close

Se connecter

Se connecter avec OpenID

comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés – Marcel Van

IntégréTéléchargement
Bulletin de
San Damiano Media
Notre Père
Numéro 39
2e trimestre 2009
...comme nous pardonnons
à ceux qui nous ont offensés...
… de cœur ou de bouche ?
Aimez-vous tous, pardonnez-vous tous les uns les autres et avec ce pardon vous entrerez au Ciel et vous serez
pardonnés par mon Fils Jésus car Jésus est tout miséricorde tout amour pour ceux d’ici-bas (SD 6 février 1968).
Mgr Dubost s’interroge sur la signification du
«comme», du « Notre Père ». “Ce petit mot « comme» est
toujours difficile à traduire. En français, il semble dire « de
la même manière que nous pardonnons ». En hébreu, il
semble indiquer une causalité. Par exemple : «
Vous donc, soyez parfaits
comme votre Père céleste
est parfait.» (Matt 5, 48) se
traduirait volontiers par
«Vous donc, soyez parfaits car votre Père céleste
est parfait». Paul commentera le «Notre Père»
en écrivant: «Pardonnezvous mutuellement
comme Dieu vous a pardonnés en Christ» (Ep 4, 32).
En araméen, le pardon
que l'homme donne à
ceux qui l'ont offensé précède le pardon de Dieu et,
cependant, n'en est pas la
condition” (Mgr Dubost Prier le
Notre Père. DDB). Dieu pardonne à ceux qui ont bien
voulu recevoir et transmettre ce don de pardonner, qui vient de Lui.
L’exemple si lumineux du
petit Marcel Van, mort en
odeur de sainteté, nous
semble bien à propos pour
illustrer cette puissance du
pardon (en pages 11 à 16).
Il arrive quelque fois que l’on pardonne de bouche, à
cause des hommes ; on ne pardonne pas de cœur, parce
qu’on ne craint pas le regard de Dieu. Vous, pardonnez
entièrement ; quelque ressentiment que vous ayez gardé
jusqu’aujourd’hui, au moins aujourd’hui pardonnez tout.
Le soleil ne devrait pas se coucher sur votre colère et combien de soleils s’y sont déjà couché. Que votre colère s’éteigne enfin (St Augustin) !
Qu’il est dur de pardonner !
Et pourtant, la première
personne que nous trouverons après notre mort, sur le
chemin du Ciel, c’est notre
pire ennemi, à qui nous devrons pardonner, à qui nous
devrons demander pardon.
Point de Ciel s’il n’y a pas
de pardon ?
Pardonnez à tous et vous
serez pardonnés, nous dit
Notre Dame des Roses. Si
vous demandez pardon vous
serez pardonnés, mais n’attendez pas qu’il soit trop
tard parce que la mort vient
vite… aurez-vous le temps de
demander pardon ? Aurezvous cette grâce ? C’est pour
cela que je vous appelle, mes
petits enfants (SD 4 avril 1969).
Donner le pardon à nos
frères et recevoir le pardon
du Ciel, semblent une seule
et même chose, totalement
liée dans le Notre Père, liée
aussi dans le message de San
Damiano car c’est la condition pour entrer au Ciel.
Le Bon Larron monte au Ciel vers
Notre Dame dit ailleurs:
les 3 Patriarches et les âmes justes.
Monastère Notre-Dame de toute Protection.
1
San Damiano Media 3 bis rue de Verdun 45730 - Saint-Benoît sur Loire
tel : 02 38 35 16 41 fax 02 38 35 14 25 Email sdmedia@worldonline.fr
Cet acte de courage et ce témoignage ne leur ont pas proLe pardon est obligatoire
Ne nous méprenons pas. Le pardon est obligatoire curé que des amis, on peut se l’imaginer !
La guérison, c’est une renaissance, c’est revêtir un
mais ce n’est pas du marchandage : ce n’est pas « ton
pardon contre mon pardon » ; c’est la nécessité d’imiter être nouveau comme le signale saint Paul :
Si donc quelqu'un est dans le Christ, c'est une créaJésus Christ, de suivre la voie qu’il a tracé, la seule qui
tion
nouvelle : l'être ancien a disparu, un être nouveau
mène au Ciel.
Si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, dit Jésus, est là. Car c’est Dieu qui dans le Christ se réconcilie le
votre Père Céleste vous pardonnera aussi. Mais si vous monde, ne tenant plus compte des fautes des hommes, …
ne pardonnez pas aux hommes, à vous non plus votre c'est comme si Dieu exhortait par nous : Nous vous en
supplions au nom du Christ :
Père ne pardonnera pas vos fautes
laissez-vous réconcilier avec
(Mt 6, 14-15).
Dieu (II Cor 5, 17 ; 20).
Le Seigneur ne nous pardonne
“Le fait de ne pas vouloir
qu'à la condition que nous pardonpardonner t’enferme dans une
nions aussi. Pour te laisser impuni
prison de douleurs et de caudans tes crimes, il ne sera point menchemars” (phrase glanée sur un
teur dans ses promesses. Veux-tu ton
forum Internet). “L’absence de
pardon, dit-il ? Pardonne toi-même.
pardon
reçu ou donné, peutIl est une autre oeuvre de misériêtre
comparé
à un abcès qui,
corde, Veux-tu obtenir ? Donne toine cessant de suppurer, freine
même. C'est ce qui est marqué au
notre croissance humaine et
même endroit de l'Évangile:
spirituelle“ (Patrice Gourrier Huit
“Remettez et il vous sera remis, donjours pour dire Notre Père. Ed Prier).
nez et l'on vous donnera” (St Augustin
“Pourquoi le génie humain,
Discours sur le Psaume 143).
capable d'opérer à cœur ouMarie le répète si souvent :
vert, est-il si impuissant à
Demandez pitié et miséricorde et
guérir le cœur du monde si
pardonnez-vous les uns aux autres et
Marie intercède pour nous
malade ? Ce monde qui risalors vous serez pardonnés (SD 3 août
que l'infarctus de l'amour
1968).
dans
des
millions
de
couples.
Infarctus de la vie dans le
Pardonnez et vous serez pardonnés. Faites comme
sein
maternel…
Oui,
c'est
le
monde qui est malade, il
mon Fils Jésus qui a pardonné au Larron sur la croix (SD
faut le soigner par l'amour. Si demander pardon requiert
12 septembre 1968).
…Et vous, pourquoi ne vous pardonnez vous pas les l'humilité et le souci de la vérité, quelle libération et
uns les autres ? Ne savez-vous pas que, sur cette terre, quelle joie souvent de part de d'autre” ! (Ph. Rémels s.j)
Marie nous invite à faire table rase du passé :
vous êtes pour peu de temps ? Ne savez-vous pas que
Mes petits enfants, demandez pardon pour tout votre
tout passe, mais l’éternité, jamais ? (SD 8 janvier 1968)
passé
(SD 1er janvier 1968).
Le pardon est obligatoire, parce que nous avons été
Elle nous invite à l’humilité qui permet le pardon :
pardonnés d’abord, par Jésus, sur la croix. N’oublions
Pourquoi ne réfléchissez-vous pas, Pourquoi ne depas la parabole bien connue :
Serviteur méchant, toute cette somme que tu me de- mandez-vous pas pardon ? Pourquoi n’aimez-vous pas ?
vais, je t'en ai fait remise, parce que tu m'as supplié ; ne Mon Fils Jésus a pardonné au larron sur la croix. Priez,
devais-tu pas, toi aussi, avoir pitié de ton compagnon Priez ! Demandez pardon, entrez dans l’humilité, faicomme moi j'ai eu pitié de toi ? Et dans son courroux tes-vous petits (SD 8 janvier 1968).
Elle nous invite à la prière qui prépare au Pardon :
son maître le livra aux tortionnaires, jusqu'à ce qu'il eût
Vivez dans la prière, vivez dans l’amour et pardonremboursé tout son dû. C'est ainsi que vous traitera aussi mon Père céleste, si chacun de vous ne pardonne pas nez ! Pardonnez à tous et vous serez pardonnés ! Aimezvous tous l’un l’autre (SD 11 janvier 1968).
à son frère du fond du cœur (Matt 18, 32-35).
Le pardon n’est pas l’oubli
La spiritualité de San Damiano et une spiritualité du
cœur et de la miséricorde. Marie sait que nous sommes
“Le pardon est spécifiquement chrétien rappelle
malades. Elle connaît le remède à nos maladies :
Mgr Dubost. Si le Pardon est difficile à vivre pour les
chrétiens, il est, au sens strict, incompréhensible pour
Le pardon guérit… par l’amour
…Laissez-vous réconcilier par le Christ. Il est le mé- beaucoup. Même la haute sagesse bouddhiste se distingue de l'attitude chrétienne du pardon. Bouddha affirme:
decin véritable.
C’est en quelque sorte le message que j’ai découvert « Ce n'est pas avec le ressentiment que l'on apaise le resplacardé dans une pharmacie parisienne tenue par des sentiment ; C’est avec le non ressentiment que l'on
pharmaciens. Dans un angle bien en vue de leur officine apaise le ressentiment. » Pour le chrétien il ne s'agit pas
trônait une statue de Notre Dame des Roses... Il ven- d'évacuer le ressentiment, mais, avec l'Esprit du Christ,
daient des médicaments mais rappelaient à leur clientèle de pardonner. Ceci est la seule attitude chrétienne” (Mgr
avec juste
2 raison que la médecine n’est pas tout et leur Dubost Prier le Notre Père. DDB).
porte ordonnance portait la mention : Le pardon guérit.
2
Nous avons vérifié : Si le thème pardon est présent donnant comme celui du pardans le Premier Testament, il s’agit toujours du pardon donné.
du Seigneur pour les hommes. Dans aucun texte il n’est
Le pardon que nous
question de pardon entre les hommes sauf lorsque Jacob donnons est un acte du
demande à Joseph de pardonner à ses frères (voir plus
Seigneur
loin pardon et louange). Aussi, alors que les juifs en
Ils veulent agir seuls ? Mais
restent à la loi du talion, Jésus propose une révolution :
seuls, non ! La puissance est de
Vous avez entendu qu'il a été dit : Tu aimeras ton Dieu, la grandeur est de Dieu,
prochain et tu haïras ton ennemi. Eh bien ! Moi je vous la miséricorde est de Dieu, le
dis : Aimez vos ennemis, et priez pour vos persécuteurs pardon c’est Dieu qui le donne
(Matt 5, 43-44).
Réfléchissez, réfléchissez mes
Pardonner n’est pas refouler, car le refoulement, petits enfants… (SD 8 janvier 1968).
comme le montre la psyFrappez
chologie moderne, crée
à
la
d’autres maladies. Parporte du Cœur de Jésus et vous
donner c’est aussi assurecevrez avec beaucoup d’autres
mer la vérité, cette vérité
grâces, la plus éminente, celle
qui libère : Si vous dedu Pardon. Si vous avez pardonmeurez dans ma parole,
né ici-bas vous serez pardonnés
vous êtes vraiment mes
quand vous reviendrez devant lui
disciples et vous connaî(SD 5 juin 1969).
trez la vérité et la vérité
Le pardon procure la
vous libérera (Jn 8, 31-32).
paix,
le pardon est un
Il faut parfois assuacte d’amour
mer cette vérité pendant
toute une vie. L’acte de
François Mauriac affirmait que
pardonner est rarement
l’homme a plus besoin de pardon
ponctuel, c’est un élan
que de pain. Le bonheur sans
du cœur et de l’âme qui
amour est impossible. L’amour
est amené à durer dans le
sans pardon n’a pas de sens. (le
temps car l’offense, elle,
pardon sans l’amour, non plus !)
Le pardon rapproche du Christ
reste, la blessure subsiste
Sans cacher la vérité, on doit
et seul l’amour et le parlaisser place au pardon, "qui
don peuvent la cicatriser, sinon ici bas, du moins au guérit les blessures et rétablit en profondeur les rapCiel.
ports humains affaiblis". L'Église, qui a pour mission
Je veux l’amour, mes petits enfants, l’amour, l’a- d'être l'instrument de réconciliation des hommes avec
mour et le pardon. Pardonnez à tous, même si vous êtes Dieu et entre eux, doit être "la maison et l'école de la
insultés et tourcommunion" (Jean-Paul II aux évêques du Chili).
nés en dérision,
La justice et le pardon sont des piliers fondamentaux
Un exemple à ne pas suivre:
pardonnez… (SD
de cette paix, explique encore le pape. La justice assure
Le personnage dessiné par
23 février 1968).
un plein respect des droits et des devoirs, et le pardon
Sempé :
Priez pour
guérit et reconstruit depuis la base les rapports entre
tous ! Pardon- « Seigneur, J’ai toujours pardonné les personnes, qui ressentent encore les conséquences
à ceux qui m’ont offensé...
nez à tous !
des oppositions entre les idéologies du passé réMais, j’ai la liste ! » ...
