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Abandonnées

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yorukuroko
Abandonnées
Publié sur Scribay le 11/06/2016
Abandonnées
À propos de l'auteur
Salut ! Je me nomme baptiste ^^
J'ai 14 ans, adore dessiner, écrire et lire, tout particulièrement les Light Novel et
Mangas.
À propos du texte
"Seules. Deux sœurs, seules, abandonnées. Leur famille, leurs amis, tous. Tous les
délaisses. Pourquoi ? Pourquoi suis-je seul à les voir, les entendre ?"
Licence
Tous droits réservés
L'œuvre ne peut être distribuée, modifiée ou exploitée sans autorisation de l'auteur.
Abandonnées
Table des matières
I
II
III
IV
3
Abandonnées
I
C'est en hiver que je l'ai rencontrée, la petite Miyu. Il faisait froid, il neigeait.
J'avançais sur ce doux tapis blanc qu'était devenu le sol, je voulais juste prendre l'air,
me changer les idées. C'est là, dans un coin du parc, non loin d'un centre commercial
que j'ai vu cette fillette. Pourquoi était-elle ici, abandonnée, tremblante de la tête aux
pieds, écroulée par terre ? J'ai retiré mon manteau pour le poser sur elle et l'ai aidée
à s'asseoir. Elle avait peur et me fixait. Je lui ai ensuite donné une petite brioche que
j'avais gardé comme encas.
- Tu t'es perdue ?
Elle secoua la tête de droite à gauche.
- Allez; dis-je en la relevant; je vais te raccompagner chez toi.
Alors que je fis un pas, elle, ne bougea pas. Elle continuait simplement de me fixer.
Je m'accroupis face à elle.
- Je suis Haru. Et toi ?
- Mi... Miyu.
- Bien. Et dis-moi, miyu, quel âge as-tu ?
- Trois.
Je ne savais pas quoi faire. Cette fillette avais trois ans et elle était là, dans le froid,
abandonnée. Je lui ai néanmoins demandé de me suivre et lui ai tendu la main mais
elle ne voulait pas.
- Si c'est ce que tu veux, reste seule.
Je fis mine de partir et sa voix fluette se fit entendre.
- Me... Merci.
Quand je me retournais, elle courait dans la direction opposée, mon manteau avec
elle. J'ai voulu la rattraper, mais je l'ai perdue de vue.
La porte claqua. Je retirais mes chaussures et, relevant la tête, vis ma mère, me
foudroyant du regard.
- Ton manteau ?
- Heu... Et bien... J'ai rencontré une fillette abandonnée et...
- Et alors; me coupa-t-elle; c'est une raison ?
- Elle a trois ans, elle était dans le froid et avait faim ! Oui c'est une raison !
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Abandonnées
- Ne t'avise pas de me parler sur ce ton !
J'en avais assez. Je suis monté dans ma chambre, et suis resté assis sur mon lit à ne
rien faire jusqu'à l'heure du repas. Alors que ce dernier était déjà bien entamé, je me
décidai à relancer la conversation sur Miyu.
- Je me disais... La fillette... Nous pourrions l'héberger.
Malheureusement, la suite tourna mal. La réponse fut directe: "non".
- Mais...
- Non c'est non. Déjà toi et ton frère êtes pénibles, s'il faut en plus se coltiner une
gamine.
- Dites directement que vous n'auriez pas voulu de nous tant que vous y êtes !
Je me levais, sans même avoir fini le repas ni débarrassé et me tournais vers les
escaliers. Mon père m'interpella.
- Haru ! Je te préviens, tu n'as aucunement intérêt à la ramener ici. Et ce, que tu le
fasses en douce ou non puisque dans tout les cas, tu auras à faire à moi.
Sa phrase achevée, je suis monté, n'ayant qu'une seule idée en tête: "ignobles, vous
êtes ignobles". Je me fichais de ses paroles. De toutes manières, si je ne pouvais pas
la faire venir, c'est moi qui prendrais l'habitude de la rejoindre.
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Abandonnées
II
Le week-end s'acheva. Je contemplais le paysage que j'apercevais tout les jours,
au travers de la vitre du car. En passant devant le parc, j'ai cru voir Miyu qui courait.
Était-ce mon imagination ou était-elle vraiment là ? Cette question me préoccupait.
D'ailleurs, pourquoi personne ne l'avait aidée le jour précédent ? Il y a pourtant
toujours quelques personnes qui passent par le parc. La porte s'ouvrit. J'enlevai mes
écouteurs, éteignis mon portable et descendis du car. Il faisait toujours aussi froid et
je n'avais d'ailleurs plus mon manteau. Tant pis. Mieux vaut que ce soit cette fillette
qui le garde, me suis-je dit. Je marchais entouré d'autres élèves, passais la grille à
l'entrée, et me dirigeais à l'endroit habituel où je traînais le matin.
- Haru !
