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bulletin 41 – …mais délivre-nous du mal… – sainte Jeanne Jugan

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Bulletin de
Notre Père
Numéro 41 - 4e trimestre 2009
...mais délivre-nous du mal ...
Le bien-être d’abord ?
De quel mal voulons-nous être délivrés ? Quelles sont
nos priorités négatives ? Pour nous, qu’est-ce que le « mal
absolu » ?
La réponse dépendra souvent de nos options affectives,
culturelles, politiques ou philosophiques. Généralement on
demandera à être délivré de ce qui nous gêne, et chacun
voudra se faire délivrer d’un
mal différent, avec des
priorités parfois antagonistes.
Un vrai casse tête chinois pour
le bon Dieu s’il veut contenter
tout le monde !…
Si Jésus place cette
demande à la fin du Notre
Père, c’est qu’en toute logique,
nous avons dû prononcer les
neuf premières demandes
auparavant. Le Catéchisme du
Concile de Trente dit avec
juste raison que nous sommes
naturellement enclins, à
l’heure de l’épreuve, à recourir
à Dieu pour qu’il nous délivre
de tous nos maux. « Il n’est
pas rare de trouver des
Chrétiens qui renversent
l’ordre établi par Jésus-Christ…
Avant donc de le prier de nous
délivrer du mal, Il nous oblige
à lui demander que son Nom
soit sanctifié, que son
Royaume arrive, en un mot il
veut que nous fassions d’abord
toutes les autres demandes qui
sont comme autant de degrés
pour arriver à celle-ci. »
Si nous sommes dans les
tribulations, et les occasions ne
manquent pas, nous sommes enclins à demander d’en sortir
sans prendre la peine de la conversion que suppose les
premières supplications du Notre Père. Et le Catéchisme de
Trente de dire que cette conduite est contraire au
commandement de Notre Seigneur : « Cherchez d’abord le
Royaume de Dieu ».
La Madone, dans son message à San Damiano, nous
rappelle que nous sommes faits pour le Ciel :
Courage, mes petits enfants, courage et en avant, la croix
sur les épaules, marchez avec mon Fils Jésus et vous
arriverez au Ciel triomphants parce que vous n’êtes pas
pour cette terre, vous êtes pour le Ciel où Jésus vous attends,
où votre Maman du Ciel veut vous prendre dans ses bras
avec un immense amour (SD 6 janvier 1970).
Bien loin de nous réfugier dans une espérance béate,
Marie nous demande de garder nos croix sur les épaules, car
« sans la croix on n’arrive pas au Ciel ». Marie nous le dit
souvent :
Vous aussi, vous devez avoir la
croix pour arriver là-haut.
Celui qui la porte avec
patience, avec amour n'est pas
fatigué. Avec Jésus on est
joyeux sous la croix parce que
Jésus pénètre en votre cœur
avec ses palpitations d'amour
et de grâces (SD 1er Novembre 1969).
C'est ce mouvement d'amour
qui a permis à une sainte
comme Jeanne Jugan de tenir
dans la foi (Cf, page 9).
Saint Paul lui aussi aurait aimé
être libéré de ces croix :
...Il m'a été mis une écharde en
la chair, un ange de Satan
chargé de me souffleter pour
que je ne m'enorgueillisse pas !
A ce sujet, par trois fois, j'ai
prié le Seigneur pour qu'il
s'éloigne de moi. Mais il m'a
déclaré : "Ma grâce te suffit :
car la puissance se déploie
dans la faiblesse." C'est donc
de grand cœur que je me
glorifierai surtout de mes
faiblesses, afin que repose sur
moi la puissance du Christ (II
Cor 12, 7-9).
En fait, le mal absolu n’a rien à
voir avec nos misères. Le mal
absolu c’est le péché.
Par lui je me dérobe à Dieu pour faire le rien, je blesse
l’Amour créateur et je crucifie le Christ. Par lui, si je ne me
repends pas, je perds mon âme. Dire « Délivre nous du
mal » c’est dire « Délivre nous du péché » (Raïssa Maritain Notes
sur le Pater. DDB).
Mais au-delà du péché, nous demandons aussi de nous
délivrer de l’auteur du péché, ainsi que des
conséquences du péché dans le but de
devenir libres.
1
Délivre nous du péché
Qui peut délivrer du péché ? Confucius ? Bouddha ?
Mahomet ? Marx ? Freud ?
Confucius enseigne une sagesse de connaissance du
monde et des hommes. Il dit : « Que l’on s’efforce d’être
pleinement humain et il n’y aura plus de place pour le mal ».
L’humanisme oriental séduit bien des chrétiens mais n’a
jamais apporté de solution ni d’explication au mal.
Bouddha enseigne la manière de s’accommoder des
conséquences du péché pour en évacuer la souffrance.
Le Coran professe la toute puissance d’un Dieu qui
récompense les uns et condamne les autres selon un schéma
de prédestination sans espérance.
Marx reporte le péché sur une partie de l’humanité pour
justifier son oppression.
Freud évacue le problème : il n’y a pas de péché.
Pourquoi seul Jésus Christ peut nous affranchir, seul Dieu
peut nous délivrer ?
Dans « délivrer », il y a « délivrance », un mot
d’obstétrique qui amène à la notion d’accouchement. Le
passage d’un état à un autre ; de l’état de vie dépendante, à
une vie libre, de vie plénière. Nous étions sous la
dépendance, sous la domination et l’esclavage du péché, et
nous naissons (par les sacrements) à une nouvelle vie, celle
de sauvés, comme Moïse fut sauvé des eaux, comme le
peuple Juif fut libéré de l’oppression égyptienne pour aller
vers sa Terre Promise. A chaque fois, il y a eu besoin de la
main secourable d’un tiers : la fille de Pharaon, ou le bras de
Moïse. Pour notre salut, notre guérison il a fallu Jésus-Christ,
car on ne se sauve pas soi-même, à l'inverse de ce que
professent certaines philosophies. Il a fallu le Fiat de Marie
qui a enfanté pour nous le Salut en son Fils.
Jésus veut effacer nos péchés, il est apparu plusieurs fois
à Rosa Di Gesù Maria pour le dire :
Je suis au milieu de vous pour vous combler de grâces,
pour vous combler d’amour car Je veux vivre seul avec vous
dans votre Cœur, Je veux détruire tous vos péchés. Donnezles moi tous vos péchés, Je les détruirai et J’enflammerai
votre cœur pour ne vivre que d’amour pour moi (SD 29 mars
1970).
La destruction de nos péchés est suivie d’une effusion
d’amour. Le sacrement de réconciliation laisse place à la joie
de l’amour de Dieu. C’est le péché qui nous sépare de Dieu ;
c’est lui que sa justice ne peut tolérer. En être délivré procure
la joie. Et la joie devrait être visible sur le visage des
chrétiens ! Nietzsche en riait de dérision : « Je croirait à leur
Christ quand les chrétiens auront des visages de ressuscités».
Il serait bon de prier pour retrouver ce visage.
Annonciation par Philippo Lippi
Jésus et Marie enflamment notre cœur pour que nous
goûtions le bonheur dès ici bas, car ils veulent notre
bonheur : C’est une des constantes de la spiritualité de San
Damiano :
Soyez heureux et sereins, ayant dans votre cœur l’amour
et la paix de Jésus et vous vivrez heureux sur cette terre en
attendant que s’ouvrent les portes du Ciel où Jésus vous
attend avec tant d’amour (SD 24 décembre 1969).
L’enfer, disait Bernanos, c’est quand on n’aime plus
(Journal d’un curé de campagne). Le péché mène à la mort et à l’enfer
car le péché est l’inverse de l’amour :
Il y a péché mortel, dit Jean Paul II, quand l'homme
choisit, consciemment et volontairement, pour quelque raison
que ce soit, quelque chose de gravement désordonné. En
effet, un tel choix comprend par lui-même un mépris de la loi
divine, un refus de l'amour de Dieu pour l'humanité et toute
la création : l'homme s'éloigne de Dieu et perd la charité
(Jean-Paul II Reconciliatio et Paenitentia).
C’est pourquoi Notre Dame des Roses dit aux Pères de
famille :
Papas, vous ne faites plus connaître l’amour de Dieu,
vous ne faites plus prier vos enfants et ils s’éloignent sur la
voie du péché (SD 6 février 1970).
Priez, priez pour la jeunesse car, sur le chemin de la vie,
tant de jeunes sont sur le chemin du péché, sur le chemin de
l’impureté et cause la perte de tant d’âmes. Avec cette mode
indécente, ils font trembler le Ciel et la terre (SD 26 mai 1970).
Délivre nous de l’auteur du mal
Le texte grec de l’évangile de Mathieu pourrait aussi se
traduire par « délivre-nous du mauvais » (Mgr Michel Dubost, Prier
le Notre Père, DDB). Jésus dira plus tard dans sa prière sacerdotale
Je ne te demande pas de les garder du monde, mais de les
garder du Mauvais (Jn 17,15).
Le Diable existe-t-il ?
Dans le message que nous étudions en pages 6 et 7 la
Madone dit :
Le démon entre et fait des ravages car le Père Éternel l’a
laissé libre... Le démon fait tout pour vous attraper. Vous
êtes enchaînés par vos grandes méchancetés mais le démon
est libre maintenant. Avant, il était enchaîné et maintenant
c’est vous qui êtes enchaînés par lui (SD vendredi 3 mai 1968).
Le démon aime qu’on nie son existence. La Madone nous
met en garde contre cette tendance du temps :
Ne savez-vous pas que l’ennemi fait tant de ravages ?
Vous ne croyez pas que c’est l’ennemi. Mais un jour vous le
verrez quand vous vous présenterez au Tribunal de Dieu,
mais il ne sera plus temps (SD 5 décembre 1969).