Supportez tout
cent (Jean-Paul II à l’ambassadeur croate près le Saint-Siège).
le monde, même
On entend les mêmes paroles de la bouche de Marie.
vos ennemis, même ceux qui m’offensent (SD 5 mai 1968).
Le pardon procure la paix :
Loin d’être un oubli, le pardon demande un sursaut
Mettez vous en paix avec Dieu, en paix avec les âmes
de conscience, la Madone insiste là-dessus :
et donnez-vous l’un à l’autre le baiser du pardon et vous
Demandez-vous pardon les uns les autres et réflé- serez pardonnés au Ciel et sur la terre (SD 8 avril 1968).
chissez à ce que vous faites et à ce que vous dites (SD 16
Si vous êtes dans le repentir, Je vous embrasse, et
octobre 1968).
mon fils Jésus vous donne son pardon, vous donne l’absoIl arrive quand même que le pardon efface peu à peu lution, vous donne l’amour, vous donne la paix dans le
la souffrance subie, que l’offensé ne voit plus en son coeur et se donne lui-même à vous. Que voulez-vous de
offenseur que la personne. On disait de sainte Berna- plus, mes enfants (SD 30 août 1968) ?
dette Soubirous, qui avait été gravement offensée à
Le pardon permet l’amour :
Lourdes, qu’elle avait tellement pardonné « du fond du
Il suffit d’un regard de repentir pour que Jésus encœur » (Mt 18,35), qu’à la fin de sa vie, elle n’en avait flamme vos cœurs (SD 1er janvier 1968).
même plus le souvenir.
Toujours avec amour, toujours avec patience,
3 touLe vrai pardon transforme les cœurs : celui du par- jours pardonner et toujours accueillir (SD 15 mai 1968)
3
La Louange aide à pardonner
Je suis au milieu de vous dit Notre-Dame des
Roses et Je vous écoute, J’entends vos gémissements, J’entends vos chants, J’entends vos
louanges : tant d’amour que vous me donnez
(SD 14 septembre 1968).
Avant de mourir, Jacob a exprimé cette volonté : Vous parlerez ainsi à Joseph : Ah !
Pardonne à tes frères leur crime et leur péché, tout le
mal qu'ils t'ont fait ! Et maintenant, veuille pardonner
le crime des serviteurs du Dieu de ton père !" Et Joseph
pleura aux paroles qu'ils lui adressaient. Ses frères
eux-mêmes vinrent et, se jetant à ses pieds, dirent :
"Nous voici pour toi comme des esclaves !" Mais Joseph leur répondit : "Ne craignez point ! Vais-je me
substituer à Dieu ? Le mal que vous aviez dessein de
me faire, le dessein de Dieu l'a tourné en bien, afin
d'accomplir ce qui se réalise aujourd'hui : sauver la vie
à un peuple nombreux (Gen 50, 16-20).
Le pardon de Joseph à ses frères est une page si
émouvante de la Bible.
Louons le Seigneur pour tout ce qui nous arrive,
même pour le pire ! Car il a son plan sur nous et saura
se servir de nos épreuves pour nous tirer vers lui. Joseph est aussi entré dans la louange, constatant que tout
ce qu’il a vécu était pour son bien et celui de son peuple. Si donc nous entrons dans la louange au travers des
offenses qui nous sont faites, au travers de nos propres
faiblesses que nous avons du mal à nous pardonner,
alors il sera facile le pardon que Jésus et Marie nous
demandent :
Pensez que Jésus vous a donné l’intelligence pour
comprendre, aimer, pardonner, aider, avoir de la charité envers le prochain, pardonner à tous comme a
pardonné Jésus sur la croix (SD 19 novembre 1969). ■
Jean-Romain Fabrikant
Les révélations privées : pas si insignifiantes que cela !
Si vous parlez autour de vous de révélations privées
(San Damiano en fait partie), on vous dira souvent que ce
type de spiritualité n’a que peu d’importance dans l’Église : seuls comptent les Écritures Saintes à propos desquelles on vous rappelle avec sollicitude que la Révélation
en est close avec le dernier livre ; les textes de la liturgie, la
Tradition de l’Église avec ses Conciles, ses dogmes, son
Catéchisme…
La fête du très Saint Sacrement ou Fête-Dieu que
nous venons de célébrer est une
fête liturgique très ancienne puisqu’elle a été instituée au XIIe
siècle.
Mais savez-vous que cette fête
nous vient d’une révélation privée, notamment des visions d’une
religieuse dont le confesseur devint pape ? Il s’agit de sainte Julienne de Mont-Cornillon (11921258), en Belgique. Le pape Urbain IV avait été son confesseur.
Orpheline, elle est recueillie
en bas âge par les Augustines du Mont-Cornillon, près de
Liège. A l’âge de quatorze ans, Julienne est admise parmi
les sœurs.
Une vision dont elle est favorisée deux ans plus tard est
à l’origine de ses efforts pour faire instituer la Fête-Dieu
en l’honneur du Saint-Sacrement. Devenue prieure, elle se
heurte aux critiques de son couvent et on la traite de fausse
visionnaire. Elle se fait chasser par deux fois du monastère
et finit par embrasser la vie d’ermite recluse, à Fosses. Cependant, aidée par Ève de Liège, leurs efforts ne sont pas
vains, car la fête du Saint-Sacrement est finalement introduite dans son diocèse. Elle sera étendue à toute l’Église
par Urbain IV, son ancien confesseur, six ans après sa
mort. 4
Mais il fallut encore un autre signe à ce grand pape
pour prendre sa décision : le miracle de Bolsena, au nord
de Rome près d'Orvieto, en 1263, sera l’élément décisif.
Un prêtre de Bohème, Pierre de Prague, après un long
et difficile pèlerinage arrive sur la tombe de sainte Christine. Il est rempli de doutes à propos de la présence réelle
du Christ dans l'Eucharistie et demande à la sainte de l’éclairer.
Au cours de la messe qu’il célèbre en présence de nombreux fidèles, l'hostie qu'il tient au-dessus du calice prend
une couleur rosée et des gouttes de sang tombent sur le
corporal et le pavement. Le prêtre
bouleversé interrompt sa messe
pour porter à la sacristie les saintes
espèces. Urbain IV en est immédiatement informé et fait constater
le prodige. A Bolsena, on peut
encore voir l'autel du miracle dans
la basilique Sainte Christine, ainsi
que quatre pierres tachées de sang.
Les reliques, hostie et corporal,
sont conservées à la cathédrale
d'Orvieto. Les fresques du sanctuaire en racontent l’histoire.
L’année suivante Urbain IV institue la fête du Corpus
Domini, plus tard confirmée par le pape Clément V en
1314.
Plus proche de nous, la fête de la Miséricorde, instituée par Jean-Paul II le dimanche suivant Pâques (« de
quasimodo »), est la réalisation d’un désir exprimé par
Notre Seigneur à sainte Faustine, la « première sainte de
l’an 2000 » :
Ma fille, parle au monde entier de Mon inconcevable
miséricorde. Je désire que la Sainte Miséricorde soit le
recours et le refuge pour toutes les âmes, et surtout pour
les pauvres pécheurs. En ce jour, les écluses de ma Miséricorde sont ouvertes. Je déverse tout un océan de grâces
sur les âmes, qui s’approcheront de la source de ma Miséricorde…/...
4
Toute âme qui s’approchera de la confession et de la
sainte communion recevra le pardon complet de ses fautes et la remise de leur punition. En ce jour sont ouvertes toutes les sources divines par lesquelles s’écoule la
grâce. Qu’aucune âme n’ait peur de s’approcher de moi,
même si ses péchés sont comme l’écarlate… Chaque âme
en relation avec moi, méditera mon amour et ma Miséricorde durant toute l’éternité. La fête de la Miséricorde
est issue de mes entrailles. Je désire qu’elle soit fêtée
solennellement le premier dimanche après Pâques. Le
genre humain ne trouvera pas la paix tant qu’il ne se
tournera pas vers la source de ma Miséricorde (Petit Journal § 698).
Cette dernière promesse peut
aussi s’entendre de façon positive : maintenant que la fête de
la Miséricorde est au cœur de la
liturgie de l’Église, nous avons
un instrument merveilleux
pour le Salut des hommes, une
grande raison d’espérer. Il nous
reste à faire connaître cette fête
et cette dévotion qui sont encore
bien ignorées dans nos paroisses.
On pourrait allonger la liste
des fêtes officielles de l’Église,
ou des dogmes, où une révélation privée, sous forme de visons, messages ou apparitions
ont été, soit le point de départ,
soit l’aiguillon des prélats :
Le dogme de l’Immaculée Conception est définit en
1854 et sa promulgation fait suite à une dévotion populaire ancienne avec ses nombreux apôtres (Vox pupuli,
vox Dei) : Don Jean Scot Érigène (IXe s), les franciscains,
les peuples du Portugal, de la Corse et des États-Unis qui
mettent leurs nations sous son patronage. Mais l’apparition de la rue du Bac à sainte Catherine Labouré (1830)
où la Vierge se présente comme « conçue sans péché »,
avec les multiples prodiges attribués à la médaille miraculeuse, est un élément déterminant pour influencer la
décision du pape Pie IX.
Les apparitions de Lourdes en 1858 vont confirmer ce
point de vue et la fête de Notre Dame de Lourdes est
bien devenue une fête d’Église. Elle est instituée le 11
février 1890 pour le diocèse de Tarbes, puis en 1907 par
Pie X pour l’Église universelle (bien qu’en mémoire facultative).
De même pour la fête du Cœur Immaculé de Marie,
qui se fête le samedi de la troisième semaine après Pâques.
Cette dévotion prend forme dans la chrétienté avec les
révélations privées à sainte Gertrude et à sainte Mechtilde, avec les textes de saint Jean Eudes à Autun en
1648, puis avec les visions de sainte Marguerite-Marie
Alacoque à partir de 1673. Les Augustins obtiennent du
Saint-Siège de célébrer cette fête dans leur ordre en
1807. En 1855, la congrégation des rites approuve la célébration d’une messe à cette occasion. En 1880, Léon
XIII l’étend au diocèse de Rome,
non sans penser aux paroles de la
Vierge à la petite Bernadette.
Ultime confirmation du Ciel,
le 13 juillet 1917, la Sainte
Vierge apparaît au Portugal
pour déclarer aux petits voyants
de Fatima que Dieu voulait établir la dévotion à Son Coeur
Immaculé pour le salut du
monde. Elle demande aux chréLe petit Gilles
tiens la pratique des cinq preà Rome
miers samedis du mois par la
communion réparatrice, la récitation du chapelet avec méditation des mystères du Rosaire.
Le dogme de l’Assomption
Au XIXe siècle, après la proclamation en 1854, du dogme de
l’Immaculée Conception par Pie
IX, se développe un courant de
piété mariale, avec de nombreuses pétitions en faveur de la définition du dogme de l’Assomption. Huit millions de fidèles
signent, aux côtés de milliers de
cardinaux, archevêques et évêques et de dizaines de milliers de
prêtres, religieux et religieuses.
Pendant près d’un siècle la foi
populaire se passionne littéralement pour cette cause. Les
archevêques de Malines (Belgique) et d’Osma (Espagne)
avaient réclamé au Pape, dès l’année 1849, une définition du dogme de l’Assomption.
C’est le 1er novembre 1950, que le Pape Pie XII proclame ce dogme, affirmant, comme conséquence de la
tradition apostolique et de l'enseignement de l'Église, que
la Vierge Marie, Mère de Dieu est montée au Ciel avec
son corps et son âme.
Il avait demandé à Dieu au cours de l'année sainte
1950 un « signe » pour savoir s'il devait le faire ou non.
Le 1er mai précédent, un fait nettement moins connu,
apparemment anodin, eût lieu à Rome. Après avoir été
introduit auprès du chef de l'Église Catholique par le
Cardinal Montini, le futur pape Paul VI (qui sera le pape
contemporain des apparitions de San Damiano), un petit
Français, âgé de six ans, Gilles Bouhours (1944-1960),
était reçu seul, en audience privée par le Souverain Pontife, à qui il devait confier un «secret.
(Cf.:http://spiritualitechretienne.blog4ever.com)
Le « petit Gilles » avait été gratifié d’apparitions de
la sainte Vierge depuis l’âge de trois ans et Marie lui
avait donné mission de voir le saint Père pour lui révéler
ce secret :
Le 10 juin suivant, un journaliste du Giornale d'Italia
publiait un article substantiel intitulé : « Un petit Français de cinq ans parle au pape. » Cet article citait le fameux « secret » de Gilles : « La Sainte Vierge n'est pas
morte ; elle est montée au Ciel avec son corps
5 et son
âme. ».../...
5
Notre-Dame du Mont Carmel et fêtée le 16 juillet.
