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bult8 Que tous soient uns

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Le Bulletin de
San Damiano Media
N° 8
Mars Avril 2002
email : sdmedia@worldonline.fr
« Que tous soient un »
La parole du Christ, à la veille
de sa mort résonne à nos oreilles :
« Je prie (…) afin que tous soient
uns. Comme toi, Père Tu es en moi
et moi en Toi, qu’eux aussi soient en
nous, afin que le monde croie que tu
m’as envoyé » ( Jn 17, 21). C’est bien
là le fond du problème : tant
que les disciples du Christ
apparaîtront
divisés,
le
« monde » ne croira pas, et il
s’enfoncera toujours plus
dans la négation de Dieu,
dans le « non » à Dieu.
Nos divisions entre
Chrétiens, sont un scandale
et une souffrance.
On pense volontiers que
l’œcuménisme est réservé
aux théologiens et aux diplomates des Eglises. Non !
C’est aussi une réalité pour
tous les Chrétiens dans leur
quotidien : être un avec notre frère, quelles que soient
nos différences d’opinion,
dans un esprit de famille,
« afin que le monde croie ».
N’est-ce pas ainsi qu’il faut
comprendre le message de
Marie à San Damiano lorsqu’Elle dit :
« Prions
ensemble
avec les anges et avec les
saints, tous unis comme la
famille de l’Eglise, une
seule famille dans la paix
chrétienne, l’Eglise est une famille… L’Eglise doit être réunie à
tous les fils du monde. C’est l’Eglise
qui doit apporter l’amour, la joie dans
les cœurs… Tous unis comme la
famille de Nazareth dans l’amour
1. On peut rapprocher ce message du
décret
du
Concile
sur
l’œcuménisme : « L’esprit de charité exclura toute
forme de rivalité. Si tout cela se fait généreusement, le Concile en a l’espoir, le mur
qui sépare l’Eglise d’orient de celle d’occident tombera. Ainsi n’y aura-t-il plus
chrétien, dans la paix, dans l’harmonie de Jésus…» (SD 6 janvier 70) (1).
Reprenons deux phrases de ce
message :
« L’Eglise est une famille » !
Le mouvement œcuménique s’inspire de cette idée et les documents
ceux qui n’acceptent pas encore l’évangile…. S’ils annoncent la Bonne
Nouvelle à tous ceux qui l’ignorent,
c’est pour consolider, compléter et
élever la vérité et le bien que Dieu a
répandu parmi les hommes et les
peuples (3)».
Attardons-nous sur les
lumières que le message de
San Damiano veut bien
nous transmettre sur ce
thème de l’union avec nos
frères en Christ.
Le dialogue des Chrétiens
avec le Judaïsme et avec
l’Islam, vu sous l’éclairage
des apparitions de NotreDame de Roses, fera l’objet
de notre prochain numéro.
Réflexions sur
l’œcuménisme
Marie parle de la « famille
dans la paix chrétienne ».
Œcuménie vient d’un verbe
grec « οικειν » qui signifie
« habiter ». Les chrétiens
épris d’unité ont l’espoir
d’habiter un jour une même
demeure. « Le temps viendra, dit un jour Notre Seigneur à Sainte Brigitte (…),
qu’il n’y aura qu’une bergerie, un pasteur et une Foi
et que Dieu sera connu de
tous (4)»
icône russe internet Cette même idée est reprise
dans le message de San Daconciliaires le confirment (2).
miano « Jésus appelle tout le
« L’Eglise doit être réunie à tous monde, il appelle avec la foi et l’ales fils du monde » ; le CEC parle mour. Il veut que tous retournent à
du dialogue inter religieux en ces leur bercail. Jésus vous attend ! » (SD
termes : « la tâche missionnaire im- 15 mars 1968).
plique un dialogue respectueux avec
qu’une seule demeure. Le Christ Jésus
en sera la pierre angulaire, assurant de
l’une à l’autre, l’unité ». Unitatis Redintegratio 18.
2. « Ceux qui croient au Christ, (…) justifiés par la foi reçue au baptême, portent à
juste titre le nom de Chrétiens, et les fils
de l’Eglise catholique les reconnaissent à
bon droit comme les frères dans le Seigneur » Unitatis Redintegratio
3. Catéchisme de l’Eglise Catholique
(CEC) 856
4. St Jean Eudes op. c. p 619.
un peu d’histoire
Le mouvement œcuménique, initié
dans les années 1910 par des Chrétiens de tradition protestante, fait suite
aux efforts de certains anglicans du
XIXe siècle pour l’unité des chrétiens,
face à un monde de plus en plus sécularisé et athée. Les Eglises orientales
y participent de plus en plus et
«les chrétiens d’Asie et d’ Afrique
adjurent les vieilles Eglises de
renoncer à leurs divisions confessionnelles pour apporter le même
Christ aux peuples non encore
évangélisés (5).».
Du côté catholique, les initiatives de dialogue se sont multipliées mais elles n’aboutirent pas
avant le Concile Vatican II et
c’est le décret conciliaire Unitatis
Redintegratio, le 21 nov. 1964,
qui marquera « l’entrée officielle de l’Eglise Romaine en
œcuménisme » (6).. Ce mouvement tout à fait novateur provoque immédiatement à la fois des
exagérations non constructives et
des résistances violentes, notamment celles de Mgr Lefebvre
contre la « contagion protestante ».
Cet évêque dissident tente alors
de faire de San Damiano un bastion pour la diffusion de ses
idées, mais Mamma Rosa s’y
oppose vigoureusement et courageusement. C’est ainsi qu’en
1976 elle ferme les grilles d’accès au lieu des prières pendant
de longs mois, afin qu’aucun
amalgame ne puisse être fait entre le message de conversion et
d’ouverture de San Damiano et
les positions anti-conciliaires de
certains.
Ce sera une richesse pour l’Eglise de reconnaître un jour
l’exemplarité et l’héroïcité de
cette femme, résolue à rester ainsi
fidèle au Saint Père. Les pèlerins de
San Damiano ont vécu l’« épisode des
grilles » comme ceux de Lourdes
l’« épisode des palissades » ! Ce fait
historique est d’importance, non seulement parce qu’il semble inspiré par
l’Esprit Saint, mais parce qu’il peut
nous faire comprendre que, si la Mère
du Ciel vient sur terre dans ce temps
conciliaire, cela a un sens.
5. Conférence missionnaire d’Edimbourg
en 1910, cf. Georges Casalis in Encyclopedia Universalis 13-399, 1.
6. Etienne Fouilloux in Encyclopedia Universalis 13-399, 3.
7.
« San Damiano, histoire et documents » Roland Maisonneuve Téqui 1983
Il y a des signes des temps qu’il
faut savoir lire : en pleine session
conciliaire, le 16 octobre 1964, la
Sainte Vierge se présente à une
paysanne, Rosa Quattrini, dans une
apparition grandiose et laisse un message pour tous.
Attardons-nous plus particulièrement
L’œcuménisme
sans Marie,
c’est l’œcuménisme
du Démon !
sur deux aspects de cette première
épiphanie à San Damiano :
1. Marie se présente, couronnée, comme une Reine : « Sur sa
tête étincelle une couronne, représentant la coupole de Saint
Pierre, au Vatican. Tout autour
de celle-ci se dressent les douze
apôtres. Pierre tient en main les
clefs du royaume des Cieux ».
p 45 et « San Damiano, à l‘aube du 3e
millénaire », Roland Maisonneuve, Téqui 2000 p 52;
-« Mater Ecclesiae » dans le film vidéo
« San Damiano ou la présence de Marie »
1997, San Damiano Media ;
« San Damiano, Epiphanie de la Mère de
Plusieurs commentateurs (7) y ont
reconnu l’icône prophétique de Marie, qui sera proclamée trente six
jours après, « Mère de l’Eglise » par
Paul VI.
2. Lors de son premier message elle proclame : « Je veux
que tous soient sauvés, tous,
les bons et les méchants. Je suis
la Mère de l’Amour, la Mère de
tous, et vous, vous êtes tous
mes enfants ». Ces mots sont en
parfaite adéquation avec les définitions sur Marie du chapitre VIII
de la Constitution Dogmatique
sur l’Eglise (Lumen Gentium)
proclamé ce 21 novembre 1964.
Ce même jour, à Rome, donc
cinq semaines après le premier
message et la première apparition à San Damiano, sont publiés
trois documents majeurs du
Concile : Le décret sur l’œcuménisme (Unitatis Redintegratio), le
décret sur les Eglises orientales
catholiques (Orientalium Ecclesiarum) et Lumen Gentium.
Ajoutons que la Madone fait
connaître plus tard son désir de
faire de San Damiano un centre
œcuménique (8).; ce point est
assez mal connu et mérite notre
attention.
D’autre part, lors d’un entretien privé avec Mamma Rosa,
alors que nous conversions à ce
sujet, elle m’affirmait avec force et autorité, que l’œcuménisme sans Marie,
c’est l’œcuménisme du Démon ! Il y
avait parfois de ces fougues, dans les
expressions de Rosa, qui ne manquaient pas de déconcerter !
Déconcertés, on pourrait l’être si on
se rapporte à l’effort de nombre de
théologiens pour aplanir les difficultés
de ce dialogue entre les Eglises.
l’Eglise » Bernard Tourny. FX de Guibert
2001 p 111.