Pour le Catéchisme de l'Église Catholique, le Mal
n'est pas une abstraction, il désigne une personne,
Satan, le Mauvais, l'ange qui s'oppose à Dieu. Le
"diable" ("dia-bolos") est celui qui "se jette en
travers" du Dessein de Dieu et de son "Œuvre de
Salut" accomplie dans le Christ (CEC n° 2851).
Il y a une bataille entre cet ange déchu et le Seigneur,
Marie annonce que c’est l’heure du combat :
C’est l’heure de Dieu, c’est l’heure de Satan qui
travaille dans le monde entier (SD 13 mai 1970).
L’ennemi travaille tellement, tellement dans le monde.
Il entraîne tant d’âmes à la perdition. Tant d’âmes ne
comprennent plus ni le bien, ni le mal (SD 26 mai 1970).
Ils n’écoutent que le démon. Ils n’ont contre Jésus
qu’imprécations et contre Moi qu’insultes et ils ne
veulent plus me connaître pour Mère et Reine du Ciel
et de la terre (SD 24 avril 1970)…/…
2
Les hommes confondent le bien et le mal car le démon
est mensonge : Depuis le commencement il a été homicide,
dit saint Jean, c'est que la vérité n'était pas en lui et il ne
s'est pas maintenu dans la vérité : Il est menteur et père du
mensonge et le mensonge lui vient de son fond propre (Jn
8,44). "Le Satan, le séducteur du monde entier" (Ap 12,9), c'est
par lui que le péché et la mort sont entrés dans le monde et
c'est par sa défaite définitive que la création toute entière
sera "libérée du péché et de la mort" (prière eucharistique IV) (CEC
n° 2852).
En effet, nous dit la Madone, Elle viendra pour écraser
sa tête :
Mais Je viendrai, Je viendrai bientôt. Avec vos prières,
avec ma puissance, avec toute l’aide des anges et des
archanges, Trônes et Dominations, prions. J’écraserai Satan
et vous délivrerai de toute tromperie (SD 16 mai 1970).
C’est ce qu’enseigne le Catéchisme :
La victoire sur le "prince de ce monde" (Jn 14,30) est
acquise, une fois pour toutes, à l'heure où Jésus se livre
librement à la mort pour nous donner sa Vie. C'est le
jugement de ce monde et le prince de ce monde est "jeté
bas" (Jn 12,31 ; Ap 12,11). "Il se lance à la poursuite de la
Femme" (Ap 12,13-16), mais il n'a pas de prise sur elle : la
nouvelle Ève, "pleine de grâce" de l'Esprit Saint, est
libérée du péché et de la corruption de la mort (Conception
immaculée et Assomption de la très sainte Mère de Dieu,
Marie, toujours Vierge) (CEC n° 2853).
Bien des possédés sont passés à San Damiano et y ont été
délivrés : le témoignage du Père Don Vasco, un des premiers
confesseurs de Rosa, est spécialement édifiant (voir page 5).
Mais il y a une petite phrase
énigmatique
dans
Apocalypse 12 :
"Alors, furieux de dépit
contre la Femme, il s'en va
guerroyer contre le reste de
ses enfants ceux qui gardent
les commandements de Dieu
et possèdent le témoignage
de Jésus. " (Ap 12,17).
De fait, Marie a déjà écrasé
l’antique serpent, Jésus est
Victorieux pour le temps et
l’éternité de tout mal, de tous
péchés, du prince des
ténèbres, mais il nous reste à
guerroyer contre lui car il est
apocalypse libre, déchaîné, et l’humanité
est sous sa botte. Comment
concevoir ce triomphe de Jésus et de Marie qui est “déjà
là” et “pas encore”, à la fois ?
L’attente
Il y a un mystère d’attente. C’est l’attente de Dieu qui,
comme le père du fils prodigue, scrute l’horizon en espérant
voir revenir son fils :
Jésus est tout amour. Jésus attend, il attend que vous
reveniez tous à lui repentis, Jésus veut régner dans vos
cœurs, dans votre esprit (SD 25 juillet 1969).
Le démon travaille, lui. Il livre bataille, lui, parce que le
Père Éternel l’a laissé libre pour voir ce que vous faites tout
seuls. Combien Je pleure ! J’ai des larmes de sang de voir
mes enfants si nombreux au bord du précipice (SD 21 mars 1969).
Nous ne devons pas craindre, le Catéchisme y insiste :
C'est pourquoi l'Esprit et l'Église prient : "Viens,
Seigneur Jésus" (Ap 22,17 22,20) puisque sa Venue nous
délivrera du Mauvais (CEC n° 2853).
En effet, dans ce sens, la Madone nous demande :
Appelez vos anges gardiens, qu’ils viennent vous donner
l’aide, la force pour vous vaincre, pour écraser l’ennemi et
être libres, pour embrasser la croix et venir entre mes bras
de Mère aimante, reposer sur mon cœur (SD 16 mai 1970).
Courage, mes enfants, courage. Le démon fait rage, mais
Je triompherai. J’écraserai l’ennemi, et mon cœur doit
triompher sur le monde entier (SD 25 oct 1968).
Je marche à vos côtés sur cette terre pour vous éclairer
dans la voie du bien parce que le démon fait tant de carnage.
Il fait voir tout en beau, mais il trompe (SD 24 mai 1969).
Vous ne devez pas vous laisser abattre dans les
tentations. Vous devez vaincre parce que l’ennemi fait tout
pour vous ravir. Soyez très humbles, soyez purs et tenez-vous
sous mon manteau (SD 5 juin 1969).
Délivre nous des conséquences du péché
En demandant d'être délivrés du Mauvais, nous prions
également pour être libérés de tous les maux, présents, passés
et futurs, dont il est l'auteur ou l'instigateur. C’est la
signification de la liturgie lorsque le prêtre répond après la
prière dominicale :
Oui, délivre-nous de tout mal, Seigneur, et donne la paix
à notre temps : par ta miséricorde libère-nous du péché,
rassure nous devant les épreuves en cette vie où nous
espérons le bonheur que tu promets… (Ordinaire de la messe).
Dans cette ultime demande, l'Église porte toute la
détresse du monde devant le Père. Avec la délivrance des
maux qui accablent l'humanité elle implore le don précieux
de la paix et la grâce de l'attente persévérante du retour du
Christ (CEC n° 2854).
Lors du Tsunami de l’Océan Indien dans l’hiver 2004, le
26 décembre, plusieurs détails ont attiré l’attention des
commentateurs. On a observé que dans les heures qui ont
précédé la catastrophe, les éléphants ont fui à l’intérieur des
terres. Dans le même temps les pêcheurs se sont rendus
compte que les poissons filaient tous en haute mer et les
marins qui les ont imités ont été sauvés. Une Église remplie
de fidèles a été épargnée car elle était sans doute construite
en surplomb.
Que se serait-il passé pour Adam et Ève, avant leur chute,
s'ils avaient été confrontés à un tel phénomène ? Si l’instinct
naturel des animaux leur a permis de connaître le danger et le
fuir, à bien plus forte raison nos premiers parents qui, avant
le péché, étaient dans la connaissance infuse de Dieu et de
l’univers, auraient été épargnés. C’est bien le péché qui nous
aveugle.
La mission du père Kolbe à Nagasaki a été construite à
l'écart, sur les immondices de la ville ; elle a été protégée par
une colline qui lui a évité providentiellement la destruction
du souffle et des rayons de la bombe A ; comme l’église de
Thaïlande, du Tsunami.
Ainsi les conséquences désastreuses des catastrophes
naturelles, les maladies prennent bien leur source dans le
péché, qu’il soit originel ou pas. Le Péché Originel nous a
exclus de la connaissance de Dieu et de toutes choses. Le
péché de ce monde nous projette encore plus dans les
vicissitudes de ce siècle…/…
On peut relire le message déjà cité :
Avec cette mode indécente ils font trembler le Ciel est la
terre (SD 26 mai 1970).
Comme il y a une transcendance du bien, il y a une
transcendance du mal.
3
De même que des actions vertueuses élèvent l’humanité,
que des actes de sainteté sauvent et guérissent (voir encadré
Quand Foi et médecine font bon ménage) ; de même le
péché trouve une résonance dans la matière, soit de façon
directe, soit de façon indirecte.
- De façon directe, quand on songe aux complications
médicales et psychologiques de la contraception et de
l’avortement qui sont au premier rang dans les causes des
cancers de la femme ; quand on songe à la malnutrition, à la
misère, fruits de la cupidité économique, et aux maladies qui
en sont les conséquences (tuberculose, paludisme, SIDA) ;
quand on pense aux conséquences des guerres, des attentats
criminels et leurs lots de souffrances.
- De façon indirecte : Il y a, depuis un siècle, une
aggravation impressionnante de la fréquence des
cataclysmes naturels, réchauffement climatique inclus, dans
ce monde qui a déjà tué plus d’un milliard de ses enfants
innocents. Si l’impudicité fait trembler les cieux et la terre,
à combien plus forte raison le meurtre légalisé de tant
d’innocents, bébés non nés ou vieillards !
Libres, enfin
Cependant le problème du mal et de la souffrance est
plus complexe qu’une simple balance de justice : la vertu
rétribuée ; le mal, puni. Ce concept n’explique pas la
souffrance du juste, de l’innocent :
S'il est vrai que la souffrance a un sens comme punition
lorsqu'elle est liée à la faute, écrit Jean Paul II, il n'est pas
vrai au contraire que toute souffrance soit une conséquence
de la faute et ait un caractère de punition. La figure de Job
le juste en est une preuve spéciale dans l'Ancien Testament.
