close

Se connecter

Se connecter avec OpenID

bulletin 51 – … a été crucifié est mort

IntégréTéléchargement
Ne craignez pas,
Priez,
Offrez,
Souffrez et
Faites silence…
Le bulletin de
San Damiano Media
n° 51 - 2e tr 2012
email : sdmedia@worldonline.fr
SD 3 avril 1970
… a été crucifié, est mort ...
l’enthousiasme renouvelé de la rencontre avec le
Christ », comme le dit Benoit XVI.
Dans ce Bulletin, le père Daniel Ange nous y aidera au
travers de ses lumineuses remarques (p.2-5).
Thérèse Neumann aussi, cette stigmatisée allemande
dont la vie n’est pas sans rappeler celle de Marthe Robin
(p.11-15).
Un des grands témoins de
San Damiano est le Père
Pellacani, dont la destinée
ressemble à ceux qui ont
lutté héroïquement et protégé
Thérèse Neumann. Il a vécu
de PaulVI).
un calvaire personnel lié à
Cest aussi pour nous le désir
son engagement pour la
de participer à la nouvelle
vérité auprès de Rosa di
évangélisation tant désirée par
Gesù Maria (p.16).
les derniers papes, avec une
Doit-on aimer la Croix ? Le
volonté de catéchèse.
message de Marie nous
Aussi, quelle n’a pas été
aidera à un discernement (p.
notre joie à l’annonce, par le
8-9).
Saint Père d’une « Année de
Enfin les apparitions de l’Ile
la foi » à partir du 11 octobre
(p. 6) sont un petit
Bouchard
2012, pour le cinquantième
trésor
que
Mgr Ving-Trois a
anniversaire de l'ouverture du
eu
raison
d’offrir à la
concile Vatican II, et qui se
dévotion
des
chrétiens et de
conclura en la solennité du
tous
les
français.
Dans ces
Christ Roi, le 24 nov. 2013 !
temps de crise, il est bon de
Joie pour nous, car il veut
se rappeler que notre pays en
«faire du Credo la prière
a traversé de plus
quotidienne»
dangereuses et que Marie
Providentielle coïncidence
était là, obéissante à la prière
pour nous qui avons entrepris
Crucifixion par le Tintoret
de quelques enfants. Et la
ce travail sur le Credo, et l’aFrance, en 1947, a été sauvée
vons poursuivi pendant toute
de la guerre civile ! Ayons
cette période!
confiance, nous dit la Madone, car Jésus peut tout
Méditer sur le mystère de la Croix qui est au centre de donner (SD 12 sept. 1969) ■
notre foi, c’est l’occasion d’une rencontre avec l’auteur
SDM
de la vie, « de redécouvrir le chemin de la foi pour mettre
en lumière de façon toujours plus évidente la joie et
1
En septembre 2010 nous avons entrepris ensemble une
longue méditation à partir de chacune des paroles du
Symbole des Apôtres, qui, au rythme de quatre
publications par an, doit nous emmener jusqu’à la fin
2014.
Étudier les paroles de Marie à San Damiano à la lumière du Credo, ainsi que les enseignements et les
comportements liés aux messages et à l’instrument du
Ciel, permet d’en confirmer
l’origine céleste, en vérifiant
leur cohérence ecclésiale,
biblique, anthropologique, et
oecuménique, (Cf. Marialis Cultus
Les Paroles du Christ sur la croix
Le Père Daniel-Ange a écrit une méditation du Vendredi Saint, sur « ces huit diamants qui scintillent»
laissés par le Christ dans sa Passion, et que nous saisissons comme autant de lumières pour notre méditation
sur le mystère de la croix.
Le Credo atteste que Jésus a été crucifié sur une croix
et qu’il en est mort, lui qui est « vrai Dieu et vrai
homme » ; « folie pour les païens, scandale pour les
juifs » dira saint Paul (1Co 1, 23). Mais les musulmans
non plus n’admettent pas cette idée de déchéance pour
Le Titien
un Dieu. Pour nous, chrétiens c’est un mystère auquel
nous n’adhérons que par la lumière de la foi et la force
de l’amour.
les siècles, prière du pauvre d’entre les pauvres. Jésus va
Sur la croix, Jésus prononce sept paroles à haute voix et
lui accorder tout : le Royaume ! Rien de moins (PDA) » :
un message muet, huit pierres précieuses en forme de testament. Ces « ultimes diamants de la Parole de Dieu, mur« En vérité, aujourd'hui tu seras avec moi
murés ou criés, suivant le cas, au prix d’atroces douleurs,
dans le Paradis » (Lc 23, 43)
sont littéralement arrachées de son corps tétanisé, dans la
« Le paradis ! Depuis que les grilles du Jardin d’Eden
souffrance à son paroxysme, dans l’Amour à son apogée.
s’étaient
refermées (Gn 2, 8), ce mot même en avait été ouLeur prix est infini, comme cet Amour-là » (P. Daniel Ange
blié.
(PDA) Zenit, Rome, 5 avril 2012).
La liturgie syriaque s’écrie : Ô larron, fleur précoce de
Jésus est tout Miséricorde, Jésus est tout Amour. Jetezl’arbre
de la croix, tu es le premier fruit du bois du Golvous souvent au pied de la croix, nous dit Marie à San
gotha ! Celui qui semblait au fond du précipice devient
Damiano (SD 25 mars 1969).
Mettons-nous donc à genoux pour recevoir ces paroles premier de cordée » (PDA).
Seul saint Luc rapporte la supplication du bon larron,
en cette heure si tragique.
cette lumière du fond des ténèbres. Or, Luc est le déposi« Père, pardonne-leur ! Ils ne savent ce
taire des secrets de Marie et c’est son témoignage qu’il
qu’ils font ! » (Lc 23, 34)
transmet. Marie est bien le premier témoin de la MisériLe pardon « déchire le voile du Ciel, pour faire descen- corde.
dre la tendresse du Père sur notre pauvre terre. La miséLa miséricorde de Jésus est grande, nous dit-elle à San
ricorde qui s’est donnée, s’accomplit toujours par les Damiano. Il suffit d’un regard de repentir au crucifix et
lèvres et les mains des serviteurs des pardons de l’A- ils sont sauvés (SD 2 juillet 1969).
mour : les prêtres » (PDA). Ce pardon engendre la vraie
Le mot « Paradis » prononcé du haut de la croix par le
vie.
Seigneur évoque, pour les pèlerins de San Damiano, le
C’est pourquoi Notre Dame des Roses veut faire com- « Jardin de Paradis », petit enclos où Marie a voulu venir
prendre aux hommes que Jésus est tout amour, il veut donner ses messages au monde et appeler tous ses envenir dans votre coeur, il veut embrasser votre coeur, il fants pour qu’ils s’y rassemblent. Au travers de cette preveut vous pardonner, il veut vous aimer d’un immense mière grille marron, couleur de bure, qui nous sépare de
amour, il veut vous purifier, il veut tout donner, il est la grille dorée du jardin, on devine l’enseignement symmort en croix pour votre salut (SD 7 nov. 1969).
bolique : La souffrance de la croix nous est nécessaire
avant d’entrer dans la Vie. « La souffrance peut provoC’est ce que découvrent ceux qui se convertissent.
quer amertume et ressentiment, ou au contraire être cheLe bon larron, « sans doute bouleversé par la douceur
min de sainteté, donc d’éternel bonheur » (PDA). C’est ce
des yeux de Jésus posés sur lui, voit soudain, non plus un
chemin de pénitence qu’a emprunté Jésus pour ressusciautre condamné à mort, mais le Maître de la mort. Et il
ter et nous entraîner dans sa résurrection…/...
lui murmure une prière toute simple qui traversera tous
2
Alors la question se pose : Le Père Éternel n’aurait-il
pas pu prévoir quelque chose de moins funeste, pour lui
comme pour nous ?
Edith Stein témoigne que l'union au Christ étant notre
félicité, et la progression vers cette union notre bénédiction sur cette terre, l'amour de la Croix n'est nullement
en contradiction avec la joie d'être enfant de Dieu. Aider
à porter la Croix du Christ donne une joie pure et profonde. Ceux à qui sont données cette possibilité et cette
force - les bâtisseurs du Royaume de Dieu - sont les plus
authentiques enfants de Dieu (Edith Stein. La Crèche et la Croix,
1995).
La Madone leur promet en effet la joie :
Moi avec ma puissance, vous avec votre prière, saint
Michel avec son épée, nous sauverons beaucoup d’âmes
et nous aurons tant de joie dans le coeur (SD 2 fév. 1969).
Travailler au salut des âmes, à la gloire de Dieu, est ce
qui donne le plus de bonheur et de joie, et tous les baptisés
ont leur place dans cette mission. Ce n'est pas vous qui
m'avez choisi ; mais c'est moi qui vous ai choisis et vous
ai établis pour que vous alliez et portiez du fruit et que
votre fruit demeure (Jn 15, 16).
« Voici ta Mère » (Jn 19, 27)
« Pour Maman, il nous la donne ! Regardons les deux
Marie », poursuit le père Daniel Ange : « celle de Nazareth et celle de Magdala. Celle qui, par avance, a été purifiée pour que jamais elle ne chute. Et celle qui, après sa
chute, a été relevée. Toutes deux sont les enfants de son
sang, c’est-à-dire de son amour.
A Jésus il ne reste qu’elle. Plus rien qu’elle ! Avant de
donner son âme à son Père, il reste sa Maman à donner à
toute l’Église. Marie a le coeur transpercé avant que celui de Jésus ne le soit. A Bethléem, Marie n’avait pas
enfanté dans la douleur. C’est ici et maintenant qu’elle
doit enfanter par un coeur qui se déchire. Commencée à
l’Annonciation, sa maternité s’achève avec la Passion.
Elle engendre dans la compassion ceux que son Enfant sauve par sa Passion ».
A San Damiano, elle précise :
Mon fils a donné son sang pour vous sauver. Y pensezvous en cette heure où j’étais sur la route du Calvaire ?
Voir trahir mon fils Jésus, le voir insulté, couvert d’injure, bastonné (SD 29 mars 1968).
J’ai laissé mourir mon Fils pour vous sauver, mes petits enfants. Je veux vous sauver à tout prix. Je veux vous
emmener là haut dans le Ciel (SD 16 oct.1968).
« Jean est notre ambassadeur à tous », reprend notre
prédicateur. « Le seul représentant - car le seul présent des autres apôtres qui ont fui par peur, par lâcheté. Il
représente donc tous les prêtres et évêques, et chacun de
nous. A travers lui, c’est toute l’Église qui est confiée à
la Mère de Dieu ».
La Madone va jusqu’à dire que l’Eglise est une famille.
L’Eglise doit être réunie à tous les fils du monde. C’est
l’Eglise qui doit apporter l’amour, la joie dans les
cœurs, tous unis comme la famille de Nazareth dans l’amour chrétien, dans la paix, dans l’harmonie avec Jésus
(SD 6 janvier 1970).
« La maternité de Marie passe de son corps physique à
son Corps mystique; de son corps de chair pour le temps
de la terre, à son Corps-Église pour toute l’éternité. Nous
voilà désormais à jamais inséparables du Fils unique. Te
voilà fils et fille en Jésus, et donc fils et fille de Marie.
Or, Marie est Reine.