8. « San Damiano, à l‘aube du 3e millénaire », Roland Maisonneuve Téqui 2000
p 188
2
La dévotion mariale des catholiques, voire celle des orthodoxes, est
une pierre d’achoppement pour les
autres confessions et les autres religions.
Alors, vouloir réaliser un Centre
Marial Œcuménique, et en plus à
San Damiano, serait-ce une utopie ?
Cependant, est-ce un hasard si les
pères du Concile ont décidé d'associer ces thèmes : “théologie mariale” et “union des Eglises”, par la
publication conjointe de ces trois
grands textes ?
Le Concile accorde à Marie une
place éminente au centre de cette
entreprise : « Tous les chrétiens,
orientaux aussi bien qu’occidentaux,
sont invités de la façon la plus instante, à offrir à Dieu des prières ferventes et fréquentes, et même à
prier chaque jour, pour que, par l’intercession de la très Sainte Mère de
Dieu, tous soient uns…(9)».
Dès lors, Marie, qui anticipe un
centre œcuménique à San Damiano : pourquoi pas ? Le message de
San Damiano peut-il alors apporter
une lumière dans cette discussion ?
Les deux grands charismes de ce
lieu, sont la prière et la présence
d’une Mère. C’est vers ces deux
pôles que la spiritualité de San Damiano pourrait se faire accueillante
aux autres confessions.
La prière et la charité,
ou San Damiano et les Protestants
La prière est un point commun
essentiel entre tous les chrétiens.
9. Orientarium Ecclesiarum 30
10.Tiré de la Confession d’Augsbourg ; Le
Petit catéchisme de Martin Luther, Appendice, Paris: Église Luthérienne Libre, 1937
11. M. Luther, Ecrits religieux, sous la
direction de V. Vinay, Turin 1967, pp. 431-
D’autre part les protestants ne
“haïssent” pas Marie, contrairement à ce que l’on pense
couramment !
Nous enseignons que Dieu le
Fils est devenu homme, né de
la pure Vierge Marie, et que
les deux natures, la divine et
l'humaine, unies inséparablement dans une personne unique, constituent un seul
Christ, qui est vrai Dieu et vrai
homme » : l’écrit est de Martin Luther (10) !
Le Saint Père rappelle dans
son Audience Générale du 21
mars 2001 qu’« il est bon de
rappeler que Martin Luther, en
1521, a consacré au Magnificat ce
"saint cantique de la Mère bénie de
Dieu" (selon ses propres termes), un
commentaire célèbre. Dans celui-ci,
il affirme que l'hymne "devrait être
appris et retenu par tous", car “dans
le Magnificat, Marie nous enseigne
comment nous devons aimer et louer
Dieu... Elle veut être le plus grand
exemple de la grâce de Dieu, au
point d'inciter chacun à la confiance
et à la louange de la grâce divine” (11) » !
Tous les amoureux de Notre-Dame
des Roses, ne peuvent que se réjouir
de pouvoir partager quelque chose
de notre louange habituelle avec nos
frères Luthériens. Cependant les
Protestants suspectent souvent les
Catholiques de mariolâtrie, de vouloir
diviniser Marie. Est-ce le cas pour les
pèlerins de San Damiano ?
Si nous reprenons le commentaire du CEC sur
le Magnificat, si
cher à Luther,
Marie s'exclame :
« Toutes les
générations me
diront bienheureuse (12) ». Voici
l’explication qu’en donne le
CEC : « La piété de l'Eglise envers la
Saint Vierge est intrinsèque au culte
chrétien. La sainte Vierge est légitimement honorée par l'Eglise d'un
culte spécial. Et de fait, depuis les
temps les plus reculés, la bienheureuse Vierge est honorée sous le
titre de Mère de Dieu. Ce culte, bien
que présentant un caractère absolu-
ment unique n'en est pas moins
essentiellement différent du culte
d'adoration qui est rendu au Verbe
incarné ainsi qu'au Père et à l'Esprit
Saint, il est éminemment apte à le
servir" (LG 66)(13) ».
Les pèlerins de San Damiano peuvent témoigner qu’une des premières
grâces de conversion reçue là-bas
est l’amour de Jésus. Le message de
San Damiano est fondamentalement
christocentrique : Marie ramène toujours au Fils pour le Père :
« Promettez de beaucoup aimer
Jésus, de le recevoir dans votre
cœur, lui qui est votre force, votre
soutien dans les tribulations, dans
les luttes , dans la paix. » (SD 3 janvier
1969).
« Jésus veut vous purifier, il veut
vous sanctifier et il veut demeurer au
centre de vos cœurs. Il veut que
vous puissiez ne parler que de son
amour, que vous puissiez brûler d’amour pour lui seul et demeurer toujours avec lui jusqu’au ciel » (SD 17
avril 1970).
« Au nom de mon fils qui bénit, ici
présent et au nom de la très sainte
Trinité, je vous donne une forte bénédiction qui vous assiste dans la vie
et à la mort » (14). (SD 7 novembre 1969).
Cependant il faut lire attentivement
les mises en garde de Vatican II
sur les dérives spirituelles possibles :
« Les fidèles doivent se rappeler que
la vraie dévotion ne consiste ni
dans un sentimentalisme stérile et
passager, ni dans une certaine crédulité vaine, mais au contraire,
qu’elle procède de la
vraie Foi…(15). Dans ce
même ordre d’idée,
l’Exhortation Apostolique de Paul VI sur le
Culte Marial donne précisément des directives
pour éviter ces dérives
et pour «une heureuse
rénovation du culte Marial : ce culte doit être
orienté vers la Trinité, vers le
Christ et l’Eglise, s’appuyer sur un
fondement biblique et œcuménique (16)». Si nous désirons dépasser
le côté merveilleux de San Damiano
voilà cinq pistes à parcourir obligatoirement. D’où le sujet de cet
article.
Dépasser le côté
merveilleux de
San Damiano
512.
12.Lc 1, 48
13.Catéchisme de l’Eglise Catholique, 971
14.Le commentaire du message du
5 septembre 1969 (page 7) confirme ce
christocentrisme.
15.Lumen Gentium 67
16. Marie, première Eglise J. Ratzinger H.
U. V. Balthasar, Apostolat des Editions, p
64.
3
Ces dimensions ont déjà été étudiées par d’autres auteurs, (17)
mais on aura toujours besoin de les
approfondir pour tenter d’éviter les
abus toujours possibles au plan
individuel. Mamma Rosa, qui
connaissait le cœur des pèlerins et
leur goût du sensationnel, de la
nouveauté, leur désir de connaître
l’avenir, les renvoyait toujours à
une démarche de conversion au
Christ, au sacrement de Réconciliation, à l’Eucharistie, aux paroles du Saint Père et à l’amour de
l’Eglise.
Le Concile reconnaît que, chez
nos frères Protestants, « la vie
chrétienne se manifeste dans la
prière privée, la méditation biblique,
la vie de la famille chrétienne, le
culte de la communauté rassem- Les 3 étoiles - La triple virginité de Marie
blée pour la (…) louange et l’action
de grâce pour les bienfaits reçus de
Dieu (18)».
San Damiano est un lieu de prière
et Marie nous annonce qu’il le restera
« jusqu’à
la
fin
du
monde » (19) ! C’est une école de
prière d’où le pèlerin ne revient
jamais bredouille. Même un évêque, Monseigneur Piñera, ancien
président de la conférence épisco- leurs actions caritatives. Nous avons
pale du Chili, atteste que son unique développé ce thème dans un autre
passage en ce lieu a marqué sa vie. bulletin intitulé : « San Damiano,
Il affirme que, depuis ce jour, il n’a c’est l’apparition de la charité ! » (21).
jamais manqué son chapelet quoti- En effet, Marie y a demandé des œudien (20).
vres de miséricorde mais ce n’est
La prière est ce qui unit tous les qu’une partie de la grande vocation
frères en Jésus. Cette prière, par de ce lieu. Face à la détresse touexemple, est un lien qui nous ratta- jours grandissante de notre société
che à nos frères protestants, même de ténèbres, la réponse de l'Eglise à
si les formes sont différentes ! A San cette nuit est d'être amour, parce
Damiano, Marie insiste aussi sur la que, « l’amour seul est crédidimension familiale de la prière et sur ble » (22). Sans un amour qui va
l’action de grâce : « Chantez avec jusqu’à l'unité, il n'y a pas de crédivotre ange gardien des hymnes de bilité.
louanges, des hymnes d’action de
C’est pourquoi, à San Damiano,
grâces pour tout ce que je vous Marie nous indique le chemin, car
donne, pour tout ce que je fais pour Elle est de façon plénière (« pleine
vous. Priez ! Priez dans le si- de grâces ») :
lence ! » (SD 21 février 1969).
- accueil d’amour
La charité est aussi une dimen- - réponse à l'amour
sion œcuménique. Nos frères réfor- - partage d’amour (23).
més y sont attentifs en nombre de Cette dynamique de l’amour total,
La souffrance de ne
pas avoir
eu de Mère !
17. . « San Damiano, histoire et documents » Roland Maisonneuve Téqui 1983
p 45 et « San Damiano, à l‘aube du 3e
millénaire », Roland Maisonneuve, Téqui 2000 p 52;
-« Mater Ecclesiae » dans le film vidéo
« San Damiano ou la présence de Marie »
1997, San Damiano Media ;
18. Unitatis Redintegratio 23
19. SD 16 septembre 1969
20. Son témoignage est publié dans le
film Vidéo : « San Damiano, Témoins de
Vérité ». Edit. San Damiano Media.
