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Bien communiquer pour motiver - Templiers

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Novembre Décembre 2013
Premier magazine consacré aux éducateurs de football
n°55
Bien communiquer
pour motiver
Enjeux,
problématiques
et solutions
ENTRETIEN
Sylvain Matrisciano
Abonnement
6 numéros
(hors frais de port) : 45 €
Prix au numéro : 9 €
"Trop d'éducateurs cernent mal
les attentes de leurs joueurs"
ÉTRANGER
PROGRAMME
FOOT ANIMATION
REPORTAGE AU
STANDARD DE LIÈGE
1 MOIS POUR
AMÉLIORER LE JEU
SUR LES CÔTÉS
AU SECOURS, JE NE
PARVIENS PAS À TENIR
MES JOUEURS !
www.vestiaires-magazine.com
∫ Sommaire ª
20
26
page
ACTUALITE Les dernières infos du monde de l'éducateur.
P6
P12 EN DIRECT DE LA DTN Formation de cadre : bilan et perspectives
P14
CÔTÉ SCIENCE La représentation mentale au service du tireur de coup
franc ?
P16
60
page
page
37à 59 LE CAHIER PÉDAGOGIQUE
P38 : ENTRAINEMENT (par Charles MONTESPAN)
Vous n'avez rien eu le temps de préparer ? Que faire ?
P40 : PREPARATION PHYSIQUE (par Laurent BOSQUET)
DÉCRYPTAGE La taille "utile" des effectifs au haut niveau
P18 QUESTION DU MOIS Comment constituer ses groupes à
l'entraînement ?
P26
DOSSIER Mieux communiquer pour motiver
P60
UNE SEMAINE AVEC... Le centre de formation de l'AJ Auxerre
P68 PROGRAMME 1 mois pour optimiser le jeu sur les côtés
P74 FOOTBALL D'ANIMATION Au secours, je ne parviens pas à tenir mes
joueurs !
Liège
P82 EXPATRIÉ Guillaume Beuzelin, entraîneur à l'Edusport Académy (Ecosse)
P84 RÉCIT TACTIQUE Toulouse-Lyon (25/11/2012) avec Alain Casanova
P86 COACH DE LÉGENDE Helenio Herrera, architecte du football moderne
P90 NOS EXPERTS VOUS RÉPONDENT La "hotline" de VESTIAIRES !
68
page
Directeur de la publication/ Rédacteur en chef :
Julien Gourbeyre
Responsable abonnements : Pascal Muller
Chargé de développement : Vincent Gourbeyre
Secrétariat : Claudia Gioscia
Comptabilité : Sylvie Pavie
Community Manager : Valentin Deudon
Rédaction : Olivier Goutard, François Villebrun,
Valentin Deudon, Julien Gourbeyre,
Antoine Armand.
www.vestiaires-magazine.com
P44 : GARDIEN (par David MERLET)
Apprendre à son gardien à bien se placer sur CPA
P48 : TABLEAU NOIR (par Didier OLLE-NICOLLE)
Comment se préparer à affronter une équipe du haut de tableau ?
P50 : TECHNIQUE (par François VILLEBRUN)
Le contrôle orienté
P78 ETRANGER Reportage à l'Académie Robert-Louis Dreyfus du Standard de
Premier magazine consacré
aux éducateurs de football
Mensuel édité par RC MEDIA,
SARL au capital de 5000 euros
SIRET : 507 848 257 RCS Lyon
17 rue Louis Pasteur - 38540 HEYRIEUX
TEL : 04 72 77 69 04
P42 : STRATÉGIE (par Jérémy DOS SANTOS)
Corners et coups francs : les joueurs "à la ramasse"
P20 ENTRETIEN DU MOIS Sylvain Matrisciano
Vestiaires
Coup de mou du mois de novembre : comment agir ?
P54 : MANAGEMENT (par Jean-Paul ANCIAN)
La gestion des remplaçants et remplacés
P56 : SANTÉ (par Philippe KUENTZ)
Pourquoi applique-t-on du froid après une blessure musculaire ?
P58 : JURIDIQUE
1000 emplois d'avenir pour structurer le foot amateur
74
78
page
Maquette/infographie : Xavier Boglione
Photo pages 20 à 24 : Simon Daval
Ont collaboré à ce numéro :
Eric Hernandez, Alain Casanova, Jean-Marc
Kuentz, Alexandre Hidalgo, Laurent Coasse,
Charles Montespan, Laurent Bosquet, Jérémy
Dos Santos, David Merlet, Didier Ollé-Nicolle,
Jean-Paul Ancian, et Philippe Kuentz
Impression : Imprimerie Chirat
744 rue de Sainte -Colombe,
42540 Saint-Just-La-Pendue.
page
N° Commission paritaire : 0211 T 89754
N° ISSN : 2101-4566
Crédits photos : FOTOLIA pages 1, 4, 5, 10, 12, 22, 24,
25, 26, 27, 34, 38, 40, 42, 44, 46, 48, 50, 52, 58,et 60.
Toute reproduction, représentation, traduction ou
adaptation, qu’elle soit intégrale ou partielle, quel qu’en
soit le procédé, le support ou le média est strictement
interdite sans l’autorisation de RC MÉDIA.
3
∫ Editorial ª
Julien Gourbeyre
Directeur de la rédaction
Comme un malentendu
'éducateur serait-il un égoïste qui
L
l'importance de recueillir les attentes de ses
s'ignore ? Pas tous, bien entendu.
joueurs et de les prendre en considération.
Mais un certain nombre quand-
L'expert
même... Ceux en tout cas qui semblent
(Dossier), nous éclaire sur la meilleure
oublier trop souvent que le propre du béné-
manière d'y répondre, en utilisant une
vole, en milieu associatif, est de donner. Or,
communication adaptée, génératrice de
ils
sont
nombreux
les
pour “prendre”. Du plaisir, bien
sûr, et c'est normal, mais aussi
de la reconnaissance, un statut,
Chanceaulme,
lui,
motivation. Pierre Sage, enfin
“techniciens”, quelle que soit
la catégorie, à venir en club
Patrick
(Football d'animation), nous
A trop écouter ses
aspirations
personnelles, on en
oublie celles des
licenciés.
conseille
sur
l'attitude
à
adopter et la méthode à
employer dans un contexte
bien précis, celui de l'école de
de l'argent... Des moteurs
foot, où règne souvent en
sources de malentendus par la
maître ce décalage entre les
suite entre entraîneurs et entraînés. Car à
motivations d'un groupe d'enfants venus
trop écouter ses aspirations personnelles,
pour jouer et celles d'un éducateur qui n'as-
on en oublie celles des licenciés. C'est le
pire qu'à gagner. Puisse ces quelques pages
sens de plusieurs de nos articles ce mois-ci.
nous aider à faire fi de notre ego de côté de
Sylvain Matrisciano d'abord, (Entretien du
façon à mettre nos compétences au service
mois) nous fait prendre conscience de
du club et de ses licenciés. Et non l'inverse.■
www.vestiaires-magazine.com
5
∫ Actualités ª
Une appli pour
l'entraînement
physique
M
arles Sport Invest et Mac Lloyd ont lancé fin
septembre l'application FIT-TESTS. Un outil
permettant aux entraîneurs et préparateurs physiques de mesurer la vitesse maximale de course,
les temps de passage sur différentes distances,
l'accélération maximale, la détente verticale, mais
aussi d'établir des profils de joueurs en terme de
"puissance force" ou "puissance vitesse".
Son coût : 359,99 euros. Renseignements :
www. fit-tests.com ■
Expérimentation : les effets de 6 matches
disputés tous les 3 jours !
n temps envisagé avec les jeunes de l'ESTAC, l'expérimentation menée par Laurent Bosquet et Georges
Cazorla dans le cadre des travaux de la Cellule de Recherche
de la FFF, sera réalisée finalement avec les U19 et la réserve
des Girondins de Bordeaux. L'objectif : enchaîner 6 matches
tous les 3 jours de façon à mesurer les effets - en plus de la
fatigue aigüe - de l'apparition éventuelle d'une fatigue chronique. Pour s'adonner à cette expérimentation, les joueurs
s'affronteront le mercredi avant de jouer dans leur championnat respectif le samedi. ■
U
A LIRE
Christian Gourcuff,
"Un autre regard sur le
football"
S
ous la plume de Loïc Bervas, "Un autre regard sur le football"
relate tous les éléments et épisodes ayant participé à
construire la philosophie de jeu, la conception de l'entraînement et les convictions morales de l'actuel entraîneur du FC
Lorient. Un ouvrage passionnant qui permet d'en découvrir un
peu plus sur cet entraîneur pas comme les autres, amoureux du
beau jeu quand d'autres ne fonctionnent que sur un mode
binaire (victoire/défaite), obsédés qu'ils sont par les résultats
aux détriments du spectacle et d'une certaine idée du sport. ■
6
VESTIAIRES :
bientôt 1000
followers sur
Twitter !
D
epuis la rentrée,
VESTIAIRES est
très présent sur les
réseaux sociaux,
notamment via sa page
Facebook, mais aussi
sur son compte Twitter. Alors n'hésitez
pas vous aussi à nous rejoindre et ainsi
découvrir chaque semaine des contenus,
exercices et infos inédites.■
Vestiaires
IL A DIT
Marc
Wilmots
à la cote
T
out va très vite en football.
Successeur de Georges Leekens à la
tête des Diables Rouges en mai 2012,
pour un intérim de deux rencontres amicales, Marc Wilmots est toujours le sélectionneur de la Belgique. Et peut-être
pour longtemps. Car non content d'avoir
su redonner une âme et un jeu à cette
équipe, le technicien est parvenu à la
qualifier pour la phase finale de la
Coupe du Monde 2014. Douze années
que cela n'était pas arrivée… ■
"Le meilleur moyen d'aider
un partenaire…"
J
ohan Cruijff, au cours d'une émission de télévision sur une chaîne
néerlandaise :"En football, un mot
peut avoir une signification très différente. Aider le porteur, par exemple. Dans la vie de tous les jours,
aider quelqu'un, c'est se rapprocher
de lui. Alors que sur un terrain de
football, le meilleur moyen d'aider
un partenaire qui a le ballon, c'est
de s'en éloigner". ■
Les fils uniques auraient-ils
plus de chances de percer ?
n entend souvent les formateurs affirmer que le deuxième de la fratrie a plus de
chances de réussir que l'aîné étant donné qu'il se trouve, dès son plus jeune âge,
entraîné dans le sillage de son grand frère qu'il cherche à suivre et imiter. D'où une habileté motrice plus précoce. Seulement voilà, en 1992, les techniciens de l'Ajax Amsterdam
se sont rendu compte que 30% des joueurs du centre de formation étaient des fils uniques,
statut pourtant assez rare aux Pays-Bas ! Hasard ou facteur favorable ? "On peut penser
que l'enfant unique consacre plus de temps à son sport", avançait à l'époque Co Adriaanse, le
directeur du centre. Il serait intéressant aujourd'hui de réactualiser ces statistiques… ■
O
SUR LA TOILE
experts-metiers-sports.com
L
ancé par la société Per f In
Sport, le site Internet "expertsmetiers-sports.com" aspire à devenir "le plus grand réseau francophone des experts en métiers du
sport". Sa vocation est de mettre
en relation ces experts avec leurs
clients potentiels. Un portail virtuel permettant de trouver un professionnel rapidement (préparateur physique, coach mental,
nutritionniste…) près de chez
vous, et dans votre budget. ■
www.vestiaires-magazine.com
Bientôt un espace
de récupération
pour les Bleus
L
e 12 novembre dernier a été
posé la première pierre de la
future zone de récupération des
joueurs de l'équipe de France, à
Clairefontaine. Cet espace de
400 m2 comprendra une salle d'étirements, un SPA, une salle de massages et un coin réservé à la musculation. Les travaux s'achèveront en
mai 2014 dans le cadre de la préparation des Bleus à la Coupe du
Monde. ■
Suite page suivante 
7
∫ Actualités ª
Réformes :
et maintenant le
foot à 11 ?
A
près l'entrée en vigueur,
cette saison, des
réformes du football d'animation, la Direction
Technique Nationale
avance actuellement sur un
autre dossier : le foot à 11 des jeunes.
Certaines mesures visant notamment à fidéliser davantage les licenciés des catégories U15
à U19 sont à l'étude. Plaisir, progression et
offres de pratique s'inscrivent en fil rouge de
ce nouveau et non moins vaste chantier. ■
A LIRE
Sur mon banc
1392
"F
ootballeur du dimanche", Jean
Bréhon est maître de conférence à l'Université d'Artois. Il est
aussi éducateur de football. Une
passion. C'est elle qui l'a amené à
écrire un livre, "Sur mon banc" (éditions Les Lumières de Lille), où
l'auteur parle du jeu, un peu, mais
aussi et surtout de "l'espoir, des
doutes, des joies, des déceptions
et des crises qui animent la vie
d'un club amateur". Un récit
riche en émotions et en vécu.
Original. ■
C
'est le nombre
d'entraîneurs
ayant passé le DEF
entre la saison 20112012 (692) et 20122013 (700). Et 9418
BE1 sur la même
période ! ■
Espoirs : un questionnaire
individuel à la fin de
chaque séance
la fin de chaque séance d'entraînement de l'équipe de
F r a n c e E s p o i r s d i r i g é e p a r Wi l l y S a g n o l e t S y l v a i n
Matrisciano, un questionnaire individuel est remis aux joueurs.
L'objectif : demander à ces derniers d'exprimer leur ressenti
(note sur 10) sur le contenu de la séance d'un point de vue
physique, tactique et mental. Un bon moyen d'inciter le joueur
à mener une réf lexion sur l'entraînement (donner du sens)
tout en permettant à l'encadrement de mieux cerner les individus (leurs attentes) et d'ajuster les charges de travail. ■
À
À VOS CARNETS
Passe et frappe sous la dominante vitesse
D
ifficile à l'entraînement de trouver des exercices de frappe et de
vitesse/vivacité qui sortent un peu de l'ordinaire. On n'échappe
rarement aux trois-quatre mêmes exercices de son répertoire…
Aussi, voici une situation permettant de travailler la frappe en mouvement, après un contrôle orienté, mais aussi la passe, le tout sous
une dominante vitesse et en compétition pour un aspect plus
ludique ! A (source de balle) passe à B qui effectue un contrôle
orienté et se décale de la cage afin d'effectuer une passe appuyée
(pour aller vite) en diagonale à D qui effectue un appel (vitesse) dans
la porte. D contrôle et frappe en 2 touches. Compétition entre les
bleus et les rouges. Le premier qui cadre a 1 point. Si but = 2 points.
Chaque joueur travaillera sur les 3 postes. Au bout de 10 minutes
(manche aller), on change le sens du circuit (B passe du droit).■
Schémas réalisés avec le logiciel Pro Training 3D
8
Vestiaires
IL A DIT
"Pas d'âge pour entraîner"
ndré VILLAS-BOAS (entraîneur de Tottenham) : "Peu
importe l'âge de l'entraîneur,
l'important est que le joueur ait
l'impression qu'il peut apprendre quelque chose de son coach.
Si celui-ci développe des idées
auxquelles les joueurs adhèrent
et, surtout, si ses idées réussissent, alors c'est facile. Tous les
joueurs veulent apprendre, progresser. Si vous y parvenez, alors
vous gagnez leur respect". ■
A
Le PSG recrute
18 recruteurs !
A
lors que l'horizon s'est obscurci pour les
j e u n e s p e n s i o n n a i r e s d u Pa r i s S a i n t Germain, qui n'ont aujourd'hui en point de
mire qu'une constellation de stars achetées
à prix d'or, le club n'a pas pour autant tiré
un trait sur sa formation, bien au contraire
! Après avoir mis en place de nouveaux partenariats avec des clubs franciliens, le PSG a
recruté cet été pas moins de 18 recruteurs
sur le territoire ! Leur mission : sillonner la
France à la recherche de LA perle rare. ■
Pierre Mankowski tiendra une
conférence à Montréal
U
ne étude récente,
signée Alexandre
Hidalgo (préparateur physique à Arles-Avignon),
tend à démontrer que l'entraînement de type crossfit (musculation dynamique utilisant uniquement le poids du corps)
donne de meilleurs gains
à court terme en termes de
vitesse et de détente, qu'un travail de musculation traditionnelle en salle
avec charges (plus coûteux qui plus est pour l'organisme).
Pour en savoir plus : alexandre-hidalgo@hotmail.com ■
www.vestiaires-magazine.com
LE SAVIEZ-VOUS ?
uAprès Rennes en 2011 puis Sochaux en 2012,
c'est Lyon qui, en 2013 (saison 2012-2013), a terminé en tête du classement des meilleurs centres
de formation établi par la DTN. L'OL devance
Sochaux, Montpellier, Auxerre et Monaco. Rennes
a rétrogradé de la 2e à la 6e place.
uDébut novembre, pas moins de 27 acteurs du
football féminin allemand, anglais, suédois, néerlandais, norvégien, danois et français se sont réunis au siège de la Fédération Française de Football
afin d'échanger leurs expériences, dresser un état
des lieux, et définir les enjeux de demain.
uDans le cadre de sa formation au DEPF, Vincent
Hognon (entraîneur adjoint à l'AS NancyLorraine) a passé une semaine à l'AS Roma.
uMarama Vahirua, l'ancien attaquant de Nantes,
Nice et Lorient notamment, a été nommé
Directeur Technique National de la Fédération
Tahitienne de Football.
uL'ancien entraîneur emblématique du Bayern
Munich, Ottmar Hitzfeld, qui avait fait l'objet
d'un bel entretien dans VESTIAIRES, il y a trois
ans, mettra un terme à sa fonction de sélectionneur de la Suisse après le Mondial 2014.
uLe magazine Sport et Vie publie ce mois-ci un
large dossier sur la place de la préparation mentale dans le sport et notamment le football.
uMarco Simone a remplacé Laurent Roussey à la
tête de Lausanne Sports (D1 suisse). L'ancien coach
de Monaco est sur le point de passer ses premiers
diplômes d'entraîneur.
uUn module gardien de but et un module futsal
verront le jour d'ici un an dans la nouvelle architecture des diplômes mise en place par la Direction
Technique Nationale.
uLe nombre moyen de dribbles par match ne cesse
de diminuer dans les grandes compétitions internationales depuis 20 ans. Une tendance que l'on
retrouve dans les équipes de jeunes en formation,
où les "purs dribbleurs" se font de plus en plus
rares…
uLe magazine VESTIAIRES publiera au cours du
premier trimestre 2014 un ouvrage référence sur
l'entraînement toutes catégories du gardien de
but.
Suite page suivante 
9
∫ Actualités ª
QUESTIONS A…
""Ce n'était qu'un match de foot, mais…"
Julien ROZEC. Malgré l'élimination (1-2), l'entraîneur de Quimper Kerfeunteun FC (DSR) se
souviendra longtemps de son 6e tour de Coupe de France disputé face à Auray dans le cadre de
l'opération "Match de rêve" organisée par la FFF (voir ci-contre).
Comment avez-vous vécu cette aventure sur le plan humain ? Elle a permis
de créer des liens entre tous les joueurs et bénévoles du club.Tout le monde s'est regroupé et
mobilisé autour de cet événement. Chacun a
pu voir qu'on travaillait bien en senior où les
jeunes ont leur place. Je suis convaincu que ce
match va nous faire franchir un cap, et pas seulement d'un point de vue sportif.
psychologique, que technique ou tactique. On
l'a vu sur le terrain. Les joueurs sont allés au
bout d'eux-mêmes. C'est pour cette raison que
je suis déçu pour eux. Les trois quarts ont fini
avec des crampes. Ils se sont dépassés, surpassés.
Dommage que le résultat ne soit pas au bout…
Et maintenant, comment allez-vous
gérer la suite ? Il va falloir dans un premier
temps se relever d'une telle aventure, qui a
Comment avez-vous préparé votre
généré beaucoup d'émotions. Et ça, ce n'est
semaine d'entraînement avant cette
jamais facile. Les joueurs vont devoir digérer en
affiche ? Très franchement, à part un ou deux
espérant que cela nous soit utile pour la suite et
"Se relever d'une aventure qui a généré
détails, on n'a pas changé grand chose. Cela ne
notamment en championnat cette saison. Mais
chez nous beaucoup d'émotions"
servait à rien de tout chambouler. En dehors du
la vie ne s'arrête pas. Encore une fois, cela n'était
prestige que confère une telle opération, ça reste un match de foot. Seul qu'un match de foot, un plaisir et un loisir avant tout. J'ai une équipe
l'environnement était différent.
jeune et j'espère qu'ils vivront encore des matches comme ça. Et pour y
parvenir, il faudra aller encore plus loin dans la compétition la saison
Et au niveau du plan de jeu, y avait-il des particularités ? prochaine !
Vous savez, dans ces moments-là, on insiste davantage sur l'aspect humain,
■ Propos recueillis par Eric Hernandez
Les primes de présence à l'entraînement ?
POUR
Dominique Dresco, titulaire
du DEF et entraîneur à Mornant
(69)
"J
'y suis favorable, mais seulement si cette prime
est liée à la prime de match, laquelle vise alors à
valoriser non seulement la performance, mais aussi la présence à l'entraînement. Je m'explique : si la prime de match est de 60 euros en cas
de victoire, et qu'il y a deux séances hebdomadaires, le joueur qui en
rate une ne percevra par exemple que 40 euros (20 euros s'il rate les deux
et qu'il joue quand-même le match). Après, dans tous les cas, y compris
si l'équipe perd le week-end, on peut toujours rembourser des frais
de déplacement pour les joueurs qui viennent à l'entraînement, à
condition que le club en ait les moyens… Toujours est-il que le système
de prime mutualisée entre les entraînements et le match me semble être
un système équitable et juste, qui permet à tout le monde de s'y retrouver. Et d'assurer plus de présence à l'entraînement, ce qui est le but
recherché". ■
10
CONTRE
Ali Helal, Conseiller Technique
Départemental du district Flandre
(59)
"L
e fait de donner des primes de présence à l'entraînement me fait penser à cette ville qui, pour
inciter les enfants à lire, donne un euro à chaque garçon ou fille qui vient
emprunter un livre à la bibliothèque ! En arriver, dans le foot amateur, à payer les joueurs pour les inciter à venir s’entraîner relève pour
moi de la même incohérence. Alors certes, la mesure peut être parfois
jumelée avec les primes de matches, mais le joueur vénal, lui, interprète cela comme une prime à l’entraînement. Et c’est précisément
cela qui est malsain : "Il faut me payer pour que je vienne m’entraîner afin d’améliorer mes performances et celles de l’équipe". Cela est
encore plus gênant si le club utilise les cotisations versées par les enfants
de l’école de football pour payer ce type de joueur ! L’avenir du football
amateur serait préoccupant si des valeurs telle que l’éthique devenait
à ce point désuète. ■
Vestiaires
Publireportage
C'était vraiment
un "Match de rêve" !
Réalisé dans les conditions du direct. Le FC Auray s'est imposé fin octobre face au club
hôte, le Quimper KFC, dans le cadre de la seconde édition de l'opération "Match de rêve"
organisée par la FFF et comptant pour le 6e tour de la Coupe de France. Retour sur une
manifestation ayant rencontré, cette année encore, un franc succès.
our la deuxième année consécutive, la Fédération une rencontre amateur en une affiche de phase finale de
Française de Football a permis à un "petit" club Coupe de France ! L'occasion de valoriser l'esprit de la
amateur de vivre un véritable "match de rêve" grâce "Vieille Dame" en mettant en avant les "petits" clubs dès
à l'opération nationale qui porte le même nom. C'était le les tours régionaux.
26 octobre dernier pour le compte du 6e tour de la Coupe Après l'Etoile Sportive Labeuvrière en 2012, le Quimper KFC
de France. Devant près de 3000 spectateurs, les joueurs du fut l'heureux élu cette année grâce aux quelque 10 000
FC Auray se sont imposés 1-2 au Stade du
suffrages récoltés sur la page FacebookPlus de 10 000 votes
Pavillon de Penvillers face au Quimper
Coupe de France où les fans étaient
récoltés sur la page
Kerfeuteun FC. Deux écuries engagées en
invités à voter pour leur club préféré.
Facebook-Coupe de
Division Supérieur Elite (DSE) et qui ont
L'écurie bretonne a devancé de plus de
France
vécu ce jour-là une affiche à nulle autre
2000 voix le CS Sedan Ardennes,
pareil ! Et pour cause, la rencontre s'est déroulée dans des s'octroyant ainsi le droit, l'espace d'une journée, de jouer
conditions dignes de la finale de Coupe de France, avec son comme des pros ! Et même si la victoire ne fut pas au bout,
protocole habituel et de multiples animations (présence de nul doute que la petite ville du Finistère n'est pas prête
la coupe, habillage du stade aux couleurs de l'épreuve et d'oublier ce match de rêve…
de ses partenaires, kit supporters…) ! Le match, retransmis
en direct (fff.fr, francetvsport.fr) et commenté par Emmanuel
Petit, Claude Eymard et Steve Savidan, avec conférence de
presse de veille de match, interviews à la mi-temps et au
coup de sifflet final, a tenu une nouvelle fois toutes ses
promesses. Et permis aux 22 acteurs de vivre une journée
inoubliable.
Un événement rendu possible par l'opération "Match de
rêve" organisée par la FFF et qui vise donc à transformer
P
∫ en DIRECT DE LA DTN ª
Une équipe = un éducateur,
■ Par François BLAQUART
Directeur Technique National.
Premier bilan et perspective. La nouvelle architecture
des diplômes mise en place l'année dernière va incontestablement dans le sens d'une augmentation de la compétence des
éducateurs, comme en atteste les premières statistiques recueillies pour la saison 2012-2013. L'occasion de faire un point avec le
DTN, François Blaquart, sur l'avancée d'un projet d'envergure qui
devrait atteindre sa vitesse de croisière à l'horizon 2014-2015
uPlus 125% de candidats
aux formations de base en 20122013
Les premiers chiffres recueillis sur la saison 2012-2013 vont au-delà de ce qu'on
avait imaginé (voir par ailleurs). L'objectif
à moyen terme que nous nous étions fixé
était de 25 000 candidats. Or, nous l'avons
déjà atteint, plus vite que prévu, et alors
même que tout n'est pas encore acté. Il
manque par ailleurs le CFF4 et certains
modules ne verront le jour que dans un ou
deux ans (U7, futsal, gardiens de but). Cette
première tendance montre que notre nouvelle approche de la formation plaît bien.