La Révélation pose en toute franchise le problème de la
souffrance de l'homme innocent : la souffrance sans faute.
En fait Dieu a permis cette épreuve en raison de la
provocation de Satan. Celui-ci avait en effet contesté devant
le Seigneur les vertus de Job (…). Et si le Seigneur consent à
éprouver Job, il le fait pour montrer les vertus de ce dernier.
La souffrance a là, un caractère d'épreuve (…). En bien des
épisodes, l’Ancien Testament souligne la valeur éducative
de cette peine qu'est la souffrance. Dans les souffrances
infligées par Dieu au Peuple élu est contenue une invitation
de sa miséricorde, qui châtie pour amener à la conversion :
" Ces persécutions ont eu lieu, non pour la ruine, mais pour
la correction de notre peuple "(…). Le sens de la peine est
de reconstruire le bien dans le sujet même qui souffre. La
pénitence a pour but de triompher du mal, qui existe à l'état
latent dans l'homme sous diverses formes, et de consolider le
bien, tant dans le sujet lui-même, que dans ses rapports avec
les autres et surtout avec Dieu (Jean-Paul II Salvifici Doloris).
Cependant si la souffrance vécue en tant que pénitence
est capable de transformer
le mal en bien, cela n’est
possible que parce qu’elle
a été avant tout assumée
par Jésus, le Fils de Dieu,
qui seul peut opérer ce
miracle paradoxal.
Dieu donne son Fils
unique afin que l'homme "
ne périsse pas ", mais ait
la vie éternelle ". L'homme
" périt " quand il perd " la
vie éternelle". Le
contraire du Salut n'est
donc pas seulement la
souffrance temporelle, une
Quand Foi et médecine font bon ménage
En décembre dernier le Dr Jindal, hindou, neurochirurgien
et doyen de l'éminent Goa Medical Hospital College and
Hospital dans l'Etat de Goa en Inde, a fait l'éloge de l'Église
catholique pour son rôle majeur dans le domaine de la santé,
expliquant que foi et médecine pouvaient s'unir afin de servir
au mieux l'humanité.
Le Goa Medical College (GMC) passe pour être l'une des
plus anciennes écoles de médecine d'Asie et la première
créée en Inde il y a plus de 400 ans.
Dans son allocution lors de la célébration au All Indian
Mission Seminary, le Dr Jinda, doyen du célèbre institut, a
souligné que des miracles inexpliqués continuaient de
survenir malgré les avancées médicales. Il a cité les résultats
d'une enquête réalisée dans son établissement qui a
démontré que les patients qui pratiquaient la prière
répondaient mieux aux traitements que les autres malades.
Ces miracles défient toute logique scientifique, a poursuivi le
neurochirurgien, ajoutant que le monde médical est en train
de redécouvrir le rôle de la foi dans le processus de guérison.
Il décrit la foi comme « une composante très importante » de
la thérapie et affirme que science médicale et religion
peuvent se compléter l'une l'autre.
D'après « Les dépêches d'Églises d'Asie » 12/2009
souffrance quelconque, mais la souffrance définitive : la
perte de la vie éternelle, le fait d'être rejeté par Dieu, la
damnation. Le Fils unique a été donné à l'humanité pour
protéger l'homme avant tout contre ce mal définitif et contre
la souffrance définitive (Jean-Paul II L.A. Salvifici Doloris).
C’est pourquoi, aux pieds de la Croix, devant le
Tabernacle ou à genoux devant l’Hostie élevée, nous
sommes enfin libres !
Marie la première libérée, la Co-libératrice
Dans la « Libération de la Femme », Marie est la
première libérée, en anticipation des mérites de son fils qui
est pleinement son fils. Cette plénitude de relation filiale du
Fils à la Mère, non seulement envahit le temps et l’histoire
mais le dépasse. C’est pourquoi Marie est Immaculée non
seulement depuis sa conception mais « de tout temps » et
même au-delà du temps. Le corollaire est de considérer
Marie comme pleinement Mère de Dieu, non seulement
depuis l’Annonciation par son Fiat (ce qui ne l’a pas
préservée des tentations), mais dès sa conception, selon le
mot audacieux de Maurice Zundel : Dès le premier instant
de son existence, elle est tournée vers le Rédempteur, elle lui
est entièrement consacrée, elle est déjà vivifiée par Sa
présence, elle est radicalement offerte à sa mission. Enfin,
Marie est toujours, dès le premier instant de son existence la
Mère de Jésus ! (Maurice Zundel, Marie tendresse de Dieu ; Ed. du
Jubilé).
Source de vie pour le Fils de Dieu qui nous donne la Vie.
C’est en donnant la vie comme Co-Rédemptrice, qu'elle
nous libère aussi du mal, selon ses propres paroles :
Je l’ai promis, mais Je veux voir votre amour, votre
repentir et Je chasserai le démon et vous serez libres. Tous
entre mes bras et dans ceux de mon fils Jésus (SD 3 mai 1968).
L’offrande au Père Éternel, des larmes de Marie au pied
de la croix, nous ont désenchaînés et nous rend libres, si
nous le voulons et l’acceptons ■
Bonne et Sainte Année !
Jean-Romain Fabrikant
4
Comment j’ai connu le fait de San Damiano
avant qu’il ne soit manifesté
Au mont Gargano
Le lundi 6 juillet 1964, je suis parti avec ma nièce pour
Lorette. Ensuite, nous sommes allés chez le père
Domenico da Cesa, compagnon du Padre Pio. Puis, nous
sommes descendus à San Giovanni Rotondo, où j’ai rendu
visite au Padre Pio. Après un entretien avec lui, nous nous
sommes rendus au célèbre sanctuaire du Mont Gargano,
dédié à Saint Michel Archange. Arrivés là, alors que nous
descendions les marches, nous avons entendu un bruit
fracassant. « Qu’est ce que c’est ? », dit ma nièce, je lui
répondis : « Ici, dans le midi, les gens tonitruent leurs
prières, tu sais. » C’est alors que j’entendis une voix
terrifiante et caverneuse hurler : « Voici un sac de
charbon ». Je suis entré dans le sanctuaire. Il faisait très
sombre, car on ne voit plus rien quand on arrive du dehors.
J’ai entendu deux voix me dire : « Venez par ici, père,
venez ! » Je me suis approché. On me demanda de mettre
la main sur une tête, celle d’une possédée assise sur un
banc. Je vis alors que j’étais en présence de deux
exorcistes : L’un, le père Bernardino, franciscain ; L’autre,
le père Bonaventura Martinelli. Tous deux, de Benevento,
où la Sainte Face a saigné. Ils avaient amené avec eux
une femme consacrée, du nom de Veronica de la Sainte
Face, qui était possédée par un démon, contre lequel on ne
pouvait rien. J’ai posé la main sur sa tête. Une voix
d’homme sortit de sa gorge et s’écria : « Ah ! Il ne manquait
plus que çà. Un sac de charbon et deux sacs de cacao ! »
Durant l’exorcisme, les deux exorcistes ont voulu savoir
si cette femme serait libérée du dernier démon qui
demeurait en elle. Les autres s’étant enfui devant le Padre
Pio. La voix caverneuse dit : « Je suis ici. Je ne peux
m’échapper. Je suis resté prisonnier. Aucun pape, aucun
évêque ou prêtre ne pourront me chasser d’ici ». Alors, tu
vas rester dans cette âme éternellement ? – « Non, je serai
mis dehors un jour ». – Quand ? Il fallait beaucoup
d’injonctions et d’exorcismes pour obtenir des réponses. La
séance dura longtemps. Quel jour ? Interrogea l’un des
exorcistes – « Je ne puis le dire » – Un jour ? – « Le jour de
son triomphe ». (Le
triomphe
de
la
Vierge) – Où ? La
voix ne voulait pas
répondre.
A Lorette ? –
« Non » – Dans un
sanctuaire
?
–
« Non » – A Milan ?
(La sœur était de
Milan) – A Modène ?
– Entre les deux ? –
Don Vasco et Rosa Quattri« Oui » – Entre
ni
Milan et Modène ? –
« Oui ». Nous n’avons rien pu tirer d’autre. « Reggio ? »« Non » – Plaisance ? Aucune réponse. La voix dit
seulement : « Un lieu tout puant » (ce qui dans sa langue
voulait dire : où l’on prie trop). Nous nous disions : ce lieu,
où peut-il bien être ? »
C’est alors que, de la bouche de sœur Véronica, sortit
un message de la Vierge sur l’amour de la Mère de Dieu
pour ses consacrés, sur leurs souffrances pour le salut du
monde, sur le triomphe final, sur l’aide divine qu’ils
reçoivent. Dieu assiste chacun d’un Esprit qui le guide et le
défend. La Madone répéta par trois fois : « Aimez la sainte
humilité ». La fin du message fut suivie par les hurlements,
blasphèmes et crachats du démon. Le sanctuaire allait
fermer ses portes.
De San Giovanni à Lucques
Nous avons repris la route et sommes revenus à San
Giovanni. C’est alors que le père portier est venu à notre
rencontre de la part du Padre Pio : « Le Padre m’a envoyé
pour que vous lui communiquiez le message sorti de la
bouche de cette sœur ». Tout en lui transmettant, je me
suis demandé comment pouvait-il savoir ce qui s’est
passé ?
Peu après, j’ai dû me rendre chez une sainte religieuse,
sœur Erminia... Elle m’a dit : « La Madone m’a prié de vous
faire savoir que vous devez aller sous le poirier où Elle est
apparue ». Je lui ai demandé : Mais, où est ce poirier ? –
« Je n’en sais rien », dit-elle.
