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bult10 Le sceau de Notre Dame des Roses

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Le Bulletin de
San Damiano Media
Numero 10
Sept Oct 2002
Email : sdmedia@worldonline.fr
Le sceau de Notre-Dame
des Roses - II
TU ES BENIE ENTRE TOUTES LES FEMMES
gine céleste d’un événement comme
San Damiano, il faut aussi que tout le
message, tout l’événementiel, toutes
les œuvres en tant que fruit du message, toute la vie du ou des instruments de cet événement céleste, soit
cohérent avec la parole du Seigneur, la Tradition et l’enseignement de l’Eglise...
2. En le faisant, nous avons aussi
le désir de dire à nos frères aînés
dans la foi, les juifs, que le ciel conti-
ni amoindrir la réalité vécue par le
Judaïsme, par la réalité et la nouveauté qu'apporte le Christ. Il y a une
vocation propre à chacune de nos
communautés et nous n’avons pas à
juger ou à mépriser celle de nos frères aînés. Laissons au Seigneur le
soin de trouver les voies de l’unité et
de faire progresser chacun vers la
lumière (voir à ce sujet l’encadré sur
la pensée de Marthe Robin : Christianisme et Judaïsme, page 3, voir aussi
1. En explorant les
racines bibliques des
événements de San
Damiano, nous voulons
montrer que ce message est cohérent avec
la parole du Seigneur et
avec l’enseignement de
l’Eglise.
Beaucoup de lieux
charismatiques peuvent
se féliciter d’être le
théâtre de changements de vie, de
conversions, de vocations saintes. San Damiano aussi. Mais les
spécialistes objecteront,
à juste titre, que ces vies
transformées ne sont pas
suffisantes (bien que nécessaires)
pour valider une apparition. En effet,
Jésus nous promettait que si deux ou
trois sont réunis en son nom, il est là,
au milieu d’eux (2). Dès lors, là où
l’on prie, il y a des grâces.
Pour que l’Eglise reconnaisse d’ori-
nue de parler aux hommes, avec le
même langage, les mêmes mots
qu’ils ont écouté depuis des millénaires, notamment par la voix de la petite Marie de Nazareth, une des
leurs. En le faisant, nous ne prétendons pas substituer notre foi à la leur,
les réflexions de la page 11 ).
Pour rester dans ce thème, voici
un récit qui montre bien que Marie
manifeste en ce lieu un intérêt particulier pour les juifs :
1. Jn 10, 25-26
2.
Jésus dit aux juifs : Je vous l’ai dit
et vous ne me croyez pas : les œuvres que je fais au nom de mon Père
disent clairement ce que je suis. Mais
comme je vous l’ai dit, vous ne croyez
pas parce que vous n’êtes pas de
mes brebis. Mes brebis entendent ma
voix, et moi, je les connais (1).
Nous pensons de foi humaine que
le Ciel est venu donner à San Damiano, un message aux hommes, par les
lèvres de Marie. Ce message n’ajoute
rien à la Révélation
mais il redit pour aujourd’hui les lumières
de cette révélation.
Matt 18, 20
Au cours de certaines appari- connues (7) mais il nous a semblé étonnant ! En ces quelques lignes
tions, Rosa et quelques pèlerins intéressant de faire appel à celle poétiques et allégoriques Chouraqui
aperçoivent dans le ciel des signes d’André Chouraqui, auteur Juif réputé brosse le tableau de la Vierge Marie,
curieux, qui ressemblent à des lettres qui prend la liberté de traduire le mot que nous reconnaissons comme la
d’alphabet. Rosa demande qu’on grec “κρινον” (lys) par rose, ce qui fille bien aimée du Père, la servante
offerte au Seigneur et la représenreproduise ces signes. Elle s’enquiert donne :
auprès de la Vierge de leur sens. Elle Moi, le lys de Saron, la rose des tante de tout le genre humain puisque le Concile Vatican II dit qu’Elle
répond : « Ce sont les lettres de profondeurs.
mon alphabet » et précise ensuite Comme une rose entre les ronces, brille devant le peuple de Dieu en
marche, comme un signe d’espéqu’il s’agit de l’alphabet hébraïque. telle est mon amie parmi les filles (8).
On peut lire entre autres sur les des- Jetons maintenant notre regard vers rance certaine et de consolation (4) !
sins, les lettres qui composent le té- notre cher Jardin de Paradis à San Chouraqui reprend son explication :
tragramme du nom du Seigneur en Damiano : nous y discernons les L’amant confirme que la fille est fleur,
hébreux YHWH (3).
deux éléments en question : la rose rose d’avantage que lys. Mais plus
Dans cet article nous centre- et les épines ; la statue de marbre encore : l’amante est l’élue qui efrons notre étude sur le Cantique des de Carrare qui représente Notre face d’un seul geste toutes les auDame Miraculeuse des Roses ; et tres filles. Aux yeux de l’amant, l’aCantiques
Chaque juif pieux est invité à chanter deux curieux buissons d’épines, mante seule est la rose, rose mystile Cantique des Cantiques en entier situés au fond du petit enclos ; ils que et mystique épouse, tandis que
tous les vendredi soir, en accueil du sont là depuis le début. (voir p 3)
les autres femmes soudain ne sont
Première
question : qu’épines. L’élection établit un rapShabbat, et pendant la
liturgie de la fête de
Marie est rose pourquoi des épines en port vivant entre l’amante et l’amant
un tel lieu consacré, à qui prennent, l’un pour l’autre, une
Pâques. Pour le juif, le
mystique,
vocation
symbolique, valeur absolue. Les épines dont il
compagnonnage
de
rose unique
qui ne devrait comporter s’agit (hohim) sont des chardons qui
Dieu et d’Israël à travers l’histoire s’est parmi les épines que des objets inspirant envahissent la terre : dans leurs buisle paradis ou le bon- sons la rose fait figure de miracle,
cristallisé dans l’avenheur ?
pour sa forme, sa couleur, son odeur.
ture d’amour du CantiAutre question : pour- Pour les juifs, l’amante représente le
que (4).
Si ce texte biblique a tant d’impor- quoi Chouraqui prend-il une telle peuple d’Israël. Pour nous, chrétiens,
tance pour les juifs, il en a aussi pour liberté dans sa traduction ? Le mot c’est le peuple de Dieu, l’Eglise, mais
les chrétiens, mais la liturgie catholi- « rose » n’est présent que quatre fois d’après bien des auteurs, c’est Marie.
que ne le retient qu’en peu d’occa- dans toute la bible, et jamais dans le Vu sous cet angle, Elle est celle qui
est élue, choisie, bénie entre toutes
Cantique.
sion. (5).
Or c’est souvent que la méditation du Voici son explication et sa réponse les femmes comme s’est écriée
sainte Elisabeth lors de la Visitation,
message et des événements de San éclairera la première question:
Damiano renvoie au Cantique des Les auteurs discutent l’espèce parti- c’est à dire élue au milieu de l’humaculière de fleur que représente le nité entière.
Cantiques.