Ces chiffres nous permettent aujourd'hui
d'espérer aller vers l'objectif réel de cette
réforme qui est de faire en sorte que chaque
équipe de football en France, quelle que
soit la catégorie, soit encadrée par
quelqu'un d'initié, c'est-à-dire un éducateur ayant suivi un module de formation
de 16 heures.
uDes formations de proximité,
plus accessibles
Le succès de cette nouvelle approche de
la formation tient incontestablement dans
son caractère de proximité et d'accessibilité. De ce point de vue-là, nous avons
répondu à une véritable attente. Cela permet aujourd'hui à des per sonnes qui
n'avaient pas forcément la volonté, le courage ou la possibilité de s'investir sur un
Initiateur 1, par exemple, lequel leur paraissait trop contraignant en terme de temps et
d'exigence, de venir passer un module de
16 heures, sans examen, et en lien avec leur
catégorie. On leur apporte ainsi de la compétence, c'est ce qui nous intéresse. En
12
plus, l'idée est d'organiser ces modules en
club. Les dirigeants peuvent donc inciter
plus facilement leurs éducateurs à venir y
assister.
uOn vient autant pour être
certifié que pour être formé
Sur les diplômes, les pré requis sont effectivement plus précis aujourd'hui. L'idée est
de dire aux candidats : "On est vigilant
lorsque vous vous engagez en formation
quant à votre niveau de jeu ou d'expérience, par contre, on fera tout ensuite pour
vous amener au bout". C'est un vrai changement ! Auparavant, les éducateurs ne préparaient qu'une certification, ce qui dénaturait complètement l'enseignement, avec
un impact non négligeable sur les compor-
tements. La nouvelle approche modifie
complètement le climat d'apprentissage. Il
y a moins la pression de l'examen. La certification n'est que la conclusion de la formation, laquelle ne devient plus un mauvais moment à passer. On vient plus pour
être certifié, mais pour être formé.
uSusciter des vocations
La plus grande proximité, la meilleure
accessibilité et l'optimisation du climat
d'apprentissage en formation participent à
appâter en quelque sorte les candidats
potentiels. C'est aussi une manière de les
intéresser, de les motiver. Comme je l'ai dit
- et les chiffres nous le confirment déjà certains vont suivre un module de formation alors qu'ils n'auraient pas souhaité
Nombre de candidats aux diplômes de base
en 2011-2012 et 2012-2013
Initiateur 1
CFF1
TOTAL
2011-2012
6290
99
6389
2012-2013
699
12 644
13 343
Initiateur 2
CFF2
TOTAL
2011-2012
2623
48
2671
2012-2013
272
6560
6832
Animateur Senior
CFF3
TOTAL
2011-2012
2091
31
2122
2012-2013
239
4781
5020
+ 109%
+ 156%
+ 137%
Précision : certaines ligues et districts (une minorité) ont mis en place le système de modules de
formation dès la saison 2011-2012, ce qui explique l'apparition sur ces tableaux de candidats
CFF1, 2 et 3 sur ladite saison. En revanche, certaines ligues et districts (là encore une minorité)
n'ont pas mis en place ce système de formation modulaire avant janvier 2013, ce qui explique
aussi la présence de candidats aux Initiateurs 1, 2 et Animateur Senior sur la saison 2012-2013.
Vestiaires
c'est pour demain !
qu'est le joueur et de ce qu'il a
envie de faire
Aujourd'hui, des accès aux différents
diplômes sont facilités en fonction du
"pedigree" du candidat. Par exemple, le bon
joueur de CFA et à fortiori le footballeur
professionnel va pouvoir entrer directement sur un BEF. Auparavant, nous étions
plutôt sur une démarche unique.
Désormais, on offre à chacun des moyens
de se former en tenant compte de ce qu'il
est et ce qu'il a envie de faire. C'est un plus
indéniable. Imaginez qu'un bon joueur de
21 ans, par exemple, en panne de diplôme,
va pouvoir passer en une année une formation professionnelle de niveau 4 voire de
niveau 3 ! C'est une véritable opportunité.
uUne réforme en profondeur
La richesse de cette démarche a été de se
servir de la nouvelle architecture des
diplômes pour revisiter la méthode d'entraînement et d'accompagnement des
athlètes. Ce qui nous a conduit inévitablement à mener une vraie réflexion sur la
méthode d'enseignement et donc la formation des cadres. Cette méthode repose
sur quatre axes qui confèrent un sens complet de ce que l'on souhaite de notre football dans les prochaines années : priorisation par le jeu ; connaissance du joueur
avec prise en compte du contexte sociétal et de l'évolution des publics ; définition
d'une nouvelle approche méthodologique
pour la conceptualisation de l'entraînement et les pédagogies utilisées ; et optimisation des climats d'apprentissage, de
progrès et de compétition. Aujourd'hui,
l'idée de cette réforme est admise par tous.
Elle est d'ailleurs présente dans le projet
fédéral. Mais elle ne sera efficace que si l'on
va jusqu'au bout de la démarche. Et l'on
compte bien y parvenir !
uLa différence entre BMF
www.vestiaires-magazine.com
Cette réforme est ambitieuse, passionnante, et relativement difficile à mettre en
place. On n'accouche pas comme ça d'un
projet d'une telle envergure ! Aujourd'hui,
les retours que l'on a nous montrent que
nous sommes plutôt dans la bonne direction. L'ensemble de nos cadres techniques
affichent leur enthousiasme, alors que ce
n'était pas une évidence au départ… Il y
avait naturellement quelques freins au
changement. Toujours est-il que nous ne
considérons pas à ce jour ce projet comme
définitivement abouti. Dans les mois et les
a n n é e s à v e n i r, i l y a u r a s a n s d o u t e
quelques réglages à faire. D'ailleurs, pour
accompagner au mieux cette réforme,
nous avons mis en place une cellule de
veille. Mais, comme pour les chiffres, les
p re m i e r s re t o u r s s o n t t r è s p o s i t i f s .
L'aboutissement du projet est donc sur la
bonne voie, et l'objectif que chaque joueur
puisse être encadré par une personne initiée apparaît enfin à portée de main. De
toute façon, si demain nous souhaitons
l'imposer sur les feuilles de match, il faudra
parvenir impérativement à cet objectif de
: "une équipe = un éducateur". Le module
au niveau local, la certification au niveau
régional, et les diplômes professionnels
au niveau national. ■
BEPF
et BEF
Le BMF est un diplôme construit
sur des modules très basiques. Il est
axé sur l'apprentissa ge d'une
méthode. Le BEF, lui, est d'un niveau
supérieur dans le sens où il vise à
rendre un éducateur complètement autonome dans la conceptualisation de l'entraînement et l'organisation du club. Le détenteur du
BEF doit avoir une parfaite maîtrise
de la pédagogie et de la méthodologie. Le BEF est à la fois l'entraîneur
de niveau régional, national jeunes,
et aussi le directeur technique de
club amateur. Bref, si le BMF et le
BEF se ressemblent un peu en
uUn projet ambitieux
Certificats de spécialité :
BEFF
FORMATION
PROFESSIONNELLE
uFormer en tenant compte de ce
terme de listing de compétences, nous
sommes sur des compétences basiques
d'un côté, et une expertise que l'on s'approprie de l'autre.
Cadre Technique
DES
Préparation Physique
Gardien de But
BEF
Futsal
BMF
Santé Sécurité - Arbitrage
Brevets fédéraux
U9
U11
U13
Projets "Club"
U15
U19
SEN.
Spécialités
FORMATION DE
PROXIMITÉ
passer un Initiateur dans le cadre de l'ancienne architecture des diplômes. C'est
déjà une réussite. Et c'est aussi la possibilité
de voir certains se prendre au jeu et vouloir aller encore plus loin ! Une manière en
quelque sorte de susciter des vocations.
Le fait d'accéder au premier diplôme professionnel (BMF) par capitalisation d'unités
peut nous ramener des publics de trentenaires ou quadragénaires confirmés qu'on
n'aurait pas eu si on leur avait imposé,
comme avant, six semaines de stage dans
l'année.
13
∫ CÔTÉ SCIENCE ª
La représentation mentale
Concentration. Le taux
d’échec constaté dans la
réalisation du coup-franc direct
(et corner) chez les amateurs,
comme au haut niveau du
reste, nous questionne sur
l’optimisation des critères de
réalisation dans cet exercice.
Alors que le footballeur confond
souvent vitesse et précipitation,
arrêtons-nous sur le travail de
préparation mentale qui peut
être mis en place pour utiliser
au mieux les 20 secondes qui
précèdent la frappe.
e coup de pied arrêté, l’arme fatale du
football moderne ! Au plus haut niveau,
on estime à près de 30% le taux de buts
inscrits sur CPA. En professionnel comme
en amateur, quand les organisations collectives réduisent les espaces au sol, c’est bien
dans les airs et sur des phases arrêtées qu’il
faut aller chercher la différence. Logique
donc de vouloir améliorer son efficacité
dans un exercice de plus en plus décisif.
Intéressons-nous ici à la concentration et
au travail de préparation mentale du tireur
de coup-franc direct. Lorsqu’on prononce le
mot "coup-franc", on se souvient naturellement de Juninho, référence en la matière.
L
On pense à cette façon si particulière de
frapper le ballon (sans mettre d’effet, pour
que la balle flotte sur la fin de sa trajectoire),
à ce talent sans cesse optimisé par un travail assidu à l’entraînement, et à cette
confiance grandissante au fil du temps (44
buts sur coup-franc avec l’OL de 2001 à
2009 !). Mais il est également intéressant
d’observer le rituel du Brésilien avant la
frappe. Ce dernier parvient à se mettre dans
sa bulle, visage concentré et regards précis,
à la façon d'un botteur au rugby. Ces 15 à 20
secondes qui précèdent le tir sont détermi-
nantes.Tout se joue sur la capacité du joueur
à intégrer les informations utiles à son choix
de frappe, sur son aptitude à visualiser la trajectoire décidée,et sur sa facilité à faire appel
à une référence positive précédemment réalisée et mémorisée. Un travail où la préparation, la concentration et le ressenti de l’individu jouent donc un rôle majeur. Pour une
efficacité optimisée.Alors pourquoi si peu
de footballeurs y ont recours ? Est-ce vraiment utile ? Et comment le mettre en place ?
Des éléments de réponse avec nos experts.
■ Valentin Deudon
"Imaginer la réussite du geste et le mémoriser
Experte. Maître de conférences, alliant
l’enseignement et la recherche à l’UFR STAPS
de Caen, Corinne MOLINARO a mené des
études dans différents sports, notamment le tir
au pistolet, le tir à l’arc, le volley-ball, le golf...
Elle nous détaille les données scientifiques qui
expliquent l’efficacité du travail de
représentation et de préparation mentale pour les sportifs.
Que sait-on aujourd’hui sur les mécanismes de la concentration au niveau du cerveau ? Nous disposons depuis une trentaine d’années
d’une information essentielle ! Lorsqu’on imagine un mouvement en se concen-
14
trant dessus, on va mettre en jeu au niveau du cerveau, au moins au départ,
les mêmes processus moteurs que lorsqu’on effectue réellement ce mouvement. Donc le cerveau interprète de la même manière un mouvement, qu’il
soit imaginé ou réel.
Comment a-t-on découvert ce phénomène ? Des analogies ont été
observées sur différentes mesures. Grâce à un outil proche du scanner, et à
l’aide de substances traçantes, on a pu se rendre compte que les régions du
cerveau qui élaborent le programme moteur sont activées dans les deux cas. Cela
a été confirmé ensuite grâce à des indicateurs périphériques comme la fréquence cardiaque, la fréquence respiratoire, l’irrigation sanguine cutanée et des
données électrodermales.
Mais nos muscles sont-ils sollicités rien qu’en imaginant un
Vestiaires
au service du tireur?
Un protocole d’entraînement
Ancien joueur professionnel, ex-recruteur au Stade Rennais et actuel entraîneur du FC Chartres en CFA2, Pascal GROSBOIS est
spécialisé dans le travail de préparation sur coup de pied arrêté. Il travaille actuellement avec deux joueurs de Ligue 1. "L’idée, c’est de
pouvoir aider le joueur à se construire une routine personnalisée durant les 20 secondes dont il dispose avant la frappe, en respectant une
chronologie".Voici donc un exemple de protocole d’entraînement qui donne une idée plus précise du travail à accomplir.
"Mais le temps passé, les axes de travail et certains détails dépendent beaucoup du joueur, de son ressenti", précise l'intéressé.
1/ LA PRISE D’INFORMATION
Il s’agit dans un premier temps d’analyser les spécificités d’une situation donnée dans le but de prendre la
meilleure décision. "C’est un moment d’analyse de la
situation et de l’environnement. La position du ballon
par rapport au but, les conditions météo, la position
du mur, le placement du gardien et éventuellement
son côté faible… Ces informations vont permettre au
tireur de choisir sa trajectoire et la surface de pied à
utiliser. Il ne devra plus revenir sur son choix par la suite".
2/ LA VISUALISATION
Lorsque la décision est arrêtée, il est important de prendre quelques
secondes pour visualiser et imaginer la trajectoire décidée pour sa
frappe. "Le joueur va se représenter dans son esprit la trajectoire du ballon jusqu’à ce qu’il rentre dans le but. Il va aussi se fixer un point de trajectoire intermédiaire qui va correspondre au franchissement du mur.
La précision avec laquelle il va visualiser les points de départ, intermédiaire et final permet au cerveau d’enregistrer les distances et de
gagner en efficacité".
3/ LE RELACHEMENT
C’est un moment durant lequel le joueur va utiliser ses propres ressorts pour s’installer dans une zone de confiance. "Le but est de donner
des certitudes au joueur. Ca demande un travail préalable important,
basé sur le ressenti, les émotions. Il s’agit d’ancrer dans
son esprit une image de réussite, un geste moteur réussi
en séance et mémorisé grâce à la visualisation. Pour
être efficace, cette mémorisation doit s’accompagner
des sensations perçues à ce moment-là, un bruit, la chaleur, le vent… Après, je lui conseille d’associer cette
référence positive à un mot clé qui fera office de déclencheur une fois en situation. En faisant appel à sa référence, le tireur va se retrouver dans une zone de confort
qui va lui donner confiance et lui permettre de faire abstraction d’éléments perturbants. C’est un gros travail en amont qui permet de rendre le processus rapide et automatique".
4/ LA REALISATION MOTRICE
C’est le moment de vérité, l’exécution de la frappe. "Juste avant la
frappe, il est important de focaliser son regard sur le ballon, plus précisément sur le point d’impact où l’on souhaite le frapper. Pour que tout
ce travail de préparation devienne naturel, on va entraîner le joueur à
se fabriquer mentalement un clip personnel qui correspond aux 20
secondes avant le tir. Ce clip va contenir le plus de détails possibles, va
reproduire des sensations précises. Une partie de l’entraînement va
consister à ce que le joueur se passe mentalement ce clip de manière à
rendre le processus de plus en plus naturel. En général, en dix séances,
le garçon aura déjà fait des progrès et deviendra autonome, il aura alors
les outils pour répéter et progresser seul".
participe à sa réussite motrice"
mouvement de notre corps ? Oui, on parle d’activité subliminale. Grâce
à un électromyogramme, qui permet d’enregistrer l’activité électrique des
muscles, on a décelé un signal très faible, à peine détectable, mais qui existe, au
niveau des muscles mis en jeu. C’est une amorce, comme si le cerveau avait
programmé le mouvement à produire et qu’il commençait à commander nos
muscles, mais très faiblement.
Le cerveau mémorise-t-il également de la même manière un
mouvement, qu’il soit réel ou imagé ? Oui, car la représentation
mentale, c'est-à-dire la visualisation par la pensée d’une situation, fait appel
entre autres au système limbique, qui est le siège de la mémoire et des émotions.
Ces informations ont eu des conséquences importantes sur
l’entraînement des sportifs… Effectivement, puisqu’on a pu dès lors
www.vestiaires-magazine.com
s’entraîner à la réalisation d’un geste sportif en associant la représentation mentale du geste à son exécution motrice. Imaginer la réussite du geste et le mémoriser va participer à sa réussite motrice.
Comment fonctionne ce processus ? Toutes les études ont prouvé
que c’est l’association de l’entrainement moteur et de la représentation mentale qui est le plus efficace. En quelque sorte, si on réussit un geste moteur
parfait, on peut travailler à le mémoriser pour plus tard faire mentalement
appel à ce souvenir, afin de réussir à nouveau le geste juste. Au niveau du cerveau, le système limbique construit une référence de la situation et y intègre les
aspects émotionnels. Il est donc très important d’ajouter à la représentation
mentale le maximum de détails et d’impressions qui font appel à nos sens et que
l’on retrouve lorsque l’on est réellement en situation.
15
∫ DECRYPTAGE ª
La taille "utile" des effectifs
Etude. Alors que l’immense majorité des clubs européens de
Jürgen Klopp
haut niveau table sur un groupe de 25 joueurs, une étude
commandée par la DTN questionne sur le nombre le plus
approprié, le profil et le statut des joueurs au sein de l’effectif.
Cette étude, que VESTIAIRES s'est procuré, ne manque pas de nous
donner une nouvelle lecture de ce qu'est ou doit être la taille
"utile" d'un effectif professionnel. Explications.
’excellence des résultats du Borussia
Dortmund depuis quelques années interroge sur le savoir-faire du club allemand.
Mais au-delà des considérations technico-tactiques, un chiffre interpelle : 12. C'est quasiment le nombre de joueurs que les Borussen
ont utilisé au cours de la saison 2010-2011,
année où ils furent champions de Bundesliga !
Quasiment, car entre le 12e et le 13e joueur
utilisé, l'écart est de 12 titularisations (voir par
ailleurs).Au cours des deux saisons suivantes
(2011-2012 puis 2012-2013),les chiffres furent
quelque peu semblables. Avec toujours le
même succès au rendez-vous (champion en
2012, 2e et finaliste de la C1 en 2013).Autant
dire que les jaunes et noirs accumulent les
titres et les honneurs en utilisant un nombre
très restreint de joueurs. Une stratégie qui diffère de la grande majorité d’autres grandes
écuries pour lesquelles la performance passe
par le nombre voire l’empilement de joueurs.
L
Un état de fait qui ne laisse pas indifférent et
remet au goût du jour une étude commandée
par la DTN, il y a deux ans. Ludovic Debru, responsable administratif de la FFF et rapporteur
de l’étude explique : "Initialement, l’étude
visait à démontrer que la politique de formation était toujours une alternative viable au football business". De fait, la commande
a débouché sur d’autres constats concernant
la totalité des clubs professionnels des 5 grands
championnats européens.
>Une aberration économique
"D'abord, on constate des écarts très significatifs entre les joueurs ayant participé à au
moins 10 matchs et les autres (indicateur
modulé en fonction du nombre d’équipes
dans le championnat, ndlr). Cette cassure
s’apparente à ce que nous qualifions de taille
utile de l’effectif. Par utile, il faut comprendre effectif utilisé pour tenir les principaux
objectifs… Pour certains clubs et sur certaines saisons, la limite intervient au 12ème
joueur (Dortmund, Ndlr). Pour d’autres, elle
apparait à partir du 21ème ! On peut dire
toutefois qu'en moyenne, la taille utile de
l’effectif pro au niveau européen se situe aux
alentours de 16 joueurs". Quest-ce que
cela’implique au juste ? Ludovic Debru poursuit : "Sur un groupe de 25 joueurs, une proportion importante débute très peu de rencontres ou ne participe qu'à des bouts de
match. C’est une aberration économique. Il
Borussia Dortmund : une vie en dehors de l’équipe type ?
Comme signalé par ailleurs, le cas du Borussia Dortmund interpelle tout
particulièrement. Saisons après saisons, le parti pris de Jürgen Klopp et de son
staff est de s’appuyer sur un nombre très restreint de joueurs pour disputer les
grandes compétitions. Les autres membres de l’effectif devant se contenter de
la Coupe d’Allemagne et autres accessits. Cette logique est illustrée par le
décryptage de la saison 2010-2011. L’étude menée à ce sujet démontre
en effet que le club de la Ruhr a remporté le championnat en s’appuyant essentiellement sur 12 joueurs (voir tableau ci-contre) ! Ou
plus précisément que 12 joueurs seulement ont été titularisés à au
moins 10 reprises en championnat (seulement 13 joueurs ont participé à 10 matches ou plus). Record européen à battre !La saison 20112012 a été sensiblement plus ouverte à l'effectif puisque 17 joueurs ont
disputé au moins 10 matches. Si les remplaçants ont pu s'exprimer
plus que la saison précédente, l'équipe type, elle, n'a que très peu évolué dans la saison puisque 13 joueurs seulement ont été titulariés à
l'entame d'au moins 10 rencontres... Lors de la saison 2012-2013, le
Borussia ne termine "qu’à" la 2e place de sa compétition nationale… Une
fois encore, seuls 15 joueurs ont participé à l'équivalent temps de jeu
de10 rencontres de Bundesliga. A savoir les 12 joueurs mentionnés
16
page de droite (en grisé) auxquels il faut ajouter Mario Götze, Lettner et
Santana partis depuis sous d'autres cieux. Peut-on s’attendre à de grands
changements pour cette saison ? Pas sûr… A ce jour, l’effectif du Borussia
dénombre 28 joueurs (dont 8 formés au club). Après 9 journées (au
21/10/2003),14 joueurs s'étaient partagés l’immense majorité du temps de jeu.
Vestiaires
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et compétitions couvertes pour l’analyse des matchs, l’étude
des adversaires et l’aide au recrutement des clubs professionnels.
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professionnels
"La formation française à de belles heures à venir devant elle…"
Guy LACOMBE. Tour à tour, formateur et directeur de centre de formation (AS Cannes),
entraîneur des clubs français les plus renommés (PSG, Monaco, Rennes….) et néo membre de la
DTN, Guy Lacombe est le témoin privilégié d’une certaine évolution du football. Nous l’avons sollicité
afin qu’il nous fasse part de son éclairage sur l'étude dont il est question ici.
La taille utile de l’effectif ? "Attention à ne pas se tromper
sur les conclusions de l’étude. Même si tous les joueurs n'ont effectivement pas le même temps de jeu, il n’empêche que la décision se fait très
souvent avec ceux qui jouent moins mais qui, sur un match, une entrée
en jeu, permettent de l’emporter. Pour peu que vous remportiez le
championnat ou que vous vous sauviez à un point près, vous réalisez
alors l’intérêt de pouvoir tabler sur un effectif large…".
Quelle stratégie d’utilisation de l’effectif ? "Le paradoxe est que, bien souvent, les meilleurs résultats sont le fruit d’effectifs restreints dégageant une équipe type… En France, où les joueurs
sont plus individualistes, ce type de gestion semble moins naturel
qu’en Allemagne, par exemple, où la culture du collectif est plus présente".
Quel effectif pour quel club ? "Le nombre et surtout le
profil des joueurs composant l’effectif est fonction du club, de son sta-
nous parait qu’à partir du 17ème jusqu’au
25ème, soit la frange dite de complément, il
reste de la place pour les jeunes du centre…".
>Pas de corrélation entre le
nombre de joueurs utilisés et un
objectif de compétition.
Deuxième constat : "Il n’y a pas de corrélation entre le nombre de joueurs utilisés et
un objectif de compétition.L’utilisation d’un
groupe de joueurs n’est pas liée à la performance. Les stratégies d’utilisation de l’effectif ne préfigurent en rien la réussite ou l’échec
de la saison". A cet égard, il est fort à parier
que la prochaine (probable ?) mise en place
du "fair-play financier" redistribuera les cartes
et que les clubs se pencheront avec une attention plus soutenue encore sur l’optimisation
des ressources internes du club. Dont le capital Joueur. Si tel est le cas, les décideurs techniques et institutionnels ne manqueront pas de
se replonger sur les résultats d’une étude dont
on n’a, peut-être, pas fini d’entendre parler.
■ Olivier Goutard
www.vestiaires-magazine.com
Nom
tut et de son histoire. Il me semble naturel qu’un club devant tenir des
objectifs élevés comme le PSG, par exemple, compte 23 internationaux
sur un effectif de 25 joueurs … Un club nourrissant des ambitions plus
modestes tablera peut-être sur 15 joueurs confirmés et veillera à intégrer
les éléments les plus prometteurs de son centre de formation. Les clubs
disposant de faibles budgets ou en cours de reconstruction feront plus
souvent appel à des joueurs ayant quelque chose à prouver et aux jeunes
du centre. Ici, c’est souvent le contexte économique qui dicte les éléments avec lesquels les techniciens vont composer".
L’évolution probable, les tendances à venir dans
le football français ? Il me parait qu’à quelques rares exceptions, les clubs vont devoir s’appuyer de plus en plus fréquemment sur
les éléments issus de leurs centres de formation. Certains prétendent que
l’on s’achemine vers un football d’élite à deux, voire trois vitesses.
Personnellement, je me réjouis en pensant que la formation française à
de belles heures à venir devant elle…
Poste
Match Bundesliga
2012-2013
Gardien
31
R.WEIDENFELLER
Gardien
3
M.LANGERAK
Def
4
O.KIRCH
Def
25
N.SUBOTIC
Def
28
M.HUMMELS
Def
Werder Breme
S.PAPASTHOPOULOS
Def
29
L.PISCZEK
Def
29
M.SCHMELZER
Def
Equipe réserve
E.DURN
Mdt
21
S.KEHL
Mdt
Shaktar Donetsk
H.MKHITARYAN
Mdt
Equipe réserve
M.DUCKSCH
Mdt
27
J.BLAZCZYKOWSKI
Mdt
29
K.GROSSKREUTZ
Mdt
28
I. GUNDOGAN
Mdt
19
S.BENDER
Mdt
32
M.REUS
Mdt
3
J.HOFMANN
Mdt
15 (arrivée cours de sais.)
N.SAHIN
Att
31
R.LEWANDOWSKY
Att
22
J.SCHIEBER
Att
St Etienne
P.E AUBAMEYANG
Mtch Bdlg 2013-2014
Nb
à la 9ème journée Titularisations
8
1
1
8
7
5
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6
5
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2
7
8
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9
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91
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720
56
660
648
146
763
743
0
639
■ saison 2012-2013, joueurs (14) ayant disputé au moins 10 matchs de bundesliga (manque Mario Gotze)
■ saison 2013-2014, joueurs (14) ayant disputé au moins 1/3 du temps de jeu total en Bdlg
17
MOIS ª
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le remettre dans
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suite.
www.vestiaires-magazine.com
19
∫ l'ENTRETIEN ª
Sylvain MATRISCIANO
"Trop d'éducateurs cernent mal
les attentes de leurs joueurs"
Prise de conscience. Adjoint de Willy Sagnol en équipe de France Espoirs, Sylvain Matrisciano est
surtout reconnu dans le milieu pour son expertise dans le domaine mental et managérial. Un savoir qu'il a
développé en même temps que ses compétences de technicien depuis la fin de sa carrière sportive, il y a vingt
ans. Aujourd'hui entraîneur national à la DTN, celui qui fut cadre technique à la ligue de Franche-Comté nous
parle des enjeux et problématiques liés à la fonction d'éducateur de football. Un entretien "utile" visant à aider
les encadrants à ouvrir les yeux sur leur vocation véritable, et sur ce qu'ils doivent entreprendre,
personnellement, pour rendre leur mission plus efficace et agréable. Entretien.
