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chez Sannazaro et Bembo en partant de l`Arcadie

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8 Kritikon Litterarum 39 (2012) Philologie Romane
chez Sannazaro et Bembo en partant de l’Arcadie parue, pour le premier, en
1504, et des Asolains parus, pour le second, en 1505, enfin celui de M. Jeanneret qui envisage la médecine dans ses rapports avec les lettres et comme les
vestiges d’un humanisme transdisciplinaire, en s’appuyant sur les textes d’André du Laurens (Discours des maladies mélancoliques […], 1594) et de Jacques Ferrand (Traité de l’essence et guérison de l’amour […], 1610).
Dans la section suivante, intitulée « Paradoxes », A. Tournon se propose
d’étudier la Comédie de Mont de Marsan de Marguerite de Navarre, où la rationalité théologique se profile en arrière-plan et entre en concurrence avec un
mode de pensée plus aventureux indissociable du doute ; M.C. Figorilli nous
livre ses notes de lecture sur les Paradossi d’Ortensio Lando ; A. Roose soumet à un triple questionnement la nature de l’Éloge de Néron de Cardan : un
traité du soupçon, une utopie ou une autobiographie ? ; M. Rosellini s’interroge
sur l’usage qu’ont fait les libertins du dispositif du Pour et du Contre, notamment La Mothe Le Vayer dans Problèmes sceptiques (1666) et Charles Sorel
dans sa Science des choses corporelles (1634) ; I. Moreau se propose d’analyser la spécificité de la fiction libertine en partant d’un texte de Gabriel Naudé
qui intéresse le droit politique. Ce dialogue fictif, publié en 1650, est communément appelé le Muscarat.
La dernière partie prend pour centre d’intérêt les monstres, tant ceux des
naturalistes que ceux de la littérature. Signalons le stimulant article d’O. Pot
qui s’appuie sur le Tableau de l’inconstance des mauvais anges de Pierre de
Lancre, édité à Paris en 1612, pour démontrer que la démonologie, loin d’être
un combat d’arrière-garde obscurantiste, participe en tant que telle, activement
et positivement, à l’émergence d’un nouveau savoir qui définira, à l’avenir, le
concept de maladie mentale. A. Ibrahim tente une approche du style philosophique de Diderot et M. Brunet des « savoirs et fictions dans les discours des
naturalistes de 1670 à 1750 ».
Deux index (nominum et rerum) complètent utilement ces actes riches, variés et stimulants.
Fougère, Éric :
La littérature au gré du monde.
Espace et réalité de Cervantes à Camus.
Paris : Classiques Garnier, 2011.
(= « Géographies du monde » 17). 228 pp.
Compte rendu par : Roland Guillot (Université de Cergy-Pontoise)
S’inscrivant dans les brisées des brillants travaux de J.-M. Racault, notamment
à propos de Paul et Virginie, cet ouvrage se propose de situer l’espace en littéKritikon Litterarum, 39 (1/2) (2012), pp. 8–9
DOI 10.1515/kl-2012-0006
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Kritikon Litterarum 39 (2012) Philologie Romane 9
rature en questionnant le réel et les difficultés de sa représentation. L’auteur y
regroupe sept chapitres déjà publiés dans divers actes de colloques ou revues
et y adjoint des études nouvelles.
Seront proposées deux configurations de cette représentation. Dans une
première partie, l’espace est du côté du signifié. Nous y voyons jouer des représentations d’imaginaire et de société, des déterminations de forme et de
structure où l’espace est projection d’un ordre et le réel un langage. Le signe y
fait sens. Dans un second temps, l’auteur envisage un espace où c’est plutôt la
question du référent qui se pose, et « de celui qui dé-signe en défaisant le signe
et en déjouant la posture idéaliste ». Il n’est jamais parlé pour autant de réalisme ; c’est que le référent résiste aux discours.
Dans la première partie, intitulée « Des lieux pour dire. Écrire la terre »,
l’auteur nous offre d’abord diverses analyses de représentations du souterrain
romanesque aux XVIIe et XVIIIe siècles, un « monde en creux ». Il s’appuie
notamment sur le Criticón de Gracián paru en 1657, le Simplicissimus de
Grimmelshausen, le Don Quichotte (notamment la représentation de la caverne
de Montesinos, où le chevalier fait une retraite), le Cleveland de l’Abbé Prévost ou encore sur le Naufrage des Isles flottantes de Gabriel Morelly (1753).
Suit une analyse de l’espace dans les Caractères de La Bruyère, celle d’un
« monde en pièces détachées » où se juxtaposent des cloisonnements sans
cesse reconfigurés. Le motif de l’île oubliée au tournant des Lumières va permettre une mise en question du monde par la création d’utopies narratives (au
XVIIe siècle) ou faiblement narrativisées dans la première décennie du siècle
suivant. S’ensuivent deux études d’un monde urbanisé, celui de Paris chez Sébastien Mercier et son Tableau de Paris, qui donne à voir un « grand et mobile
théâtre », et celui de La ville des expiations de Pierre-Simon Ballanche.
La seconde partie s’ouvre sur une étude de Paul et Virginie de Bernardin
de Saint-Pierre, se poursuit par l’analyse de l’espace particulier que constitue
le désert à partir du Voyage à Tombouctou de René Caillié (1830), ce voyage
d’exploration qui peut être considéré comme une des premières incursions
blanches au sein du continent noir ; par une tentative pour cerner la trajectoire
de Louise Michel en Nouvelle-Calédonie et par une autre pour retracer la vision évolutive de la mer chez Camus.
Voilà autant de brèves, de nerveuses, stimulantes, intelligentes et riches
études, toujours rédigées avec beaucoup de brio, autant de mini-essais qui ouvrent la voie à une théorie de la représentation spatiale en littérature, au même
titre que l’avait fait en son temps G. Poulet dans ses irremplaçables Études sur
le temps humain.
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