21.Bulletin N°4
22.Titre d'un ouvrage de H.U. Von Balthasar
23.Thèmes développés dans le Bulletin N°
4
24.Les Protestants n’admettent pas l’Immaculée Conception. A ce sujet il est plaisant de noter la coïncidence de la date de
la mort de Luther, un 18 février de 1546 et
légitime une pureté totale de ce
Cœur Immaculé pour recevoir la
source de tout amour (24). Elle dit :
« Je suis l’Immaculée Conception » et ajoute « Je veux que tous
mes enfants soient purs, saints,
innocents et que tous puissent
suivre Jésus » (SD 11 février 1970),
comme si Elle voulait nous faire
partager ses privilèges, les dons
de cet amour qui mène à l’unité.
C’est la raison pour laquelle l’unité
œcuménique aura du mal à se
passer du Cœur Immaculé de Marie !
Il existe une certaine dévotion à
Marie dans les Eglises anglicanes
et certaines Eglises luthériennes
suédoises. Nous rapportons ici
(page 9), Les témoignages de Protestantes qui ont eu des grâces à
San Damiano. Il y avait chez elles
une souffrance de ne pas avoir eu
de Mère !
La présence d’une Mère :
Elle n’exclut personne
Comme nous l’avons précisé, cinq
semaines avant sa proclamation
solennelle, Marie se présente prophétiquement à San Damiano
comme « Mère de l’Eglise ». C’est
elle qui dit le 16 octobre 1964 : « Je
veux que tous soient sauvés, tous,
les bons et les méchants. Je suis la
Mère de l’amour, la Mère de tous, et
vous, vous êtes tous mes enfants ! »
Quelques jours plus tard, le concile
Vatican II affirme : « Marie est unie
à tous les hommes qui ont besoin
de salut, elle est vraiment Mère des
membres du Christ parce qu’elle a
coopéré à la naissance, dans l’Eglise, des fidèles qui sont les membres de ce chef. (…) elle est celle
qui tient la place la plus élevée
après le Christ et en même temps la
plus proche de nous (25) ». Le texte
conciliaire nous explique donc cette
apparente redite du message : « la
Mère de tous » (en haut de l’échelle)
« vous
êtes
tous
mes
enfants » (toute proche de nous).
de la date de la première des apparitions
de Lourdes où elle annonce son Immaculée Conception, un 18 février de 1858,
comme un clin d’œil posthume de la sainte
Vierge au réformateur !
25.Lumen Gentium 53, 54. Ce thème a été
développé dans le film Vidéo San Damiano ou la présence de Marie. Edit. San Damiano Media.
4
C’est le même écho que l’on
entend dans le Concile : « Le désir
du dialogue (avec tous les hommes),
conduit par le seul amour de la vérité,
n’exclut personne ; ni ceux qui honorent les hautes valeurs humaines, sans en reconnaître encore
l’auteur, ni ceux qui s’opposent à
l’Eglise et la persécutent de différentes façons ».(26).
Le propre d’une maman est de
vouloir rassembler ses enfants, de
les accueillir. Que fait-elle pour accueillir ses enfants ? Elle met bien en
évidence les souvenirs et les photos
pour leur montrer sa préoccupation
continuelle. A San Damiano, ces
« souvenirs » sont tous les symboles,
les icônes qui sont chers à ses fils. Il
y en a tant là-bas qui sont susceptibles de parler au cœur de nos frères
orientaux !
San Damiano et l’orthodoxie
Si nos frères protestants, en
général, n’admettent pas que Marie
soit « toujours vierge (27)», les orthodoxes le professent jusque dans
leurs icônes. Ainsi, les trois étoiles
figurant sur la tête et les deux épaules de la Vierge, signifient la triple
virginité de Marie : avant l’Annonciation, pendant et après l’Incarnation.
A plusieurs reprises, nous nous
sommes entretenus à San Damiano
avec des pèlerins orientaux : ce Lieu
présente pour eux un réel attrait.
Leur dévotion pour Marie n’est plus
à décrire ! Marie est un trésor spirituel commun entre les Eglises d’orient et d’occident. La dévotion à Marie serait même plutôt à redécouvrir
de notre côté ! ... En effet, si Marie a
multiplié ses interventions à l’ouest,
ces derniers temps, ne serait-ce pas
pour réveiller cet occident endormi ?:
« Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin de médecin, »
disait Jésus « mais les malades, je
ne suis pas venu appeler les justes
mais les pécheurs (28). »
Marie, à San Damiano appelle surtout à la conversion : la nôtre ;
« Priez pour l’Eglise, pour mes apô26. Gaudium et Spes 92, 5
27. Luther insiste sur la naissance virginale du Christ et sur Marie mère du Seigneur. Il s'efforce cependant d'épurer le
culte des « abus » qui proviennent d'un
transfert de l'œuvre du Christ sur la vierge.
Pour éviter toute confusion et définir la vraie
place de Marie dans le plan de Dieu, il insiste sur la relation entre Marie et l'Église: «
Ce que nous disons de Marie doit être dit de
l'Église» (Vorlesung über den Psalm 45
[1538], WA, 40, II, 557). Elle nous enseigne
tres, pour qu’ils reviennent, car
je suis la Mère de l’Eglise et
mes fils, je les appelle, je les
appelle à la prière, à la pénitence » (SD 19 déc. 1969) (29).
En écho à ce message,
l’Eglise atteste que l’unité ne
se fera pas sans « la conversion du cœur, “en vue de vivre plus purement selon l’Evangile”, car c’est l’infidélité
des membres au don du Christ
qui cause les divisions » (30).
On pourrait également citer le
Père Alexandre Men, prêtre
orthodoxe assassiné à coup
de hache en septembre 1990
près de Moscou : « Je suis
arrivé à la conviction que
l’Eglise est Une et que les
chrétiens ont été divisés
surtout par leur étroitesse et
par leur péché » (31).
Les multiples icônes qui
Icône de la Très Sainte Mère de Dieu
sont vénérées en Orient depuis
"Znamenie" (du Signe)
des siècles témoignent de leur
fidélité à Marie. Quel est le
sens de l’icône ? Ce n’est pas l’image din de Paradis et il y discerneront une
que l’on honore, mais la réalité signi- véritable icône de la Mère de Dieu et
fiée par cette image transfigurée par de la litanie de ses titres.
la foi. C’est ainsi que Marie y est vé- Ainsi, le puits recouvert d’un dôme
nérée non seulement comme Mère évoque le Cantique des Cantique : (la
de Dieu, mais aussi elle-même source scellée , source des jardins,
puits d’eaux vive, ruissellement du
Liban (34) ; comme aussi le jardin
Le Jardin de Paradis, entouré d’une grille (l’enclos du
Roi, Elle est un jardin bien clos ma
une véritable icône
sœur, ma fiancée, j’entre dans mon
jardin…, Mon bien aimé est descende la Mère de Dieu
du à son Jardin (35 ) ; le poirier fleuri
( Au jardin des noyers je suis descencomme parfaite icône de l’Eglise (32).
du pour voir (…) si les grenadiers
« Le besoin d’avoir une icône avec fleurissent (36) ; les parfums de rosoi et devant soi provient du carac- ses (mon nard donne son parfum,
tère concret d’un sentiment religieux mon bien aimé est un sachet de
qui ne se satisfait pas d’une contem- Myrrhe (37).
plation purement spirituelle, mais qui Cette liste n’est que fragmentaire et
cherche une proximité immédiate, chacun de ces symboles mériterait
tangible (33)», écrivait serge Boulga- un commentaire ! Nos frères d’orient
kov, prêtre et théologien orthodoxe comprennent ce langage et ils se
souviendront que le mont Athos (en
russe convertit du marxisme.
Les chrétiens orientaux, qui sont Grèce) s’appelle aussi traditionnelleépris de symboles, ne manqueront ment « Jardin de la Vierge » ou enpas de noter leur abondance au Jar- core, « Jardin de Paradis » (38) !
la foi et est en ce sens, au même titre que
l'Eglise, « la mère des croyants » (Predigten
des Jahres 1529, WA, 29, 655). Marie n'est
ni sauveur ni rédemptrice ; elle est en revanche le modèle du disciple et de la mère,
la femme sur laquelle Dieu a jeté son regard
et qu'il a comblée de grâce. Extrait
de « l'encyclopédie du protestantisme ».
28. Mc 2, 17
29.Voir aussi le message commenté du 5
sept. 1969, p 7-8.
30.CEC 821 citant Unitatis Redintegratio 7.
31.Alexandre Men par Yves Hamant, Edit.
Nouvelle cité.
32.Cf note 14
33. L’Orthodoxie, Serge Boulgakov, l’Age
d’Homme p 157.
34.Ct 4. 12, 15
35.Ct 1, 12 ; 4, 12 ; 5, 1 ;6, 2
36.Ct 6,11 et 7, 13
37.Ct 2,12-13
38.San Damiano à l’aube du IIIe millénaire.
Roland Maisonneuve p 182 ; Tequi.