VESTIAIRES : Qu'est-ce qui pousse une personne,
d'après vous, à devenir éducateur ? Quel est son
"moteur" la plupart du temps ?
contributions, et ainsi donner du sens à l'entraînement et à la mission d'encadrement.
Sylvain MATRISCIANO : Cette question, c'est avant tout aux
éducateurs de se la poser. Moi, je sais pourquoi j'ai accédé à cette
fonction, pourquoi j'ai passé mes diplômes. J'ai eu très tôt cette
volonté de m'inscrire dans l'éducatif et dans la performance, de bonifier l'autre et de prendre des responsabilités. Je crois que chaque
éducateur, avant de se lancer, doit commencer par identifier ses motivations ainsi que le degré d'investissement
qu'il est prêt à assurer.
L'éducateur ne peut pas être performant sur la durée
s'il fait l'économie, dès le départ, d'un travail d'introspection et de communication, c'est ça ?
Posons la question différemment : pensez-vous que la plupart
des éducateurs deviennent
éducateurs pour les "bonnes"
raisons ?
S. M. : Exactement. Plus les éducateurs iront en amont sur leur raison
d'être, leur fonctionnement, la connaissance de soi et celle d'autrui,
plus ils seront efficaces et épanouis dans leur activité. C'est aussi un travail de recherche. Savoir par exemple si l'on
fonctionne sur un mode auditif, visuel, kinesLe public n’est plus le même, la thésique, si l'on fait preuve d'une intellisociété a changé. Entraîner
gence plutôt inter ou intra personnelle. Sans
comme nous l'avons été serait entrer dans de grandes théories, il est facile
de se documenter sur le sujet. On peut aussi
une grave erreur pour les joueurs se faire filmer au bord du terrain pour voir
comment on se déplace, comment on
et pour l’éducateur qui ne
communique… Il peut y avoir de grosses
trouverait par son compte et
surprises !
S. M. : Je pense que oui. Par contre, je suis
convaincu qu'un certain nombre d'entre
arrêterait rapidement.
eux cernent mal leurs attentes, celles de l'activité et des joueurs. Beaucoup gagneraient
Mais dans les faits, très peu d'éduà se pencher davantage sur les souhaits personnels et mutuels.
cateurs font ce travail de recherche et d'analyse ! Et il
C'est-à-dire ?
S. M. : Qu'est-ce que j'attends de l'activité en tant qu'éducateur ?
Qu'est-ce que j'attends de mes joueurs ? Qu'est-ce qu'ils attendent de
moi ? Qu'est-ce que je suis prêt à mettre en place pour répondre à
leurs attentes ? Qu'est-ce que mes joueurs sont prêts à faire pour
satisfaire aux miennes ? Bref, clarifier les contraintes et les ressources
de façon à trouver une cohérence, un juste équilibre entre souhaits et
20
en va de même concer nant l'identification des
attentes de leurs joueurs…
S. M. : C'est une prise de conscience à avoir. Il y a un mode opératoire
que tout le monde connaît, c'est l'entraînement. Mais il y en a d'autres
comme l'entretien individuel ou la réunion collective. L'éducateur doit
savoir profiter de certains moments avec ses joueurs, hors terrain, pour
travailler sur les attentes personnelles et mutuelles. Interroger ses
troupes sur la représentation qu'ils ont de l'entraînement, de
Suite page suivante 
Vestiaires
"Plus qu'obtenir des
résultats, mesurer
des progrès est
le vrai match pour
l'éducateur."
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Suite page suivante 
21
∫ l'ENTRETIEN ª
l'effort, du jeu, de l'entraîneur, du dirigeant, du remplaçant… C'est ce
que j'appelle la préparation mentale éthique, ou gainage mental.
L'idée est de se forger des valeurs communes pour recentrer les
enjeux et avancer tous dans le même sens.
Le fait qu'un certain nombre d'éducateurs négligent
cette phase consistant à cerner d'abord leurs attentes
ainsi que celles du groupe, pour adapter ensuite leur
approche pédagogique, méthodologique, et fixer des
objectifs, est-il de nature à expliquer ce décalage souvent constaté entre l'entraîneur, qui veut gagner, et les
joueurs, qui souhaitent d'abord se faire plaisir ?
séance par semaine ! Il a commencé à mettre en place des groupes de
travail par VMA, etc… Les mecs ne touchaient jamais le ballon ! Je
n'ai peut-être pas suffisamment insisté à l'époque sur le fait que la
première des choses est de s'adapter à son public. Le maçon qui vient
à l'entraînement, il veut faire un foot. Courir, il peut y aller seul le
dimanche matin avec un cardio…
L'erreur de cet éducateur fut d'être centré uniquement sur la performance, comme beaucoup…
S. M. : Ce qui engendre inévitablement de la frustration. Il convient
alors de resituer ses priorités. Moi, éducateur U11, quel est mon objectif ? Etre champion de ma poule départementale ou champion de
l'éducatif ? Remporter le "derby" face au village voisin ou d'abord
faire en sorte que l'enfant sorte du terrain avec le sourire, la santé, et
quelques règles de vie comme la politesse, la solidarité, le respect et
le goût de l'effort ? Il ne faut pas se tromper.
S. M. : Le risque est là, en effet.Trop d'éducateurs cherchent à répondre à des attentes qui étaient peut-être les leurs, lorsqu'ils étaient
joueurs, il y a dix, vingt ou trente ans, mais qui ne sont pas ou plus
celles de leurs protégés aujourd'hui. Le public n’est plus le même, la
société a changé. Et entraîner comme nous
l'avons été serait une grave erreur pour les
Quels sont les signes, à l'entraînejoueurs et aussi pour l’éducateur qui ne trouou en match, qui montrent
"La première des choses est de ment
verait pas son compte et arrêterait rapideque l'éducateur fait fausse route ?
s'adapter à son public"
ment. Les joueurs attendent autre chose de
S. M. : On peut répondre en évoquant les
l'activité désormais. Et cette chose peut varier
signes qui permettent d'avancer que l'éduénormément d'un public à l'autre, d'une
cateur est dans le vrai : la présence des joueurs
équipe à l'autre, d'un club à l'autre… D'où la nécessité, pour le coach, aux séances, l’adhésion du groupe et des parents au projet, la gesde commencer par se poser les bonnes questions afin d'éviter de se tion des émotions lors des oppositions, la cohésion affective…
retrouver très rapidement hors sujet si je puis dire.
Avec quelles conséquences ?
S. M. : Une incompréhension réciproque, source de tension, de
conflits et de démotivation, alors même que l'éducateur a le sentiment de "faire ce qu'il faut" !
Sauf qu'il se trompe de public…
S. M. :Voilà. J'ai formé un garçon, il y a quelques années, qui a terminé
major de promotion au BE1 et qui est ensuite parti entraîner une
équipe de 2e ou 3e division de district. Il a mis en place tout le contenu
de la formation du Brevet d'Etat avec des joueurs qui faisaient une
Tout ce que vous venez de dire est une manière de
tordre le cou à l'idée trop répandue selon laquelle
l'indice de réussite et de compétence d'un éducateur
n'est représenté que par les résultats de son équipe…
S. M. : C'est juste. Ils sont nombreux à croire, parfois à raison malheureusement, qu'ils seront jugés par les joueurs, les parents et les dirigeants, uniquement sur les résultats, et pas sur la qualité du jeu produit, encore moins sur les valeurs transmises et le respect du projet
club. En cas de défaite, le regard des autres, les remarques, la déception
des joueurs sont vécus comme autant de coups de couteau à l'ego de
l'éducateur. Or, il y a des indicateurs visuels, comme des exercices et
situations référence à l'entraînement, qui permettent d'abord de mesurer une progression. Le vrai
match pour l'éducateur, il est là !
Mesurer une progression avec des
enfants n'est pas toujours aisé…
S. M. : C'est pourquoi j'invite tous les éducateurs à
choisir des situations référence à l'entraînement.
C'est le meilleur moyen de mesurer concrètement
les progrès effectués et ainsi donner du sens à ce
que l'on fait d'un point de vue technique. Pouvoir
dire à un moment donné aux enfants : "Vous voyez,
on ne parvenait pas à réaliser correctement ce jeu
en début de saison. Maintenant, on réussit à faire
des séries de cinq, six passes. Bravo". Le progrès est
déjà une première victoire pour l'éducateur.
L’épanouissement individuel dans un collectif, une
22
Vestiaires
deuxième. Rendre le joueur intelligent en terme d’adaptation, mais
aussi acteur et même auteur de ses performances en est une autre.
On parle beaucoup à l'heure actuelle de la notion de
plaisir qu'il convient d'entretenir afin d'emporter
la pleine adhésion de ses joueurs. Mais se pose-t-on la
question de savoir si l'éducateur, lui, prend du plaisir
dans des contextes pas toujours évidents à l'entraînement ?
enfants ont certes besoin d'un cadre de fonctionnement, mais l'éducateur doit leur laisser un minimum de liberté à l'intérieur de ce
cadre.
Sur le plan disciplinaire ou sur le plan de l'évolution dans le jeu ?
S. M. : Les deux. En match, par exemple, il faut réhabiliter le statut de
l'erreur. Il faut l'accepter car elle est essentielle dans la construction de l'individu. Or, certains joueurs vivent très mal la compétiS. M. :A la DTN, on se dit que le plaisir de l'éducateur est véhiculé par tion, comme certains entraîneurs du reste, car ils sont convaincus
l'épanouissement qu'induit son sentiment de compétence. Plus il qu'ils seront jugés uniquement sur le résultat. Il faut dédramatiser tout
va être formé, bien formé, mieux il pourra accompagner les gamins. ça. Le match n'est qu'un mode opératoire du cycle d'entraînement.
Et s'il accompagne correctement les gamins, en maîtrisant tous les Un outil d’apprentissage et non une finalité. C'est un point de repère
outils, notamment pédagogiques, on estime alors que ce sera un vrai dans une situation réelle avec un petit peu plus d'émotionnel parce
qu'on s'étalonne par rapport à des adverplaisir pour lui d'être éducateur. Car il sera
saires. C'est tout.
en mesure de mettre son empreinte. À l'in"Le plaisir de l'éducateur est
verse, celui qui passe la séance ou le match à
véhiculé par l'épanouissement
hurler "sors, reviens, passe, déborde,
Malheureusement, pour dédramaqu'induit son sentiment de
presse…", sans réel impact visible sur le
tiser la compétition, certains vont
groupe, aura l'impression de faire son boujusqu'à la dénaturer en prônant
compétence."
lot, mais ce n'est pas ça. Et très vite, il va le
par exemple la suppression des
ressentir au plus profond de lui. Ce qui ne manquera pas, là encore, de classements dans les tournois. Ne se trompent-ils
faire naître de la frustration.
pas de cible ? Ne feraient-ils pas mieux d'aider les
éducateurs à voir la compétition d'un autre œil ?
D'une manière générale, que traduit l'interventionnisme d'un éducateur, que ce soit à l'entraînement ou en
match ? Juste de l'incompétence ?
S. M. : Non, pas forcément. Certains pensent que c'est ce qu'il faut
faire. Ils sont persuadés que c'est ce que les enfants attendent pour
faire les efforts. Parfois, c'est aussi parce que l'éducateur a été
construit comme ça, au contact d'un entraîneur qui était très dirigiste
à l'époque. Une chose est sûre : celui qui réussit à se montrer ferme,
tout en rendant les joueurs autonomes et responsables, a gagné. Les
www.vestiaires-magazine.com
S. M. : Je suis d'accord. Ce n'est qu'un problème de regard. Moi je suis
un compétiteur, j'ai été footballeur professionnel, j'adore gagner... La
compétition n'est pas un problème en soi. D'où vient l'aspect ludique
d'un exercice ou d'une situation à l'entraînement ? Du comptage
des points entre les chasubles jaunes et les chasubles rouges… La
compétition demeure une composante essentielle. En revanche,
l'éducateur qui, dans l'activité, n'aime que la victoire, et non les
moyens pour y parvenir, va au-delà de grandes désillusions. Il faut
laisser la compétition aux jeunes et l’éducation à l’entraîneur.
23
∫ l'ENTRETIEN ª
Être sur les moyens et non pas uniquement sur les
résultats réclame d'avoir un minimum de compétences induites par la formation. Or, dans les petits
clubs surtout, beaucoup de parents s'improvisent
"éducateurs" sans en avoir la fibre ni la volonté d'être
dans la réflexion. Ne devrait-on pas, par exemple,
travailler davantage à utiliser les "seniors" du club, ce
qui, en plus de capitaliser sur leur sensibilité football, permettrait de renforcer à terme l'identité club,
ce qui fait de plus en plus défaut de nos jours ?
teur de football est avant tout une personne qui doit se
poser des questions. "L'entraîneur est un chercheur",
disait Frédéric Hantz dans nos colonnes.
S. M. : Oui, et en ce qui concerne l'éducateur en amateur, les
questions sont spécifiques et multiples. Qu'est-ce que j'attends de
l'activité ? Qu'est-ce que je peux lui amener ? Quelle peut être ma
contribution réelle ? Qu'est-ce que je peux en retirer ? Des gratifications, un statut, un regard ? L'idée bien évidemment n'est pas de faire
une psychanalyse de comptoir de nos éducateurs. Simplement de
savoir sur quelles valeurs et quelles motivations ils fonctionnent, et
jusqu'où ils peuvent aller ? Plus leurs motiva"Certains joueurs vivent très mal tions seront profondes et bien ancrées, plus ils
auront envie de continuer dans cette voie,
la compétition, comme certains d'apporter et de bonifier l'autre.
S. M. : On peut aussi travailler à former les
parents qui le souhaitent, cela se fait déjà. Les
parents, à partir du moment où ils font l'effort de se poser un minimum de questions
sur l'activité, et qu'ils ne suivent pas leur entraîneurs du reste, car ils sont
gamin dans toutes les catégories… je trouve
Bonifier au sens large.
convaincus qu'ils seront jugés
cela très bien. Maintenant, s'agissant des
S. M. : Oui.Accompagner le joueur dans sa
uniquement sur le résultat. "
seniors à utiliser comme éducateurs chez les
construction sportive et éducative, l’intégrer,
petits, c'est une piste intéressante, en effet.
le sécuriser, l’écouter et le reconnaître.
D'abord, un changement de statut (entraîneur-entraîné-entraîneur) Partager collectivement les valeurs qui lui sont chères (plaisir, respeut favoriser l’appropriation de principes de jeu. Ensuite, l’intérêt pect, engagement, tolérance …) sont autant de petits pas vers le plaipour l’identité club est indéniable. Ceci étant, une formation fédé- sir de la pratique. Le football doit être un outil éducatif ; l’éducateur, un
rale (module de 16h) reste incontournable pour les volontaires. Le der- maillon de cette chaîne éducative ; le joueur un acteur qui joue, qui
nier point qui me semble positif est la prise de confiance et d’affirma- s’amuse et s’épanouie ; les parents des accompagnateurs ; et le dirition quand on s’occupe de plus jeunes.
geant le metteur en scène, réalisateur de cette belle production.
En définitive, si l'on résume cet entretien, l'éduca-
24
■ Propos recueillis par Julien Gourbeyre
Vestiaires
∫ Dossier ª
■ Par Patrick CHANCEAULME
ancien footballeur professionnel,
expert en management du sport, et auteur
du livre "Les entraîneurs sont-ils entraînés ?"
(Collection New PEPS).
Bien communiquer
pour motiver ses troupes :
enjeux et solutions
Extrait de l'ouvrage "Les entraîneurs sont-ils entraînés ?".
VESTIAIRES a choisi ce mois-ci de publier un long extrait du livre de Patrick
Chanceaulme, qui connaît à l'heure actuelle un franc succès. Un ouvrage destiné
à tous les éducateurs et entraîneurs. Dans ses pages, l'auteur nous ouvre les yeux
sur le mode de communication bien souvent défaillant des techniciens, quel que
soit le diplôme ou le niveau de pratique, tout en nous apportant des clés
concrètes pour y remédier. Et en tirer profit ! Passionnant.
L’entraîneur sportif existe par les joueurs. S’il n’y a pas de
joueurs, il n’y a pas d’entraîneur, il n’y a pas même de club.
Voilà bien une évidence, mais si cela va sans dire, cela va mieux
en le disant… et en le rappelant régulièrement !
Voici une autre évidence. Parmi les grandes missions d’un
éducateur ou d’un entraîneur, il en est deux qui prédominent :
• diriger la préparation technique au sens large (technique tactique - physique)
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• diriger la préparation psychologique au sens large (état d’esprit - motivation - implication)
>Le motivé s’occupe, l’impliqué se préoccupe
Le corps et l’esprit, c’est l’un ET l’autre qu’il convient de préparer concomitamment. Or, force est de constater que les
"préparateurs" sont généralement plus à l’aise avec l’un
qu’avec l’autre... Pourquoi ? La raison principale est à cherVestiaires
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cher dans leur passé sportif. Leurs propres entraîneurs privilégiaient déjà la dimension technique à la dimension psychologique ou mentale. Les entraîneurs ont donc une tendance
naturelle à reproduire les schémas qu’ils ont connus. Or, l’entraîneur de demain est un manager de l’humain, au moins
autant qu’un coach de terrain. Bref, les techniciens d’aujourd’hui sont déjà des entraîneurs du passé, des entraîneurs
dépassés, s’ils ne prennent pas en compte dans leur mission,
au quotidien, les variables affectives, cognitives et psychologiques. C’est sur ce terrain-là que l’éducateur trouvera les clés
de la motivation et de l’implication de ses joueurs, deux
notions primordiales et distinctes : le motivé s’occupe, l’impliqué se préoccupe !
>Observer et écouter, c'est déjà communiquer !
Alors, de manière plus précise, quelle est la première condition
de la motivation et de l’implication ? C’est bel et bien l’attention et l’intérêt portés à chaque joueur, à ses attentes et à ses
besoins. Chaque joueur nourrit le groupe et chacun se nourrit
du groupe. Chacun a donc besoin de se sentir important, utile
et reconnu au sein du groupe. L’entraîneur se doit de veiller à
cela, c’est l’une de ses missions premières. Et puis, si la nature
lui a donné deux yeux et deux oreilles (et une seule bouche),
ce n’est pas pour rien !
La meilleure façon d’avoir un impact sur un individu reste
encore de s’intéresser à lui, aux idées qu’il véhicule, aux arguments qu’il avance, aux émotions qu’il ressent, aux postures
qu’il adopte.
L’observation et l’écoute constituent les deux piliers fondamentaux d’une relation respectueuse et fructueuse. Ces deux
comportements sont dénués de violence. Ils ne peuvent nuire
à autrui. Ils constituent le point de départ "obligé" de toute
coopération.
Pourtant, lorsque ces deux notions sont évoquées avec des
éducateurs ou des entraîneurs sportifs, leurs premières réactions sont quasiment toujours les mêmes : "Oui, je sais, observer et écouter davantage… peut-être !" (ah bon, ce n’est
même pas sûr !) ; "Mais je ne vais pas passer mon temps à ça !"
(allons donc, mieux vaut se centrer sur son propre nombril !) ;
"Et puis en attendant on ne fait rien !" (tiens donc, ce serait ne
rien faire que de s’intéresser aux autres !) ; "Et puis, et puis il
n’y a rien de particulier à savoir pour
simplement observer et écouter les
joueurs !" (faux !).
Observez et écoutez vos joueurs,
ils vous donneront tout…
même davantage !
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Carlo Ancelotti
"J’aime les joueurs, les écouter, leur parler,
parfois m’amuser avec eux ; j’ai besoin
d’entretenir une relation de qualité avec
chacun d’eux"
C’est faux. L’observation et l’écoute sont deux comportements fondamentaux qui nécessitent un sérieux apprentissage. Rien n’est plus difficile que d’être dans l’écoute et l’observation du présent. Sauf que les entraîneurs, tellement obnubilés par les scores, ont désappris à écouter et à observer. Ils se
privent d’un levier phénoménal pour booster un effectif sur la
durée.
>"Tu n'as pas été bon…"
Tout coach sportif doit faire l’effort de développer son acuité
visuelle et auditive. Cela va plus loin que de prendre le pouls de
l’équipe. Il doit s'exercer à relever des faits, des opinions et des
sentiments exprimés, sans y mêler de jugement, d’interprétation, de généralisation ou d’accusation, sans banaliser les
problèmes, sans ramener tout à lui…
"Tu n’as pas été bon...". Voilà le type de formule que l’on
retrouve régulièrement dans la bouche de coachs sportifs.
Normal, notre système éducatif nous a habitué à juger. Dès
l’école, "c’est bien ou c’est mal", "tu auras un bon point ou
une punition".
"Tu n’as pas été bon"... Exprimé en l’état, il s’agit d’un jugement de valeur qui ne s’appuie sur rien de précis à mettre en
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∫ Dossier ª
>Les entraîneurs se croient trop souvent obligés
d’être agressifs verbalement pour que leurs joueurs
le soient sur le terrain.
Alors j’entends déjà certains avancer que "dans ces conditions, on ne peut plus rien leur dire".
Eh bien si, l’on peut dire beaucoup de choses, de manière très
directe et très ferme s’il le faut, sur la base d’observations factuelles, sans blesser, sans agresser, sans humilier, sans accuser, sans juger tout simplement. L’un des problèmes rencontrés
dans le sport, c’est que les entraîneurs se croient trop souvent obligés d’être agressifs verbalement pour que leurs
joueurs le soient sur le terrain.
Ottmar Hitzfeld
"Mon expérience me permet aujourd’hui
d’observer les choses de manière objective, pour
mieux travailler et dépassionner les débats"
parallèle avec des objectifs clairs qui auraient été définis préalablement par les deux parties. Ce jugement très violent génère
une perte de confiance et d’estime de soi. Il s’accompagne
de comportements défensifs ou de contre-attaque tout aussi
violents.
Yann M’Vila (TéléFoot 22 avril 2012)
"Lorsqu’un journaliste me dit que j’ai été
nul, je rigole. Lorsque c’est le coach qui me le
dit, ça me fait mal !"
Les jugements de valeur démolissent même les plus costauds.
Notons que la comparaison est une forme de jugement.
Lorsque l’entraîneur dit : "Tu as été meilleur que lors du
match précédent", le joueur n’entend et ne retient qu’une
chose : "Lors du match précédent, je n’ai pas été bon". Même
partant d’une bonne intention, le jugement de valeur ainsi
exprimé fait à nouveau des dégâts conséquents.
Il est prouvé scientifiquement que toute agression du cerveau limbique (siège des émotions) empêche l’accès au cerveau cortical (siège de l’analyse et de la raison). Dès lors, la
relation est altérée entre l’émetteur et le récepteur, entre l’entraîneur et le joueur. Jean Renoir, après avoir filmé une scène
qui ne lui convenait pas, disait à ses acteurs : "Vous avez été
merveilleux ! On va la refaire !". Et ça leur donnait envie de
faire plus et mieux.
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"Tu es toujours en retard à l’entraînement !".Voilà une autre
formule qui peut facilement sortir de la bouche d’un éducateur. Elle va inévitablement faire de la casse. L’expression ne
repose pas sur une réelle observation. Dans ce cas précis, la
remarque n’est pas factuelle et relève d’une généralisation
abusive. Comme tous les adverbes de temps, "toujours" est
de trop. Il est facilement contestable par l’intéressé : "non
c’est faux, avant-hier j’étais à l’heure". Et la partie de pingpong de s’enclencher : "si c’est vrai", "non c’est faux"…
L’indisposition du joueur est assurée. Cela peut sembler sans
conséquences majeures, mais cette "micro-rupture", ajoutée à
des dizaines d’autres, va accentuer la distance entre l’entraîneur et l’entraîné, pour aboutir un jour à un clash sérieux que
ni l’un ni l’autre ne sauront expliquer.
Aussi, une observation se doit d’être précise et factuelle : "Lors
de deux séances d’entraînement de la semaine dernière,
mardi et jeudi après-midi, j’ai pu constater ton arrivée avec
10 minutes de retard". Les faits exprimés ne sont pas contestables, ils ne sont donc pas contestés. Le joueur est réceptif.
L’entraîneur peut à présent demander que le retard ne se
reproduise pas, ou bien d’être averti en cas d’empêchement.
Il va obtenir l’adhésion du joueur, sans avoir recours à la
menace ou au système classique des amendes qui est surtout
un pis-aller, la solution de facilité et l’arme du "faible".
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marque d’attention.
Cherchez la progession…
plus que la perfection !
Observez et faites valider les progrès
Pour éviter les jugements, accusations et autres généralisations abusives, il est essentiel de fixer un cadre, un pacte de travail, un contrat de progrès avec chaque joueur. Idéalement, ces
axes de travail doivent être validés par les deux parties (entraîneur et entraîné), après chaque compétition et pour la semaine
d’entraînement qui se présente. Les éléments concrets et précis qui ont été relevés (parfois filmés) lors du match précédent vont servir de base à la définition concertée d’un plan de
progrès pour la semaine à venir.
La vision est partagée, les échanges deviennent constructifs,
sur la base de points précis et pré-définis. Les progrès s’opèrent. C’est la politique des petits pas (progrès), le capital
confiance augmente, le cercle vertueux se met en marche.
Avec les démarches centrées sur la recherche de perfection, les
risques sont accrus. D’une part, qui peut définir ce qu’est la perfection ? D’autre part, la barre étant toujours très haute, les
échecs sont nombreux, le capital doute est activé, le cercle
vicieux se met en route.
>L’ouverture au dialogue par l’écoute
L’observation a pour but de rapporter des faits observables par
les deux parties. Cependant, il est possible qu’elle soit incomplète ou faussée par certains éléments. Il faut donc permettre
au joueur de s’exprimer pour confronter les réalités. L’écoute,
au même titre que l’observation, ne s’improvise point !
2/ Poser des questions ouvertes
Il s’agit de privilégier l’expression libre. Eviter de multiplier les
questions fermées auxquelles l’interlocuteur ne peut répondre que par oui ou non, par blanc ou noir. Bannir les questions
inductives, celles qui contiennent déjà la réponse, du style
"ne penses-tu pas que tu aurais pu t’aligner mieux en
défense ?". Préférer plutôt : "que penses-tu de ta manière de
t’aligner lors des phases défensives de hors-jeu ?". Cette
deuxième formulation ouvre au dialogue. Elle permet l’expression du joueur. Il se sent reconnu. Il existe !
