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Bulletin 28 bis n° spécial – Père Marie

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Le Bulletin de
San Damiano Media
Numéro Spécial
Octobre 2006
Lors d’une nuit de prière à Paray le Monial
A Dieu !
Père Marie-Dominique
Philippe
Le 26 août dernier, le
Seigneur a rappelé à lui un de
ses bien aimés serviteurs, le
Père Marie Dominique Philippe, Dominicain, fondateur
d’ordre.
C’était un grand ami de
San Damiano, un confesseur
de Mamma Rosa, un ami des
associations de pèlerins de San
Damiano. Nous avons eu la
chance de le connaître depuis
les années 1970 et beaucoup
de pèlerins ont suivi ses enseignements. Il a délégué très
souvent ses frères de saint
Jean pour assurer une direction spirituelle des pèlerins
francophones, particulièrement lors des Pèlerinages Internationaux de la Jeunesse et
des Familles, bravant courageusement les critiques de
certains de ses confrères de
l’Église de France.
Nous avons eu l’occasion
de signaler dans notre dernier
numéro (N°27) et reproduit
page 8, un témoignage essentiel sur le nombre important
des vocations sacerdotales issues de San Damiano, et tout
spécialement vers la communauté saint Jean. Nous pensons que le Père Philippe est
une figure majeure de l’Église du XXe siècle.
En deuxième partie de ce
numéro spécial, nous reproduisons l’intégralité d’un entretien que nous avons eu
avec lui en 1998, sur ses relations avec les évènements de
San Damiano.
Pour mieux mesurer l’étendue du charisme du Père
Philippe et l’impact de son
œuvre, nous avons sélectionné
un certain nombre de textes
qui ont été publiés à l’occasion de ses obsèques. ■ JRF
Le Saint-Père, informé
du décès du Père MarieDominique Philippe, Fondateur de la Famille
Saint-Jean, a chargé le
Cardinal
Secrétaire
d'État de faire parvenir,
en son nom, un message
de condoléances dont
voici un extrait :
2
Le Saint-Père demande au Seigneur d'accueillir dans son Royaume
celui qui, durant de longues années, guida et forma de nombreuses personnes à l'école du Christ,
dans l'esprit du disciple
bien-aimé, les enracinant
dans un amour profond de
l'Église et dans la fidélité
au Successeur de Pierre. Sa
Sainteté rend grâce pour la
vie du Père MarieDominique, entièrement
donnée au Seigneur et à ses
frères, enracinée dans la
méditation de la Parole de
Dieu, dans la recherche et
dans la contemplation passionnée de la vérité. Puisse
son témoignage donner à
tous ceux qu'il a guidés,
l'élan nécessaire afin que
l'Évangile du Christ soit
toujours annoncé, accueilli
et vécu !
Cardinal Sodano,
Vatican 26 août 2006
2
HOMÉLIE DU CARDINAL BARBARIN AUX OBSÈQUES
DU PÈRE MARIE-DOMINIQUE PHILIPPE
Disciple au cœur ardent et à l’intelligence intrépide,
il interrogeait son Maître sur tout, le monde, les hommes, la mission ... C’était un chercheur, qui voulait comprendre, recevoir l’intelligence des choses et des personnes. Or la réponse de Jésus n’est jamais une réflexion ni une analyse, c’est sa propre personne qui s’avance et qui se donne : « Oui, je viens sans tarder ! (…)
Le Père Marie-Dominique Philippe était l’homme de
la source. Contemplant Jésus sur la Croix, il voyait en
cet amour qui est allé jusqu’au bout, jusqu’à l’extrême,
le sommet de toute sagesse. Il voulait sans cesse remonter vers cette source, et il nous invitait, nous ses
étudiants et vous ses frères et sœurs, à ne pas
«descendre le fleuve », à ne jamais quitter le chemin
exigeant et réjouissant de celui qui monte. (…)
Pour lui, l’eau de la source avait un nom : la Vérité.
Veritas, un mot que Jésus choisit pour se définir luimême : « Je suis la vérité. » (Jean 14, 6) Veritas, qui
est la devise de la famille dominicaine. Veritas, un bien suprême,
qui tient une place essentielle dans
la prière de Jésus, comme nous
venons de l’entendre : «Consacreles dans la Vérité. Ta parole est
Vérité. » (Jean 17, 17). (…)
L’adoration et la charité. Pour
le Père Philippe, ce sont sans
doute deux des mots les plus précieux de la vie spirituelle. La charité est comme un fleuve de bonté
qui vient de Dieu et descend sur
les hommes. Cette vision fait tressaillir Jésus de joie, sous l’action
de l’Esprit Saint (Luc 10, 21). (…)
Le travail théologique est un
chemin rationnel où toute la vie
spirituelle est engagée. C’est une
aventure mystérieuse, car la Révélation est un amour qui se donne et
nous entraîne dans son élan. En
lisant ce que le Père Philippe écrit
des « trois sagesses », j’ai souvent
pensé que les deux dernières, la
théologie et la mystique, sont tellement liées qu’elles se confondent.