5
La “Mère de Dieu” n’est pas citée
moins de neuf fois dans la belle liturgie de Saint Jean Chrysostome, avec
quel respect et quel amour ! Nous
applaudissons les paroles de Serge
Boulgakov lorsqu’il dit « Celui qui ne
vénère pas Marie, ne connaît pas
Marie », ou encore « L’Eglise ne
sépare jamais le Fils de la Mère,
l’Incarné de l’Incarnatrice, et, vénérant l’humanité du Christ, elle la voit
dans la figure de sa Mère, de qui il l’a
reçue et qui représente en sa personne tout le genre humain. La
Vierge Marie est la Vierge édénique
qui a fleuri sur l’arbre de l’humanité
(39) ».
La métaphore, sous la plume d’un
orthodoxe, expliquerait un des aspects symboliques du poirier au jardin de Paradis de San Damiano !
Par contre, nous avons de la peine
lorsqu’il écrit que « l’Eglise orthodoxe
ne partage pas le dogme catholique
de l’Immaculée Conception ; Elle aurait été ainsi détachée du genre humain et n’aurait alors pu servir à l’assomption de l’humanité véritable par
le Seigneur…(40) ».
Nous touchons là un aspect de ce
qui fait notre difficulté à tous, d’être
pleinement proche de la Vérité.
Pourquoi mettre ainsi des barrières à
la Miséricorde de Dieu. Nous avons
si vite fait d’interdire au Seigneur de
dépasser certaines frontières qui
nous paraîtraient inacceptables, dégradantes. Accepter l’Immaculée
Conception, c’est aussi permettre à
Dieu qu’il aille jusque là ! Accepter
l’infaillibilité du successeur de saint
Pierre c’est aussi accepter que la
Miséricorde aille jusque là ! Accepter
que Jésus se donne au travers d’un
vile matière boulangère, il faut aux
chrétiens la même humilité pour adhérer à ces trois mystères de Miséricorde !
... « Jésus est avec vous. » nous dit
Marie « Votre maman est à vos côtés
et nous ne vous
abandonnons
pas mais vous
assistons
jour
après jour. Nous
sommes
tout
amour et voulons donner l’amour. Nous sommes
tout miséricorde pour donner toute
miséricorde ! Donnez-vous entièrement à nous et nous enflammerons
votre cœur, l’étreindrons contre le
nôtre pour que vous ne vous sépariez
plus jamais de nous ! » (SD 15 mai
Jésus et à Marie, demandons cette
grâce au Père Eternel... » (SD 16 octo-
1969).
bre 1969).
En définitive, Marie, à San Damiano, vient pour rassembler ses enfants. Elle veut leur montrer qu’Elle
les veut tous, peu lui importe la couleur de leur âme ou de leur religion !
Cependant il n’est pas question de
gommer la vérité pour faire plaisir à
chacun.
L’essentiel est la conversion, à laquelle Marie nous appelle tous,
même nous les catholiques : « Parlez, mes fils. » nous dit-Elle à San
Damiano « Envoyez votre ange gardien à tous les confins de la terre ; à
tous les chrétiens et non chrétiens. Tous doivent se convertir,
les hérétiques, les schismatiques,
tous doivent se convertir à ma venue. Vous qui avez la foi, vous qui
êtes catholiques, pourquoi n’écoutez-vous pas ma parole ? Pourquoi
ne méditez-vous pas sur ce que vous
dit votre Maman qui vous aime tant ?
Pensez, pensez, réfléchissez ; une
maman fait tout et donne tout pour
sauver ses enfants ! » (SD 14 avril 1967).
Cette conversion doit se faire vers
l’Eglise de Pierre et pour progresser
dans cette voie « Il faut l’amour, la
pauvreté, l’humilité et la charité. Aimer l’Eglise, faire triompher l’Eglise
de Jésus. Il n’y a qu’une seule
Eglise, l’Eglise de Pierre qui doit
régner, l‘Eglise de Pierre qui doit
triompher. Il y aura des luttes il y
aura des persécutions, il y aura de
tout mais l’Eglise triomphera et moi,
Mère de tous je triompherai aussi » (SD 9 janvier 1970).
Certains commentateurs ont observé qu’à aucun moment la madone
n’utilise l’expression « l’Eglise Romaine ». C’est important dans le
contexte d’un dialogue œcuménique.
Cependant elle utilise les expressions
Eglise de Pierre, Eglise de Jésus, et
pour qu’il n’y ait aucune équivoque le
nom du Pape de
l ‘époque est souvent
nommé : « La Maman
Céleste annonce de
nous réunir tous en
prière pour demander
au Père Eternel le
triomphe de l’Eglise.
Qu’il n’y ait qu’une seule Eglise,
l’Eglise de Pierre. Que le Saint
Père Paul VI puisse triompher avec
tous ses fils de l’Eglise, tous unis à
Ce message est-il réactionnaire ?
Non, car ce que dit le Concile est de
la même veine : C’est par la seule
Eglise catholique du Christ, laquelle est “moyen général de salut”,
que peut s’obtenir toute la plénitude
des moyens de salut. Car c’est au
seul collège apostolique, dont Pierre
est le chef, que furent confiées, selon notre foi, toutes les richesses de
la Nouvelle Alliance, afin de constituer sur terre un seul corps du
Christ auquel il faut que soient pleinement incorporés tous ceux qui
d’une certaine façon, appartiennent
déjà au peuple de Dieu . Et ailleurs :
Jésus-Christ veut que son peuple
s’accroisse (….) au moyen de la prédication des évêques avec leur chef
qui est le successeur de Pierre, par
l’administration des sacrements et
par le gouvernement de l’amour (41).
En conclusion, gardons en mémoire
les paroles de Marie :
1. Pour faire l’unité, « Il faut l’amour, la pauvreté, l’humilité et la
charité » (SD 9 janvier 1970). Avec ces
vertus, tous, même les plus opposés,
peuvent habiter la même demeure.
2. « Tous doivent se convertir à
ma venue » (SD 14 avril 1967). Ayons
l’humilité de nous inclure nousmêmes dans ce : « Tous ». ■
Jean-Romain Fabrikant
Ne pas mettre de
barrière à la
Miséricorde
39. L’Orthodoxie, Serge Boulgakov, l’Age 40. Id
d’Homme. p 132.
41. Unitatis Redintegratio n°2 et 3
6
Message du vendredi 5 septembre
1969 donné à Rosa di Gesù-Maria
Un seul troupeau,
Un seul Pasteur
1
Mamma Rosa :
La Maman Céleste est arrivée près du poirier avec son fils Jésus.
Soyons unis à lui pendant la prière, avec le sacrifice… Demandons à Jésus Miséricorde et pardon… puisque Jésus nous donne tout Son Amour
pour pouvoir le rejoindre un jour là-haut. Demandez les grâces, demandez miséricorde et demandez pardon, car Jésus vous donnera tout ainsi
que notre Maman du Ciel… Agrippez-vous à Elle et à Jésus : ils ne nous
abandonneront pas ; ils nous viendront en aide jusqu’à la dernière heure
de notre passage de cette terre pour le ciel. Prions avec foi, avec
amour… tout par Jésus et en Jésus… !
Mamma Rosa : - La Mamma Celeste é
arrivata al pero con il Suo figlio Gesù. Stiamo
uniti a Lei nella preghiera, con il sacrificio….Chiediamo a Gesù misericordia e perdono,… che Gesù ci dia tutto il Suo amore per
poterlo raggiungere un giorno lassù. Chiedete
grazie, chiedete misericordia e chiedete perdono, che Gesù tutto ci darà e la nostra Mamma
del Cielo……aggrappatevi a Lei, e a Gesù che
non ci abbandoneranno ma ci assisteranno fino
all’ultima ora del nostro trapasso da questa
terra per il cielo. Preghiamo con fede, con
amore…tutto per Gesù e in Gesù… !
2
La Maman Céleste :
Mes enfants, je suis ici avec mon fils Jésus, nous vous donnons tant de
grâces, nous avons tant pitié de vous… ! Aujourd’hui est un grand jour
pour Jésus car il veut enflammer tous les cœurs de Son Amour, de ses
bienfaits.
La Mamma Celeste : - Figli miei, io son qui
con il mio figlio Gesù che vi doniamo tante
grazie, abbiamo tanta misericordia di voi… !
Oggi é un giorno grande per Gesù che vuole
infiammare tutti i cuori del Suo amore, delle
Sue grazie.
3
Mamma Rosa : Notre Maman Céleste répand tant de grâces… elle a
étendu tout son manteau sur le monde avec tous les anges gardiens…car
la Madone nous demande la prière, le sacrifice et le silence. Dans le silence Elle donnera tant de grâces… ! Parce que c’est le temps de Satan…Il fait tout pour ravir les âmes, pour mettre la confusion, parce qu’ils
(les démons) ne peuvent ni l’écouter ni l’aimer.
Mamma Rosa : - La nostra Mamma Celeste
sparge tante grazie… ha allargato tutto il suo
manto sopra il mondo con tutti gli Angeli Custodi… che a noi chiede la Madonna preghiere,
sacrificio e (di) tacere. Nel silenzio tante grazie
donerà… perché é il momento di Satana… Fa
di tutto per rapire le anime, per far confusione,
perché non possano ascoltarla e amarla.
4
La Maman Céleste :
Mais vous, agrippez-vous à moi, mes petits enfants, agrippez-vous
à moi : Je vous donnerai un jour une si grande lumière, et vous me
verrez tous !… Cette si grande Lumière… !
La Mamma Celeste : - Ma voi aggrappatevi
a Me figliuoli,, aggrappatevi a Me, che Io vi
darò un giorno tanta luce che tutti mi vedrete….