Cette fête est instaurée par les Carmes vers 1380, en
mémoire de la fin des oppositions à leur ordre et de la
vision à saint Simon Stock du 16 juillet 1251. En 1587,
le pape Sixte Quint l’étend à l’ensemble du Carmel. En
1726, Benoît XIII l’étend au calendrier romain.
La fête du Sacré Coeur
En 1673 le Christ apparaît à Marguerite Marie Alacoque à Paray le Monial, pour déplorer l'indifférence
des hommes à son égard. Il lui confie la mission de répandre la dévotion à l'égard de « son cœur qui a tant
aimé les hommes ».
Pendant des années, Marguerite Marie ne rencontre
que des critiques au sein de son ordre et on
la prend pour une exaltée. Mais, peu à peu,
son ardente spiritualité, inspirée par
l'amour du Christ, finit par gagner toute la
communauté.
Avant même les révélations à Marguerite Marie, Saint Jean Eudes s'était fait aussi l'apôtre d'un culte liturgique des Cœurs
de Jésus et de Marie. L'impulsion nouvelle
donnée par Marguerite Marie contribue à
neutraliser l'influence desséchante du jansénisme et c’est le point de départ d'un renouveau spirituel. Cette dévotion au Sacré
Coeur de Jésus et la pratique des premiers
vendredis du mois se répand progressivement à toute l'Église. C’est le vendredi de la 3ème semaine après la Pentecôte que la fête du Sacré Cœur est
fixée pour l'Église universelle par Pie IX le 23 août
1856.
Celle liste est loin d’être exhaustive et nous pensons
que San Damiano s’inscrit dans celle longue mouvance
prophétique qui prépare le troisième millénaire :
A San Damiano Notre Dame des Roses demande
en plus, la dévotion des neuf premiers samedis :
Comme Jésus veut que se fassent les neuf premiers
vendredis du mois, Je désire que mes fils fassent les
neuf samedis du mois. Je sauverai tant d’âmes de tant
de périls, Je les sauverai aussi de la mort imprévue.
Faites, mes enfants, faites les neuf vendredis et les neuf
samedis en l’honneur de mon Cœur et de celui de mon
fils Jésus.
Quelques nouvelles :
La communauté de Schoenstatt de Bujumbura est
une communauté de pères missionnaires au Burundi que
votre association a décidé d’aider par ses prières et ses sacrifices, d’abords pour l’envoi de 35000 chapelets, puis
avec l’envoi de bibles et de livres d’études pour leurs séminaristes (ils sont dix pour l’instant). Ils nous nous ont appelés pour nous annoncer une grande nouvelle. Nous travaillons avec eux depuis trois ans en vue d’un forage dans leur
propriété car, s’ils ont des milliers de fidèles et des œuvres
de jeunesse, ils n’ont pas d’eau (ou peu) et leur séminaire
menaçait d’être déplacé vers Nairobi, en pays musulman.
Ils ont pu6 forer à 50 mètres et voir jaillir une grande quantité d’eau, ce qui ne va pas manquer de changer leurs projets ! C’est pour eux une grande joie et nous la partageons.
Dans les familles régnera la paix, la concorde et
mon Cœur triomphera dans le monde entier. J’apporterai n’importe quelle grâce matérielle et spirituelle. Je
vous sauverai de tant de périls, Je vous promets le saint
paradis et vous ne serez abandonnés ni durant la vie, ni
à l’heure de la mort. Je vous conduirai pas à pas vers
l’éternité dans la joie éternelle pour chanter avec les
anges et les saints (…) Commencez, commencez mes
enfants, les neuf premiers samedis et votre cœur brûlera
d’amour pour moi. SD 25 mai 1969
Que de grâces promises par le Ciel à sainte Julienne
de Mont-Cornillon, à sainte Gertrude, à sainte Mechtilde, à sainte Marguerite-Marie Alacoque, à saint Simon Stock, à sainte Catherine Labouré, à sainte Bernadette, aux bienheureux enfants de Fatima…
Que de grâces promises à Rosa Quattrini !
On le voit, l’Église est « une vieille
dame avec des souliers de plomb »
comme nous en riant le disait le cardinal Seper en 1980. Avant de reconnaître la vérité d’une révélation privée, il
lui faut des dizaines d’années, parfois
des siècles (344 ans pour Notre Dame
du Laus…) !
Il importe que nous ne devons pas les
traiter à la légère ni les mépriser mais
les accepter comme un appel pour notre temps, avec le
discernement qui s’impose car l’ivraie est souvent mêlée au bon grain.
Ceux d’entre nous qui ont été favorisés de grâces par
Notre Dame des Roses sont spécialement appelés à témoigner, à faire connaître ses apparitions, et à persévérer dans cette tâche.
Dans ce sens, nous pourrions adopter cette maxime
spirituelle de Saint Vincent de Paul, inscrite dans les
mosaïques de la chapelle de la Rue du Bac :
La grâce de la persévérance est la plus importante
de toutes. C’est elle qui couronne toutes les autres grâces, et la mort qui nous trouve les armes à la main est la
plus glorieuse et la plus désirable.■
JRF
Sources :
René Laurentin, Dictionnaire encyclopédique des apparitions de la
Vierge. Fayard, Paris 2007 ; mariedenazareth.com ; zenit.com
Nous écrirons dans le prochain Bulletin comment Marie et
la Providence ont guidé ce projet.
Nomination de Monseigneur Ranjith comme archevêque de Colombo au Sri Lanka.
Nous nous sommes largement étendu dans notre Bulletin N° 37 sur son intervention courageuse en faveur de la
communion dans la bouche à la suite des prises de positions du saint Père. Nous lui avons témoigné notre union
de pensée en lui rappelant que la sœur de Rosa, sœur Anna
Buzzini était missionnaire à quelques dizaines de kilomètres de Colombo. Nous le félicitons pour cette nomination
en lui rappelant que, pour cela, San Damiano est lié affectivement au Sri Lanka. ■
6
Le « siège d’Élie » et le tabouret du Jardin de Paradis
Élie est un personnage clé du Premier et du Nouveau
Testament.
C’est lui qui a confondu les prêtres de Baal par de
grands prodiges et c’est lui qui s’est envolé au Ciel sur un
char de feu (II Rois, 2, 11-22) de sorte que les juifs considèrent
qu’il n’est pas mort et qu’il doit revenir.
Voici que je vais vous envoyer Élie le prophète, avant
que n'arrive le Jour de Yahvé, grand et redoutable, dit le
prophète Malachie. Il ramènera le cœur des pères vers
leurs fils et le cœur des fils vers leurs pères, de peur que je
ne vienne frapper le pays d'anathème (Malachie, 3, 23-24).
Et Ben Sirac écrit de lui : Toi qui fus emporté dans un
tourbillon de feu, par un char aux chevaux de feu, toi qui
fus désigné dans des menaces futures pour apaiser la colère avant qu'elle n'éclate, pour ramener le cœur des pères
vers les fils et rétablir les tribus de Jacob; bienheureux
ceux qui te verront et ceux qui se sont endormis dans
l'amour, car nous aussi nous posséderons la vie (Siracide, 48,
9-11).
Dans les traditions juives la présence d’Élie qui doit
annoncer les temps messianiques, s’exprime en différentes
occasions.
Notamment on laisse un siège vacant au repas du shabbat (« le siège d'Élie ») : On est convaincu qu'Élie viendra
avant l'ère messianique réconcilier les pères et les fils, enseigner l'interprétation correcte des mystères de la Loi et
annoncer la venue du Messie (Larousse.fr ; Quentin Ludwig, Comprendre le judaïsme).
Que représente cette place réservée à Élie ?
Lors du repas du Sédèr, ou premier repas de la Paque
juive, une place d’honneur est réservée à Élie, le messager
du Messie.
A cette occasion, la porte du logis est
entrouverte, et le prophète Élie est
symboliquement accueilli ; il symbolise l'espérance en la venue d'une ère
de liberté et de paix parfaites.
En effet, selon la tradition juive il doit
revenir pendant cette nuit très solennelle de Pâques et dans chaque famille,
dans chaque synagogue, une chaise
vide attend l'hôte céleste ; une coupe
de vin lui est préparée. C’est la coupe
des temps messianiques, la coupe qui
Siège d’Élie
annonce l'ultime délivrance. Les quesMusée Juif, Alessandria
tions restées sans réponses seront résolues par le prophète Élie c'est-à-dire que les Mystères du
Seigneur seront dévoilés. Dans la tradition Juive ce sera la
libération définitive d'Israël et de l'humanité par l'arrivée du
Messie.
Ces croyances d’aujourd’hui étaient aussi celles de Jésus en son temps; il l’atteste et l’explique en précisant que
l’« Élie » qui revient, c’est Jean le Baptiste, le précurseur :
Tous les prophètes en effet, ainsi que la Loi, ont mené
leurs prophéties jusqu'à Jean (Baptiste). Et lui, si vous voulez m'en croire, il est cet Élie qui doit revenir (Math 11, 13-14).
Oui, Élie doit venir et tout remettre en ordre ; or, je
vous le dis, Élie est déjà venu, et ils ne l'ont pas reconnu,
mais l'ont traité à leur guise. De même le Fils de l'homme
aura lui aussi à souffrir d'eux (Math 17, 11-12).
Ni le retour d’Élie, ni la venue du Messie n’ont été reconnues par Israël.
Les traditions juives sont toujours dans l’attente de ces
deux évènements.
Au soir de Pessah
(Pâques juive), depuis
deux mille ans, une
chaise vide trône au
milieu de l’assemblée.
A San Damiano,
depuis près de quarante ans, un tabouret vide trône au
milieu du Jardin de
Paradis, près de la
statue de la sainte
Vierge.
Rosa explique que ce tabouret représente le siège de
Jésus qui place ainsi sa Mère à sa droite. Ce tabouret est
toujours surmonté d’un bouquet de fleurs rouges symbolisant l’aspect pascal
de la présence de
Jésus .
Comment interpréter ce symbole ?
Nous avons
souvent tenté de
mettre en évidence
dans nos Bulletins
les racines bibliques des symboles
présents dans le
Jardin de Paradis,
véritables emprein- Le tabouret dans le Jardin de Paradis
tes de la présence de Marie qui est juive comme son Fils.
Voici un symbole qui semble prendre sa source dans la
tradition Juive et qui va au delà de cette tradition.
Si Israël est tendu dans une attente du messie, les disciples de Jésus sont tendus dans l’attente de son retour.
Tout le message de San Damiano est centré sur cette
eschatologie et elle est familière aux habitués de ce lieu, les
paroles messianiques du Siracide citées plus haut, annonçant le Règne de Dieu :
Apaiser la colère avant qu'elle n'éclate,…Ramener le
cœur des pères vers les fils… Heureux ceux qui te verront,
endormis dans l'amour, ils posséderont la vie… (Siracide, 48,
9-11).
Jésus régnera en tout, annonce Notre Dame des Roses. Il
viendra régner dans le monde avec tous les apôtres qui
sont ici présents. Le Ciel et la Terre se déchaîneront :
mais après viendra le calme. Après la tempête viendra la
Lumière, cette grande Croix, que vous verrez7 là-haut
dans le Ciel, cette grande Lumière qui vous réveillera
(SD 8 déc. 1968).
■
JRF
7
Message du vendredi 28 novembre 1969
donné à Rosa par la Maman Céleste
au Jardin de Paradis, à San Damiano
1
Pardonnez-vous les uns les autres
Mes petits enfants, Je suis ici en votre présence pour vous appeler
heure par heure, jour après jour, ici, auprès de Moi1, pour vous
combler de grâces et de bénédictions.
Je veux vous serrer contre Moi, parce que Je suis la Mère du Ciel,
la Reine de l'univers, la Mère de l'Église. Que tous mes apôtres,
tous reviennent à mes pieds et que tous reviennent repentis2 !
2
3
Je vous appelle, Mes petits enfants, Je vous appelle jour et nuit, et
J'envoie tous vos Anges Gardiens pour vous éclairer, pour enflammer votre cœur et votre es-prit!
Écoutez-moi, mes petits enfants, écoutez-Moi ! Ne voyez-vous pas
comment le monde sombre3 dans le péché ? Ne voyez-vous pas toutes ces âmes qui commettent tant de péchés, tant de sacrilèges ?
Partout dans le monde notre Fils Jésus est si flagellé4! J'en pleure
tellement… !
Revenez, mes petits enfants, revenez repentis! Embrassez la croix,
implorez pitié et miséricorde et vous serez pardonnés. N’attendez
pas qu’il n’en soit plus temps ! Parce que Je suis la Mère de tous
mes enfants d'ici-bas ! Je vous appelle à la pénitence, Je vous appelle au Rosaire, Je vous appelle à une bonne confession et à une
bonne communion. Je vous appelle pour vous combler de grâces,
pour que vous m'écoutiez, pour que vous m'aimiez ! Moi, Je vous
aime tant, Je vous veux tous sauvés, tous au Ciel avec Moi! Priez
avec foi et demandez pardon, pitié et miséricorde au Père Éternel.