Pour lui, sûrement, « la théologie
s’écrit à genoux ». De fait, quand le
Père. Philippe donnait une conférence ou un cours, son
auditoire percevait une grâce qui l’invitait à entrer dans
la prière. (…)
Le Père Marie-Dominique Philippe était d’abord un
prêtre. Son ministère et toute sa vie le situent à côté de la
Croix de Jésus. Il suffisait de le voir célébrer la Messe
pour comprendre que l’Eucharistie n’était pas pour lui
un traité de théologie, mais d’abord une aventure mystique qui conduit à la source du salut. (…)
Le mystère de la compassion trouve pour lui un modèle exceptionnel dans la présence et le silence de Marie au pied de la Croix. C’est le moment où Jésus confie
sa Mère à l’attention du disciple bien-aimé : « Femme,
voici ton fils…Voilà ta mère » (Jean 19, 26-27). (…)
L’un d’entre vous m’a dit : « Jamais je n’ai entendu quelqu’un parler de Marie comme le Père MarieDominique Philippe. » Pour lui, en compagnie de cette
Mère, on grandit dans la vie spirituelle, c’est-à-dire que
l’on redevient petit, jusqu’à n’être qu’un tout petit,
comme le Fils Bien-aimé blotti dans le sein de sa Mère,
« le fruit de ses entrailles ». Marie nous invite aussi à
reprendre le chemin de la source, la source d’un
amour que Jésus seul a connu et que, par l’Incarnation,
il est venu nous révéler : « Dieu, personne ne l’a jamais
vu; le Fils unique qui est dans le sein du Père, c’est lui
qui a conduit à le connaître » (Jean 1, 18). (…)
Le 8 avril 2001, quelques évêques étaient réunis à
l’évêché d’Autun pour dire au Père Philippe la reconnaissance de l’Église de France, et pour l’écouter méditer lui-même sur le charisme de ses fondations.
Il nous a dit avoir reçu, un jour, du Saint Père, un
message clair : « Dites à vos frères, que le vrai fondateur de la Congrégation saint
Jean, c’est saint Dominique ». (…)
Saint Dominique est un être tourné
vers le Père et entièrement donné à
ses frères. « Vir evangelicus
(l’homme de l’Évangile), voilà pour
nous, dans la Congrégation saint
Jean, l’expression essentielle. » Cela donne une lumière supplémentaire au regard de Marthe Robin sur
le Père Philippe : «C’est un homme
qui vit profondément l’Évangile.
» (Notons que le Père Philippe, dominicain, a été rappelé à Dieu dans
la 800e année de la première fondation de saint Dominique NDLR).
(…) C’est un homme qui désire le
renouveau de votre vie théologale
par la perspicacité de l’intelligence,
pour servir la foi, par la pureté du
cœur, pour servir la charité et avec
l’élan de la jeunesse, pour servir
l’espérance. (…)
Pendant que le diacre proclamait
l’Évangile, n’aviez-vous pas, comme
moi, l’impression que ces mots nous
venaient à la fois de Jésus et du
Père Philippe ? Ils évoquaient le
travail de votre fondateur auprès de
vous et son regard sur votre avenir : « Je leur ai fait
connaître ton nom… Je ne te demande pas que tu les
retires du monde… Consacre-les dans la vérité. » La
prière du Père Marie-Dominique se fond dans celle du
Seigneur pour tous ses disciples : « Qu’ils soient un. »
Elle englobe aussi le vaste champ de tous ceux qui sont
et seront touchés par votre apostolat, ou qui peuplent
votre prière : « Je ne prie pas seulement pour ceux qui
sont là, mais encore pour ceux qui accueilleront leur
parole et croiront en moi ». ■
Cardinal Barbarin
3
3
Biographie du Père
Marie-Dominique Philippe
8 septembre 1912 - 26 août 2006
Professeur de philosophie à l’Université de Fribourg (Suisse) de 1945 à 1982, sa recherche de vérité
s’ordonne selon les « Trois Sagesses » : la sagesse philosophique, la sagesse théologique et la sagesse mystique.
Le Père « Marie-Do » donne, surtout en France et
en Suisse, des conférences de philosophie et de théologie
dans des milieux très divers. Il prêche aussi dans de nombreux monastères (carmélites, bénédictines, dominicaines,
et à la Famille monastique de Bethléem), dans divers
Foyers de Charité en France, principalement à Châteauneuf-de-Galaure auprès de Marthe Robin (où il prêche
pendant près de 17 ans la retraite des prêtres).