Questa grande luce… !
5
Je vous donnerai tant de réconfort dans les heures tristes. Je vous
consolerai en toutes choses et pour tout. C’est demain le premier samedi
du mois (1) ; réunissez-vous encore avec Jésus et avec Moi. Je vous donnerai beaucoup de grâces ; Je vous assisterai heure par heure, Je vous
déchargerai de vos peines. Je vous donnerai la lumière, Je vous donnerai
la foi, Je vous donnerai l’espérance et la charité… et un vrai repentir de
vos péchés, pour qu’un jour vous soyez tous réunis avec Moi, dans la
Patrie Céleste !
Vi darò tanto conforto nelle ore tristi, vi
consolero in tutto e per tutto. Domani é il primo
sabato del mese, riunitevi ancora con Gesù e
con Me. Io darò a voi tante grazie ; Io vi assisterò ora per ora, vi solleverò dalle pene, vi darò
luce, vi darò fede, vi darò speranza e carità…e
un vero pentimento dei vostri peccati per un
giorno riunirci tutti con Me nella Patria Celeste.
6
Restez unis à moi, mes enfants, restez unis à Moi, Je suis la Reine du
Ciel, la Mère de l’Univers… et Je vous aime tant…! Prions ensemble,
unissons-nous dans la prière, avec le sacrifice… parce que Jésus souffre
tant… et moi aussi je souffre tellement pour l’humanité qui s'embourbe
dans la fange ! Tant d’âmes d’Eglise se perdent !
State uniti a Me, figliuoli, state uniti a Me,
che Io sono la Regina del Cielo, la Madre dell’
universo… che tanto vi amo… ! Preghiamo
insieme, uniamoci nella preghiera, con il sacrificio… perché Gesù soffre tanto… e anch’Io
soffro tanto per l’umanità che tanto va nel fango… ! Tante anime si perdono della Chiesa !
7
Priez beaucoup pour le Saint Père qui souffre tellement ! Prions
beaucoup pour lui : que l’Esprit-Saint lui donne force et amour pour surmonter toutes ces luttes… toutes ces ruses… ces persécutions contre
lui… afin qu’il puisse être toujours serein et accepter la croix comme Jésus la lui envoie… A côté de Lui, il vivra d’amour, à côté de Lui, il goûtera
la joie, mon amour, et celui de mon Fils.
Pregate tanto per il Santo Padre che soffre
tanto… tanto… tanto… ! Preghiamo tanto per
Lui che Lo Spirito Santo gli dia forza, amore da
superare tutte queste lotte… da tutti questi
inganni …. Da questa persecuzione che ha
contro di lui… che possa essere sempre sereno
(per) accetare la Croce come Gesù ci manda…
accanto a Lui vivrà d’amore, accanto a Lui
sentirà la gioia, l’amore mio e quello di mio
Figlio.
1. L’importance du 1er samedi du mois a été développé dans
notre Bulletin N° 7.
7
8
Prions pour lui : que l’Eglise de Pierre puisse triompher et que
tous s’aiment d’un amour réciproque parce que Jésus est UN…
Jésus vivra dans tous les siècles… Jésus veut que l’Eglise de
Pierre triomphe en UN seul troupeau, avec UN seul pasteur.
Preghiamo per Lui che la Chiesa di Pietro
possa trionfare… e amarsi tutti a vicenda
perché Gesù é uno solo,… Gesù vivrà per tutti
i secoli… ! Gesù vuole che la Chiesa di Pietro
trionfi in un solo ovile e in un solo pastore.
9
Priez, priez, car Jésus répand sur vous des grâces. Moi je vous comblerai de grâces et de bénédictions, avec mon manteau je vous protégerai et vous assisterai toujours, parce que Je suis la Mère de Miséricorde, la Mère du pardon et de l’amour !
Pregete, pregete che Gesù vi spargerà
grazie. Io vi colmerò di grazie, di benedizioni,
con il mio Manto vi coprirò e vi assisterò sempre perché Io sono la Madre di Misericordia, di
perdono e di amore… !
Je veux prodiguer tout mon amour… tout, tout pour mes enfants, tant
d’amour pour que tous puissent me comprendre (2) et m’aimer…
parce que mes enfants d’ici-bas, je les veux tous sauvés, je les veux
tous au ciel avec Moi pour que tous puissent me connaître !
Voglio donarvi tutto il mio amore… tutto,
tutto ai miei figli, tanto amore che tutti possano comprendermi ed amarmi… perché i miei
figli quaggiù li voglio tutti salvi, li voglio tutti in
Cielo con Me, che tutti mi possano comprendere… !
10
Mais quand viendra ce jour bienheureux où le Père Eternel m’enverra sur cette terre (3) Je donnerai une grande lumière à tous !
Beaucoup pleureront… tant de mes enfants pleureront parce qu’ils
n’auront pas compris que je les appelais auprès de moi !
Ma quando verrà quel giorno beato che
l’Eterno Padre manderà Me su questa terra,
darò luce grande a tutti… Tanti piangeranno….
tanti dei miei figli piangeranno perché non
avranno capito che Io li chiamavo accanto a
Me… !
11
Bientôt, je viendrai ! Je veux m’unir à vous tous les jours… vous
tenir serrés (4)… ! N’écoutez pas les paroles du Démon (…). N’écoutez pas ce que disent les journaux, les livres. C’est le démon qui fait
cette confusion. Vous ne devez n’écouter que moi, et vous serez heureux sur cette terre et au ciel !
Presto verrò ! Voglio unirmi tutti i giorni a
voi… tenervi stretti… ! Non ascoltate le parole
del demonio… che fa… Non ascoltate le parole
dei giornali, dei libri… ! E il demonio che fa
questa confusione. Dovete solo ascoltarmi… a
Me che sarete felici su questa terra e lassù… !
12
Souffrons ensemble, nous porterons ensemble la croix que Jésus
nous envoie ; Moi à vos côtés, je vous donnerai la force de la porter,
j’irai à votre secours et vous donnerai beaucoup de consolation, et
vous pourrez l’accepter avec patience, avec amour pour avoir la joie
éternelle du Ciel.
Soffriamo insieme, porteremo insieme la
croce che Gesù ci manda… ! Io accanto a voi vi
darò forza a portare la Croce, vi darò aiuto e vi
darò tanta consolazione che voi potrete sopportare con pazienza, con amore, per avere il gaudio eterno in Cielo.
13
Courage, mes petits enfants, courage…! Les heures sont tristes,
mais la lumière viendra. La lumière resplendira sur le monde entier,
spécialement dans l’Eglise de Pierre… ! Elle se relèvera et tous mes
fils de prédilection reviendront repentants, parce que je les veux tous
entre mes bras… repentis ! Je leur donne le baiser de l’amour et du
pardon, parce que je les veux tous avec moi là-haut, tous… Tous
mes enfants d’ici-bas… toujours unis à mes côtés, parce que le démon fait tant de carnage (5) !
Coraggio, figliuoli miei, coraggio… ! Le ore
sono tristi, ma la luce verrà, la luce splenderà su
tutto il mondo, specialmente nella Chiesa di
Pietro… ! Risorgerà che tutti i miei figli prediletti
ritorneranno pentiti, perché li voglio tutti fra le
mie braccia… pentiti ! Io do loro il bacio dell’amore e del perdono perché li voglio tutti con Me
lassù… ! Tutti e tutti i miei figli di quaggiù…
sempre uniti accanto a Me, perché il demonio fa
tanta strage… !
2. On peut interpréter ce passage à la
lumière de ce que la Madone demande
pour nous : « l’intelligence pour aimer et
l’amour pour comprendre », cf. à ce sujet
notre Bulletin N° 3.
3.
Au lieu de dire “Mi mandera” (m’enverra), Notre Dame utilise l’expression “mandera Me” ; cette insistance
sur le “Me” suggère une forme de présence différente, un envoi d’une autre
nature, lorsque le Père Eternel le décidera.
4. Un langage si affectueux, si intimiste
évoque les transports d’amour du Cantique des Cantiques : (« qu’elles sont belles tes étreintes , fiancée, ma sœur.
Qu’elles sont bonnes tes étreintes, meilleures que le vin… » Ct 4. 10.
5. Marie est force d’unité, alors que le
démon est principe de division : « le
“diable” (diabolos) est celui qui “se jette
en travers ” du dessin de Dieu et de son
œuvre de salut accomplie dans le
Christ ». CEC 2851.
6. Dans ce texte le thème de l’unité est
évoqué à 15 reprises, il est centré sur
l’unité autour du Jésus qui est un, dans
l’Eglise de Pierre (8) ; l’union entre les
fidèles n’est envisagé qu’au travers de la
prière et de la souffrance commune pour
porter la croix (6, 12) ; le message évoque
surtout l’union des fidèles à Marie et à
Jésus (5, 6, 11, 13, 15). Dans une réflexion
sur les moyens d’obtenir l’unité, cela suggère que cette unité ne peut se faire que
par Marie et Jésus.
7. Le thème des grâces que l’on demande (1, 16, 17), que l’on reçoit de Marie
(3, 3, 5, 9) ou de Jésus (1, 2, 2, 9, 18) est
évoqué à 12 reprises. Rare insistance de
notre Mère du Ciel qui répète ainsi avec
force que la grâce est centrale dans notre
vie. Marie est dispensatrice de grâces
mais ce rôle n’assombrit pas l’unique
médiation du Christ : « Jésus veut enflammer tous les cœurs de Son Amour,
de ses bienfaits » (2) ; « Demain, allez Le
recevoir dans votre cœur » (17) ; « nous
porterons ensemble la croix que Jésus
nous envoie « (12) ; « Jésus nous donne
tout Son Amour » (1) ;. L’idée qui se dégage est l’union des trois personnes divines avec Marie (18).
