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Au fil de l`Ourthe n° de juin 2016 - Accueil

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N°12
j u i n
«Si la jeunesse est la plus belle des fleurs,
la vieillesse est le plus savoureux des
fruits.»
2 0 1 6
TRIMESTRIEL
AGRÉATION
N°
:
P305034
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1.5 EURO
La vie n’a pas d’âge !
Sophie Swetchine
N°12 - Juin 2016
Annonces
➜ Eucharisties dominicales
➜ Dans nos écoles
Institut Saint-Michel à Esneux - www.saintmichel.be
- Portes ouvertes le vendredi 10 juin dès 16h.
- Marche parrainée en école le lundi 26 septembre.
- VTT «Les Crêtes d’Esneux» le dimanche 2 octobre.
Inscriptions : du 1er au 6 juillet (sur rendez-vous).
Du 22 au 31 août (9h-12h) - (13h-19h) - saintmichelesneux@yahoo.fr
Tél. : 04/380.30.07 ou 0495 30.80.17
École Saint-Joseph à Comblain-au-Pont
- Brocante le 25 juin aux abords de l’école. Les inscriptions sont possibles directement sur le site internet www.saintjosephcomblain.be
- Inscriptions : les 4, 5 et 6 juillet de 13h à 16h ou sur rendez-vous au 0476/88.22.06.
Les 25, 26, 29, 30 et 31 août de 10h à 16h ou sur rendez-vous au 0476/88.22.06.
- Le déjeuner de la rentrée scolaire est prévu le jeudi 1er septembre dès 8h30.
Personne de contact : Andrée Bastin-Gridele, tél. : 04/369 35.35 ou 0476/88.22.06
École Sainte-Marie à Tilff
Portes ouvertes le vendredi 10 juin de 15h à 19h.
Marche parrainée en école le vendredi 30 septembre.
Inscriptions : 1er et 2 juillet de 9h à 12h et de 17h à 19h.
Les 29 et 30 août de 9h à 12h, le 30 août de 9h à 12h ou sur rendez-vous au
0499/33.79.07 - Renseignements : www.esmt.be – Tél. : 04/388.14.60.
École Sacré-Cœur à Poulseur
Fancy-Fair les 25 et 26 juin.
Inscriptions : les 15 derniers jours du mois d’août.
Personne de contact : Annette Randaxhe, directrice – Tél. : 04/380.46.00.
12 et 26 juin
10 et 24 juillet
14 et 28 août
5 et 19 juin
3 et 17 juillet
7 et 21 août
31 juillet
Samedi 18h
Chanxhe
Méry
Chanxhe
Dimanche
9h30
Tilff
Esneux
(le 3 juillet à 10h30)
Esneux
Dimanche
9h30
Comblain-auPont
Poulseur (pas le 3 juillet, le 7 août à 11h)
Dimanche
11h15
Fontin
Hony (pas le 3 juillet)
Agenda
➜ Dimanche 3 juillet : jubilé de nos prêtres
❱ Vous souhaitez
communiquer votre
avis sur cette revue
ou réagir ? Contacteznous à l’adresse :
fbcarpentier@gmail.
com
Juin - Juillet - Août 2016
Nos prêtres Nicolas Meessen et Charles Reul fêteront
ce jour-là leurs cinquante ans de prêtrise ! Une
occasion de leur marquer notre attachement et notre
reconnaissance pour tout ce qu’ils ont réalisé pendant
ces années.
10h30 : messe d’action de grâce à l’église d’Esneux.
À partir de 12h15 : apéritif convivial à l’institut SaintMichel à Esneux.
Ensuite barbecue de l’unité pastorale (sur inscription).
Nous espérons bien sûr nous retrouver très nombreux
pour ce moment festif.
Renseignements et inscriptions : secrétariat de l’unité
pastorale : tél. : 04/380.46.11 tous les matins de 9h a 12h,
le samedi de 10h à 12h. www.upourthe.be
➜ Vie montante
La prochaine réunion de Vie montante aura lieu à la
rentrée : 5 septembre à 14h30 à la salle paroissiale de
l'Amirauté à Tilff.