N’avait-elle pas entendu : Il régnera sur le trône de
David. Le voici, son trône royal : la Croix. Elle le partage et règne par sa foi. Si, un jour, il peut la couronner
Reine du Ciel et de la terre, de tout le cosmos et de toute
l’Église, Reine des saints et des martyrs, Reine des pauvres et des pécheurs, c’est parce qu’elle a été, ici et
maintenant, cette pauvre veuve éplorée ayant tout perdu,
ayant donné Celui qui est le tout de sa vie.
Qu’attends-tu pour l’accueillir, alors que Jésus te la
confie ? Pourquoi refuser ce don ? Pourquoi décevoir
cette confiance que Dieu te fait ? Pourquoi mépriser un
tel trésor d’amour ? Jésus te confie sa Mère !
Comment aimer Jésus, sans aimer Celle qu’Il a le plus
aimée au monde ?
Celle qui l’a aimé le plus au monde…
Celle qu’il s’était préparée, choisie ; en qui il a habité
pendant neuf mois… Et qui ne l’a pas quitté pendant les
neuf heures de la Croix : le temps de gestation de l’Église.
C’est lorsque son Père semble s’effacer, que sa Mère
est là, présente comme jamais. Délicatesse du Père ?
S’effacer quelques instants pour que l’Enfant se tourne
vers sa Maman…
Et pour nous aussi, quand Jésus semble se taire,
Marie est parole vivante, qui nous parle de son Fils.
Tant de personnes, d’abord attirées par Marie, ont pu
être conduites par Elle à la grotte de Bethléem, à la colline du Calvaire, au jardin de Pâques ! Ne l’oublie pas :
c’est d’abord Jean qui est confié à Marie, ensuite seulement : Marie à Jean.
Pour la recueillir en la maison de ton cœur, il te faut
commencer par te laisser, toi, recevoir par Elle, en Elle.
Avant de la protéger, Elle ; par Elle, te laisser enfanter. (PDA) »
Vous êtes tous mes enfants, bons ou mauvais, je veux
que vous soyez tous sauvés, répète si souvent Notre
Dame des Roses.
« J’ai soif ! » (Jn 19, 28)
« Te rappelles-tu ? Ce pèlerin fatigué, sur la margelle
d’un puits, mendiant un peu d’eau à une femme dite de
mauvaise vie (Jn 4, 7). Maintenant à bout de forces, en
cette même heure de midi, le voici mendiant l’eau de ton
amour. Il va mourir sans que personne ne lui offre un
peu d’eau fraîche. Mais, comme il sera désaltéré tout au
long des siècles par ces milliards d’actes de pure générosité, de don de soi pour les plus petits de ses frères auxquels il s’est identifié, c’est à lui qu’on les faits. Chaque
fois, c’est une gorgée d’eau claire (PDA). » …/...
3
Jésus à soif des
âmes, car c’est la
volonté de son
Père qu’il les
amène toutes dans
le coeur de Dieu :
Quand je serai
allé et que je vous
aurai préparé une
place, avait-il dit,
à nouveau je viendrai et je vous
prendrai près de
moi, afin que, là
où je suis, vous
aussi, vous soyez
(Jn 14,3).
Le Fils de Dieu est
"descendu du Ciel
Eugène Delacroix 1835
non pour faire sa
volonté mais celle de son Père qui l'a envoyé" (Jn 6,38),
"Il dit en entrant dans le monde: ... Voici je viens ...
pour faire ô Dieu ta volonté (He 10, 5-7).
"La coupe que m'a donnée le Père ne la boirai-je
pas ?" (Jn 18,11). Donc il dit: "J'ai soif" car il a soif de
boire cette coupe de bénédiction qui doit sauver toutes
les âmes et faire ainsi la volonté du Père (CEC 606, 607).
Marie y insiste tant :
Pourquoi ne le comprenez-vous pas mon Fils qui est
mort en croix pour vous sauver ? Il a donné tout son
sang pour vous sauver tous, pour vous mettre tous sur le
chemin du Ciel (SD 27 oct. 1968).
« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu
abandonné… » (Mc 15, 34)
«Voici la cinquième parole, la plus mystérieuse. Nous
ignorons jusqu’où il a épousé nos détresses. Jusqu’au
fond de quel abîme il est descendu pour nous en arracher : Mon Dieu, Pourquoi ? Pourquoi ?
Tous les pourquoi que tu portes, ils pénètrent son
coeur et affluent sur ses lèvres. Comment traverser la
vie sans être assailli de doutes, de questionnements devant tant de détresses, de souffrances, d’injustices criantes. Pourquoi sa Passion aurait-elle été si terrible, si le
Mal dans le monde n’était pas si horrible ? Pourquoi une
mort aussi tragique, si le Mal n’était à ce point dramatique ?
Viens et vois ton Roi : un pitoyable supplicié, misérablement pendu à un poteau.
Dieu se tait. Les anges se cachent. La foule blasphème.
Les chefs rigolent. Les juges triomphent. Les disciples
s’enfuient. L’enfer ricane. Les femmes pleurent. Le larron témoigne. Jean prie. Marie-Madeleine désespère.
Marie aime... (PDA)» Pourquoi tant de mal ?
A tous ces pourquoi, Marie semble nous répondre :
Pourquoi ne venez-vous pas à mes pieds (SD 6 jan. 1967) ?
En effet elle nous promet que nous comprendrons tous
ces pourquoi :
Un jour vous comprendrez pourquoi Je vous ai appelé, pourquoi Je suis venue en ce lieu.
Pourquoi tant de fange dans le monde ? Ils pensent
réussir avec la science, mais la science sert peu pour
l’éternité (…) Jésus est mort en croix pour vous sauver,
pour vous purifier. Jésus est ressuscité, vous aussi vous
ressusciterez (…) Un jour vous entrerez dans la gloire
(SD 2 mai 1970).
« Entre tes mains je m’abandonne » (Lc 23, 46)
Tous ces pourquoi du monde, dans le coeur de Jésus,
viennent s’apaiser dans un dernier abandon :
« Que tous nos sentiments d’être abandonnés deviennent un vrai abandon dans les très doux bras du Père.
Ma vie, nul ne la prend, nul ne me l’arrache : la donner
et la reprendre, j’en ai le pouvoir (Jn 10, 18-20)! Tel est
son dernier acte de liberté, et de liberté suprême !» (PDA). Nul n'a de plus grand amour que celuici : donner sa vie pour ses amis (Jn 15, 13), avait-il dit.
C’est encore Luc, le confident des secrets de Marie qui
est seul à noter cet acte d’abandon de Jésus dans les
mains du Père.
L’acte d’abandon est très significatif de la spiritualité
de San Damiano. Marie y insiste :
Allez souvent recevoir Jésus ! Promettez de faire une
bonne confession, une bonne communion, afin d’être
forts lorsque viendra le moment de l’épreuve, d’être
capables de la supporter dans l’abandon et avec
amour (SD 21 oct. 1966)!
Quand il y a l'amour chrétien on supporte tout, n'importe qu'elle croix que Jésus envoie, dans l’abandon et
avec patience (SD 11 oct. 1969).
Embrassez la croix avec amour. Portez-la dans l’abandon. C’est bien la voie pour parvenir au Ciel. Si
vous la portez dans l’abandon, vous entrerez dans la
joie éternelle parce que des croix, tout le monde en a.
La croix, mon Fils Jésus l’a portée ; et tous mes fils la
portent. Il y en a qui la portent avec amour, mais ceux
qui la portent avec un coeur superbe et dans l’orgueil
vont finir dans le mal et à la perdition. Mais la croix
doit être portée quand même, mes enfants, acceptez-là
dans l’abandon et vous arriverez au Paradis (SD 6 jan.
1969).
L’abandon est l’attitude constante de Marie ; à l’Annonciation ; Qu’il me soit fait selon ta parole ; à la Visitation : Il a jeté les yeux sur l'abaissement de sa servante… Il a fait pour moi de grandes choses… Il a comblé de biens les affamés ; à Cana : Faites tout ce qu’il
vous dira ; ainsi qu’au pied de la croix, debout et dans le
silence.
« Tout est accompli » (Jn 19, 30)
L’ultime parole, la septième au travers d’un grand cri :
Tout est réalisé, consommé, achevé. Jusqu’à la fin.
Jusqu’à la perfection.
Le Catéchisme de l’Eglise Catholique revient sur cet
accomplissement :
Voici ce qu’est la Bonne Nouvelle touchant Jésus
Christ, Fils de Dieu : Dieu a visité son peuple, il a accompli les promesses faites à Abraham et à sa descendance ; il l'a fait au-delà de toute attente: Il a envoyé
son "Fils bien-aimé" (CEC 422). Jésus a tout accompli de
l'œuvre du Père, et sa prière, comme son Sacrifice,
s'étend jusqu'à la consommation du temps. La prière de
cette heure emplit les derniers temps et les porte vers
leur consommation (CEC 2749).
4
Marie aussi est dans
l’accomplissement de la
volonté du Père :
Priez dans le silence,
offrez dans le silence
car Je ferai tout et J’accomplirai toute la volonté du Père Céleste
qui m’envoie (SD 7 fév.
1969).
C’est l’accomplissement de la Nouvelle et
Eternelle Alliance ; Jésus s’est donné une fois
pour toute en échange
du pardon de tous nos
péchés, car le Fils de
l'homme n'est pas venu
pour être servi, mais
pour servir et donner sa
vie en rançon pour une
multitude (Matt 20 28).
Le coeur transpercé
« On dirait qu’à peine son âme de Fils a-t-elle retrouvé
son Père », médite encore Daniel Ange, « que Jésus voudrait nous dire encore un tout dernier mot ! Comme un
point final qui marque la fin d’un livre, une
ultime parole qui les signe toutes.
De ce coeur transpercé jaillit violemment un
torrent d’eau et de sang. Il faut que tout l’amour qu’il porte s’exprime et donne jusqu’à
sa dernière goutte. L’ultime parole n’est pas
prononcée ; elle est faite, elle est geste, elle
est signe, car le Père n’est qu’un coeur ouvert !
La Parole de Dieu jaillit du coeur de Dieu et
frappe chaque coeur… Jésus nous montre
son coeur transpercé, pour bouleverser les
coeurs brisés. Un coeur ouvert, pour ouvrir
tous les coeurs. La Parole faite chair, ici se
fait Coeur, avant de se faire Pain (PDA). »
Le flot qui jaillit du coeur de Jésus est sa
miséricorde infinie : C’est son dernier cri
d’amour !
Alors écoutons encore Notre Dame :
Ouvrez, ouvrez vos cœurs, ouvrez votre esprit au pied du tabernacle où Jésus vous attend avec tant
d’amour (SD 15 mai 1970).
Ne vous lassez pas de prier, et de demander, et de frapper jusqu’à ce que soit ouvert le coeur de Jésus. Il ouvrira son coeur et ouvrira le vôtre (SD 24 avril 1970) ■
Jean-Romain Fabrikant
Et le mariage ?
Vécu : Après plusieurs démarches postales infructueuses
je me rends au centre de Sécurité Sociale en vue de faire reconnaître les droits de mon épouse. L’affaire qui traîne depuis
six mois semble simple : légitimement mariée et sans activité
professionnelle, elle est mon ayant droit et doit donc bénéficier
de la protection sociale sur mon compte d’assuré. Simple et
logique. La gentille fonctionnaire qui me reçoit le reconnaît
d’emblée, et entreprend de régler rapidement cette affaire en
pianotant sur sa machine. Après plusieurs minutes où je la vois
en difficulté, elle me laisse là, en s’excusant de la complexité
des logiciels, et va prendre conseils auprès d’autres collègues.