8
14
Dans ces temps-ci, il y aura des luttes terribles, mais (avec) ma puissance et
mon secours, vous vaincrez et Satan Je l’écraserai… et mon triomphe viendra
en ce lieu où, avec tant d’insistance je vous appelle, vous attends, et vous
aime!
In questo periodo di tempo vi
sarà delle lotte terribili, ma la mia
potenza e il mio aiuto vincerete e
satana lo schiaccerò … e il mio
trionfo verrà in questo luogo… che
tanto vi chiamo… che tanto vi attendo… che tanto vi amo… !
15
Toutes ces souffrances toutes ces prières, que vous faites pour le monde
entier, vous en serez récompensés au Ciel… Là est inscrit tout ce que vous
avez fait et vous y trouverez tant de joie…là, votre maman vous comblera de
baisers et d’amour… ! Restez unis (6) à Moi toujours, sur cette terre jusqu’à ce
que je vous prenne.. !
Tutte queste sofferenze, tutte
queste preghiere che voi fate per
tutto il mondo… sarete ricompensati in Cielo… é scritto tutto quello che
voi avete fatto e tanta gioia troverete in Cielo… che la vostra Mamma vi consolerà e vi colmerà di baci
e di amore… ! State uniti a Me
sempre su questa terra fin che vi
avrò… !
16
Au nom du Père Eternel, au nom de mon Fils qui est ici, présent, qui vous
bénit continuellement et qui vous comble de miséricorde, de pardon, et de grâces, demandez les grâces… demandez les grâces et la miséricorde.
A nome dell’Eterno Padre, a
nome del mio Figlio qua presente
che vi benedice minuto per minuto
e che vi colma di misericordia, di
perdono e di grazie, chiedete grazie… chiedete grazie e misericordia.
17
Demain, allez Le recevoir dans votre cœur et demandez beaucoup de grâces. Car moi, je vous ai promis que, si vous les demandez avec foi, vous les
obtiendrez si c’est bon pour votre âme !
Domani andate a riceverlo nel
vostro cuore e chiedete tante grazie, che Io vi ho promesso… che
voi se le chiederete con fede le
otterrete, se é bene per l’anima
vostra.
Au nom de mon Fils Jésus et du Père Eternel, je vous donne une forte bénédiction. Je vous bénis, moi et mon fils Jésus, et le Père Eternel, tous ensemble,
car nous sommes tous présents, ici, avec vous, pour vous combler de bénédictions et de grâces (7).
A nome del mio figlio Gesù e
dell’ Eterno Padre vi do una forte
benedizione. Vi benedico Mo… il
mio Figlio e l’Eterno Padre tutti
insieme… che siamo tutti qua presenti con voi per colmarvi di benedizioni e di grazie… !
18
19
Au revoir, mes enfants ! Toujours heureux
dans la prière et la pénitence !
Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
Amen.
Le thème des grâces que l’on de6. Dans ce texte le thème de l’unité est 7.
évoqué à 15 reprises, il est centré sur l’unité
mande (1, 16, 17), que l’on reçoit de Maautour du Jésus qui est un, dans l’Eglise de
rie (3, 3, 5, 9) ou de Jésus (1, 2, 2, 9, 18)
Pierre (8) ; l’union entre les fidèles n’est
est évoqué à 12 reprises. Rare insistance
envisagé qu’au travers de la prière et de la
de notre Mère du Ciel qui répète ainsi
souffrance commune pour porter la croix (6, avec force que la grâce est centrale dans
notre vie. Marie est dispensatrice de grâ12) ; le message évoque surtout l’union des
fidèles à Marie et à Jésus (5, 6, 11, 13, 15).
ces mais ce rôle n’assombrit pas l’unique
Dans une réflexion sur les moyens d’obtenir
médiation du Christ : « Jésus veut enl’unité, cela suggère que cette unité ne peut
flammer tous les cœurs de Son Amour, de
se faire que par Marie et Jésus.
ses bienfaits » (2) ; « Demain, allez Le
Arrivederci figliuoli, sempre
felici nella preghiera, nella penitenza... Nel nome del Padre, del Figlio
e dello Spirito Santo, amen.
recevoir dans votre cœur » (17) ; « nous
porterons ensemble la croix que Jésus
nous envoie « (12) ; « Jésus nous donne
tout Son Amour » (1) ;. L’idée qui se dégage est l’union des trois personnes divines avec Marie (18).
9
LE COMBAT DANS LA VIE DE PADRE PIO
25 mai 1887 - 23 sept 1968
Béatifié le 2 mai 1999
Canonisé le 16 juin 2002
Lumineuse figure de sainteté pour le XXe
siècle ; phare pour le troisième millénaire au
sein de l’Eglise ; autre Christ crucifié au cœur
d’un monde cruel et sans foi ; pour tous les pèlerins de Notre-Dame des Roses, sa canonisation est une très grande joie, car ils savent à
Ses parents
Né de Orazio Forgione (1860–
1946), agriculteur et de Maria Giuseppa Di Nunzio Forgione (1859–
1929), Francesco Forgione est baptisé le lendemain à l'église Santa Maria degli Angeli (Sainte-Marie-desAnges) de Pietrelcina près de Bénévent. Sa mère, fervente catholique,
lui donne le nom de Francesco en
hommage à François d’ Assise.
Deuxième d’une famille de cinq enfants, Francesco Forgione naît le 25
mai 1887 à Pietrelcina, dans un village pauvre du sud de l’Italie près de
Bénévent et fut baptisé le lendemain.
Dès l’âge de cinq ans, il est
gratifié de charismes étonnants, de
songes, il joue avec son ange gardien, et supporte déjà des manifestations diaboliques qui inaugurent une
vie de souffrance et d’intercession.
Arrivé à Morcone (Bénévent) le 6
quel point le seul prêtre stigmatisé de l’histoire
de l’Eglise, a été associé aux événements de
San Damiano ! Nous retraçons ici brièvement sa
vie et nous rassemblerons dans notre prochain
numéro, les témoignages concernant ses liens
avec San Damiano.
janvier 1903 pour son noviciat chez
les capucins, il devient Frate Pio da
Pietrelcina le 22 janvier lors de sa
Prise d’«habit de probation». A San
Giovanni Rotondo, le 27 janvier
1907, Il fait Profession de vœux perpétuels et reçoit les Ordres Mineurs
le 19 décembre 1908 (1).
Les épreuves endurées l’ont déjà
miné : ses mortifications, ses jeûnes
et ses longues prières ont raison de
sa santé et il doit interrompre ses
études. Son état est tel qu’il supplie
ses supérieurs de lui permettre de
mourir prêtre ... Il n’a que 23 ans !
(l’Eglise n’ordonnait personne avant
24 ans). Grelottant de fièvre, le 10
août 1910, après un rapide examen
théologique, Frate Pio est ordonné
prêtre dans la chapelle des chanoines de la cathédrale de Bénévent et
célèbre sa première messe solennelle à Pietrelcina, le 14 août suivant.
C’est au cours de cette année qu’il
présente les premiers signes de stigmates (2).
Son programme de vie était
écrit : « Jésus, mon souffle et ma
vie, aujourd’hui que, tremblant, je
t’élève dans un mystère d’amour,
qu’avec toi je sois pour le monde :
Voie, Vérité, Vie et pour toi, Prêtre
Saint, Victime parfaite ! » (p. 52) (3).
Padre Pio manifeste un ardent et
1. Biographie, site officiel pour la postulation de la cause de
canonisation du Bienheureux Padre Pio.
2. Idem
3.Citations tirées de l’excellente biographie Padre Pio, transpa-
tendre amour pour la Sainte
Vierge (sa Mammina): « Elle m’a,
Elle-même, accompagné à l’autel
ce matin... je voudrais avoir une
voix tellement puissante pour inviter les pécheurs du monde entier à
aimer la Madone ! Mais puisque
cela m’est impossible, j’ai prié et je
prierai encore mon petit ange de
remplir pour moi ce devoir... » (p.
70). Il y associait toujours Jésus :
«Quand vous passez devant une
image de la Vierge Marie, dites: Je
vous salue, Marie. Saluez Jésus de
ma part... » (4).
Durant ses premières années de
consacré, Padre Pio se soumet à la
direction spirituelle unique du Père
Agostino. Par la suite, dès 1912, il
bénéficie d’une double direction spirituelle avec celle du Père Benedetto.
Le démon le frappe physiquement
presque à mort et tente son esprit
par des pensées d’impureté, de désespoir : « Je pense que le ciel
s’est fermé pour moi ! » (p.
537). « Barbe-Bleue » ou « les cosaques » comme il les appelle, ne le
laissent jamais en paix !
A partir du 16 mai 1918, Padre
Pio ne quittera plus jamais le couvent
de Notre-Dame des Grâces à San
Giovanni Rotondo.
rent de Dieu du père Jean Derobert (1987) Tous les numéros de
page renvoient à ce document. Avec l’aimable autorisation des
éditions Hovine.
