close

Se connecter

Se connecter avec OpenID

Blanchiment d`argent : les conseillers ne sont pas à l`abri

IntégréTéléchargement
5/30/2016
Conseiller | Blanchiment d’argent : les conseillers ne sont pas à l’abri
Blanchiment d’argent : les conseillers ne sont pas à l’abri
Publié par Christine Bouthillier le 30 mai 2016
Le blanchiment d’argent peut sembler loin de la pratique
quotidienne des conseillers. Pourtant, ils pourraient bien écoper s’ils s’y retrouvent mêlés, même pour
une transaction de 5 $, avertit un expert en lutte contre le recyclage des produits de la criminalité et le
financement du terrorisme.
C’est le message qu’a envoyé Franck Fingercwajg, président d’IDEAL Conseil, lors d’une formation livrée jeudi dernier
dans le cadre du colloque annuel du Conseil des professionnels en services financiers (CDPSF).
« Les banques qui font des millions de dollars ne seront pas inquiétées. C’est vous qui devez faire attention à ne pas
devenir un bouc émissaire », lance­t­il.
Et un conseiller peut même être condamné pour ne pas avoir su repérer une transaction louche d’une valeur aussi
faible que 5 $!
« Le budget des attentats a chuté. En Israël, il y a maintenant des attentats au couteau. Avec 5 $, il est possible de
financer le terrorisme », illustre­t­il.
Ainsi, savoir reconnaître le recyclage des produits de la criminalité et le financement du terrorisme peut éviter bien
des soucis aux conseillers.
« Les gouvernements agissent. Ils sondent le marché pour contrecarrer le blanchiment d’argent et le financement
du terrorisme. Mais le marché, au fond… Qui est­ce? C’est vous, c’est moi. […] C’est votre profession, c’est votre
client. Les criminels, les terroristes doivent passer par vous pour mener à bien leur entreprise de destruction ou
d’exploitation », a notamment souligné Mario Grégoire, président du conseil d’administration et directeur général du
CDPSF, en introduction à la formation.
Franck Fingercwajg mentionne par ailleurs que le recyclage des produits de la criminalité représente 17 G$ par année
au Canada.
UNE PUISSANCE FINANCIÈRE
Selon M. Fingercwajg, le crime organisé représente l’équivalent de 2 à 5 % du PIB mondial. Toutes factions
regroupées (mafias, gangs, etc.), il est la huitième puissance financière de la planète, devant des pays comme la
Suède ou la Suisse.
L’ONU estime la pénétration du crime organisé dans l’économie légale à 10 %. D’où l’importance pour les institutions
financières de s’en préoccuper.
« Le chef de la conformité d’une institution financière canadienne m’expliquait l’autre jour que sa banque investit
dans des entreprises. Quelque 3 200 sociétés ont reçu jusqu’à 5 M$ de cette institution », raconte Franck
http://www.conseiller.ca/nouvelles/blanchiment­dargent­les­conseillers­ne­sont­pas­a­labri­58857?imprimer
1/2
5/30/2016
Conseiller | Blanchiment d’argent : les conseillers ne sont pas à l’abri
Fingercwajg.
« Je lui demande s’il a fait les vérifications diligentes. Il me répond : » Oui… quand nous avons versé l’argent, il y a
10 ans. » Par la suite, un employé est délégué par entreprise financée pour en suivre le compte et rencontrer les
responsables de temps à autre. La banque n’avait pas de procédure spécifique à ce sujet », continue­t­il.
Mais si 10 % de ces entreprises sont liées au crime organisé, cela représente pas moins de 320 sociétés, uniquement
pour cette banque, calcule­t­il.
LE WEB OBSCUR
M. Fingercwajg souligne également l’importance pour les institutions financières de se protéger contre la
cybercriminalité, une industrie qui pèse 500 G$ par an dans le monde. Les pirates sont à même de pénétrer les
systèmes des banques et de détourner des sommes sans franchir de frontières. Tout ce dont ils ont besoin, c’est d’un
ordinateur.
Les pirates les plus puissants sont en Russie, indique le conférencier. Et les deuxièmes en lice? Ceux du Québec!
Mais, contrairement à ceux de Russie, ces derniers sont de « gentils pirates ».
« Ce sont des » hackers blancs « , c’est­à­dire qu’ils aident les corps policiers du monde entier dans leurs
enquêtes », précise­t­il.
TOUT LE MONDE EST CONCERNÉ
« Vous ne pouvez pas vous contenter de dire que vous êtes dans le métier depuis des lustres, que vous avez repris le
cabinet de votre père et que vous connaissez vos 200 clients par cœur. La loi est la loi », martèle Franck Fingercwajg.
Il rappelle qu’être relié au recyclage des produits de la criminalité ne résulte pas en une sanction de l’Autorité des
marchés financiers ou de la Chambre de la sécurité financière. L’infraction relève du code criminel. Il est donc
doublement important de s’y attarder, conclut­il.
La rédaction vous recommande :
Le Canada à la recherche des actifs perdus
Mieux détecter l’argent sale
Des guichets automatiques privés pour mieux blanchir l’argent sale
http://www.conseiller.ca/nouvelles/blanchiment­dargent­les­conseillers­ne­sont­pas­a­labri­58857?imprimer
2/2
Auteur
Document
Catégorie
Uncategorized
Affichages
2
Taille du fichier
122 KB
Étiquettes
1/--Pages
signaler