Après un bon moment elle revient, toujours aussi embarrassée
devant son écran rétif. Elle m’explique qu’elle est habituée à
résoudre des cas complexes, avec les enfants de couples hétéroclites, des étrangers, des sans papiers et autres cas dits
exceptionnels, mais pour des gens mariés… elle n’en a
plus l’habitude !...
L’affaire pourrait faire sourire mais mon expérience de médecin en milieu rural me porte à constater la rareté des familles
« normales ». Les couples en concubinage et les familles recomposées (où plutôt décomposées) sont si majoritaires. Les
enfants qui portent le même nom que leur papa et maman,
sont l’exception. Cette banalisation de la cohabitation atteint
même les milieux chrétiens bien pensants, y compris pratiquants. On entend même des prêtres qui lui trouvent de bonnes raison, en privé.
Le pape Benoît XVI qui a reçu en audience au Vatican, le 9
mars dernier, un groupe d’évêques des États-Unis en visite ad
limina, a tenu à apporter un « témoignage sans ambiguïté sur
les exigences objectives de la morale chrétienne ».
Il a dénoncé les « carences dans la catéchèse » des années passées et dans la doctrine catholique sur le sacrement
du mariage et la vertu de chasteté.
Il a rappelé que le mariage, en tant que sacrement est
« indissoluble » et que les « différences sexuelles » dans la
définition du mariage ne peuvent être considérées comme
« sans importance ».
Ce que le pape a appelé la « crise du mariage et de la famille » se manifeste notamment par la « pratique croissante
de la cohabitation » de la part de couples qui souvent « ne
sont pas conscients du fait qu’il s’agit d’une situation de
péché grave » et qui « nuit à la stabilité de la société ».
C’était bon d’être dit. Ce serait encore mieux d’être entendu,
au moins par nos jeunes qui s’engagent dans la vie dans des
situations d’impasses tant morales et affectives que sociales.
C’est pourtant la logique. Mais même parmi les chrétiens il
semble que sévit une sorte de maladie de l’intelligence concernant le discernement des valeurs.
C’est ce que disait la Madone à San Damiano :
Le démon travaille les âmes, il leur prend l'esprit, il leur prend
tout, et alors elles ne comprennent plus ni le bien, ni le
mal… (SD 2 janvier 1970).
Ecoutons-donc les paroles du Ciel :
Aimez-vous et pardonnez-vous, mettez votre coeur en paix ;
Que vos familles soient réunies dans la paix, dans la grâce
avec Jésus, le rosaire en mains ! Mamans, papas, pensez-y, et
pensez à vos enfants, où les mettrez-vous ? Réfléchissez, car
le mariage est sacré, le mariage est saint. C’est Jésus qui
l’a institué, et le mariage doit être pour toute la vie.
Imitez mon Patriarche saint Joseph qui est le Patron des
familles … (SD 5 dec 1969)
Dr JR Fabrikant
5
Des prêtres « non pratiquants » ?
Tous les derniers papes ont rappelé l’importance de la
vie spirituelle personnelle du prêtre. L’Europe et l’Amérique du Nord, sont les seules régions du monde où l’on
constate une basse des vocations. C’est dans ces mêmes
régions qu’ont éclaté les récentes affaires de pédophilie
qui ont défiguré le visage de l’Eglise.
La vie spirituelle personnelle des prêtres de ces régions
serait-elle malade ?
On constate souvent ici ou là un désintérêt, une lassitude une banalisation de la vie, chez certains de nos pasteurs. Il y a même des suicides de prêtres… Quelquesuns avouent ne plus célébrer l’Eucharistie, se justifiant
par leur préférence pour l’« action pastorale ».
De même que l’on peut catégoriser certains fidèles
comme non pratiquants, y aurait-il aussi des prêtres peu
pratiquants ?
C’est une des grandes douleurs que Notre Dame des
Roses a si souvent exprimé dans ses messages.
Appelez tout le monde et tout d'abord mes fils de prédilection. Il faut qu’ils se réveillent, qu'ils ne se laissent
pas tenter par les tentations (SD 26 juillet 1968).
Il y a peu de messages à San Damiano qui ne comportent pas, soit un mot, soit une requête soit une supplication concernant les consacrés :
Priez pour mes apôtres, que tous puissent revenir repentis, qu'ils puissent embrassez la Croix et suivre leur
Frère Jésus en étant saints; et toutes les âmes se sauveront. Mais il faut la sainteté, l'humilité et la pauvreté.
Tout s'acquiert. Jésus est apôtre comme eux. Jésus leur
demande de lui amener les âmes (SD 11 juillet 1969).
Priez pour mes fils privilégiés. Que le Saint Esprit les
éclaire d'une vive lumière pour qu'ils comprennent qu'ils
sont frères en Jésus, vrais apôtres de Jésus, qu'ils ont
une grande mission à accomplir, une mission sainte
pour sauver tous mes enfants de la terre (SD 28 nov 1969).
Le saint Père à Milan, le 2 juin dernier, méditait sur le
Sacerdoce et la Vie Consacrée. « Jésus le Seigneur
monte sur la croix, maltraité. C’est une référence claire
à l’obéissance amoureuse de Jésus à la volonté du
Père. Le mystère pascal a inauguré un temps nouveau :
la mort et résurrection du Christ recréent l’innocence
dans l’humanité et y font jaillir la joie…
Si le Christ, pour édifier son Eglise, se livre entre les
mains des prêtres, eux à leur tour doivent se confier à
Lui sans réserve: l’amour pour le Seigneur Jésus est
l’âme et la raison du ministère sacerdotal, comme Il
l’a dit avant de donner à Pierre la mission de paître son
troupeau « Simon …, m’aimes-tu plus que ceux-ci? …
Paix mes agneaux (Jn 21,15) ».
Un amour radical pour le Seigneur, c’est ce à quoi la
Madone invite ses « prédiletti » :
Pas d’orgueil, pas de superbe ! Amour et sainteté ; et
que mes privilégiés soient forts. Pas de malice, mais
seulement amour, mes fils de prédilection. Levez les
yeux au Ciel où Jésus vous attend et suivez la voie du
calvaire avec Lui. Vous arriverez à la sainteté avec le
grand Triomphe de l’Eglise. (SD 23 fev. 68).
Des prêtres qui soient des « ouvriers » de l’Evangile,
des « témoins crédibles » et des « promoteurs de sainteté » par leur vie : c’est ce dont a besoin l’Eglise et
c’est ce qu’elle attend des futurs prêtres, a déclaré Benoît
XVI à Rome le 27 janvier 2012.
Comme en écho la Vierge de San Damiano insiste
tant :
Je vous veux tous saints, grands saints, vite saints car
grande est votre mission. Si vous êtes saints, toutes les
âmes vous suivront sur la voie du calvaire pour ressusciter un jour avec Jésus et avec Moi (SD 9 nov 1969).
Mes fils de prédilection si vous-même êtes saints, vous
mènerez toutes les âmes au Ciel. Si vous êtes dans la
charité, dans l'amour, dans la pauvreté, tous vous suivront. (SD 12 dec. 1969).
La vie spirituelle de nos prêtres est une grande intention de prière pour tous les fidèles. Cessons de les critiquer car nous aurons les prêtres que nous méritons.
« Une occupation fondamentale et nécessaire du prêtre,
comme exigence et comme devoir, est la prière qui, en
fait, est irremplaçable dans la vie chrétienne et, par
conséquent, dans la vie sacerdotale. Il faut y accorder
une attention particulière: la célébration eucharistique,
l'Office divin, la confession fréquente, le rapport affectueux avec la Très Sainte Vierge Marie, les Exercices spirituels, la récitation quotidienne du Rosaire,
constituent quelques-uns des signes spirituels d'un
amour qui, s'il était absent, risquerait inexorablement
d'être remplacé par les succédanés, souvent néfastes, de
l'image, de la carrière, de l'argent, de la sexualité. » (Cardinal Claúdio Hummes, à l'occasion du 40e anniversaire de l'encyclique «Sacerdotalis Caelibatus» du pape Paul VI)
Alors écoutons les demandes de Marie qui sont si actuelles :
Priez beaucoup, beaucoup pour mes Fils de prédilection: qu’ils soient saints, grands saints, vite saints (et
dans) la sainteté, la persévérance parce qu'elle est
grande la mission que Jésus leur a donnée. Quand ils
accomplissent le sacrifice de la messe, ils représentent
Jésus sur la terre. Jésus entre en eux. Priez pour eux;
qu'ils soient fidèles à Jésus : qu'ils ne l'offensent jamais mais qu'ils l'aiment beaucoup parce que leur
sainteté porte combien d'âmes au Ciel (SD 7 nov 1969). ■
San Damiano Media
6
La promesse de l’Ile Bouchard
Cachée dans sa ferme du hameau des Mouilles, à Châteauneuf-de-Galaure, dans la Drôme, Marthe Robin, fondatrice des
"Foyers de Charité", et dont la cause de béatification est ouverte, prie pour son pays. On est le 8 décembre 1947 au matin,
fête de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie. Son
confesseur, le Père Georges Finet, monte chez elle et lui dit :
Marthe, la France est foutue (sic). Nous allons avoir la guerre
civile. - Non, mon Père, répond Marthe. La Vierge Marie va
sauver la France à la prière des petits enfants.
Or, l’histoire de L’Ile-Bouchard commence l’après midi de
ce même jour, fait observer le P. Bernard Peyrous dans son
livre : Les évènements de l'Ile-Bouchard.
Du 8 au 14 décembre 1947, des faits importants se déroulent
dans cette petite localité de Touraine. Plusieurs jours durant,
quatre petites filles témoignent avoir vu « une Belle Dame ».
Celle-ci leur demande de faire prier les enfants du village pour
la France qui en a grand besoin. Le pays est alors en proie à de
grandes difficultés économiques et politiques, et l’on craint à
tout moment un conflit pouvant dégénérer en guerre civile.
Les voyantes sont Jacqueline Aubry, 12 ans, Jeanne Aubry
sa soeur, 7 ans, et Nicole Robin, 10 ans. Elles vont prier à
l'église sur le chemin de l'école, un peu avant 13 heures, car la
classe reprend à 13h30. Pour cette fête de l'Immaculée
Conception, les religieuses qui font la classe avaient recommandé aux enfants de prier tout spécialement la Sainte Vierge.
Les trois fillettes entrent dans l'église et dans la nef du bascôté gauche elles disent un Je vous salue Marie devant la statue de sainte Thérèse de l'Enfant Jésus. Elles vont ensuite
s'agenouiller devant l'autel de la Sainte Vierge où elles commencent à prier une dizaine de chapelet. C’est là que leur apparaît la Sainte Vierge avec un ange qui la contemple, un genou en terre. Les trois enfants se précipitent dehors pour prévenir les autres enfants. Deux d’entre eux les suivent, notamment Laura Croizon, 8 ans, qui verra aussi « la Belle Dame ».
Interrogées séparément par le chanoine Ségelle, curé de la
paroisse, et soeur Saint-Léon, directrice de l’école, les fillettes
donnent un récit identique. Jacqueline raconte :
« J'ai vu une Belle Dame, vêtue d'une robe blanche, ceinture
bleue, voile blanc légèrement brodé autour. Le voile reposait
sur le front. Les pieds de la Dame étaient nus et apparents et
reposaient sur une large pierre rectangulaire formant le bas de
la grotte dans laquelle elle nous est apparue. A son bras droit
était passé un chapelet aux grains blancs montés sur une
chaîne d'or.
