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Avant-propos

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Avant-propos
Il existe une interaction dynamique entre l’intégration régionale, l’innovation et la compétitivité. En
rapprochant les réseaux d’institutions, d’individus et de marchés -fonctions sine qua non pour la mise
en marche de l’innovation-tout accord entre deux nations ou plus, si faible soit-il, est un facteur d’innovation et de création d’activités constructives. La pollinisation croisée des idées et des expériences
représente un apport important pour les innovateurs, lesquels peuvent utiliser leurs connaissances
ainsi renforcées pour adapter et appliquer l’innovation, et t reposer les frontières existantes de l’innovation, et par là même contribuer à affiner la compétitivité au sein d’un même bloc économique.
Les capacités d’innovation sont vitales pour la diversification et la différenciation des portefeuilles de
production et de commerce, offrant une opportunité de faire un bond en avant — certes, il est fort
possible que les progrès technologiques et l’efficacité des facteurs représentent potentiellement la
moitié de la croissance des économies florissantes. Cela dit, les faits exposés dans le présent rapport
concernant 15 pays africains, prouvent que la croissance dans la plupart de ces pays durant la période
1995-2010,est intervenue grâce à une accumulation de facteurs et non pas grâce à des gains importants découlant de combinaisons d’intrants liés à l’innovation. De plus, la contribution de l’industrie
africaine aux exportations reste minime, la croissance des exportations de marchandises étant toujours tirée par les produits de base.
Dans ce contexte, L’État de l’intégration régionale en Afrique VII (ARIA VII) examine la relation existant
entre les trois piliers que constituent l’intégration régionale, l’innovation et la compétitivité. Il explore
les possibilités d’exploiter cette relation dans le cadre du modèle de développement de l’intégration
régionale normatif de l’Afrique afin de promouvoir le changement structurel. Le présent document a
également pour ambition de fournir un éclairage sur la question de l’innovation et de la compétitivité
dans le contexte plus large des politiques et stratégies de développement en Afrique.
Outre le traditionnel aperçu des tendances de l’intégration régionale en Afrique, la présente édition
d’ARIA examine les complémentarités dynamiques entre les trois éléments envisagés. Il définit le rôle
de l’intégration régionale dans la préservation de conditions favorables à l’innovation et la façon dont
le déploiement de capacités innovantes peut renforcer, à son tour, la compétitivité et le changement
structurel.
Eu égard à l’importance que revêt le régime mondial de la propriété intellectuelle (PI) en ce qui
concerne l’adoption d’un cadre régulateur de l’innovation et de la création en général, ARIA VII évalue
l’impact des systèmes mondiaux de protection de la propriété intellectuelle, et étudie les défis auxquels sont confrontés les pays africains en tant que « développeurs tardifs ». Les pays développés ont
appliqué la protection de la PI d’une façon particulièrement sélective afin d’atteindre leurs objectifs
industriels et politiques. Ainsi, à l’heure d’aujourd’hui, l’élaboration des règles et des politiques en
matière PI doit tenir compte des besoins de développement évolutifs de l’Afrique, notamment en
tirant parti des « flexibilités » qu’offre le régime international des droits industriels afin de renforcer
l’espace politique.
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Le présent rapport porte aussi sur l’Asie afin de mettre en exergue les réalisations étonnantes de
l’Inde quant à la mise en place d’un système d’enseignement supérieur polyvalent tremplin des secteurs clés allant de l’industrie pharmaceutique à l’informatique et à la technologie spatiale. Il examine
également l’expérience d’un pays qui a su puiser dans les ressources de sa diaspora pour construire
une économie du savoir sur son territoire. Il passe ensuite en revue la remarquable mutation économique opérée par des pays de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est, qui ont adopté la voie de
l’innovation et de la compétitivité, principalement au niveau de la chaîne d’approvisionnement et des
chaînes de valeur régionaux.
Le rapport présente des recommandations aux décideurs africains, les invitant à élaborer puis à
mettre en place avec diligence des politiques ancrées sur le développement du capital humain et
mettant un accent particulier sur l’enseignement supérieur. Aujourd’hui, force est de reconnaître que
l’enseignement supérieur en Afrique est dans un état précaire et que des instituts d’enseignement
souvent démunis délivrent, dans la plupart des cas des résultats, qui ne répondent pas aux normes. Le
nombre d’Africains inscrits dans les disciplines scientifiques, technologiques, d’ingénierie et de mathématiques en fin de premier cycle universitaire, est relativement faible comparé aux autres régions
du globe, avec une participation très faible des femmes. Sous-financés et mal gérés, les instituts de
formation supérieure d’Afrique figurent en bas du classement des universités mondiales — seules
trois d’entre eux figurant parmi les 400 meilleurs. Cependant, avec le changement technologique
rapide, la valeur de ces diplômés augmente inexorablement. Certains d’entre eux seront chargés de
recherche portant sur la réduction de l’impact des énergies fossiles et sur la mise au point de nouvelles technologies plus propres. La réforme de l’enseignement supérieur doit également prévoir une
meilleure adéquation entre d’une part la politique éducative et la politique en matière de science, de
technologie et d’innovation (STI), et d’autre part la politique industrielle afin de garantir la pertinence
de l’enseignement dispensé.
Le présent rapport recommande aux dirigeants africains de saisir l’occasion de négocier un accord sur
la propriété intellectuelle dans le cadre de l’initiative de la Zone de libre-échange continentale. À ce
titre, la décision prise lors du sommet de l’Union africaine de mettre en place une Organisation panafricaine de la propriété intellectuelle offre l’opportunité d’harmoniser la coopération régionale de
l’Afrique en matière de PI et d’adopter une approche commune pour la négociation des règles dans
les accords de commerce et d’investissement avec les partenaires extérieurs.
La marche à suivre est clairement définie. Alors que les gouvernements africains ont réaffirmé leur détermination à améliorer les infrastructures physiques et la connectivité sur le continent, il leur revient
dès maintenant de valoriser davantage le capital humain de l’Afrique pour qu’il réponde aux besoins
du monde moderne et aux aspirations de l’Agenda 2063, c.-à-d. le plan à long terme pour la transformation de l’Afrique. La Stratégie de la Science, de la Technologie et de l’Innovation pour l’Afrique
2024 expose la voie à suivre pour mener à bien cet Agenda, en reconnaissant que la technologie
et l’innovation constituent des mécanismes permettant de réaliser les Objectifs de développement
durable récemment adoptés.
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Cette édition d’ARIA est particulièrement importante en ce qu’elle aborde des thèmes cruciaux pour
l’avenir de notre continent. Nous invitons les décideurs, universitaires, partenaires du développement, investisseurs et autres parties prenantes du développement africain, à prendre connaissance
des analyses et des messages relatifs à l’action politique qui y sont proposés.
Nkosazana Dlamini Zuma
Présidente
Commission de l’Union africaine
Carlos Lopes
Secrétaire général adjoint de
l’ONU et Secrétaire exécutif
Commission économique
pour l’Afrique
Akinwumi Adesina
Président
Banque africaine de
développement
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