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Azerbaïdjan - Amnesty International

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Action complémentaire sur l’AU 114/16, EUR 55/4172/2016 – Azerbaïdjan
1er juin 2016
ACTION URGENTE
AZERBAÏDJAN. LIBÉREZ DE JEUNES MILITANTS ET
ENQUÊTEZ SUR DES ALLÉGATIONS DE TORTURE
Les jeunes militants azerbaïdjanais Bayram Mammadov et Giyas Ibrahimov sont détenus
depuis le 10 mai et accusés de possession de stupéfiants après avoir peint un graffiti à
caractère politique sur une statue de l’ancien président. Bayram Mammadov a entamé
une grève de la faim le 20 mai pour protester contre le fait qu’aucune enquête n’a été
ouverte sur les actes de torture que Giyas Ibrahimov et lui auraient subis.
Les jeunes militants azerbaïdjanais Bayram Mammadov et Giyas Ibrahimov sont détenus depuis le 10 mai et
accusés à tort de possession de stupéfiants. Ils ont été arrêtés après avoir peint un graffiti à caractère politique sur
une statue d’Heydar Aliyev, président défunt de l’Azerbaïdjan et père du président en exercice, Ilham Aliyev, le
9 mai et en avoir publié une photo sur Facebook.
Bien qu’ils aient été interpellés prétendument pour possession de stupéfiants, Bayram Mammadov et Giyas
Ibrahimov n’ont été interrogés qu’au sujet du graffiti. Ils ont été torturés parce qu’ils avaient refusé de signer des
« aveux » et de s’excuser publiquement de leur acte de protestation. Leur avocat, qui a pu les voir et constater
leurs blessures, a diffusé une lettre dans laquelle Bayram Mammadov décrivait son calvaire : il a notamment été
passé à tabac à maintes reprises et menacé de viol. Le 20 mai, Bayram Mammadov a entamé une grève de la
faim car les autorités refusaient d’enquêter sur les allégations de torture formulées par Giyas Ibrahimov et lui.
L’avocat de ces deux hommes a demandé qu’ils soient assignés à résidence plutôt que placés en détention
provisoire mais n’a pas obtenu gain de cause. Bayram Mammadov et Giyas Ibrahimov ne sont pas autorisés à voir
leur famille.
Ce sont des prisonniers d’opinion, interpellés pour des motifs controuvés parce qu’ils ont posé publiquement un
acte de protestation à caractère politique.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES
MENTIONNÉS CI-APRÈS, en turc azéri, en anglais ou dans votre propre langue :
 exhortez les autorités azerbaïdjanaises à libérer Bayram Mammadov et Giyas Ibrahimov immédiatement et à
abandonner les charges fallacieuses liées aux stupéfiants qui pèsent sur eux du fait de leur militantisme ;
 appelez-les à diligenter dans les meilleurs délais une enquête efficace et impartiale sur les allégations de torture
et autres mauvais traitements formulées par ces jeunes gens et sur les charges controuvées dont ils font l’objet, et
à traduire en justice tous les responsables présumés de ces agissements ;
 demandez instamment que soit pleinement respecté et protégé en Azerbaïdjan le droit à la liberté d’expression.
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 13 JUILLET À :
Président Ilham Aliyev
Office of the President of Azerbaijan
19 Istiqlaliyyat Street
Baku AZ1066, Azerbaïdjan
Fax : + 994 12 492 0625
Courriel : office@pa.gov.az
Formule d’appel : Dear President, /
Monsieur le Président,
Procureur général
Zakir Garalov
7 Rafibeyli Street
Baku AZ1066, Azerbaïdjan
Courriel : info@prosecutor.gov.az
Formule d’appel : Dear Prosecutor
General, / Monsieur le Procureur
général,
Copies à :
Centre de détention de Bakou,
colonie de Kurdakhany
(Bakı şəhəri Kürdəxanı qəsəbəsi,
Bakı İstintaq Təcridxanası)
Sabuncu Rayon, AZ1059
Azerbaïdjan
Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de l’Azerbaïdjan dans votre pays (adresse/s à compléter) :
Name, Address 1, Address 2, Address 3, Fax number.