Le Père Éternel fera miséricorde si vous tous vous unissez dans la
prière parce que J'ai tant de grâces à vous donner! Aimez-vous, aimez vous les uns les autres; pardonnez-vous les uns les autres.
Priez ensemble le Rosaire. Réunissez-vous pour prier ! l’union fait
la force5, l'union donne la paix, l'amour.
Moi, Je suis au milieu de vous ; Je m'unis à vous pour vous combler
de grâces avec le pardon, mes petits enfants. Une maman fait tout
pour ses enfants! Soyez forts dans la foi, mes petits enfants! Soyez
forts! Embrassez la croix, allez aux pieds de Jésus crucifié, demandez pitié et miséricorde pour le monde entier et pour vous.
4
5
6
7
Certains verront dans cette phrase
un rappel de la promesse le Marie qui
promet de rester au « Jardin de Paradis », jusqu'à la fin du monde. Cette
promesse n’est pas enfermement de la
Mère du Ciel qui est Toute à tous, en
tous lieux de la Terre, en tous sanctuaires et dans le cœur de tous comme cela
est rappelé dans ce message. Mais cela
nous indroduit dans une spiritualité de la
présence de Marie qui est un mystère
de miséricorde pour notre siècle.
2 Comme la plupart des messages
de San Damiano la Madone s’adresse
aux prêtres (n° 2, 8, 9, 10), avec la sollicitude d’une mère mais qui s’attache à
leur rappeler la grandeur de leur vocation. Ce point
est particulièrement d’ac8
tualité dans l’année sacerdotale que
Benoit XVI vient d’ouvrir.
1.
Littéralement : dégringole dans le
péché.
4 Le nostro parait anachronique, et
indique que Marie parle aussi au nom
de saint Joseph, le père adoptif de Jésus qui, de son Ciel pleure aussi sur les
souffrances du Corps du Christ qui est
l’Église. Cela nous interroge sur notre
propre manière d’envisager la communion des saints. A ce titre la compassion
du chrétien pour l’Église devrait être à
l’image de celle de Paul qui écrivait : Je
trouve ma joie dans les souffrances que
j'endure pour vous, et ce qui manque
aux souffrances du Christ, je l'achève en
ma chair pour son Corps, qui est l'Église
5 Amour, pardon et prière
(Col 1, 24).
sont inséparables ; le fruit du pardon est
la paix. La prière chrétienne va jusqu'au
pardon des ennemis (cf. Mt 5,43-44). Elle
3
Figliuoli miei, son qui alla vostra presenza per
richiamarvi ora per ora, giorno per giorno...
qui accanto a Me per colmarvi di grazie e di
benedizioni.
Io voglio srtringervi a Me, perché sono la
Madre del Cielo, la Regina dell’universo, la
Madre della Chiesa,... che tutti i miei apostoli
ritornino tutti ai miei piedi e tutti ritornino
pentiti...!
Io vi richiamo, figliuoli, vi richiamo giorno e
notte e mando tutti gli Angeli vostri Custodi a
illuminarvi, a infiammare il vostro cuore e la
vostra mente...!
Ascoltatemi, figliuoli, ascoltatemi...! Non
vedete il mondo come si rotola nel peccato ?
Non vedete tante anime, tanti peccati tanti
sacrilegi che commettono ? Da tutte le parti
del mondo flagellano il nostro Figlio Gesù...!
Tanto piango...!
Ritornate, ritornate figliuoli pentiti...!
Abbracciate la Croce e chiedete pietà e
misericordia che sarete perdonati...! Non
aspettate quando non sarete più in tempo...!
Perché Io sono la Madre di tutti i miei figli di
quaggiù...! Vi richiamo alla penitenza, vi
richiamo con il Rosario, vi richiamo con una
buona confessione... comunione...! Vi
richiamo par colmarvi di grazie... che voi mi
ascoltiate... che voi mi amiate...! Io tanto vi
amo... vi voglio tutti salvi, tutti in Cielo con
Me... ! Pregate con fede e chiedete perdono
all’Eternno Padre... pieta e misericordia...!
L’Eterno Padre avrà misericordia, se voi tutti
riuniti nella preghiera...perché Io ho tante
grazie da donarvi...! Amatevi, amatevi l’uno
con l’alto...! Perdonatevi l’uno con l’altro...!
Pregate insieme con il Rosario...! Unitevi alla
preghiera...! La riunione fa là forza... la
riunione dà la pace, l’amore...!
Io sono in mezzo a voi... mi unisco a voi per
colmarvi di grazia, con il pardonarvi, figliuoli
miei...! Una Mamma fa (di) tutto per i suoi
figli...! Siate forti nella fede, figliuoli miei,...
siate forti... abbracciate la Croce. Andate ai
piedi di Gesù crocifisso... chiedete pietà e
miselicordia per tutto il mondo e per voi...!
transfigure le disciple en le configurant à
son Maître. Le pardon est un sommet de
la prière chrétienne; le don de la prière
ne peut être reçu que dans un coeur
accordé à la compassion divine. Le pardon témoigne aussi que, dans notre
monde, l'amour est plus fort que le péché (CEC n° 2844). Le Père des miséricordes est la source de tout pardon. Il réalise la réconciliation des pécheurs
par la Pâque de son Fils et le don de
son Esprit, à travers la prière et le ministère de l'Église… « qu'il vous donne
le pardon et la paix » (CEC n° 1449).
8
8
Priez pour mes apôtres, priez, priez: afin qu'ils reviennent repentis,
qu'ils écoutent ma parole de Mère. Je les appelle tant, nuit et jour!
S'ils savaient la si grande place qu’i1s ont au Ciel ! Il faut qu’ils
soient la joie de tous, dans la sainteté, car s’ils sont saints euxmêmes, alors les âmes continuent sur le chemin de la lumière, le
sentier qui va au Ciel dans la persévérance.
Priez pour mes «prediletti », priez pour qu'ils reviennent, que le
Saint·Esprit les éclaire, qu’il leur donne une vive lumière pour qu'ils
comprennent qu'ils sont frères en Jésus, qu'ils sont vrais apôtres de
Jésus, qu'ils ont une grande mission à accomplir, une mission
sainte, pour sauver tous mes enfants de la terre!
Priez pour le Saint Père Paul VI ; pour qu'il soit fort, qu'il ait la
force et aussi le courage, que le Saint·Esprit lui donne tout son
amour pour comprendre tout ce que veulent Jésus et le Père Eternel6.
Priez Pour tous, et surtout pour la jeunesse qui marche dans une
telle infamie. Mamans, mamans, priez pour vos enfants, pour qu'ils
vous écoutent et qu'ils m'aiment et que Moi, Je les prenne dans les
bras7. Consacrez les Moi, d'âme et de corps. Jour et nuit8 Je vous
appelle tous,… le monde entier. Tous sont mes enfants, les bons
comme les méchants ! Je vous appelle à la pénitence!
Moi, Je viendrai avec la lumière, J'éclairerai tous 1es esprit, et les
sauverai tous, parce que vous êtes tous mes enfants! Je vous veux
tous au Ciel avec Moi, et vos anges gardiens vous suivront pas à
pas… ! Saint Michel vous défendra de tout danger, mais restez unis
à Moi et à Jésus, avec le Rosaire et avec Jésus dans le coeur. Je
vous le répète: promettez le Saint Rosaire. Je vous Je vous le répète
si souvent! Avec le Saint Rosaire on a la force de vaincre toutes les
tentations, toutes les épreuves, tout ce qui adviendra!
Priez, mes petits enfants, priez, et insistez auprès du Père Éternel
pour obtenir miséricorde et pardon ! Au Nom du Père Éternel, je
vous donne une forte bénédiction qui vous assiste dans la vie et dans
la mort, pour vous voir tous réunis Là-haut, dans la gloire du Saint
Paradis.
Au Nom du Père, du Fils, et du Saint· Esprit, amen.
9
10
11
12
13
14
Pregate pel i miei apostoli...! Pregate che
ritornino pentiti...che ascoltino la mia parola
di Madre...! Io li richiamo tanto notte e
giorno...! Se sapessero che posto hanno in
Cielo tanto grande...! La gioia di tutti devono
essere...! La santita... che se sono santi loro
anche le anime li proseguono (seguono} nel
camino della luce... il sentiero che va al
Cielo... ed essere perseveranti...!
Pregate per i miei prediletti...! Pregate che
ritornino, che lo Spirito Santo li illumini, ci
dia la luce chiara per comprendere che sono
fratelli in Gesù,... veri apostoli di Gesù... che
hanno una missione grande da compiere, una
missione santa da compiere per salvare tutti i
miei figli della terra...!
Pregate per il Santo Padre Paolo VI che sia
forte, che abbia la forza, che abbia, il
coraggio... che lo Spirito Santo ci (gli) dia
tutto il ua amore par comprendere· tutto quello
che Gesù vuol e l’Eterno Padre....!
Pregate per tutti, specialmente anche per la
gioventù che percorre (corre) tanto nel
fango...! Mamme, mamme... pregate per i
vostri figli che vi ascoltino e che mi amino
che Io li abbraccio...! Consacrateli a Me di
anima e di corpo...! Giorno e notte Io vi
richiamo tutti.... tutto il mondo... sono tutti i
miei figli come i buoni, come i cattivi...! Vi
richiamo alla penitenza...!
Io verro con la luce,... vi schiarirò la mente di
tutti e salverò tutti... perché siate tutti miei
figli...! Vi voglio tutti in Cielo con Me e i
vostri Angeli Custodi vi seguiranno passo per
passo...! San Michele vi difenderà da ogni
pericolo... ma state uniti a Me e a Gesù con il
Rosario, con Gesù nel cuore...! Ve lo ripeto...
il santo Rosario... promettete...! Il santo
Rosario...! Ve lo ripeto tante volte...! Con il
santo Rosario si ha la forza per vincere ogni
tentazione, ogni ostacolo, ogni cosa che
verrà...!
Pregate, figliuoli, pregate e insisete (presso)
l’Eterno Padre misericordia e perdono.
A nome dell’Eterno Padre vi do una forte
benedizione che vi assista in vita e in morte
per avervi tutti uniti lassù nella gloria del
Santo Paradiso.
Nel nome del Padre, del Figlio e dello Spirito
Santo, amen.
Traduction critique : San Damiano Media
L’histoire du pontificat de Paul VI,
à cette époque, relève comme élément
dominant, la Constitution Apostolique
Missale Romanum de Paul VI le 3 avril
1969 qui introduit dans la liturgie de l’Église la nouvelle messe dite « de Paul
VI ».
Cette phrase de Notre Dame des
Roses n’est ni une approbation ni un
encouragement pour l’action du pape
dont elle a dit « qui l’écoute, m’écoute ». Il est certain que cette période
de l’histoire est une page difficile et douloureuse et qu’elle a été source de
beaucoup d’incompréhensions et de
malentendus entre gens d’Église, que
les papes suivants se sont employés à
apaiser : Jean Paul II, en 1984 et 1988,
et Benoît XVI, notamment par le Motu
6
Proprio, le 7 juillet
2007. Ce dernier
document est un message de réconciliation qui crée les conditions pour que
nous nous pardonnions les uns les autres (n° 6).
Qui aura l'audace d'arracher des
bras de Marie ses enfants, lorsqu'ils y
cherchent un asile contre les poursuites
de leurs ennemis ? Quel démon assez
furieux, quelle passion assez violente
pour les vaincre, s'ils placent leur
confiance dans la protection d'une
Mère si puissante ? Quand la baleine
voit son petit exposé à périr dans une
tempête ou à être pris par les pécheurs,
elle ouvre la bouche, dit-on, et le reçoit
dans son sein. Ce qui est sûr, c'est
qu'ainsi fait Marie: quand cette bonne
7
Mère voit ses enfants exposés à de
trop grands périls par la violence des
tentations, elle les cache avec amour
comme dans ses propres entrailles, assure Novarin, les y tient à l'abri du danger, et ne cesse de les garder jusqu'à ce
qu'elle les ait mis en sûreté dans le port
du salut (Saint Alphonse de Liguori, Les gloires de
Marie, chap I. I).
Étonnant de penser que Marie
appelle la jeunesse jour et nuit. C’est
que le péché dans lequel la jeunesse
dégringole est là jour et nuit, et peut-être
plus la nuit où se font tant de dérèglements, tant de désespoirs et de suicides. C’est pourquoi Marie nous appelle
jour et nuit et le répète (n°1 ; 3 ; 8 ; 11).
C’est une continuité d’appel, de main
9
tendue du Ciel aux âmes.