« Les cheveux étaient blonds et longs et retombaient sur le
devant, de chaque côté, en formant deux anglaises. La ceinture
bleue était un large ruban et les manches de la robe étaient
vagues. A ses pieds, cinq roses, lumineuses, formaient une
guirlande en forme de demi-cercle qui se terminait par deux
feuilles vertes reposant sur les deux extrémités de la pierre.
Sous les pieds, on lisait l'invocation : O Marie conçue sans
péché, priez pour nous qui avons recours à vous.
« L'ange se tenait sur une pierre plate de même couleur que
la grotte mais en dehors d'elle, le genou droit à terre, à peu de
distance de la Dame, et à sa droite. Il était vêtu d'une robe
blanche et avait des ailes blanches aux bords dorés. Il tenait à
la main droite un lys blanc et l'autre main reposait sur sa poitrine. Les cheveux étaient blonds en forme d'anglaises.
La « Belle Dame » dit aux enfants : Dites aux petits enfants
de prier pour la France... car elle en a grand besoin. Les en-
fants demandent : Madame, est-ce
que vous êtes
notre Maman
du Ciel? Oui, répondelle, je suis
votre Maman
du Ciel.
Quel est
l'ange
qui
vous accompagne? Reprennent-ils.
L'ange répond : Je suis
l'ange
Gabriel...
La Vierge
donne ensuite
rendez-vous
aux enfants le soir et le lendemain : Donnez-moi votre main à
embrasser. Revenez ce soir à cinq heures et demain à une
heure.
Les petits enfants et les habitants répondent à l’appel de la
Visiteuse : pendant une semaine elle se fait éducatrice de la
prière, et la guerre civile tant redoutée épargne la France.
Le 8 décembre 2001, Mgr Vingt-Trois rend un décret qui
reconnaît que « depuis 1947, de nombreux catholiques viennent en pèlerinage à l’église paroissiale Saint-Gilles de L’IleBouchard pour y vénérer la Vierge Marie. Ces pèlerinages ont
porté de nombreux fruits de grâce. Sans jamais céder à l’attrait
du sensationnel, ils développent un esprit de prière et contribuent à la croissance de la foi des participants. Après avoir
soigneusement étudié les faits et pris conseil des personnes
compétentes, j’autorise ces pèlerinages et le culte public célébré en l’église paroissiale Saint-Gilles de L’Ile-Bouchard pour
invoquer Notre Dame de la Prière, sous la responsabilité pastorale du curé légitime de cette paroisse ».
On vient en ce lieu prier pour la France, les pécheurs, et pour
les vocations.
On y vient également prier beaucoup pour les familles car
lors d’une question des enfants à la « Belle Dame » concernant des demandes de guérison celle-ci a répondu : Je donnerai du bonheur dans les familles. Cette promesse pleine d’espérance attire des familles de plus en plus nombreuses qui
retrouvent le chemin de l’unité, de la joie et du bonheur auprès
de Notre-Dame de la Prière.
Jeannette Aubry, qui avait sept ans au moment des apparitions, a été rappelée à Dieu le 2 décembre 2011.
Malgré une existence laborieuse, austère et souvent douloureuse, elle est restée très discrète dans sa ferme
avec ses moutons. Elle était très aimée, car très simple et tout
à fait fidèle à la grâce mariale reçue en 1947. La paroisse commence à recevoir des témoignages de grâces reçues par son
intercession.
(D’après un entretient avec le P. Xavier Malle, curé de la paroissesanctuaire de L’Ile-Bouchard, recueillit par ZENIT, le mars 2012).
PS : La dernière voyante Jacqueline Aubry est morte le 15 mars
2016.
7
Message de la Maman Céleste à Rosa
au Jardin de Paradis à San Damiano,
le vendredi 29 mai 19701.
1
2
3
4
5
6
L'Amour de la Croix
Mes petits enfants, Je suis revenue encore au milieu de vous pour vous
rappeler2, pour vous appeler à la prière et à la pénitence, pour vous appeler sous mon manteau, pour vous serrer entre mes bras de Mère aimante
qui aime tellement ses enfants de la terre ! Je les voudrais tous autour
de moi, avec le chapelet en mains, car c’est l'arme la plus puissante
pour vous sauver ; l'arme la plus puissante pour monter au Ciel ; l'arme
la plus puissante pour unir les familles dans la paix, dans l'amour, dans le
pardon.
Mes petits enfants, écoutez-moi, écoutez-moi, car le Père Éternel m'envoie en ce lieu pour vous sauver, pour vous enrichir de grâces et pour
consoler vos cœurs.
Le Père Éternel est lassé de mes enfants ! Voir tant de mes enfants aller à
la perdition ; voir tant de mes enfants sur le bord du précipice ; voir tant
de mes enfants qui n'écoutent pas ma parole de Mère ; J’en pleure tellement, mes petits enfants !
Le Père Éternel veut faire justice, Je vous le répète. Pourquoi ne réfléchissez-vous pas, pourquoi ne faites-vous pas un examen de conscience ?
Mamans et papas, rappelez vos enfants, ramenez-les.
Priez votre Ange Gardien d'illuminer l'esprit de vos enfants, afin
qu'éclairés, ils comprennent que Jésus est mort en Croix pour eux, pour
les sauver, pour les amener au Ciel avec Lui. Il souffre tant Jésus et Je
souffre tant moi aussi !
Priez pour obtenir la miséricorde, la paix dans la famille, le pardon, la
réunion de prière incessante ! Là où il y a la prière, Je suis moi aussi,
avec mon Fils Jésus. Là où il y a l'amour, Je suis moi aussi et apporte
l'amour ... Parce qu'une Maman fait tout pour ses enfants ! Combien plus
Moi, qui suis la Reine du Ciel, la Mère de l'univers, qui aime tant mes
enfants ! Et J'aime tant mes prediletti, car Je suis la Reine des Apôtres, la
Mère de l'Eglise, et J'appelle, J'appelle mes « prediletti » ! Je les appelle
pour qu’ils écoutent ma voix de Mère, qu'ils ne se perdent pas dans les
ténèbres du péché, mais qu'ils reviennent repentis, car le Saint-Père Paul
VI pleure tant ! Il pleure tant ! Priez pour lui, faites des heures d'adoration pour lui3, afin qu'il porte la croix avec amour, avec patience, auprès
de Jésus. Jésus est auprès de lui, il l'aide à porter la croix et le suis pas à
pas. Il lui donne la force, Il le soutient dans l’abandon, Jésus ! Il lui
donne l'amour de la Croix4.
1. Ce texte a été diffusé l’avant veille du jour où l’évêque de
l’époque a interdit à Rosa Quattrini toute diffusion de messages. Les paroles utilisées par la Madone, qui sait que les hommes vont lui interdire de parler en ce lieu, montrent l’insistance,
l’urgence des thèmes qu’elle veut y développer.
2. Richiamare. Ce verbe, qui signifie rappeler, est retrouvé
plus d’une douzaine de fois dans le texte italien (§ 1, 4, 6, 10).
Une telle insistance pour utiliser un mot à l’apparence banale
suggère un sens plus profond. Le dictionnaire italien indique :
Far tornare indietro ; faire revenir en arrière, ce qui est tout le
sens de ce message : nous détourner de la voie du péché pour
nous faire revenir vers la voie du bien. C’est réellement une
mère qui crie de frayeur de voir son enfant sur le bord d’un
précipice (§3).
3. L’amour du Saint Père et de l’Eglise est une constante
du message de San Damiano. Pour la Madone il est notre modèle qu’on doit aimer et écouter. Elle dira ailleurs : Qui l’écoute m’écoute, qui le suis me suis, qui le méprise me
méprise (SD 20 déc. 1968).
Figliuoli miei, sono tornata ancora in mezzo a voi per
richiamarvi, per richiamarvi alla preghiera, alla
penitenza, per richiamarvi sotto il mio manto ; per
stringervi fra le mie brachia di Madre amorosa che
tanto amo i miei figli della terra. Li vorrei tutti
circondati a me con la corona fra le mani che é
l’arma più potente per salvarvi, l’arma più potente
per salire al Cielo, l’arma più potente per unire le
famiglie nella pace, nell’amore, nel perdono.
Figliuoli miei ascoltatemi, ascoltatemi che mi manda
l’Eterno Padre in questo luogo per salvarvi, per
arricchirvi di grazie e per consolare i vostri cuori.
L’Eterno Padre é stanco dei miei figli ! Vedere tanti
miei figli andare alla perdizione, vedere tanti miei
figli sull'orlo del precipizio, vedere tanti miei figli
che non ascoltano la mia parola di Madre... ! Tanto
piango, figliuoli !
L’Eterno Padre vuol fare giustizia, ve lo ripeto.
Perché non riflettete, perché non fate un esame di
coscienza ? Mamme, papà, richiamate i vostri figli,
richiamateli.
Pregate il vostro Angelo Custode che ai vostri figli
illumini la sua (loro) mente a rischiararla, a pensare
che Gesù e morte in croce per loro, per salvarli, per
portarli in Cielo con Lui... ! Tanto soffre Gesù et
tanto soffro anch’Io !
Pregate per ottenere la misericordia, la pace nelle
famiglie, il perdono, la riunione della preghiera
incessante. Dove c’é la preghiera ci sono anch'Io con
il mio Figlio Gesù. Dove c’é l’amore ci sono anch’Io
che porto l’amore, perche una mamma fa tutto per i
suoi figli... ! Io che sono la Regina del Cielo, la
Madre dell'universo che tanto amo i miei figli e tanto
amo i miei prediletti... ! Io sono la Regina degli
Apostoli, la Madre della Chiesa... che richiamo,
richiamo i miei prediletti, li richiamo (cosi) che
ascoltino la mia voce di Madre, che non si perdono
nelle tenebre del peccato, ma che ritornino pentiti...
che il Santo Padre Paolo VI piange tanto. Tanto
piange… ! Pregate per lui ! Fate ore di adorazione
per lui (cosi) che possa portare la croce con amore,
con pazienza accanto a Gesù... ! Gesù e accanto a lui
che l’aiuta a portare la croce e lo segue passo per
passo… ! Gli dà la forza, gli dà la rassegnazione
Gesù, gli dà l’amore a la croce
4. Une autre traduction serait : Jésus lui donne l’amour sur
la croix. De sorte qu’il est demandé au Saint Père, comme à
chacun de nous, d’aimer, alors que nous sommes sur la croix.
Il ne s’agit pas d’aimer la croix en tant que telle, mais de profiter qu’on est sur la croix pour aimer encore plus. Loin d’un
masochisme spirituel qui n’aurait rien de chrétien, aimer la
croix est source de joie comme le laisse entendre les belles
paroles d’Edith Stein : L’union au Christ étant notre félicité, et
la progression vers cette union notre bénédiction sur cette
terre, l'amour de la Croix n'est nullement en contradiction
avec la joie d'être enfant de Dieu. (..) Souffrir et trouver dans la
souffrance sa félicité, se tenir debout et avancer sur les sentiers rudes et boueux de cette terre tout en trônant avec le
Christ à la droite du Père ; rire et pleurer avec les enfants du
monde et chanter sans cesse les louanges du Seigneur avec
le chœur des Anges, telle est la vie du chrétien jusqu'à ce que
se lève le matin de l'éternité (Ste Thérèse Bénédicte de la Croix, La
Crèche et la Croix. Éd Ad Solem).