Si, pour les juifs, ce petit livre est habastelet (colchique, lys..) et shos- Le Concile Vatican II explique le lien
entre élection et bénédiction :"
comme une perle au centre de la hana (lys, rose...).
Parole révélée ; si pour le pèlerin de Fille de la terre et parure des plaines
San Damiano il est aussi un trésor et des vallées dont elle est le secret
...
qui lui permet de mieux comprendre et la gloire :
les paroles de Marie : cela nous sem- telle apparaît
ble suffisant pour considérer que le l’amante à ses
message de San Damiano peut avoir propres yeux
un certain intérêt pour les Israélites, (Moi, le lys…).
et pourquoi pas, pour le dialogue ju- Non
plus
déo-chrétien. Marie n’a-t-elle pas femme de chair
annoncé là-bas un Centre Internatio- et de sang
nal Œcuménique (6)?
mais fleur ofLe Cantique est un chant d’amour ferte dans sa
entre le bien aimé et la bien aimée, grâce
amoupour
expression de l’amour du Seigneur reuse,
Dieu pour l’humanité.
être contemAbordons-en le deuxième chapitre:
plée,
sentie,
dans
Je suis le narcisse de Saron, le lis cueillie
l’offrande unades vallées, dit la bien-aimée.
Comme le lis entre les chardons, nime de la naqu’elle
telle ma bien-aimée entre les jeu- ture
incarne.
nes femmes, répond le bien aimé.
Une des roses d’or de la grille du Jardin de Paradis
langage
Cette traduction est une des plus Quel
3. San Damiano, à l’aube du troisième millénaire. Roland Maisonneuve, p 186.
Ed. Téqui. 2000.
4. André Neher : préface du Cantique des Cantiques. André Chouraqui. PUF
1970.
5. Le 21 déc. Et pour les fêtes de sainte Marie Madeleine et de saint Bernard.
6. Cf. Bulletin 8
7. Ct 2, 1-2. Bible de Jérusalem. Edit Cerf.
8. Le Cantique des Cantiques traduit et présenté par André Chouraqui. PUF
1970.
9. Lumen Gentium 69
2
porte si nous sommes des
épines, elle nous veut tous,
les bons comme les méchants, près d’Elle pour l’éternité ; ainsi Elle affirme :
Parlez à tous. Appelez tous, les méchants aussi
bien que les bons (11) car je
les veux tous sauvés. Je
veux qu'ils reviennent repentis entre mes bras . .(SD mardi 7 oct. 1969).
C’est ma joie et mon réconfort d’être au milieu de
mes enfants, spécialement
Un des 2 buissons d’épineux
ceux qui m’aiment et me
au fond de l’enclos
consolent. Mais je veux ausTu es bénie entre toutes les si tous ceux qui ne m’aiment pas !
femmes et Jésus, le fruit de tes en- (SD vendredi 19 juillet 1968).
C’est un mystère de pure miséritrailles, est béni". Après la salutation
corde
qui est accordé aux pêcheurs
de l'ange, nous faisons nôtre celle
d'Elisabeth. "Remplie de l'Esprit que nous sommes, d’avoir part à sa
Saint" (Lc 1,4), Elisabeth est la pre- gloire (12).
Une belle vision de Rosa monmière dans la longue suite des génétre
la merveille de cette misérirations qui déclarent Marie bienheucorde
:
reuse (Lc 1,48): "Bienheureuse celle
Le
Père
Eternel apparaît à Rosa,
qui a cru..." (Lc 1,45); Marie est "bénie
sous
forme
humaine. Il est entouré
entre toutes les femmes" parce
de
7
rayons
(Dieu vient renouveler
qu'elle a cru en l'accomplissement de
son alliance). Ils sont dirigés sur le
la parole du Seigneur.
Par sa foi Abraham, est devenu poirier dans le Jardin de Paradis ; sur
une bénédiction pour "toutes les na- le prunier ; sur tous les présents (San
Damiano est un lieu d’alliance). Rotions de la terre" ( Gn 12,3 ).
Par sa foi, Marie est devenue la sa voit alors un pré tout lumineux,
mère des croyants grâce à laquelle d’une lumière blanche (le paradis). Il
toutes les nations de la terre reçoi- est plein de brebis. Arrive Jésus. Sur
vent Celui qui est la bénédiction ses épaules il porte une brebis solimême de Dieu: Jésus, le fruit bénit taire, d’un autre genre (l’homme pêcheur).
de tes entrailles" (10).
Il la dépose dans ses mains. Le
Ainsi, il n’est pas inintéressant de
Père
Eternel la prend avec recueillenoter que c’est un auteur juif qui
ment.
Il élève les mains. Alors un
nous aide à comprendre la présence
rayon
de lumière « rouge, rouge,
de ces deux buissons d’épines dans
rouge
:
un feu », qui est l’amour du
le Jardin de Paradis.
Saint
Esprit,
descend sur la brebis et
Ils évoquent l’assemblée des
croyants qui, malgré leur indignité, la transperce. La brebis est purifiée
sont invités à entrer et demeurer pour les nouveaux cieux et la noudans le paradis du Seigneur. Car velle terre (10).
Marie est notre Mère et la Mère ne
...
peut être sans ses enfants. Peu im-
CHRISTIANISME ET JUDAISME :
LA PENSEE DE MARTHE ROBIN.
Dans les années soixante
dix, un père de foyer de Charité
qui l’avait bien connu, disait à
ses retraitants que le Seigneur
avait révélé le sens de la Shoah
à Marthe : Hitler, en écrivant
Mein Kampf dans sa prison de
Munich en 1924, avait fait un
pacte avec Satan : lui, demandait la gloire, en échange de
l’extermination du peuple juif. Le
démon voulait par ce génocide,
mettre une barrière infranchissable entre les chrétiens et
les juifs car il se réaliserait en
terre chrétienne.
Cette information inédite de
la vie de cette grande mystique,
bientôt, nous l’espérons, sur les
autels, questionne notre conscience de chrétiens.
Qu’est-ce que le Seigneur
attend des juifs ? Et qu’attend-il
de nous chrétiens, vis-à-vis de
nos frères aînés dans la foi ?
( Voir à ce sujet en page 11. )
Le Bon Pasteur
10. Catéchisme de l’Eglise Catholique 2676.
11. Allez donc aux départs des chemins, et conviez aux noces tous ceux que vous
pourrez trouver. Ces serviteurs s'en allèrent par les chemins, ramassèrent tous
ceux qu'ils trouvèrent, les mauvais comme les bons, et la salle de noces fut
remplie de convives. Matt 9, 9-10
12. Dans une optique chrétienne, si l’on considère que la rose parmi les épines
représente aussi l’Eglise, issue du Peuple de la promesse ; la présence de ces
buissons d’épines au Jardin de Paradis, serait le signe qu’Israël garde sa place
auprès du Père.
13. San Damiano, à l’aube du troisième millénaire. Roland Maisonneuve, p
113. Ed. Téqui. 2000..
3
« Le Jardin insolite »
Le Jardin insolite
Le Jardin de Paradis de San Damiano se prolonge d’un curieux appendice de jardin, planté d’une croix
de bois, et situé en dehors de l’enclos.