Bienvenue à tous. Infos : S. Paquet, tél. : 04/ 388.21.83.
➜ Vivre un temps de pause à l’abbaye
Notre-Dame de Brialmont - Tilff
La communauté des moniales cisterciennes vous
accueille pour partager la liturgie, pour un séjour de
réflexion, d’écoute de la Parole de Dieu.
Vous trouverez dans leur magasin un vaste assortiment
de produits monastiques, une librairie et une carterie, et
aussi les champignons, frais ou finement préparés, fruits
de la culture assurée par les sœurs.
Ouvert de 9h à 12h et de 14h 30 à 17h. Fermé le lundi
toute la journée et le mardi matin.
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Bayard Service Régie
• ACCUEIL - LITURGIE • LIBRAIRIE - CARTERIE
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4130 Tilff - Tél. 04 388 17 98 - www.brialmont.be
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N°12 - Juin 2016
3
Le mot de la rédaction
❚ Équipe de rédaction locale
Françoise Carpentier, Bruno Carussi,
Philippe Hamoir, Isabelle Jemine, Jean
Joris, Patrick Reding,
Cyrille Tahay, Albert et Marcelle Voorn.
❚ En partenariat avec : CathoBel
❚ Édition-coréalisation
❙ CathoBel
Wavre - Tél : 010/ 235 900
- info@cathobel.be
Editeur responsable Didier
Croonenberghs, directeur opérationnel
Cyril Becquart, directeur de la
rédaction Jean-Jacques Durré
Rédaction : Manu Van Lier, Pascal
André, Anne-Françoise de Beaudrap,
Sylviane Bigaré, Natacha Cocq,
Corinne Owen, Angélique Tasiaux
❙ Bayard Service Édition
Parc d'activité du Moulin, allée
Hélène Boucher BP60090 - 59874
Wambrechies CEDEX
Tél. 0033 320 133 660
Secrétariat de rédaction :
Éric Sitarz - Maquette :
Anthony Liefooghe
❙ Régie publicitaire :
Bayard Service Régie
Tél. 0033 320 133 670
❚ Impression :
Offset impression (Pérenchies)
50 ans au service de nos communautés
N
icolas Meessen et Charles Reul, prêtres dans notre unité pastorale, fêteront le
3 juillet prochain leurs cinquante ans de prêtrise. Après autant d’années au service
de nos communautés paroissiales, nous voulons exprimer nos remerciements et notre
reconnaissance pour leur disponibilité, leur dévouement et l’attention toujours souriante qu’ils
ont réservés aux résidents de notre belle vallée de l’Ourthe. Rendez-vous le 3 juillet (voir
annonce page 2) pour partager vos souvenirs avec les jubilaires !
Nicolas fut ordonné prêtre, lorsque le concile Vatican II venait de
se terminer et c'est dans son esprit qu'il a vécu et vit encore avec les
membres des paroisses et des nombreuses équipes de réflexion qu'il
a accompagnées tout au long de ces cinquante ans de ministère, en
respectant leur cheminement humain et de foi. Pour lui, la présence,
la compassion, l'écoute des malades sont primordiales lorsqu'il les
accompagne dans les hôpitaux. C'est un bricoleur né. Sa maison
recèle des trésors récupérés qui lui ont souvent permis de dépanner
bien des personnes. Nicolas a toujours encouragé les beaux projets
des jeunes et les a soutenus et accompagnés : les camps-chantiers
Nicolas Meessen
travail et prière, Honypop, le Mouvement eucharistique des jeunes
(Mej)... Sa maison a vu défiler pas mal de jeunes... et moins jeunes. Il a fait rire des générations,
lorsqu'il récite le Corbeau et le Renard, à l'envers ou des sketches de Raymond Devos ou encore
des paskèyes en wallon qu'il affectionne particulièrement. Et le 3 juillet, jour de la fête de son
jubilé et de celui de Charles, vous le verrez peut-être verser une larme (de joie !) en vous voyant
tous rassemblés. Oui, notre Nicolas est émotif et c'est beau. Merci Nicolas d'être ce que tu es !