Le 9 novembre suivant, je me suis rendu à Lucques
(Lucca), au carmel de Madre Teresa. Quand nous sommes
arrivés, celle-ci m’a dit :
« Vous avez su, Don Vasco, que la Madone est
apparue sur un poirier ? » – « Non, mais je voudrais bien
savoir où il se trouve ». – « C’est facile. Elle est apparue
dans le village où vit la sœur de notre vice-prieure, sœur
Giuseppina » (c’était la sœur de Rosa). Je lui dis : Faites-la
venir tout de suite, il faut qu’elle m’indique où la Vierge est
apparue exactement. Lorsque sœur Giuseppina est venue,
elle m’a dit : « A San Damiano ».
Arrivée à San Damiano
C’est ainsi que le premier vendredi suivant, le 13
novembre 1964, je me suis rendu à San Damiano. Je suis
allée chez le curé du village, Don Edgardo Pellacani. J’ai
célébré la messe à l’église et il m’a servi la messe. Il m’a
parlé longuement de Rosa, de ses rapports avec le Padre
Pio, de ses locutions avec l’Enfant Jésus, avec la Madone
qu’elle avait déjà vue. Il a ajouté : « On ne peut penser
qu’elle ment ou trompe. Elle en est incapable. Elle a été
guérie miraculeusement le 29 septembre 1961 ». Je me
suis rendu vers le fameux poirier. Il y avait encore trois ou
quatre poires vertes. Il restait des fleurs, mais sans pétales,
car nous étions déjà le 13 novembre. A midi, Rosa récita
l’Angélus. Elle le prononçait mal, mais
avec beaucoup de ferveur. Soudain,
elle arrêta le rosaire et transmit les
paroles de la Madone : exhortation à
prier beaucoup pour l’Église, pour le
pape, les évêques et tous les
consacrés; à réciter le chapelet ; à
venir et à faire venir en ce lieu
beaucoup d’âmes. Elle dit alors : La
Vierge vient pour libérer tant d’âmes
tourmentées par le démon. Même
celles que les prêtres, les évêques ou
le Pape lui-même ne peuvent libérer…
Nombreux sont ceux qui recevront ici
lumière, force, pour croire et vivre en
chrétiens.
L’apparition terminée, Rosa me demanda si j’avais vu
combien la Madone était belle. Je ne répondis pas pour ne
pas la désillusionner. Elle ajouta qu’il y avait aussi un jeune
homme vêtu d’une cotte de mailles et portant un heaume
sur la tête (sans doute Saint Michel).
Elle parlait en dialecte et s’exprimait de façon confuse.
Par contre, le message était en bon italien, avec des
cadences un peu brisées. C’est une bonne campagnarde,
simple. De même sa tante, Adèle, et le mari de Rosa qu’on
appelait Pino ■
Don Vasco Pirondini
Extrait de San Damiano à l’aube du 3ème millénaire.
Roland Maisonneuve. Ed Tequi
5
1
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3
4
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6
Vous serez tous libres
Message de la Maman Céleste
donné à Rosa le vendredi 3 mai 1968
Mes petits enfants, Je suis au milieu de vous parce que mon fils Jésus est mort sur la
croix pour vous sauver et vous donner la paix et l’amour1. Restez toujours près de
Lui, au pied de la croix, pour porter la croix avec Lui jusqu’au Calvaire, avec patience, avec humilité, dans l’abandon et un grand amour de la prière. C’est le chemin pour arriver au Ciel !
Acceptez la croix, mes petits enfants, celle que Jésus vous envoie, parce que sans la
croix, on ne peut parvenir au Ciel. Offrez-là, cette croix, heure par heure, en
échange de vos péchés, les vôtres et ceux du monde entier.
Restez persévérants jusqu’à la mort car vous en serez tellement récompensés, làhaut, au Ciel. Jésus est miséricordieux, Jésus vous ouvre son cœur, et vous, donnezvous aussi et donnez aussi vos péchés ; Jésus les détruira et enflammera votre coeur
d’amour pour Lui. Christus vincit, Christus regnat, Christus imperat. Mon Fils Jésus
viendra, mes petits enfants sur cette terre avec beaucoup d’Anges et de Saints, avec
son règne d’amour... Il répandra la paix, la miséricorde, les secours. Priez, priez,
mes petits enfants, car les châtiments s’approchent si fort de toutes les parties du
monde parce qu’on ne veut plus connaître ni mon Fils Jésus, ni moi. Demandez pitié
et miséricorde au Père Éternel, ensemble avec mon Fils Jésus, avec moi, avec tous
les Anges et les Saints du Paradis, unis en prière tous ensemble2... Il écoutera et il
fera miséricorde.
Mes petits enfants, vous êtes dans le mois qui m’est consacré. Consacrez-vous à moi,
corps et âme. Venez tous sous mon manteau parce que Je suis au milieu de vous pour
vous apporter grâces, miséricorde et bénédictions. Une maman fait tout pour ses
enfants, et l’essentiel c’est de les sauver. Je suis la Reine et la Mère du Ciel, la Mère
de l’univers car J’étends mon manteau sur le monde entier pour accueillir mes enfants, aussi bien les bons que les mauvais. Je visite le monde pour apporter des paroles d’amour, pour appeler mes enfants à la prière et à la pénitence... et avec le Rosaire dans les mains. Récitez-le souvent, car c’est l’arme la plus puissante pour recevoir les grâces.
Allez souvent auprès de Jésus dans le Très Saint Sacrement, recevez-Le souvent et
frappez... frappez, afin qu’Il ait pitié et miséricorde de vos enfants, qu’il les illumine,
qu’il les enflamme de son amour.
Mes petits enfants, en ce mois qui m’est dédié, Je serai toujours au milieu de vous,
jour et nuit, pour rappeler mes fils à la pénitence. Je ne veux pas vous abandonner,
mes petits enfants, Je veux vous porter tous au Ciel, entre mes bras, là vous goûterez
le bonheur éternel. Il y aura tous les Anges avec moi, en votre compagnie, pour remercier le Père Éternel du grand don qu’Il vous a fait que Je vienne sur cette terre
pour vous sauver, pour vous secourir, vous réconforter dans les heures tristes qui
sont en train de se précipiter sur le monde. Ne voyez-vous pas, mes petits enfants,
tous ces châtiments ? Ne comprenez-vous pas que vous ne vous aimez plus, que vous
n’avez plus la paix dans les coeurs, dans les familles, dans les nations3 ? Il n’y a plus
que l’orgueil, la vanité et la malice. Alors le démon entre et fait des ravages car le
Père Éternel l’a laissé libre... Le démon fait tout pour vous attraper4. Vous êtes enchaînés par vos grandes méchancetés mais le démon est libre maintenant. Avant, il
était enchaîné5 et maintenant c’est vous qui êtes enchaînés par lui. Réveillez-vous,
mes petits enfants, réveillez-vous...
1 Dieu nous aime et veut notre bonheur autant au Ciel
et il en sera question tout le temps dans ce message, mais
aussi sur la terre où il peut apporter la paix et l’amour et
donc, nous délivrer du mal dès ici bas. Mais tout cela est
conditionnel.
2 Le mot Insieme (ensemble) est répété deux fois dans
la même phrase. San Damiano qui est une école de prière,
nous fait entrer comme aucun autre lieu au monde, dans
la communion des saints. Notre prière se confond avec
celle de Marie, de Jésus et des saints.
3 Le débat sur les « châtiments » ouvre ici
l’interrogation millénaire sur la relation entre malheur et
péché. Les désordres constatés dans l’univers, les guerres,
la misère des pauvres et des malades sont-ils la
Figliuoli miei, sono in mezzo a voi poiché
Gesù mio figlio é morto in croce per
salvarvi e per darvi pace e amore. State
sempre accanto a Lui ai piedi dalla croce
per portare la croce con Lui fino al
Calvario, con pazienza, con umiltà, con
rassegnazione e grande amore alla
preghiera. Questa é la via per arrivare al
Cielo!
Accettate la croce, figliuoli miei, quella che
Gesù vi manda poiché senza croce non si
arriva al Cielo e offritela ora per ora in
sconto dei vostri peccati, quelli dei vostri
figli e di tutto il mondo.
Siate perseveranti fino alla morte che avrete
tanta ricompensa lassù nel Cielo. Gesù e
misericordioso, Gesù vi apre il suo cuore e
voi donate voi stessi e anche i vostri peccati
che li distruggerà e infiammerà il vostro
cuore d’amore per Lui. Cristus vincit,
Cristus regnat, Cristus imperat. Verrrà mio
figlio Gesù, figliuoli miei, su questa terra
con tanti angeli e santi, con il suo regno
d’amore e spargerà pace, misericordia e
aiuti. Pregate, pregate figliuoli che i
castighi si avvicinano forti da tutte le parti
del mondo poiché non vogliono conoscere
ne me ne il mio Figlio Gesù. Chiedete pietà
e misericordia all’Eterno Padre insieme a
me et a mio Figlio Gesù con tutti gli angeli
e i santi del paradiso uniti in preghiera tutti
insieme. Ascolterà e avrà misericordia.
Figliuoli miei, siete nel mese a me dedicato.
Consacratevi a me di anima e di corpo.
Venite tutti sotto il mio manto poiché sono
in mezzo a voi per portare grazie,
misericordia e benedizioni. Una Mamma fa
tutto per i suoi figli... basta salvarli ! Io
sono la madre e la Regina del Cielo, la
Madre dell’universo che stendo il mio
manto sopra tutto il mondo per accogliere
tutti i miei figli, tanto il buoni come i
cattivi ! Io passeggio nel mondo per
portatre parole di amore, per richiamare i
miei figli alla preghiera e alla penitenza.... e
con il Rosario tra le mani, figli miei,
recitatelo spesso che è l’arma più potente
per avere grazie.