9
8
Premier voyage de Jean-Paul II en Pologne : les souvenirs du card. Dziwisz
Ou : Quand Jean-Paul II a fait basculer le monde
11 juin 2009 : Trente ans après la première visite de Jean-Paul II en Pologne (2-10 juin 1979), le cardinal
Stanislas Dziwisz, archevêque de Cracovie et ancien secrétaire particulier du pape polonais, a accordé un
long interview à l'agence catholique polonaise Kai. Témoin le plus direct des préparatifs de cet événement, il fait ici part de ses souvenirs. En voici quelques extraits.
Jean-Paul II pensait-il aux répercutions possibles de
son voyage ? Se rendait-il compte qu'il aurait été aussi
déterminant pour le cours des événements en Pologne ?
Card. Dziwisz - Personne ne pouvait le prévoir. Lui
était convaincu que la nation polonaise, si fortement
enracinée dans la foi, méritait la visite du pape. Aujourd'hui, nous pouvons affirmer sans aucun doute que
son premier pèlerinage en Pologne a été le plus important de tous les voyages du pape parce qu'il a
amorcé un processus de changements incroyables au
niveau mondial. Tout commença durant cette période.
Jean-Paul II se rendait compte que le discours prononcé à Gniezno - là où il affirma que la mission d'un pape
slave était celle de faire redécouvrir à l'Europe l'unité entre Occident et Orient - mettait en cause l'Ostpolitik vaticane qui, de fait, acceptait la situation existante ?
Card. Dziwisz - Jean-Paul II a toujours refusé la
doctrine du « compromis historique » selon lequel l'Occident et l'Église aussi, auraient dû considérer le marxisme comme un élément décisif du développement de
l'histoire. Il était convaincu que l'avenir n'appartenait ni
au marxisme, ni à la lutte des classes. Il changea de manière décisive la politique vaticane en ce sens. Le changement de perspective a fait réfléchir beaucoup de personnes et l'on s'est demandé si le marxisme était réellement aussi fort. Avec la même détermination, Jean-Paul
II s'opposa aux tentatives d'inclure l'analyse marxiste de
la doctrine sociale de l'Église dans le domaine de la
théologie de la libération. Pour lui, le développement de
l'humanité passait par la possibilité de choisir, et par les
droits de l'homme. Il était pour les droits de la personne
et la dignité intouchable de l'homme. Le discours de
Gniezno marqua le début de la chute du rideau de
fer qui divisait alors l'Europe. L'écroulement du
Mur a commencé là, et non à Berlin !
Cela ne vous déçoit pas qu'aujourd'hui tout le monde
parle du Mur de Berlin et non de Gniezno ou de Solidarnosc ?
Card. Dziwisz - Il faut parler de faits historiques. La
chute du Mur était la conséquence du processus commencé en Pologne en 1979, et je répète : le démantèlement du rideau de fer commença le 3 juin 1979 à Gniezno.
A votre avis, quel est le sens le plus profond de son
premier pèlerinage en Pologne ?
Card. Dziwisz - Après cette visite, la Pologne n'a
plus été la même. Les gens ont redressé la tête, ils
N’ayez pas peur !
n'avaient plus peur.
Solidarnosc naquit comme fruit naturel de cette libération (créé le 22 septembre 1979, trois mois après la visite du
pape, NDLR)?
Card. Dziwisz - Jean-Paul II a libéré l'énergie intérieure du peuple. En ce sens, il a posé les bases pour la
naissance de Solidarnosc l'année suivante. La Pologne
n'a plus été la même.
Revenons à l'actualité. Pour quand pouvons-nous attendre la canonisation de Jean-Paul II ?
Card. Dziwisz - Cela dépend directement de Benoît
XVI. Mais il me semble quand même que les choses se
passent très bien. Le procès pour le miracle est déjà en
route. Et la reconnaissance de l'héroïcité des vertus de
Karol Wojtyla sera décisive. Nous espérons que le diable ne s'en mêlera pas.
Éminence, avez-vous déjà senti la présence du diable ?
Card. Dziwisz - Oui, je l'ai sentie. De la manière la
plus forte qui soit quand le diable a été chassé d'une
jeune femme. J'étais présent, je sais ce que cela veut
dire. C'est terrible de ressentir la présence d'une force si
grande et incontrôlable. J'ai vu comment il la maltraitait
physiquement, j'ai entendu la voix avec laquelle elle
criait. Cela arriva après une audience générale. JeanPaul II récita les prières d'exorcisme, mais rien. Alors, il
dit que le jour suivant, il célèbrerait la messe aux intentions de cette jeune femme. Et après la messe, de manière imprévue, elle se retrouva comme si elle était une
autre personne, tout avait disparu. Au départ je n'y ai pas
cru, je pensais qu'il s'agissait d'une maladie psychique.
Au contraire, Satan existe ■
Rappelons-nous que Jean-Paul II est le Pape du “16 octobre”.
Ce n’est pas une simple coïncidence qu’il soit élu le jour anniversaire de la première apparition de Marie
à San Damiano, le 16 octobre 1964.
10
La béatification
de Jean-Paul II est en bonne voie et certains pensent qu’elle pourrait avoir lieu le 2 avril
2010 pour le cinquième anniversaire de son entrée au Ciel.
10
Marcel Van
15 mars 1928 - 10 juillet 1959
L’Église du Vietnam compte actuellement 6 millions de catholiques pour 75 millions d’habitants.
Cette chrétienté a souffert plus de trois siècles de persécution. En 1933, lorsque Pie XI, sacre le
premier évêque vietnamien, Monseigneur Nguyèn Ba Tong, il lui dit : Vous rentrez dans votre pays,
le Vietnam. Continuez l’apostolat missionnaire, car le Vietnam a une grande mission : C’est la fille
aînée de l’Église en Extrême-Orient… Ces liens sont scellés par le sang de vos martyrs.
Thérèse de l’Enfant Jésus avait été désignée pour aller au Carmel de Hanoï. Sa santé précaire
en a été l’obstacle mais son cœur était au Vietnam !
Selon notre habitude, nous chercherons des liens entre la spiritualité de Marcel Van, au travers
de quelques uns des extraits de son autobiographie (St Paul Éditions religieuses), et de la spiritualité de San
Damiano.
Le père spirituel de Van écrit de lui :
Préparation d’un cœur pur pour Jésus
Le 15 août 1945, j’accueillais au noviciat des Rédemptoristes à
Hanoï un jeune homme qui n’avait que dix-sept ans et en paraissait
quatorze tant il était menu. Il se fit rapidement remarquer. Son nom
civil était Joachim Nguyen-Tan-Van, devenu en religion Frère Marcel. Il appartenait à une famille de condition modeste d’un village de
la province de Bac-Ninh, sur le fleuve rouge. Il avait quitté sa famille
à l’âge de sept ans pour faire des stages dans différentes cures,
puis au petit séminaire de Lang-Son, dirigé par les Dominicains
français. Le garçon avait en tête de se faire religieux chez les Rédemptoristes à Hanoi. Le noviciat terminé, il vécut neuf ans dans
des maisons de notre communauté. Volontaire pour faire partie du
peloton des braves qui demeura à Hanoi après la séparation du
Vietnam en deux tronçons (1954), il fut arrêté par la police communiste le 7 mai 1955 et emprisonné dans de dures conditions jusqu’à
sa mort le 10 juillet 1959. Sa vie intérieure est assez peu coutumière. Aussi lui demandai-je de la mettre par écrit. Il s’appliqua à ce
travail par obéissance, surtout durant les douze mois de son noviciat, pour continuer ensuite au cours des cinq années qui suivirent
(1946-1951). A la fin, c’était un texte vietnamien très dense qui
couvrait près de neuf cents pages de cahiers !
« Je me rappelle encore ces jours du mois de mai ou ma
sœur m’emmenait cueillir des fleurs pour les offrir à la Sainte
Vierge. Ah ! Ce sont les plus beaux jours de ma vie. Tous les soirs,
nous disposions les fleurs cueillies sur une petite assiette, et nous
allions à l’Église les offrir à la sainte Vierge…
Je reviens toujours sur la question de mon entrée en religion,
mais cela fait rire toute la famille, car je ne peux m’éloigner de ma
mère, même une heure ! Un jour, je refuse que la servante me
fasse à déjeuner : Non. Dans quelques temps, j’entrerai en religion,
il faut que j’apprenne à me débrouiller. La servante, se retenant de
rire, me tapote légèrement et dit : Que parles-tu d’entrer en religion
quand tu as encore le lait à la bouche !
Thérèse et Van, même langage
« Si une fleur pouvait parler, elle dirait tout simplement ce que
le bon Dieu a fait pour elle »… Personne n’allume une lampe pour
la mettre sous le boisseau. Il a donc voulu que j’étale ma beauté et
répande mon parfum au grand jour pour bien remplir ma destinée
de fleur.
Détachement douloureux
« J’ai presque 4 ans quand Dieu dans sa bonté me donne une
petite sœur Anne-Marie Tê. Quelle joie indescriptible ! … Je voulais
que ma petite sœur sache bientôt parler pour réciter le chapelet
avec moi ; qu’elle puisse marcher afin que, à l’occasion des processions, je n’aie plus à recourir à la servante pour entonner les prières… Mon désir de tous les jours était qu’elle ouvrit bien vite les
yeux afin de pouvoir lui montrer mon bel Enfant-Jésus et les jouets
que j’avais projeté de lui offrir… Étant trop attachée à ma chère
petite soeur, un beau jour, on m’oblige à m’en aller très loin. J’apprends que je devais rester avec ma tante Khanh. Je ne comprends
pas pourquoi ma mère me condamne à cet exil… Quelle douleur !
Le Pain de l’Amour
« J’atteins bientôt mes six ans, et ma petite sœur Tê approche
de sa troisième année. Mon exil a pris fin. On me permet de retour« Les sept premières années de ma vie se sont écoulées ner à la maison. A ce bonheur s’ajoute celui de ma première comcomme une rose sous les chauds rayons du soleil printanier… Dans munion. L’abbé Dominique Nghia hésite à m’y admettre: Le petit est
la modeste maison d’un village de campagne, mon père est tailleur, très intelligent, mais il est encore très jeune !… … Après de multiet ma mère, en plus de la maison, s’occupe aussi de la rizière pour ples épreuves, à la fin d’une confession, le père me demande d’aimer beaucoup la sainte Vierge de tout mon cœur, puis me donnant
ne pas acheter des vivres à l’extérieur.
« Avec mes parents vivent mon frère aîné, Joachim Liêt, ma la bénédiction, il annonce : Demain, je te permets de communier…
grande sœur Anne Lê, et moi, qui suis le troisième enfant. Au total Ah ! Demain… communier… cette parole frappe mon oreille comme
nous serons cinq. Ma mère, très habile à me choyer, est experte à le bruit d’une grande vague. Elle est comme un rayon lumineux qui
former ses enfants à la sainteté. Elle habitue ma langue à pronon- perce les ténèbres de mon cœur… Cette nuit-là, je me mets au lit
cer avant tout, les saints noms de Jésus, Marie, Joseph… Et dès mais sans pouvoir dormir… L’heure a sonné, la minute tant désirée
que j’en ai la capacité, ma mère m’exerce sans retard à tracer sur est arrivée. Je m’avance vers la table sainte, l’âme débordante de
moi le signe de la Croix… En peu de temps, elle m’apprend à réci- joie. Je tiens bien serré dans ma main le cierge allumé, symbole du
feu de l’amour qui brûle en
ter par cœur le Notre Père, le
Promettez,
mes
enfants,
de
commencer
à
éduquer
mon âme… Enfin, Jésus arrive,
Je vous salue Marie et le
je tire doucement la langue
chrétiennement
vos
enfants
par
la
récitation
du
saint
Gloire au Père. Puis elle m’ipour recevoir le pain de l’Arosaire.
Ceci
sera
votre
soutien,
votre
réconfort
en
nitie à la récitation du chapemour... Mon cœur ressent une
cette vie et au moment de votre mort. SD 26 avril 1968
let. A partir du jour où je sus
joie extraordinaire…/...
dire cette prière, selon son
Recourez à Jésus-Hostie qui est source de grâce, est
propre témoignage, je devins
tout amour, est toute miséricorde. Recevez-le dans
de plus en plus sage et doux
votre cœur. Recevez-le avec beaucoup d’amour, beau11
mais extrêmement entêté,
coup de foi, avec pénitence et repentir. SD 1er mai 1969
11
dominateur, inflexible…
Douce enfance
Fioretti de ma petite sœur Tê
« L’enfant terrible et entêtée qu’elle était, change à partir de ma
première communion. Sachant que Jésus était dans mon cœur,
elle n’ose plus se montrer impolie ; bien plus, elle aime que je la
laisse appuyer sa tête contre ma poitrine pour « entendre Jésus ».
Un jour qu’elle était recueillie pour écouter ainsi Jésus, ma mère lui
demande : Est-ce que tu entends Jésus ? Et elle, de répondre :
Oui, je l’entends, Il est en train de gigoter dans la poitrine de Van !
Le soir de cet heureux jour, je prends tous mes jouets et autres
cadeaux que j’avais reçu pour les lui offrir.
