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Actualités chirurgicales

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UROLITHIASE CHEZ LE LAPIN ET AUTRES PETITS MAMMIFERES
Charly PIGNON,
DV, Dip ECZM (Small Mammal)
Praticien hospitalier, Chef du Service NAC
Centre Hospitalier Universitaire Vétérinaire d’Alfort
Ecole Nationale Vétérinaire d‘Alfort,
7 Avenue du Général de Gaulle, 94700 Maisons-Alfort
Charly.pignon@vet-alfort.fr
PHYSIOPATHOLOGIE
Le métabolisme calcique du lapin est très particulier : l’absorption du calcium intestinal est
majoritairement passive, et indépendant de la régulation par la vitamine D [1, 2]. De plus
l’excrétion du calcium se fait principalement via le rein. La plupart des aliments industriels ou
le foin de luzerne contenant du calcium en quantité excessive, cela augmente la quantité de
calcium excrété par le rein et la concentration de calcium présent dans les urines conduisant à
des cristalluries et des urolithiases. Les urolithiases chez le lapin sont quasiment exclusivement
formé de carbonate de calcium et d’oxalate de calcium [3]. D’autres facteurs peuvent
prédisposer à la formation d’urolithiases comme la diminution de la prise de boisson, le manque
d’exercice, l’obésité. Les urolithiases peuvent être localisées dans les reins, les uretères, la
vessie, l’urètre.
PRESENTATION CLINIQUE
Certains lapins peuvent rester asymptomatiques jusqu’à finir par présenter une anorexie et un
abattement suite à la douleur engendrée par les urolithiases. Cependant, des signes cliniques
avant-coureurs peuvent être décelés tels qu’un lapin qui va uriner en dehors de sa litière, ou la
présence d’urine concentrée et plâtreuse. Plus spécifiquement peuvent être rapporté une
pollakiurie, une dysurie, une hématurie et une dermatite urigineuse [3].
Lors de l’examen clinique, il est souvent mis en évidence une palpation abdominale
douloureuse avec une vessie distendue.
EXAMENS COMPLEMENTAIRES
Les urolithiases chez le lapin étant composées de carbonate de calcium majoritairement, ces
dernières sont radio opaques. Le diagnostic peut donc être établi en réalisant deux clichés
radiographiques orthogonaux de l’abdomen. Ces clichés permettront aussi de localiser les
urolithiases. Lors de cristallurie très important, les cristaux en suspension dans la vessie peuvent
masquer la présence d’uralithiase. Afin de préciser leur localisation, la réalisation d’une
échographie abdominale peut-être nécessaire.
La réalisation d’un examen biochimique permet de mettre en évidence dans la plupart des cas
une hyper calcémie. Il sera conseillé de doser l’urée et la créatinine et de réaliser un ionogramme
afin de vérifier la fonction rénale qui peut être altérée. Cette fonction rénale peut aussi être
évaluée à l’aide d’une bandelette urinaire. La réalisation d’un culot urinaire permet de confirmer
la présence de carbonate ou d’oxalate de calcium. En cas de pyurie, il est conseillé de réaliser
une cystocenthèse afin de mettre en culture le prélèvement et d’établir un antibiogramme.
TRAITEMENT
Si le traitement des urolithiases est chirurgical, il est essentiel de stabiliser l’animal à l’aide
d’analgésiques (buprénorphine, morphine, méloxicam après avoir vérifié la fonction rénale) et
d’antibiotiques (triméthoprime-sulfamide en première intention et qui sera éventuellement
changé en fonction de l’antibiogramme). En cas d’anorexie, une fluidothérapie intraveineuse
sera aussi mise en place avant la mise en place éventuelle d’une réalimentation forcée.
Les urolithiases étant localisées la plupart du temps dans la vessie, une cystotomie est indiquée.
Cette dernière est généralement bien tolérée par le lapin. Dans le cas d’urolithiases rénaux, en
fonction de l’atteinte du rein, une néphrotomie ou une néphrectomie sera préconisée. Si chez le
male lors d’urolithiases urétraux, le traitement consiste en une uretrotomie, chez la femelle du
fait de son urètre très distensible, les urolithiases peuvent être repoussés dans la vessie par
endoscopie avant d’effectuer une cystotomie.
Afin d’éviter les récidives, il est fondamental de préconiser des mesures nutritionnelles. Le taux
de calcium dans la ration doit être abaissé au maximum. Il est important de vérifier le taux de
calcium dans les granulé, le foin, la verdure, mais aussi dans l’eau de boisson. La prise de
boisson doit être favorisée afin de permettre l’élimination des cristaux lorsque l’animal urine.
Pour ce faire, l’eau peut être aromatisée avec un peu de jus d’ananas, ou d’autre jus de fruit. La
quantité de verdure doit être augmentée en privilégiant des légumes riches en eau comme par
exemple le concombre [3].
CHEZ LES AUTRES ESPECES
Si les urolithiases sont rares chez les chinchillas [4], on les retrouve fréquemment chez les
cobayes. L’étiopathogénie n’est pas encore très claire chez le cobaye, mais il est avancé que le
pH alcalin de leur urine favoriserait la formation de cristaux et leur précipitation. Il est aussi
suspecté que la teneur trop riche en calcium dans leur ration favoriserait l’apparition de ces
calculs. Si la présence de carbonate de calcium et d’oxalate de calcium est fréquemment
retrouvée, les cobayes peuvent aussi avoir des calculs de struvites [5]. Une particularité des
urolyhtiase chez le cobaye est qu’elles sont souvent localisées à la jonction entre l’uretère et la
vessie. L’échographie prend alors toute son importance pour réussir à localiser les calculs.
Chez le furet, les urolithiases les plus fréquentes sont composés dans l’ordre de struvites, de
cystine et d’oxalate de calcium [6]. Il a été montré que le pH de l’urine du furet est grandement
influencé par la source de protéines présente dans l’aliment. Le métabolisme de protéines
d’origine animale produit des urines acides alors que le métabolisme de protéine d’origine
végétale produit des urines alcalines, et les cristaux de struvites se forment lorsque le pH de
l’urine atteint 6.6. Les furets recevant de l’alimentation de mauvaise qualité contenant des
protéines végétales sont donc prédisposé à développer des urolithiases.
BIBLIOGRAPHIE
[1] Redrobe S. Calcium metabolism In rabbits. Semin Avian Exot Pet Med 2002; 11 (2):94101.
[2] Kampheus J. Calcium metabolism of rabbits and ethological factor for urolithiasis. J Nutr
1991; 121: 595-596
[3] Harcourt-Brown F. Urogenital disease. In Harcourt-Brown F. Textbook of Rabbit Medicine.
Oxford UK: Butterworth-Heinemann, 2002:335-351
[4] HoeferH, Latney L. Rodents: urogenital and reproductive disorders. In: KeebleE, Meredith
A, eds. BSAVA Manual of Rodents and Ferrets. Gloucester: BSAVA, 2009: 42-51.
[5] Hawkins MG, Ruby AL, Drazenovich TL, et al. Composition and characteristics of urinary
calculi from guinea pigs. JAVMA 2009; 234:214-220.
[6] Nwaokorie EE, Osborne CA, Lulich JP et al. Epidemiologycal evaluation of cysteine
urolithiasis in domestic ferret (Mustela putorius furo): 70 cases (1992-2009). JAVMA 2013;
242: 1099-1103.
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