Rosa di Gesù Maria indiquait que,
de même que la petite statue de
Lourdes est dirigée en direction du
tabernacle de l’église, donc vers Jésus vivant (14) ; de même le regard
de la belle statue blanche est toujours
dirigé vers cette croix de bois, signifiant par cette disposition que Marie
est intimement liée au mystère de
mort et de résurrection de son fils.
C’est un des aspect fondamentaux du
message, et Marie veut nous faire
cheminer sur cette voie qu’Elle a Ellemême parcourue.
C’est en ce sens que nous recevons cette parole :
Allez souvent aux pieds de Jésus
avec les anges qui l’entourent. Allez
et faites beaucoup de visites, jour et
nuit en réparation. Faites beaucoup
de communions spirituelles pour
consoler Jésus-Eucharistie qui, nuit et
jour, est enfermé dans le tabernacle
et qui attend les âmes.
(SD vendredi 19 septembre 1969)
C’est dans cette perspective
qu’Elle dit :
Moi, par mon instrument, j’ai fait
mettre mon Image (la statue) là dans
mon Jardin de Paradis ; et devant
moi, j’ai la croix de mon fils Jésus.
J’ai toujours été sous la croix, c’est
ainsi qu’on arrive au ciel.... Sous mon
manteau,
avec l’étendard de la
foi,
l’étendard de
l’espérance
et de la charité, et sous
la croix se
remportera
la victoire...
Quand sera
v e n u e
l’heure où le
Père Eternel
ouvrira
les
cieux, alors,
vous verrez
ma
splendeur !
(SD vendre-
di 3 avril 1970).
Il reste une question à résoudre :
Pourquoi avoir planté cette croix
en dehors du Jardin de Paradis ?
Rosa avait demandé qu’il soit entouré de fleurs de toutes sortes qui
représenteraient tous les pèlerins (15)
et avait en outre indiqué que cette
disposition était comme une leçon
pour la vie intérieure des pèlerins (16).
Mais de quelle leçon s’agirait-il ? A
chacun d’entre nous de la
découvrir.
La parabole des vignerons homicides pourrait en
livrer une clé pour la compréhension : Jésus raconte
qu’après qu’ils se furent saisis des serviteurs du maître
pour les tuer, le maître envoya son propre fils. Les vignerons se
saisirent de lui, le jetèrent hors de la
vigne et le tuèrent (17).
Pourquoi hors de la vigne ?
La Lettre aux Hébreux le précise,
notamment dans l’exhortation finale
qui éclaire le culte lévitique et sacerdotal du temple, au regard de l’unique
sacrifice et sacerdoce du Christ:
Nous avons un autel ; ceux qui en
font le service au tabernacle n'ont pas
le droit d’y manger. Les corps des
animaux, dont le sang est porté dans
le sanctuaire par le grand prêtre pour
l'expiation du péché, sont brûlés en
dehors du camp. C'est pourquoi Jésus, lui aussi, pour sanctifier le peuple par son propre sang, a souffert
hors de la porte. Donc, pour aller à
lui sortons hors du camp, en por-
14. On peut visionner à ce propos le témoignage de Roland Maisonneuve dans le
film vidéo San Damiano, Témoins de Vérité. Edit. San Damiano Media 2000. De
même il faut relire Regarde bien Rosa dans Fiorettei Rosa di Gesù Maria. Roland Maisonneuve, p 185. Ed. du Parvis. 1994.
15. Témoignage personnel.
16. San Damiano, histoire et documents. Roland Maisonneuve, p 110. Ed. Téqui.
tant son opprobre. Car nous n’avons pas ici bas de cité permanente,
mais nous cherchons celle qui est à
venir (18).
Jésus a été jeté au dehors de la
ville sainte pour y être mis à mort.
Pourtant n’avait-il pas annoncé qu’il
ne convenait pas qu’un prophète périsse hors de Jérusalem (19). C’est
donc dans l’ignominie, dans la honte
qu’il a été traîné. A sa suite, en tant
que disciples, il nous faut porter cette
opprobre, cette infamie, comme le dit
l’apôtre.
Si, comme le laissait entendre Rosa, ce petit jardin insolite, planté
d’une simple croix, est le signe d’une
pédagogie particulière pour les pèlerins de Notre Dame des Roses, cela
pourrait être celle-ci :
Il nous est donné, à nous aussi,
de vivre avec Marie, ce mystère de
mort et de résurrection de Jésus,
comme Lui, en dehors du camp, c’est
à dire en acceptant une certaine
condition d’exclus, de marginalisés (20) au sein des communautés de
croyants qui ne veulent pas d’eux ;
partager les humiliations de Jésus
pour participer au salut de tous. C’est
ce qu’exprime la Madone dans ce
message de douleur:
Mon Fils est mort
en croix pour sauver le monde. Moi,
j’ai tant souffert sur
le chemin du calvaire, tant, tant,
que personne n’a
souffert
comme
Moi ! Voir mon Fils
martyrisé ainsi ! J’ai tant pleuré ! J’ai
le cœur déchiré de grosses larmes.
Priez mes enfants, priez beaucoup
afin que tous puissent se convertir ;
que tous puissent avoir la paix ; que
tous puissent s’approcher des sacrements ; que tous puissent avoir le
baiser du pardon. Et quand je viendrai avec une grande lumière, ils auront tant de joie et de consolation !...
Courage, mes enfants, courage et en
avant. Même s’il y a des luttes, subissez tout et avancez, avancez
avec Jésus !
C’est une leçon
pour la vie
intérieure
des pèlerins
(SD vendredi 16 sept 66).
...
1983.
17. Matt 22, 39
18. Heb 13, 10-14
19. Luc 13, 33
20. Commentaire de La Bible des Peuples, p 440 . Ed. Le Sarment. 1998.
4
LA VICTOIRE DES 232 CADETS D’ISRAEL
Voici un singulier passage de l’histoire
d’Israël issu du livre
des Rois, où il est
question d’une bataille décisive. Nous
verrons quels liens ce
récit biblique peut
présenter avec le Jardin de Paradis :
Le roi Achab, roi d’Israël, est assiégé de
toutes parts par les
armées Araméennes.
L’issue du combat
semble perdue pour
Israël.
Alors un prophète vint
trouver Achab, roi
d’Israël, et dit : « Ainsi parle le Seigneur Dieu. As-tu vu cette grande
foule ? Voici que je la livre aujourd’hui
en tes mains et tu reconnaîtras que je
suis le Seigneur Dieu. » Achab dit :
« Par qui me la livreras-tu ?» Le prophète répondit : « Ainsi parle le Seigneur Dieu: Par les cadets des chefs
de provinces. » (…) Achab passa en
revue les cadets de chefs de provinces. Il étaient deux cent trente deux.
Après eux il passa en revue toute
l’armée, tous les Israélites, ils étaient
sept mille. (…) Ils sortirent de la ville,
les cadets des chefs de provinces,
puis l’armée derrière eux, et ils frappèrent chacun son homme. Aram
s’enfuit et Israël le poursuivit…Alors
le roi d’Israël sortit ; il prit les chevaux
et les chars et infligea à Aram une
grande défaite (I Ro 20, 13-21).