Voici... cinquante ans, à Esneux, arrivait un nouveau vicaire, Charles Reul, tout frais sorti du
moule, avec encore l’emballage d’origine ! Tout de suite, il a pris en charge avec cœur les mouvements
de jeunesse. Cela, entre mille autres choses, il l’a vécu de façon permanente. Le temps passe et le
presbytère de Fontin va alors devenir pour Charles et beaucoup d’entre nous un repère de «ça peut»
pour bien sûr dépanner spirituellement et matériellement le «prochain» : donnant de son temps sans
compter. Dans bien des situations, il a toujours essayé de partager le message de Jésus : amour,
pardon, solidarité. Depuis des années passées au milieu de nous, nous sommes très nombreux à le
saluer très chaleureusement lors de rencontres fortuites et j’ai même été étonné qu’au désert du Sinaï,
l’un ou l’autre Bédouin ne dise pas : «Salam, Charles.»
Charles Reul
Les aider à prendre les bons chemins
est le projet de nos écoles…
INSTITUT SAINT-MICHEL
ECOLE SAINTE-MARIE
Rue Simonis, 7 - 4130 ESNEUX
Tél. 04/380.30.07 - 0495/30.80.17
www.saintmichel.be
saintmichelesneux@yahoo.fr
Avenue A. Laboulle 146 - 4130 TILFF
Tél. 04/388.14.60 - Fax 04/383.79.18
www.esmt.be
esmt@swing.be
Inscriptions
Inscriptions
• Du 1er au 6 juillet (sur rendez-vous)
Du 22 au 31 août de 9h à 12h et de 13h à 19h
Tél. 04/380.30.07 ou 0495/30.80.17
courriel : saintmichelesneux@yahoo.fr
• 4, 5 et 6 juillet de 13h à 16h ou sur rendez-vous
au 0476/88.22.06
N°12 - Juin 2016
R
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La solidarité dan
chrétienne
Le mot solidarité n’apparaît pas dans la Bible.
L’esprit de la solidarité y est cependant
omniprésent. Et c’est d’abord en Dieu qu’il faut
le reconnaître.
L
e Dieu de la Bible et la solidarité : le Créateur se préoccupe
d’Abel en interpellant Caïn à propos du sort de son frère.
Et c’est le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob qui libère son
peuple opprimé et le fait sortir d’Égypte sous la houlette de
Moïse. Chez le prophète Isaïe, le serviteur souffrant est prêt à
prendre sur lui les péchés du peuple. C’est la solidarité poussée à
l’extrême. Quant à l’incarnation de Jésus, Fils de Dieu, sa venue
salutaire parmi nous doit être accueillie comme le fondement
même de la solidarité chrétienne. Jésus s’identifie aux petits et
aux pauvres et fait de cette solidarité le critère du salut (Matt.
25). Songeons aussi à l’hymne aux Philippiens (chap. 2) : Dieu se
fait intégralement l’un de nous par solidarité pour nous accueillir comme fils et filles dans le royaume de son Père. N’est-ce pas
le sommet de toute solidarité ?
Dans la tradition chrétienne, cette solidarité fut assumée à l’intérieur de la vertu théologale de la charité qu’on appelait avec
saint Thomas «âme de toutes les vertus», y compris de la vertu
de justice.
La solidarité dans la tradition de l’Église
MCBF
Au cours de l’histoire de l’Église, la charité-solidarité a porté des
fruits extraordinaires : qu’on songe à la figure emblématique de
l’évêque saint Martin de Tours (316-397), aux monastères bénédictins, aux fraternités franciscaines, aux services multiformes
de religieuses ou de laïcs en matière d’hospitalité et de santé,
d’éducation. Au cours de l’histoire, des témoins réveillent régulièrement la mémoire du Christ solidaire, comme saint Vincent
de Paul (1581-1660) et tant d’autres.