8
7
8
9
10
11
Pensez-y, mes enfants, pensez-y ! ... Priez, priez, priez ! Que vienne la paix
dans le monde entier, dans toutes les nations ; qu'elles soient unies seulement
dans l'amour de Jésus, dans la paix avec Jésus, et la concorde. Car tant de personnes souffrent, tant de personnes meurent de faim !
Envoyez votre Ange Gardien jusqu'aux confins de la terre pour leur donner
lumière et réconfort au milieu de toutes ces épreuves de la vie ! Vous ne réfléchissez pas (5) mes petits enfants : Jésus vous a donné tant de bien-être (6). Ce
bien-être vous ne l'avez employé que pour le péché ! Vous n'avez pas remercié
Jésus de tant de grâces, de tant de dons qu'Il vous a faits ! Et vous ne demandez pas pardon ? Qu'adviendra-t-il de vous quand vous vous trouverez devant
le Tribunal de Dieu ? Jésus est Juge ... Il est miséricordieux, mais Il est aussi
Juge, mes petits enfants ! Il veut la vérité, Il veut la paix, parce qu'Il vous a
donné l'intelligence, Il vous a donné la science pour comprendre le mal et le
bien. Au contraire, votre intelligence, votre science, vous les tenez dans l'obscurité, dans la fange du péché !
Réveillez-vous ! Réveillez-vous, mes petits enfants ! Demandez pardon, demandez pitié, et un jour vous serez dans le saint Paradis, avec les Anges et
avec les Saints, et avec votre Maman du Ciel ! Vous me remercierez et vous
m'aimerez ! Au Nom de mon Fils Jésus, Je vous donne une forte bénédiction,
qui vous assiste dans la vie et dans la mort.
Je vous appelle, mes petits enfants, Je vous appelle. Je vous appelle à la prière,
à la pénitence ! Écoutez mon appel de Mère ! J'appelle le monde entier à
mes pieds pour vous sauver ! J'appelle le monde entier, pour donner à tous
beaucoup de secours et de force pour surmonter toutes les obstacles qui viendront à vous (7). Venez, et ne tardez pas ! Au Nom du Père, du Fils, et du
Saint- Esprit, Amen.
Mamma Rosa: « Faites une prière, un Pater Ave et Gloria pour le Pape et pour
tous les consacrés : qu'ils s'unissent au Saint-Père pour le Triomphe de
l'Eglise ».
5. Deuxième point d’insistance de Marie dans ce message :
nous devons utiliser notre intelligence. L’idée d’intelligence, de
science, de compréhension, de réflexion revient à neuf reprises dans le texte (§ 4, 5, 7, 8). Au travers de ce chiffre plénier, il
y a comme une symétrie poétique entre le thème du retour à
Dieu (note 2), et le thème de la raison dans la vie spirituelle. Le
Chrétien doit réfléchir. C’est sa conscience qui est au centre
de sa vie spirituelle. C’est elle qui l’oriente vers Dieu. Cela invite à réécouter ce que disait le Saint Père lors de son discours
si critiqué de Ratisbonne. Méditons-en au moins quelques citations :
Jean a ouvert le prologue de son évangile par ces mots : «
Au commencement était le logos. Dieu agit « σύν λόγω », avec
logos. Logos désigne à la fois la raison et la parole – une raison qui est créatrice et capable de se communiquer, mais justement comme raison. Jean nous a ainsi fait don de la parole
ultime de la notion biblique de Dieu, la parole par laquelle tous
les chemins souvent difficiles et tortueux de la foi biblique parviennent à leur but et trouvent leur synthèse. Au commencement était le Logos et le Logos est Dieu, nous dit l'Évangéliste
(…).
Le Dieu véritablement divin est le Dieu qui s'est montré
comme Logos et qui, comme Logos, a agi pour nous avec
amour. Assurément, comme le dit Paul, l'amour « surpasse» la
connaissance et il est capable de saisir plus que la seule pensée ( Ep 3, 19), mais il reste néanmoins l'amour du Dieu-Logos.
Pensate figli miei, pensate ! Pregate,
pregate, pregate che venga la pace in tutto
il mondo, in tutte le nazioni, che siano uniti
solo nell’amore di Gesù, nella pace con
Gesù e la concordia... che tanto anime
soffrono, tante anime muiono di fame... !
Mandate in vostro Angelo Custode ai
confini della terra per dare loro luce e
conforto in mezzo alle tante tribolazioni
della vita... ! Non pensate, figliuoli ! Gesù
aveva dato tanto benessere ! Tanto
benessere ! Questo benessere l’avete
adoperato solo nel peccato ! Non avete
ringraziato Gesù di tante grazie di tanti
doni che vi ha dato... e non chiedete
perdono ? Cosa sara (di voi) quando vi
troverete davanti al tribunale di Dio ? Gesù
e giudice, é misericordioso ma anche
giudice figliuoli ! Vuole la verità, vuole
l’amore, vuole la pace... perche vi ha dato
l’intelligneza, vi ha dato la scienza per
comprendere il male e il bene ! Invece la
vostra intelligeneza, la vostra scienza, le
tenete nell’oscurita, nel fango del
pecato... !
Risvegliatevi, risvegliatevi, figliuoli miei !
Chiedete perdono, chiedete pietà che un
giorno sarete nel Santo Paradiso con gli
Angeli e con i Santi e con la vostra
Mamma del Cielo ! Mi ringrazierete e mi
amerete ! A nome del mio figlio Gesû vi do
una forte benedizione che vi assista in vita
e in morte.
Vi richiamo figliuoli, vi richiamo ! Vi
richiamo alla preghiera, alla penitenza !
Ascoltatemi ... il mio invito di Madre... Io
richiamo tutto i1 mondo i miiei piedi per
salvarvi. Richiamo tutto il mondo per
darvi tanto aiuto e forza da superare tutti
gli ostacoli che in voi verrà. Venite e non
tardate. Nel nome del Padre, del Figlio e
dello Spirito Santo. Amen.
(pas de texte italien)
C’est pourquoi le culte chrétien est, comme le dit encore
Paul, « λογική λατρεία », un culte qui est en harmonie avec la
Parole éternelle et notre raison ( Rm 12, 1) (…). Cela n’est possible que si foi et raison se retrouvent d'une manière nouvelle...
(Université de Ratisbonne, 12 septembre 2006).
Lorsque le Pape dit : Dieu, comme Logos, a agi pour nous
avec amour ; cela nous renvoie sur cette belle prière apprise
par Notre Dame de Roses à Rosa di Gesù-Maria : Donneznous l’amour pour comprendre, et l’intelligence pour aimer. Le
père Francesco reliait volontiers cette prière au Psaume 85 :
Amour et Vérité se rencontrent, Justice et Paix s'embrassent ;
La Vérité germera de la terre, et des cieux se penchera la Justice ; Yahvé lui-même donnera le bonheur et notre terre donnera son fruit ; Justice marchera devant lui et de ses pas tracera
un chemin (Ps 85, 11-14). Méditons ces dernières paroles de Marie à la lumière de ce Psaume.
6. La spiritualité suggérée par les paroles de Marie insiste
souvent sur le bonheur et la joie voulue par le Ciel pour les
hommes dès ici-bas. Être chrétien n’est pas synonyme de tristesse, de sacrifices douloureux, mais de joie et de bonheur. A
San Damiano Marie nous invite au bonheur de la foi et de l’amour de Dieu : Yahvé lui-même donnera le bonheur et notre
terre donnera son fruit (Ps 85, 13 ; cf. note 2 et 4).
7. Il est probable que la Madone faisait à l’avance référence
aux interdits de l’évêché qui tomberont deux jours plus tard.
9
RASSEMBLEMENT INTERNATIONAL DES JEUNES ET DES FAMILLES A SAN DAMIANO
Nous sommes heureux d’insérer ici le document édité par l’association Ospizio Madonna delle Rose à l’occa-
1010
Thérèse Neumann
8 avril 1898 – 18 septembre 1962 . Ouverture du procès en Béatification le 13 février 2005
Tertiaire franciscaine, prophète dénonçant le national-socialisme bien avant l’accession d’Hitler au pouvoir et prédisant les souffrances à venir derrière le rideau
de fer ; avec Marthe Robin et Padre Pio, Thérèse Neumann a compté parmi les
célèbres stigmatisés de ce siècle.
Le principal, irremplaçable et irrécusable témoin de la vie intérieure et extérieure
de Thérèse a été l'abbé Joseph Naber, curé de Konnersreuth de 1909 à 1960. Il a
été son directeur de conscience dès avant sa première communion jusqu'à sa mort. A la question - « quelle
est la mission de Thérèse ? » - il répondait invariablement : « Gagner les âmes et les rapprocher davantage
du Sauveur ».
Nous ferons volontiers un parallèle (p.16) avec Don Edgardo Pellacani, principal témoin de la vie de Rosa di
Gesù-Maria qui, dans l'obéissance et le silence a combattu activement pour la vérité sur San Damiano.
Selon notre habitude, nous tenterons de dégager de cette biographie certains traits de la vie de Thérèse qui
nous rappellent la spiritualité de San Damiano.
Enfance
Thérèse Neumann vient au monde dans la nuit du
Vendredi au Samedi saint, à Konnersreuth, le 8 avril
1898, petit village de moins de mille habitants du nordest de la Bavière. Elle est baptisée deux jours après, le
dimanche de Pâques. C’est l’aînée de 12 enfants issus
d'un père tailleur, Ferdinand Neumann, et de son
épouse Anna, née Grillmeier qui travaille comme
paysanne et journalière quand le soin de sa nombreuse
famille le lui permet. Thérèse commence très tôt à s'occuper de ses frères et soeurs, à remplacer leur mère
quand celle-ci est aux champs et témoigne d'une maturité au-dessus de son âge. Bonne élève, les poupées et
contes de fées ne l'intéressent guère. Sa pondération et
sa sensibilité aux choses religieuses est remarquée.
Mais la famille Neumann est dans la gêne. Aussi, Thérèse quitte l'école pour être placée dans une ferme (1).
Fioretti sur la pauvreté
Lorsque son père, tailleur, a
terminé la confection d'un
vêtement, il charge un de
ses enfants de le porter au
client qui reçoit souvent un
pourboire. La pièce n'est pas
dépensée tout de suite, mais
mise de côté et cachée dans
un recoin de la machine à coudre paternelle. Lorsqu'il
n'y a plus d'argent à la maison, ce qui est souvent le
cas, toute la famille se réunit solennellement autour du
coffre-fort improvisé : le petit magot est retiré et utilisé
pour les besoins immédiats. Les enfants sont fiers de
contribuer ainsi à l'entretien de la famille. On se nourrit
habituellement de pommes de terre comme les autres
habitants de la région (2).
Education chrétienne
La famille est catholique, pieuse et pratiquante. Ils fréquentent régulièrement l'église et s'approchent souvent
des sacrements.
1. On peut comparer Thérèse et Rosa
Quattrini par leurs origines paysannes
communes. Anna, la soeur de Rosa raconte : « A neuf ans, je travaillais déjà,
car j'avais terminé la terza elementare.
Rosa, elle, s'est arrêtée plus tôt. Elle
n'aimait pas les études, et la famille
En 1908, Thérèse est confirmée à Waldsassen par
l’évêque de Ratisbonne et fait sa première communion
le 18 avril 1909. Elle grandit dans de modestes conditions. Il n’ y a pas beaucoup d’occasions pour les jeux
d’enfants, car chacun doit se rendre utile à la maison.
Les enfants sont obligés de travailler tôt pour gagner le
pain de la famille. On l’envoie au château de Fockenfeld
pour y travailler comme servante.