3/ Laisser répondre et ne pas couper
A ce sujet, certains coachs sportifs prétendent que bon nombre de joueurs s’expriment peu, voire pas du tout, lorsqu’on les
questionne. Permettons-nous donc de les interroger euxmêmes. "Les avez-vous habitués à recevoir des questions
ouvertes et non inductives ? Leur avez-vous laissé le temps de
répondre ? Si oui, les avez-vous écoutés jusqu’au bout, sans
les couper ?".
Alex Ferguson
"J’ai appris avec le temps qu’il fallait laisser les
joueurs s’exprimer et les écouter. Eric Cantona
ne serait pas devenu le joueur qu’il a été si je
ne l’avais pas aidé à se construire et à
s’exprimer librement"
4/ Reformuler sans altérer
Voici donc les règles d’une bonne écoute :
1/ Poser des questions
Force est de constater que la part des questions posées dans les
échanges que peut avoir un entraîneur avec ses joueurs, ou
avec les membres de son staff, est infime. Or, le questionnement
est d’une puissance remarquable, c’est même la première
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La reformulation doit se faire sans distorsion quelconque de ce
qui a été exprimé. Le coach doit renvoyer une image, sans
ajouter ni retrancher quoi que ce soit aux faits, idées et sentiments exprimés. Il garde le fond, voire il le révèle ; il change uniquement la forme. La reformulation présente un double avantage. Elle permet au coach de vérifier qu’il a bien compris ce
qui vient de lui être dit. Elle permet au joueur de se sentir
(enfin) écouté et compris. De là, il est en confiance et enclin à
parler davantage, à chercher lui-même des solutions ou à exprimer clairement et sereinement ce qu’il attend de son coach.
Prenons l’exemple d’un joueur qui dirait à son entraîneur :
"Avec toi, il n’y en a que pour le jeu offensif, les attaquants
par ci, les attaquants par là… !". La reformulation "clarifiante" permet au coach de s’assurer, de manière synthétique,
qu’il a bien compris : "Si je te comprends bien, je ne m’occupe que des attaquants". Il est une autre forme de reformulation, dite "miroir" : "Tu aimerais donc que je m’occupe plus
de toi ?". Cette technique permet un autre angle d’écoute.
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deux axes :
l’axe horizontal : celui-ci porte sur l’action de répondre positivement ou de ne pas répondre à l’attente du(des) joueur(s).
l’axe vertical : celui-là relève du niveau de motivation (ou de
démotivation) obtenu,
du fait d’une réponse (ou non réponse) à l’attente en question.
Concrètement, cela donne lieu à une classification des attentes
des joueurs en trois grandes familles :
Elle met à jour ce qui était en filigrane. Enfin, la reformulation
"empathique" cherche à révéler le sentiment du joueur, audelà des mots qu’il a prononcés : "Il me semble ressentir beaucoup d’amertume dans tes propos !". Ce procédé favorise un
rapprochement et libère le joueur qui va pouvoir exprimer ce
qu’il a sur le cœur.
>Identifier et distinguer les attentes et les besoins
des joueurs
Les joueurs ont tous des sensibilités différentes, des vécus
différents, des ambitions différentes… et des attentes qui
peuvent différer, pour la bonne raison que, derrière ces
attentes, se cachent des besoins profonds qui sont différents.
L’attente revêt un caractère plus contextuel que le besoin
sous-jacent. L’attente est plus facilement exprimable, si tant est
que l’entraîneur soit sensible à ce qu’elle soit exprimée. En
revanche, le besoin qui la porte n’est pas aussi facile à identifier.
Un p’tit truc pour identifier un besoin sous-jacent :
Face à l’expression d’une demande ou d’une attente
par un joueur, demandez systématiquement pourquoi.
Dans 99% des cas, la réponse qui suit n’est autre que
la formulation d’un besoin plus profond.
Pour motiver les joueurs sur la durée, il ne suffit pas de répéter
"allez les gars". Il importe de comprendre leurs besoins et
d’y apporter des réponses adaptées.Tout entraîneur (ou staff)
qui veut tirer le meilleur de son groupe doit avant toute chose
accepter les idées suivantes :
• les sportifs ont des attentes derrière lesquelles se cachent des
besoins, conscients ou non, avouables ou pas, avoués ou
non.
• la façon de répondre à ces attentes et ces besoins, ou de ne
pas y répondre sciemment et en connaissance de cause, en
expliquant pourquoi, va permettre de sceller une relation de
confiance et un état d’esprit conquérant chez chaque joueur.
La qualification des attentes s’obtient par le croisement de
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1/ Les attentes implicites des joueurs
Il s’agit d’éléments que les joueurs considèrent comme un
dû.
• si l’entraîneur répond à ces attentes, il ne génère pas de
satisfaction particulière, puisque, pour les joueurs, c’est ’’la
moindre des choses’’.
• si l’entraîneur n’y répond pas, il génère une grande démotivation.
Il est clair sur le schéma ci-contre que ces attentes (cf courbe de
méritent une réponse systématique, "obligatoire", sans quoi la démotivation est grande.
Lorsque vous prenez l’avion, vous avez une attente implicite :
qu’il arrive à bon port. Besoin de sécurité ! Il ne vous vient
pas à l’esprit de le demander lorsque vous achetez votre billet.
Eh bien, il en est de même des joueurs qui considèrent par
exemple naturel et obligatoire, sans avoir à le demander, que
l’entraîneur soit respectueux de leur personne. Qu’il ne les critique pas, par exemple, sur la place publique. Cette règle est
pourtant bafouée régulièrement.
Nous sommes à la fin du mois d’août 2011. L’équipe de France
de football prépare son match de qualification pour l’Euro
2012 contre l’Albanie. Dans un entretien accordé à FranceFootball, Samir Nasri glisse qu’il aurait préféré entendre en
tête à tête les critiques de Laurent Blanc, plutôt que par presse
interposée. Le mal est fait, il laissera des traces. La prestation de
couleur rouge)
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Samir Nasri sera décevante contre l’Albanie.A qui croyez-vous
qu’il en revienne la plus grande responsabilité ? Certains vont
crier aux caprices de star, quand une analyse approfondie met
à l’index les manquements du sélectionneur. Même les joueurs
qui ne sont pas cités savent dorénavant que Laurent Blanc est
capable de leur réserver le même sort dans le futur. Pas loupé !
Quarante-huit heures avant le quart de finale du même Euro
contre l’Espagne, notre ex-sélectionneur national récidive.
Il regrette sur RMC "de ne pas avoir de joueurs qui aient
l’intelligence du jeu". Même s’il ne cite personne cette fois-ci,
chaque joueur entend dans sa chambre d’hôtel qu’il est un
écervelé. Ce type de dérapage incontrôlé de communication
interpelle au premier chef et relève quasiment de la faute professionnelle.
Ottmar Hitzfeld
"J’ai toujours protégé mes joueurs des médias et du
public. Je donne ma confiance à priori et j’attends en
retour que le joueur me rende cette confiance. Si ce
n’est pas le cas, je peux être dur, mais seulement en
interne, jamais en le critiquant dans la presse"
Chez un sportif, l’attente implicite de ne pas être critiqué sur
la place publique par son entraîneur (ou son président) émane
d’un besoin de respect de l’individu, le béaba de la communication. Des attentes implicites, il y en a tant et plus. Certaines
sont communes à tous les joueurs, quel que soit le club dans
lequel ils évoluent. D’autres sont communes aux joueurs d’un
même club, du fait d’un contexte spécifique. D’autres encore
sont propres à certains joueurs, du fait de leur passé ou de
leur personnalité. Il apparaît primordial qu’un coach sportif
sache identifier clairement les besoins fondamentaux de ses
joueurs, pris individuellement et collectivement. C’est dans la
non réponse aux attentes implicites et à leurs besoins sousjacents qu’un entraîneur devra chercher en premier lieu les
causes de démotivation et d’ambiance dégradée. Il devra
immanquablement revenir aux fondamentaux, en pareil cas.
• moins il répond à ce type d’attentes, plus il génère de la
démotivation.
Nous trouvons dans cette famille des attentes généralement
liées à des notions de délai, de fréquence, d’intensité…
L’individualisation de la préparation fait partie de cette catégorie. Pas seulement la préparation physique, laquelle serait
même à classer, chez bon nombre de joueurs et du fait d’une
quasi généralisation de cette pratique, parmi les attentes implicites, considérées comme un dû aujourd’hui par les sportifs.
Non, il est ici davantage question de l’individualisation de
séquences de travail technique. Kevin Gameiro me disait fin
2007, alors qu’il évoluait au RC Strasbourg : "J’aimerais travailler davantage à l’entraînement les décrochages avec le
défenseur carrément sur les talons". Derrière une telle
attente, il y a naturellement un besoin plus profond. Quel estil ? Pour le savoir, l’entraîneur se doit de le demander à l’intéressé et de mettre ses antennes en éveil. Nous revenons à l’importance du questionnement ouvert et à la notion d’écoute.
Avant même d’apporter la moindre réponse qui pourrait être
inadaptée, il importe de comprendre pourquoi.Après reformulation du coach ("si je comprends bien, tu souhaites…"), à
la fois pour vérifier sa bonne compréhension et pour faire
montre d’écoute, une question s’impose : "Pourquoi ?". "Pour
quelle(s) raison(s) désires-tu répéter ce type de séquences ?".
Dès lors, les besoins profonds vont émerger. Le coach va clairement identifier chez le joueur un besoin de se rassurer, après
une période de blessure, voire un besoin de progresser, quoi de
plus naturel ! Son rôle, en pareil cas, après avoir entendu l’attente et compris le besoin, va consister en trois choses.
Premièrement, il va devoir vérifier et faire valider au joueur les
vrais besoins. Deuxièmement, il va devoir lui demander s’il y a
d’autres initiatives ou exercices, en plus de la séquence demandée, qui peuvent satisfaire ces besoins (cf nouvelle phase d’investigation et d’écoute). Troisièmement, il va devoir favoriser la mise en œuvre d’une solution qui répond à ces besoins.
2/ Les attentes explicites des joueurs
Nous sommes là en présence d’éléments qui s’expriment
généralement de manière claire, dans un langage construit, ou
à l’inverse primitif ou imagé. Il s’agit d’attentes significatives,
mais à propos desquelles les joueurs peuvent comprendre
qu’il ne soit pas toujours possible de répondre (cf courbe de
couleur bleue ). Le coach a donc dans ce type de cas une marge
de manœuvre, sachant que :
• plus il répond souvent et fortement à ce type d’attentes,
plus il génère de la motivation ;
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∫ Dossier ª
Résultat : le joueur est motivé. Il était inquiet, il retrouve la
sérénité et le plaisir de s’entraîner.
Dans ce cas précis, certains entraîneurs diront spontanément
que si cette pratique est adoptée pour Kewin Gameiro, elle doit
l’être pour les autres membres de l’équipe. Puis ils ajouteront
qu’il n’est pas possible d’organiser pour tous des séquences
individualisées de travail technique car "il faudrait trop d’entraîneurs, c’est inenvisageable".
A ceux-là, nous pouvons répondre sans ambages par une charmante maxime empruntée à un futurologue : "Ceux qui pensent qu’on ne peut pas le faire doivent laisser la place à
ceux qui le font déjà".
Ceux qui pensent qu’on ne peut pas le faire
doivent laisser la place à ceux qui le font déjà !
A bien y réfléchir, tous les joueurs ne sont pas forcément en
même temps en demande de personnalisation et d’individualisation. De plus, si le nombre de préparateurs techniques
n’est pas suffisant, l’entraîneur dispose de joueurs d’expérience qui seront motivés et compétents pour faire travailler
efficacement le(s) sportif(s) en demande de personnalisation et d’individualisation. Cela porte un nom : déléguer. La
délégation, s’inscrivant dans un cadre clair et précis, présente
un double avantage. Elle répond au besoin d’accompagner
notre sportif en demande. Elle permet dans le même temps de
reconnaître et de valoriser son tuteur et partenaire de club, via
l’attribution concertée d’une mission nouvelle. Certains entraîneurs penseront que l’idée est utopique, qu’ils n’ont pas vraiment de joueurs suffisamment "intelligents" pour assumer
cette mission de tuteur, même ponctuellement. A ceux-là
Coluche répondrait "qu’ils ne peuvent pas être intelligents si
on ne cesse de les prendre des cons".
Ils ne peuvent pas être intelligents
si on ne cesse de les prendre pour des cons !
Lorsque la coopération inter-postes ou intergénérationnelle
s’opère, la solidarité s’accroît rapidement. L’esprit d’équipe
s’en trouve considérablement renforcé, bien plus qu’avec
tous les appels vibrants à faire corps.
Il existe d'autres exemples d’attentes explicites à s’efforcer de
satisfaire. Le respect par l’entraîneur des horaires annoncés
(début et fin d’entraînement, début et fin de brief ou de
débrief…). Plus les horaires sont respectés, plus la satisfaction augmente, et inversement. La satisfaction des joueurs est
également proportionnelle au nombre de feed-back personnalisés (et bienveillants) qu’ils reçoivent de leur entraîneur. La
32
répétition des gammes entre aussi dans cette famille. Plus le
joueur a la possibilité de répéter les gammes, plus ça le rassure, plus il est satisfait, et inversement. En parallèle, l’un n’empêchant pas l’autre, plus les entraînements sont variés, plus les
joueurs prennent du plaisir. Selon la saison, la durée (courte)
et le rythme (soutenu) des entraînements impactent la satisfaction des joueurs. Mieux vaut laisser les joueurs légèrement
sur leur faim, plutôt que les saturer. Susciter l’envie sans créer
de manque, tout un art ! Plus les débriefings vidéo sont participatifs et vivants, plus les joueurs sont prolixes et satisfaits, et
inversement. Plus les joueurs se sentent utiles et plus ils se
sentent reconnus, plus ils sont motivés. Cela pose la question
de savoir combien de fois par semaine ou par mois l’entraîneur reconnaît ouvertement l’utilité de chaque joueur.
Combien de fois également il manifeste sa reconnaissance à ses
joueurs, de manière individuelle autant que collective.
La liste est loin d’être exhaustive et il appartient au coach
d’identifier ces attentes dites "explicites", pour y répondre
de manière savamment dosée et appropriée.
3/ Les attentes latentes des joueurs
Nous sommes dans ce cas de figure en présence d’attentes
non exprimées par les joueurs, mais néanmoins bien présentes en eux. Elles concernent des éléments relevant du
’’plus’’ ou du "bonus" ( cf courbe de couleur verte ). Le coach
peut chercher à y répondre, ou non :
• s’il répond à ces attentes, il provoque une stimulation ponctuelle ;
• s’il n’y répond pas, il ne génère pas d’insatisfaction particulière, puisqu’il s’agit pour les joueurs simplement de
"plus" auxquels ils n’ont généralement même pas pensé.
Si le coach, par exemple, après une victoire obtenue avec
panache, offre une journée de repos supplémentaire, il répond
à une attente latente. Il génère une grande satisfaction ponctuelle. Cette forme de reconnaissance constitue un vrai
"boost", lorsqu’elle s’inscrit dans une logique d’ensemble qui
accorde de l’importance à la reconnaissance des joueurs. Si
l’entraîneur n’offre pas ce supplément d’âme et se contente de
féliciter ses joueurs, individuellement et collectivement, il
ne génère pas d’insatisfaction particulière pour autant. En
effet, la journée de repos supplémentaire n’est pas un dû et les
joueurs ne la demandent pas de manière explicite.
Nous pourrions donc être tentés de penser que l’usage du
"bonus" doit être le plus fréquent possible. Il n’en est rien !
L’appel aux "petits plus" est à manier avec des pincettes, pour
deux raisons majeures.
La première, c’est qu’un usage trop fréquent de ce type de
surprises positives peut en banaliser le principe. Le fait de
répéter certains bonus contribue inévitablement à les rendre moins attractifs, à la longue. En d’autres termes, cela revient
à transformer des attentes latentes en attentes explicites,
voire implicites. Si l’on reprend l’exemple précédent et si l’on
commence à les y habituer, les joueurs voudront de plus en
Vestiaires
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plus souvent bénéficier d’un jour de repos supplémentaire
après un match âprement disputé et gagné. Ils n’hésiteront
pas à le suggérer puis à le revendiquer. Or, là n’est pas l’objectif. Tout bonus doit rester exceptionnel pour conserver
son caractère attractif.
La deuxième raison, c’est que l’usage du bonus est conditionné par le fait que l’entraîneur doit avoir déjà répondu aux
attentes implicites et explicites de ses joueurs. Le climat doit
donc être au beau fixe et les résultats au rendez-vous. En effet,
vouloir surprendre positivement ses joueurs, même si cela
part d’une bonne intention, est complètement inutile si l’entraîneur a laissé filer en amont certains fondamentaux.
Dans cette famille des attentes latentes à satisfaire si les fondamentaux sont assis, nous pouvons citer, en vrac : un stage de
rentrée avec les conjoints (pour une meilleure intégration
des nouveaux), des séquences d’entraînement libres (à l’initiative des joueurs), des échanges de groupe sur des thèmes
parallèles (violence, racisme, argent dans le sport…) pour
une ouverture, une oxygénation de l’esprit… Bien entendu, il
appartient au coach et à son staff de faire preuve de créativité en la matière.
>Agir en priorité sur soi pour avoir un impact sur les
autres.
En conclusion, nous dirons qu’il appartient à tout éducateur ou
entraîneur qui se respecte d’être attentif à ses joueurs, d’écouter leurs attentes et leurs besoins.Avec de la volonté et à l’appui de quelques techniques simples évoquées dans ce dossier, il va pouvoir lever les freins, ce qui dérange, ce qui bloque !
C’est son métier. C’est même le cœur de son métier ! Alors
bien sûr ce n’est pas facile, d’autant qu’une bonne partie des
blocages vient généralement de l’entraîneur lui-même. D’où la
nécessité, pour tout coach qui souhaite franchir un cap et
devenir incontournable, d’agir en priorité sur lui pour avoir un
impact sur les autres. ■
Un cas d’école
En 2008, Paul Le Guen entraîne le PSG. Les résultats ne sont
pas à la hauteur des espérances. Depuis plusieurs mois, les supporters grondent, les dirigeants aussi. Au sein de l’équipe, le
moral est au plus bas et l’ambiance dégradée. On sent bien
que l’entraîneur cherche à casser cette spirale négative. Il
désire rompre avec la sinistrose qui s’est installée. Il veut trouver de nouveaux ressorts. Il décide alors d’organiser une sortie
"karting". Les joueurs vont ainsi pouvoir s’oxygéner les neurones, pense-t-il, et retrouver l’envie de plaisanter et de s’amuser. C’est effectivement ce qui semble se produire. Le temps
de cet épisode, les joueurs plaisantent, ils ont l’air de s’amuser.
Malheureusement, les résultats restent inchangés, le climat
interne aussi !
Il n’y a en fait rien d’étonnant à cela. Bien entendu, les joueurs
placés dans un contexte décalé se comportent différemment et
cherchent à profiter de la séquence sympathique qui leur est
proposée. Le seul problème, c’est que de retour dans leur environnement habituel, face à leurs casiers et leurs crampons, ils
vont reproduire leurs comportements habituels, tant que les
maux qui rongent les esprits n’auront pas été traités.
Il est illusoire de croire que la surprise ludique à l’initiative de
Paul Le Guen a une chance d’avoir un quelconque effet positif
sur la motivation, tant que les attentes implicites n’ont pas
été satisfaites. Le karting ne résout en rien les problèmes de
fond qui perdurent depuis des mois et qui ont mis le groupe
dans un tel état de délabrement psychologique. Ce type de
séquence "détente" peut même être contreproductive. En
effet, certains joueurs ne vont pas manquer de penser que l’entraîneur ferait mieux de commencer par le commencement,
par traiter ce qui les mâche, plutôt que d’amuser la galerie
avec du karting…
-même,
Il s’agit de changer soi
s personnes…
si l’on veut changer le
de
plutôt que de changer
personnes !
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33
LE CAHIER
PÉDAGOGIQUE
Pages 37 à 59
LE CAHIER PÉDAGOGIQUE
P38 : ENTRAINEMENT
(par Charles MONTESPAN)
Vous n'avez rien eu le temps de
préparer ? Que faire ?
P40 : PREPARATION PHYSIQUE
(par Laurent BOSQUET)
Coup de mou du mois de
novembre : comment agir ?
Charles
MONTESPAN,
Conseiller Technique
Départemental de l’Aude
(11).
Laurent BOSQUET,
Doyen de la Faculté des
Sciences du Sport de
l'Université de Poitiers, et
membre de la Cellule de
Recherche de la FFF.
P42 : STRATÉGIE
(par Jérémy DOS SANTOS)
Corners et coups francs : les
joueurs "à la ramasse"
P44 : GARDIEN
(par David MERLET)
Apprendre à son gardien à bien
se placer sur CPA
P48 : TABLEAU NOIR
(par Didier OLLE-NICOLLE)
Charles
MONTESPAN,
Conseiller Technique
Départemental de l’Aude
(11).
David MERLET,
Responsable des gardiens
de buts au centre de
formation du Mans FC.
Comment se préparer à
affronter une équipe du haut de
tableau ?
P50 : TECHNIQUE
Le contrôle orienté
P54 : MANAGEMENT
(par Jean-Paul ANCIAN)
La gestion des remplaçants et
remplacés
P56 : SANTÉ
(par Philippe KUENTZ)
Jean-Paul ANCIAN,
Didier
OLLE-NICOLLE,
entraineur professionnel
(DEPF).
www.vestiaires-magazine.com
Professeur EPS INSA de
Lyon, titulaire du BE2.
Expert en préparation physique et préparation mentale. Adjoint en sélection
nationale de Côte d'Ivoire.
Pourquoi applique-t-on du
froid après une blessure
musculaire ?
P58 : JURIDIQUE
1000 emplois d'avenir pour
structurer le foot amateur
37
■ Par Charles MONTESPAN,
Conseiller Technique Départemental de
l’Aude (11).
ENTRAINEMENT
Vous n'avez rien eu le temps
improvisation. Cet éducateur dont chacun s’accorde à reconnaître le sérieux et la
compétence, avait pourtant prévu de se pencher sur sa séance durant la journée. Et puis il y a eu
cet évènement parfaitement inattendu pour lequel notre technicien a dû consacrer tout son
temps… Au final, le voilà devant les portes du stade sans idée précise sur ce qu’il entend
proposer à ses joueurs ! Que faire, que dire ou taire, comment ne pas céder à la panique ou
sombrer dans l’à peu-près ? VESTIAIRES souhaitait se pencher sur un cas de figure plus fréquent
qu'il n'y paraît...
n premier lieu, il convient je pense de
différencier l'éducateur faisant
preuve de laxisme de celui victime
d'un contretemps. Le premier, qui croit
pouvoir se présenter sur le terrain sans
préparer ses séances, ne fera sans doute
pas long feu… Il figure quelque part l’antithèse de la fonction puisque l’entraîneur
E
est sensé être celui qui réunit les conditions de la progression individuelle et collective. Ce qui est impossible sans une
approche pédagogique claire, cohérente,
et un minimum d'implication. Ce cas de
figure évacué, reste donc l’hypothèse de
l'éducateur qui, pour une raison quelconque, arrive à l'entraînement en ne
"Dur de prendre de la hauteur quand on est le nez dans le guidon…"
La principale difficulté de l’entraîneur qui "improvise" une séance ne tient pas, selon moi,
dans le choix des jeux, situations ou exercices. Tout comme elle ne réside pas dans le
choix du thème ou de la dominante de la séance. Un entraîneur quelque peu expérimenté contournera aisément ces difficultés. En revanche, quel que soit le niveau d’expérience, il ira vers l’inconnu en ce qui concerne le climat de la séance. Il est en effet bien difficile de prétendre instaurer un climat de convivialité et de participation lorsqu’on est soi
même en train de réfléchir à l’organisation du prochain exercice ou lorsqu’on est en
train de poser ses coupelles pour le jeu à venir… En un mot, il est quasi impossible de
prendre de la hauteur dans la relation pédagogique lorsqu’on a le nez dans le guidon !
38
sachant pas ce qu'il va faire ! Pour celui-ci,
mon premier conseil serait de re-proposer la dernière séance. C'est à mon sens
la meilleure solution. Ou la moins mauvaise. D’une part, cela ne manquera pas de
surprendre le groupe (ce qui est toujours
positif) et, d’autre part, l'éducateur saura
exactement où aller, tandis que les joueurs
ne manqueront pas d’enrichir ce qu’ils ont
vécu précédemment.
Première solution : refaire la
séance précédente
Il va sans dire que la chose doit demeurer
exceptionnelle, mais les techniciens qui
s’y essayeront ne manqueront pas d’être
surpris par la richesse de la répétition
d’une séance à quelques jours d’intervalle. Pour ceux qui souhaiteraient tout
Vestiaires
ENTRAINEMENT
de préparer ? Que faire ?
de même proposer un contenu différent
et qui ne disposent donc que de quelques
minutes pour décider du contenu de leur
séance, l’alternative la plus viable consiste
en premier lieu à choisir un temps ou une
phase de jeu. En d’autres termes, est-ce
que l’entraînement va être orienté plutôt
sur un angle offensif ou sur un versant
défensif ? Ce simple préambule permet
de clarifier un certain nombre de points.
Ici, l’éducateur va d’abord prendre en
compte sa programmation annuelle. Cette
dernière l'amène tout naturellement à
inscrire la séance dans une continuité en
rapport avec les entraînements précédents ou une problématique particulière
vécue lors du dernier match (en seniors).
La séance va être orientée plutôt
sur un angle offensif ou défensif ?
Ce simple préambule permet de
clarifier un certain nombre de
points…
Le raisonnement est donc de même nature
que pour une séance préparée, à cela près
que le processus va s’établir en quelques
minutes ! Une fois que le choix de la phase
de jeu (offensif ou défensif) est effectué,
quelques principes vont se dégager. Par
exemple si l’éducateur était dans un cycle
défensif, les principes "opposition à la
progression" ou "protéger son but" vont
s’imposer. Ne restera donc plus qu’à affiner en choisissant un thème précis autour
duquel articuler la séance. Il est bien évident que quelques thèmes sont plus pro-
DANS L’URGENCE, QUEL THÈME CHOISIR ?