Andate spesso da Gesù sacramentato,
ricevetelo spesso e bussate, bussate che
abbia pietà e misericordia dei vostri figli,
che li illumini, che li infiammi del suo
amore.
Figliuoli miei, in questo mese a me
dedicato sarò sempre in mezzo a voi giorno
e notte per richiamare i miei figli alla
penitenza. Non vi voglio abbandonare,
figliuoli, vi voglio portare tutti in Cielo fra
le mie braccia, là dove godrete una felicità
eterna. Ci saranno tutti gli angeli con me in
vostra compagnia per ringraziare l’Eterno
Padre del gran dono che Lui ha dato di
venire su questa terra per salvarvi, per
aiutarvi, per confortarvi nelle ore tristi che
stanno precipitando sul mondo. Non vedete,
figliuoli, tanti castighi ? Non comprendete
che non vi amate più, che non avete più la
pace nel cuore, nelle famiglie, nelle
nazioni? Solo orgolio, solo superbia e solo
malizia e il demonio entra e fa strage
poiche l’Eterno Padre l’ha lasciato libero.
Fa di tutto per rapirvi! Voi siete incatenati
per la grande malizia che avete, ma il
demonio adesso é libero. Prima era
incatenato lui e adesso siete incatenati voi.
Risvegliatevi, figliuoli, risvegliatevi!
conséquence du péché, du manque d’amour, de la
discorde ? L’Église répond : La liberté de l'homme est
finie et faillible. De fait, l'homme a failli. Librement, il a
péché. En refusant le projet d'amour de Dieu, il s'est
trompé lui-même; il est devenu esclave du péché. Cette
aliénation première en a engendré une multitude d'autres.
L'histoire de l'humanité, depuis ses origines, témoigne des
malheurs et des oppressions nés du coeur de l'homme, par
suite d'un mauvais usage de la liberté (CEC n° 1739).
4 Satan ou le diable et les autres démons sont des
anges déchus pour avoir librement refusé de servir Dieu
et son dessein. Leur choix contre Dieu est définitif. Ils
tentent d'associer l'homme à leur révolte contre Dieu (CEC
n° 414).
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Allez aux pieds de Jésus dans le Saint Sacrement avec beaucoup de foi et vous serez
exaucés. Jésus est toujours seul..., mes fils de prédilection ferment les portes, ils
n’appellent plus leurs fils, le démon fait des ravages6 et moi, Je pleure tant, tant.
Réveillez-vous, Mes petits enfants, en ce mois. Venez à mes pieds avec le Rosaire à
la main et demandez grâces et miséricorde pour vous et le monde afin que revienne
la paix et la miséricorde de Dieu. Si vous le promettez7; Je viendrai bientôt porter la
lumière dans le monde entier ; Je convertirai tant d’âmes et Je les sauverai.
Je vous appelle, mes petits enfants, Je vous appelle à la prière pendant qu’il est encore temps. Réunissez-vous avec moi et avec tous les Anges et les Saints du Ciel et
aussi avec mon Patriarche Saint Joseph qui est le chef de la famille. Il vous illuminera et vous aidera dans la voie du salut. Je viens au nom du Père Éternel qui m’a
donné tant de puissance, tant de grâces à répandre sur vous et sur votre chemin. Si
vous m’écoutez, nous triompherons dans le Ciel, sur la terre et sur la mer8.
J‘apporterai partout la paix dans toutes les nations, afin qu’elles puissent venir toutes entre mes bras.
Je vous inspirerai tous, J’illuminerai tous les coeurs. Tous mes fils doivent être réunis en un seul coeur avec Jésus et votre Maman du Ciel, Je vous aime tant. Promettez-moi, car Je vous appelle à la prière. Ne vous lassez pas, car vous recevrez tout si
vous écoutez mon appel de Mère qui souffre et pleure tant pour vous. Mamans, mamans, parlez à vos enfants afin qu’ils fassent une petite « fioretti » pour me la donner. Je veux l’amour de vos enfants et Je leur donnerai tant d’amour et de miséricorde pour les sauver en cette vie et les porter ensuite là-haut dans le Ciel.
Mes fils de prédilection, appelez les âmes, en ce mois. Réunissez-les, ramenez-les
afin que toutes puissent réciter le Saint Rosaire, que toutes puissent recevoir Jésus
dans le coeur. Que ce ne soit qu’une réunion d’amour, de prière, de repentir des péchés, et Je donnerai la lumière. Je l’ai promis, mais Je veux voir votre amour9, votre
repentir, Je chasserai le démon et vous serez tous libres, tous entre mes bras et dans
ceux de mon fils Jésus. Jésus est fort, saint, immortel. Il a pitié et fait miséricorde à
tous. Au revoir, mes petits enfants, au revoir, en prière, tous sous mon manteau où Je
vous donne tant de bénédictions et où Je répands tant de grâces. Je serai toujours
unie à vous sur cette terre pour vous unir tous dans la Patrie Céleste. Je vous bénis.
Andate ai piedi di Gesù Sacramentato con
tanta fede che sarete esauditi. Gesù é
sempre solo ! I miei figli prediletti chiudono
le porte, non chiamano più il loro figli e il
demonio fa strage e Io pianto tanto... tanto !
Risvegliatevi, figliuoli, in questo mese!
Venite ai miei piedi pentiti con in mano il
santo Rosario e chiedete grazie e
misericordia per voi e per tutto il mondo
affinche torni la pace e la misericordia di
Dio. Se voi promettete Io verrò presto a
portarvi luce in tutto il mondo e convertirò
tante anime e le salverò.
Vi chiamo, figliuoli, vi chiamo alla
preghiera intanto che siete ancora in tempo!
Riunitevi com me e con tutti gli Angeli e i
Santi del Cielo e con il mio patriarca san
Giuseppe che è il capo della famiglia che vi
illuminerà e vi aiuterà a salvarvi. Figliuoli
miei, Io vengo a nome dell’Eterno Padre
che mi ha dato tanta potenza, tanta grazie da
spargere sopra di voi e sopra il vostro
cammino. Se mi ascolterete trionferemo in
Cielo, in terra e in mare. Dappertutto !
Porterò pace in tutte le nazioni affinché
possano venire tutti fra le mie braccia.
Io inspirerò tutti, illuminerò tutti i cuori.
Tutti i miei figli devono essere uniti in un
cuor solo con Gesù e con la vostra Mamma
del Cielo. Tanto vi amo! Promettetemi,
figliuoli, promettetemi che Io vi richiamo
alla preghiera, e non stantcatevi che tutto
riceverete se ascoltetrete il mio invito di
madre che tanto sofro e tanto piango per
voi. Mamme, mamme, parlate ai vostri figli
che possano fare un piccolo fioretta da
donarmi. L’amore voglio, l’amore dei vostri
figli che Io darò loro tanto amore e tanta
misericordia per salvarli in questa vita e
portarli lassù nel Cielo
Figli miei prediletti, in questo mese richiamate le manime, riunitele, avvicinatele che
tutte possano recitare il santo Rosario, che
tutti possano ricevere Gesù nel cuore. Che
sia solo una riunione di amore e di
preghiera e di pentimento dei peccati che Io
darò la luce, l’ho promessa, ma voglio
vedere il vostro amore e il vostro
pentimento che schiaccerò il demonio e
sarete tutti liberi, tutti fra le mie braccia e
quelle del mio Figlio Gesù. Gesù e forte, e
Santo, immortale, ha pietà e misericordia di
tutti. Arrivederci, figliuoli, arrivederci in
preghiera e tutti sotto il mio manto che vi
do tante benedizioni e vi spargo tante grazia
e starò sempre unita con voi in terra per
unirvi tutti nella Patria Celeste. Vi
benedico!
Traduction critique :
San Damiano Media
5 L’Évangile dit : Et si Satan s’en prend à lui-même, s’il
est divisé, il ne tiendra pas, il est fini. Personne ne peut
entrer dans la maison du Fort pour piller ses affaires, sans
avoir d’abord ligoté le Fort. Alors seulement on pillera sa
maison (Mc 3, 26-27). Personne ne peut entrer dans la maison
du Fort. Cet homme fort c’est le démon, et sa maison est la
personne possédée. Piller la maison signifie enlever au
démon le pouvoir sur sa victime (Bible des Peuples).
6 En quelques mots, voilà brossé le tableau de la crise de
l’Église. On a trop vite fait d’expliquer le dépérissement de
la foi chrétienne en occident et le dérèglement spirituel de
l’humanité sur le seul fait de la société de consommation.
Jésus, qui est le centre de l’histoire, qui a été envoyé par le
Père Éternel, qui a donné sa vie pour le salut de
l’humanité (n°6), est relégué dans bien des paroisses au rang
des accessoires facultatifs du dimanche. Les prêtres
« n’appellent plus » à cette dévotion essentielle envers le
Très Saint Sacrement. Il est significatif de voir qu’en 2009,
la bonne moitié des ordinations en France vient des
communautés nouvelles qui ont précisément en commun
cette pratique.
7 En quoi consiste cette promesse ; venir aux pieds de
Marie ? Certains voudront comprendre qu’il faut venir
souvent à San Damiano. Cela peut être une vocation pour
eux et il faut respecter ce choix personnel. Mais le texte du
message ne précise rien. Être aux pieds de Marie, c’est avant
tout l’adopter comme Mère, écouter sa parole, lui tenir la
main dans la voie de la sainteté, accepter de rentrer dans la
dynamique du Rosaire et de l’adoration eucharistique.