On peut rajouter qu’il a prêché plusieurs années de
suite des retraites aux responsables des groupes de San
Damiano, à Paray le Monial (NDLR).
Il a écrit plus de 35 ouvrages de philosophie et de théologie spirituelle,
A Fribourg, en 1975, à la demande de quelques
étudiants français, il fonde, tout en restant dominicain, la
Communauté des Frères de Saint-Jean et, quelques années
plus tard, celle des Sœurs contemplatives, puis celle des
Sœurs apostoliques. A ces trois communautés se joindront
de nombreux laïcs, les oblats de Saint-Jean, l’ensemble
formant une nouvelle famille spirituelle dans l’Église : la
Famille Saint-Jean.
Les effectifs actuels de la Famille Saint Jean :
Les Frères sont au nombre de 531 au 31 juillet
2006. Sur ce nombre, 365 (68%) sont profès perpétuels
(dont 221 prêtres) et 40% environ sont en cours de formation. Les Soeurs sont 464 et il y a plus de 2.500 oblats
4Frères de St Jean
séculiers.
Depuis 1974 une amitié profonde le lie
à Karol Wojtyla. Par de nombreuses rencontres et des lettres, Jean-Paul II ne cessera
de l’encourager dans sa recherche philosophique et dans son rôle auprès des frères et des
sœurs de la Famille Saint-Jean.
Le 30 juin 2006, il fête ses 70 ans de sacerdoce à Ars. Le lendemain, le Cardinal Franc
Rodé, Préfet de la Congrégation pour les Instituts de Vie consacrée, présent pour les ordinations de frères de Saint-Jean, lui rend un vibrant hommage.
Quelques semaines plus tard, à la suite
d’un accident vasculaire cérébral, le Père Philippe perd l’usage de la parole. Il demeure alors dans un
grand silence, attendant sereinement la rencontre avec
Celui qu’il a tant désiré connaître et faire connaître. Il
meurt le 26 août 2006, entouré de nombreux fils et filles,
auxquels il laisse l’héritage lumineux d’une vie toute donnée au service de l’homme et du Christ. ■
Extrait du site de la communauté
saint Jean : www.stjean.com
15 août 2004
Fioretti à Lourdes
Dans le numéro 20 de notre Bulletin, nous rapportions la fioretti suivante : Les 14 et 15 août 2004,
le Pape Jean-Paul II s’est rendu à Lourdes pour
son dernier pèlerinage. Au retour du chapelet du
14 août, le père Marie Dominique Philippe s’est
trouvé dans la foule sur le trajet du saint Père.
Celui-ci l’aperçut de loin et fit arrêter son cortège
pour le faire venir expressément : Il l’embrassa
chaleureusement en plein public. Lors de ce deux
journées, c’est, à notre connaissance, la seule fois
que le sait père, déjà très affaibli, a manifesté une
telle attitude.
Après tant de calomnies proférées à l’époque par
les médias sur la communauté saint Jean, ce geste
fut pour eux une grande consolation. ■
Sœurs contemplatives
Sœurs apostoliques
4
Revue Permanence n°434
Par lui, les cœurs et les intelligences recevaient
un avant goût de la vie béatifique.
Il a connu pourtant toutes les angoisses d'un père
pour ses enfants de la famille de st Jean. Il ne s'est
jamais plaint de ne pas voir aboutir les formes canoniques qu'un fondateur de congrégation aurait
pu légitimement espérer. Son amour de l'Église
transcendait ces contingences.
Il aurait pu être profondément blessé de se voir
traité tantôt de "gourou" tantôt accusé d'être sous
influence, par quelques esprits habitués à décoder
les réalités humaines selon les vues sociologiques
voire spirituelles et non pas surnaturelles. Ses blessures étaient enfouies dans celles de l'Agneau. Rien
de ce qui le visait lui, ne le poussait à réagir. Seule
la protection de ses fils et filles et particulièrement
des plus petits et plus pauvres le faisait sortir de sa
réserve.