À partir du XVIIe siècle, un mouvement de sécularisation revendique dans tous les domaines de la vie sociale l’autonomie par
rapport à l’Église. Le Siècle des Lumières au XVIIIe en est le
symbole. Cependant, si l’Église fut fort marginalisée, l’esprit de
charité-solidarité continuait à rayonner.
Après la Révolution française, une nouvelle société naît, basée
sur le libéralisme individualiste et l’essor formidable de la société industrielle. Ce fut l’exode vers les villes et la naissance de
la classe ouvrière durement exploitée et largement déconnectée
de l’Église. Les anciens réseaux de solidarité ne fonctionnaient
plus comme avant et plus tard, les divers mouvements socialistes reprochèrent aux chrétiens d’être liés à la bourgeoisie
capitaliste et de pratiquer une charité paternaliste et corporatiste. On ne peut pour autant minimiser les créations à petite ou
grande échelle d’aide aux nombreux indigents durant les premières étapes du libéralisme capitaliste. Songeons par exemple
à sainte Jeanne Jugan en France (1792-1879, fondatrice des
Sœurs des Pauvres) aux fondations mutuellistes et aux coopératives de solidarité. L’Église ne s’opposait pas aux pauvres et
aux ouvriers, mais au système libéral dans ses composantes philosophique et économique. Ceux-ci prônaient certes la liberté,
mais il s’agissait souvent de la liberté individuelle des forts, en
relation de compétition.
Des mouvements chrétiens luttaient déjà avant 1848 contre les
excès de la nouvelle société (Fr. Ozanam, fondateur de la Société
de Saint-Vincent de Paul). L’émergence d’une lignée de «catholiques sociaux» (von Ketteler, Albert de Mun) a profondément
marqué l’esprit de Rerum Novarum (Léon XIII, 1891) première
encyclique de la doctrine sociale de l’Église, ainsi que les législations sociales, notamment du point de vue des conditions de
travail. La question sociale se formulait en termes de classe et
de solidarité ouvrière. La solidarité devenait un problème de
structures et de législations sociales. On luttait pour un vote plus
démocratique, un encadrement du droit de propriété et une rémunération de la main-d’œuvre appropriée. C’est dans cette direction que la solidarité a étendu son engagement, notamment
grâce aux luttes ouvrières.
Certains milieux non chrétiens ont introduit alors le vocabulaire de la solidarité dans la perspective suivante : remplacer
la charité chrétienne par une sorte de «solidarisme» humain.
Même si cette initiative pouvait avoir un aspect anticlérical, le
mot de solidarité a pu devenir un concept qui ralliait tous les
hommes de bonne volonté autour de cet engagement à reconnaître la dignité pour tout homme.
N°12 - Juin 2016
5
PHOTOS : MCBF
ans une perspective
Surgit alors la question de savoir sur quoi repose la solidarité :
appartenance biologique, généalogique, sociale (même classe
par exemple), nationale, idéologique, culturelle, ou finalement
universelle (genre humain) ? À la racine de cette interrogation
se trouve une autre interpellation : celle de l’égale dignité de
tous les êtres humains, ciment indispensable à une authentique
solidarité. L’apport du message biblique est ici décisif. En retour,
la solidarité doit se laisser interroger par l’éthique sur la pertinence de ses liens.
Après la Seconde Guerre mondiale, il y eut la réalisation en
Europe de l’État Providence (pensions, allocations de chômage,
assurance santé, famille, etc.) qui peut être interprétée comme
une solidarité sociétale organisée sous la tutelle de l’État. Elle
draine des moyens énormes qui illustrent l’étendue extraordinaire de la socialisation de la solidarité.