Nous avons évoqué avec Charles Montespan quelques thèmes de séance (terminologie DTN). Parmi ceux-ci, certains sont globalement plus faciles à traiter sans préparation particulière tandis que d’autres sont vraisemblablement plus compliqués à
tenir dans l’urgence. Enumération très subjective, à adapter au cas par cas et en
fonction de l’expérience de chacun :
Les plus "simples" :
Avoir des solutions de passes ; occuper l’espace en largeur et profondeur ; garder le
temps d’avance pour finir l’action ; reformer le bloc équipe ; récupérer le ballon
proche de son but ; prises de balles et enchainements ; les différentes passes ; les tirs ;
jeu de volée ; les dribbles et enchainements.
Les plus "compliqués" :
Fixer dans une zone pour jouer dans une autre ; changer de rythmes de jeu ; coordonner cadrage du porteur et couverture dans une ligne ; se replacer sur l’axe
ballon/but ; déclencher un pressing ; remises et déviations.
pices que d’autres à l’improvisation tandis
que, selon moi, d’autres sont à éviter (voir
ci-contre). Cette manière de procéder
basée sur les caractéristiques du jeu permet de dégager dans l’urgence une ligne
de conduite qui évitera à l’entraîneur de se
perdre dans le déroulement de sa séance
en voulant tenir plusieurs objectifs simultanément. Quant à la structuration de la
séance à proprement parler, je préconise
de ne pas vouloir donner dans l’originalité
et de respecter ce qui est fait dans la plupart des cas. A savoir : mise en train, jeu,
situation, exercices (voir par ailleurs) et
enfin retour au jeu.
Il va sans dire que l’expérience et l’expertise de l’entraîneur vont inéluctablement
conditionner la qualité de la séance
"improvisée". Les entraîneurs experts
parviendront plus facilement à centrer
leur attention sur l’essentiel, à savoir le
rapport pédagogique avec les joueurs,
tandis que les éducateurs moins expérimentés auront tendance dans ce cas de
figure à se focaliser plutôt sur le
déroulement et le contenu de la séance.
Cependant, dans un cas comme dans l’autre, il est fondamental pour les joueurs de
trouver un sens au travail qu’on leur
demande d’effectuer. Aussi, préparer ses
séances, les planifier au sein d’un ensemble structurant demeure la voie incontournable pour répondre à cette exigence
de base. ■
ATTENTION À L'IMAGE RENVOYÉE AUX JOUEURS
En plus des conseils prodigués par Charles Montespan, il en est
un qui revient souvent dans VESTIAIRES au gré des différentes
rubriques : éviter de montrer sa "faiblesse" devant le groupe.
En d'autres termes, les jeunes et moins jeunes n'ont pas leur
pareil pour jauger la consistance de leur entraîneur à l'instant
T. Ils sentent si une causerie, une tactique, une séance… a été
préparée ou improvisée dans l'urgence. Or, un éducateur qui
renvoie l'image d'un travail bâclé, survolé… va se voir confronter inévitablement à un manque de considération de la part
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de ses troupes, si tant est que cette situation se renouvelle.
Pour les joueurs, ce manque d'investissement "récurrent" sera
considéré inconsciemment comme un manque de reconnaissance de la part du coach, entraînant à terme une perte d'implication et de motivation. D'où la nécessité en pareille situation, comme le suggère le CTD de l'Aude, de refaire la séance
précédente qu'on maîtrise bien (en faisant croire que c'était
prévu), plutôt que d'improviser une séance bricolée en
quelques minutes et qui pourra avoir un impact négatif.
39
■ Par Laurent BOSQUET,
PREPARATION PHYSIQUE
Doyen de la Faculté des Sciences du Sport
de l'Université de Poitiers, et membre de
la Cellule de Recherche de la FFF.
40
"Coup de mou" de fin
Appliquer le bon remède. Quatre mois déjà qu’éducateurs et joueurs foulent les
pelouses des stades de football. Les journées raccourcissent, les terrains s’alourdissent, la
température diminue, et bien souvent l’entrain du début tend à s’estomper. Avec tout ce
que cela comprend de fatigue, de risques de blessure et de baisses de régime. Questions : y
a-t-il des aspects liés à l’entraînement qui prédisposent à ces périodes de passage à vide ?
Quels sont les critères objectifs auxquels les éducateurs doivent être attentifs pour les
prévenir ? Comment doivent-ils réagir lorsque leur équipe est concernée ? Cet article fait le
point.
a forme sportive varie
selon des cycles qu’il est
possible d’anticiper
(dans une certaine mesure)
grâce à la planification de la
charge d’entraînement. Il
peut toutefois arriver qu’elle
diminue de façon plus ou
moins importante à une
période où on ne l’attendait
pas. Le "coup de mou" des
mois de novembre/décembre
peut s’expliquer de multiples
façons, qui ont toutes comme
point commun un décalage
plus ou moins important
entre la somme totale de
stress et la capacité de récupération. Alors que l’entraînement constitue bien souvent la principale source de
fatigue des sportifs au cours
de l’été, la vie professionnelle, familiale,
scolaire ou universitaire reprend ses droits
à l’automne avec son lot de contraintes
qui s’ajoutent à celles de l’environnement
L
(journées plus courtes et plus fraîches) et
de la pratique sportive. La capacité de récupération face à cette augmentation générale des sources de fatigue est déterminée
en partie par les stratégies mises en place
quotidiennement, telles qu’une hydratation adéquate, un sommeil de bonne qualité et/ou une alimentation adaptée.
Comment repérer les signes d’une phase de dépassement ?
Nous avons préalablement évoqué quelques outils pouvant être Le dépassement s’accompagne bien souvent de modifications psyutilisés par les éducateurs pour prévenir ces phases de fatigue pro- chocomportementales et cognitives que l’entraîneur est en mesure
n o n c é e , q u e l ’ o n a p p e l l e a u s s i p h a s e s d e " d é p a s s e m e n t " de détecter. Irritabilité, anxiété, manque de confiance, engage(VESTIAIRES n°52). Bien qu’ils soient pour la plument physique moindre, baisse de motivation,
Irritabilité, anxiété,
part assez simples (fréquence cardiaque, questionmauvaises décisions tactiques ou temps de prise
engagement physique de décision plus long qu’à l'accoutumé… sont
naires…), il faut reconnaître qu’ils ne sont pas toumoindre…
jours évidents à mettre en œuvre et nécessitent
autant d’indicateurs de l’arrivée imminente d’une
parfois du matériel que les clubs amateurs ne possèdent pas. Il période de fatigue plus ou moins longue. Un œil averti et attentif
existe cependant un outil dont disposent bon nombre d’éduca- peut donc avantageusement remplacer certains outils qui peuvent
teurs : l’expérience et le sens aiguisé de l’observation.
être assez coûteux pour un club.
Vestiaires
PRÉPARATION PHYSIQUE
d'année : comment réagir ?
Ne commettez pas l'erreur
d'interpréter cette phase de
méforme comme étant le reflet
d'un manque d'entraînement !
Elle dépend aussi en grande partie de la
période de préparation physique estivale.
Une période de préparation insuffisante et
c’est tout l’édifice qui peut s’écrouler au
milieu de l’automne à cause de qualités
physiques insuffisamment développées
pour garantir un engagement durable des
joueurs. Cependant, quelle que soit l’attention portée à la préparation estivale,
l’entraîneur peut se retrouver face à un
groupe usé sur les plans physiques, émotionnels et psychologiques. Comment réagir dans cette situation autrement qualifiée de "phase de dépassement" ? L’erreur
(pourtant très fréquente) à ne surtout pas
commettre est d’interpréter cette phase
de méforme comme étant le reflet d’un
manque d’entraînement. Augmenter la
charge de travail en ajoutant des
séquences de préparation physique, c’est
s’assurer que la période de méforme sera
encore plus longue !
Réduisez de moitié la séance tout
en maintenant l'intensité,
pendant au moins 2 semaines
La littérature scientifique montre très clairement que la meilleure stratégie pour
retrouver son niveau de performance
habituel est au contraire de diminuer la
charge d’entraînement de façon suffisamment importante pour effacer les
stigmates de la fatigue sans pour autant
s’exposer au désentraînement.
Concrètement, vous devez maintenir l’intensité de l’entraînement, mais réduire
sa durée de moitié voire même des trois
quarts selon l’importance du niveau de
fatigue, et ceci pendant une période d’au
moins deux semaines. Parallèlement, il
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est important de
mettre l’accent sur
les moyens de récupération habituels :
un sommeil de bonne
qualité, une hydratation suffisante pendant la journée, mais
aussi pendant et
juste après l’entraînement avec des
boissons glucidiques,
une alimentation
adaptée avec une
proportion importante de glucides afin que les muscles
refassent le plein d’énergie. Ces deux
approches combinées devraient permettre
aux joueurs qui sont en état de dépassement de retrouver assez vite leur niveau
initial (voir même un niveau supérieur).
Optimiser le processus de
récupération
Une seconde erreur à ne pas commettre
est de reprendre sur un rythme effréné
dès que les joueurs retrouvent de bonnes
sensations. La saison est encore longue, et
vouloir "rattraper le retard" augmente la
probabilité de se retrouver dans la même
situation au milieu de l’hiver. Peut-être
vaut-il mieux reprendre progressivement
en intégrant petit à petit de courtes
séquences de préparation physique en fin
d’échauffement (agilité, force, vitesse) ou
en fin de séance (exercices intermittents à
haute intensité tels que du 15/15), puis
consacrer une séance par semaine à ce
type de travail. Le volume de travail doit
toujours demeurer raisonnable car la
contrainte physique des périodes de travail technico-tactique, bien que difficilement quantifiable, n’en reste pas moins
importante. Sans compter que les joueurs
ont la plupart du temps des activités
connexes qui apportent également leur
lot de stress et de fatigue.
En résumé, les périodes de fatigue que
l’on peut observer à différents moments
de la saison reflètent le plus souvent un
décalage important entre les différentes
sources de fatigue ou de stress et la capacité de récupération. La meilleure stratégie pour retrouver son niveau habituel est
donc de réduire au maximum (quand c’est
possible) ces sources de fatigue et d’optimiser les processus de récupération.
L’éducateur est bien entendu le chef d’orchestre de cette partition complexe. ■
"No pain, no gain
(sans souffrance, pas de bénéfice) ?"
Contrairement à un adage largement répandu dans le milieu sportif qui veut qu’on ne progresse pas sans souffrance ("no pain no gain"), la performance optimale est un subtil
mélange entre les objectifs de l’équipe, les contraintes extra-sportives des joueurs, les
phases de travail intense, les phases d’allègement de la charge d’entraînement et l’optimisation des moyens de récupération. A ce titre, une séance légère n’occasionnant pas de
fatigue supplémentaire fait partie intégrante du processus d’entraînement.
41
■ Par Jérémy DOS SANTOS,
entraîneur de l'équipe réserve du Royal
Mouscron (D2 belge), titulaire du DEF.
Corners et coups francs : les
S T R AT É G I E
Défensivement et offensivement. Le sujet n’est pas de ceux auxquels on pense
spontanément pour améliorer le rendement de son équipe. Il ferait même figure de détail
diront certains. Et pourtant ! Une récente étude démontre qu’un nombre conséquent de
buts sont consécutifs à un ballon initialement repoussé par la défense, sur corner ou coup
franc, puis joué dans un deuxième temps.
u moment d’évoquer les coups de pied
arrêtés lors de la causerie d’avant match,
les hommes désignés pour s’oc,cuper de
la "ramasse" doivent bien souvent se contenter d’un évasif "vous vous placez à la sortie
des 16 mètres" . Pourtant, sur un corner défensif, le deuxième temps peut s’avérer tout aussi
décisif que le premier. A quoi peut bien servir de
gagner le premier ballon si l’équipe encaisse
un but dans les secondes qui suivent ? Ainsi,
le rôle des joueurs "à la ramasse" mérite sans
doute d’être clarifié. Au niveau défensif
A
Notion de "Barrière" en protection du
secteur central dans le cas du mauvais
renvoi défensif (vers la zone axiale)
Objectif : Contrôler la zone de tir (gestion du 2ème ballon dans
la zone axiale). Être à la retombée du ballon. Protéger l'axe du but
par un alignement défensif dynamique constitué de deux éléments (J1 et J2).
Comportements attendus : Positionnement trois quarts ("un
œil sur le ballon et un œil sur son adversaire direct"). Anticiper sur
les trajectoires. Toujours un joueur qui cadre (dissuader le tir)
et l'autre prêt à couvrir en cas d'élimination. Cette action de couverture dans le duel axial permettra également d'empêcher toute
prise d'appui (passe entre 2 à un pivot) interdisant ainsi l'accès
immédiat au but.
Schéma 1
42
d'abord, l’objectif consiste à assurer un quadrillage efficace de la surface de réparation et
de ses alentours. La répartition des joueurs
dans des zones sensibles doit empêcher l'attaque adverse de bénéficier d'un avantage sur
les deuxièmes ballons, voire d’annihiler une
combinaison offensive sur phase arrêtée. Mes
préférences en ce qui concerne les joueurs chargés du deuxième temps de jeu vont vers la mise
en place d'un "rideau flottant" constitué de
deux à trois éléments, et positionné de façon
légèrement désaxée de part et d'autre de la
demi-lune des 16 mètres 50 (voir schéma 1).
"Assurer un quadrillage efficace
dans les zones sensibles"
Qu'il y ait un ou des adversaires présents dans
cette zone conditionne le placement des joueurs
"à la ramasse". Si le ballon est repoussé mais
demeure dans la zone de tir (voir schéma), les
deux joueurs "à la ramasse" vont presser en
cherchant à excentrer les porteurs de balle, ou à
Principes d'organisation collective sur
corner défensif
Objectif n°1 : Ne pas densifier démesurément la surface de réparation pour défendre. Mise en place d'un marquage mixte avec 2
joueurs en zone (1er poteau) et 5 joueurs au marquage individuel.
Objectif n°2 : Préparer la contre-attaque avec 2 joueurs qui
occupent une position dite "mixte" entre organisation défensive et transition offensive. Un 3ème joueur est quant à lui en
position haute pour retenir 1 à 2 adversaires.
NB : ce genre d'organisation peut être intéressant pour une
équipe présumée inférieure à son adversaire sur phase arrêtée. Le
rapport numérique imposé peut potentiellement influencer le
rapport de force ayant lieu dans la surface de réparation.
Schéma 2
Vestiaires
STRATÉGIE
joueurs "à la ramasse"
sortir la balle de l'axe ballon-but. L'objectif
étant de dissuader la mise en situation de tir
voire la réalisation de centres en deuxième
intention. Notez par ailleurs que les corners
défensifs représentent autant de possibilités… d’attaquer. En effet, une équipe organisée pour jouer le corner offensif est souvent
vulnérable sur des situations de contres rondement menés. Dans ce cas de figure, le passage
de l’action défensive à l’action offensive au
cours de la phase de transition implique majoritairement les joueurs "à la ramasse".
Comment ? En organisant collectivement le
jeu défensif sur corner et en permettant à certains joueurs d'être déchargés de l'action
défensive pour prendre à revers l'attaque
adverse. Ainsi, ces joueurs, au moment du tir,
ne regardent pas le résultat de l'exécution du
corner mais anticipent dès le départ du tir pour
partir en contre-attaque. Une notion d'explosion collective incisive, soudaine, qui ne doit
pas laisser le temps à l'adversaire de récupérer
la situation. Un temps fort où il s'agira de prendre un avantage (en espace et en temps) par la
création de surnombre avant le replacement
défensif adverse.
"La faible densité de joueurs adverses
sur un espace jouable important doit
nous inviter à revisiter le corner
défensif sous l’angle de l'enchaînement offensif qui va suivre"
Une intention de jeu qui induit un rythme de
réalisation élevée et qui va ainsi générer de
l'incertitude dans le camp d'en face. Il y a la
nécessité ici de synchroniser les déplacements
des joueurs engagés dans le contre, associés
aux qualités de percussion et de vitesse d'engagement de chacun. Des données qui doivent être décisives au moment de choisir les
joueurs qui occuperont ces postes stratégiques !
En définitive, nous évoquons donc une organisation défensive mixte (marquage individuel
et zone) au service d'une structure mobile
(joueurs chargés d'engager le contre) pour
planifier l'attaque rapide dans un temps de
transition. La faible densité de joueurs
adverses sur un espace jouable important doit
nous inviter à revisiter le corner défensif sous
l’angle de l'enchaînement offensif qui va suivre. Une fois le ballon repoussé ou récupéré,
l’objectif est donc de coordonner "libération
d'espace et prise d'espace" dans le temps le
plus court possible pour faire peser une
menace sur le dispositif défensif adverse. ■
Lancer le contre
Organiser le mouvement "combiné"
1) Course anticipée de J1 situé côté tireur dès le départ du ballon.
Pendant ce temps J2 se resitue légèrement vers l'axe en cas de
retombée du ballon dans cette zone (gestion du 2ème ballon).
Les départs anticipés et différés loin de l'alignement défensif de
la dernière ligne adverse peuvent nous offrir un avantage. J1 et
J2 auront pour objectif "d'exploser" dans la largeur pour "désolidariser" les 2 joueurs mis en sécurité par l'équipe adverse.
Une action combinée qui permettra à J3 d'arriver lancé sur l'espace du milieu complètement dégagé. J4 se déplacera à l'opposé
du receveur potentiel à la fois pour ouvrir l'angle de passe, mais
aussi pour faire "éclater" les 2 joueurs adverses restés en position de défenseurs centraux.
2) Une fois le ballon capté ou récupéré, le départ anticipé de J1
sera bientôt rejoint par les départs différés de J2 et J3.
3) Côté timing : J3 déclenche son action de sprint vers le but
adverse une fois que le ballon lui est passé par-dessus. J2 s'assure d'abord que le ballon est bien récupéré avant de partir en
contre.
NB : Le gardien (dans le cas du ballon capté !) sera considéré
comme élément déclencheur de l'action alors que J1 sera lui l'élément starter de la contre attaque.
Schéma 3
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Schéma 4
Schémas réalisés avec le logiciel Pro Training 3D
43
■ Par David MERLET ,
Responsable des gardiens de but
du Mans FC.
Apprenez à votre gardien à bien se
Pratique. Pour l’éducateur novice dans l’entraînement du gardien de but, conseiller son
joueur sur le placement qu'il doit adopter sur coup de pied arrêté est loin d'être évident.
Alors, pour vous y aider, voici les principaux cas de figure de CPA avec, pour chacun d'eux,
le positionnement adéquat.
CAS DE FIGURE 1
COUP FRANC AXE PROCHE "DIRECT" (30M OU MOINS)
GARDIEN
Placer le joueur de base du mur sur la ligne ballon-1er poteau avec un joueur à sa droite et à sa gauche, au cas où il y aurait deux tireurs, un
gaucher et un droitier. L’objectif du gardien dans cette situation est de placer son mur de façon à ce qu'il couvre un maximum l’angle fermé
(côté ballon). Le gardien peut alors se placer "côté ouvert". Le portier doit impérativement voir le ballon pour pouvoir juger rapidement
de sa trajectoire, mais ne pas anticiper trop tôt avant le départ du ballon…
CAS DE FIGURE 2
COUP FRANC AXE LOINTAIN (30M OU PLUS)
Placer le joueur de base du mur sur la ligne ballon-1er poteau avec un joueur à sa droite et à sa gauche, au cas où il y aurait deux tireurs, un
gaucher et un droitier. L’objectif du gardien dans cette situation est de placer son mur de façon à ce qu'il couvre un maximum l’angle fermé
(côté ballon). Le gardien peut alors se placer "côté ouvert". Le portier doit impérativement voir le ballon pour pouvoir juger rapidement
de sa trajectoire, mais ne pas anticiper trop tôt avant le départ du ballon…
44
Vestiaires
GARDIEN
positionner sur coup de pied arrêté
CAS DE FIGURE 3
COUP FRANC AXE PROCHE "INDIRECT"
Placer le mur comme pour le coup franc proche direct. Ajouter un joueur supplémentaire que l’on nommera "voltigeur". Ce joueur sort du
mur pour aller rapidement vers le frappeur au moment où le ballon est joué. Le gardien se place "côté ouvert". Il se déplace légèrement en
fonction de la passe adverse mais il doit être stable sur ses appuis quand le tireur arme sa frappe. S’il continue de se déplacer à ce moment
là, il sera en retard pour son intervention…
CAS DE FIGURE 4
COUP FRANC "INDIRECT" DANS LA SURFACE DE RÉPARATION
Pas de solution miracle dans cette situation très particulière, mais l’idéal est que le gardien se place devant ses partenaires à distance réglementaire du ballon. C’est au gardien de sortir vers le tireur au moment de la passe. Ses partenaires se situent sur la ligne de but.
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Schémas réalisés avec le logiciel Pro Training 3D
Suite page suivante 
45
CAS DE FIGURE 5
COUP FRANC EXCENTRÉ LOINTAIN (30M OU PLUS)
GARDIEN
Le frappeur est gaucher et tire à gauche du gardien. À cette distance, un seul joueur suffit dans le mur. Le gardien doit le placer sur la trajectoire du centre pour obliger le tireur à lever son ballon et donc moins appuyer sa frappe. Le gardien aura ainsi plus de temps pour
intervenir et pouvoir venir capter le ballon. Il doit se placer juste en dessous de la ligne des 5,50 m plein axe pour envisager toutes les trajectoires possibles. Sur un coup franc de ce type, c’est à lui d’intervenir si possible sur le ballon et aux défenseurs de "s’occuper" des trajectoires de déplacements des adversaires.
46
CAS DE FIGURE 6
COUP FRANC EXCENTRÉ PROCHE (MOINS DE 30 M)
Coup franc à droite du gardien. Le frappeur est droitier, la trajectoire du ballon est rentrante. Deux joueurs dans le mur. Ces derniers
sont placés sur la trajectoire du centre pour obliger le tireur à contourner le mur et donc éloigner le danger (ou à lever son ballon par-dessus le mur afin que le portier dispose de plus de temps pour son intervention). Le gardien, lui, est positionné quasiment sur sa ligne de but
et légèrement au premier poteau afin de protéger en priorité son but en cas de frappe directe.
Vestiaires
GARDIEN
CAS DE FIGURE 7
CORNER FRAPPÉ RENTRANT
Le gardien place un joueur au 1er poteau et un joueur dont la mission est de couper la trajectoire à hauteur du 1er poteau dans les 5m50.
Le gardien, lui, doit se situer au milieu de son but pour se permettre d’intervenir à la fois au 1er ou 2ème poteau. Il doit bien temporiser au
départ du ballon pour attaquer et "couper" la trajectoire du ballon. Un ballon frappé en force au 1er poteau doit être intercepté par le joueur
qu’il a placé dans ses 5m50. Tous les ballons frappés au milieu et au 2ème poteau dans les 5m50 sont pour le gardien en priorité. En dehors
des 5m50 m, tout dépend de la puissance de la frappe et des capacités du gardien à juger la trajectoire et à se déplacer rapidement.
CAS DE FIGURE 8
CORNER FRAPPÉ SORTANT
Toujours le même placement pour les partenaires, mais le gardien se place légèrement en retrait (2/3 deuxième poteau) et un peu plus écarté
de sa ligne de but. La trajectoire sortante reste plus difficile à négocier car le ballon est fuyant. Pour le gardien, l’objectif est d’avancer pour
couper cette trajectoire et avoir une meilleure prise de balle.
MUR : PLACER LES PLUS GRANDS AUX 2E ET 3E PLACES, À CÔTÉ DE L’HOMME DE BASE
Le premier paramètre important est de ne jamais dissocier le placement du gardien par rapport à son mur. Le gardien doit préciser le nombre
de joueurs qui vont constituer son mur avant le match : 1 ou 2 pour des coups francs lointains ou excentrés, 4 ou 5 sur des coups francs plus proches.
Ensuite, il doit les placer : l’homme de base (ou le 2ème joueur composant le mur en cas de droitier à gauche pour le gardien ou gaucher à droite)
doit se situer sur la ligne fictive ballon- premier poteau. Les autres sont serrés contre lui "côté ouvert". Dans tous les cas, le mur placé ne doit
pas sauter car le gardien se place en fonction de son mur et donc de l’angle de frappe qui est couvert par celui-ci. Enfin, il n’existe pas de règle
infaillible quant à la composition du mur, mais le plus efficace est de placer les plus grands joueurs aux 2ème et 3ème places, à côté de
l’homme de base. Car un coup franc tiré directement au but dans la lucarne "côté fermé" par-dessus le mur passe souvent au-dessus de ces 2
joueurs cités précédemment…
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47
■ Par Didier OLLE-NICOLLE,
entraineur professionnel (DEPF).
TA B L E A U N O I R
Comment se préparer à affronter
Lorsqu'on lutte dans les bas fonds du classement ! David contre Goliath, le pot de terre
contre le pot de fer, l’ogre contre le petit poucet… Les métaphores ne manquent pas pour
évoquer ce qui relève à priori d'un combat déséquilibré. Pour autant, le petit est-il toujours
condamné face au plus gros ? Pas si sûr. La magie du football, quel que soit le niveau, réside dans
ces histoires ou le vainqueur final n’est pas celui que l’on annonçait au coup d'envoi. Plan de jeu,
préparation, grandes lignes directrices, VESTIAIRES a demandé à un spécialiste des coups
retentissants de se pencher sur la question.
orsqu'arrive le moment d'affronter l'un des ténors de la poule et que
notre équipe luttera cette saison pour ne pas descendre, la première
des démarches, je pense, est de présenter la rencontre comme un
"match évènement". Par évènement, il faut comprendre opportunité
donnée à l’équipe de démontrer ce qu’elle vaut… Selon la formule, le
groupe n’a donc "rien à perdre mais bien tout à gagner". En ce sens, il peut
s’agir véritablement d’une chance accordée aux joueurs de sortir de leur
quotidien et d’accéder à un statut supérieur tant sur le plan individuel
que collectif. Selon moi, il convient donc de préparer ce match évènement le plus tôt possible. Dire "on va leur rentrer dedans…" ne suffit
évidemment pas. Par ailleurs, il est difficile de prétendre améliorer subitement les capacités techniques de ses joueurs sous prétexte que le match
à venir va exiger une plus grande maîtrise avec le ballon. Je préconise
donc plutôt de privilégier les aspects tactiques et psychologiques.
L
>Si le joueur est persuadé que tout peut arriver, s’il
est convaincu que le plan de jeu est le bon, une
partie du chemin est déjà réalisée !