Heureux sont ceux qui ont connu le père Marie
Dominique Philippe et qui restent attentifs à sa parole car c'était aussi celle d'un prophète. Comme tous les prophètes, il a connu des persécutions, comme prophète de la dernière semaine, celle de la Passion, il est resté silencieux
comme l'agneau immolé. Comme ami du disciple bien aimé, il a été un des prophètes mystiques qui gardent les paroles
du dernier livre. ■
Bernard Seillier, Sénateur
Sœur Nirmala, qui a succédé à Mère Teresa
comme supérieure Générale des Missionnaires de
la Charité, a adressé une lettre au Père Jean-PierreMarie, Prieur Général de la Congrégation des Frères
de Saint-Jean, à l’occasion du « retour à la Maison
du Père » du Père Marie-Dominique Philippe. En
voici un extrait :
C’est merveilleux de voir que le Père Marie-Dominique
Philippe est retourné à la Maison de Dieu le 26 août, qui
est la fête de Notre-Dame de Czestochowa, le reliant à
notre très aimé Saint-Père Jean-Paul II, et qui est aussi
l’anniversaire de naissance de notre Mère la Bienheu-
reuse Teresa de Calcutta. Avec eux trois au Ciel, nous
pouvons espérer de belles choses pour l’Église ! Nous
sommes profondément reconnaissantes envers notre cher
Père Marie-Dominique Philippe pour l’amour particulier
qu’il a eu pour notre Société. Il a joué un rôle unique en
nous aidant à approfondir la compréhension de notre
charisme, et à en vivre. Il est une lumière brillante dans
l’Église et dans le monde d’aujourd’hui qui a dissipé les
ténèbres de l’ignorance et l’indifférence de bien des
cœurs. ■
Sœur Nirmala
5
5
LE PERE
MARIE DOMINIQUE PHILIPPE
ET SAN DAMIANO
Entretien enregistré le 20 août 1998 ;
Transcription corrigée. Les mots entre
crochets sont de la rédaction.
JRF :
Père Marie Dominique Philippe, comment
avez-vous connu les apparitions de San Damiano ?
Père Marie Dominique Philippe :
J’étais à Fribourg, comme professeur à l’Université de Fribourg, comme professeur de philosophie, lorsqu’il y a eu ce premier pèlerinage d’étudiants et d’étudiantes à San Damiano. A ce moment-là, je n’avais pas encore entendu parler de
Mamma Rosa et de San Damiano. J’aurais eu
grande envie d’y aller, s’il avait été possible. Mes
étudiants me connaissaient bien, et je leur avais dit
tout simplement : Quand vous irez là-bas, priez
pour moi, priez la Très Sainte Vierge pour moi et
demandez à Mamma Rosa de pas oublier Fribourg.
Une étudiante a eu cette idée de prendre une photographie de moi. Elle l’a présentée à Mamma Rosa : « Vous prierez pour ce père que je connais
bien, qui est mon père spirituel, qui est professeur
de philosophie à l’université ».
Mamma Rosa lui répondit : « Ah mais, j’ai
un message de Marie, pour lui ». Elle a donné ce
message qui était un message où Marie disait
sa joie, et qui demandait de ne pas hésiter, en
plus de l’enseignement, de prêcher à droite et à
gauche, par mont et par vaux, pour exprimer le
mystère de Marie.
C’était le premier contact…
Par la suite, par l’intermédiaire d’un ami commun qui allait souvent là-bas, Mamma Rosa me demandait expressément de venir : Elle avait absolument le besoin de parler à un prêtre, à qui elle
pouvait parler en toute confiance. C’était un
moment où c’était encore un peu délicat. Je savais
qu’il y avait là, l’ « observateur » qui regardait tout.
J’ai demandé conseil à ce moment-là, à Monsei6
gneur Adam,
évêque de Sion, que j’estimais et que
j’aimais beaucoup. Je lui dit : « vous connaissez la
situation de San Damiano : Qu’est-ce qu’il faut
faire ? » Alors, il a été très net : « Elle vous demande de venir pour sa conscience, vous devez
y aller, mais vous devez y aller très discrètement. Allez-y en civil, puisque si vous êtes en dominicain, vous serez tout de suite remarqué par l’observateur. Puis, étant là-bas [avec] vos amis, entrez
chez Mamma Rosa, et là, chez elle, remettez votre
habit religieux. C’est très important pour elle !
C’est ce que j’ai fait. Je suis resté trois jours,
disant la messe là. Je l’avais demandé à Monseigneur Adam. Je crois qu’il y avait des interdits à ce
moment-là. Monseigneur Adam avait dit : « Chez
elle, je vous accorde de pouvoir la dire, et n’hésitez pas, parce que pour Mamma Rosa, c’est
très important ! »…
Donc, j’ai vécu trois jours avec elle. Prenant
mes repas là, avec quelqu’un qui me traduisait
parce qu’elle parlait un italien qui était très difficile,
un patois [que] je n’aurais pas pu comprendre.
Qu’est ce que j’ai retenu de Mamma Rosa à ce moment-là ? C’était une enfant de la Vierge Marie,
petite enfant de la Vierge Marie, d’une telle simplicité, d’une telle confiance, d’une telle gentillesse !
Et alors, elle m’a parlé de cette situation : elle
n’avait plus son directeur de conscience qui était ce
père [le père Pellacani], le curé, qui avait été arraché [de sa paroisse]. Je lui ai demandé où il était.