En 1912, Thérèse désire être soeur missionnaire et
prend contact avec les Bénédictines de Tutzing. Y entrer suppose qu’elle apporte un trousseau. Elle économise cela sur son salaire en plus de l’argent destiné à
sa famille. Elle travaille à cette époque dans une grosse
exploitation agricole de Konnersreuth pour le bétail et le
travail des champs.
1914, la guerre
La guerre l’empêche d’entrer dans les ordres. Quand
l’armée incorpore son père, elle promet à ses parents
d’attendre pour entrer au couvent qu'il en soit rentré. Au
cours d’une permission, le père Ferdinand rapporte à sa
fille une image pieuse de la carmélite Thérèse de Lisieux. Aussitôt, elle s’intéresse à la vie de la "Petite Thérèse", la vénère et prie pour sa béatification.
Travail à la ferme
En raison de sa grande force physique, les travaux de
la ferme et des champs lui sont faciles. Elle aime la nature. En mars 1918 un incendie se propage de chez le
forgeron à la propriété de Konnersreuth. Thérèse court
au feu et sauve les animaux de l’étable. Comme les
flammes gagnent la propriété de son employeur, elle se
débat avec énergie contre l’incendie et passe pendant
des heures les seaux pour éteindre le feu qui a gagné le
grenier de la grange, debout sur un escabeau. Complètement trempée, elle veut en lever un dernier mais une
douleur fulgurante lui transperce le dos. Dès lors, elle ne
peut plus se déplacer que courbée et au prix de violentes douleurs…/...
était contente qu'elle gardât les troupeaux ». (SD Hist et doc p17).
2. Avant de s'installer définitivement à
San Damiano, les Quattrini ont changé
plusieurs fois de logement. Leur situation
économique devint très difficile, aggravée par le mauvais état de santé de Giu-
seppe et de Rosa. De
nombreux témoignages rapportent qu'ils
furent toujours dignes
dans leur pauvreté et
d'une honnêteté foncière (SD HD p 19).
11
Déclin de sa santé
Thérèse subit encore d’autres accidents graves dans la
même année. Début avril 1918, alors qu’elle veut aller
chercher dans la cave un sac de pommes de terre, elle
s’écroule dans l’escalier en pierre, se cogne la tête par
terre et reste là inconsciente. Par la suite, elle a continuellement des maux de tête, des troubles de la marche
et de surcroît elle ne peut plus contrôler sa vessie et ses
intestins. Le docteur Goebel, parle d’une descente d’estomac et l’envoie à l’hôpital de Waldsassener qu’elle
quitte en juin, non guérie. La même année, elle tombe
d'une échelle. De nouveau, elle a une crampe dans le
dos et reste là inconsciente. Ses maladies s’aggravent
et, en plus, des troubles de la vue surviennent. Elle est
contrainte de se reposer un certain temps.
Dès qu’elle essaie de se rendre utile et de reprendre le
travail, des accidents se produisent de nouveau. La
veille de la fête patronale, le 22 octobre 1918, elle tombe
d’une meule. A la suite, sa vision et sa capacité à marcher en sont réduites sérieusement. Après une infection
grippale peu de temps après, sa force physique diminue
encore. Dès lors, elle devient complètement paralysée et
grabataire. Elle est tordue par des crampes douloureuses à différents muscles et suite à des névrites, son sens
du toucher faiblit. Il lui faut des soins constants et devient
complètement dépendante . Plusieurs médecins la soignent sans succès.
Thérèse présente des dysfonctionnements de l’alimentation. En mars 1919, elle souffre de crampes à la poitrine en position assise, tombe de sa chaise et encore
une fois, se cogne la tête par terre et reste inconsciente
plusieurs jours. Quand elle revient à elle, Thérèse perd
la vue. Peu de temps après, elle souffre également par
intermittence de surdité. Et à Noël 1922, elle est atteinte
d’une grave inflammation de la gorge, ne peut plus manger de repas solides, seulement de la bouillie et du thé.
La vue retrouvée
Elle reste aveugle quatre ans et guérit de façon imprévue le 29 avril 1923, jour de la béatification de sainte
Thérèse de Lisieux. Les deux années qui suivent sont
remplies encore de souffrances chrétiennement acceptées.
Deuxième guérison
Le 17 mai 1925, jour de la canonisation de Thérèse de
Lisieux, on la trouve dans son lit, inconsciente, le regard
posé fixement sur quelque chose devant elle, les mains
tendues avec une expression radieuse sur le visage. Elle
hoche la tête comme pour répondre à quelqu’un qui lui
parle. Soudain elle se lève, malgré les douleurs de ses
blessures à la colonne vertébrale.
Quand elle reprend ses esprits, elle explique ce qui
s’est passé. Elle a eu soudain une lueur devant les yeux
3. Le 29 septembre 1961, Rosa est
guérie instantanément par les mains de
la Vierge Marie, des plaies d’éventration
qu’elle portait depuis neuf ans. Un de
ses premiers gestes a été de se rendre à
l’église auprès de son curé, Don Pellacani qui a bien constaté sa transformation ;
il y a eu un avant et un après.
4. Rosa n’a pas été stigmatisée au sens
et une voix de femme lui demandait si elle voulait guérir ? Elle répondit que tout lui
convenait, guérir, rester malade, ou mourir, comme il
plairait à Dieu. Alors, la voix
lui propose de faire l’expérience de la joie, de se lever
et de marcher. Après six ans et demi de paralysie, elle
peut maintenant bouger les jambes et marcher sans aucune aide.
Troisième guérison
Le 13 novembre 1925, Thérèse est encore une fois
prise de fortes douleurs. Son médecin diagnostique une
appendicite aigue à opérer sur le champ. Alors qu’il prépare l’opération, la famille prie sainte Thérèse de Lisieux.
La "Petite Thérèse" lui annonce sa guérison immédiate
sans opération, et lui demande de se lever tout de suite
puis d’aller à l’église remercier Dieu. Notre malade s’exécute : toutes les douleurs et la fièvre ont disparut instantanément (3).
Visions des mystères douloureux
et de la Résurrection - Les stigmates
Dans la nuit du jeudi au vendredi 5 mars 1926, Thérèse a la vision de Jésus à genoux au Jardin des Oliviers, avec les trois apôtres endormis. Une immense pitié l'envahit. Le Sauveur la fixe d’un regard pénétrant.
Elle ressent au niveau du coeur, une douleur si vive
qu'elle croit mourir. Le sang s’écoule de cet endroit et
cela durera jusqu’au lendemain midi. Thérèse tente de
cacher la blessure avec un linge plié. Le samedi, la blessure se referme. Le vendredi suivant, la scène se renouvelle. Elle assiste à la Flagellation de Jésus, puis le vendredi suivant, c’est le Couronnement d'épines. Elle voit
Jésus porter la croix et tomber. Le vendredi saint, elle
assiste à tout le calvaire et la mort sur la Croix... Dans la
matinée du jour de Pâques, c'est la Résurrection de Jésus-Christ. Les visions commencent chaque jeudi soir à
onze heures pour prendre fin
le vendredi à trois heures.
Elle ne peut plus rien cacher
(4).
Thérèse a également des
visions les autres jours de
l’année liturgique, en lien
avec d’autres évènements
de la vie de Jésus ou de l’Eglise. Cette participation de
la souffrance et à la mort de
Jésus se répétera pendant
36 ans jusqu’à sa mort…/...
visuel du terme mais certains de son entourage est
convaincu qu’elle les portait
de façon invisible. Certains
messages pourraient le laisser entendre : Jésus : « Courage, ma fille,
courage ma toute petite. Étreins la croix
avec moi : Je te donnerai toute ma passion et suis-moi. » - Rosa : « Je suis
prête, Jésus. J’accepterai tout ce que tu
désires. Je t’offre toute ma vie, tout mon
être… aussi tous mes péchés ; détruisles… enflamme mon coeur d’amour pour
toi. Je suis toute à toi, toujours à toi, irrévocablement à toi. Cette terre, qu’elle
puisse venir avec toi, jouir de toi dans le
Ciel. » (SD 1er mars 1968)
12
Jeûne absolu
A partir de Noël 1926, Thérèse
éprouve une totale répulsion pour
la nourriture et la boisson, et
cesse complètement de s'alimenter. Tout au plus quelques gouttes
d'eau après la communion quotidienne, pour mieux avaler l'hostie.
Les évènements autour de Thérèse ne peuvent plus être gardés
secrets. Ils éveillent l’intérêt du
public et attirent des foules. Le
cardinal Kasper écrit : « Je ne puis me taire sur ce que
j'ai vu et entendu ».
Les œuvres de Thérèse
Le désir de Thérèse est de s’occuper des professions
ecclésiastiques, surtout des prêtres et des ordres religieux. Elle est à l’origine de l’école St. Josef pour les
vocations tardives. Beaucoup de jeunes gens y ont passé leur baccalauréat et plus de 3000 élèves y ont trouvé
le chemin du sacerdoce.
L’évêque de Ratisbronne, le Dr. Graber, avait communiqué à Thérèse après son entrée en fonction en 1962
son désir de fonder un monastère d’adoration. Thérèse se donne à fond pour ce projet à Konnersreuth.
L’oeuvre sera achevée rapidement après sa mort. Le 22
septembre 1963, l’évêque inaugure le monastère d'adoration des Soeurs de Marie du mont Carmel, appelé
Theresianum, en présence de milliers de fidèles. A la
demande de Thérèse, une maison de retraite y a été
adossée pour que des laïcs participent à l’adoration
perpétuelle (5).
Jusqu'en 1947, Konnersreuth ne dispose ni de médecins, ni d'infirmières. Thérèse s’était fait un devoir de
soigner les malades et de les visiter. Elle reste fidèle à
cette mission pendant des dizaines d'années, pansant
leurs plaies et distribuant leurs médicaments. Elle entretient l'église paroissiale avec zèle, apportant les plus
belles roses de son jardin (6).
Clairvoyance de Thérèse
L’histoire suivante se passe pendant le III° Reich. L’entourage de Thérèse avait projeté une action nocturne de
propagande antinazie, avec des tracts. Le matériel est
prêt et a été dissimulé dans l'arrière-cuisine...
5. Faites souvent des visites au saint
sacrement. A la maison aussi, faites la
communion spirituelle. Jésus vient à
côté de vous. Jésus vient en vous. Adorez-le et aimez-le chaque heure du jour
et de la nuit (SD 9 mai 1969).
6. Les oeuvres de la Madone : A San
Damiano, le Jardin de Paradis et ses
alentours ne sont pas une fin en soi,
mais un point de départ, non seulement
de quelques oeuvres, mais de tout un
ensemble auquel la Vierge a donné le
nom de « Cité des Roses », qui doit
s'étendre bien au-delà de San Damiano
même et qui comprendra un village de
jeunes, des fondations pour handicapés
Soudainement ravie en extase, Thérèse assiste aux
évènements de l'évangile du jour avec une vision de la
très Sainte Vierge. Revenue à son état normal, Thérèse
prévient : Renoncez à ce que vous avez l'intention de
faire cette nuit, car il y a du danger.
Odile, sa sœur, se met immédiatement à tout brûler
dans le fourneau à la grande déception des autres.
Cette mission avait demandé beaucoup de travail et ils
en attendaient un grand succès ! Le jour suivant, tôt le
matin, la Gestapo, qui recherchait les auteurs d'écrits
satyriques, surgit, mais ne trouve rien...