8 Cette assertion a de quoi étonner. Pourquoi la terre et la
mer ? Il y a dans cette expression une idée de globalité du
Salut : Ce qu’il y a de plus précieux aux yeux de Dieu, que la
création toute entière : c'est l'homme, c'est pour lui
qu'existent le ciel et la terre et la mer et la totalité de la
création, et c'est à son salut que Dieu a attaché tant
d'importance qu'il n'a même pas épargné son Fils unique
pour lui. Car Dieu n'a pas eu de cesse de tout mettre en
oeuvre pour faire monter l'homme jusqu'à lui et le faire
asseoir à sa droite (St Jean Chrysostome, serm. in Gn 2,1 ).
9 C’est l’attente de Dieu. Dieu est patient, il veut voir
notre foi dans sa libre expression.
7
Remplacement de la statue de Notre Dame des Roses
A l'occasion du Centenaire de la naissance de Rosa di
Gesù Maria, l'Association Ospizio Madonna delle Rose
avait annoncé des projets de restauration du Jardin de
Paradis. Dans le cadre de cette entreprise, la statue de
marbre de Notre Dame des Roses a été remplacée par une
copie de qualité, en marbre de Carrare massif, le 18
novembre dernier. Celle ci a été financée par une pèlerine
italienne.
Le souci des responsables était de garantir la bonne
conservation de la statue originale qui, usée par le temps,
devrait être nettoyée et traitée en atelier pour revenir et
recevoir encore la dévotion des pèlerins. Bien sûr on ne
prie pas une statue, mais Celle que la statue représente,
Notre-Dame des Roses. On se souvient que Rosa di Gesù
Maria, en parlant de cette œuvre, disait qu'elle n'exprimait
pas la réelle beauté de la Vierge Marie, car la Vierge Marie
"est un feu d'amour".
Il n'y a pas eu de
bouleversement au Jardin de
Paradis ; tout a été fait dans
le calme et le recueillement,
rien n'a été abîmé, et cet
évènement ne devrait pas
entamer la communion entre
les pèlerins qui sont appelés à
rester dans un esprit de prière
Nouvelle Statue
et de charité fraternelle.
Mais c’est aussi l’occasion de rappeler l’histoire des
statues de Notre Dame des Roses.
La première statue
qui a été commandée par Rosa di Gesù Maria est une
petite figurine d’environ trente centimètres, en bois peint,
qui est encore dans son ancien oratoire (non ouverte au
public actuellement).
La deuxième statue
est celle de la statue de marbre de Carrare bien connue,
sculptée dans un bloc pur, qui a été déposée dans le
Jardin de Paradis le 25 mars 1969 (40e anniversaire cette
année). Rosa voulait qu’elle soit à même la terre, sans
socle, signe que Marie pose ses pieds sur notre terre,
comme pour en prendre possession, et comme pour
montrer qu’Elle est sœur de tous les hommes et de toutes
les femmes du monde entier, pèlerine parmi eux. Elle est
orientée, selon les voeux de la Sainte Vierge, en direction
d’une grande croix de bois situé en dehors du Jardin de
Paradis. Car Marie regarde toujours dans la direction de
son fils ; Elle nous mène à son Fils :
Par mon instrument, J’ai fait mettre mon image, là
dans mon Jardin de Paradis et devant moi J’ai la croix de
mon Fils Jésus. Je suis depuis toujours sur la croix, c’est
ainsi qu’on arrive au Ciel. Rosa ajoute que la Vierge
regarde cette croix, et à travers elle, tous ses enfants du
monde. (Doc 234. Roland Maisonneuve. San Damiano à l’aube du troisième
millénaire. Ed Téqui).
Notre Dame de Lourdes
Dans le même ordre d’idée Rosa a fait disposer une
statuette de Notre Dame de Lourdes en bronze (Vierge
orante) au dessus du puits du Jardin de Paradis. Cette
figurine, dirigée vers l’église, symbolise et rassemble les
éléments d’une vision de Rosa où Marie disait à Rosa :
Regarde où Je vais. Et l’apparition se dirigeait vers
l’église, vers le tabernacle. A chacune de ses apparitions,
quand Elle arrive, Elle va d’abord saluer son Fils dans le
tabernacle de l’église. A la fin de l’apparition Elle se rend
de nouveau à l’église pour l’honorer (Doc 234. Idem).
Inimitable
La statue blanche accueille les
pèlerins depuis quarante ans et
tous ont pu admirer le sourire
ineffable (inimitable ?) de cette
sculpture exceptionnelle. Rosa,
bien sûr, ne pouvait s’en
satisfaire, pas plus que
Bernadette qui disait que les
re p rod u ct ion s q u ’on l u i
présentait étaient si pâles au
regard de la beauté de la
« Dame ». Cependant des
témoins ont entendu Rosa dire,
Ancienne statue
à l’époque, que Marie avait
guidé la main de l’artiste pour cette belle statue.
Bien des pèlerins ont vécu des expériences spirituelles
exceptionnelles auprès de cette sculpture. Ils l’ont vu tour
à tour s’animer, se colorier, pleurer ou rayonner de joie et
de lumière, voir la face de Jésus se dessiner sur son ventre.
Les témoignages sont nombreux et évoquent les prodiges
des icônes orientales. En cela, la spiritualité de San
Damiano est comme un pont jeté entre l’occident et
l’orient, entre la froide logique de l’ouest et l’émotion des
peuples du levant.
Certains pèlerins sont peinés qu’on leur ait retiré cette
effigie dont la transparence évoquait quelque chose de
venu d’ailleurs et à laquelle ils s’étaient attachés. Notre
prière est amenée à se dépouiller un peu plus.
On notera qu’à Lourdes aussi, la statue originale a été
remplacée et qu’elle est exposée actuellement dans une
chapelle appelée « Notre Dame de la Consolation » dans la
Chapelle du Pech à Lavaur, ville natale du Père Marie
Antoine de Lavaur, le célèbre « Saint de Toulouse » qui fit
tant pour le pèlerinage de Lourdes et qui fut un proche de
Bernadette.
Troisième statue
De son vivant, Rosa a fait une troisième commande,
celle d’une autre statue de Notre-Dame des Roses qui, elle,
est destinée à orner l’autel de la future basilique. Cette
statue n’est pas accessible au public, tant que la basilique
n’aura pas vu le jour. Elle est coiffée d’une couronne qui
reprend les éléments de la première vision de Rosa le 16
octobre 1964 : Elle est réalisée comme la coupole de saint
Pierre de Rome, avec les douze apôtres tout autour, car
Marie s’est présentée à Rosa di Gesù en « Mère de
l’Église » plusieurs semaines avant la proclamation de ce
titre par Paul VI (8 décembre 1964).
Serait-ce coupable de se sentir attaché à un lieu, à une
icône ?
Sur cette parcelle de terre, Marie a donné des grâces de
la part du Père Éternel qui proclame, par la bouche
d’Isaïe :
Je glorifierai le lieu où se sont posés mes pieds (Is 60, 13) ■
JRF
8
Sainte Jeanne Jugan
Fondatrice des Petite Soeurs des Pauvres
25 oct. 1792 - 29 août 1879
Béatifiée le 3 oct. 1982 par Jean-Paul II - canonisée par Benoît XVI le 11 oct. 2009
Les petites soeurs des pauvres sont à l'origine d'une congrégation religieuse fondée en Bretagne, à
Saint Servan sur Mer (Île et Vilaine). La maison mère se trouve à Saint Pern. Ces petites soeurs sont engagées dans une action caritative internationale, pour l’accueil et le soin des personnes âgées pauvres,
quelles que soient leur nationalité, origine ethnique ou croyance. Jeanne Jugan, une simple servante, fille
d’un marin-pêcheur de Cancale, en est la Fondatrice.
Très vite la Congrégation franchit les limites de la Bretagne. Elle est aujourd'hui établie dans 31
pays, sur les 5 continents. Elle compte 208 maisons où sont accueillies des personnes âgées sans ressources ou de ressources modiques. Plus de 3000 petites sœurs, originaires d'une cinquantaine de pays,
y sont engagées par les trois vœux habituels de religion : chasteté, pauvreté et obéissance, auxquels elles
ajoutent le vœu d'hospitalité envers les vieillards pauvres. De très nombreux laïcs travaillent et militent
aussi avec elles.
Selon notre habitude nous tenterons de dégager de sa biographie les éléments spirituels qui nous
rappellent les évènements de San Damiano.
Enfance de Jeanne
C'est en pleine révolution française, au hameau des
Petites Croix, à Cancale, petit port de pêche que naît
Jeanne Jugan, le 25 octobre 1792. Les parents sont
pauvres, honnêtes et vertueux. Le père, marin de
profession se nomme Joseph et sa mère Marie Horel.
De leur union naissent sept enfants, deux garçons et
cinq f illes. Jeanne est la
cinquième, quatre meurent en bas
âge. Chaque année, son père s'en
va, comme la plupart des
Cancalais, sur les bancs de TerreNeuve pour la grande pêche...
Mais un jour, il ne revient pas. Il
disparaît en mer en 1798, Jeanne
n'a que cinq ans !
La famille manque souvent du
nécessaire. La maman fait des
journées de travail. Et la petite
Jeanne mène paître les vaches sur
les hauteurs qui dominent la baie
du Mont Saint Michel.
Jeanne s'éveille à la foi
La terreur de la révolution
s'éloigne peu à peu. En 1802,
l'église paroissiale est rendue au
culte. Jeanne a dix ans. On ignore la
date de sa première communion et
quelle a été sa formation religieuse. Peut-être a-t-elle
bénéficié de l'éveil de la foi que dispensent en secret
les tertiaires de saint Jean Eudes ? Vers quinze ans,
elle est placée comme aide cuisinière près de Cancale.