J’ai dit : « Mamma Rosa, est-ce que vous ne croyez
pas que ce serait bon que j’y aille » ? Alors, elle m’a
dit : « Si vous y alliez, comme ce serait bien !
Comme il serait heureux de vous voir ! ». Alors, j’y
suis allé.
Après avoir vu Mamma Rosa, je sentais que
c’était nécessaire. Et là, j’ai trouvé, un prêtre merveilleux,
un
bon curé italien, croyant…
Il m’a dit tout
de suite : Oh,
l’enquête
qu’on a faite !
On ne m’a
jamais
rien
demandé [à]
moi,
alors
que je crois
que
j’étais
quand même
6
[concerné]…
Et, on a beaucoup parlé ensemble, et il m’a
dit cela : « Mamma Rosa, je la connais ! Ce que je
peux affirmer, c’est que, avant que la sainte Vierge,
ou qu’elle dise que la sainte Vierge lui soit apparue,
et après, il y a eu une transformation dans sa vie,
non seulement intérieure, mais même extérieure.
Car elle n’avait jamais été à l’école, et elle
parlait vraiment, comme quelqu’un d’extraordinairement simple et très peu éduquée. Et la sainte
Vierge l’a éduquée, et l’a transformée profondément. »
JRF :
Avez vous conseillé le Père Pellacani ?
Père Marie Dominique Philippe :
Quand je suis allé voir le Père Pellacani, je lui
ai dit : « Vous devriez écrire directement au Saint
Père : Votre témoignage, ce que vous m’avez dit,
[notamment] quand on a fait l’enquête, et qu’on
n’est même pas venu vous demander votre témoignage ». C’était pour la question du poirier, qui a
fleuri et [où il y a eu] des témoins. Puis surtout sur
Mamma Rosa, sur ce que l’on pouvait dire sur
Mamma Rosa. Alors, il a écrit, et j’ai vu, comment
un saint prêtre, curé, pouvait écrire au Pape,
comme à un père, c’était merveilleux. Il m’a confié
[la lettre] et je lui ai dit : « Je la remettrai en main
directe au Saint Père, je puis avoir un contact avec
lui ». (Cf. encadré Lettre du curé de San Damiano au Pape p
11 ).
JRF :
Avez-vous connu Mamma Rosa dans sa maladie ?
Père Marie Dominique Philippe :
Elle m’a appelé à la fin, quand elle n’allait plus
bien du tout, quand il y avait l’histoire du procès.
Elle s’était réfugiée chez sa fille, et elle avait été
prise par des crises d’asthme extrêmement violentes. Et alors, la Vierge Marie lui avait dit de demander au père Marie-Dominique Philippe de venir.
Alors on lui a dit, il ne peut pas venir, il est beaucoup trop pris, il lui est impossible de venir. Et la
vierge lui avait dit : « Il viendra ».
Alors quand je suis arrivé, elle était déjà du
reste affaiblie par la maladie, elle s’est mise à verser des larmes de joie : « Ah ! Comme Elle est
bonne, comme Elle est bonne » ! Alors là, je sais ce
qu’est l’extrême onction, pour une paysanne ! Arranger tout avant de paraître en face du Bon
Dieu, et c’était exactement ça. C’était [la possibilité
de] tout arranger ; elle s’est confessée.
Et puis surtout, [elle m’a fait] la lecture de son
testament, en disant : « Est-ce que c’est bien, de
tout donner au Vatican, de tout donner au Saint
Père ». Elle me l’a lu, c’était très touchant, et ça
[me] confirmait en quelque sorte.
J’étais moi même très touché à ce moment là,
de voir le témoignage de sa fille (c’était au moment
du procès), et [le témoignage] de son gendre. La
semaine précédente, ils avaient été convoqués devant le juge et son gendre avait tout préparé. Sa
fille était convoquée le lendemain, le juge lui avait
dit : vous êtes sans doute d’accord avec ce que votre mari a dit ? Alors elle a répondu net : Je ne sais
pas ce qu’il a dit. Alors, le juge est resté stupéfait.
« Vous ne savez pas ce qu’il a dit ? - Non, [car]
c’est une question de conscience. Le juge lui a lu ce
que son mari avait dit, et lui a demandé si elle était
d’accord. Alors elle lui a dit : « Entièrement d’accord ». Puis elle a ajouté: « Ma mère ne nous a
jamais menti, alors, lorsqu’elle nous a dit qu’elle
avait eu cette apparition de la Vierge Marie,
nous n’avons pas douté. On a vu dans sa vie ce
changement : elle ne vivait plus que pour la
Vierge Marie ». Avec son originalité propre, mais
elle ne vivait plus que pour la Vierge Marie, de sorte
que c’était très beau le témoignage de sa fille qui
ressemble à sa mère.