Toussaint, jour de joie
La Toussaint est pour Thérèse un jour exceptionnel.
Elle a le privilège de contempler ses chers disparus
dans la gloire du Ciel et les voit sous leurs traits d’icibas, resplendissants de bonheur. Au cours de ses dernières années, le cercle de ses amis de l'autre monde
est devenu plus étendu que celui de la terre. Après de
telles visions, elle éprouve un vif désir du Ciel.
Les âmes du Purgatoire
Le jour des défunts, elle passe toute la nuit en prière et
grâce à son intercession, de nombreuses âmes sont
délivrées et viennent la remercier. Lorsque Thérèse est
appelée au chevet des agonisants, elle assiste souvent
à leurs derniers moments. Elle est témoin du jugement
qui se prononce à l'instant précis du décès, notamment
à la mort d'Odile, sa soeur.
En 1958, cette dernière, gravement malade doit subir
une opération mais son état s’aggrave. Thérèse espère
contre toute espérance. Elle est à son chevet. Le prêtre
commence les prières des agonisants. Odile rend le dernier soupir. Thérèse se lève brusquement, les traits de
son visage transfigurés d'allégresse. Elle lève les yeux
vers le Ciel en s'écriant : Avec ! « Je dus la retenir de
toutes mes forces. Profitant d'un état de recueillement,
je lui demande ce qu'elle a vu. Elle me révèle que sa
mère défunte, son frère Englebert, décédé en 1949 à
l'âge de 45 ans, son petit frère et l'ange gardien d'Odile
sont venus la chercher. Le Seigneur a posé un regard
profond sur Odile et le cortège disparaît dans une lumière éblouissante. Thérèse veut les accompagner » !
Revenue à elle, notre visionnaire découvre le corps inanimé de sa soeur reposer sur sa couche, et dit d'un ton
résolu : L'inévitable est arrivé, nous n'allons pas nous
attrister. Odile est au Ciel !.../...
et incurables, un hôpital et un centre de
recherche, ainsi qu'un centre marial oecuménique. La Vierge veut que cet ensemble s'érige avec simplicité, dans un
cadre de beauté, au milieu de jardins, de
fleurs, d'arbres, de fontaines et de jets
d'eau. Il doit s'accroître, peu à peu d'autres fondations à former, selon un esprit
nouveau, une véritable ville. De la
même manière que Rosa Quattrini affirma à son curé, avant 1964, que les foules viendraient un jour, à San Damiano,
du monde entier, et que l'église déserte
serait, un jour, débordante de fidèles, de
la même manière elle affirma, jusqu'à sa
mort, que la Cité des Roses, point infime à son origine, croîtrait, un jour, et
deviendrait une
véritable cité,
« plus grande
que Rome », ditelle. Une cité ou
l'homme
pécheur voudrait
vivre pour la
gloire de Dieu. Une cité ou toutes les
activités du labeur humain seraient présentes, mais fondées en Dieu, inspirées
par Dieu, et retournant les coeurs vers
Dieu. Cité qui deviendrait un phare de
lumière pour le monde entier. Rosa a
vécu pour que naisse la « Città delle
Rose » (SD Hist et doc p 120).
13
Ses visions
Thérèse vit en contact étroit avec le surnaturel. On
l’entend rarement prononcer le nom de Dieu ou du
Christ. Pour elle, c’est : Le Sauveur. Tout en elle trahit
son union intime avec Lui. Trente cinq ans durant, il lui
est donné de contempler la vie de Jésus sur terre, ses
trois années de vie publique et les miracles qu'il a fait
durant cette période : Elle voit le pays où il a vécu et
travaillé, les gens qui forment son entourage, leurs habitations, leurs us et coutumes. Elle les entend parler leur
langue. De la crèche à la mort du calvaire, elle accompagne le Christ, contemple sa résurrection, le mystère
de sa vie dans l'Eglise et dans ses saints. Thérèse ne
prévoit pas ses visions, ne s'y prépare nullement. Son
âme s'élève, absorbée par son objet, au milieu d'une
conversation ou de son travail. Parfois elle est ravie en
extase, son tricot entre les mains. En cet état, on peut la
secouer, l'appeler, elle n'entend rien. Elle repose alors
de tout son poids sur la
plante des pieds et ce
n'est que revenue à son
état normal qu'elle ressent
les douleurs causées par
ses stigmates aux pieds.
On peut lire sur son visage
ou dans son comportement dans l’extase, les
sensations qu’elle éprouve
en lien ce qu’elle y vit ; le
froid, la chaleur, les odeurs, agréables ou désagréables,
la joie, l'angoisse, l'étonnement, la consternation.
Quelques détails de visions
Selon le témoignage de Thérèse, la Vierge Marie ne
descend pas d'une famille pauvre. La maison de Joachim et d'Anne lui apparaît comme une belle maison en
pierres. Elle voit Marie à l'école du temple de Jérusalem.
Tous les parents ne peuvent se permettre d' y envoyer
leurs enfants. La pauvreté commence à la naissance de
Jésus dans l'étable, alors qu'il n'y a pas de place à l'auberge. Elle contemple Marie et Joseph en voyage de
Nazareth à Bethléem et en fait une description détaillée.
Une ânesse est chargée des bagages. Elle les voit arriver à Bethléem dans un état de grande lassitude, puis y
chercher un logement. A leur arrivée, leur premier soin
est de se faire inscrire. L'affluence des voyageurs est si
grande et elle les voit attendre dans la file. Puis Thérèse
les suit à la porte de la ville pour trouver finalement asile
dans une étable qu'elle décrit en détail. Elle contemple
l'enfant dans la crèche.
Lors de la présentation de Jésus au temple, Siméon
met l'Enfant dans les bras de Thérèse. Elle en ressent
une vive joie. Elle éprouve le même bonheur que lorsque les mages sont venus adorer l'Enfant. Alors elle
peut mettre la main du Petit Jésus dans la sienne. Elle
s'évanouit de joie. Elle voit souvent la visite des mages.
Ce sont des monarques opulents. Elle les découvre chacun dans leurs pays respectifs où se pratique intensément l'astrologie, puis les voit se mettre en route accompagnés d'une suite nombreuse, sur des chemins différents, marchant tous vers un même point de l'horizon où
ils finissent par se rejoindre. Ils continuent alors ensemble leur pèlerinage en suivant l'étoile.
Le voyage est long et doit se faire de nuit, car l'astre
n'est pas visible le jour. Elle est témoin aussi du massacre des saints innocents et de la fuite en Égypte.
Description de quelques visions
Thérèse décrit de façon pittoresque la délivrance du
possédé, au pays des Géraséniens. Les esprits impurs
supplient le Sauveur d’investir un troupeau de porcs. En
fille de paysan, elle comprend l'effroi des gardiens à à la
vue du troupeau se jetant dans la mer, et devine la perte
pour les propriétaires. Elle dépeint le plongeon bruyant
des animaux, la fuite des gardiens, la population de la
ville qui renvoie le Sauveur.
En extase, elle contemple la multiplication miraculeuse
des pains. A cette scène, Thérèse se révèle une fois de
plus, enfant de la campagne car elle se désole de tout
ce fourrage perdu, piétiné par la foule.
Une autre fois, c'est la chute des anges qui se déroule
devant ses yeux, le jour la fête de Saint Michel. Elle explique en partie ce qu'elle vient de
contempler après être revenue à elle. Le
combat qui oppose les milices célestes
offrait un spectacle terrifiant. Les deux
armées rangées respectivement sous
l'étendard de Michel et Lucifer étaient
égales en force et en nombre. Il était facile de discerner l'instant de la victoire à
l'expression de joie indicible du visage de
la voyante.
Le jour des rameaux, Thérèse contemple
l'entrée triomphale du Christ à Jérusalem.
Elle approuve le Sauveur qui chasse du temple vendeurs et acquéreurs, renversant les tables des changeurs de monnaies, laissant les pièces s'éparpiller sur le
sol. Toutefois, quand c’est le tour des marchands de
pigeons, son coeur se serre. Même en extase, son
amour pour les animaux ne se dément pas.
L'humour dans la répartie
Un sceptique qui vient lui rendre visite, lui fait à la fin
de l'entretien la remarque suivante : Vous vous êtes
imaginée ces stigmates à tel point qu'elles se sont finalement produites… La réponse ne se fait pas attendre :
Alors prends bien garde, de ne pas regarder trop longtemps les ânes, car tes oreilles risquent de s'allonger !
Thérèse Neumann et Hitler
Il est interdit aux journaux de faire allusion à Konnersreuth... C’est à contrecoeur que les chefs du parti se
soumettent à l'ordre du Führer de ne pas inquiéter Thérèse. Hitler est superstitieux, croyant aux horoscopes et
à l'astrologie. L'auréole de mystère et de prodige qui
enveloppe Thérèse l'inquiète. Cela a certainement joué
en faveur de la stigmatisée pour la préserver de la persécution. Cependant, à la fin de la guerre, elle subit un
suprême assaut de haine de la part des nazis. La place
du marché est occupée par les SS et incendiée avant
l'entrée des américains. Thérèse se réfugie, avec les
enfants de ses sœurs, dans un abri aménagé sous la
remise des locaux paroissiaux. La remise prend feu.
Heureusement Thérèse et les neveux ont le temps de se
mettre en sécurité. Mais hélas, des ornements liturgiques de grande valeur disparaissent dans les flammes,
ainsi qu'un grand nombre de notes prises par le curé
Naber concernant Thérèse…/...
14
Témoignage du père Naber (7) :
Directeur de conscience et confesseur de Thérèse
Neumann, je l'ai connue depuis l'école jusqu'à sa
mort. Dès l'origine, mon principe fut le suivant : observer de près ces phénomènes extraordinaires,
pour voir s'ils ne comportent rien de contraire à la
doctrine de l'Eglise ou aux moeurs. Si c'était le cas,
intervenir aussitôt sans pitié ; sinon, laisser les choses suivre leur cours, afin de ne pas perturber, en
fin de compte, les intentions divines. Par ailleurs, j'ai
bien pesé chaque parole concernant Thérèse Neumann, afin de ne pas en dire trop, mais je ne crains
pas non plus de confesser publiquement la vérité :
sans la moindre hésitation, je suis prêt à garantir de
ma vie l'authenticité des phénomènes extraordinaires présentés par Thérèse Neumann, tels que je les ai observé et
particulièrement l'absence de
nourriture. Quiconque a l'occasion
de voir la simplicité, le naturel et
la franchise de cette grande enfant (au sens divin), quiconque a
vu luire sur son visage le feu de
l'amour et de l'enthousiasme envers le Sauveur, quiconque a vu
naître ces états exceptionnels,
visions... ne peut faire autrement
que de proclamer ce que des milliers d'autres observateurs ont
affirmé : « C’est authentique »...
On a beaucoup écrit sur Konnersreuth et notamment du déformé,
du faux et de l'inepte. Certains par calcul, recherchèrent
de quoi tirer une caricature de Konnersreuth. Je n’en fais
nul reproche à ceux qui ne croient pas à Konnersreuth,
mais plutôt à ceux qui, sans s'être renseignés de façon
précise, prétendent juger. Pour comprendre le poète, il
faut le suivre sur le terrain poétique. C’est d’autant plus
vrai en matière mystique ! Depuis dix ans, ses adversaires repassent toujours et toujours les mêmes mensonges ; l'un copie l'autre et cela s'appelle : science.... Mais
pourquoi ne pas écouter le témoignage ceux qui
connaissent vraiment Thérèse Neumann ?