Cet épisode de l’histoire d’Israël montre la puissance du Seigneur qui agit
pour protéger le peuple de la promesse. Il met en scène le petit qui
confond le puissant, comme dans
l’épisode de David et Goliath.
Ici, ce sont les cadets (21), les petits,
ceux qui ont le moins d’expérience,
qui sont envoyés en première ligne
contre l’envahisseur, deux cent
trente deux jeunes pour protéger
une armée de sept mille hommes !
Contre toutes les lois de la guerre, ce
sont eux le fer de lance, à la place de
la cavalerie… !
Saint Paul dira : Ce qu’il y a de fou
dans le monde, voilà ce que le Sei-
gneur a choisi pour confondre les sages ; ce qu’il y a de faible dans le
monde, voilà ce que le Seigneur a
choisi pour confondre ce qui est fort (I
Co 1, 27).
sainteté, ce sont les nations où Marie veut régner, enfin c’est l’Eglise.
Mais, c’est, de façon
particulière, chaque pécheur, chaque homme,
appelé à devenir une
rose de Jésus et Marie,
une rose de l’amour, la
rose unique que le Seigneur a voulu qu’il soit
(22). Ainsi, si l’on se reporte au récit biblique,
ces deux cent trente
deux roses pourraient
représenter la petite
assemblée de tous les
enfants de Marie qui
sont engagés avec Elle
dans une bataille contre
les forces du mal, ceux contre qui le
Dragon va guerroyer, ceux qui gardent les commandements du Seigneur et possèdent le témoignage de
Jésus (Ap 12, 17), avec en main, le Rosaire dont Marie nous dit qu’il est
l’arme la plus puissante pour nous
sauver.
Ces deux cent trente deux roses du
Jardin de Paradis nous rassurent sur
l’issue de ce combat, même si les
fidèles de Marie et de Jésus semblent
en très petit nombre. ■
Curieuse coïncidence ! le Jardin de
Paradis de San Damiano est orné de
deux cent trente deux roses sculptées dans le métal (grille dorée), la
pierre (statue blanche) ou le bronze
(Notre-Dame de Lourdes sur le
puits) ! Coïncidence gratuite ou clin
d’œil du Ciel ? Tous les éléments du
Jardin de Paradis, toute leur disposition ont été voulus ou approuvés par
Rosa Quattrini, l’instrument du Ciel en
ce lieu.
Quel enseignement tirer de
cette
concordance ?
Quelle serait la
signification de
ces roses ?
Elles renvoient à
un symbolisme
multiple : ce sont
à la fois les grâces dont Marie
couvre ses enfants, les œuvres et les prières de chaque
fidèle, ce sont
les cœurs et les
âmes des pèlerins qui doivent Une des 232 roses
fleurir dans la
Jean-Romain Fabrikant
du Jardin de Paradis
21. D’autres traductions ne parlent pas de « cadets » mais de serviteurs. En fait le trente deux roses sont donc aussi le symbole de l’humilité de Marie, de l’humilité
mot latin utilisé par saint Gérôme est pedisequos, littéralement : suivant, suivante, de ses enfants.
esclave qui marchait immédiatement derrière son maître. Marie est la servante
22. San Damiano, histoire et documents, Roland Maisonneuve Téqui 1983.
du Seigneur, elle marche immédiatement sur les traces de Jésus. Ces deux cent
5
Je suis Mère de Miséricorde
San Damiano
Message de Notre-Dame des Roses
À Gesù-Maria, le 17 octobre 1969
7
Sainte Marie Faustine Kowalska
(25 août 1905 — 5 octobre 1938) (33 ans)
Béatifiée le 18 avril 1993 et canonisée le 30 avril 2000 par Jean Paul II
le thème de la miséricorde est central dans le message de San Damiano. La canonisation récente de sainte Faustine est l’occasion de retracer sa vie et de rappeler les
demandes du Christ miséricordieux. C’est aussi l’occasion de rappeler que son icône
a toujours été au centre de l’oratoire de Rosa di gesùgesù-maria. (p 11)
Sœur Marie Faustine a été
élue par le Seigneur Jésus : secrétaire et apôtre de sa Miséricorde,
pour transmettre au monde entier
son grand message. Dans l'Ancien
Testament, dit le Seigneur, j'ai envoyé à mon peuple des prophètes
et avec eux la foudre. Aujourd'hui,
je t'envoie vers toute l'humanité
avec ma miséricorde. Je ne veux
pas punir l'humanité endolorie,
mais je désire la guérir en l'étreignant sur mon cœur miséricordieux (P.J. 1588). (1).
Elle naît le 25 août 1905, troisième des dix enfants de Marianna et
Stanislaw Kowalski, agriculteurs dans
le village de Głogowiec. Baptisée
dans l'église paroissiale de Swinice
Warckie, elle reçoit le prénom d'Hélène. Plus tard, elle va à l'école pendant seulement trois ans. Toujours
docile et fidèle à remplir ses devoirs,
elle est la meilleure de tous les enfants ! (p 54) (2).
Quand elle a trois ans, son père,
en plaisantant, lui commande de quitter le toit maternel, sous prétexte
qu’elle ne ressemble à personne de
la famille. Elle fait son petit paquet et
se dirige vers la maison voisine, où
habitent des amis. La maman, bouleversée, la rappelle, pour qu’elle revienne ; l’enfant était déjà dans la
rue ! (p 54)
A cinq ans, elle décore des petits autels et parle de la religion en
gardant le troupeau avec ses frères.
De bonne heure, elle se fait remarquer par son amour pour la prière.
Lorsque c’est impossible d’aller à la
messe le dimanche, elle se retire
dans un lieu solitaire, à la maison ou
au jardin, et là, munie du livre de sa
mère, elle s’unit au Saint Sacrifice.
Lorsque sa mère la cherche pour lui
demander un service, l’enfant vient
seulement lorsque l’heure de la
messe est passée ; alors baisant la
main maternelle, la petite s’excuse : petite mère, j’ai dû accomplir
mon devoir.(p 64)
Dès l'âge de sept ans, elle sent
l’appel à la vie religieuse, mais ses
parents n'étant pas d'accord pour
qu'elle aille au couvent, la petite Hélène essaye d'étouffer cette voix intérieure. (p 64)
Elle fait sa Première Communion à neuf ans. Adolescente, elle
quitte la maison familiale pour gagner sa vie comme servante afin d’aider ses parents, dans des familles
aisées de Aleksandrów, Lòdz et Ostrówek.(3).
Hélène a 15 ans à peine lorsqu’elle décide d’entrer au couvent.
Ses parents refusent et son père lui
dit : Tu ne sais pas ce que tu dis !