La simplicité de Mamma Rosa, c’est surtout
ce que j’ai remarqué. Cette confiance et cette simplicité, elle parlait de la Sainte Vierge comme une
fille parle de sa maman. C’était exactement la
même chose. Il y avait quelque chose de semblable, dans les termes, dans l’intimité, dans la simplicité.
7
7
JRF :
Y avait-il un lien entre
Mamma Rosa et Marthe Robin ?
Père Marie Dominique
Philippe :
Je n’ai pas fréquenté
beaucoup de personnes ayant
vu la très Sainte Vierge, et je
ne courais pas après. Ce sont
ces personnes qui m’ont demandé de venir parce que je ne
voulais pas y aller par curiosité.
Alors je ne les nomme pas par
discrétion.
Je nomme
Marthe Robin. Tout ce que je
peux dire ; c’est que Mamma
Rosa avait un très grand désir
de voir Marthe Robin. Je dis
cela parce que cela montre
qu’elle savait bien que Marthe
Robin était quelqu’un [avec] un
regard très pertinent, très perspicace ; et elle aurait aimé voir
Marthe Robin pour parler de la
Vierge Marie avec elle. C’était
très net.
J’en ai parlé au père Finet, mais c’était impossible
parce que le père Finet avait
trop peur pour Marthe Robin,
de la lier à Mamma Rosa. La
charité fraternelle… ! Dieu a
des audaces que nous n’avons
pas…
JRF :
Est-ce que Marthe Robin
vous a déjà parlé de Mamma
Rosa ?
Père Marie Dominique Philippe :
Marthe Robin était d’une discrétion extraordinaire vis-à-vis des apparitions. Voyez, elle disait : « Je ne la connais pas, je n’ai rien à dire, Marie ne m’a pas parlé d’elle,
mais, très bien… » Je lui ai raconté un peu. Elle trouvait ça
très bien. Elle ne m’a pas dit du
tout : « Surtout n’y allez plus ».
Du reste, j’ai dû parler de cela à
très peu de monde…
J’ai gardé cela comme un
secret, parce que ce qui m’était
demandé, l’était un peu, [au]
point de vue spirituel, [au] point
de vue de [la] conscience.
JRF :
Concernant les fruits de San
Damiano, est ce que vous avez
une expérience particulière, sur
8
les fidèles ?
Père Marie Dominique
Philippe :
Je n’oserais dire avec
ma mémoire, mais je pourrais
le faire, à savoir, tous ceux qui
sont entrés à Saint Jean, et qui
sont entrés à Saint Jean à
cause de San Damiano, ils
sont plusieurs. Oui, plusieurs,
plusieurs frères. (Cf. Témoignage ci-après).
JRF :
Que pensez-vous du
message de San Damiano ?
Père Marie Dominique
Philippe :
Alors là, c’est difficile de
porter un jugement général làdessus, j’ai eu ce message
personnel, mais [il concernait]
uniquement le point de vue
apostolique.
Pour elle, c’était simple,
sa fécondité dans l’apostolat
ne pouvait venir que de son
intimité avec la Sainte Vierge
Marie, c’était très net. Oui, c’était ce côté, j’allais dire très
finalisé, d’une mère mais qui
prend tout. Il n’y avait pas de
procédé particulier. Un peu
comme Mamma Rosa le disait : c’est notre Maman. La
maman italienne ! Mamma Rosa a vécu ce côté très particulier de la maman italienne…
Alors c’était ça le message pour moi : un message
qui montrait que le retour du Christ serait [pour]
bientôt. C’était le bientôt de l’Apocalypse, dit à
travers le cœur de cette paysanne qui avait reçu
ce secret de Marie… que les temps étaient des
temps de très grandes luttes, et en même temps
de très grande fidélité et qu’il fallait maintenir
cette fidélité à travers tout.
C’est ce message de prière et d’intimité avec
le cœur de la très Sainte Vierge et que les temps
pressent. Ça, on le sentait chez elle, avec une exigence de consécration totale à Marie. Oui, c’était
un discours extrêmement non critiqué [spontané] et
donc d’une simplicité merveilleuse. Cela me faisait
penser au prophète Amos de l’Ancien Testament.
C’était du prophète Amos ! parce que c’était avec
force, netteté et sans s’inquiéter du tout de savoir si
ce serait bon, ou ce ne serait pas bon d’être dit, ça,
cela ne la regardait pas ! Elle transmettait. Voilà !
