ E A U SO UT E R R AI N E
Le tableau suivant résume le diagnostic posé en 2013 sur l’état de la masse d’eau RWM072 des Alluvions et
graviers de la Meuse entre Namur et Lixhe.
Etat chimique
Bon
Etat quantitatif
Bon
Etat global
Bon
Paramètre déclassant
Aucun
23
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