Vérifiez auprès de votre section s’il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci. Ceci est la première mise à jour de
l’AU 114/16. Pour plus d’informations : https://www.amnesty.org/fr/documents/EUR55/4039/2016/fr/.
ACTION URGENTE
AZERBAÏDJAN. LIBÉREZ DE JEUNES MILITANTS ET
ENQUÊTEZ SUR DES ALLÉGATIONS DE TORTURE
COMPLÉMENT D’INFORMATION
Dans la nuit du 9 mai, Bayram Mammadov et Giyas Ibrahimov se sont rendus au pied de la statue de Heydar Aliyev située dans
le centre de Bakou, la capitale. Giyas Ibrahimov y a peint un graffiti à caractère politique, dans un langage cru. Bayram
Mammadov a pris une photo, qu’il a publiée sur Facebook.
Les deux jeunes gens ont été arrêtés le 10 mai. Des policiers les ont interrogés au sujet du graffiti et leur ont ordonné à maintes
reprises de s’excuser publiquement d’avoir insulté Heydar Aliyev. Se heurtant à un refus, ils les ont passés à tabac et leur ont
fait subir d’autres mauvais traitements. Ils les ont également forcés à nettoyer les toilettes du poste et les ont filmés pendant
qu’ils le faisaient, dans le but de les humilier.
Des délégués du Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire ayant rendu visite à Bayram Mammadov et
Giyas Ibrahimov ont confirmé aux médias locaux le 25 mai que les deux militants présentaient des ecchymoses sur le corps.
D’après les autorités azerbaïdjanaises, Bayram Mammadov et Giyas Ibrahimov avaient environ huit grammes d’héroïne en leur
possession lorsque la police les a interpellés le 10 mai. Selon l’avocat des jeunes gens, en revanche, la drogue a été placée sur
eux en présence de « témoins » qui n’étaient pas indépendants puisqu’ils travaillaient pour la police. Amnesty International a
déjà dénoncé cette pratique en Azerbaïdjan. Elle sert à forger de toutes pièces des « preuves » contre des détracteurs du
régime, notamment des militants politiques et des défenseurs des droits humains, afin de justifier leur arrestation et leur
incarcération.
Depuis longtemps, Amnesty International s’inquiète du fait que le gouvernement azerbaïdjanais ne respecte pas ses obligations
internationales en matière de protection des droits aux libertés d’expression, d’association et de réunion pacifique. Les
personnes qui, dans le pays, expriment des opinions dissidentes sont fréquemment la cible d’accusations forgées de toutes
pièces, d’agressions, de harcèlement, de chantage ou d’autres représailles de la part des autorités et des groupes qui leur sont
liés. Les responsables de l’application des lois recourent régulièrement à la torture et à d’autres formes de mauvais traitements
contre des militants de la société civile, en toute impunité.
Le 25 mai, la Cour suprême a ordonné la libération conditionnelle de Khadija Ismayilova, journaliste d’investigation de premier
plan et prisonnière d’opinion. En mars 2016, l’Azerbaïdjan a libéré huit prisonniers d’opinion, notamment l’avocat spécialiste des
droits humains Intigam Aliyev, le défenseur des droits humains Rasul Jafarov, et le président de l’organisation locale de
surveillance électorale, Anar Mammadli. Cependant, au moins six prisonniers d’opinion sont toujours en détention et les
représailles incessantes rendent le travail de défense des droits humains pratiquement impossible. La plupart des principales
organisations non gouvernementales (ONG) travaillant sur les droits humains, la corruption et la surveillance électorale font
l’objet de poursuites pénales et voient leurs comptes bancaires gelés et/ou leur inscription révoquée.
Il est de plus en plus difficile de surveiller de façon indépendante la situation des droits humains dans ce pays. Plusieurs
organisations internationales de défense des droits humains et médias internationaux se sont vu refuser l’entrée sur le territoire
en 2015. C’est ce qui est arrivé le 7 octobre 2015 à la délégation d’Amnesty International, qui a dû repartir de l’aéroport
international Heydar Aliyev de Bakou.
Noms : Bayram Mammadov et Giyas Ibrahimov
Hommes
Action complémentaire sur l’AU 114/15, EUR 55/4172/2016, 1er juin 2016
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