Je saluais Riki, puis Assu, Michi et Anju. Ces quatre là, je n'ai jamais connu mieux
qu'eux. Riki, je le connaissais depuis tout petit; Assu, je l'avais rencontré à mon
entrée au collège en même temps que les deux filles. Depuis, on avait pris l'habitude
de traîner ensemble, tous les cinq. Assu et Michi sortaient ensemble, tous deux
sympa et toujours prêts à nous aider. Riki était toujours là pour nous faire rire, un
vrai fou, pourtant capable d'être très réfléchi. Anju ne parlait pas des masses, bien
que, plus que moi même ; elle était aussi bonne amie que les trois autres. Moi, ces
quatre là m'avaient donné la réputation d'une personne respectueuse et prête à aider
n'importe qui. Pourtant, eux aussi étaient ce genre de personnes.
- La substitution est l'un des deux moyens de résolution de l'équation à deux
inconnues, le second est...
Les maths. C'était vraiment fatigant. Je commençais à m'assoupir lorsque je reçus
une boulette de papier sur la tête. Je relevai celle-ci pour m'apercevoir que c'était
sûrement Assu qui me l'avait envoyée. Je la dépliai pour vérifier si c'était de
l'amusement ou s'il y'avait un mot. Au final, je pus lire: "Tu n'as pas l'air d'aller à
merveille..."
En fait, je crois que cette rencontre avec Miyu me perturbait, bien qu'il y ait la
lenteur du cours qui agisse également sur moi. Je lui ai donc menti en disant
simplement "c'est le cours".
- T'ain ch'est trop bon; nous sortit Riki la bouche pleine.
Il était treize heures moins dix et nous étions à la cafétéria du collège. Assu continua
la conversation d'un air taquin.
- T'es vraiment mal élevé Riki, j'comprends qu'aucune fille ne veuille de toi.
- Hé ! Je suis sûr qu'il y'en a au moins une qui s'intéresse à ma splendide beauté
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Abandonnées
intérieure; répliqua le concerné.
On éclata de rire.
- Bon. Je crois que je vais y'aller; continuais-je en reculant ma chaise pour me lever.
- Tu ne te sens pas bien ? me demanda Anju.
- Si, pourquoi ?
- T'as rien bouffé ! s'exclama Riki.
Michi et Assu écoutaient la conversation, puis décidèrent d'intervenir, Michi la
première, Assu la complétant.
- Tu paraissais mal à l'aise ce matin, en math.
- Il n'y avait pas que le cours je suppose ?
- Peut-être bien.
Sur ces trois mots je me levai et allai débarrasser. Je n'avais pas envie d'en dire plus.
Sérieusement, on ne peut vraiment rien leur cacher à ces quatre là.
Le vent frais et quelques rares flocons vinrent rafraîchir mon visage. Je m'assis
sur un banc dans un coin de la cour et me perdis dans mes pensées.
- Tu ne veux vraiment pas nous dire ce qu'il se passe.
Cette voix douce qui interrompit mes songes... Je tournai la tête pour trouver Anju
assise à côté de moi. Je m'attendais plus à voir Assu et Michi alors je ne sus pas que
répondre et restai muet.
- Les autres ont préféré te laisser tranquille un petit moment mais j'avais besoin de
m'assurer que tu ne voulais vraiment rien dire.
Après un bref silence, alors que je sentais qu'elle s'apprêtait à partir, je finis par
prendre la parole.
- Elle était là, tremblante et affamée, seule, écroulée dans la neige, c'était hier.
- Qui ?
- Une fillette, de trois ans, complètement abandonnée. Je lui ai passé mon manteau et
une brioche...
- Et ?
- J'ai demandé à mes parents de l'héberger. Ils ont refusé, ils ont prétendu qu'il fallait
déjà nous supporter, mon frère et moi. Ils m'ont interdit de la ramener.
- Et ton frère ? Que... Pensait-il ? Sa question fit remonter les derniers lourds
souvenirs du jour précédent.
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Abandonnées
J'entrais dans la chambre de mon frère.
- Tu veux quoi ?
- Savoir ce que tu penses... Au sujet de la fillette.
En réalité je n'avais pu finir ma phrase, coupé par mon frère.
- Les parents ont raison. Et puis, paraît que c'est pénible à cet âge là.
Sa réponse me cloua sur place, et je restais là, béant, ne sachant que répondre.
- T'as eu ce que que tu voulais, si tu veux bien me laisser tranquille maintenant.
Le souvenir s'arrêtait ici. Je répondis donc à Anju.
- Du même avis. Il est du même avis que nos parents.
Elle resta muette quelques secondes et m'interrogea.
- Je peux... en parler aux autres ?
- Oui.
Elle me laissa donc seul et rejoignit Riki, Assu et Michi.
Il me laissèrent réfléchir seul le reste de la journée mais me suggérèrent tout de
même, si je la revoyais, de lui demander si elle ne voulait pas que quelqu'un la
recueille.
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III
Le mardi et mercredi matin passèrent sans que quelque chose de plus ou moins
important ne se produise. Ce mercredi après-midi, il neigeait toujours. C'est cela que
d'habiter sur l'île d'Hokkaido en hiver. Il neige, neige et reneige. Je m'étais déplacé
vers le parc pour essayer de revoir la petite Miyu, et je l'ai revu. Elle se cachait
derrière un arbre, seule sa tête, toute timide, dépassait. Elle me fixait. Je souris et fis
un pas vers elle. Elle cacha alors sa tête avec le reste de son corps frêle, derrière le
tronc du cerisier dénudé de ses belles pétales roses qui surgissent au printemps.