4. Padre Pio, Sa vie. site Sursum Corda.
10
Premier prêtre stigmatisé,
Padre Pio de Pietrelcina,
A son confesseur, le 21 août
1918, Le Padre Pio évoque la
« transverbération » :
« La force de l'obéissance
m'amène à vous faire part de ce
qui est arrivé en moi du 5 au soir
et toute la journée du 6 du mois
courant. Je ne puis que vous dire
ce qui s'opère en moi, en cette période d'effroyable martyre. J'étais
en train de confesser nos garçons
dans la soirée du 5 quand, tout à
coup, je fus rempli d'une extrême
terreur à la vue d'un personnage
céleste qui se présenta devant
l’œil de mon intelligence. Il tenait à
la main une espèce d'instrument
semblable à une très longue lance
de fer avec une pointe bien effilée,
et de cette pointe paraissait sortir
du feu. Voir tout ceci et regarder le
personnage qui lançait avec une
violence inouïe cet instrument
dans mon âme, ne fut qu'une
chose. A peine ai-je pu émettre un
gémissement, je me sentais mourir ! Je dis au garçon que je
confessais de se retirer, parce que
je me sentais mal et que je n'avais
pas la force de continuer. Ce martyre dura, sans interruption, jusqu'au matin du 7. Ce que j'ai souffert en cette période si douloureuse, je ne puis le dire.
Je voyais même cet instrument
m'arrachant les viscères, les entraînant avec lui quand il se retirait, et tout était mis à fer et à feu!
Depuis ce jour, je suis blessé à
mort, et je sens au plus intime de
mon âme une blessure toujours
ouverte, qui me fait souffrir en permanence..." (5)...
Le 22 octobre 1918, il écrit: « ...
Etant au chœur, après la célébration de la sainte messe, je fus surpris par un repos semblable à un
doux sommeil. Je vis devant moi
un mystérieux personnage, semblable à celui que j'avais vu le soir
du 5 août. Il se différenciait seulement en ceci, que ses mains, ses
pieds et son côté saignaient abondamment. Sa vue m'épouvanta: ce
que je ressentis à cet instant, je ne
saurai vous le dire. Je me sentais
mourir, et je serais mort si le Seigneur n'était intervenu pour soutenir mon cœur, que je sentais bondir dans ma poitrine. Le personnage disparut de ma vue, et je m’aperçus que mes mains, mes pieds
et mon côté étaient percés et saignaient abondamment ». (6).
Plusieurs fois, les médecins ont examiné ses blessures restées ouvertes
pendant plus d’un demi-siècle ! Elles
ne s’aggravaient ni ne cicatrisaient
malgré tous les soins classiques. Sa
température montait parfois jusqu’à 52 !
Par obéissance, il accepte toutes ces
expertises bornées, triste de voir l’incrédulité des scientifiques :
« Ce n’est pas la science qui peut
révéler Celui qui est, et ce qu’il
fait. La science, pour grande
qu’elle soit, est toujours une pau-
vre chose comparée au formidable
mystère de la Divinité. » (p. 549)
Dix jours après avoir reçu les stigmates, une de ses filles spirituelles N.C.
monte au couvent et signale le fait au
gardien, le Père Paolino, qui, bien
que vivant avec lui, n’avait cependant rien remarqué !
En « confidence », N.C. le révèle à
d’autres filles spirituelles, et ce fut le
début de nombreux pèlerinages et de
nouvelles croix !…
Le 22 janvier 1919 il écrit :
... « Mon petit cœur se sent dans
l’impossibilité de contenir l’immense Amour....les parois de ce
cœur se sentent sur le point d’éclater, et je m’étonne que cela ne
soit pas encore arrivé ! » (p. 562)
Le 22 octobre 1919, dans une
célèbre lettre au Père Benedetto,
Padre Pio lui dit qu’il a supplié Jésus
de lui enlever, non pas la douleur,
mais les signes extérieurs, qui le
plongeaient dans la plus profonde
confusion. Jésus lui répondit : « Tu
les porteras cinquante ans, et
après, tu viendras avec Moi ! » (7).
Le 9 mai 1919, la presse s’empare du « phénomène Padre Pio ».
Si le petit peuple est attiré au couvent pour voir le “saint“, les intellectuels et le clergé manifestent une
stricte circonspection !
Le Padre Pio est très affecté par
toute cette agitation.
En juin, une autre presse à sensation
s’empare elle aussi des faits, mais
pour les tourner en ridicule... Les
foules continuent d’affluer. Le Padre
confesse de 5 heures à midi sans
interruption, puis célèbre sa messe.
5. Padre Pio, Sa vie. site Sursum Corda.
6. Idem
7. Il fut rappelé au Ciel 50 ans plus tard
en 1968.
11
De sa personne émane des
parfums pénétrants. C’est un véritable langage des parfums ! S’il s’agissait de rose, cela signifiait grâces
et souffrances, car il n’y a pas de
roses sans épines ! S’il c’était une
odeur de violette, cela indiquait la
mortification et l’humilité. L’odeur de
pain frais ou d’amande invitait à prier
plus souvent et à s’approcher plus
fréquemment et plus sérieusement
de l’Eucharistie. L’encens était le signe que la grâce implorée avait été
obtenue du Cœur de Jésus.
Un jour de 1922, les capucins
du couvent discutaient entre eux des
bilocations de St Antoine de Padoue
et se demandaient si ces privilégiés
s’apercevaient de celles-ci ? Padre
Pio intervint : « Bien sûr qu’ils s’en
aperçoivent, ils peuvent ne pas
savoir si c’est leur corps ou leur
âme qui se meut, mais ils sont
bien conscients de ce qui se produit et ils savent où ils vont. » (p.
616)
La lecture dans les consciences et le discernement des esprits : Il peut voir à l’intérieur de l’âme
de celui qui s’adresse à lui, dans
cette zone secrète et cachée, connue
de Dieu seul et de notre propre conscience. Il entre comme un scalpel
dans la conscience pour aider le pénitent à extraire son péché, avant
même qu’il n’ait eu le temps d’ouvrir
la bouche ! Il lui arrive parfois de répondre à son courrier sans même
l’ouvrir !
Le premier télégramme que le
Pape Jean XXIII envoya, après son
élection, fut pour Padre Pio, il écrivait
simplement : « Vous aviez raison !
Jean ». Il lui avait en effet annoncé
qu’il serait Pape (8).
A côté des
grandes grâces qu’il obtient, il souffre
du fanatisme
qui
gravite
autour de lui.
Les persécutions
commencent en
1919
avec
une campagne de calomnies.
En avril 1920,
le père Gemelli, ancien
médecin, franciscain, Recteur de l’Université Catholique de Milan, intime
du cardinal Ratti, futur Pape Pie XI (9)
arrive à San Giovanni et demande
une entrevue avec Padre Pio : il
exige de voir les stigmates. Sans la
permission spéciale du Saint-Office,
Padre Pio lui fait comprendre qu’il ne
peut rien montrer à personne. Malgré
son insistance, celui-ci ne cède pas
et le congédie. Gemelli fait un rapport
“terrible” contre Padre Pio en octobre
1921 et le 2 juin 1922 tombent les
premières sanctions du Saint-Office.
Les attaques se multiplient, mais
le Pape Benoît XV (10) défend Padre
Pio et déclare : « Vraiment, le père
Pio est un homme extraordinaire, de
ces hommes que Dieu envoie de
temps en temps pour convertir les
hommes ! »
Les autorités décident de
contrôler de plus près tout ce qui
gravite autour de lui. Il faut éviter
toute « mise en vedette » : Ne
plus célébrer la messe à heure
fixe, l’empêcher de bénir le peuple, ne plus parler des stigmates,
ne plus répondre aux lettres, rompre les contacts, éloigner les
amis. le Père Benedetto n’est plus
autorisé à le voir, et ceci pendant
les 20 dernières années de sa
vie !
Pour finir, on tente de transférer le Padre Pio : cela fait l’effet
d’une bombe ! En septembre
1922, ce sont cinquante pages
pleines de signatures qui furent
remplies par les fidèles, pour
avertir les autorités qu’on empêcherait ce déplacement par tous
les moyens, même les plus extrê-
8. Il l’avait annoncé aussi à Paul VI en
9. qui régna de 1922 à 1939
1961 (p 53 Jésus crucifié, vie du Padre Pio 10. qui régna de 1914 à 1922.
Ed de la Coste) et au Pape Jean Paul II.
11. Biographie, site officiel pour la postula-
mes ! Le 31 mai 1923, une
« déclaration » du Saint-Office est
publiée : « Il n’y a pas lieu d’attribuer
un caractère surnaturel aux faits survenus à Padre Pio ».(11).
A propos de ces attaques, le Padre Pio s’écrie : « Qu’ils fassent de
moi ce qu’ils veulent ! Il suffit
qu’ils ne m’interdisent pas de célébrer la messe et de recevoir Jésus
dans mon cœur ! ». (p. 673)
Le 25 juin 1923, la tempête se
déchaîne, le Padre doit célébrer sa
messe seul ! On veut encore l’éloigner du couvent. Mais les gens montent la garde et sont bien décidés à
ne pas laisser partir « leur » père.
tion de la cause de canonisation du Bienheureux Padre Pio.
12
Le 24 juillet 1924 ; le Saint-Office
publie un autre « Monitum » contre le
Padre Pio.
Les 23 avril 1926, le 11 juillet
1926 et le 22 mai 1931, ce sont des
condamnations et des interdictions
des ouvrages concernant le Padre
Pio.