Pour te laisser partir au couvent, je
devrais verser une somme d’argent
et je n’en ai pas, je n’ai que des dettes ! Hélène répondit : Mais papa, je
n’ai pas besoin d’argent, Jésus me
conduira au couvent ! Le refus des
parents cause beaucoup de chagrin
à la jeune fille qui, négligeant les inspirations de la grâce, s’adonne à la
vanité du monde, sans pourtant en
recueillir aucune satisfaction. L’appel
de la grâce se fait toujours sentir et
l’inquiète. (p 44)
Un jour, au bal, avec sa sœur,
elle voit soudain auprès d’elle Jésus
souffrant, couvert de plaies qui lui
dit : Jusqu’à quand dois-je supporter que tu me trompes ? . Cette
vision trouble profondément la jeune
fille qui quitte sur le champs ses amis
pour aller se réfugier à l’Eglise, et là,
devant le Saint Sacrement, elle demande à Notre-Seigneur ce qu’il veut
d’elle. C’est alors qu’elle entend ces
paroles : Va à Varsovie et rentre au
couvent. Elle part le soir même,
sans aucun bagage. (p 45)
Le 1er août 1925, elle rejoint la
Congrégation des Sœurs de Notre
Dame de la Miséricorde. Deve-
1. Site Internet Faustina
2. Les N° de page renvoient à : Dr H.W Soeur Faustine, Apôtre de la Miséricorde Divine. Edit. Hovine 1979.
nue Sœur Marie Faustine, elle y
reste treize ans comme soeur cuisinière, jardinière ou sœur portière
dans plusieurs maisons de la
Congrégation, le plus souvent à
Plock, Wilno et Cracovie. (4).
Elle écrit : En 1929, pendant la
messe, tandis que je récitais le texte
de renouvellement de mes saints
vœux, Je vis Jésus près de moi, habillé de blanc avec une ceinture d’or.
Il me dit : « Je t’accorde un amour
éternel et, pour que ta pureté soit
sans tache, tu ne ressentiras jamais de tentations contre cette
vertu. » Jésus dénoua alors sa ceinture et m’en entoura les reins. Depuis
ce temps, aucune tentation ne vint
troubler ni mon corps, ni mon esprit.
Je compris plus tard que cette grâce
me fut accordée par la sainte Vierge
que j’avais prié pendant plusieurs
années à cette intention. (p 73)
Sa dévotion envers Marie est
profonde et enfantine, pleine d’amour
et de confiance. Vers la fin de 1933,
elle se rend à Czestochowa avec la
permission des supérieurs. Elle écrit
dans son journal : Arrivée à 5 heures
du matin, je suis restée jusqu’à 11
heures, moment ou la sainte Image
est recouverte. Marie me dit bien des
choses ; je lui offris mes vœux perpétuels, et sentis alors que j’étais vraiment son enfant et qu’elle était ma
mère. Elle ne m’a rien refusé de tout
ce que je lui ai demandé. (p 66)
Le 25 mars 1936, la sainte
Vierge lui déclare : « J’ai donné au
monde le sauveur, et toi, tu dois
parler au monde de sa grande miséricorde et le préparer à sa nouvelle venue. Il viendra alors, non
comme sauveur miséricordieux,
mais comme un juste Juge. Annonce aux âmes cette grande miséricorde. Aussi longtemps que
durera le temps de la miséricorde.
Si tu le fais maintenant, tu répondras d’un grand nombre d’âmes au
jour terrible. » (p 177)
3. Canonizzazione della beata Maria Faustyna Kowalska. Tipografia Vaticana.
20 avril 2002.
4. Id. à note 3.
8
Encore toute jeune, elle fréquente assidûment les sacrements et
communie tous les jours :
Je préfère disait-elle une heure
de sécheresse passée au pied des
autels que cent années passées dans
les délices de ce monde. Je préfère
être une Cendrillon en communauté
qu’une reine dans le monde. (p 66)
J’ai vu, comment Jésus dans la
sainte communion, entrait à contre
cœur dans certaines âmes. Il m’a répété ces mots : - J’entre dans certains cœurs comme pour une seconde passion. (p 160)
Elle se distingue par l'amour de
la prière, l'assiduité, l'obéissance et
par une grande sensibilité à la misère
des hommes.
Ses mortifications remontent à
son enfance. Elle jeûne souvent,
porte des chaînettes en fer et prie les
bras en croix. En plein été, à la cuisine, jamais elle ne se plaint de la
chaleur ; au cours de sa maladie, elle
se contente de quelques gouttes,
malgré sa grande soif : Pourtant
avoue-t-elle: j’avalerais volontiers un
seau d’eau !. (p 69)
Sœur Faustyna Kowalska écrit
dans son journal : J'éprouve une douleur atroce, lorsque j'observe les
souffrances du prochain, elles se répercutent dans mon cœur; et je porte
leurs angoisses, de sorte qu'elles
m'anéantissent physiquement. Je
voudrais que toutes les douleurs retombent sur moi, pour soulager mon
prochain » (5). Voilà à quel point de
partage conduit l'amour lorsqu'il se
mesure à l'amour de Dieu !
Les années passées au couvent
abondent en grâces extraordinaires:
révélations, visions, stigmates cachés, participation à la Passion du
Seigneur, don de bilocation, de pénétrer le cœur des autres, de prophétie,
ou bien le don très rare des fiançailles
et épousailles mystiques. (6) Elle
écrit :
La souffrance est une grande
grâce, elle nous rend semblable à
Jésus et c ‘est par la souffrance que
se prouve notre amour... Elle est le
thermomètre avec lequel on mesure l’amour d’une âme envers
Dieu. (p 88)
Sévère observatrice du silence,
elle assure qu’une âme bavarde n’arrive jamais à la sainteté : Une bouche
silencieuse est d’or pur, elle porte le
témoignage de la sainteté intérieure.
(p 70)
Rien ne trahit à l'extérieur sa vie
mystique d'une extrême richesse.
5. Journal, p. 365. Apostolat de la Miséricorde Divine.
6. id. à note 3.
Soeur Faustine aimait, priait et offrait des sacrifices pour sa Patrie :
« J’aime la Pologne, lui dit Jésus, d’une façon toute particulière ;
Si elle est fidèle et obéissante à ma volonté,
je l’élèverai en puissance et en sainteté ;
d’Elle jaillira une étincelle
qui préparera le monde à ma dernière venue. » (P.J. 1732)
C'est avec zèle qu'elle remplit toutes
ses tâches, elle observe fidèlement
les règles, recueillie et silencieuse,
mais en même temps naturelle,
pleine d'un amour bienveillant et désintéressé. Sa vie, très ordinaire, monotone et grise en apparence, cache
la profondeur extraordinaire de l'union
à Dieu.
L’âme s’arme par l’oraison à
tout combat ; en quelque état qu’elle
soit, elle doit prier. L’âme pure et
belle doit prier, car autrement elle
perdrait sa beauté. » (p 152)
Le corps ravagé par la tuberculose et par les souffrances offertes
pour la conversion des pécheurs,
sœur Faustine meurt en odeur de
sainteté le 5 octobre 1938 à Cracovie,
à peine âgée de 33 ans.
L’origine du tableau, et la dévotion au Cœur Miséricordieux n’avaient pas encore été révélés au
monde.
Notre-Seigneur lui avait dit :
« Ces deux rayons indiquent le
sang et l'eau: le rayon pâle signifie
l'eau qui justifie les âmes; le rayon
rouge signifie le sang, qui est la vie
des âmes. Ces deux rayons jaillirent des entrailles de ma miséricorde, alors que mon cœur, agonisant sur la croix, fut ouvert par la
lance.... (299) (7).
