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Chat malpropre

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Chat malpropre : est-ce irreversible ?
Tous les vétérinaires cherchent à appliquer à la lettre ce qu’on leur a expliqué sur la
malpropreté féline, mais parfois malgré leur détermination l’échec est au bout de la
démarche
thérapeutique.
Après
avoir
fait
un
bilan
urinaire,
sanguin,
une
échographie, modifier la nourriture, rajouter une litière, fermer toutes les portes de la
maison, le chat a encore uriné sur le canapé….. Difficile de ne pas penser que ce chat est
définitivement « pisseur » !
Si la malpropreté est uniquement considérée comme une maladie ou un trouble du
comportement il semble possible de ne pas pouvoir apporter de solution aux propriétaires
de l’animal et de faire face à la question simple : pourquoi ce chat n’utilise pas (en partie
ou complètement) sa litière pour éliminer? L’apport de l’éthologie doit permettre au
praticien de démêler les causes à l’origine de ce comportement bien gênant source
d’abandon et parfois d’euthanasie.
Le concept de malpropreté est un concept humain. Effectivement l’animal a l’origine des
souillures n’a pas conscience d’éliminer dans un lieu qui n’est pas adapté à ce
comportement. Il se contente d’exprimer les comportements de son espèce sans aucune
arrière-pensée de mal faire ou de vouloir nuire à l’humain qui partage son lieu d’habitation.
Donc le chat n’est pas malpropre, il n’utilise simplement pas la litière désignée comme lieu
d’élimination choisi
comportement
par l’humain. Mais quelles sont les données scientifiques sur le
d’élimination
chez
Felis
Catus
qui
pourraient
éclairer
cette
incompréhension ?
Chez le chat domestique il convient déjà de distinguer le comportement d’élimination
urinaire accroupi destiné à vider la vessie du « spraying » ou élimination verticale en jet qui
a surtout vocation à communiquer avec les congénères. Il est aisé de comprendre les
souillures provoquées par l’un ou l’autre ne se résolvent pas de la même façon.
En milieu naturel le chat élimine 2,3 +/- 2,1 fois par jour surtout dans la matinée dans un
substrat mou et absorbant et utilise de nombreux endroits quotidiennement.
L’émission de jets est surtout le fait des chats mâles non castrés bien que mâles castrés et
femelles puissent aussi l’exprimer. Les chats en milieu extérieur « marquent » dans leur
domaine vital leur zone de chasse mais aussi sur leur parcours lorsqu’ils s’éloignent de leur
centre d’activité habituel. On ne connait pas la signification exacte de ces marquages.
Néanmoins ils n’interdisent pas l’accès aux chats au domaine vital et sont explorés plus
longuement par les mâles non castrés. Les jets sont verticaux et peuvent être émis en
moyenne 22 fois par heure par les mâles entiers et jusqu’à 3, 6 fois par heure par les
femelles. Il a été montré qu’il existait des lignées de chats « marqueurs »
Les chats qui vivent en milieu extérieur défèquent 3,2+/- 1,5 fois par jour. Même avec des
aliments concentrés les chats ne défèquent pas moins qu’une fois par jour. En milieu
extérieur les chats ne recouvrent leurs crottes que lorsqu’elles sont émises dans le domaine
vital. Si elles sont produites sur des chemins de passage pour aller chasser ou éloignés du
cœur du domaine vital, elles sont laissées en tas souvent bien visibles. Néanmoins le
consensus veut que les chats ne marquent pas avec leurs fèces.
Le comportement d’enfouissement des crottes des chats est variable d’un individu à l’autre
et va du non recouvrement aux recouvrements de ses propres crottes avec celle des autres
incluses ! Ne pas recouvrir ses crottes ne constitue donc pas un trouble du comportement
chez le chat domestique.
Mais qu’en est-il dans un environnement humain souvent sans accès à l’extérieur ?
Dès le maintien en milieu clos les humains ont proposé aux chats des substrats d’élimination
qui correspondaient à peu près à ce que les chats trouvaient dehors : sciure, copeaux, sable,
cendres, terre. Dans les années 1980 l’essor des litières à base d’argiles a permis de trouver
des substrats absorbants peu onéreux et très efficaces. Depuis une dizaine d’année il est
même proposé aux propriétaires de chats des litières à base de silice ainsi que des boites
auto nettoyantes. Néanmoins le but recherché a été surtout le confort du propriétaire sans
vraiment se soucier des capacités d’adaptation de tous les chats. Plus on s’éloigne du mode
ancestral d’élimination plus le risque de voir apparaitre des souillures à des endroits non
souhaités augmente. En regardant de plus près les chats malpropres, qui urinent en fait dans
des endroits non désirés, cherchent simplement à exprimer leur comportement
d’élimination sur des substrats qui leur sont plus adaptés (lit, pile de vêtements propres ou
sales, tapis de bain, canapé, fauteuil, pile de papier ou de journaux).
Dans le cadre de cette conférence, la démarche thérapeutique commence donc et avant
tout, par la séparation du type d’élimination à l’origine de la malpropreté.
En ce qui concerne les défécations hors du bac, en excluant une litière extrêmement
souillée, une origine digestive est presque toujours la cause (diarrhées, selles molles,
intolérance
alimentaire,
mici , malformations digestives
)
Des
comportements
caractéristiques sont souvent associées à ces défécations mal localisées.
Pour les éliminations d’urine en position accroupi le vétérinaire s’attachera à exclure toutes
les causes habituellement citées. (Cystite, calculs urinaires, diabète, arthrose, etc…..)
Ensuite dans un deuxième temps Le recueil des informations qui va permettre de
comprendre pourquoi un chat a décidé de ne pas ou plus utiliser la litière mise à disposition.
Il faut renseigner tous les éléments qui peuvent expliquer pourquoi le chat refuse cette
litière partiellement ou complètement et pourquoi il choisit un autre substrat. La texture de
la litière, son entretien et son emplacement sont les clés de la consultation.
Pour les éliminations en jet, des modifications d’environnement, un besoin pour le chat de
communiquer avec des congénères seront soigneusement renseignées.
La cohabitation entre plusieurs chats ne peut qu’accentuer tous ces facteurs.
Les modifications de chacun de ses éléments un à un aboutissent à l’utilisation ou la
réutilisation de la litière destinée au chat et à l’arrêt des souillures, donc à la résolution du
problème. Ceci est illustré par quelques cas cliniques.
La connaissance des comportements d’élimination du chat permet de comprendre
pourquoi certains individus persistent à éliminer dans des lieux qui leur semblent plus
favorables mais incompatibles avec la cohabitation avec les humains. Le rétablissement
d’une zone d’élimination confortable et sécurisante amène la disparition de ces
comportements gênants.
En appelant l’éthologie au secours de la médecine du comportement bien des
comportements qui restaient inexpliqués deviennent clairement évidents. L’éthologie ne
serait-elle pas à la médecine du comportement ce qu’est l’anatomie à la chirurgie : une
description du normal pour mieux guérir le pathologique ?
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