Le concile Vatican II (1965) et l’encyclique
Sollicitudo Rei Socialis (1987)
Dans l’ambiance d’aggiornamento du concile Vatican II, plusieurs éléments concomitants ont amené une convergence
entre la tradition de la charité-justice et la solidarité, avec la
notion de la personne, le principe de subsidiarité et le bien commun, concepts qui sont liés dans les encycliques Pacem in Terris
(1963) et Populorum Progressio (1967)).
Jean-Paul II, dans son encyclique Sollicitudo Rei Socialis (1987),
a introduit le vocabulaire de la solidarité dans l’enseignement
social de l’Église. Il considère que c’est vraiment une vertu chrétienne, mais elle prend un aspect nouveau. Ce pape est sévère
à la fois à l’égard du capitalisme libéral et du marxisme communiste (Cf. Laborem Exercens). Il était persuadé qu’il fallait
changer radicalement de système ! Pour lui, la solidarité devait
s’étendre au changement des structures. À l’aube de la mondialisation, le pape plaide pour une solidarité à la taille de l’humanité, y compris dans l’organisation politique. Avec Mater et
Magistra (1961), l’Église reconnaît que l’humanité est désormais
interdépendante, mais pour survivre, il faut convertir ce fait
technique en une interdépendance voulue, gratuite et organisée
économiquement et politiquement. C’est cela la solidarité selon
Jean-Paul II. Dans cette Encyclique, il a introduit le concept de
«structures de péché», or pour lui la solidarité ce sont des «structures de développement commun». Dès lors, la solidarité exige la
conversion du cœur et des structures et nous pouvons la mettre
en œuvre partout où nous vivons. Tout cela va être confirmé par
la prise de conscience de la «solidarité écologique» que les papes
reprennent fortement depuis.
Nous n’entrerons dans le royaume des cieux que tous ensemble.
On ne peut organiser la communauté humaine en excluant
quelqu’un ou un groupe. Nous sommes responsables de tout
le monde. C’est le projet humain le plus mobilisateur qui soit,
mais nous ne pouvons le réaliser que derrière Jésus-Christ, le
Solidaire.
➜ Edouard Herr s.j.
N°12 - Juin 2016
RENCONTRE
Le devoir de mémoire...
C’est ma pr ière
Multiplie les
petits pas de
l’amour
«On n’a rien trouvé de mieux
que vieillir pour ne pas mourir
jeune.» J’aime cette réflexion.
La vivre avec joie sera votre chemin
de sainteté.
Accepte tes vieux os comme ils sont.
Dieu bénit tes tibias, même s’ils ont
des difficultés à se déplacer.
Que le rythme de ton cœur,
qui ralentit physiquement,
garde les palpitations de ton temps
d’adolescence.
Que ton sourire édenté reste
le merveilleux présent
qui est la grâce de tout Ancien.
Arrête de penser à ta névralgie
faciale et à tes douleurs lombaires.
Mais écoute la souffrance
de l’autre : ça l’apaisera
et ça te fera chaud au cœur.
Si l’escalier est dur à monter,
récite un «Ave Maria» par marche.
Tu verras ! Tu franchiras les dix
étages avec l’allégresse
d’un jouvenceau
ou d’une jouvencelle.
Si ta vue baisse, que ta lumière
intérieure grandisse.
Si ton oreille s’assoupit, réveille-la
en écoutant le silence de Dieu.
Anciens, je vous aime beaucoup.
Vous êtes la grâce de l’Église
et son avenir. L’avenir de l’Église,
c’est maintenant et aujourd’hui.
Vous qui allez à petits pas,
multipliez les petits pas de l’amour.
➜ Guy Gilbert
Ou comment sensibiliser les jeunes contre
l’oubli et contre toutes formes d’extrémisme ?
Joseph Kaisin fut jeune résistant durant la Deuxième Guerre
mondiale. Il se rend dans les écoles pour témoigner de
cette période douloureuse de sa vie et transmettre aux
jeunes générations des valeurs de civisme, de respect,
d’engagement et de courage.