Un an plus tard la guerre éclate.
7. site Internet Faustina
8. Id. à note 3.
Alors seulement, on commence à
parler de l’Apôtre de la Miséricorde
Divine. Individuellement ou en famille,
dans les villages et les villes, on se
réfugie efficacement sous la protection du Sauveur Miséricordieux, dont
l’image se répand dans tout le pays.
Puis, avec les exilés et les prisonniers, la dévotion pénètre dans les
camps de concentration russes ou
allemands. Auschwitz la connaît et
Dachau en est devenu comme le centre. (p 167)
Béatifiée le 18 avril 1993, sainte
Faustine est canonisée le dimanche
30 avril 2000 par le pape Jean Paul II.
Ses reliques reposent au Sanctuaire
de la Miséricorde Divine de Cracovie-Agiewniki.
Quel est l'avenir de l'humanité
sur terre ?
Nous ne pouvons le savoir. Il est
à craindre qu'à côté de nouveaux progrès ne manqueront pas, malheureusement, les expériences douloureuses.
Mais ne doutons pas que la lumière de la Miséricorde Divine, remise au monde à travers le charisme
de Sainte Marie-Faustine, illuminera
le chemin des hommes du troisième
millénaire. (8). ■
Marie Dominique Fabrikant
Page suivante : les demandes du Christ
miséricordieux à Sœur Faustine
9
LES DEMANDES DU CHRIST MISERICORDIEUX A SAINTE MARIE-FAUSTINE
1. L’ ICONE DU CHRIST
MISERICORDIEUX
Un soir alors que j’étais
dans ma cellule, je vis Jésus vêtu d’une tunique
blanche, une main levée
pour bénir, la seconde
touchait son vêtement sur
la poitrine. De la tunique
entrouverte sur la poitrine
sortaient deux grands
rayons, l’un rouge, l’autre pâle. En
silence, je fixais mon regard sur le
Seigneur, mon âme était saisie de
crainte, mais aussi d’une grande joie.
Après un moment Jésus me dit :
« Peins un tableau selon l’image que
tu vois, avec l’inscription : Jésus, j’ai
confiance en Toi. Je désire qu’on
honore cette image, d’abord dans
votre chapelle, puis dans le monde
entier. Je promets que l’âme qui honorera cette image ne sera pas perdue. Je lui promets aussi la victoire
sur ses ennemis dès ici-bas, et spécialement à l’heure de la mort. Moimême, je la défendrai, comme ma
propre gloire ». 22 février 1931.
2. LE CHAPELET A
LA MISESICORDE
DIVINE
( lire page suivante).
Ma fille, incite les
âmes à dire ce chapelet que je t’ai donné. Il me plaît de
leur accorder tout ce qu’elles me
demanderont en disant ce chapelet..
Lorsque les pécheurs endurcis le réciteront, j’emplirai leur âme de paix et
l’heure de leur mort sera heureuse.
Ecris cela pour les âmes affligés :
Lorsque l’âme verra ses péchés et en
mesurera le poids, lorsque se dévoilera à ses yeux tout l’abîme de la misère dans laquelle elle s’est plongée,
qu’elle ne désespère pas mais qu’elle
se jette avec confiance dans les bras
de ma miséricorde, comme l’enfant
dans les bras de sa mère bien-aimée.
Ces âmes-là ont la priorité sur mon
cœur empli de pitié, elles ont la priorité sur ma miséricorde. Dis-leur
qu’aucune âme, faisant appel à ma
miséricorde n’a été déçue ni n’a
éprouvé de honte.
3. LA NEUVAINE
La Fête de la Miséricorde a jailli de
mes entrailles pour
la consolation du
monde
entier
(1517) et elle est
confirmée dans les
profondeurs
de
mon amour infini. Cette fête doit être
préparée par une neuvaine qui commence le Vendredi Saint; elle
consiste à réciter le Chapelet à la Miséricorde Divine pendant neuf jours
de suite; la neuvaine se termine le
1er dimanche après Pâques.
4. LA FETE DE LA MISERICORDE
DIVINE
Ma fille, parle au
monde entier de
mon inconcevable
miséricorde. Je désire que la fête de la
miséricorde soit le
recours et le refuge
pour
toutes
les
âmes, et surtout pour
les pauvres pécheurs. En ce jour les
entrailles de ma miséricorde sont ouvertes, je déverse tout un océan de
grâces sur les âmes qui s’approcheront de la source de ma miséricorde ;
toute âme qui se confessera et
communiera recevra le pardon
complet de ses fautes et la remise
de leur punition ; en ce jour sont
ouvertes toutes les sources divines
par lesquelles s’écoulent les grâces ;
qu’aucune âme n’ait peur de s’approcher de moi, même si ses péchés
sont comme écarlate. Ma miséricorde
est si grande que, pendant toute l’éternité, aucun esprit, ni humain ni angélique ne saurait l’approfondir. Tout
ce qui existe est sorti des entrailles
de ma miséricorde. Chaque âme en
relation avec moi, méditera mon
amour et ma miséricorde durant toute
l’éternité. La fête de la miséricorde
issue de mes entrailles, je désire
qu’elle soit fêtée solennellement le
premier dimanche après Pâques.
Le genre humain ne trouvera pas la
paix tant qu’il ne se tournera pas vers
la source de ma miséricorde.
5. CHARITE = MISERICORDE
L'Amour véritable du prochain est
aussi une condition nécessaire
pour obtenir des
grâces de la Miséricorde Divine.
Si nous ne pratiquons pas la
charité,
nous
n'obtiendrons pas
la miséricorde de
Dieu:
Jésus désire que
ses adorateurs fassent au moins un
acte de miséricorde par jour.
6. LA CONFESSION
Quand tu vas te confesser, sache que
c'est moi-même qui t'attends dans
le confessionnal, je me dissimule seulement derrière le prêtre, mais c'est
moi seul qui agis dans l'âme. Ici la
misère de l'âme rencontre le Dieu de
miséricorde. Dis aux âmes, qu'à cette
source de miséricorde, les âmes ne
puisent qu'avec le vase de la
confiance. Lorsque leur confiance
sera grande, il n'y aura pas de bornes
à mes largesses. Les torrents de ma
grâce inondent les âmes humbles.
Dis aux âmes où elles doivent chercher la consolation, c'est au tribunal
de la miséricorde ; c'est là qu'ont
lieu les plus grands miracles qui se
renouvellent sans cesse. Point n'est
besoin, pour obtenir ce miracle de
faire de lointains pèlerinages, ni de
faire étalage d'un quelconque cérémonial, mais il suffit de se jeter avec
foi aux pieds de celui qui tient ma
place, de lui dire sa misère et le miracle de la miséricorde divine se manifestera dans toute sa plénitude.
7. L’HEURE DE LA MISERICORDE
Je te rappelle, ma fille,
que chaque fois que tu
entendras
l’horloge
sonner trois heures,
immerge-toi tout entière en ma miséricorde en l’adorant et
en la glorifiant ; fais
appel à sa toutepuissance pour le monde entier et
particulièrement pour les pauvres pécheurs, car à ce moment, elle est
grande ouverte à toutes les âmes.