(Cf n° 1 du Bulletin San Damiano Media)
8
Les vocations monastiques au Jardin de Paradis à San Damiano
Beaucoup d’entre vous savent déjà que lors du
Rassemblement International de la Jeunesse et des
Familles de début mai 2005 lors de la messe du dimanche dans l’église de San Damiano, deux prêtres, l’un
français et l’autre italien, ont pris la parole au moment
de l’homélie. Tous deux ont témoigné avoir reçu à San
Damiano leur premier appel au prêtres qui participera
au développement de la sacerdoce et affirmé que de
ce Lieu jaillira une génération de Nouvelle Civilisation
de l’Amour dans le monde
Ce mois de mai 2006, le dimanche 7 mai, à l’occasion du Rassemblement International des Jeunes et
des Familles, le curé de la paroisse, dom Pietro Da
Crema présidait une messe concélébrée sur le parvis
de l’église, devant une foule internationale considérable, à majorité italienne. Au cours de son homélie enflammée, il rendait grâce à Dieu en fêtant le 50e anniversaire de son ordination sacerdotale qu’il a tenu à
célébrer avec les pèlerins et il exprimait sa joie d’en
accueillir un si grand nombre. Après lui un prêtre français de la communauté saint Jean, fondée par le père
Marie-Dominique Philippe, a donné le témoignage suivant :
« C’est ici, à San Damiano qu’à l’âge de 36 ans,
j’ai reçu pour la première fois mon appel à la prêtrise et je certifie que dans ma communauté,
soixante prêtres ont entendu ici leur premier appel
au sacerdoce ».
L’évangile nous apprend qu’un bon arbre produit de
bons fruits dans de multiples domaines utiles au salut
des hommes. L’examen du caractère surnaturel des
faits de San Damiano relève de la compétence des
autorités ecclésiastiques responsables du diocèse.
Nous devons leur faire entièrement confiance parce
que l’Esprit Saint leur a promis sa permanente assistance et ne manquera pas, le moment voulu par Dieu,
de mettre à leur disposition un « microscope électronique » assez puissant pour leur faire proclamer ce caractère surnaturel.
L’Église pratique la vertu de prudence à un degré
héroïque. On attribue à un Cardinal de la Curie romaine, le mot suivant : « Ici, à Rome, nous avançons
avec au pieds, des chaussures de plomb ! Mais nous
avançons » !
Pèlerins de Notre Dame des Roses, nous devons
avoir Foi en la Promesse de notre Maman du Ciel. Elle
nous dit :
« Faites et Je ferai », « Je compte sur votre fidélité,
souffrez tout, pour faire connaître Ma Présence en ce
Lieu », « Jour et nuit, Je serai avec vous, en ce Lieu
sacré, dans ce Petit Jardin de Paradis, Je vous attends
ici ».
Le président d’honneur Mr Marcel Mora
Association des amis de Notre Dame,
à Castets, le 13 juillet 2006
9
9
JRF :
Mamma Rosa disait, de la part de Marie: « Demandez l’Amour pour comprendre et l’intelligence
pour aimer »
Père Marie Dominique Philippe :
C’est très juste,
je suis entièrement
d’accord avec ça. Il
faut aimer, mais, il faut
aimer beaucoup pour
que notre intelligence s’éveille. Et les meilleurs psychologues le savent : ce sont toujours les refoulements du côté de l’amour qui braquent. Oui. Le petit
gosse qui ne comprend rien a l’arithmétique au point
de départ, c’est parce que le professeur lui a fait une
remarque qu’il jugeait injuste. Et pour ça, j’ai des
exemples très nets là-dessus, il faut aimer pour aiguiser notre intelligence, et notre amour a besoin de notre intelligence pour se purifier. Et là, Mamma Rosa
avait une intelligence naturelle, simple, directe de
paysanne et un très grand amour, Oh lala !
JRF :
Un autre message dit « Priez, aimez, offrez, souffrez et taisez-vous ». Ce sont les cinq demandes de
Marie à San Damiano.
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Père Marie Dominique Philippe :
Et Taisez-vous…
Si vous saviez comme je me suis tu …!
JRF :
Comment interprétez-vous, ce : « Taisez-vous »?
Père Marie Dominique Philippe :
C’est qu’elle juge que, actuellement, et elle le disait
dans ses messages, c’est que le monde touche une fin,
et donc c’est : Priez… Un poids de prière ! Se taire
pour qu’il y ait le poids de prière. Et c’est peut-être
le plus important.!
JRF :
Quelle était la relation de Rosa avec les prêtres ?
Père Marie Dominique Philippe :
A ce point de vue là, je crois que le plus important pour
elle, c’était d’avoir la présence d’un prêtre, d’un religieux. Pour elle, être en présence d’un professeur d’Université, et de l’Université de Fribourg, pour elle c’était
quelque chose d’extraordinaire et donc, même si elle
n’a jamais été gênée avec moi, ça l’impressionnait, et
ce qui était très net, c’est le respect d’une bonne mère
italienne à l’égard d’un religieux.