L
ors d'une retraite organisée en février par notre unité pastorale en
l'abbaye de Brialmont, Joseph Kaisin, un
paroissien discret et engagé, m'a partagé
quelques moments qui ont marqué son
adolescence durant la Deuxième Guerre
mondiale. Cette période douloureuse de
notre histoire l'a convaincu de la nécessité de témoigner pour que ce passé ne
tombe jamais dans l'oubli. C'est ce que
l'on appelle le devoir de mémoire.
Concrètement, Joseph va à la rencontre
de classes d'élèves dans plusieurs écoles
de la région liégeoise.
Etant professeur de religion, je lui ai
demandé de venir témoigner devant
mes élèves de 6e année à l'IPH de Herve,
ce qu'il accepta de bon cœur. Quelques
semaines plus tard, durant une heure,
Joseph raconta les difficultés concrètes
qu'il vécut au quotidien durant cette
guerre. Il l'a fait par le biais d'anecdotes.
À titre d'exemples, je citerai l'épisode
où il avait résisté à l'occupant allemand
en distribuant des journaux interdits
ou encore toutes les fois où il transportait à vélo des messages dans la semelle
de ses souliers avec pour mission de les
déposer à un endroit précis où une autre
personne viendrait les récupérer. Ces
messages contenaient un «trajet secret»
destiné à faire fuir vers l'Angleterre les
aviateurs (belges) dont l'appareil avait
été touché par les Allemands. À la fin de
son exposé, Joseph a exhorté les jeunes
à bien réfléchir à qui ils donneront leur
voix lorsqu'ils se rendront pour la première fois aux urnes en 2018. «Attention
à ne pas voter pour un(e) Le Pen belge»,
prévient Joseph, pleinement investi de
son rôle de citoyen qui, à la lumière des
événements 40-45, est farouchement
déterminé à sensibiliser nos jeunes à se
battre contre toutes les formes d'extrémisme et à promouvoir le «vivre ensemble» dans nos différences. Les événements récents qui ont secoué notre
pays démontrent hélas qu'il s'agit d'un
combat de tous les jours et de longue
haleine.
Témoignages de jeunes
J’ai demandé à mes élèves de me communiquer par écrit ce qui les a touchés
et ce qui peut être source d’inspiration
dans leur propre vie. Ils ont tous été
touchés et marqués par le courage de
Joseph.
Voici ce que Lucas a écrit : «Tout au long
de la guerre, vous avez fait des choix au
péril de votre vie pour défendre notre
pays et aujourd’hui, j’ai compris qu’il
était de mon devoir par choix politique et
mon implication dans la société d’aider
à mon tour notre pays. Monsieur, je
n’ai pas de mots pour décrire l’ampleur
du respect que je ressens pour vous.
Donnons-nous et communiquons pour
que plus jamais un tel désastre n’arrive.
Merci, Monsieur !»
France : «Quand on voit par où vous êtes
passé, on s’abstient de se plaindre pour
des futilités et on réfléchit à deux fois
avant de parler.»
Marine : «... Les moments de courage
quand vous apportiez les messages pour
aider les résistants ; un tout grand merci
pour votre présence, votre histoire, votre
superbe témoignage.»
➜ Marie-Claire Reding-Bourdouxhe
6
N°12 - Juin 2016
RENCONTRE
André Sadzot :
prendre en compte la réalité
et la gérer au mieux
Aider, communiquer, soutenir, lire, organiser et bouger...
en maison de retraite !
A
ndré n’est sans doute plus tout jeune, mais la
clarté de son esprit, ses activités, sa vivacité
et la précision de sa mémoire en font un témoin
aussi fiable qu’intéressant.
On pourrait même se demander pourquoi il vit en
maison de retraite.