A cette heure-là, tu peux tout obtenir
pour toi et pour les autres ; à cette
heure, la grâce a été donnée au
monde entier, la miséricorde l’emportera sur la justice.
Pour le Journal de Soeur Faustine, les livrets de
prière et les images, s’adresser à :
Apostolat de la Miséricorde Divine
25, rue Surcouf 75007 Paris
Tel 01 40 62 69 00 Fax 01 40 62 69 01
10
LE CHAPELET A LA MISERICORDE DIVINE
( on récite les prières suivantes sur un
chapelet ordinaire )
Au début :
Notre Père qui es aux cieux, que Ton Nom soit
sanctifié, que Ton Règne vienne, que Ta Volonté soit
faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour, pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés, et ne nous soumets pas
à la tentation*, mais délivre-nous du Mal. Amen.
* (ou « ne nous laisse pas entrer en tentation).
Je Vous salue, Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec Vous. Vous êtes bénie entre toutes les
femmes et Jésus, le fruit de Vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.
Je crois en Dieu, le Père Tout-Puissant, Créateur
du ciel et de la terre. Et en Jésus-Christ, son Fils unique,
notre Seigneur, qui a été conçu du Saint-Esprit, est né de
la Vierge Marie, a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli, est descendu aux enfers.
Le troisième jour est ressuscité des morts, est monté
aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père ToutPuissant, d’où Il viendra juger les vivants et les morts.
Je crois en l’Esprit Saint, à la sainte Eglise catholique, à la communion des saints, à la rémission des
péchés, à la résurrection de la chair, à la vie éternelle.
Amen.
Sur les gros grains une fois :
Père Eternel, je T’offre le Corps et le Sang, l’Ame et
la Divinité de Ton Fils bien-aimé, notre Seigneur
Jésus-Christ, en réparation de nos péchés et de
ceux du monde entier.
Sur les petits grains, 10 fois :
Par Sa douloureuse passion, sois miséricordieux
pour nous et pour le monde entier.
Pour terminer, 3 fois :
Dieu Saint, Dieu Fort, Dieu Eternel, prends pitié de
nous et du monde entier.
Origine du Chapelet à la Miséricorde
Cette prière est un don de Dieu insigne pour nos
temps. Le Seigneur Jésus l’a dictée à Soeur Faustine
au couvent des Soeurs à Vilnus (Wilno), les 13 et 14
septembre 1935. Soeur Faustine eut alors la vision
d’un ange, l’exécuteur de la colère de Dieu, qui allait
punir la terre pour les péchés qui s’y commettaient.
Lorsqu’elle vit ce signe de la colère de Dieu qui allait
s’accomplir, elle se mit à supplier l’ange d’éloigner le
châtiment pour que le monde fasse pénitence. Soudain, elle fut ravie en présence de la Sainte Trinité ;
intimidée, elle n’osa plus répéter sa demande. Ayant
senti dans son âme la puissance de la grâce de Jésus, elle se mit à prier avec des paroles inspirées intérieurement. Le résultat ? Ecoutons-la nous le dire :
Alors que je priais ainsi, j’ai vu l’impuissance de l’ange
qui ne pouvait accomplir la juste punition qui revient
de plein droit aux péchés (Petit Journal [P. J.] 475).
Le lendemain matin, en entrant dans la chapelle pour
prier, elle entendit à nouveau le Seigneur Jésus lui
inspirer cette même prière et la lui dicter mot à mot.
C’était le Chapelet à la Miséricorde Divine. Jésus en
précisa le rôle et indiqua la façon de le réciter : Cette
prière sert à apaiser ma colère, tu vas la réciter (…)
sur un chapelet, de la manière suivante: : D’abord tu
diras un « Notre Père », un « Je vous salue Marie » et
le « Je crois en Dieu », puis sur les grains du « Notre
Père », tu vas dire les mots suivants: « Père Éternel,
je T’offre le Corps et le Sang, l’Âme et la Divinité de
Ton Fils bien-aimé, Notre Seigneur Jésus-Christ, en
réparation de nos péchés et de ceux du monde entier »; sur les grains du « Je vous salue Marie », tu
diras les mots suivants: « Par Sa douloureuse passion, sois miséricordieux pour nous et pour le monde
entier. A la fin tu réciteras trois fois ces paroles: « Dieu
Saint, Dieu Fort, Dieu Éternel, prends pitié de nous et
du monde entier » (P. J. 476)….■
L’oratoire de Rosa di Gesù-Maria à San Damiano
La photo du Christ miséricordieux était toujours là.
11
Octobre 2002 - Octobre 2003 :
Année du Rosaire
proclamée par le saint Père !
Dans sa lettre apostolique sur le Rosaire publiée le 16
octobre 2002 le saint Père déclare :
« J’ai senti la nécessité de développer une réflexion sur le
Rosaire… pour exhorter à la contemplation du visage du
Christ en compagnie de sa très sainte Mère et à son école…
je désire que,
tout au long de
l’année,
cette
prière soit proposée et mise
en valeur de
manière particulière dans les
différentes communautés chrétiennes. Je proclame donc l’année qui va d’octobre de cette
année à octobre
2003, Année du
Rosaire » !
C’est
une
grande joie pour
tous les pèlerins
de Notre-Dame
des Roses, un
grand signe des temps pour ce troisième millénaire, car
cette proclamation à lieu un 16 octobre, fête anniversaire de
la première apparition à San Damiano. Que cette grande
nouvelle ravive nos cœurs et que, chacun , dans nos communautés nous ayons à cœur de relancer notre propre dévotion au Rosaire et les groupes de prières.
Dès le prochain numéro, nous consacrerons à chaque numéro, une page de méditation d’un mystère du Rosaire (20
mystères puisque le saint Père a augmenté le Rosaire de
cinq Mystères de Lumières qui nous ferons méditer sur
la vie publique de Jésus, de son baptême à la sainte
cène) en nous aidant du message de Marie à San Damiano,
dans la lumière des paroles de Jean Paul II. ■
Quelle est la
vocation du peuple
juif pour notre
temps ? Quelques
éléments de
réflexion :
« Le tronc et ses branches »
Israël, le peuple de la bible, est la racine, et
l’Eglise est le tronc de l’arbre de Dieu.
Depuis deux millénaires les racines ont été détachées du tronc et le tronc de ses racines.
D’un coté comme de l’autre, nous avons un urgent
besoin de mettre le tronc sur ses racines, et les racines sous le tronc, afin que l’arbre de Dieu produise
des feuilles et de meilleurs fruits pour étancher la
soif et la faim de l’humanité.
André Chouraqui, Réalités d'Israël, 17 avril 1986,
(traduction de l’anglais S.D. Media).