Du 11 juin 1931 au 15 juillet 1933,
point culminant de la terrible ségrégation, toutes les facultés du ministère lui sont retirées, sauf la célébration de la sainte messe qu’il doit de
nouveau célébrer en privé et seul !
Quand il l’apprit, il leva les yeux au
ciel et murmura simplement : « Que
la volonté de Dieu soit faite ! » (p
696). Puis il cacha ses yeux avec ses
mains, inclina la tête et ne dit plus
rien. Il vécut une vie de prisonnier,
avec la messe pour toute consolation. Celle-ci durait trois heures :
« Durant la Sainte Messe, je suis
suspendu à la croix avec Jésus et
je souffre tout ce qu’a souffert Jésus sur le calvaire, pour autant
que c’est possible à une nature
humaine ...» (p. 700). « La messe
terminée, je restai avec Jésus pour
faire mon action de grâces… Le
cœur de Jésus et le mien, ...ont
fusionné. Il n’y avait plus deux
cœurs qui battaient, mais un seul.
Mon cœur avait disparu... » (1).
Le 14 mars 1933, il est visité par
Monseigneur Posetto, spécialement
mandaté par Pie XI. Le prélat est
impressionné par son obéissance,
son humilité, et reconnaît en lui un
homme de Dieu, ce qu’il fait partager
à Pie XI.
Le 15 juillet 1933, le père provincial, Bernardo da Alpicella revient de
Rome, et annonce la nouvelle consolante : Padre Pio peut désormais célébrer la messe à l’église et confesser les religieux. Le lendemain, celuici donne la bénédiction, de la part du
saint Père lui-même ! Tous pleurent
de joie !
Le Padre Pio souhaitait fonder un
hôpital. En 1925, il encourage l’ouverture d’un petit hospice pour soigner les pauvres. Malheureusement
il fermera en 1938.
Deux ans plus tard, en pleine
guerre mondiale, il veut en ériger un autre, beaucoup plus
grand, la “Casa Sollievo della
Sofferenza” ! Il est inauguré le
5 mai 1956, grâce aux dons de
ses fils spirituels.
De 1945 à 1958 beaucoup
d’ecclésiastiques et de religieux
furent victimes d’un krack bancaire, l’affaire Giuffrè (p. 738) qui fit
25000 victimes. Le couvent en
était et fut tenté de puiser dans
les caisses de l’hôpital de Padre
Pio.
Prévoyant le danger, Pie XII le 4
avril 1957 relève le Padre de
son vœu de pauvreté pour lui
permettre de gérer seul ces
sommes et sauver ainsi son œuvre. Après la mort de Pie XII en
1958, commence une autre série de persécutions pour le forcer
à détourner l’argent au profit de l’ordre des capucins. Outre les multiples
problèmes relationnels qui peuvent
exister en communauté, on lui supprime les aides corporelles, on l’isole de
ses amis on l’espionne avec des micros (p. 737).
Son confesseur et
confident, le père
Agostino meurt en
1963. Dans les dernières années il est
assisté surtout par le
Père Pellegrino. Aux
fidèles,
émerveillés
des prodiges qu’ils constatent, celuici répond : « Même parmi nous, les
frères, il se passe tant de choses ! » (p. 626)
Padre Pio disait : « Dans les livres, on cherche Dieu, dans la
prière, on le trouve » (p.742). Pour
soutenir spirituellement son Œuvre
de charité, il crée l’Œuvre des groupes de prière, œuvre destinée à
avoir sa place dans l’Eglise, en dépendance de l’Eglise, « vivantes assemblées de foi et foyers d’amour »
que le pape Paul VI appelait un
« immense fleuve de priants » (2)..
« Je veux vivre et mourir dans l’Eglise » (p. 759) dit-il.
Le soir, il ne s’endort
jamais sans son chapelet : « son arme », « son
épée » comme il l’appelle !
A son dernier souffle, il le serre encore,
murmurant
les
doux
Noms de Jésus et de Marie. C’était le 23 septembre 1968 à 2 heures 30.
Lors de la messe
de béatification, le 2 mai
1999 , le pape Jean-Paul II dira qu’il
est « une image vivante du Christ
souffrant et ressuscité. Sur son visage resplendissait la lumière de la
Résurrection. Son corps, marqué par
les stigmates, faisait apparaître la
relation profonde entre la mort et la
résurrection, qui caractérise le mystère pascal ».
Il est canonisé le 16 juin 2002.
Marie-Dominique Fabrikant
Radio Vatican 12 février 2016
A Rome, 500 000 personnes ont assisté pendant une semaine aux célébrations liées à l’exposition de la dépouille du Padre Pio, le saint mystique
stigmatisé, icône du catholicisme italien, et des reliques d’un autre capucin, le croate Saint Léopold
Mandic.
En cette année de la miséricorde, le Pape
François avait tenu à mettre en avant ces deux
confesseurs inlassables. C’est en présence de leurs reliques qu’il a envoyé en mission, le jour du mercredi des Cendres, un millier de "Missionnaires de la miséricorde" chargés de prêcher et de confesser avec
tendresse dans le monde entier. Le bilan de ce premier grand évènement jubilaire a dépassé les attentes.
13
Grâces reçues à San Damiano
Trois protestantes à San Damiano
Je suis protestante de baptême et d’éducation,
me suis mariée à l’église orthodoxe de Paris et suis divorcée du père de mes enfants.
Marie, ma mère du ciel s est manifestée à moi à San
Damiano ou je suis venue en 1977 avec ma maman une
amie et sa fille. J’ai été gratifiée alors d un petit signe…
Lequel ? Peu importe, c est personnel.
Marie m’a manqué dès mon plus jeune âge… En effet,
lorsque j’avais 7-8 ans, juste après la guerre, (je suis
née en 1937), ma mère avait recueilli par les soins de la
croix rouge suisse, 2 petites filles françaises (elles étaient
sœurs) de mon âge. Ce séjour dans notre famille avait
pour but de les « revigorer ».
Tous les soirs, elles s’agenouillaient devant leurs images
saintes de notre Dame, la sainte Vierge Marie, et récitaient leur AVE. Moi, je les regardais en retrait, n’ayant
pas le droit à ce conciliabule. Sans bien comprendre, j’étais triste et me sentais un peu exclue, impressionnée par
leur ferveur.
Beaucoup de temps a passé, beaucoup d’aléas de
vie et de souffrances dans l’apostasie sans le savoir.
Mais depuis quelques années, grâce à ce clin d’œil de
Marie à San Damiano et à un autre mouvement de spiritualité, je participe à la messe catholique, j’ai un directeur
spirituel et la récitation du chapelet dans mon groupe de
prière m’apporte beaucoup de grâces, de paix, et la force
de tenir dans le célibat.
A part ma mère, les autres membres de ma famille ne
partagent pas la voie que j’ai prise et cela représente une
douleur. Je suis cependant dans l’espérance que la prière
et l’offrande leur apportera un jour la lumière.
Tous les lieux chrétiens m’interpellent, mais pour moi,
sans Marie, il leur manque quelqu’un !
J’aime beaucoup l’icône de la tendresse.
Maintenant, grâce au premier signe que Marie m’a
fait à San Damiano, j’en perçois d’autres et je sais qu’elle
est toujours là, à mes côtés, pour me guider et me garder.
Merci Maman du Ciel
MG 10 mars 2002, Lausanne.
‘Jésus ne doit pas être loin ‘!
Issue d’une famille cévenole protestante par mon loin ‘ !... MB 18 mars 2002. Paris
père, catholique par ma mère, j’entendis parler de JésusEt maintenant, c’est devenu un besoin, je ne peux
Christ dès mon enfance. J’ai donc toujours eu pour habi- m’empêcher d’aller prier le rosaire en ce Lieu, on se sent
tude de lui parler et de le chercher. C’est donc sans peine vraiment dans le Royaume du Père…
M.B. 18 mars 2002
qu’entendant parler de San Damiano, j’y suis allée car
Marie étant là-bas, je me suis dit : ‘Jésus ne doit pas être
Ils désirent l’Eucharistie et le chapelet en famille
J’avais 10 ans lorsque mon père a quitté notre famille, pour suivre une femme d’origine protestante qu’il
devait épouser quelques années plus tard. Ils avaient
abandonné la foi et nos discussions revenaient souvent
sur les questions de religion, ce qui ne manquait pas de
leur être désagréable et à continuer à nous éloigner.
Ayant connu San Damiano, j’ai particulièrement
offert mes prières et mes pèlerinages pour leur conversion. Dans le silence, j’ai confié cette intention à NotreDame des Roses pendant 24 ans.
Mon père s’est rapproché de moi à l’occasion d’une maladie sérieuse et sa seconde femme m’a spontanément
confié son intention de devenir catholique. J’ai eu la joie
de les emmener en pèlerinage en ce lieu. Par la suite : il
s’est confessé et elle a demandé à faire sa profession
catholique. Ils ont pu recevoir souvent l’eucharistie et récitaient avec notre famille le chapelet quotidien.
Je ne louerai jamais assez le Seigneur pour cette
magnifique grâce de conversion obtenue par l’intercession de Notre-Dame des Roses à San Damiano. Mon
père est décédé quelques temps après, dans l’amour de
Jésus et de Marie. Je ne regrette pas une minute de ces
24 ans d’attente.
JRF 2 février 2002
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