C’est en 2010, face à la maladie d’Alzheimer qui
perturbait de plus en plus son épouse Suzanne,
qu’André a été contraint de prendre une
décision : trouver un endroit où elle serait en
sécurité et soignée au mieux.
Les Trois Couronnes ont été pour le couple la
solution : Suzanne y était fort bien entourée.
André a donc eu la liberté d’esprit et le temps
nécessaire pour régler les problèmes matériels
et professionnels qu’un tel bouleversement avait
suscités.
Puis il s’est installé aux Trois Couronnes et,
pendant trois ans, s’est consacré entièrement au
bien-être de son épouse.
Et maintenant ? La lecture et la marche occupent
certes plusieurs heures de sa journée, mais il prend
aussi une part active à la vie de la communauté.
En souvenir de son épouse, André reste proche
des résidents «Alzheimer», il leur rend visite
chaque jour et assiste à leur repas. Ensuite,
avant d’aller manger, il aide quelques résidents
à rejoindre le réfectoire.
Aider et écouter
Il offre aussi aux plus valides la possibilité
d’assister à des messes télévisées : il arrange le
local, va chercher les participant(e)s les moins
mobiles dans leurs chambres et les installe pour
que chacun puisse voir ou entendre au mieux. De
plus, il leur distribue la communion.
Le personnel soignant l’apprécie : André n’est pas
uniquement quelqu’un qui donne un coup de main
(en collant les affiches aux murs notamment),
mais il est aussi toujours prêt à converser et
écouter. Il est aussi présent aux mariages et
s’intéresse à l’évolution de leurs enfants...
Impressionnant !
➜ Françoise Carpentier
Témoignage
L’âge est un avantage !
J’ai rencontré Freddy Paulus dans la maison de retraite où il réside maintenant à Comblain-au-Pont. Tout juste
80 ans, toujours aussi aimable et accueillant, je m’aperçois très vite que j’ai devant moi une personne vivant bien
son «grand âge». Freddy Paulus m’attendait de pied ferme et avait déjà préparé un texte avec ce qu’il avait envie
de me partager. Je vous le transmets, simplement...
«80 ans c’est l’heure des bilans... Je peux dire que j’ai eu beaucoup de chance dans ma vie...
Comme tout le monde, j’ai eu des coups durs mais je ne me suis jamais senti abandonné de
Dieu... Si je regarde en arrière, une question me vient : ai-je fait ce que Dieu attendait de moi ?
Ai-je été en état de veille tout simplement, fraternellement ? J’espère, en tout cas, avoir fait
mon possible... Aujourd’hui m’appartient encore et je mets toute ma confiance dans l’amour
de Jésus. J’essaie, en acceptant la vie en maison de repos, d’être un «tout petit» reflet de cet
amour en faisant de petits gestes envers les autres.
Le Général de Gaulle disait : «Vieillir est un naufrage !»... Pas d’accord ! Personnellement,
j’espère garder ma foi, mon espérance, malgré les dégradations physiques et mentales
éventuelles... Je suis aussi convaincu que la fragilité qui résulte de l’âge avançant, entraîne
une foi plus grande, plus simple...»
«L’âge est un avantage, termine-t-il, car il ouvre les cœurs et permet plus de «souplesse»
dans notre regard sur les autres, je peux dire maintenant que chacun a son histoire propre, et
je n’ai à "juger" personne...»
Je me redis sans cesse : «N’oublie pas que tu es aimé de Dieu...»
Je quitte Freddy car il va fêter son anniversaire autour d’une tasse de café et d’un bon
morceau de tarte...
Marcelle Voorn
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N°12 - Juin 2016
FENÊTRE OUVERTE
Avec des
couples où les
deux parents
travaillent, le
rôle des aînés
est de plus en
plus important.
Rayonnante,
Monique Magis
nous accueille
pour parler
de ses quinze
petits-enfants et
de ses émotions
partagées
lors des
rassemblements
familiaux.
Grands-parents
et petits-enfants :
une relation précieuse !