Le pauvre : c’est Jésus ou Marie
« Ma petite sœur et moi, nous aimons taquiner les pauvres,
surtout elle. Chaque fois qu’un pauvre vient à la maison, elle court
à sa rencontre et le salue par ces mots : Bonjour Jésus ! Bonjour
Jésus ! Et si c’est une femme : Bonjour Sainte Vierge ! Vous venez
nous faire une visite, n’est ce pas ? Un jour, apercevant un vieux
mendiant pied-bot, elle court à sa rencontre puis m’appelle : Van,
viens ici, j’ai quelque chose à te dire… Alors en riant, elle me montre le vieillard et me dit tout bas : Jésus est pied-bot… J’aime parler
avec les pauvres et les consoler même s’ils ne sont pas de ma
religion, j’ai l’impression que seuls les pauvres peuvent découvrir
facilement la volonté de Dieu.
Offrande pour un père
« Pour exaucer ma mère, ma première
semaine de communion est consacrée à
prier pour mon père, qui vit maintenant
dans l’oisiveté. Travaillant peu, son seul
plaisir est de sortir et jouer pour de l’argent. Sa foi est de plus en plus tiède et
négligée. Jamais auparavant je n’ai vu
ma mère affligée à ce point. Jamais non
plus je n’ai ressenti en mon cœur une
telle piété filiale. Malgré tout l’amour que
je lui portais, je voyais la nécessité de
prier beaucoup plus pour mon père. Je
promets à Dieu pour la vie de ne jamais
boire de vin, afin de faire pénitence pour
lui.
Soif de prêcher
« Un jour, je me présente devant ma mère pour lui révéler un
secret. Elle sourit, me conduit à l’écart, puis m’invite à lui communiquer tout bonnement mon secret. Rougissant, je lui saisis la main
et ne peux que lui dire: Maman, permettez-moi d’entrer en religion,
car je pense que le Bon Dieu le veut ainsi. A ces mots, elle éclate
de rire… - Il faut d’abord que tu grandisses encore un peu… - Je
désire vivement devenir prêtre le plus tôt possible pour aller prêcher la parole de Dieu aux non chrétiens.
Une école cruelle
« En attendant de grandir, je dois commencer à aller à l’école.
Cependant, au bout de deux mois seulement, je tombe malade et
suis contraint d’abandonner. L’unique cause de ma maladie, c’est
tout simplement « qu’il me fallait aller à l’école »… Cette école était
plutôt un camp de concentration pour enfants, et dans ce camp,
l’enseignant n’était qu’un cruel bourreau… Cependant, je continue
de communier tous les jours pour y recevoir le Pain des forts. Je
demande à Jésus de m’emmener au Ciel pour n’avoir plus à aller à
l’école.
Petit mais déterminé !
« En mai 1935, pour me divertir, ma mère m’emmène en visite
chez l’abbé Joseph Nhà, à Hùu-Bàng… Il me plait beaucoup car il
a vraiment l’air d’un saint vivant. Il m’accueille comme son enfant,
d’autant que je voulais devenir prêtre.
Je pense que si ma mère au lieu de m’obliger à retourner à la
maison me
12 laissait ici, j’en serais bien content, et ainsi, je pourrais
devenir prêtre.
Les jours joyeux passent bien vite… avant le départ. Nous disons au revoir au curé, et pendant que nous causons joyeusement,
ma mère, pour me taquiner me dit: Van, je retourne avec la cousine, et toi, tu resteras avec monsieur le curé. Dans un clin d’œil à
sa cousine elle attend ma réaction, pensant intérieurement : Van va
certainement éclater en sanglots en m’entendant parler ainsi. Au
contraire, à ses paroles, je m’écrie tout joyeux : Ah ! Très bien maman, laisse-moi ici avec monsieur le curé, et quand je serai prêtre,
je retournerai. Étonnée, elle regarde sa cousine puis se tournant
vers moi, elle me dit : Eh bien, Van, tu aurais ce courage ? Mais je
disais cela pour rire. Reviens d’abord avec ta petite sœur pour
grandir un peu, puis quand elle sera grande, je vous laisserai partir
tous les deux. - Non, maman ! Je suis déjà assez grand. Retourne,
et quand ma petite sœur aura grandi, tu l’enverras ici avec moi
pour se faire religieuse. Et à ces mots, je disparais… Ainsi donc, à
cette heure où je me sépare de ma mère, je n’éprouve aucune
tristesse, aucun regret…
Désir grandissant
« Vivre plus près de Dieu est mon seul désir. Pour répondre à
mon attrait pour le sacerdoce, l’abbé Joseph Nhà, malgré ma petite
taille, m’admet au nombre des jeunes aspirants à la prêtrise. J’intègre les servants de messe de seconde classe, et chaque jour j’ai le
bonheur de servir dans le sanctuaire, bien que je ne sois pas plus
haut que l’autel et encore trop faible pour porter le gros missel, je
sers quand même la sainte messe et communie chaque matin.
Hùu-Bàng : un enfer à supporter
« La joie sera de courte durée. J’ai huit ans et Satan s’engage
dans une dure bataille. Parmi les catéchistes attiédis de la cure, il
s’en trouve un qui me déteste particulièrement. … Tous les matins,
après la messe, il m’appelle dans sa chambre, me fait coucher par
terre et me donne une volée de coups de rotin tout en chantant à
tue-tête. Puis il me donne cet ordre : défense de pleurer… Avant de
me congédier, il prend un regard sévère, et roulant les yeux, il me
donne cet ordre : défense de parler. Il recommence ainsi plusieurs
fois par jour : Si tu parles, je t’enterrerai vivant ! Je crois qu’il est
capable de le faire !… L’atmosphère de la cure est contaminée par
l’impureté. On boit de l’alcool, joue à l’argent, et les filles vont et
viennent dans la maison… Tous mes désirs au sujet de mon avenir
de prêtre me paraissent vains. Personne ne s’occupe de mes études, ni de ma formation spirituelle.
Ma famille ruinée
« L’année 1938, j’atteins mes dix ans, la misère devient plus
grande encore. Dans toute la région, la moisson est perdue à
cause de l’inondation. A la cure, la situation est pire encore ; on se
dispute chaque grain de riz. L’esprit de charité a disparu sans laisser aucune trace. Et pour dire toute la vérité, dans la maison où
nous vivons à vingt, seuls deux arrivent à se rassasier. En premier,
il faut nommer le curé… la petite marmite de riz était toujours pleine
et accompagnée d’assaisonnements savoureux. Surtout, il y a la
bouteille d’alcool et le bocal d’arachides grillées toujours bien remplies dans le buffet… Il n’est pas possible de cacher ces choses à
des dizaines de paires d’yeux affamés ! J’apprends que ma famille
a été subitement réduite à la misère. L’abbé Nhà abuse de moi en
m’employant comme un simple boy à peiner toute la journée à son
service… Après cinq ans de séparation avec ma famille, je m’enfuis
pour la première fois.
Elles ne valent rien les richesses d’ici-bas.
Après, on perd son âme. Votre âme est combien plus grande quand elle s’approche de
Jésus parce que Jésus l’enflamme de son
amour. Jésus est riche de grâces. Il fait tout
pour enrichir l’âme de sainteté, d’amour, de
charité. SD 7 novembre 1969
12
“Évadé de prison”
Les petits anges de la résistance
« Arrivé chez moi, ma mère mécontente, me ramène à Hùu-Bang
et demeure quelques jours à la cure pour voir si la situation est réellement comme je l’ai décrite car elle ne me croit pas… A son départ,
je sanglote et la supplie de me laisser retourner avec elle… Elle me
presse la tête contre son cœur et me dit doucement : Mon enfant, tu
peux aussi comprendre un peu mon désarroi. Connais-tu la malheureuse situation où se trouve la famille à cause de ton père ? Si tu la
connais, je te demande d’accepter aussi ta part avec moi. Tâche de
rester ici encore quelques temps, ensuite je m’occuperai de te trouver un autre endroit où tu pourras te préparer au sacerdoce…. J’ai le
cœur déchiré. Ma mère repart en me laissant à la cure.
« Pour faire face à la bande de mal élevés, j’institue le groupe
des « petits Anges de la résistance ». Le premier soir, nous votons
pour désigner un chef… A partir de ce moment, ils m’appellent
« chef ». Tous les jours, nous tenons des réunions secrètes dans la
forêt pour délibérer sur les points contre lesquels il faut protester…
Ce qu’il faut garder avant tout, c’est l’esprit de charité car elle a complètement disparu de la cure. En quelques semaines, ces enfants
auparavant timides, malpropres, paresseux et querelleurs, sont devenus doux, attentifs, propres et énergiques.
Vengeance du père Nhà
« Le curé m’appelle dans sa chambre pour me poser des questions au sujet de mon évasion, pour me traiter de voleur, de fourbe
en m’humiliant. Il dit : Je t’ai déjà donné ton certificat d’études primaires, cela est suffisant… Je te confie maintenant le soin des canards ;
nourris-les bien et je te donnerai la nourriture et le vêtement… Après
d’autres douloureux évènements, je conclus que je dois encore fuir
ce lieu, que je dois chercher moi-même une maison de Dieu authentique.
Seul
« Un beau matin, je décide de m’enfuir, mais sans retourner chez
mes parents. Après deux semaines de mauvaises rencontres et de
mendicité, j’arrive chez ma tante. Mais au bout de quelques jours,
ma mère exige qu’elle me ramène à la maison. En pleurant, je supplie ma tante de me garder et de me trouver un endroit pour me préparer au sacerdoce. Le jour où elle me ramène, je pleure tout le long
du voyage, mes parents me traitent comme un fils dégénéré. Nous
somme pauvres : la moitié de la rizière a été mise en gage. Malgré
cela, mon père, indifférent, continue de mener grande vie. Il a toujours assez d’argent pour le jeu, alors que ses enfants n’en ont pas
pour vivre. Il me bat et ma mère me laisse entendre qu’elle n’a plus
de sentiment pour moi.
Le Pardon
« … Quelques mois plus tard ma famille se montre plus accueillante, excepté ma petite sœur Tê qui refuse toujours de s’entendre
avec moi. De temps en temps, elle me traite de voleur et me menace… Cependant, si plus tard, elle vient à lire ces pages et à se
repentir, qu’elle se rappelle bien que ce frère lui a pardonné depuis
longtemps et qu’il a tout oublié.
La pureté comme bouclier
Le petit séminaire de sainte Thérèse
de l’Enfant Jésus
« Après la fête de Noël 1941, je reçois de mon ami Tân une lettre
m’annonçant qu’au petit séminaire de Lang-Son à l’occasion de
Noël, on est prêt à accueillir de nouveaux élèves. Tan me demande
de le rejoindre. Il y avait été admis lui-même depuis trois mois. Quelques mois plus tard, je demande la permission au père Nhà de me
laisser partir. Il le fait, mais sans me laisser, ni habits, ni sandales, ni
absolument rien. Tân qui m’accueille, est un peu gêné de me voir
ainsi habillé en mendiant… Au début de ma vie de séminariste, je
subis les moqueries et on m’appelle « le déguenillé »! Mais je prends
une résolution : Ne jamais mépriser les petits sacrifices. Après six
mois passés au séminaire, les vacances arrivent et je constate que
durant cette période, je me suis développé et fortifié tant physiquement que spirituellement. Je dois revenir à Huu-Bang, ne pouvant
être accueilli chez moi.
Au séminaire de Lang Son
« En 1942, deux jours avant l’Assomption, Le père Dufer m’annonce que j’avait été choisi avec deux autres camarades de la même
classe pour continuer mes études à la cure de sainte Thérèse de
l’Enfant-Jésus à Quang-Uyên, et on m’exhorte à me rendre aussitôt
à Lang-Son. Le père Maillet, dominicain nous attend et nous fait
visiter la cure. Un autre père, le vieux père Brebion moule tout seul
des briques de ciment sous un appentis. Il nous serre la main et
nous présente son église en construction, il dit : Je moule les briques
pour construire une église, afin que plus tard vous ayez un endroit
pour célébrer la messe. Puis il se met à rire d’un air très affectueux.
Nous étions quatre élèves.
Au bout d’un mois, la sécheresse arrive. Les vaches de la cure
sont si maigres qu’elles menacent de mourir. Le père Maillet craignant de perdre son troupeau change notre qualité d’étudiant en
celui de gardien de vache. Nous voulons partir… Après trois mois de
sécheresse, le crachin recommence à tomber, et l’herbe des champs
à reverdir. Le père nous remet alors à nos études.