Cette pensée n’est pas sans rappeler les paroles de Paul aux Romains (juifs de Rome) au chapitre 11, qu’il faut méditer, car la vocation du peuple
juif s’insère dans un mystère de miséricorde:
Si quelques-unes des branches ont été coupées
tandis que toi, sauvageon d'olivier tu as été greffé
parmi elles pour bénéficier avec elles de la sève de
l'olivier, ne va pas te glorifier aux dépens des branches. Ou si tu veux te glorifier, ce n'est pas toi qui
portes la racine, c'est la racine qui te porte.
Eux, de même, s'ils ne persistent pas dans l'incrédulité, ils seront greffés; car Le Seigneur est puissant pour les greffer de nouveau. Si toi, tu as été
coupé de l'olivier naturellement sauvage, et greffé
contrairement à ta nature sur l'olivier franc, à plus
forte raison eux seront-ils greffés selon leur nature
sur leur propre olivier(…).
De même que vous avez autrefois désobéi au
Seigneur et que par leur désobéissance vous avez
maintenant obtenu miséricorde, de même ils ont
maintenant désobéi, afin que, par la miséricorde qui
vous a été faite, ils obtiennent aussi miséricorde.
Car Le Seigneur a enfermé tous les hommes
dans la désobéissance, pour faire miséricorde à
tous. (Ro 11. 17-18, 23-24, 30-32) ■
La bienheureuse Anna Maria Taïgi
(1769-1837)
Italienne, patronne des mères de famille, Anna Maria fut béatifiée en 1920
par Benoît XV.
Elle confia à Monseigneur Natali qui lui servait de secrétaire :
« ... Des millions d’hommes mourront par le fer, soit à la guerre, soit
dans les luttes civiles ; d’autres millions périront d’une mort imprévue. Puis, des nations entières reviendront à l’unité de l’Eglise ; beaucoup de turcs (musulmans), de païens, de juifs seront convertis et
leur ferveur couvrira de confusion les anciens chrétiens. Le Seigneur
veut nettoyer le monde et son Eglise, pour laquelle il prépare une renaissance miraculeuse, Triomphe de la Miséricorde... » ■
12
Les 90 ans du Père Marie-Dominique Philippe
Un pressant appel à l'unité
Le 8 septembre dernier, le Père Marie Dominique Philippe célébrait à Paray-le-Monial son
90e anniversaire. En présence de près d’un millier d’amis et de membres de la communauté
saint Jean, il s’est livré à un vibrant plaidoyer en faveur de l’unité. Nous en avons reconstitué
librement l’essentiel afin que tous puissent méditer sa pensée.
« Voici ta mère »
Il faut répéter cette parole qui nous relie à Marie, chaque fois
que nous nous sentons complètement abandonnés.
charité fraternelle, puisée
L’unité ne peut se faire
directement à la croix et
sans Marie et sans être
dans le cœur de Marie. Maà Marie. Saint Jean est le
rie est le testament de Jésus.
premier après Jésus dans
Elle est toute à Jésus et il
l’ordre de l’appartenance
à Marie.
nous la donne ; c’est Jésus
Etre né un 8 septemqui nous donne sa mère :
Nous savons que Jésus
bre justifie de contempler
nous a tout donné, car il
la Miséricorde. Sœur
rayonne sur Marie et son
Faustine fût l’apôtre de la
amour est un, avec son
miséricorde. Si l’Eglise a
amour pour le Père. Cela
tardé à la reconnaître,
devrait jaillir de notre cœur si
c’est parce qu’on disait
nous sommes unis. C’est le
qu’elle exagérait. Les
grand secret de notre famille
saints exagèrent toujours ! C’est parce que les
de saint Jean (comme de
tous ceux qui appartiennent
saints aiment plus que
à Marie).
nous, qu’on déclare qu’ils
Les plus grands secrets de
exagèrent… !
Rencontre avec le père M-D Philippe
votre cœur, ce sont ses seLe 8 septembre on
et le Père John Thomas
crets.
pense à sainte Anne qui
Son secret à Elle, c’est la
nous présente la Bambina :
Nous avons eu la joie de participer à l’anniver- qualité avec laquelle elle
être la plus pauvre pour
qu’on n’ait pas peur de saire du Père Marie-Dominique Philippe et nous avons aime Jésus, Elle aime le
pu le remercier de tout ce qu’il avait fait pour les pèle- Père, Elle aime tous les homregarder sa grandeur.
Appartenir à Marie, rins de San Damiano. Il nous a répondu que Mamma mes.
être tout à Elle (Totus Rosa l’avait fait appeler 15 jours avant sa mort, et lui Le Père nous aime en nous
donnant son fils. C’est lui la
Tuus) et regarder Marie, avait demandé de s’occuper de ce Lieu
réponse du Père, l’Agneau
car elle est voulue par le
qui ouvre tous les sceaux. DemanPère et par l’Esprit Saint, pour que les uns les autres ».
nous nous soyons tous unis dans cet
Du temps de Moïse, il y avait dons la joie de l’unité dans le cœur
amour à Marie.
deux préceptes distincts : tu aimeras blessé de Jésus. Au delà de toutes
Si la mère n’est pas là, il y a la le Seigneur ton Dieu ; et tu aime- nos différences. Que nous naissions
aujourd’hui (même à 90 ans…), avec
désunion car il y a des jalousies (Gn ras ton prochain.
Si on avance dans la révélation, Elle, par Elle, avec cette jeunesse
37, 11) ; la mère maintient l’amour, elle
fait l’unité entre les premiers et les les deux préceptes n’en font plus éternelle…Toutes les jalousies, touderniers.
qu’un à la Croix. Car personne plus tes les oppositions sont rejetées loin,
Qu’elle maintienne une très que Jésus n’a glorifié le Père qu’à la pour être dans l’unité et dans l’aCroix, et personne plus que Jésus mour. Que cette unité et cet amour
grande unité entre vous tous !
Marthe disait « priez pour l’uni- n’a aimé ses frères qu’à la Croix. L’a- nous relie à Jésus, au Père, à l’Emour à l’égard du Père, à l’égard de glise.
té ».
Que nous soyons les petits serAu début, lorsqu’une famille est ses frères, à l’égard de Marie est un
petite, l’unité est très forte, très visi- seul amour, cette unité profonde est viteurs de Marie. Comme Elle qui
ble, mais plus la famille s’étend, plus scellée à la croix. Voilà pourquoi le était petite servante du Seigneur.
on comprend qu’il faut prier pour l’u- mystère de l’unité est un mystère C’est pour cela qu’il a fallu qu’elle
nité…
d’amour, et d’amour nécessaire- demeure cachée dans l’Eglise. Sauf
à partir de la Pentecôte, car dès que
Dans les Actes des Apôtres, ment jusqu’à la croix.
Jean est l’apôtre de la charité l’Esprit Saint est là, il y a un lien spél’unité est très grande, très visible :
« voyez comme ils s’aiment ». Celui fraternelle. Sa première épître, qui cial entre le Paraclet et Marie, pour
qui vit dans l’unité est celui qui est au est peut-être le dernier écrit de toute qu’Elle resplendisse, qu’Elle soit
plus profond de l’amour, dans le la révélation, est une sorte de testa- « parée de soleil ». ■ JRF
grand commandement « aimez-vous ment. C’est une ultime lumière sur la
13
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