Vous réjouissiez-vous de l’arrivée de petitsenfants pour combler les vides laissés par
le départ de vos sept enfants ?
Monique Magis. Pour moi, ce n’était pas une véritable attente. J’ai accueilli positivement les annonces de ces heureux événements. Mais, je ressentais une satisfaction et un plaisir surtout pour
mes enfants qui réalisaient leur désir de parenté.
J’avais toujours dit que je serais là pour dépanner
les nouveaux parents. Mais, la réalité allait être
différente !
Finalement, vous vous occupez
régulièrement de vos petits-enfants ?
Eh oui ! Quand ils sont petits pour laisser souffler
les parents et leur permettre des sorties. Une fois
adolescents, les petits-enfants s’imposent parfois
et viennent chercher refuge chez moi pour étudier ou fuir momentanément un conflit avec les
parents.
Considérez-vous que vous avez un rôle
dans l’éducation des petits-enfants ?
Oui ! Il faut respecter l’éducation des parents et
ne pas se substituer à eux. Mais les grands-parents participent à l’éducation. Il faut être des
exemples, semer les valeurs humaines et faire
Patrimoine
Les Buissonnets
Initialement installée au 16 de
la rue Joseph Raze, la maison de
repos Les Buissonnets émigrera
vers 1950 rue des Combattants.
Elle occupera le bâtiment de
l’extension de l’ancien hôtel de
Liège, qui avait dû abandonner son bâtiment principal après l’incendie
de 1923 et qui cessa son activité avant-guerre.
Comme le précise un carton publicitaire d’époque, cette maison était
dirigée par C. Van Den Rydt, infirmière-major, terme qui laisse présumer
de la discipline attendue dans l’établissement ! Elle proposait un lieu de
repos et de convalescence ou une pension à vie.
Si le confort proposé au départ semble idéal, au fur et à mesure du
vieillissement du bâtiment et de la directrice, les conditions de vie se
détériorent. Je me souviens, comme acolyte, avoir accompagné le prêtre
y portant la communion et me rappelle encore maintenant des miasmes
rendant l’atmosphère intérieure difficilement respirable pour qui connaît
l’air pur esneutois.
On était loin des conditions des actuelles maisons de repos et des
règles strictes qui les régissent !
➜ Philippe Hamoir
respecter les règles. On ne s’occupe pas des petits-enfants comme de ses propres enfants. Les
grands-parents structurent les petits-enfants, ils
sont les témoins de l’enfance de leurs parents et
de la généalogie. Les petits-enfants aiment les
histoires du passé, les anecdotes et les bêtises qui
ont émaillé la jeunesse de leurs parents ! Les parents ne sont pas des blocs de perfection.
Comment vous comportez-vous
avec vos petits-enfants ?
Je les accueille comme ils sont. C’est cela qu’ils
apprécient. Ici, ils ne ressentent pas la pression
que leur mettent leurs parents qui veulent par
exemple des résultats scolaires. Leurs confidences se vivent en toute discrétion. Les grandsparents sont plus disponibles et patients que les
parents modernes actuels. Mes petits-enfants me
demandent des aliments particuliers, mais également que je les accompagne dans des jeux de
société, le modelage de pâte à sel, le jardinage...
Et eux, que vous apportent-ils ?
Beaucoup de bonheur de découvrir le plaisir
qu’ils éprouvent et expriment. On est d’une génération où on ne manifeste pas ostensiblement ses
sentiments. Mais eux, ils sont très affectueux et
câlins. C’est merveilleux ! Ils aiment se retrouver entre cousins. Ils nous ont fait découvrir les
sports d’hiver. Tous dans un grand chalet ! Cette
communion est vraiment émouvante.
➜ Propos recueillis par Jean Joris
La revue que vous tenez en mains est la
dernière. Reviendrons-nous un jour ? Nous
nous laissons le temps de la réflexion.
Nous vous remercions pour votre confiance
et soutien.
Le comité de rédaction
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