« L’abbé Nhà vient en personne me rechercher ! Je fais mes
adieux à la famille et je pars. Après neuf mois d’absence à HuuOser désirer être un saint
Bang, je sens immédiatement une atmosphère viciée par l’impureté
et l’égoïsme. Le mal est grave. C’est le désordre, le dérèglement et
« Je cherche toutes les raisons de rejeter cette pensée. Après
le scandale. Le premier jour, je pleure et suis pris de tremblements, réflexion, je décide de choisir une vie de saint en tirant au sort dans
comme par la fièvre… Je vais m’asseoir dans un coin de la sacristie un tas de livres qui me tomberait sous la main… Je demande à la
et je pense … Si les saints ont pu garder ainsi leur cœur parfaite- sainte Vierge de me diriger… c’est fait… J’ouvre les yeux, je viens de
ment pur, c’est certainement parce qu’ils ont fait à la Sainte Vierge, mettre la main sur un livre que je n’avais pas encore lu, mais que
le vœu de rester vierges. Les yeux bien secs, le visage épanoui et le j’avais déjà exclu, pensant qu’il ne présentait rien d’extraordinaire. Je
cœur apaisé, je me lève en hâte et je m’agenouille devant l’image de le saisis et en regarde le titre : Histoire d’une âme. Je laisse bruyamNotre Dame du Perpétuel Secours, puis les deux mains posées sur
ment tomber le volume sur le tas de livre… Mais je me fais vite le
l’autel, et le regard fixé sur ma Mère Marie, je prononce les paroles reproche : Ah ! En agissant ainsi, tu manques à ta promesse… Oh !
suivantes : O Mère, je fais le vœu de garder la virginité comme toi Pardon sainte Thérèse, ce livre que je viens de rejeter convient si
durant toute ma vie... Ma vie sera désormais sa vie, mes peines bien à mon âme !.../...
seront aussi ses peines, et mon rôle à moi
sera de rester toujours blotti sous son manSoyez forts, soyez purs, soyez humbles, soyez obéissants. Et en
teau immaculé. En sortant de l’église, je me
avant avec Jésus, en avant avec Jésus, près de Jésus, Je suis là,
mets à courir et à sauter en tous sens comme
Moi, qui vous assiste. SD 8 décembre 1969
l’écume blanche qui danse au pied d’une
chute.
Mamans, je les veux tous saints, vos enfants. Je les veux tous
dans mon cœur et dans celui de mon Fils Jésus. SD 6 juillet 1968
13
13
Sœur spirituelle
Déception de Van
« La vie spirituelle de Thérèse était identique à la mienne. Ses
pensées et même ses « oui » et ses « non » étaient en harmonie
avec mes propres pensées et les petits faits de ma vie ... Il n’y avait
aucune différence entre nos deux douleurs.
« Je me lève donc pour aller à l’église, et m’agenouillant au pied
de la statue de sainte Thérèse, je lui dis d’un cœur sincère : Pour
moi, c’est Thérèse qui sera ma sœur. Dès que j’ai prononcé ces
paroles, mon âme est envahie d’un courant de bonheur ! Et cette
force me pousse au pied de la montagne… Je me dis : Est-ce que
j’aurais perdu la tête ? Pourquoi donc suis-je si joyeux ? Soudain, je
sursaute : J’entends une voix qui m’appelle par mon nom : Van, Van,
mon cher petit frère ! Quelqu’un qui m’appelle ? Van, Mon cher petit
frère. J’étais abasourdi et presque troublé. Oh ! C’est ma sœur Thérèse !… Tu seras désormais personnellement mon petit
frère, tout comme tu m’as choisie toi-même pour être
personnellement ta grande sœur…. Petit frère,
écoute… Donc Dieu est Père, et ce Père est Amour…
A peine Dieu a-t-il annoncé le châtiment à nos premiers
parents, qu’il leur promet aussitôt une source d’espérance : Il enverra son Fils se faire homme sur terre pour
rendre à l’humanité la grâce perdue par nos premiers
parents. Après une telle marque d’Amour, que pouvaitil faire de plus ? Et pourtant, personne n’osera encore
donner à Dieu le nom de Père. Ce n’est qu’après l’Incarnation du Verbe que Jésus, Sauveur du monde, a
donné à Dieu le nom de Père, et a enseigné au monde
à utiliser ce nom pour prier le Dieu Très-Haut… Rappelle-toi ceci: Bien qu’il soit Dieu, notre Père du Ciel ne
méprise jamais les petites choses. Il prend plaisir aux choses
apparemment insignifiantes comme aux spectacles les plus grandioses, car tout cela est l’oeuvre de son Amour…
« Après m’avoir enseigné la manière de converser tout naturellement avec Dieu, elle me rappelle souvent de prier pour que les enfants encore purs ne soient pas contaminés par les mauvais exemples. Elle me rappelle encore de prier pour les pécheurs et pour les
prêtres…. Elle me parle du saint Père et me demande de prier pour
lui. Comment ? Le saint Père a donc lui aussi besoin de mes prières ? – Pourquoi pas ? Il souffre beaucoup, petit frère. La sainte
Église est le corps mystique du Divin Rédempteur…. Petit frère Van,
veux-tu être l’ange consolateur du saint Père ? – Certainement, ma
sœur, je le veux de tout mon cœur. – Dans ce cas, aie le courage de
beaucoup prier chaque jour pour le saint Père, et de faire pour lui de
nombreux sacrifices.
« Van, mon petit frère, j’ai une chose à te dire, seulement je
crains que cela ne t’attriste… Van, mon cher petit frère, Dieu m’a fait
connaître que tu ne seras pas prêtre… - Jésus ! Est-ce bien vrai, ma
sœur ? Je me mets à pleurer… - L’état sacerdotal est un état sublime, mais il est impossible de l’embrasser en dehors de la volonté
de Dieu. Avant tout et par-dessus tout, l’état le plus important, c’est
de se conformer entièrement à la Volonté de notre Père du Ciel…
Apôtre de l’amour
pour la France et le Vietnam
Un songe : Mon enfant, veux-tu ?
« Ma sœur Thérèse me recommande de recourir à la sainte
Vierge pour savoir dans quelle congrégation Dieu me voulait. L’hiver
est pour moi à Quang-Uyen un grand supplice. J’ai les mains et les
pieds enflés et couverts de gerçures d’où le sang s’échappe. Durant
ces nuits sans sommeil, je passe mon temps à dire le chapelet, veillant avec la sainte Vierge et m’entretenant avec Elle… Tout à coup, j’aperçois,
venant du côté de la salle d’étude, quelqu’un qui avance vers la tête de mon
lit… Le personnage est assez grand,
habillé tout de noir avec un visage d’une
grande bonté. Il est enveloppé dans un
ample manteau et il a sur la tête une
calotte noire. De la main gauche il tient
un chapelet aux gros grains qui descend
jusqu’au genoux. La beauté de sa personne est telle qu’elle a l’aspect d’un
très doux rayon de lumière… Oh ! Sainte
Vierge, comme tu es belle ! … Je n’ose
pas demander son nom… Puis le personnage me pose doucement cette question : Mon enfant, veux-tu ?
- Oh ! Ma mère, oui je le veux… et le cher songe s’évanouit ! Quelques jours plus tard, je me rends à l’oratoire. En montant l’escalier, je
lève les yeux en direction du mur et j’aperçois soudain une statue de
saint Alphonse de Liguori, Il ressemblait à « la sainte Vierge » de
mon songe…. Me serais-je trompé ?... Alors, j’entends la voix de ma
sœur Thérèse qui rit : - Oh ! Tu n’as plus besoin de douter, cher petit
frère, sois bien certain que le personnage qui t’est apparu cette nuitlà, n’était autre que ton père Alphonse (Fondateur de la congrégation
du Très Saint Rédempteur)… et Thérèse continue : - En te disant
« veux-tu », il te demandait si tu voulais rentrer dans la congrégation
du Très Saint Rédempteur… Je verse des larmes d’émotion et me
propose désormais de l’honorer davantage et de lui faire plaisir en
gardant parfaitement les préceptes de sa Règle.
La Joie avec les petits
« Il me faut trouver un moyen d’entrer en relation avec les Rédemptoristes. Mais comment communiquer avec eux et comment
m’expliquer ? Je risque de demander l’avis d’un catéchiste dont le
petit frère était dans la congrégation et j’écris une première lettre.
Durant cette période d’attente, Dieu m’accorde le bonheur d’enseigner le catéchisme aux enfants. Si les catéchistes trouvaient ce travail pénible, pour moi, il n’y a pas de bonheur comparable à celui-là.
Pour m’amuser, je donne des surnoms comme ceux-ci : petits anges
barbouillés, ou petits saints, ou gourmands, ou quémandeurs… Ma
méthode consiste à jouer avec eux et de les gâter dans les choses
qu’ils aiment. Jamais les enfants n’apprennent aussi vite leur catéchisme que lorsque je les fais jouer ; et ce qu’ils apprennent, ils le
retiennent longtemps !
« Une autre fois, Thérèse me demande de prier pour la France
et pour le Vietnam. J’ai une forte réaction et je lui dis : Prier pour le
Vietnam, passe, mais prier pour ces diables de français, c’est peine
perdue ! … Elle répond : J’ai une méthode pour tuer des milliers et
des milliers de français sans qu’il soit nécessaire de lever l’étendard
de la révolte au prix de nombreux soldats et d’une grande quantité
de munitions. Je lui répond en riant : Ma sœur, dis-moi quelle est
cette méthode et protège-moi. – Petit frère, me promets-tu de faire
usage de cette méthode là ? – Oui ma sœur, je te le promets. – Petit
frère, il s’agit de la méthode de la prière… Il suffit de dire : O Jésus,
chasse l’homme pécheur du cœur des français… Je t’en supplie,
viens au secours du Vietnam… Prie beaucoup pour le
peuple français. Plus tard, il ne sera plus l’ennemi du
Je veux beaucoup de vocations, beaucoup de nouveaux prêVietnam ta patrie. Grâce à la prière et aux sacrifices,
tres, de séminaristes, mais de vrais apôtres de Jésus, de la
il deviendra son ami intime… Quand les deux pays
pureté, de la chasteté, de l’humilité, de la pauvreté. Moi, je
jouiront de la paix, portant ensemble dans la joie,
suis la Reine des Apôtres, je suis la Mère de l’Église, que tous
l’étendard de l’Amour, alors, le Règne de Jésus, Roi
d’Amour, se propagera rapidement, et toi, petit frère,
mes apôtres soient entre mes bras.
tu porteras14
le nom d’Apôtre de l’Amour…
Priez pour mes apôtres. SD 1 août 1969
14
« Dans les rapports avec les enfants, il faut user d’affection plus
que de menaces. J’ai toujours constaté que les enfants n’aiment que
l’affabilité et la douceur. Un jour, à titre d’expérience, je posais à un
groupe d’enfants la question suivante : Quand vous parlez à Dieu,
Lequel des deux préférez-vous : l’appeler « Père » et vous dire
« enfant », ou bien l’appeler « Seigneur » et vous dire « serviteur » ?
Tous répondirent d’une seule voix : Nous préférons, Père et nous
dire, enfant. Ils étaient devenus entre mes mains absolument comme
de la cire molle à laquelle je pouvais donner très facilement la forme
que je voulais.
« Les gens disent : Partout où il va, les enfants l’entourent
comme des mouches sur un gâteau de riz sucré. J’aime les enfants
en raison de la beauté et de la limpidité de leur âme toute remplie
d’amour de Dieu. Pour moi, vivre au milieu des enfants, c’est comme
vivre dans un paradis.
Je veux entrer dans la Congrégation du
Très Saint Rédempteur
« J’expose mon désir à sainte Thérèse : Tu veux entrer chez les
Rédemptoristes ? Très bien, petit frère… Alors Thérèse change de
ton : Cependant, petit frère chéri, ma toute petite âme, tu rencontreras des épines sur la route, et le ciel maintenant serein, se couvrira
de sombres nuages… L’adversité t’attend, tu verseras des larmes…
Pendant que tu subiras cette tempête dans ton cœur, Jésus continuera de vivre dans la barque de ton âme et là, bien que sommeillant, il ne cessera de t’aimer et de t’aider à lutter contre la tempête.
Ne t’inquiète pas de voir la sécheresse s’installer dans ton cœur…
De plus, tu ne m’entendras plus causer familièrement avec toi
comme je le fais maintenant. Ne va pas croire trop vite que je t’ai
abandonné. Au contraire, je reste sans cesse à côté de toi, petit
frère, comme l’exige mon devoir de grande sœur. Crois bien ceci :
accepter le mépris par amour, c’est la gloire de l’amour ; souffrir par
amour, c’est donner à l’amour plus de consistance, plus d’intimité…
Ne cède pas au découragement… Va, mon tout petit frère, je te
donne un baiser, et je te souhaite un heureux voyage. A partir de ce
moment-là, Thérèse ne me parle plus, et c’est pour moi le commencement d’une vie sombre et triste.
Accueil chez les Rédemptoristes…
Après avoir été rejeté une première fois en raison de sa petite
taille, Van est enfin admis…
« … Le frère me guide à travers le jardin de la communauté et
m’introduit dans une bâtisse qui servait de grenier à riz. En haut de
l’escalier, je me trouve sur un plancher où il y a une place libre.
