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abbaye de Thélème - lit-et

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RABELAIS, Gargantua, chap. LVII, l’abbaye de Thélème
De « Toute leur vie » à « premier jour de leurs noces »
Eléments pour l’introduction :
Rabelais, auteur humaniste appartenant au XVIème siècle (Renaissance). Avide de culture, d’abord
prêtre puis médecin et écrivain. Œuvres : Gargantua, Pantagruel, Le Quart livre, Le Cinquième livre. Originalité
de ces romans : une apparence souvent grotesque mais une critique implicite jamais très loin.
Gargantua : Péripéties d’un géant, ses années d’apprentissage et ses exploits guerriers. C’est aussi un
éloge de la culture humaniste.
Extrait de « l’Abbaye de Thélème » : Guerre Grangousier (père) contre Pichrocole. Pantagruel et Frère
Jean aident à remporter la victoire. En remerciement, Gargantua fonde une abbaye pour frère Jean : Thélème.
Cet extrait décrit le fonctionnement de cette abbaye.
Structure du texte :
- Définition des principes de vie des thélémites (jusqu’à « Fais ce que voudras »)
- Justifications (Pourquoi cette vie est possible) (de « parce que gens libères (…) « ce qui nous est dénié »
- Comment se déroule leur vie à l’abbaye. (de « Par cette liberté » jusqu’à la fin.)
I.
Une description humaniste
A. La foi en l’Homme
1. Une liberté totale
Dès la ligne 1, mise en valeur d’une très grande liberté, par contraste avec différentes sortes de
contraintes. « bon vouloir » et « libre arbitre » en opposition à « lois, statuts ou règles » ► antithèse qui
confronte déjà l’utopie et la réalité.
Cette généralité trouve des précisions à la ligne 2 : présentation d’une journée-type d’un pensionnaire.
► énumération de verbes d’action qui suivent le déroulement d’une journée. (« se levaient »,
« buvaient, mangeaient, travaillaient, dormaient… » ) Ces verbes sont accompagnés de CCtemps soulignant
l’autonomie de ces habitants : « quand bon leur semblait », « quand le désir leur venait ».
On précise également qu’aucune autorité, aucun maître ne régit leur emploi du temps ► on observe
ainsi une structure anaphorique, insistant sur leur liberté constante. (Pas d’exceptions) : « Nul ne… » (l 3)
Il y a cependant une règle générale qui stipule qu’ils ne doivent suivre que leur propre règle : « fais ce que
voudras ». (paradoxal…) Malgré le discours injonctif, le message est clair.
2. La vertu naturelle de l’Homme
Cette liberté est rendue possible par la nature favorable des hommes. Enfin… de certaines personnes qui
bénéficient d’un rang social plutôt élevé et de l’éducation qui l’accompagne. « bien nés, bien instruits » (l4 et 5)
► On relèvera ainsi une série de termes mélioratifs : « libres », « bien nés », « bien instruits », « en honnête
compagnie ».
Cette liberté initiale permet d’éloigner les individus du « vice » et de les rapprocher de la « vertu ». (antithèse)
Rabelais explique ensuite que tout homme privé de liberté, s’éloigne du bien et enfreint les règles établies.
► On notera ici un champ lexical de l’asservissement : « écrasés », « asservis », « sujétion », « contrainte »,
« servitude ».
B. L’importance de la culture : Des savoirs diversifiés
Cette abbaye fonctionnant sur un mode humaniste, elle laisse une grande place à l’instruction, aux
différents savoirs. ► Lignes 13 et 14 : « Ils étaient tant noblement instruits » : le participe passé « instruits » est
accompagné de d’un adverbe à connotation méliorative : « noblement » ainsi que d’un adverbe d’intensité
« tant ». Les savoirs dispensés les disposent à une certaine noblesse (d’âme plus que de rang, ici). On trouvera la
lecture, l’écriture, les langues étrangères, la poésie. (v14 et 15)
L’idéal humaniste prône une culture diversifiée. L’érudition s’accompagne donc d’activités artistiques
comme le chant ou la pratique d’un instrument. (v 14 et 15)
Ces activités et aptitudes ne sont pas le fait de quelques individus. Cet établissement ne compte aucune
exception : « Il n’y avait personne parmi eux qui ne sut… » : formule négative qui souligne la généralité du fait.
On peut également remarquer que les savoirs « traditionnels » et « artistiques » sont mélangés dans une même
énumération, donnant autant de poids aux uns qu’aux autres. Ces enseignements sont complémentaires.
Thélème : un établissement utopique
II.
A. Un idéal de perfection
1. La beauté physique
Ce premier axe d’analyse confirme l’idée que l’abbaye de Thélème est un établissement profondément
humaniste. Cependant, on s’aperçoit également qu’il relève de l’utopie, tant son fonctionnement semble
irréaliste. Tout d’abord, les pensionnaires sont choisis, notamment pour leur élégance. Rabelais évoque les
femmes et leurs chevaux par des termes mélioratifs comme « belles haquenées » , « leur palefroi richement
harnaché » (adj « richement »). On notera en outre l’adverbe « mignonnement », qualifiant leurs mains gantées.
(raffinement). Elles portent enfin des oiseaux de proie, ce qui renforce leur élégance et leur noblesse.
2. Un idéal social
Evidemment, cette petite société fonctionne de façon idéale. Les rapports sociaux sont des plus simples,
puisqu’ils partagent tous le même avis.
► Le groupe nominal « louable émulation » synthétise leur façon de vivre ensemble. S’en suit une série de
parallélismes mettant en évidence la cohésion de leur groupe : « Sil disait « jouons », tous jouaient » etc (l10)
L’utopie se révèle également au travers du sens même de leurs activités, qui sont toutes centrées sur le plaisir,
le divertissement. (« jouaient », « ébattre », « buvaient »)
-
B. La remise en cause de la religion
Obéissance
Pauvreté
Chasteté.
Comme dans toute utopie, au-delà du rêve, se cache une dimension critique. Ici, c’est de la religion dont il
est question. Les trois vœux propres à la religion catholique (obéissance, pauvreté, chasteté) ne sont pas
respectés. En effet, la seule règle « Fais ce que voudras » annule le premier vœu.
Ensuite, on constate aisément que les Thélémites sont issus d’un milieu favorisé. En témoigne l’apparence
physique des dames, leurs chevaux, ainsi que les oiseaux de proie par exemple.
Enfin, l’abbaye de Thélème est un établissement mixte, ce qui est contraire aux règles de l’Eglise. D’ailleurs,
on remarque à la fin du texte que des couples se forment dans l’abbaye : « il emmenait une de ces dames » (l20)
et qu’ils « continuaient d’autant mieux dans le mariage » (l21 et22).
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