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Comment mesurer l`impact des biffins d`Ile de France

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Comment mesurer l’impact des biffins
d’Ile de France
Antoine Delaunay Belleville antoine@makesense.org 06 48 62 40 37
Comme le dit Mudano de Pimp My carroça « les collecteurs de rues sont des super héros de
l’écologie qui ont le pire des super pouvoirs : l’invisibilité ». Les ordures sont des choses que l’on
emmène loin de la vue le plus vite possible, et ceux qui vivent de la collecte sont déconsidérés
socialement ou ignorés malgré le service essentiel qu’ils pourvoient.
Face à l’évidence des défis écologiques et socio-économique, la société a commencé à valoriser les
entrepreneurs de l’économie circulaire qui sont mis à l’honneur dans les médias et les conférences.
Mais les collecteurs qui par choix ou par manque d’alternative se sont tournés vers la collecte
informelle et qui sont un maillon essentiel du recyclage et du réemploi sont au mieux tolérés, au pire
combattus au nom de débordements possibles et faute de la visibilité d’un impact positif passé sous
silence.
https://www.ted.com/talks/mundano_pimp_my_trash_cart?language=fr
Pourquoi mesurer l’impact ?

Les collecteurs informels de Bogota font économiser à la collectivité plus de 60 millions de
dollars annuels de coûts de traitement

Des lieux parmi les plus emblématiques de Paris comme les puces de Saint-Ouen et les
Bouquinistes des bords de seine ont été créé par les biffins

Au Brésil, 90 % des matériaux qui sont recyclés ont été collectés par des biffins et auraient
finis en décharge
Il est des éléments chiffrés et tangibles que l’on peut lister en traversant les époques et les pays qui
permettent d’attester de l’impact réel apporté par une profession, de déconstruire des mythes et de
trouver des pistes de progrès. Suite à l’élaboration d’une méthodologie d’impact environnemental,
Future of Waste a décidé d’aider l’association Amelior à lister, localiser, mesurer ce qui fait le
quotidien de la biffe Francilienne : les biffins, les lieux de collecte, de stockage, de vente, de
répression, les coûts générés ou évités, les impacts sociaux économiques, culturels et écologiques
afin de promouvoir et de légitimer leur action auprès des pouvoirs publics. Ce travail s’inscrit dans
une démarche de long terme soutenu par le collectif rue marchande
https://www.youtube.com/watch?v=314J2GkrDZE
Quel est le périmètre ?
On peut retenir comme définition des biffins : les personnes ayants une activité marchande de
revente d’objets usagers qui proviennent de la récupération suite à un abandon, un don ou un
échange, vendus en l’état ou revalorisés. Du mot « biffe», crochet avec lequel le chiffonnier fouillait
les détritus. D’où « biffins » qui désigne les récupérateurs vendeurs. La réalité est beaucoup plus
complexe et recouvre de très nombreux paramètres qui sont détaillés dans cette étude. Dans le
cadre de l’étude de mesure d’impact on s’attachera à étudier

Les biffins qui récupèrent dans les encombrants, de main à main, dans les ordures
ménagères, les fins de brocantes ou de vide greniers puis qui revendent sur le marché des
biffins de Montreuil

On exclura de l’étude les récupérateurs de matières comme les ferrailleurs pour s’attacher
aux objets que l’on peut classer dans les 5 catégories suivantes (Textiles, électronique et
électroménager, Jouets, culture, maison)

On exclura aussi de l’étude tout en mesurant leur impact, les individus qui volent dans les
déchetteries ou les bornes de collecte
Que va-t-on mesurer ?
Après quelques heures d’ateliers, nous nous sommes accordés sur une méthodologie de terrain.
Nous recherchons des bénévoles qui seraient prêts à venir nous aider (contactez-nous via
antoine@makesense.org) à mener cette enquête auprès d’une quinzaine de biffins volontaires qui
nous permettra de caractériser et de mesurer

La provenance des objets

Les moyens de stockage et de transport

Les quantités vendues

Les quantités gardées

Les quantités données

Les quantités abandonnées

Les revenus générés
Les données relevées sur le terrain et extrapolées en tenant compte des différents biais seront mis
en regards des données Parisiennes, franciliennes ou nationales collectés auprès de collectivités,
d’organismes, d’associations, ou de laboratoires de recherches
Concernant l’aspect socioéconomique, on fera des corrélations entre le temps de vente et le chiffre
d’affaire, les moyens de transport et de stockage et le tonnage ; on pourra faire des études sur la
saisonnalité et se référer aux publications précédentes du collectif rue marchande pour étayer ce qui
a trait au niveau de vie.
Pour l’aspect coût pour la collectivité, on estimera le coût du nettoyage supporté par l’association
Amelior, et ceux supportés par la municipalité liés à l’éparpillement des sacs, au nettoyage des
espaces de vente, à la répression de la vente à la sauvette ainsi que les coûts de collecte et de
traitements évités à la collectivité
Enfin, pour l’aspect environnemental, on mettra en perspective les empreintes écologiques des
différents objets types qui sont détournés des ordures par les biffins en affichant pour chacun une
analyse de cycle de vie qui permettra de se faire une idée des avantages écologiques à ne pas
acheter neufs et à privilégier le réemploi plutôt que les ordures.
Sur le comparateur en ligne de l’Ademe, on observe par exemple que plus du tiers de l’impact
environnemental sur tout le cycle de vie d’un Jean dépend de s’il finit aux ordures ménagère ou s’il
est réemployé
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