Mentalement, d'abord, il faut que chaque joueur ait envie de se sublimer. En amont, lors de la préparation du match, puis sur le terrain. Dans ce
domaine, la plus grande réussite de l’entraineur est de parvenir à créer une
"conviction du possible". Si le joueur est persuadé que tout peut arriver,
s’il est convaincu que le plan de jeu est le bon, une partie du chemin est déjà
réalisée ! Ainsi, lors de la causerie d’avant match, l’entraineur a tout
"JOUER LES COUPS DE PIED ARRÊTÉS
OFFENSIFS À FOND…"
Autre élément essentiel : les coups de pied arrêtés ! Voilà par
définition un compartiment du jeu où l’écart se réduit. Il peut
même être assez fréquemment en faveur de l’équipe supposée la
plus faible. Les équipes du haut de tableau affichent parfois un
certain laxisme dans ce type de match réputé facile. A ce titre, tous
les coups de pied arrêtés à bonne distance doivent être joués
avec un maximum de détermination et d’engagement. Même
s’il n’y a pas but à chaque fois, cela contribue à faire douter les
adversaires d’une part, et à renforcer la confiance de notre équipe
d’autre part.
48
intérêt à focaliser son discours sur les aspects collectifs et les consignes tactiques individuelles, plutôt que de se disperser sur le résultat ou les incidences au classement.
Tactiquement, maintenant, le bon dosage se situe dans cette zone où l’on
va s’appuyer sur nos savoir-faire tout en prenant en compte les spécificités de l’adversaire. Il ne s’agit pas de vouloir tout révolutionner tout
comme il serait incompréhensible de ne pas adapter le jeu de l’équipe
aux circonstances (voir ci contre plans de jeu spécifiques). Cependant,
dans l’immense majorité des cas, la problématique se résume en deux
questions : "Comment bien récupérer le ballon pour sortir vite ? Comment
résister tout en portant le danger devant la cage adverse dès que possible ?
>La problématique se résume souvent en 2 questions :
"Comment bien récupérer le ballon pour sortir vite
? Comment résister tout en portant le danger devant
la cage adverse dès que possible ?
Globalement, le plan de jeu se développe alors en deux temps principaux qui vont évoluer au fil du match :
- Premier temps : parasiter les certitudes de jeu de l’équipe adverse en
présentant un bloc compact favorisant une récupération collective et
individuelle efficace.
Vestiaires
TABLEAU NOIR
un ténor du championnat ?
Quelques scénarios et pistes de réflexion
Didier Ollé-Nicolle a bien voulu se prêter au jeu des scénarios imaginaires. A Lire et adapter !
Quel plan de jeu face à… :
Une équipe forte dans la possession
Une équipe forte sur les côtés
Dans l’absolu, je chercherais à créer du surnombre au milieu. On
peut imaginer une animation mixant zone et individuelle sur un ou
plusieurs joueurs ciblés. A la récupération, on doit avoir l’obsession
de se projeter vite vers l’avant.
En conservant mon organisation de base, j’insisterais sur les notions
de couverture des latéraux entre eux, puis sur la couverture à l’intérieur d’un ou plusieurs joueurs axiaux.
Des attaquants très rapides
Si l’équipe adverse trouve l’avant-centre sur du jeu long, on va
essayer d’agir sur les "rampes de lancement". Si les adversaires
cherchent le remiseur plutôt sur du jeu court, on va devoir anticiper
les remises et les déviations. A priori, je privilégierais plutôt un
bloc médian.
Une équipe avec un avant-centre remiseur, au grand gabarit
Je demanderais à l’équipe d’évoluer assez bas pour ne pas laisser
trop d’espaces dans le dos. Dans la semaine précédente je porterais
une attention particulière sur les coups de pied arrêtés défensifs et
offensifs.
- Deuxième temps : poser un problème défensif à l’adversaire en se projetant vers l’avant afin d’équilibrer, voire d’inverser le rapport psychologique.
Bien-sûr, la chose est plus facile à dire qu’à faire. Ceci étant, n'oubliez
jamais que lorsque le plan de jeu mis en place se vérifie sur le terrain,
lorsque les convictions énoncées deviennent les réalités du jeu, alors les
joueurs finissent de se persuader que l’exploit est possible.
En conclusion, une fois que le travail tactique a été bien réalisé, et à partir
du moment où le plan de jeu a été dévoilé, le rôle de l’entraîneur lors de ce
type de match consiste essentiellement à faire passer une idée directrice :
le football est logique mais irrationnel. Autrement dit, le plus fort sur le
papier ne l’emporte pas toujours. Ensuite, la consistance des joueurs et les
certitudes collectives dictent la vérité du moment. ■
SES 3 COUPS D'ÉCLAT REVUS ET COMMENTÉS
Nice-Lyon (octobre 2009, Ligue 1) : L’OGCN est en difficulté au classement. Les Lyonnais, dominateurs, sont les grandissimes favoris.
"J’avais demandé au bloc d’évoluer très haut. Le plan de jeu prévoyait de couper les premières passes vers leurs milieux de terrain. Leurs
défenseurs ne devaient pas pouvoir trouver Toulalan et Makoun qui dominaient dans l’entrejeu. Ça a marché ce jour là…". Les Niçois l’emportent 4-1 en pressant constamment l’arrière garde lyonnaise.
Nice-PSG (mars 2010, Ligue 1) : Les Aiglons créent de nouveau la surprise face à une grosse équipe du PSG : "Avec le staff, nous
avions décidé de conserver notre organisation en zone mais de faire un marquage individuel sur le meneur de jeu parisien (Sessegnon,
Ndlr). C’était très inhabituel. Pour l’occasion, c’est un joueur évoluant arrière latéral habituellement qui s’est collé à la tâche. Ils ne sont
jamais vraiment parvenus à trouver la solution tactique et, au final, nous l’avons emporté 1-0".
Nîmes-Saint-Etienne (janvier 2005, Coupe de France) : Pensionnaire de National, le Nîmes Olympique élimine cette saison-là
quatre formations de Ligue 1 en appliquant à chaque fois un nouveau plan de jeu ! Extrait choisi illustrant la dimension mentale lors de
la confrontation face à l'ASSE : "En 32ème, on joue Saint-Etienne et on est mené 2 à 0 sur deux coups de pied arrêtés. Mais ce qui se passait sur le terrain correspondait tellement à tout ce que nous avions préparé durant la semaine que les joueurs n’ont jamais douté. Plus
le match avançait et plus le rapport psychologique tournait en notre faveur alors que nous évoluions deux niveaux en dessous ! Au final,
nous l’avons emporté presque naturellement 3-2".
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Le contrôle orienté
Maîtriser le ballon en mouvement. Le football moderne impose un jeu en mouvement.
Ainsi, au haut niveau, l’amorti se transforme de plus en plus en contrôle orienté. Ce geste
technique appelé aussi "prise de balle", permet d’accélérer le jeu, soit en gardant un temps
d’avance sur l’adversaire, soit en le déséquilibrant. Petit rappel théorique et pratique.
uand Fabregas tourne la tête
avant le contrôle, il veut pouvoir changer de projet de jeu
au dernier moment, en fonction de la
situation et donc, au choix, dribbler sur le
contrôle, jouer en remise, se retourner,
dévier…" (Erick Mombaerts). Pour peu
que le joueur perçoive le jeu avant de
recevoir le ballon, le contrôle orienté offre
à son auteur de vastes possibilités dans
l’orientation à donner à l'action. Alors
certes, et à la différence de la passe, de
la frappe ou du jeu de tête, le contrôle
orienté n’entre pas dans le champ des
statistiques entourant traditionnellement
un match de football. Il n’en demeure pas
moins un geste ô combien important dans
la panoplie du footballeur ! Les bons techniciens s’en délectent car le contrôle
orienté permet, en un contact, de se mettre dans le sens du jeu et/ou d’éviter l’af-
TECHNIQUE
"Q
frontement avec l’adversaire. Mais réussir un contrôle orienté ne s’improvise pas.
Tout d’abord, il nécessite, on l'a dit, une
bonne perception du jeu (voir avant de
recevoir) : anticipation de la passe du partenaire ou de la perte de balle de l’adversaire, par exemple, pour enchaîner sur
une action.
Voir avant de recevoir
Il réclame ensuite une véritable coordination spécifique avec des enjeux techniques et moteurs variés, comme la maîtrise de la réception du ballon sur le premier contact, des prises d’appuis suffisantes pour permettre un bon équilibre
de tout le corps, sans oublier l’impérieuse
nécessité de toujours garder le ballon en
mouvement pour pouvoir enchaîner dans
les meilleures conditions. Et tout cela au
milieu de contraintes d'espaces et de
temps qui rendent la tâche encore plus
complexe ! Alors, comment la travailler
? À l'instar de tous les fondamentaux, le
contrôle orienté se travaille dès les petites
catégories. D'abord sous forme analytique le plus souvent, par le biais d'exercices simples, sans opposition, permettant à l'éducateur d’effectuer des corrections sur la prise de balle, la position du
corps, etc… La mise en place d’opposition dans des situations globales permettra ensuite d’insister sur l’orientation que
l’on veut donner à son contrôle orienté.
Travailler ce geste technique dès le plus
jeune âge apparaît donc on ne peut plus
nécessaire. La fluidité dans le jeu en
dépend, et amène de la vitesse. Et la
vitesse de jeu, c’est le niveau…
■ François Villebrun
CONTRO
̂ LE DEMI TOUR
LES POINTS DE CORRECTION À OBSERVER
- Prendre les informations : voir avant de recevoir pour orienter avec une intention ; détacher son regard du ballon.
- Apprécier la trajectoire du ballon : pour adapter la qualité de pied sur la première touche en fonction à la fois de la vitesse du ballon et de l’orientation que l’on veut donner au jeu. Le regard doit être fixé sur le ballon.
- Avoir des appuis solides et un bon équilibre : le pied d’appui doit être porté au niveau où le ballon va entrer en contact avec le
sol. La position des bras en lien avec les appuis doit permettre un bon équilibre. Le regard se détache au moment du contrôle.
- Dominer le ballon sur le premier contact (extérieur ou intérieur du pied) : le ballon doit rester à portée, ni trop près, ni trop loin
afin d’en permettre une meilleure exploitation.
- Prendre de la vitesse : à l’image d’un sprinter dans les starting blocks, la poussée sur la jambe d’appui doit être forte de manière
à réaliser un "coup de rein" et faire la différence (changement de rythme).
50
Vestiaires
TECHNIQUE
POUR LE FOOT D'ANIMATION
EXERCICE 1 : CONTRÔLE ORIENTÉ ET ENCHAÎNEMENT
Les joueurs sont répartis en groupes de 3. Un
ballon par groupe. Distance entre joueurs : 10
mètres. A passe à B qui effectue un appel (il
va vers le ballon). B effectue un contrôle
orienté de l'extérieur du pied pour se retourner (au moment de la prise de balle), et
enchaîne avec une passe à C. Après avoir
contrôlé le ballon, C redonne à B qui effectue
un nouveau contrôle orienté de l'extérieur
du pied, etc… Durée : 3 x 4 minutes (chaque
joueur passe au milieu à tour de rôle).
Variantes :
- Extérieur pied droit à l'aller, extérieur pied
gauche au retour.
- Idem, mais de l'intérieur du pied.
EXERCICE 2 : TRAVAIL DU CONTRÔLE ORIENTÉ EN PASSE ET VA + FINITION
Un groupe de 10 joueurs. 2 joueurs situés à chaque cône. Source de ballon à côté du joueur A. Le circuit est réalisé comme suit, en
passe et va : A passe à B qui fait un appel de balle (il va vers le ballon) puis effectue un contrôlé orienté, avant de conduire le ballon sur
quelques mètres et donne à C, etc… Quand A passe à B, il prend sa place, quand B passe à C, il prend sa place, etc… A la fin du circuit, E effectue un contrôle orienté et enchaîne avec une frappe au but. Observations : les contrôles orientés doivent s’effectuer cheville "molle" et
les passes cheville "durcie". Les passes sont tendues au sol. Insister sur la coordination entre le passeur et le receveur.
Variantes :
- Faire l'exercice côté opposé pour varier les appuis sur le contrôle orienté.
- Avoir plusieurs solutions pour le dernier passeur (plusieurs tireurs possibles placés à des endroits différents).
- Contrôle intérieur
pied droit/passe
pied gauche pour B,
contrôle extérieur
pied droit/passe
pied gauche pour C,
contrôle
pied
gauche/passe pied
droit pour D.
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51
EXERCICE 3 : ZONE À ATTEINDRE
Jeu à 3 contre 2 (multiplier les ateliers suivant l'effectif).
Séquences de 1 minute. Terrain d'environ 20x15 mètres.
Interdiction d’arrêter le ballon pour aller marquer dans l’enbut. Observation : être souple sur la règle (ne pas pénaliser
systématiquement si le ballon s’arrête). Amener le ballon sur le
premier contact. Le faible rapport numérique favorise la quantité d’actions motrices.
TECHNIQUE
CONTRO
̂ LE EXTÉ RIEUR
POUR LE FOOT A 11
EXERCICE 1 : PASSES COURTES/LONGUES ET CONTRÔLE ORIENTÉ INTÉRIEUR/EXTÉRIEUR
Un groupe de 8 joueurs (ateliers à multiplier suivant l'effectif). 1 ballon pour 2 joueurs. Un carré de 30x30 mètres découpé en 9 zones de
10x10 mètres. Les joueurs s’échangent le ballon par 2 comme suit :
- 4 minutes (2x2') : A passe à B qui effectue un contrôle
orienté de l'intérieur du pied pour aller dans une autre
zone et donner le ballon à A, qui effectue un contrôle
de l'extérieur du pied pour aller dans une autre zone
et donner le ballon à B, etc… Puis on change les rôles.
Le joueur qui n'a pas le ballon doit effectuer un appel
de balle dans une autre zone avant de revenir dans la
zone initiale pour réceptionner la passe.
Observations : vigilance sur le premier contact, les
premiers appuis, le regard vers le porteur de balle (disponibilité).
EXERCICE 2 : STOP-BALLE
Jeu à 6 contre 6 sur un terrain de 40 x 30 mètres. Matérialiser un couloir de 5 mètres (zone de finition) avant la zone de stop-balle (SB).
Pour marquer un point, le joueur doit recevoir dans la zone de finition (ZF) et marquer sur 3 touches maximum. Jeu libre dans tout le reste
du terrain. Défenseurs :
interdit de se trouver
dans la zone de finition
tant que le ballon n’y
est pas. Observations :
demander beaucoup
de mouvement dans la
zone de finition et
valoriser les prises de
balle rapides.
52
Vestiaires
TECHNIQUE
EXERCICE 3 : ZONE À ATTEINDRE EN SUPÉRIORITÉ NUMÉRIQUE
Jeu en supériorité numérique à 6 contre 4. Terrain 40 x 25 mètres. Séquences de jeu courtes (2 minutes). Interdiction d’arrêter le ballon
pour atteindre la zone d’en-but. Observations : le ballon doit toujours être en mouvement. Sans l’imposer, demander de la variété dans
les surfaces de contact (intérieur du pied, extérieur, semelle…).
CONTRO
̂ LE INTÉRIEUR
LES DIFFÉRENTS CONTRÔLES ORIENTÉS SUR BALLON AU SOL
Contrôle orienté de l'intérieur du pied : Contrôle le plus sûr car la surface utilisée est importante. Il surprend peu l’adversaire.
Contrôle orienté de l'extérieur du pied : Plus difficile sur le premier contact. Suivi d’une forte accélération, il peut déséquilibrer
un adversaire.
Contrôle "Cruijff" : Vulgarisé par l'ancien triple Ballon d'Or, ce contrôle orienté permet de passer le ballon derrière la jambe d’appui. Il donne la possibilité de s’orienter et de surprendre l’adversaire en se retournant.
Contrôle enroulé : Sert aussi pour se retourner. Effectué avec l’intérieur du pied, il permet de se mettre dans le sens du jeu tout en
protégeant le ballon avec son corps.
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53
■ Par Jean-Paul ANCIAN,
Professeur EPS INSA de Lyon, titulaire
du BE2. Expert en préparation physique
et préparation mentale. Adjoint en sélection nationale de Côte d'Ivoire.
MANAGEMENT
Remplaçants et remplacés :
Doigté. La gestion des remplaçants et remplacés dans le football amateur est rendue difficile
par les différents paramètres qu'il convient de prendre en considération. Entre recherche de la
performance, plaisir de jouer (et donc d'avoir du temps de jeu) et convivialité dans le rapport
entraîneur/entraîné, on touche ici à une problématique managériale bien plus complexe qu'il
n'y paraît. Essayons d'y voir un peu plus clair à partir de cas concrets.
l s'agit d'une problématique très intéressante mais d'une grande complexité dès
lors qu'on veut l’aborder d’une manière à la
fois globale et concrète. Avant d'aller plus
loin, rappelons que la réglementation est différente selon le niveau de pratique. Ainsi,
dans les championnats nationaux, tout remplacement est définitif. Rien à voir avec les
épreuves départementales et régionales où
le changement de joueur répond à une autre
logique (rotation). D’autre part, la problématique du remplacement n'est pas la même
selon la catégorie. En école de foot, par exemple, d'autres considérations que sportives
doivent être prises en compte tels que l'aspect éducatif, la méthode pédagogique, la
notion d'équité, de collectif, ou encore le plaisir de jouer. Ici, plus que la volonté de faire
un résultat, c'est l'indispensable cohérence
éthique et pédagogique qui prévaut. Ce
préambule effectué - dans lequel on aurait
pu ajouter l'évolution des mentalités et son
impact sur la relation entraîneur/entraîné arrêtons-nous sur les principales interrogations que l'entraîneur amateur peut se poser,
et la meilleure façon, à priori, d'y répondre.
I
uDoit-on veiller en amateur à
faire "tourner" les remplaçants
d’un week-end end à l’autre ?
Plusieurs solutions peuvent être envisagées
en fonction de la catégorie, du niveau de pratique, du profil des joueurs et de ses motivations :
- Changer sciemment les remplaçants de
départ chaque week-end. On maintient de la
sorte une certaine motivation pour le remplaçant du jour.
- Faire savoir au groupe qu'un joueur qui
débute sur le banc deux matches de suite,
54
débutera obligatoirement la rencontre suivante. La motivation fixée à court terme pour
le joueur remplaçant du jour est préservée.
- Dans les petites catégories, rendre obligatoire la participation de tous les joueurs à au
moins une mi-temps me semble être un impératif (plaisir de jouer pour tous).
- Annoncer que le temps de jeu sera réparti
équitablement à chaque match durant
toute (ou une partie ?) de la saison, quel que
soit le statut de départ du joueur (remplaçant, remplacé). Cela va induire différents
choix tactiques (souplesse dans le coaching)
et réclamer de situer les objectifs sportifs et
collectifs d’un match à partir d’un groupe de
14 joueurs, tous et automatiquement concernés.
uQuel temps de jeu minimum
assurer au joueur qui vient au
match le dimanche ?
- Prévenir que le résultat sera prioritaire sur les
temps de jeu et les remplacements. Dans ce
cas les remplaçants savent à quoi s’en tenir.
J’aurai tendance ici à tourner le problème
autrement. A partir de quel temps de jeu le
joueur amateur peut-il se sentir concerné ?
Comment peut-il y trouver son compte ?
Difficile d'y répondre car l'on sait que les
attentes et motivations de chacun peuvent
être très diverses et variées (retrouver les
copains quel que soit le temps de jeu, performer et jouer le plus possible...). Jouer un minimum apparaît indispensable, bien sûr. Mais
Vestiaires
MANAGEMENT
apprenez à les gérer
où situer le "minimum" ? C'est à l'entraîneur
de le déterminer et de s'adapter en fonction du
profil du ou des joueurs concernés. Toujours
est-il que l’état d’esprit du club, la convivialité
et les relations sociales dans le groupe, la
manière d’entraîner et de coacher peuvent
constituer des "éléments tampons" permettant de repousser les limites de patience et
d’impatience de certains joueurs, mais pas à
l’infini...
uA quel moment doit-on
annoncer à un joueur qu’il sera
remplaçant ?
Il existe différents cas de figures, mais un indicateur essentiel : tenir compte du contexte
(victoire, défaite, découragement, euphorie)
pour faire varier les timings et les effets d’annonce en fonction du profil mental des joueurs
et de l’équipe. Parfois, la notion de confiance
est à renforcer. A d'autres moments, c'est la
notion de doute provoqué par l’annonce tardive de la composition d’équipe qui semble
nécessaire. L’important devient alors de surprendre pour éveiller, stimuler l’écoute, l’attention et la motivation, et chercher ainsi à
optimiser le rendement de l’équipe. Il y a aussi
la fameuse opposition systématique du mardi
ou du mercredi avec l’équipe type. Un choix
stratégique et managérial insensé ! On
annonce qui sera remplaçant dès le début de
la semaine... C'est le "joueur quille" !
Mentalement, il n'y a pas pire, surtout chez
les jeunes (U15-U17). Le fait de préserver la
motivation de ses troupes durant la semaine
et en vue de l'échéance du week-end doit être
une priorité chez le technicien. Entraîner tous
les joueurs avec la même considération et la
même attention du lundi au vendredi doit être
le leitmotiv de l'entraîneur moderne qui s’occupe du «fonctionnement global du joueur»
(tête, cœur, corps).
uComment impliquer les remplaçants lors de la causerie ?
En n'oubliant pas déjà de les nommer…
Ensuite, en leur témoignant de la considération (discussion normale avec eux comme
avec les autres). En leur expliquant aussi les
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choix par rapport à leur rôle vis à vis "du projet de vie et de fonctionnement de l'équipe"
choisi et exposé par l’entraîneur en début de
saison. Ce projet devra d'ailleurs être modulé
avec les joueurs durant la saison si nécessaire. Avec obligation ensuite de s’y tenir car
la cohérence et l’équité sont des valeurs indispensables pour légitimer et crédibiliser les
projets, l’entraîneur, et gagner le respect. La
transparence, la clarté et la sincérité me semblent les données essentielles de ces moments
là.
uResponsabiliser les rempla-
çants pendant le match (mission
d’observation, par exemple) ?
Pourquoi pas, mais uniquement sur la base
du volontariat. Ne rien imposer dans ce
domaine. Pour autant, sensibiliser les joueurs
sur les missions d’observation de certains
indicateurs du jeu me semble être d’une
grande richesse pour les faire progresser et
les amener à une vision stratégique différente
du football et du jeu. Méfions-nous tout de
même du joueur remplaçant qui doit observer
certains indicateurs chez le joueur qui le remplace...
uQuel message principal transmettre au joueur sur le point de
rentrer ?
Au moment de son entrée sur le terrain, on
doit lui situer le système de jeu joué, lui faire
part de notre attente sur le poste qu'il va occuper, et souligner son rôle de "bonus" vis-àvis de l’équipe. On doit aussi l'encourager à
prendre et à donner du plaisir à l’équipe. Dans
tous les cas, son entrée en jeu ne doit pas être
vécue par lui comme un choix par défaut, par
compensation, mais comme une volonté véritable et concrète de la part de l'entraîneur,
d'apporter un plus à l'équipe.
uExiste-t-il des remplacements
vexatoires à éviter (joueur qui
rentre et qui ressort, joueur qui
va rentrer à 5 minutes de la
fin...) ?
Tout remplacement à même de provoquer un
sentiment d'injustice voire d'humiliation chez
le joueur concerné est à proscrire. Préférez
toujours une franche explication, claire et sincère, après coup, qui permet d’avancer et de
passer au futur plutôt que de risquer de couper
définitivement la relation. En revanche, la
rentrée d’un joueur pour les 5 dernières
minutes ne rentre pas pour moi dans le même
cas de figure. Attention, car à partir du même
cas, des interprétations différentes sont possibles en fonction des joueurs. Peut-être que
chez certains joueurs, rentrer même 5 minutes
peut les rassurer sur leur réelle appartenance
à l'équipe.
uComment réagir "à chaud"
face au joueur mécontent de
sortir ?
Rappelons d'abord qu'il y a peu de joueurs
contents de sortir ! Maintenant, il y a ceux
effectivement qui contrôlent leurs émotions
sous l'emprise de la déception voire de la
colère, et ceux pour qui c’est plus difficile...
C'est d'autant plus dur qu'on réclame généralement de venir serrer la main de l'entraîneur qui, pour le joueur, est précisément la
cause du mécontentement. Dans ce type de
situation, j'aurai tendance à laisser libre le
joueur qui sort à partir du moment où il ne
me manque pas de respect. La meilleure
chose d'après moi est donc de ne pas relever,
de ne pas intervenir, de ne pas prêter attention au joueur mécontent. D'abord le laisser se calmer...
uEt à froid ?
Là, c’est différent. Le recul émotionnel permet de mieux gérer la situation et de retrouver de la lucidité et de la raison. Rien ne
remplace la discussion et le dialogue transparent clair et sincère en tenant compte du
profil de l’interlocuteur joueur, en pesant
les mots et leur portée et en argumentant à
partir du «projet de vie et de fonctionnement de l’équipe» et du «projet de jeu de
l’équipe» choisi et énoncé en début de saison N’importe quel joueur doit toujours pouvoir se situer dans ces deux projets, quitte a
être recadré par moment dans la saison . ■
55
Pourquoi applique-t-on du froid
SANTÉ
Vous êtes-vous déjà posé la question ? L’application de froid juste après
une blessure ayant provoqué le saignement (interne) d’un muscle (type
déchirure) est indispensable pour stopper l’hémorragie, traiter l’hématome
et ainsi entamer au mieux sa guérison. Explications avec le Docteur Philippe
KUENTZ, médecin de l’équipe professionnelle de l’AS Monaco FC depuis près
de dix saisons.
Pour quels types de blessure est-il
nécessaire de mettre de la glace ?
Lorsqu’il y a saignement, c'est-à-dire que la
zone est enflammée ou gonflée, qu’un
hématome se forme. Pour une entorse de
cheville par exemple, on voit rapidement
qu’elle gonfle. Pour une lésion d’un muscle, c’est moins visible mais on sent en général une pointe qui empêche de continuer
l’effort. Ce sont des signaux et il faut vite
mettre du froid pour gérer l’hémorragie.
Quels sont précisément les effets
du froid sur le muscle ? Le froid a
d’abord un effet anesthésique. Après un
choc, il va diminuer la douleur en endormant la zone concernée. C’est pourquoi on
voit parfois des soigneurs appliquer de la
bombe réfrigérante. L’effet est instantané et
le joueur pourra reprendre le jeu avec une
douleur réduite. Mais le froid a aussi et surtout un effet mécanique sur les tissus musculaires.
Expliquez-nous. Par principe, le froid
rétracte les tissus musculaires alors que le
chaud les dilate. Appliquer de la glace va
être utile pour refermer les vaisseaux qui
saignent. On va donc stopper ou en tout
cas réduire l’hémorragie. C’est l’effet méca-
nique direct du froid, que l’on appelle aussi
vasoconstriction. Plus vite on stoppe le saignement, moins on sera embêté avec l’hématome pour la suite du traitement. On
gagne ainsi du temps sur la guérison. Et
pour être vraiment efficace, la contention et
le froid doivent être associés. La conten-
tion aura le même effet que le froid : en
appliquant une pression sur le vaisseau qui
saigne, en l’écrasant, on va participer à arrêter le saignement.