Employée de cuisine, elle est aussi associée au service
des pauvres. Elle visite des familles indigentes et des
vieillards isolés. En 1816, une grande mission
paroissiale de trois semaines est prêchée à Cancale.
Jeanne la suit avec recueillement et ferveur.
1. A San Damiano, La Madone demande « La Cité des
Roses » : Fondations d’œuvres de miséricorde corporelle et
spirituelle…: Maisons pour les enfants orphelins ou
abandonnés ; pour les personnes âgées, pour les prêtres
Dieu me veut pour Lui
Jeanne a vingt quatre ans. C'est une belle jeune fille
et un jeune marin veut l'épouser. Mais Jeanne décline
la demande car « Dieu me veut pour Lui » dit-elle.
Au plus profond d'elle-même, elle entend un appel.
Elle s'en explique à sa mère, avec gravité : Dieu me
veut pour lui. Il me garde pour une oeuvre qui n'est pas
connue, une oeuvre qui n'est pas encore fondée (1).
De quel grand large lui viennent ce
souffle et cet appel ? Les femmes
de Cancale ont du caractère. Elles
ont aussi un grand coeur. Lorsque
l'une d'elles est dans le besoin, les
voisines accourent. Jeanne l'a
expérimenté maintes fois.
Don total
Au cours de l'année 1817, Jeanne
quitte la maison familiale et vient
habiter seule à saint Servan, non
loin de Saint Malo. Elle laisse à ses
soeurs tout ce qu'elle a d'élégant.
Elle ne sait pas encore ce que Dieu
attend d'elle, mais elle est attirée par
le service des pauvres.
Des pauvres, il n'en manque pas à
cette époque. Plus de la moitié des
gens vit sous le seuil de pauvreté.
Jeanne entr e, com me aidesoignante, à l'hôpital du Rosais, le
seul hôpital de la ville, où s'entassent malades et
indigents. Elle les sert pendant six ans.
Une mission paroissiale de cinq semaines est
prêchée à l'église de Saint Servan. Jeanne y
approfondit sa foi. Elle adhère alors au tiers ordre fondé
par saint Jean Eudes, dont la spiritualité est toute
orientée vers une relation aimante avec le Seigneur et
une charité tendre et active envers tous.
âgés... Un village pour les jeunes, Il faudra pourvoir, dit la
Vierge, pour tous ceux qui dont délaissés par la société, les
besogneux, les pauvres, les marginaux… (S.D. A l’aube du
III° millénaire. P 160)
9
L'attente
Une grande fatigue
oblige Jeanne à cesser
son activité à l'hôpital
d u
R o s a i s .
Mademoiselle Lecoq,
une servante de vingt
ans son aînée, la prend
chez
elle
comme
servante et amie. Les
années passent. Et
Jeanne ne sait toujours
pas quelle est l’oeuvre
inconnue à laquelle
Dieu la destine.
A la mort de sa
patronne en 1835, avec
une amie, Françoise Aubert, elle loue un logement au
centre de Saint Servan. Bientôt une jeune fille de dix
sept ans, Virginie Trédaniel, se joint à elles. Et toutes
trois mènent une vie de prière et de charité. Jeanne fait
des ménages et des lessives.
L'hiver 1839-1840 : L'heure de Dieu
Jeanne a quarante sept ans. C’est le début de
l'hiver 1839. Les vents froids du nord soufflent de la
mer. Jeanne découvre la détresse d'une femme
aveugle et infirme, laissée à elle-même. Son coeur
s'émeut. C'est l'heure où Dieu lui fait signe : Avec
l'accord de ses deux compagnes, elle accueille chez
elle la pauvresse. Elle lui offre son lit et elle-même
monte au grenier pour dormir. Une brèche vient de
s'ouvrir dans sa vie, par où va s'engouffrer le souffle de
Dieu, avec toutes les détresses et les solitudes d'une
humanité souffrance.
Une grande aventure commence. Humblement,
sans discours, sous une pauvre mansarde. Une
deuxième pauvresse est bientôt accueillie, puis une
troisième... C'est la contagion de la charité. Bientôt se
forme une association charitable qui se donne une
règle inspirée du tiers ordre de saint Jean Eudes.
La petite communauté avec son projet de vie,
trouve un soutien en la personne d'un jeune vicaire de
la paroisse saint Servan, l'abbé Le Pailleur. Il devient
leur conseiller, sera un appui efficace, mais aussi pour
Jeanne, la source de grandes épreuves.
Le recours à la quête
En 1841, le nombre des personnes âgées
secourues ne cessant de croître, les trois amies louent
une maison : Le Grand-en-Bas. Mais très vite, le local
s'avère insuffisant. Alors, avec l'aide de l'abbé Le
Pailleur, Jeanne acquiert l'ancien couvent des filles de
la Croix, non loin de l'église paroissiale. Encouragée
par les frères de st Jean de Dieu, elle se met à
quêter. Cela me coûtait, avouera-t-elle plus tard, mais
je le faisais pour le Bon Dieu et pour les pauvres. On
raconte qu'un jour un vieux célibataire, irrité, la gifla.
Elle répondit doucement : Merci, la gifle est pour moi.
2. ... On comparera volontiers l’obéissance de Jeanne à
l’obéissance de Rosa Quattrini qui a été accusée de
désobéissance.
Elle a reçu deux interdictions : tenir des réunions de
prière en public (1968), transmettre les messages qu’elle
affirmait recevoir de la Vierge (1970).
- Elle a obéi - Elle ne s’est plus présentée en public pour
diriger la prière, Elle a reçu ses messages dans son oratoire,
au milieu des intimes. Elle a mené désormais une vie de
Maintenant, donnez-moi pour les pauvres, s'il vous
plaît.
Naissance d'une communauté
Le 29 mai 1842, rassemblée autour de l'abbé Le
Pailleur, la petite association précise son règlement, en
s'inspirant de la règle des Frères de saint Jean de
Dieu. Jeanne est choisie comme supérieure.
Elle est réélue l'année suivante, mais coup de
théâtre, l'abbé Le Pailleur, de sa propre autorité, casse
l'élection et choisit, à la place de Jeanne la timide
Marie Jamet, plus jeune et plus malléable. Jeanne
s'incline. Imperturbable, elle va de l'avant, portée par
son grand coeur. L'oeuvre est lancée. Rien ne saurait
l'arrêter. A vrai dire, ce n'est plus Jeanne qui aime et
qui agit, c'est l'amour même de Dieu qui, à travers elle,
se répand sur le monde.
L'oeuvre connaît un développement rapide et
surprenant. Elle répond à un grand besoin de l'époque.
Il n'existe rien pour les vieillards sans ressources. Pas
de pensions, pas de sécurité sociale, pas de retraites.
C'est le vide. L'initiative de Jeanne relève d'une
intuition prophétique. Il ne s'agit pas seulement pour
elle de loger et de nourrir les personnes âgées et
pauvres, mais plus encore de leur apporter respect,
considération, amour : Le temporel et le spirituel vont
de pair.
Une cascade de fondations
Sitôt connue, l'oeuvre est
applaudie en haut lieu. Le
11 décem bre 1845,
l ' A c a d é m i e f r a n ç a is e
décerne à Jeanne le Prix
Montyon. Puis, de 1846 à
1852, c’est une vraie
cascade de fondations.
Des maisons s'ouvrent à
Rennes, Dinan, Tours,
Paris, Nantes, Besançon,
Angers, Bordeaux, Rouen,
Nancy... et même en
Angleterre. Infatigable,
Jeanne va d'une ville à
l'autre.
Le coup d'arrêt
L'activité de Jeanne et sa popularité croissante
inquiète l'abbé Le Pailleur. Elles lui portent ombrage. Il
désire tant être considéré, lui, comme le fondateur de
l'oeuvre ! Or celle-ci semble lui échapper.
En 1852, Jeanne est appelée à Rennes où se
trouvent alors la maison mère et le noviciat. L'abbé Le
Pailleur lui demande de cesser toute activité extérieure
et toute relation suivie avec les bienfaiteurs.
Elle doit se considérer comme une simple soeur,
sans aucune autorité et responsabilité. Dorénavant,
elle ne sera connue que sous son nom de religion :
soeur Marie de la Croix. Jeanne obéit (2).
prière intense, mais retirée. Certes, elle a affirmé encore
avec force que la Vierge lui apparaissait et lui
communiquait des messages. En faisant cette déclaration,
elle a suivi sa conscience, telle Jeanne d’Arc affirmant sa
fidélité à ses voix.
Le deuxième Concile du Vatican n’a-t-il pas rappelé que
la conscience est la règle d’action que l’homme est tenu de
suivre ? (R. Maisonneuve, San Damiano Hist et Doc. P 159)
10
Le désert
Jeanne
est
dépouillée de toute
responsabilité,
écartée du conseil de
la
congrégation,
vouée au silence et à
l'oubli. Tout lui est
enlevé.
C'est
le
désert !
Il lui reste son grand
coeur, trop grand
pour se replier sur
lui-même,
et
la
com pagnie
des
novices qu'elle aime.
Aucune
plainte,
aucune amertume dans ce coeur qui ne saurait se
fermer.
Cependant Jeanne est pleinement lucide. Un jour,
elle dit à l'abbé Le Pailleur : Vous m'avez volé mon
oeuvre. Mais je vous la donne de bon coeur. Ce
détachement n'allait pas sans souffrance. A une amie
venue la visiter, elle déclare : Ne m'appelez plus
Jeanne, mais Soeur Marie de la Croix. Son amie la
regarde, interrogative; Jeanne se tait.
Le fondateur, c'est l'abbé Le Pailleur. Tout le monde
doit le savoir !
Le secret de l'oeuvre :
Un jour, une novice apprend par ses parents la
véritable origine de la congrégation et le rôle primordial
de Jeanne ; elle vient donc la questionner à ce sujet.