J'atteignis l'arbre pour la dévisager dans son air timide. Elle recula d'un petit pas. Et
me tendis mon manteau que je n'avais toujours pas récupéré.
- Garde le; lui dis-je.
Cette fois-ci elle fit son petit pas vers moi et tendis un peu plus ses bras. Je
m'accroupis.
- Garde le, je n'en ai pas besoins.
Elle continua de me regarder sans rien dire et se décida finalement à le garder. Je lui
tendis, comme lors de notre rencontre une brioche. Non, deux brioches cette fois-ci.
Elle les prit sans rechigner et me fit un léger merci. Je souris une énième fois.
- Dis moi, Miyu, tu ne voudrai pas vivre dans une maison, bien au chaud.
Elle ne répondit pas.
- Quelqu'un pourrait t'héberger.
Elle ne répondait toujours rien. En fait je ne savais même pas si elle me comprenait.
Finalement, elle secoua la tête pour me dire non puis j'entendis "revoir" et, comme le
dimanche où je l'avais rencontré, elle s'enfuit en courant.
***
Miyu courrait. Elle finit par arriver dans un coin vers de vieux bâtiments pourris,
à l'abris du vent. Elle tendis l'une des deux brioches à une fille, plus grande, assise
par terre.
- Merci. C'est lui qui te l'as donnée ?
Miyu hocha la tête et tendis le manteau.
- Il ne l'as pas pris ?
Comme à son habitude, elle secoua la tête en guise de non. Elle s'assit à côté de la
seconde fille, bien blotti contre elle qui les recouvrit toutes deux du manteau.
- Tu ne devrait pas lui faire entièrement confiance.
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- Il est gentil; répondit Miyu.
- Fait quand même attention.
Elles mangèrent chacune leur brioche.
***
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IV
- Alors ? Tu as revu la fillette ?; me demandèrent les autres.
- Elle n'a pas l'air de vouloir être hébergée; répondis-je.
- Dans ce cas, retourne souvent la voir.
J'acquiesçai et nous nous dirigeâmes vers notre rang. Les premières heures de cours
passèrent rapidement, les dernières plus lentement. Le soir arriva et nous décidions
de ne pas prendre le car pour passer par le parc et voir Miyu mais elle ne se montra
pas. Nous sommes donc rentrés, chacun de notre côté.
Quand j'eus passé la porte d'entrée ma mère commença à m'enguirlander sans me
laisser le temps de faire quoi que ce soit.
- Dis donc... Tu ne mangerait pas des brioches en cachette par hasard ?
- Non; répondis-je simplement et calmement.
- Menteur ! Je vais planquer la nourriture s'il le faut. Allez, monte dans ta chambre.
C'est ce que je fis, sans répondre. Je ne descendis pas pour manger.
Vendredi passa et un nouveau weekend pris place. Par chance, je me suis
retrouvé seul pendant une heure durant laquelle j'ai pu retrouver les brioches que
mes parents avaient réellement planqué. J'en pris deux, remis le paquet à sa place et,
lorsque mes parents rentrèrent, m'empressai de sortir.
- Je vais me balader; dis-je en sortant.
J'avais pris mon vélo, ce qui me permis d'arriver au parc plus rapidement que
d'habitude. Je posais mon vélo contre un arbre et attendis Miyu. Elle vint montrer le
bout de son nez peu de temps après. Je souris. Décidément, je n'ai jamais su
pourquoi mais je souriais à chaque fois qu'elle se montrais.
- Salut; lui dis-je.
Elle était aussi timide qu'à son habitude. De la timidité ou de la méfiance, en réalité
je ne le savais pas. J'avais donc opté pour la timidité puisqu'elle osait tout de même
m'approcher. Je lui donnai les deux brioches avant d'avoir une idée.
- Tu as déjà fait du vélo ?
Elle secoua la tête.
- Et tu aimerais en faire ?
Elle resta muette un court instant avant de me dire "sais pas". Je fis un pas vers
Miyu, elle ne bougea pas. Je me rapprochais encore et finalement, elle se décida à
reculer.
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- Tant pis; remarquais-je.
Le dimanche, quand je revis Miyu, je ne su ce qui avait bien pu lui faire changer
d'avis mais...
- Vélo; m'a-t-elle dit.
Je l'ai donc soulevée et mise sur le porte bagage à l'arrière de mon vieux bicycle. Je
montais sur le vélo et elle s'agrippa à moi de ses petites mains.
- C'est parti !
J'ai pédalé dans le parc pendent un petit moment. Elle avait l'air contente. Quand je
la fis redescendre elle me fit un petit merci avant de repartir en courant comme
chaque jours. Je n'y avait pas pensé les fois précédentes mais cette fois-ci je me le
suis demandé: où ? Où va-t-elle quand elle repart ?
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