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Chapitre 1: Introduction

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Chapitre 1
Introduction
Le rapport positif qui existe entre innovation et amélioration de la compétitivité nationale est largement bien
compris, ce qui n’est pas le cas pour les canaux et les mécanismes par lesquels elles induisent (ou sont induites
par) l’intégration régionale. L’intégration régionale ne
semble pas avoir des effets directs sur les capacités d’innovation, lesquelles sont cruciales pour transformer ce
que le continent produit et échange.
Mais la compétitivité est plus souvent liée aux efforts
d’intégration des économies, et ses moteurs sont, entre
autres, les infrastructures physiques, les économies
d’échelle, les efficacités des facteurs, l’environnement
commercial, la connectivité géographique et les liens
culturels. Une productivité accrue et une meilleure intégration des chaînes logistiques engendrées par des
régimes d’investissements et d’échange plus libres, tant
au sein d’un bloc économique qu’entre blocs et partenaires externes, figurent parmi les résultats escomptés
des mesures visant à renforcer la compétitivité dans un
contexte d’intégration régionale.
En effet, les objectifs clairement définis de l’intégration
régionale stimulent généralement les échanges en intégrant des marchés axés sur les biens et les services
(d’où la prévalence de schémas d’intégration régionale
induite par le commerce), facilitent les mouvements
de capitaux (marchés d’investissements) et facilitent
les mouvements de maind’oeuvre (marchés du travail).
D’autres objectifs tout aussi importants consistent à faciliter le mouvement des personnes et à interconnecter
les infrastructures matérielles et immatérielles.
Des réflexions plus profondes révèlent cependant différentes façons par lesquelles l’intégration régionale,
l’innovation et la compétitivité interagissent. Du fait de
la création de réseaux entre individus et institutions –
principaux composants de la dynamique de l’innovation -, une connexion même lâche entre deux nations
ou plus, doit faciliter l’innovation dans une certaine
mesure. La pollinisation croisée des idées et des expériences représente un apport important pour les innovateurs, lesquels peuvent utiliser leurs connaissances
ainsi renforcées pour adapter et mettre en application
l’innovation, ainsi que pour repousser les frontières
existantes et contribuer par là même à affiner la compétitivité au sein d’un même bloc.
Qui plus est, l’adhésion à un accord d’intégration régionale façonne les cadres nationaux réglementaires et incitatifs selon plusieurs critères dont les taxes, les coûts
des facteurs, le partage des connaissances et les droits
de propriété intellectuelle (DPI). Dans l’espoir d’inciter
à l’innovation, les accords de libre-échange modernes
ont pour ambition de renforcer les lois et les réglementations protégeant les droits de propriété intellectuelle.
Dans le même temps, la réglementation et les pratiques
anticoncurrentielles et celles visant à limiter la rentabilité sont vouées à être réformées, eu égard aux tensions
intrinsèques entre les droits de propriété intellectuelle
et l’accès à celle-ci. Le fait que le champ des négociations relatives à la zone de libre-échange continentale (ZLEC) en Afrique inclut les stratégies en matière
de propriété intellectuelle et de concurrence, n’a rien
d’étonnant, l’objectif étant d’établir des règles et des
approches conjointes entre les pays d’Afrique.
L’économie de la région fournit un marché étendu qui
se traduit en un accroissement de la demande et en
définitive, en rendements plus élevés de tout investissement quel qu’il soit dans l’innovation. Outre un accès
facilité à des marchés nouveaux en interpénétration,
l’intégration régionale peut également avoir des répercussions profondes sur les préférences et les com-
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portements des consommateurs. L’accroissement de la
taille des groupes de consommateurs est un atout de
poids pour les innovateurs sur les marchés de niche.
Une intégration régionale profonde interétatique permet également aux innovateurs de se regrouper plus
efficacement, ainsi qu’illustré par l’extraordinaire croissance de l’industrie de l’électronique dans les pays de
l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN).
De tels pôles d’innovation sont encore renforcés par
des réseaux de production et des chaînes logistiques
conjoints, les innovateurs bénéficiant ainsi d’économies
d’échelle.
Outre le traditionnel aperçu des tendances de l’intégration régionale en Afrique, le présent rapport passe également en revue les complémentarités dynamiques entre
innovation, compétitivité et intégration régionale. Il définit le rôle de l’intégration régionale dans l’instauration
de conditions favorables à l’innovation et la façon dont le
déploiement de capacités d’innovation, peut renforcer, à
son tour, la compétitivité et le changement structurel. Il
démontre que dans un cercle vertueux, l’innovation est
tout à la fois un facteur et une bénéficiaire de la compétitivité – processus étroitement liés à la croissance endogène, au développement et à la transformation.
L’intégration régionale favorise davantage l’innovation
en facilitant l’accès aux financements : parmi les principaux avantages induits figurent une liberté de mouvement accrue des capitaux, une diminution des restrictions sur la propriété, et des incitations fiscales et autres
pour les partenariats commerciaux.
Après cette introduction, le rapport se poursuit au fil
des chapitres suivants :
Plus l’intégration est profonde, plus la communauté
ainsi mise en place est étendue et plus les avantages
potentiels en termes d’innovation sont importants.
Pour les pays qui se trouvent à l’étape de renforcement
des institutions et de rattrapage de développement,
une intégration avec des partenaires plus développés
représente la possiblité d’oeuvrer en commun à travers
une meilleure diffusion des technologies.
L’Afrique doit profiter de ces avantages pour stimuler sa
croissance économique car, bien qu’elle ait enregistré
une croissance relativement impressionnante de plus
de 4% de 2000 à 2014, sa croissance sur le long terme
(1975 à 2014) a été bien en deçà de la moyenne des
pays en développement asiatiques. De plus, la contribution du secteur industriel aux exportations est minime
et la croissance des exportations des marchandises de
l’Afrique, reste tirée par les produits de base plutôt que
par les progrès technologiques et l’efficacité des facteurs, qui représentent potentiellement la moitié de la
croissance des économies florissantes.
L’État de l’intégration régionale en Afrique VII (ARIA
VII) examine la relation existant entre intégration régionale, innovation et compétitivité dans le contexte
africain et comment les pays peuvent tirer parti des
leurs liens dans un modèle qui favorise le changement
structurel.
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• Le Chapitre 2 (L’état de l’intégration régionale en
Afrique) reprend une section récurrente de chaque
rapport. Il présente un état des lieux des progrès
de l’intégration à trois niveaux. Il présente l’Indice
d’intégration régionale en Afrique en tant qu’outil
permettant d’assurer le suivi et le référencement
des progrès enregistrés au regard du programme
d’intégration du continent.
• Chapitre 3 (L’intégration régionale, l’innovation
et la compétitivité : cadre théorique et principaux
points empiriques) examine les articulations dynamiques entre ces concepts et présente certains éléments de preuve empiriques.
• Le Chapitre 4 (L’innovation et le régime réglementaire mondial de la propriété intellectuelle)
évalue l’impact des systèmes mondiaux de propriété intellectuelle (IP), notamment en ce qui concerne
les défis auxquels sont confrontés les pays africains
en tant que « développeurs tardifs ».
• Le Chapitre 5 (Les politiques dans le domaine de
la science, de la technologie et de l’innovation en
Afrique : un panorama national, régional et continental) passe en revue et évalue l’écosystème des
innovations en Afrique à trois niveaux.
• Le Chapitre 6 (Les enseignements de l’Inde et
de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est)
examine l’expérience que possèdent l’Inde et l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN)
en matière d’utilisation des politiques régionales et
publiques pour la promotion de l’innovation.
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