JRF :
Mon Père, merci pour ce témoignage
Père Marie Dominique Philippe :
Cela fait longtemps que j’aurais dû le faire !
Une partie de ces déclarations ont été reprises
dans le film vidéo : San Damiano, Témoins de Vérité ;
lui-même inclus dans le DVD : Le Jardin de Paradis.
(lire en dernière page).
Deux pèlerins de San Damiano
présents à la fête de ses 90 ans
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Extrait d’une lettre de Don Edgardo Pellacani,
curé de San Damiano de 1959 à 1969,
adressée au saint père le pape Jean Paul II. (1er juin 1979)
Après avoir commencé son
témoignage en disant qui, il est et
en expliquant sa situation, il déclare :
La voyante Rosa Buzzini,
veuve Quattrini, née en 1909 a
toujours été une jeune fille puis,
une épouse et une mère chrétienne fervente, exemplaire. Je
suis témoin direct d’une partie de
la vie de cette femme mais j’ai
également demandé aux autres
curés concernés.
Son
portrait moral est
beau, net, lumineux. Psychologiquement, elle a toujours été équilibrée, mais avec une foi très profonde et vécue totalement.
En toute conscience, il ne
m’est pas possible de penser que
Rosa Quattrini veuille tromper le
monde en inventant des apparitions. Sa simplicité est grande
mais son intelligence est limitée.
Elle n’avait d’ailleurs fréquenté
l’école élémentaire que pendant
quatre ans et n’avait pas, ni ne
pouvait avoir, vu le milieu familial,
aucune culture tant en matière
religieuse que profane.
Elle aime la prière et le travail manuel. Elle n’est pas portée
à l’activité intellectuelle. Aujourd’hui encore elle n’est pas capable
de comprendre un livre ou un
journal de niveau moyen. On peut
facilement évaluer son degré d’intelligence en regardant sa vie jusqu’à cinquante cinq ans quand
débutèrent les apparitions à San
Damiano.
En relation avec ses visions, je n’ai pas l’intention de
faire aucune affirmation directe
sur leur véracité ou fausseté mais
uniquement de relever les points
suivants : Les messages qui ont
accompagné ou accompagnent
les supposées apparitions sont
réels et inexplicables à ce jour.
Rosa Quattrini n’a jamais
fait preuve d’une intelligence ca-
pable de ceci c’est à dire de prononcer des discours si nombreux
à former un livre de trois cents
pages environ. Il s’agit de discours prononcés devant des foules de pèlerins.
Ces messages sont valables au niveau de la logique, de
l’expression, de la théologie et ce
qui compte plus encore, ils sont
efficaces au point de bouleverser
le monde.
Il faut noter que cette
femme prononce des discours
pendant les soi-disant visions et
ne peut plus les répéter, ni n’est
en mesure de les expliquer.
Des millions de pèlerins
sont venus à San Damiano appelés par ces paroles si simples, si
maternelles. ■
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Le DVD « Témoins de Vérité »
comporte le témoignage du
Père Marie-Dominique Philippe ainsi que celui de
nombreuses autres personnalités qui ont connu de près
Rosa di Gesù-Maria, notamment :
* Père Jacques Fougères, ancien curé de Saint Vallier (Drôme).
* Mme Monique Maisonneuve, Professeur de Lettres.
* M Roland Maisonneuve, Docteur d’état Es-Lettres et Sciences Humaines.
* Mgr Guilio Giacometti, Théologien, recteur de la Basilique dei Santi Apostoli e Nazaro Maggiore à Milan
Directeur spirituel et dernier confesseur de Mamma Rosa de 1978 à 1981.
* Don Piero Sessa, Théologien, assistant de Monseigneur Giacometti et confesseur de Mamma Rosa.
* Don Pietro Da Crema, curé de San Damiano.
* Don Francesco Bocchi, capucin, supérieur d’ordre.
* Marie Perrochon, consacrée.
* Don Vasco Pierondini, confesseur de Mamma Rosa.
* Signora Marguerite Cagnoni, secrétaire de Mamma Rosa.
* M et Mme Jaime Contreras de La Taille, diplomate chilien.
* Ingeniere Antonio Pelagatti, architecte à Parme, constructeur du puits de San Damiano.
* Don Edgardo Pellacani, premier curé de San Damiano et confesseur de Mamma Rosa.
* Signora Rosa Vignali, pèlerine et proche amie de Mamma Rosa.
* Mgr Bernardino Piñera, Archevêque Emérite du Diocèse de la Serena. Ancien président de la conférence
épiscopale du Chili.
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San Damiano Media
email : sdmedia@worldonline.fr
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