Donc compression avec un bandage et glace juste après la bles-
LE FROID POUR UNE RÉCUPÉRATION GLOBALE
Outre son application locale pour la gestion des lésions
musculaires, des entorses ou des hématomes en surface, le
froid est aussi utilisé de manière globale avec un objectif de
récupération. Il n’est en effet pas rare de voir les joueurs de
haut niveau plonger dans un bain d’eau glacée dès la fin
d’un match. C’est ce que préconise le Docteur Kuentz à
Monaco : "On est ici sur un effet global. Les joueurs plongent les jambes pendant cinq minutes dans un bain à 10°C.
56
On dispose aussi de chambres de froid où la température est
de -120°C. Les joueurs y restent 3-4 minutes, en prenant
soin de protéger les extrémités du corps. On provoque ainsi
le phénomène de vasoconstriction sur tous les membres.
Ce mode de récupération est utilisé après un match ou
une opposition intense, c'est-à-dire après des séquences
qui ont occasionné des coups et donc le saignement de
certaines fibres".
Vestiaires
SANTÉ
après une blessure musculaire ?
QUELLE SOURCE DE FROID DANS VOTRE PHARMACIE ?
Pas toujours évident de disposer d’une source de glace, à l’entraînement ou en
match. Pourtant il est essentiel de pouvoir appliquer rapidement du froid en
cas de pépin. "L’idéal pour agir en profondeur, c’est la poche remplie de glaçons, ou même de glace pilée qui s’adaptera mieux aux formes de la jambe",
indique Philippe Kuentz. "Il y a néanmoins d’autres possibilités, comme la
bombe qui projette un gaz réfrigérant, les packs de gel à garder au congélateur,
ou les poches de froid instantané à usage unique". Cette dernière alternative peut s’avérer être un bon compromis. Vendu entre 1,50 et 2 euros l’unité,
ce sachet libère en le frappant une source de froid d’origine chimique. Il n’est
pas nécessaire de le conserver au frais, le sachet peut être rangé directement
dans votre pharmacie. "Mais à défaut d’autre chose, on peut tout simplement utiliser le robinet d’eau
froide et laisser couler de l’eau sur la zone touchée", précise encore le médecin de l’AS Monaco FC.
sure ? Exactement, il est important de pouvoir comprimer la zone, puis une fois un
bandage mis en place sur la peau, y appliquer de la glace.
"Indispensable de toujours
interposer un support entre la peau
et la glace"
Quelle est la fréquence d’application conseillée pour la glace ? Au
minimum 15 minutes. Le froid agit par
convexion pour traverser les tissus. Comme
dans le même temps, le réchauffement par
la circulation sanguine se poursuit, il faut
laisser agir et pénétrer au moins un quart
d’heure. Ensuite, l'idéal est de répéter 15
minutes de glace toutes les heures.
Le danger de brûlure existe-t-il si
on applique de la glace trop longtemps ? Pas forcément si on l’applique
trop longtemps, mais surtout si on l’applique à même la peau ! Il faut être très vigilant sur ce point ! Il est indispensable de
toujours interposer un support entre la peau
et la glace. Dans le cas contraire, on risque
une gelure, c'est-à-dire une brûlure par le
froid, qui peut devenir plus problématique
que la blessure elle-même !
La glace peut-elle être contre-indiquée dans certains cas précis ? On ne
fait généralement pas d’erreur en appli-
quant du froid. Sur une lésion fraîche, il sera
forcément bénéfique. Très exceptionnellement, une personne peut faire une allergie
au froid ou un syndrome de Raynaud. Le
phénomène de vasoconstriction est alors
pathologique et exagéré, mais c’est rarissime.
"Pas de chaleur (crème, massage,
sauna…) juste après une blessure
musculaire !"
Certaines choses sont-elles à proscrire absolument en cas de blessure avec saignement ? Le chaud, qui
aura l’effet inverse ! Il va ouvrir les vaisseaux et favoriser le saignement, c’est ce
qu’on appelle la vasodilatation.
L’ h é m a t o m e l e p l u s
impressionnant que j’ai vu
durant ma carrière, c’était
sur un footballeur qui avait
senti une douleur muscul a i r e e t q u i a va i t a l o r s
décidé d’aller se relaxer au
sauna... Son claquage a
continué de saigner abondamment, ce qui a considérablement retardé la
guérison. Dans ce genre de
cas, il faut donc éviter
toute chaleur supplémentaire.
Dans quels cas la chaleur sera en
revanche bénéfique pour un muscle ? En avant-match, pour échauffer un
muscle sain. Le masser, le chauffer avec une
crème stimulante aura pour effet d’augmenter sa viscosité et sa souplesse, donc
son rendement. L’échauffement à base de
contractés-relâchés et les étirements actifs
ont cet effet.
Si on prend l’exemple d’un footballeur qui ressent une légère douleur sur un muscle avant un match,
c’est le chaud ou le froid qui va le
mieux préparer son muscle ? Soit
c’est une lésion et il y a risque de claquage
et de saignement, dans ce cas il ne doit pas
jouer. Soit c’est une douleur résiduelle, une
courbature, une contracture, il n’y a alors
pas de saignement et chauffer le muscle
sera bénéfique. Mais dans cette situation,
on ne peut pas faire l’économie d’un diagnostic, il est même indispensable !
Certains médicaments sont-ils à
éviter en cas de lésion musculaire ?
Si on veut réduire un hématome, on va
contre-indiquer les médicaments qui vont
avoir pour effet de fluidifier le sang, de favoriser son écoulement, donc de faciliter le
saignement. Il s’agit de l’aspirine et des antiinflammatoires. Nous les évitons pendant
les premières 24 heures après le choc.■
Vasoconstriction
www.vestiaires-magazine.com
Vasodilatation
57
1000 emplois d’avenir pour
Etes-vous concerné ? La Fédération Française de Football participe au
financement de 1000 emplois d’avenir dans le cadre d’un partenariat avec
l’Etat. Les clubs amateurs en sont les bénéficiaires. A quelles conditions ?
Pour quels objectifs ? Guide pratique.
’emploi d’avenir", c’est le dispositif mis en place par l’Etat français
depuis le 1er novembre 2012. Il a
pour but de faciliter l’insertion professionnelle des jeunes citoyens éloignés de l’emploi. Accessible sous conditions, le procédé
permet à des employeurs de bénéficier pendant trois ans d’une prise en charge du
salaire. Bonne nouvelle, les clubs amateurs
de football font partie des structures dont le
salaire d’un embauché "éligible" est pris
en charge à 75%. Depuis le 1er septembre
dernier, la Fédération Française de Football
a décidé d’apporter également un coup de
pouce avec l’opération "1000 emplois
d’avenir pour le football". Suite à une
convention cosignée en mars dernier avec le
Ministère des Sports, de la Jeunesse, de
l’Education populaire et de la Vie
Associative, le comité exécutif de la FFF a
débloqué une enveloppe de 3,6 millions
d’euros, qui correspond à une aide de 100
euros par mois pour un emploi d’avenir créé
par un club, sur une période de 3 ans et dans
la limite de 1000 emplois à répartir sur le
territoire. Une aide qui s’ajoute donc aux
75% pris en charge par l’Etat et aux éventuelles subventions locales.
JURIDIQUE
"L
Employés, les conditions pour être
éligible
- Etre sans emploi.
- Avoir entre 16 et 25 ans (les travailleurs
handicapés sont éligibles jusqu’à 30 ans).
- Etre sans diplôme ou avec un diplôme inférieur au niveau Bac (soit un diplôme de
niveau V ou VI). Précisions et exceptions : les
titulaires d’un BEP ou CAP doivent totaliser
une durée de 6 mois minimum de recherche
d’emploi au cours des 12 derniers mois. Les
personnes domiciliés en Zone Urbaine
Sensible (ZUS), en Zone de Revitalisation
Rurale (ZRR) ou en Outre-Mer, et qui
58
LES ÉTAPES CLÉS ET
LES INTERLOCUTEURS PRIVILÉGIÉS
1. CONTRAT D’AVENIR
La première étape consiste à signer un contrat d’avenir. Pour cela, les missions locales et le Pôle Emploi
seront vos interlocuteurs et vous accompagneront afin de valider les conditions d’éligibilité, de définir
la fiche du poste et d’élaborer le projet de formation qui accompagnera l’employé tout au long de son
contrat.
2. FINANCEMENT FFF
Une fois le contrat d’avenir validé, vous devez contacter la ligue régionale de football dont vous dépendez, qui vous fournira le document de demande d’aide FFF. Les 1000 aides de 100 euros par mois ayant été
réparties par ligue (au prorata du nombre de clubs d’au moins 250 licenciés), chacune d’entre elles a fixé
ses conditions d’attribution.
3. FORMATION
Point majeur du dispositif : le choix du plan de formation et sa prise en charge financière. Outre les
conseils régionaux, les principaux financements sont apportés par les Organismes Paritaires Collecteurs
Agréés (OPCA) et proviennent des cotisations obligatoires qui leur sont versées par les employeurs. En
tant qu’employeur, un club doit s’inscrire pour la somme de 35 euros à son OPCA (AGEFOS PME ou
OPCALIA), qui sera son interlocuteur et facilitera l’accès aux aides.
4. SUIVI
La mission locale et la ligue régionale dont vous dépendez assureront un suivi afin de vérifier notamment
le respect des engagements en matière de formation.
Vestiaires
JURIDIQUE
structurer le foot amateur
totalisent une durée de 12 mois minimum
de recherche d’emploi au cours des 18 derniers mois, peuvent accéder au contrat
d’avenir jusqu’au niveau Bac+3.
Clubs employeurs, les conditions à
réunir
- Le contrat d’avenir doit être signé sous
forme de CDI ou de CDD d’au moins 12 mois
et d’au plus 36 mois (temps plein).
- La fiche poste peut contenir des missions
sportives mais aussi dans l’accueil, la comptabilité, la sécurité, la maintenance, l’entretien des espaces verts, la médiation…
- La rémunération ne peut pas être inférieure au SMIC horaire.
- Pour accompagner la professionnalisation de l’employé, il est nécessaire d’élaborer un plan de formation et de lui désigner un tuteur au sein du club (autre
e m p l o y é , b é n é v o l e, é d u c a t e u r, d i r i geant…).
- Pour bénéficier ensuite de l’aide FFF, il faut
être éligible au cahier des charges établi
par la ligue régionale dont vous dépendez.
Chaque ligue centralise les demandes et
décide de l’attribution de son quota d’aides
accordé par la FFF.
■ Valentin Deudon
FORMATION SPORTIVE,
L’EXEMPLE DE LA LIGUE DU NORD PAS-DE-CALAIS
Pour les emplois d’avenir avec missions à caractère sportif, les trois années que dure le
contrat peuvent permettre au salarié d’utiliser les obligations de formation pour acquérir des
diplômes d’éducateur. Parmi les différents dispositifs mis en place par les ligues régionales,
il est intéressant de s’arrêter sur l’initiative de la Ligue du Nord Pas-de-Calais. Celle-ci propose
aux contrats d’avenir des clubs de la région de s’inscrire à un programme spécifique décliné
sur trois ans :
- 1ère année : formation au Brevet de Moniteur de Football, qui permettra d’acquérir des compétences d’éducateur généraliste dans le football des jeunes.
- 2ème et 3ème années (si pré requis) : formation au BEF, qui permettra d’acquérir des compétences d’encadrement d’équipes de niveau régional (seniors et national jeunes).
Renseignez-vous auprès de votre district ou de votre ligue !
EXEMPLE DE SIMULATION FINANCIERE DU DISPOSITIF
Pour un salaire à temps plein basé sur le SMIC :
soit 1430,22 euros brut pour le salarié, soit 1616,15 euros pour l’entreprise (avec charges).
- 75% du SMIC brut pris en charge par l’état : soit 1072,67 euros/mois
- Aide éventuelle du Conseil Général : soit 150 euros/mois
- Aide spéciale FFF : soit 100 euros/mois
Aide cumulée : 1072,67 + 150 + 100 = 1322, 67 euros
Reste à prendre en charge par le club : 1616,15 - 1322,67 = 293,48 euros
"Le but est de professionnaliser les clubs à moindre coût"
Patrick Wincke, conseiller technique chargé des actions sociales à la Ligue de Football Amateur,
est en charge du suivi des emplois d’avenir à la FFF.
Quels sont les objectifs de l’opération "1000
emplois d’avenir dans le football" ? Nous avons
dans un premier temps à respecter l’engagement chiffré,
qui est de créer ces 1000 emplois d’avenir.C’est aussi un projet qui s’inscrit
en cohérence avec la nouvelle politique d’aide à la structuration des clubs
amateurs. Le but est de "professionnaliser" les clubs, mais cela entraîne
pour eux des coûts importants.Ce dispositif va donc permettre aux clubs
de recruter à moindre coût et de former le salarié durant ses trois années de
contrat, pour lui permettre d’acquérir des qualifications qui aideront le
club à se structurer.
L’objectif de formation est un volet important du dispositif…
Oui, les formations sont obligatoires durant toute la durée du contrat. Un
www.vestiaires-magazine.com
plan de formation doit être discuté et décidé en amont entre les différentes entités au moment de la signature du contrat d’avenir.Ces formations
sont financées par les conseils régionaux et les organes collecteurs,avec un
dispositif de prise en charge renforcé et adapté pour les emplois d’avenir.
L’opération a été lancée officiellement le 1er septembre.
Quel est le bilan chiffré après deux mois ? Début novembre,
soit deux mois après le lancement, nous comptabilisons 472 aides distribuées et 203 en cours de finalisation.Six ligues ont par ailleurs déjà atteint
leur quota.On ne s'attendait pas forcément à une telle dynamique,sachant
que l'objectif initial est d'atteindre les 1000 pour décembre 2014.Mais on
a vu une forte mobilisation des ligues,des districts, des conseils régionaux
et des missions locales dans leur mission d'information.
59
∫ UNE SEMAINE AVEC...
AJA : une formation à l'unisson
Virage. Nouvelles installations, nouveau directeur de centre, nouvelles méthodes
d'entraînement, nouveaux outils d'évaluation et de suivi, nouvelle approche pédagogique,
nouvelles ambitions... VESTIAIRES a passé quelques jours sur les bords de l'Yonne afin de
suivre les U17 du club, mais aussi et surtout de vous rendre compte des nouvelles
orientations prises par l'AJA en matière de formation. Une nouvelle ère, assurément.
1h23, gare d'Auxerre Saint-Gervais.A peine sortis du quai,
nous nous engoufrons dans la voiture de Vincent Cabin, le
responsable de la cellule recrutement jeunes, direction les
bâtiments flambant neufs du nouveau centre de formation de
l'AJA, situé à un jet de pierre de l'Abbé-Deschamps. Sur place,
notre hôte ne résiste pas à la tentation d'une visite guidée, même
nocturne. "Ce que je vais vous montrer, vous ne l'avez jamais
vu ailleurs en France...". Et il a raison. L'outil dont s'est doté le
club bourguignon pour couver la production de ses jeunes
talents ferait pâlir d'envie plus d'une écurie de l'élite !
Impressionnant (voir par ailleurs). Pas moins de 11 ME auront été
nécessaire pour bâtir ce qui symbolise aujourd'hui le renouveau de l'AJA en matière de formation, passage obligé pour espé-
2
LA FORMATION AUXERROISE EN CHIFFRES
4e centre de formation en 2013 (classement DTN).
8 fois classé premier centre de formation français (classement
DTN).
120 joueurs pros formés depuis la création du centre, en 1982,
soit 4 par an.
7 fois élu meilleur club de jeunes.
6 fois vainqueur de la Coupe Gambardella (record en France).
33 joueurs internationaux issus du centre depuis 1981.
2 champions d'Europe 1984 (Jean-Marc Ferreri et Joël Bats)
3 champions du monde 98 (Diomède, Guivarc'h, Charbonnier).
82% de réussite au Baccalauréat en 2013.
60
rer retrouver la Ligue 1. L'optimisation des infrastructures, donc,
mais pas seulement. L'arrivée cet été d'un nouveau patron en la
personne de Jean-Marc Nobilo, un temps pressenti à la DTN
pour un poste d'entraîneur national, a conféré une nouvelle
orientation à l'action de formation.Avec un leitmotiv : "instaurer
un tronc commun de pensées et d'actions où chacun partage
les mêmes objectifs, options et principes de jeu, des U14 à la
CFA2". Evolution plus que révolution. "Auxerre n'est pas un
club en reconstruction", martèle Jean-Marc Nobilo, l'ancien formateur et entraîneur du Havre notamment (1996-1999 puis
2005-2010). "Il entre simplement dans la mise en place d'un
nouveau cycle sportif de performance". Pas de révolution, soit !
Mais une mutation en profondeur, à travers trois axes que l'on
pourrait résumer ainsi : unité du staff, développement individuel du joueur, et évaluation/suivi personnalisé via l'utilisation
du "scanner de performance individuelle", outil mis en place
par Jean-Marc Nobilo depuis une quinzaine d'années (voir par ailleurs).
>Jean-Marc Nobilo, le nouveau patron du centre,
appose (déjà) son empreinte
Au sein de l'organigramme - duquel ont disparu Raphaël
Guerreiro, Christian Henna et Pascal Vahirua - quatre responsables (post formation, formation, préformation et cellule recrutement jeunes) sont réunis désormais dans ce que le technicien
appelle la "commission de réflexion formation" ou "cellule de
prise de décision technique". La collégialité et la volonté de voir
émerger une équipe pédagogique à l'unisson et force de proposition, s'érige en principe fondateur du projet. Et ce n'est pas
tout :"A partir du deuxième semestre, un éducateur/formateur
sera invité chaque semaine à s'exprimer pendant 20-30
minutes devant ses collègues afin de partager un domaine
dans lequel il se sent performant. C'est le partage de connaissances". Et la valorisation de compétences. Entre objectif technique et action managériale, Jean-Marc Nobilo manœuvre
Vestiaires
LE CENTRE DE FORMATION DE L'AJ AUXERRE
intelligemment. Il appose (déjà) son empreinte. En
début de saison, trois livrets pédagogiques (préformation, formation et principes de jeu off/def) ainsi
qu'un document baptisé "tronc commun de pensée et d'actions" ont été remis au staff. De même
qu'une programmation de l'entraînement "à l'intérieur de laquelle les coaches sont libres d'y
adapter le contenu.Charge à moi ensuite de leur
faire un retour". Car Jean-Marc Nobilo est présent,très présent.A chaque séance,il est au bord du
terrain, observe, analyse, n'hésitant pas à intervenir (parfois durement) auprès d'un joueur, questionnant l'éducateur, lorsqu'il n'anime pas lui-même un atelier. Bref, loin de jouer
aux donneurs d'ordres, il met les mains dans le moteur ! Et veille
à ce que sa nouvelle organisation mise en place fonctionne.
>Une programmation de l'entraînement plus
individualisée
Car là aussi, il y a du changement. Premièrement, exit l'entraînement du mercredi ! Sauf séance de rattrapage (retour de blessure), punitive (sanction) ou "à la carte" (sur demande du joueur
ou besoins). Un principe inspiré de l'Ajax Amsterdam où le technicien a effectué un stage au début des années 90, dans le cadre
du Certificat de Formateur. "Le directeur du centre, Co
Adriaanse, m'avait expliqué à l'époque que le joueur, qui vit
constamment sous pression de la compétition, de ses entraîneurs, de ses professeurs, de ses parents, avait besoin qu'on lui
accorde une plage de décompression au milieu de la semaine
pour limiter l'usure psychologique et maintenir un certain
équilibre. De plus, cette coupure permettait aux éducateurs
d'établir un bilan du travail sur les deux premiers jours de la
semaine, et ainsi de se projeter plus efficacement sur les deux
derniers. J'ai trouvé cette initiative pleine de bon sens et je
l'ai donc adopté.Avec succès si j'en juge par les résultats obtenus avec les équipes de jeunes du Havre... ". Autre évolution
pour ce qui concerne l'entraînement, une plus grande individualisation du travail avec principe de "décloisonnement" sur
une partie de la programmation. En effet, sur un cycle de travail
de 7 semaines, les 5e et 6e répondent à une logique différente
avec, le mardi et le jeudi, 2 séances qui se présentent comme
suit : 45 minutes de séance "traditionnelle", par groupe, suivies de
45 minutes de travail physique "points faibles" (le matin) et travail technique "points forts" (l'après-midi) avec mélange des
U17, U19 et CFA2 par mini-groupe en fonction des carences
individuelles de chacun (exemple pour le travail
physique "points faibles": un atelier coordination, un atelier
ª
force, un atelier endurance-puissance...). C'est
dans le cadre de cette 5e semaine que VESTIAIRES
a réalisé son reportage à l'AJA, dont nous vous
avons rapporté d'ailleurs quelques exercices (voir
pages suivantes). La 6e semaine, elle, est consacrée aux "points forts physiques" et "points faibles techniques".
>"Le match ne représente que 1/7e de la
semaine de travail. Le plan de formation,
lui, c'est 6/7e…"
Par ailleurs et indépendamment de ces 5e et 6e semaines, un
principe d'ascenseur a été mis en place : "en fonction des performances et de la progression de chacun, les joueurs peuvent
monter ou redescendre d'une catégorie toutes les 3 semaines,
pour plus de progression, de remise en cause et de concurrence". Avec un principe immuable en match : "le joueur qui
redescend dans sa catégorie est titulaire". Le match justement...
Il nous vient en tête cette anecdote racontée durant notre séjour
par Jeremy Spender, entraîneur des U17 nationaux et responsable du groupe formation : "deux jours avant un match de
championnat, j'étais sur le point de faire un jeu à l'entraînement avec une des deux équipes qui évoluerait selon l'organisation de jeu de mon adversaire du week-end, soit en 3-5-2.J'en
discute avant la séance avec Jean-Marc, qui me rétorque :
pourquoi travailler en fonction du match ? Celui-ci ne représente que 1/7e de ta semaine de travail.Ton plan de formation,
lui, c'est 6/7e ! Ne t'éloigne pas de ton objectif initial qui est une
mission de formation. Ce qui ne nous a pas empêchés de remporter le match 2-0…". Une anecdote qui en dit long sur la philosophie mise en place.Et Jean-Marc Nobilo d'énoncer clairement
cependant des objectifs en terme de résultat : "en championnat,
finir dans les 5 premiers cette saison en CFA2 et sur le podium
en U19 et U17.On se laisse 3 ans pour gagner un titre national
en jeune ou une Gambardella, remonter en CFA et, espéronsle, voir les pros accéder à la Ligue 1". Des objectifs tout à fait atteignables à en juger par la qualité des jeunes pousses ajaistes, qui
tend aussi à prouver l'efficacité de la cellule de recrutement
(voir par ailleurs).Notez que l'an dernier,pas moins de 18 joueurs
ont été sélectionnés en équipe de France (4 U20 dont 2 champions du monde, 6 U19 dont 2 finalistes en championnat
d'Europe et 8 U17). Et ce n'est pas fini. Selon les dires de JeanMarc Nobilo, l'AJ Auxerre peut d'ores et déjà s'appuyer à l'avenir
sur "une promotion U15-U16-U17 extraordinaire...".
■ Julien Gourbeyre
SEMAINE TYPE EN FORMATION
LUNDI
1 séance
MARDI
MERCREDI
JEUDI
VENDREDI
SAMEDI
2 séances
repos (ou séance de
rattrapage/à la carte)
2 séances
1 séance
match
EMPLOI DU TEMPS (MARDI ET JEUDI)
7h
Lever
7h30
Petit
déjeuner
www.vestiaires-magazine.com
8h
10h
12h
13h30
Cours
Entraînement
Déjeuner
Cours
16h
18h
Etude
Entraînement
surveillée
19h
20h
22h
Dîner
Temps libre
Coucher
Suite page suivante 
61
∫ UNE SEMAINE AVEC...
Factuel. Chaque joueur fait l'objet d'un suivi personnalisé via des critères objectifs recueillis à travers le
"scanner de performance individuelle", outil de suivi et d'évaluation mis en place par Jean-Marc Nobilo depuis
une quinzaine d'années et sans cesse amélioré par ses collaborateurs Michael Bunel et Sébastien Chinelli.
Evaluation et suivi du joueur au "scanner
de performance individuelle"
D
ès son arrivée, JeanMarc Nobilo a souhaité munir son staff d'un
seul et même outil d'évaluation et de suivi de
l'équipe et du joueur, qu'il
nomme le "scanner collectif et individuel" (...)
"Lorsque j'étais joueur en
D3, j'ai été marqué par le
fait de ne pas connaître
réellement les attentes du
coach. Or, il n'y a pas pire
que de ne pas savoir ce
que pense de vous votre
hiérarchie. C'est valable
en sport comme en entreprise". Fruit de son expérience, le "scanner" physique-mental), un certain nombre de critères a été listé (exemest représenté simplement, sous la forme d'un tableur Excel. A ple pour "technique" : prise de balle/enchaînement, remise/passe
chaque début de semaine, les joueurs voient afficher sur les murs du courte/déviation/dernière passe, volée/demie volée, qualité de
vestiaire une fiche d'analyse collective du match passé (avec obser- centre, dribbles/feintes, jeu de tête, jeu de corps). Chacun des crivations sur les plans physique, technique, tactique et mental/état tères fait l'objet d'une note sur 5, représentée sur le tableau par
d'esprit), ainsi qu'une fiche d'analyse individuelle. Là, pour chaque une couleur : 1 = rouge (mauvais), 2 = orange (insuffisant), 3 = vert
poste, quatre critères apparaissent (qui peuvent évoluer en fonction (moyen), 4 = bleu ciel (bien), 5 = bleu foncé (point for t).
du système de jeu utilisé). Exemple pour le poste de défenseur Traditionnellement, dans chaque club où il passe, Jean-Marc Nobilo
central : communication/placement, duels/cadrage impact, relance prend la couleur locale comme "point fort" (à Rennes, par exemple,
courte/longue et participation offensive. En face du critère, une il aurait choisi le rouge à la place du bleu foncé...).Ainsi, en un coup
évaluation à 5 "étages" : ++ (très bien), + (bien), +- (moyen), -- (mau- d'oeil, le joueur (et les parents si besoin) voit de suite la ou les couvais) et -- -- (très mauvais). Enfin, une note finale est attribuée au leurs qui dominent ! "La réunion de septembre a pour objectif
de poser les bases, elle est une première photojoueur, ainsi qu'un commentaire. "La note est
sur 10, mais en réalité on note sur 7", explique En un coup d'oeil, le joueur voit graphie du joueur", explique Jeremy Spender,
la couleur dominante de son
le responsable du groupe formation et entraîJeremy Spender, entraîneur des U17. "Comme
évaluation et peut ainsi se faire
neur des U17 nationaux. "Voilà ce qu'on pense
le dit Jean-Marc Nobilo, on n'est pas à l'école
une idée précise et objective des
de toi après deux mois d'entraînement et de
des fans ! Il ne s'agit pas de surévaluer les
attentes de son coach
compétition, et voilà quelles sont nos attentes.
joueurs, ni de les sous-évaluer du reste, mais
de leur faire prendre conscience du chemin à parcourir. Et puis le Cette première réunion entretien un côté affectif, le joueur est
fait de savoir clairement ce qu'on attend d'eux les aide à mieux s'au- assis à côté de nous (comme sur la photo, Ndlr). A la fin de l'entretoévaluer". Et pourquoi afficher ces notes et observations aux yeux tien, on l'invite à s'exprimer, à nous dire s'il se reconnaît ou pas
de tous ? "Cela doit permettre au joueur de s'étalonner et de com- dans les notes attribuées. La deuxième réunion, celle de décembre,
prendre pourquoi lui, le latéral gauche, a eu 5, alors que le laté- est plus carrée si je puis dire. Le joueur est assis cette fois-ci en face
de nous, le tableau étant projeté face à lui.A la fin, on lui dit : si la
ral droit a obtenu 6 par exemple".