C’est une grande enfant. Son fond est sain. Elle n'est
ni artificielle ni superstitieuse. Elle n'a rien d'une bigote.
C'est une enfant simple, naturelle ; l'enfant la plus simple
de la paroisse, une véritable enfant, dans l'acception la
plus pure du terme, innocente et profondément religieuse. Grâce à ses souffrances, malgré toutes les choses extraordinaires dont elle est le centre, elle reste
naïve et gaie (8).
7. On ne peut s’empêcher d’établir un
parallèle entre la destinée de ce prêtre et
celle du Curé de San Damiano Don Edgardo Pellacani dont on retrouvera en
dernière page, le témoignage.
8. La joie est un des thèmes récurrent
des messages de Notre Dame des Roses
– Rosa disait : L'appel de Marie
s'adresse tout particulièrement aux jeunes, à qui elle demande d'être les apô-
Bienveillance du pape
Un jour, le 3 mai 1928, Thérèse Neumann dit au
père Naber : En ce moment, le saint Père nous donne
sa bénédiction à vous et à moi. Il est surpris de ces paroles. Or, dans les premiers jours de juin, il reçoit par
l'intermédiaire de la Nonciature à Munich, un parchemin
du Vatican revêtu de la bénédiction autographe que Pie
XI, destinée à lui-même et à sa pénitente. Ce document
est soigneusement conservé dans la chambre de la stigmatisée. Pie XII, qui a été nonce à Munich était luimême informé de tout ce qui la concernait.
Thérèse entre dans la Vie
Elle meurt le 18 septembre1962 après avoir souffert
d’une angine de poitrine pendant longtemps. L’évêque
de Ratisbonne, le Dr. Müller proclame le 13 février 2005
à Konnersreuth l’ouverture de son procès en béatification.
Thérèse Neumann écrit :
« Moi aussi, je suis une fiancée du Christ, une crucifiée. Même si je ne puis plus entrer au couvent, mon lit
n'est-il pas une cellule où je peux aussi m'offrir en sacrifice ? Et le bon Dieu sera quand même content de moi.
Je dois souvent souffrir beaucoup. Mais cela ne fait
rien : le bon Sauveur me donnera bien toujours la force
et la persévérance de supporter ces épreuves, jusqu'au
jour où j'aurai atteint mon but, là où il n'y aura plus de
souffrances : le Ciel. » ■
Marie-Dominique Fabrikant
Bibliographie :
Thérèse Neumann, la crucifiée - devant l’histoire et la science
E. Boniface. Ed. P. Lethielleux
Thérèse Neumann - Paola Giovetti - Médiaspaul- Ed Paulines
Messages de San Damiano - Père André Althoffer.
San Damiano Histoire et Documents. Roland Maisonneuve. Ed Tequi
tres des Temps nouveaux : C'est la jeunesse qui, dans l'ère nouvelle, doit
étendre dans le monde entier cet
amour. Les âmes de la jeunesse chemineront vraiment, a dit la Maman céleste,
dans le cercle de mon Amour. En ce
cercle, il y a comme une petite rose qui
germera dans les cœurs, dans les âmes,
dans la joie, dans la charité. Alors ils
comprendront tout ce que veut Jésus, et
ils
iront
dans
le
m o n d e
porter la
parole de
Dieu. (SD
Hist et doc p
283)
15
Don Edgardo Pellacani
Témoignage en français du premier curé de San Damiano, confesseur de Rosa
(Transcription quasi littérale d’extraits du
film « Il a parlé par les prophètes » SD Media)
DON PELLACANI : Mamma Rosa était
arrivée en 1960, au mois de novembre, à
peu près octobre ou novembre de l’an
1960. Eh bien, regardez bien : sa famille
se composait de son mari, deux garçons,
la tante Adèle, et elle ; cinq personnes.
Et j’ai trouvé une famille chrétienne pratiquante, mais j’ai trouvé aussi une famille
qui vivait dans une grande pauvreté,
dans une grande misère, oui !
A l’égard de la vie spirituelle, c’était une
bonne maman. Elle a donné à sa famille
une façon d’agir chrétienne et pratiquante aussi. Elle venait à la messe chaque jour, quand elle pouvait. Et de plus, il
faut dire que tout le pays avait une
grande estime pour elle. Elle est venue à
San Damiano, elle était bien malade. Un
jour j’ai porté aussi l’huile sainte, car je la
trouvais très, très malade. Sa maladie a
commencé à peu près en l’an 1952 à la
naissance de Pier Giorgio. Mamma Rosa
a eu une troisième césarienne. Les médecins n’ont plus réussit à la recoudre.
Elle est restée 9 ans, jusqu’à l’an 1961,
en cette situation.
- Le 29 septembre 1961, Rosa dit avoir
été guérie par une jeune épouse qui est
venue la visiter.
Don Pellacani : Après le 29 septembre
1961, j’ai vu complètement changée la
vie de Mamma Rosa. Elle mangeait normalement, comme une personne normale. Elle travaillait partout dans la campagne, dans la maison, faisait tout ce
que peut faire une maman dans sa maison. Bien évidemment, je ne lui ai plus
porté la communion, ni la confesser. Car
elle venait chaque jour.
- C’est en 1962 que Mamma Rosa fait
sa première prophétie.
Don Pellacani : Donc, un matin Mamma Rosa est venue à la messe, comme
chaque jour ; et après la messe, elle est
venue à la sacristie, et elle m’a dit :
- Cette nuit j’ai vu, notre église de San
Damiano, pleine, pleine, pleine de
monde. Vous avez confessé beaucoup,
vous avez communié beaucoup. J’ai vu
les pèlerins sur le clocher aussi ! C’est un
rêve de femme, C’est évident. Cela n’a
pas d’importance. Alors, elle m’a dit : Oh,
mais regardez bien, ce n’est pas un rêve,
c’est la Sainte Vierge qui m’a montré
votre église toute pleine de monde. Elle
m’a dit de venir à vous et de dire cette
vision.
Mamma Rosa avait vu tous les mouvements de pèlerins de San Damiano.
En effet, le 16 Octobre 1964, Marie
Reine des Prophètes, intervient, mandatée par la Sainte Trinité, donne en ce
Lieu un premier message au monde, et
laisse un signe visible pour tous.
Don Pellacani : 1964, un vendredi à
trois heures de l’après-midi Mamma Rosa m’avait appelé chez elle. J’y suis allé
et j’ai vu le poirier fleuri. C’est moi qui ai
téléphoné à la curie de Piacenza. C’est
moi qui ai appelé aussi le Professeur de
l’Université d'Agriculture. Je me rappelle
que j’ai interrogé toutes les personnes de
l’entourage où habitait Mamma Rosa,
pour savoir si elles avaient vu des boutons sur le poirier. Personne n’avait rien
vu. Car la question était (celle) d’une
floraison instantanée...
Elle m’a montré le poirier fleuri, et elle
m’a dit que c’était le signe que la Très
Sainte Vierge lui avait donné pour témoigner de la Présence de la Très Sainte
Vierge. C’est ainsi que tout a commencé ....
Don Pellacani : Ce que je trouvais
d’extraordinaire, c’était que cette femme
ne peut pas faire de sermons. Regardez
bien, j’avais une expérience de son intelligence. Dans sa vie, on peut dire qu’elle
est très pauvre, oui, pas d’intelligence
(d’instruction), mais équilibrée.
Elle venait à l’église toujours avec le
même livre : la messe du Padre Pio.
Dans sa maison, je n’ai trouvé qu’un autre livre : « l’épouse chrétienne » mais
c’est assez (pour) la bibliothèque de
Mamma Rosa. Elle n’a pas de culture,
absolument ! Je restais perplexe, car je
me disais d’où viennent ces sermons ?
Elle n’était pas capable. Elle ne se rappelait plus ce qu’elle avait dit et beaucoup de paroles prononcées, elle n’en
savait pas la signification !
Don Pellacani : Les premiers cinq ans,
je suis resté (à San Damiano). Alors j’ai
eu l’occasion d’interroger, et de parler
avec les pèlerins. Beaucoup de pèlerins
ont trouvé la prière, ont compris le devoir
de la prière chaque jour ! Vraiment, sont
entrés dans l’esprit de la prière, et ont
trouvé la bonne volonté pour pratiquer
chaque jour : la prière, la messe le dimanche.
Les autres ont trouvé la foi, ont réveillé
la foi dans leur esprit, ont compris les
devoirs de la vie chrétienne, les vérités
de la foi, et ils ont trouvé aussi la bonne
volonté à les pratiquer. Les Messages de
Mamma Rosa qui ont porté beaucoup de
monde à San Damiano, à la prière et à la
vie chrétienne, ces Messages ne peuvent
pas venir du diable ! Alors, vous devez
dire : A San Damiano nous avons une
manifestation particulière de Dieu, de la
Très Sainte Vierge. Il n’y a rien à faire, la
logique c’est la logique. Le plus grand
argument, c’est cela !
Don Pellacani : Si je disais à tout le
monde : bien, venez ici pour prier, le matin à 5 heures, à midi, et le soir, comme à
San Damiano. Les personnes ne viennent pas : Je pense que personne n’est
capable d’obtenir cela ! Regardez bien.
Don Pellacani : Ce que je veux dire,
c’est cela : Ce n’est pas facile de faire
des sermons pour porter les personnes à
prier ; regardez bien. N’est pas facile,
absolument. Car vous pouvez faire le
plus grand sermon, le plus profond, le
plus intelligent, et les personnes ne viennent pas prier. Alors, comment peut-on
expliquer qu’une pauvre femme comme
Mamma Rosa, a porté tout le monde à
prier à San Damiano ? Elle a créé un
Centre International de prières, et cela
c’est très difficile. Regardez bien, il n’y a
rien à faire, c’est très difficile.
Don Pellacani : Je pensais : Si je peux
conduire Mamma Rosa à Padre Pio, pour
se confesser à lui. Padre Pio verra bien
si Mamma Rosa est sur la bonne route.
J’attendais une confirmation, ou de la
vérité, ou du mensonge.
J’ai conduit Mamma Rosa à San Giovanni Rotondo, j’ai parlé plusieurs fois à
Padre Pio de Mamma Rosa et des apparitions de San Damiano. Et Padre Pio
m’a donné une confirmation objective de
la vérité de ces apparitions.
( Du livre de Roland Maisonneuve.
San Damiano, histoire et documents : )
Don Pellacani : Quand l'autorité
(épiscopale) m'a donné l'ordre d'abandonner la paroisse et de ne plus jamais y
faire halte, j'ai obéi : je ne suis plus allé
à San Damiano, et cela a été pour moi le
plus grand des sacrifices, tout comme
lorsqu'il me fut commandé de tenir
l'église fermée les jours de grande affluence des pèlerins de 1965 à 1968...
Je note que j'ai suivi personnellement
les faits de San Damiano de 1951 à 1969
(2 juin), date de mon renvoi.
Le père Pellacani s’est retiré dans sa
maison natale de Lariano/Gropparello, à
une vingtaine de kilomètres au sud de
San Damiano. Jusqu'à son décès, survenu le 2 août 1989. Les pèlerins se rendaient nombreux chez lui pour écouter
son bouleversant témoignage.
Le cardinal Oddi a tenu a être présent
lors de ses funérailles, célébrées dans la
paroisse de San Damiano . ■ SDM
16
Auteur
Документ
Catégorie
Без категории
Affichages
1
Taille du fichier
1 359 Кб
Étiquettes
1/--Pages
signaler