Jeanne répond simplement : « Profitez bien de votre
noviciat, soyez fervente, fidèle à notre sainte Règle.
Puis elle ajoute : « Vous ne saurez jamais ce qu'elle a
coûté. » Ce sera le secret de Jeanne : ses souffrances
offertes ! Souvent, on la voyait se retirer dans la
solitude des champs ou des bois, le chapelet à la main.
Et son désert fleurissait.
Jeanne ne s'enferme jamais dans la nostalgie du
passé. Quant à l'avenir, elle le remet entre les mains de
Dieu (3). Elle vit toute entière dans le présent, attentive
aux personnes qui l'entourent, comme aussi aux
grandes intentions de l'Église de son temps. Les
novices, au milieu desquelles elle vit, sont les
premières bénéficiaires de sa sollicitude.
Elle sait aussi admirer la beauté des choses les plus
humbles. Elle s'arrête volontiers devant une rose dans
le jardin. La beauté silencieuse de la rose la remplit
d'une joie secrète. La rose ne dit jamais son nom. Elle
ne s'inquiète pas d'être connue ou reconnue. Pur reflet
d'une beauté qui est au-dessus de tout nom, elle fleurit,
tout simplement.
Se laisser humilier
… Mais il faut vous laisser humilier. Au lieu de
3 Le Padre Pio avait dit à Rosa : « Rentre chez toi. Va à
l’hôpital soigner les malades… ». Je suis rentrée à la
maison. Puis voilà que s’est présenté de nouveau le Padre
Pio qui m’a dit : « Va à l’hospice Victor Emmanuel. Il y a
une autre âme à soigner et à sauver… » J’y suis allée. J’ai
demandé à parler avec la mère supérieure. Je lui ai dit que
j’avais été envoyée parce qu’on avait besoin de quelqu’un
pour assister un pensionnaire. La supérieure, étonnée, m’a
descendre en soi, en se repliant sur soi, mais monter,
s'ouvrir, s'épanouir, comme la rose ! Dans cette
remarque, Jeanne livre le secret de sa vie, le chemin
qu'elle suit.
L'idéal des petites soeurs des pauvres
Depuis les débuts, l'idéal des petites soeurs des
pauvres est de vivre pauvrement avec les pauvres
gens, en ne dépendant que de la générosité des
bienfaiteurs, c'est-à-dire de la quête. C'est un chemin
de confiance totale envers Dieu, vécu au jour le jour.
Jeanne en a donné l'exemple.
Elle ne sait pas d'où viendront les provisions du
lendemain, mais elle persévère avec la ferme
conviction que Dieu n'abandonnera jamais les pauvres.
Un choix s'impose
Au fil du temps, la congrégation se voit offrir des
legs de plus en plus nombreux. La tentation est grande
de convertir ces legs en une source de revenus fixes. A
vue humaine, ce serait la sécurité assurée, celle des
maisons et de leurs hôtes.
Faut-il s'engager dans cette voie ? … Les soeurs
doivent choisir : ou bien la voie humaine de la sécurité,
celle des revenus fixes, ou bien la voie de la quête,
c'est à dire de la confiance totale en Dieu, vécue au
jour le jour.
L'instant de vérité
Les petites soeurs hésitent. Consciente de la gravité
de l’enjeu et en désespoir de cause, elles se tournent
vers Jeanne. On se souvient tout d’un coup de la petite
soeur de l'ombre, la première des petites soeurs.
Loin de triompher, Jeanne est surprise et confuse de
se voir convoquée au conseil. Je ne suis qu'une pauvre
ignorante, déclare-t-elle. Elle vient au conseil et donne
son avis. Pour elle, aucune hésitation. La voie est toute
tracée; c'est celle de la confiance en Dieu. Il faut
renoncer à tout revenu fixe. On écoute l'avis de Jeanne.
La congrégation s'engage à ne posséder aucune rente,
et, en bas de l'acte officiel, signé par les membres du
conseil, Jeanne y pose, elle aussi sa signature :
l'unique signature, l'unique écrit que nous ayons d'elle.
Puis elle reprend le chemin de l'ombre.
Les vraies fondations sont toujours cachées : elles
s'enfoncent dans le sol. Par le rayonnement de sa vie
et de son esprit, Jeanne a marqué de son charisme
toutes les jeunes postulantes et novices qui passèrent
à La communauté durant ces vingt trois années.
Jeanne a maintenant quatre vingt un ans. Elle doit
s'aliter plusieurs semaines, presque aveugle, elle ne
peut plus ni lire, ni coudre. Elle prie, le chapelet à la
main. Toujours lucide, le visage de plus en plus
diaphane et rayonnant de sérénité. Quand vous serez
vieille, dit-elle un jour à une novice, vous ne verrez plus
rien. Moi je ne vois plus que le bon Dieu... Il me voit,
cela suffit.
répondu qu’elle n’avait encore parlé de cela à personne. Le
fils de ce pensionnaire venait à peine de sortir et l’avait
précisément chargée de trouver quelqu’un pour assister son
père. Rosa est resté six mois auprès de lui. De violent qu’il
était, elle lui a progressivement communiqué sa douceur
pour, à la fin, obtenir sa conversion et une sainte mort.
San Damiano, A l’aube du 3ème millénaire, p 37.
11
Son secret
Fondatrice et servante
En juillet 1878, un an avant la
mort de Jeanne, le chapitre
général des petites soeurs des
pauvres se tient à La Tour, dans la
communauté. Il rassemble cent
trente-sept soeurs capitulaires,
représentant les cent soixante-dix
maisons que compte alors la
congrégation.
Devant la porte de la grande
salle où se déroule l'élection se
tient un groupe de novices qui
attend que la porte s'ouvre.
L'attente se prolonge. Surprise !
Voici venir, soutenue par une
soeur, Jeanne en personne,
souriante et amusée de se
trouver, elle aussi à la porte du
chapitre . La s itua tio n est
surréaliste : la fondatrice, la
première des petites soeurs, âgée de quatre-vingt-six
ans, attend comme la dernière des novices, que la porte
du chapitre s'ouvre !
Transparence de Jeanne pour l'Oeuvre de Dieu
1879 : mission accomplie
Une grande joie est donnée à Jeanne avant de
franchir cette ultime porte. Le 1er mars 1879, le pape
Léon XIII approuve pour sept ans les constitutions des
petites soeurs.
L'été de cette même année, Jeanne
s'affaiblit de plus en plus, elle a quatre
vingt sept ans. Le 27 août, elle se
confesse une dernière fois. Le lendemain
matin, après la messe, elle souffre d'un
malaise mais reprend conscience et
reçoit le sacrement des malades. On
l'entend murmurer cette prière :
Père Éternel, ouvrez vos portes
aujourd'hui à la plus misérable de vos
petites filles mais qui a si grande envie de
vous voir. Puis elle ajoute : O Marie, ma
bonne mère, venez à moi, vous savez
que je vous aime et que j'ai bien envie de
vous voir. Ce sont ses dernière paroles.
Et tout doucement, Jeanne s'éteint.
Soigner et sauver
Elle agit. Ne fait pas de
discours, n'écrit aucun ouvrage.
C'est une femme d'action, une
action créatrice, prophétique.
L'ouverture de maisons de retraite
pour les personnes âgées les plus
démunies, où elles sont non
seulement logées, nourries et
soignées, mais aussi entourées,
respectées, constitue à l'époque
une véritable innovation. Jeanne
voit loin, très loin.
Le pape Jean Paul II l'a bien
souligné dans son homélie, lors de
la cérémonie de béatification : on
peut dire qu'elle avait reçu de
l'Esprit comme une intuition
prophétique des besoins et des
a s p ir a t i o n s p r o f o n d e s d e s
personnes âgées.
Au début des apparitions, Rosa avait l'habitude de recevoir
quelques pèlerins dans son oratoire. Elle priait avec eux et les
consolait dans leurs épreuves. Parfois même, elle transmettait
de la part de la Madone un mot, un éclairage sur la vie de la
personne. Elle mettait souvent l'âme à nue et la conscience en
était bouleversée.
Combien ont repris le chemin de la sagesse après ce coeur
à coeur avec elle !...
Un jour, priant près de l'oratoire, j'entendis le témoignage de
deux religieuses qui s'occupaient de personnes âgées.
Elles avaient rencontré Rosa dans son oratoire qui leur dit :
...Vous êtes en état de péché mortel ! ... Les soeurs étonnées
lui demandent : « Mais pourquoi ? »
- Certes, vous vous occupez bien des personnes âgées, répond
Rosa, mais vous ne les faites jamais prier ! … ■
DS
Jeanne puise sa force dans son coeur toujours en
communion avec Dieu qui se révèle à elle comme un
« Buisson ardent ». Elle agit en effet avec l'intime
conviction de faire l'Oeuvre de Dieu. Elle est emportée
dans les profondeurs par cette force d'amour qui la
pousse à l'action.
Elle souffrira de se voir confisquer son
oeuvre, mais elle ne s'effondrera pas.
Jeanne se laisser porter, Dieu est là,
toujours à l'oeuvre. Transparence de
Jeanne qui devient pleinement l'Oeuvre
de Dieu. Elle répétait souvent ces deux
phrases : Rendre les pauvres heureux ;
et Dieu soit béni en tout ! Tel est le
charisme des petites soeurs des
pauvres.
Si Jeanne est canonisée aujourd'hui et
se voit proposée en exemple, c'est parce
qu'elle a vécu l'humiliation et le
dépouillement, qui laisse voir en elle,
l'Oeuvre lumineuse de Dieu dans sa
pureté et son éclat. ■
Marie Dominique Fabrikant
12
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