Alors, il me dit : C’est ici ton logis, tu entends ? On m’envoie dormir
dans un grenier rempli de toiles d’araignées. La paille est sale avec
des excréments de souris et de cancrelats qui dégage une odeur de
trou de rats. Il y a des objets brisés, de la poussière épaisse. Hésitant, je me décide à poser mon sac… Soudain, j’entend la voix du
Frère Philippe qui m’appelle : Il m’ordonne de placer un battant de
porte sur une vieille baignoire, puis faisant un geste indicatif, il me
dit : C’est là ton lit, tu entends !…
Peu à peu arrive le jour du 16 octobre… J’ai espéré voir se réaliser ce jour-là même, le miracle de saint Gérard. Il n’en est absolument rien. C’est l’échec. Au moment de me rendre à l’église pour le
salut, Thérèse élève la voix pour me parler. Elle plaisante : Ah ! Mon
petit frère, je te souhaite une bonne fête ! Mais dis-moi donc, tu as
l’air bien triste aujourd’hui, et pourquoi ce visage abattu ?... Ce matin,
je m’étais proposé de t’annoncer une bonne nouvelle, mais étant
occupée à souhaiter une bonne fête à mon frère saint Gérard, il m’a
été impossible de le faire… Ce matin, ton frère saint Gérard étant
très occupé, ne pouvait pas faire le miracle pour toi. Mais maintenant, il peut le faire…
« Je parle donc à saint Gérard plutôt sous forme de menace que
sous forme de prière et lui dis : Si tu ne me conduis pas bien vite ma
nacelle au port, si je n’obtiens pas le miracle que j’attends de toi,
peut-être que j’en viendrai à perdre ma vocation, et alors, je jetterai
la faute sur toi…Sainte Thérèse me pousse à aller au parloir souhaiter une bonne fête au père Recteur et lui demander de rentrer dans
la communauté. –Tu sais sans doute qu’on célèbre demain son anniversaire de naissance… Si tu veux obtenir le miracle, il faut que tu lui
parles toi-même… Le miracle est là. Ton frère saint Gérard l’a déjà
fait.…
« Le cœur palpitant, je me présente au Père Recteur qui me dit
avec bienveillance : Assez, ne pleure plus. Tu as eu la délicatesse
de venir me souhaiter bonne fête, je t’en remercie de tout mon cœur.
De plus, voyant ton immense désir que je t’admette dans la communauté, j’en ai été touché, et je ne peux te refuser cette faveur. Aussi,
c’est avec joie que
je t’accueille dans
la communauté
comme novice ce
soir même… Maintenant, va préparer
tes affaires, et moi
je vais avertir le
Père Letourneau
de venir t’accueillir
ici au parloir. – Oui,
merci mon père…
Je cours vers mon
grenier en criant,
en sautant, en
chantant et en battant des mains. A tous les Pères et Frères, je disais fièrement : Ha ! Ha ! Le père recteur m’a admis dans la communauté ! Oui, il m’a admis !… A partir de ce moment, la joie me fait
tout oublier. J’ai même omis de remercier saint Gérard. Ce n’est que
le lendemain que je lui exprimerai ma reconnaissance pour son miracle…
La vie religieuse, les premières croix
« Dieu a permis que je sois choyé durant un certain temps, dans
le but de panser les plaies de mon cœur. En peu de temps, après
avoir embrassé chaque jour la croix déposée sur mon lit, je comUn miracle : ma nacelle touche au port
prends le sens profond de la vie d’un religieux Rédemptoriste… En
« Au mois d’octobre 1944, j’entends dire qu’on prépare la fête de lisant l’évangile, je comprends que toute la vie du Rédempteur se
saint Gérard, patron des frères coadjuteurs de la Congrégation. Je résume en une seule pensée : la conformité à la Volonté du Père,
ne connaissais pas bien saint Gérard. Thérèse me dit : Si tu veux l’obéissance à son Père. Jésus n’a fait qu’accepter tout ce qui venait
que ton temps d’attente soit abrégé pour rentrer dans la communau- de la volonté de son divin Père, il s’est fait obéissant jusqu’à la mort,
té, demande-le avec insistance à saint Gérard. Si tu le demandes, tu
et à la mort sur la croix. Peu à peu, les douceurs de mes frères se
l’obtiendras certainement. Les saints sont d’ordinaire très faciles à
sont changées en larmes… On me parle désormais comme si je
émouvoir… Ne va pas croire que parmi les saints du Ciel, il n’y ait n’avais pas la raison et on me méprise de différentes façons. Théque ta Thérèse qui sache demander
rèse m’aide à supporter avec
des faveurs. Combien de saints sont
Je pleure tellement de voir tant de mes enfants sur le
patience. Avec le pardon
puissants sur le Cœur de Dieu et rej’essaie de mettre en pratibord du précipice. Je ne voudrais pas qu’ils tombent
grettent que mon petit Van n’ait pas
que la parole de Jésus :
dans
le
précipice,
mais
qu’ils
se
relèvent,
prennent
la
recours à leur intercession !
Priez pour ceux qui vous
croix et suivent Jésus sur le chemin du calvaire, aupersécutent…/...15
près de Lui, ils arriveront au Ciel. SD 16 mai 1970
15
Marcel de l’Enfant Jésus
« Peu de temps après mon entrée en communauté, mon nom de
Van est changé en Marcel. J’aurais été si content de m’appeler
« Marcel de l’Enfant-Jésus » !
« Je prépare la farine pour les gâteaux… Je sens que Dieu est
tout près de moi, qu’il m’aime beaucoup et que, de mon côté je ne
sais comment réagir face à cet amour sans limite. A ce moment j’entends une voix qui me dit doucement : Marcel, est-ce que tu m’aimes
beaucoup ? – Oui, Mon Dieu, je vous aime beaucoup. En dehors de
toi, je ne sais qui je pourrais encore aimer, et je t’aime beaucoup,
beaucoup… C’est par ces mots que débute notre entretien… – Il n’y
a rien que j’aime tant qu’un amour sincère. Et quand il est sincère,
l’amour est minutieux. Il ne cache au bien-aimé aucun de ses moindres mouvements. Si tu m’aimes, sois toujours sincère avec moi ; ta
sincérité me fera trouver plaisir à demeurer avec toi, à me donner à
toi et à t’embrasser encore davantage du feu de mon Amour.
Puisque je ne suis pas un ange !
« Si, Dieu, en me créant, avait fait de moi un ange, j’aurais certainement eu comme les anges des pensées profondes et splendides
pour le louer et m’entretenir avec lui. Mais puisqu’il m’a crée homme
misérable, je ne puis mettre à son service que des pensées et des
activités humaines. Et je pense que si j’avais parlé à Dieu des choses sublimes de l’au-delà, j’aurais certainement été méprisé comme
étant un bluffeur !....
Une âme à sauver
« Le Dr Desbarres soigne toute la communauté. Tout le monde
sait qu’il est franc-maçon, et malgré le zèle qu’il met à nous soigner,
jamais il n’a accepté de vivre chrétiennement. Comme il est bienfaiteur de la communauté, en apprenant qu’il se trouvait dans un état
grave, tous les confrères se sont préoccupés de son salut éternel,
avec force prières et intercessions. J’en parle au Seigneur dans ma
prière… La nuit suivante, je me réveille en sursaut, et me sens
comme atteint d’une fièvre très étrange. J’ai la tête et les membres
brûlants. J’éprouve par tout le corps une chaleur avec l’impression
d’être enfermé dans une tranchée remplie d’air chaud… Je vais près
de la fenêtre et me cramponne aux barreaux ; j’ai la sensation de
toucher une barre de fer sortant du feu et tout ce que je touche me
semble être du feu… J’essaye d’aller chercher de l’eau pour me
rafraîchir, mais l’eau est bouillante !... Au matin de ce jour, on apprend que le Docteur a expiré vers minuit. Dans mon cœur, j’ai la
certitude qu’il est sauvé.
« Cependant, pour en avoir le cœur net, je vais trouver Jésus et
lui dis en toute sincérité : O mon Jésus, tu sais qu’il y a maintenant
trois ans que mon père ne s’est pas confessé. Je ne cesse de prier
pour sa conversion. Cela fait longtemps que je n’ai pas de nouvelles
de lui. Afin de me tranquilliser et de me permettre de prier pour l’âme
du docteur, je te demande cette faveur : Que mon père obtienne la
grâce de se confesser et de communier au cours de cette année. Et
quand j’apprendrai qu’il s’est confessé et communié, ce sera le signe
par lequel tu me feras connaître que le Docteur est sauvé. Trois jours
ne sont pas écoulés, que, de mon village on vient me rendre visite et
m’apprendre que mon père s’était confessé, avait communié durant
le temps pascal et que depuis lors, il mènait une vie très fervente.
Aimer Dieu au milieu des sans-Dieu
En juillet 1954, les accords de Genève reconnaissent au Président Hô Chi Minh l’autorité sur la République démocratique du Nord
Vietnam jusqu’au 17e parallèle. De nombreuses familles, dont celle
du frère Marcel, des catholiques avec leurs prêtres et presque toutes
les communautés religieuses sont évacués vers le Sud Vietnam.
Dans la capitale du Nord Vietnam, quelques rédemptoristes continuent leur ministère à la paroisse Notre-Dame du Perpétuel Secours
pour les fidèles qui restent. Le 4 septembre, le Frère Marcel écrit à
sa sœur Anne-Marie Tê, récemment immigrée au Canada : Enfin, je
viens de recevoir une très joyeuse nouvelle que je te communique
ici, afin de partager ma joie avec toi ; J’ai reçu l’ordre d’aller à Hanoi
et d’y rester… A quelqu’un qui lui demande pourquoi il veut vivre en
zone communiste, il répond : J’y vais pour qu’il y ait quelqu’un qui
aime le Bon Dieu au milieu des communistes. Le 14 septembre,
muni des autorisations requises, le Frère Marcel rejoint ses confrères
à Hanoi.
Quelques mois après, le 7 mai 1955, en allant chercher une mobylette laissée en réparation dans une boutique, il intervient dans
une conversation et manifeste ses opinions. Il est emmené au poste
de police où il est interrogé. Restant ferme sur ses positions, le frère
Marcel est jugé et condamné à 15 ans de camp de rééducation.
Mon arme : l’Amour
Dans la prison comme dans l’amour de Jésus, rien ne peut m’enlever l’arme de l’amour. Il écrit au supérieur de la communauté : En
ce qui me concerne, depuis le jour où je suis arrivé dans ce camp de
Mo-Chèn, je suis très occupé, comme peut l’être un petit curé de
paroisse. En dehors des heures de travail obligatoire, je dois continuellement accueillir les gens qui viennent les uns après les autres
chercher du réconfort auprès de moi…
En août 1957, le frère Marcel est transféré au camp n°2 de YênBinh, à plus de cent cinquante kilomètres au nord-ouest de Hanoi, où
il n’est plus permis aux Rédemptoristes de lui rendre visite. Des témoins racontent qu’il a essayé, pour ses compagnons de captivité,
d’aller chercher l’eucharistie à l’extérieur du camp. Mais sa tentative
échoua et lui valut de longs mois de cachot. Fin février 1958, la santé
de frère Marcel se dégrade. Un an et demi plus tard, un codétenu,
récemment libéré, les informe de son décès. Il est allé jusqu’au bout
de ses convictions et de ses forces.
C’était le10 juillet 1959, à Yên-Binh, au Nord Vietnam,
La cause de béatification de Van a été introduite le 26 mars
1997, dans le diocèse de Belley-Ars, comme Confesseur de la foi. ■
Marie-Dominique Fabrikant
Simplicité de Rosa et proximité du Ciel
J’étais à San Damiano avec un ami. Avant d’aller dormir, je dis à ce dernier :
Allons dire bonsoir à la Madone. Il était entre neuf et dix heures du soir. La nuit
était tombée. En arrivant près de l’enclos, j’aperçus Mamma Rosa en compagnie
d’un prêtre italien. Don V. venu avec le chirurgien qui l’avait opéré. Don V. expliquait à ce dernier ce qu’était l’enclos, avec le poirier, le puits, la statue de Notre Dame des Roses. Pendant ce temps-là, Mamma Rosa arrangeait les fleurs dans
le Jardin illuminé. Elle m’aperçut. Regarde, dit-elle, la Madone est souriante. Je
lui répondis : Lors du message transmis à midi, la Très Sainte Vierge était très
triste à cause des péchés des hommes. Elle me dit : Oui, mais maintenant, la
Vierge est
16heureuse, parce qu’on est venu lui dire « Bonsoir ».
Fioretti Rosa di Gesù-Maria R. Maisonneuve
16
Auteur
Документ
Catégorie
Без категории
Affichages
2
Taille du fichier
1 047 Кб
Étiquettes
1/--Pages
signaler