Mais l'outil d'évaluation ne se cantonne pas au seul match du week- saison s'arrêtait maintenant, voilà la décision qui serait prise en
end. Les joueurs font l'objet d'une réunion individuelle appellée ce qui te concerne. D'où l'objectif à trois qui en découle : mainte"entretien performance" trois fois par an (septembre, décembre nir ses efforts ou se ressaisir. Enfin, la troisième et dernière réuet avril). Les éducateurs-formateurs sont alors amenés à commen- nion, en avril, a pour objectif d'orienter le joueur vers l'après. On
ter des données factuelles projetées sur un écran. Explication : voit ensemble ce qu'il y a de meilleur pour lui pour la saison
pour chacun des facteurs de la performance (technique-tactique- suivante". ■
62
Vestiaires
LE CENTRE DE FORMATION DE L'AJ AUXERRE
ª
BADGE ÉLECTRONIQUE ET SYSTÈME DE BROUILLAGE DE PORTABLES…
Livrés en avril dernier pour 11ME, les nouveaux bâtiments du centre de formation
de l'AJ Auxerre confèrent au club bourguignon une nouvelle dimension. Et une plus
grande attractivité auprès des joueurs et
de leurs parents. Car, à l'intérieur, l'équipement est digne d'une grande écurie européenne. Dans le bâtiment principal de 4000
m2 où logent les joueurs en post formation
(29 lits), on retrouve les salles de cours,
toutes munies d'un rétroprojecteur, les
bureaux des entraîneurs en vaste open-space, une salle vidéo, un
amphithéâtre de 72 places, plusieurs salles de réunion entièrement équipées, mais aussi une balnéothérapie haut de gamme.
"Nous en avions assez de voir nos joueurs partir à l'extérieur pour
leur rééducation", explique Bernard Turpin, coordonateur technique/administratif, et l'un des maîtres d'oeuvre du projet, qui
vit sa 38e saison à l'AJA ! "Nous voulions tout avoir sur place, de
manière fonctionnelle. D'où notre volonté
de placer, par exemple, les vestiaires des
joueurs à côté de la salle de soins, ou encore
de permettre aux éducateurs-formateurs
de bénéficier d'un vrai vestiaire et de
bureaux communs". A l'intérieur des bâtiments, tout fonctionne avec un badge personnel en forme de bracelet. Chaque pensionnaire en est équipé. Un ordinateur est
capable de restituer les portes qui ont été
ouvertes, par qui, et à quelle heure… Une
manière sans doute de contrôler les joueurs après l'extinction des
feux à 22h30 (dès 22h, un système de brouillage empêche quiconque d'utiliser son téléphone portable et coupe la connexion
Internet). A noter qu'un autre bâtiment adjacent de 2000 m2 abrite
les joueurs en préformation (16 lits). Quant à la formation, les
joueurs sont logés dans l'ancien bâtiment de 1600 m2 (la "pyramide"), lequel a été entièrement rénové (27 lits).
RECRUTEMENT : 90% DES JOUEURS ISSUS DE LA RÉGION PARISIENNE
Il est devenu un personnage incontournable à l'AJ Auxerre, par son vécu et la fonction qu'il occupe.
Vincent Cabin vit sa onzième saison sur les bords de l'Yonne. Recruté par Guy Roux au début des
années 2000 alors qu'il est entraîneur de l'équipe réserve de l'AS Saint-Priest (69), cet ancien éducateur précoce à l'ASPTT de Lyon a passé plusieurs échelons avant d'être promu responsable de la cellule recrutement des jeunes, à l'AJA. Langil, Sanogo, Ntep, Monconduit, entre autres… c'est lui !
Considéré à ce jour comme l'un des meilleurs "chasseurs de talents" de l'Hexagone, au carnet
d'adresses bien rempli, Vincent Cabin compte six recruteurs sous sa responsabilité (ils étaient 17
en Ligue 1). "Nous travaillons essentiellement en région parisienne d'où proviennent environ 90%
de nos joueurs, mais également en Bourgogne, bien-sûr, et dans les ligues limitrophes". L'AJ Auxerre
a renoué par ailleurs avec le système des clubs partenaires, au nombre de 12 (9 à en Ile-de-France, 1
en Bourgogne, 1 en Alsace, et 1 en Rhône-Alpes). En ce qui concerne maintenant les critères de
recrutement, on notera que Vincent Cabin - qui affirme avoir beaucoup appris de ses mentors que sont
José Broissart (ancien formateur à Lyon), Daniel Rolland, Francis De Taddeo et Bernard David accorde une grande importance aux qualités athlétiques, quand d'autres ne jurent que par la technique ou l'intelligence de jeu. "Pour qu'il m'intéresse, un joueur doit avoir au moins deux points forts
parmi les qualités de vitesse, de détente verticale (force, Ndlr) et d'endurance. C'est ce que je
regarde en premier. La technique, elle, peut se développer plus tard…".
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2013-2014 : 2e club
français derrière Lyon
en nombre de joueurs
en équipe 1ère issus
du centre
2013-2014 (L2)
11
soit 42% avec une moyenne
d'âge de 23 ans.
2012-2013 (L2)
19
2011-2012 (L1)
14
2010-2011 (L1)
10
2009-2010 (L1)
6
2008-2009 (L1)
6
2007-2008 (L1)
8
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63
∫ UNE SEMAINE AVEC...
8 exercices vus pendant notre séjour
Semaine particulière. On l'a déjà expliqué par ailleurs, VESTIAIRES est arrivé à Auxerre dans la 5e semaine
d'un cycle de travail qui en compte 7. Cette cinquième semaine, comme la sixième du reste, est consacré au
travail des points faibles et points forts des joueurs U17 à CFA2, lesquels sont mélangés pour l'occasion.
TRAVAIL PHYSIQUE (PMA) SOUS FORME JOUEE EN 4 CONTRE 2 (10 MINUTES)
Sur un espace de 15 x 30m avec une zone centrale de 4 mètres. On joue à 4 contre 2 sur un côté. Ici, les bleus sont en conservation et doivent
trouver leurs partenaires rouges côté opposé. Jeu au sol uniquement. Les 2 "chasseurs" jaunes tentent de récupérer le ballon (ou de le faire
sortir des limites du terrain) tandis que les 2 autres jaunes, positionnés en zone centrale, ont pour objectif de fermer les intervalles.
Lorsque le ballon passe côté opposé, les 2 joueurs situés dans la zone centrale "basculent" et deviennent "chasseurs". Les 2 joueurs qui étaient
"chasseurs" passent en zone centrale. Chaque ballon récupéré ou sorti par un "chasseur" donne 1 point à son équipe (= pousser les "chasseurs" à faire les efforts, bien que les correctifs de l'éducateur se baseront davantage sur les joueurs en conservation). Chaque ballon qui
passe côté opposé enlève 1 point à l'équipe qui chasse. À la fin, c'est l'équipe de "chasseurs" qui a obtenu le plus de points qui l'emporte.
3 séquences de 2 minutes (chaque équipe passe "chasseurs" à tour de rôle) entrecoupées d'une minute de récupération.
Variante :
- Une équipe joue libre (les bleus par exemple), l'autre en 2 touches (les rouges) = obliger les "chasseurs" à défendre différemment de chaque
côté (un joueur à qui il ne reste qu'une touche ne sera pas "attaqué" de la même manière que s'il est "libre").
64
Vestiaires
LE CENTRE DE FORMATION DE L'AJ AUXERRE
ª
JEU À 6 CONTRE 4 AVEC APPUIS
Sur un espace de 15 x 30m : 4 contre 4 + 2 jokers + 2 appuis profonds. 5 portes disposées de façon aléatoire. Les jokers jouent avec l'équipe
qui attaque (soit à 6 contre 4). But du jeu : passer d'un appui à l'autre en passant par au moins une porte (en conduite). Les joueurs qui défendent n'ont pas le droit de stationner devant une porte. 3 séquences de 2 minutes (chaque équipe passe défenseurs à tour de rôle) entrecoupées d'une minute de récupération. Ce jeu incite les défenseurs à aller de suite cadrer le porteur.
Variantes :
- Traverser les portes uniquement par une passe.
- Supprimer les appuis (on joue à 8 contre 4).
TRAVAIL TECHNIQUE "ENCHAINEMENT CONTROLE PASSE" SOUS FORME ANALYTIQUE
Un atelier = 4 joueurs. Faire x ateliers. On joue avec 2 ballons simultanément. Passes au sol uniquement. A passe à B dans la porte. B effectue un
contrôle orienté et donne à C dans la porte en 2 touches. C effectue un
contrôle orienté et donne à D dans la porte en 2 touches, etc...
Variantes :
- Contrôle pied gauche/passe pied gauche.
- Contrôle pied gauche/passe pied droit.
- On change de sens.
TRAVAIL TECHNIQUE "ENCHAINEMENT CONTROLE PASSE" SOUS FORME EVOLUTIVE
Sur un espace de jeu qui s'étend des 16m50 (+ 4 mètres de chaque côté) à la ligne médiane, 6 joueurs de part et d'autre d'une rangée de mannequins : 2 bleus, 2 rouges et 2 jaunes. Les joueurs s'échangent le ballon, par couleur, en veillant à ne pas heurter les mannequins. Interdit
de donner deux fois de suite dans le même intervalle (tous les joueurs doivent être en mouvement et se montrer dans les intervalles). Veiller
à ce que les joueurs ne se positionnent pas trop près des portes (préférer une passe longue au sol, appuyée).
Contraintes techniques : le joueur qui réceptionne le ballon doit impérativement trouver son partenaire en 1 touche.
Variantes :
- 2 touches maximum pour le 2e joueur, celui qui reçoit le ballon de son partenaire (1 touche) dans son propre camp (voir avant et orienter
sa première touche).
- Tous les joueurs en 1 touche.
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65
∫ UNE SEMAINE AVEC...
TRAVAIL DU BLOC DEFENSIF SUR LA LARGEUR A 6 CONTRE 4
Sur un espace de jeu de 20x30 mètres, 4 contre 4 + 2 jokers qui jouent avec l'équipe qui a le ballon et qui ont 2 touches de balle. L'équipe en
possession doit marquer dans une des 3 portes face à elle (1 devant et 2 sur les côtés) en conduite de balle (= 2 points). Elle peut aussi marquer
dans une des 4 mini-portes bleues par une passe (= 1 point). Pour l'équipe qui défend :
- Sortir (défendre en avançant) pour aller cadrer le porteur et se déplacer sur la largeur pour défendre les portes excentrées.
- Être rapide sur la transition def/off de façon à profiter de la "désorganisation" momentanée adverse.).
TRAVAIL DU BLOC DÉFENSIF SUR LA LARGEUR À 6 CONTRE 4 AVEC MULTIBUTS
Sur toute la largeur du terrain, de la surface de réparation à la ligne médiane. Une ligne de 4 défenseurs avec 5 petits buts à défendre face à
6 "attaquants". Le jeu est libre. À la récupération du ballon (transition défensive/offensive), les défenseurs marquent dans un des trois buts,
obligeant ainsi les "attaquants" à défendre de suite à la perte. Remarque : pour éviter une certaine monotonie dans le jeu (les 6 "attaquants"
font tourner par manque de solution), les obliger à marquer en un temps donné (= prise de risque donc plus de jeu dans la continuité).
JEU DE CONSERVATION A 8 CONTRE 8 PAR COULEUR
Sur un espace de jeu qui s'étend des 16m50 (+ 4 mètres de chaque côté) à la ligne médiane, 4 groupes de 4 joueurs (bleus, jaunes, rouges, verts).
Jeu de conservation. Les bleus jouent avec les verts, les jaunes avec les rouges. 2 touches de balle maxi, 1 touche lorsqu'on joue avec un joueur
de sa couleur.
Variante :
- Tout en 1 touche.
66
Vestiaires
LE CENTRE DE FORMATION DE L'AJ AUXERRE
ª
APPUI ET COORDINATION
Travail sous forme intermittente 5/25, soit 5 secondes d'effort "à fond" suivies de 25 secondes de récupération. À la fin de chaque effort,
les joueurs changent d'atelier. 3 blocs de 7 minutes entrecoupés de 3'30" de récupération. Les joueurs effectuent 7 ateliers, soit 2 tours des
ateliers par bloc.
Atelier 1 : appuis rapides dans l'échelle
2 appuis à l'intérieur, 1 à l'extérieur, et on avance…).
Atelier 2 : pas chassés entre cerceaux
Le joueur se met de côté. Au coup de sifflet, il part en pas chassés en passant entre les cerceaux (course arrondie) et fait de même au
retour.
Atelier 3 : sauts dans cerceaux
Bleu pieds joints, rouge pied gauche, vert pied droit.
Atelier 4 : course rapide avant/arrière
À chaque latte posée au sol, le joueur doit effectuer 2 pas devant et 2 pas derrière.
Atelier 5 : course avec pas de côté
Durant sa course, le joueur doit mettre un pied à l'extérieur de chaque latte posée au sol.
Atelier 6 : slalom en pas chassés
Les joueurs effectuent un slalom entre des lattes posées au sol en pas chassés avant puis arrière sur le retour.
Atelier 7 : course en sablier
Les joueurs doivent toucher le plot de la main en respectant une course en "sablier" ou "huit".
Atelier 8 : pas chassés sur obstacle
Les joueurs effectuent une course en "essuie-glace" en pas chassés en passant par-dessus les plots posés au sol.
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67
∫ PROGRAMME ª
Un mois pour améliorer les
■ Par Olivier GOUTARD
titulaire du DEF.
Agrandir l’espace de jeu, étirer les défenses, contourner
l’adversaire… La multiplication des images faisant référence au jeu
sur les côtés prouvent que l’utilisation de toute la largeur du terrain
demeure un des principes de jeu fondamentaux des phases offensives.
Mais au-delà du discours d’intention, comment amener ses joueurs à
animer efficacement les couloirs, et surtout, comment déséquilibrer
l’adversaire ? VESTIAIRES s’est penché sur la question…
e constat est récurent : 30 à 35 % des
buts sont consécutifs à un centre
dans le jeu. La statistique augmente
encore lorsque l’on tient compte des
coups de pied arrêtés. La donnée n’est
pas nouvelle et fait partie intégrante du
code ADN du football. Hier comme
aujourd’hui, le football est donc ce sport
qui se joue à 11 contre 11 et dont les
actions les plus prolifiques s’initient et
se développent sur les côtés pour mieux
terminer dans l’axe… Rien de bien nouveau en somme. Si ce
n’est que la généralisation des défenses de zone visant à densifier l’axe a redonné une vigueur nouvelle aux adeptes des animations offensives sur les côtés.A titre d’exemple, tous clubs de
Ligue 1 confondus, les dernières statistiques pour la saison en
cours font état d’une moyenne de 43 centres par match ! En ce
sens, le football emprunte à l’art de la guerre : ce qu’on ne peut
renverser de front, on peut toujours le contourner…
L
>"Ce qu’on ne peut renverser de front, on peut
toujours le contourner !"
Le Bayern Munich version 2012-2013 n’a cessé de le démontrer.
Le champion de Bundesliga (voir VESTIAIRES n°51) a bâti son
succès national et européen sur la possession de balle et les animations offensives des doublettes Abala/Riber y à
g a u ch e , L a h m / M u l l e r o u R o bb e n à
droite. Pour ce qui est du champion de
France, la mainmise de Zlatan
I b ra h i m ov i c s u r l e cl a s s e m e n t d e s
buteurs la saison écoulée doit beaucoup
aux dédoublements des joueurs de côté
du PSG. Cependant, en dépit de cette
évidence largement répandue, bon
nombre d’équipes s’enferrent encore dans l’entonnoir. Estce que le simple discours de l’entraîneur demandant à ses
joueurs de passer par les ailes est en soi suffisant ? Sans doute
que non. L’entraînement demeure alors sans conteste ce
moyen privilégié d’amener son équipe vers plus de fluidité,
d’automatismes et d’efficacité. VESTIAIRES vous convie
donc à un mois de programmation visant à améliorer les animations offensives dans les couloirs. Quatre semaines à raison
de deux entraînements hebdomadaires pour parvenir à déstabiliser plus facilement l’adversaire par les ailes... Un programme qui n’assurera pas à votre formation de jouer comme
le Bayern Munich ou le Barça, mais qui contribuera peutêtre à aider quelques éducateurs dans la mise en place de
leur projet de jeu. ■
S'opposer à la progression adverse - Protéger notre but
Notions clés,
modalités et
principes d'action
Objectifs Thèmes
technicotactiques
Semaine 1
68
Séance 1 :
Occuper l'espace dans la
largeur
Semaine 2
Semaine 3
Semaine 4
Séance 1 :
Fixer dans une zone pour jouer
dans une autre
Séance 1 :
Changer le rythme de jeu
Séance 1 :
Dribbles et enchainements
Séance 2 :
Jeu combiné sur les côtés
Séance 2 :
Centres et reprises
Déviations et remises
Déséquilibre ind. et/ou
collectif Appuis-soutiensappels (combinaisons)
Qualités des courses,
pertinence des appels,
justesse des passes
Techniques de dribbles (gestuel du
dribble et feintes..)
Chgt de rythme, 1x1, 1x2, 2x2 etc…
Psycho : prise d'initatives
Appels devant la cage et centres
appropriés
Efficacité (bien jouer, c'est marquer !)
Séance 2 :
Jeu sur les côtés
Séance 2 :
Créer la supériorité numérique
Garder le temps d'avance
Elargir l'espace de jeu
"Manger les lignes"
Dédoubler le porteur
Appels croisés d'une zone à
l'autre
Libérer le couloir pour le
partenaire
Fixer l'adversaire + chgt de jeu
(identification des starters)
Appels dans les espaces libres
Fixer - donner
Recherche du déséquilibre 2x1 ;
3x2 ; 4x3 off
Vestiaires
animations offensives de côté
Méthodologie et logique de programmation
L’amélioration des animations offensives sur les côtés recouvre en fait
bon nombre de thèmes d’entraînement. Il est bien sûr impossible de dissocier les aspects techniques et tactiques. Cependant, les séances peuvent être orientées sous un angle plutôt qu’un autre. L’entraîneur veillera
à proposer des situations et des jeux structurés en fonction du système de
jeu qu’il entend faire pratiquer à son équipe. La mise en place de lignes de
3, de 4, facilitera d’autant les relations entre les partenaires géographiquement proches sur le terrain (exemple : la relation entre l’arrière latéral et
le milieu de terrain excentré dans un 4-4-2 ou l’arrière latéral avec l’ailier
dans un 4-4-3, etc…). Sur un plan tactique, La recherche du déséquilibre adverse tient lieu de fil directeur. Déséquilibre individuel ou collectif, l’objectif demeure d’amener les adversaires à défendre en courant
vers leurs propres buts. A ce titre, les joueurs doivent conserver à l’esprit
que si le jeu exige bien souvent une préparation sur les côtés, la finalité
reste tout de même de finir par un but dans l’axe.
Utiliser la largeur ne vaut que si l’équipe parvient à
terme à exploiter la profondeur
Etirer la défense adverse pour créer les conditions de la progression puis
de la finition devant le but implique donc que l’équipe joue sur toute la largeur avec des joueurs flirtant avec les lignes de touche. Toutefois, utiliser la largeur ne vaut que si l’équipe est en capacité à un moment
donné d’exploiter la profondeur. Sous peine de voir sa formation
multiplier des passes latérales mais stériles. A ce titre, il sera donc question
de "recherche du joueur lancé", de passes qui traversent les lignes
ou de ballons donnés dans le dos de la défense, d’appels dans la profondeur, etc… Les thèmes "fixer dans une zone pour jouer dans
une autre", ou bien encore "jeu combiné à deux, à trois sur
les côtés", viennent spontanément à l’esprit. Il ne s’agit plus ici d’occuper un espace mais bien de parvenir dans cet espace en mouvement face
à des adversaires à l’arrêt, en sous nombre ou en crise de temps. A ce titre,
"supériorité numérique et temps d’avance" ainsi que "changer le rythme du jeu" complèteront bien logiquement le programme.
Il sera ici très largement question d’espace à créer et à prendre, de joueurs
lancés, de recherche du surnombre, d’appels croisés, de dédoublements,
de libérations de couloirs, etc..
Quel type de centre pour quelle situation de jeu ?
Sur un angle plus technique maintenant, "les dribbles et enchainements" sont bien sûr incontournables. L’exemple donné par Ribéry
et Robben au très haut niveau illustre la nécessité d’alterner jeu en combinaisons collectives et prise du 1 contre 1 offensif. Les ailes demeurant en
effet le royaume de prédilection des adeptes du crochet court, du double
contact et autres passements de jambe… Comme il se doit, on fera une
large place au thème "centres et reprises". Centres aériens ou au sol,
sur le partenaire ou dans une zone, premier ou deuxième poteau, en
retrait ou fort devant la cage… La difficulté réside dans le fait d'identifier
quel centre est le plus susceptible de finir en but dans une situation de jeu
donnée. Encore faut-il que l’entraîneur ait mûri au préalable sa réflexion
sur le sujet…
Vous retrouverez donc tous ces thèmes dans la planification ci-contre.
Elle ne prétend pas donner aux lecteurs toutes les clés des animations
sur les côtés. Dans le domaine, l’expérience, la curiosité et la réflexion
personnelle sont des atouts autrement plus convaincants qu’un simple
tableau ! Toutefois, elle pourra sans doute aider quelques éducateurs et
entraîneurs à structurer leur approche sur le sujet.
SEMAINE 1 – SÉANCE 1
EXERCICE 1 : OCCUPER L’ESPACE DANS LA LARGEUR ET LA PROFONDEUR (SITUATION)
Sur un terrain d’environ 40x30m (adapter en fonction du nombre de joueurs) + 2 couloirs latéraux, une zone de soutien et une zone d’appui. Les bleus attaquent, les rouges défendent (7 contre 5). Jeu libre.
L’objectif pour les bleus est d’amener le ballon en zone d’appui en utilisant la zone de soutien et les couloirs inattaquables. Une fois arrivés en zone d'appui, les bleus doivent retrouver un joueur à l’intérieur du jeu pour marquer le point.
Interdiction de demeurer plus de 5 secondes dans les zones
délimitées (demander en mouvement). A la récupération,
les rouges cherchent à stopper le ballon en zone de soutien.
Variantes :
- Changer le rapport de force (exemple : 7 contre 6)
- Autoriser un défenseur rouge à défendre dans la zone de
soutien et les couloirs.
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69
∫ PROGRAMME ª
SEMAINE 1 – SÉANCE 1
EXERCICE 2 : OCCUPER L’ESPACE DANS LA LARGEUR ET LA PROFONDEUR (JEU)
6 contre 6 + 2 gardiens sur un terrain d’environ 40x30 mètres avec trois portes à chaque extrémité. L’objectif est de parvenir à trouver son
gardien de but derrière une des 3 portes (= 1 point).
Variantes :
- Le point n’est valable que si la passe au gardien est effectuée
en une seule touche de balle.
- Les deux gardiens sont neutres. Point pour l’équipe qui parvient à trouver les deux gardiens dans le cours de la même
action.
SEMAINE 1 – SÉANCE 2 JEU COMBINÉ SUR LES CÔTÉS
L’objectif des exercices suivants est de trouver les cheminements de passes les plus susceptibles de déséquilibrer l’adversaire sur les côtés. La
logique est toujours la même : d’abord une évolution à vide favorisant la répétition, puis à un rythme plus élevé, puis avec adversaire(s).
L’éducateur proposera donc quelques circuits préférentiels et laissera les joueurs choisir parmi les combinaisons (ou en improviser d’autres)
lorsque les défenseurs seront en place. Insister alors sur la coordination entre passeurs et receveurs et sur la pertinence des choix de passes
et de déplacements.
Combinaison 1 : A (l’arrière latéral) transmet à B (milieu excentré) qui remet en une touche de balle à C (milieu axial), lequel trouve l’attaquant D qui a décroché et qui transmet à A qui a poursuivi sa course. Finir l’action devant le but avec les attaquants D et D' puis enchainer de
l’autre côté.
Combinaison 2 : C donne à A qui transmet à B, lequel effectue un contrôle orienté et conduit vers l’intérieur du jeu avant de donner dans le
bon tempo et dans la course à C qui l'a dédoublé. Finir l’action avec les 2 attaquants D et D' puis enchainer de l’autre côté.
Combinaison 3 : A passe à B, lequel conduit vers l’intérieur. Dans le temps de conduite de B, C propose une course croisée (libération de
l’espace et prise d’un autre). B lui donne le ballon. B transmet à A qui a poursuivi sa course, ou centre pour les attaquants D et D'.
Combinaison 4 : A transmet à C, lequel remet en une touche de balle à B qui a fait un appel vers l’intérieur. A dédouble B. B lui transmet (dosage
de la passe, trouver le bon moment pour déclencher la passe). A trouve alors C qui va servir B qui a proposé un nouvel appel dédoublé.
B centre. Finir l’action avec D et D'.
70
Vestiaires
SEMAINE 2 – SÉANCE 1
FIXER DANS UNE ZONE POUR JOUER DANS UNE AUTRE (SITUATION)
6 attaquants (en fonction du système de jeu de l’équipe) contre 4 défenseurs + 2 jokers servant de soutien aux attaquants (1 ou 2
touches de balle maxi) et d'appuis pour les défenseurs.
Les défenseurs ont obligation de se retrouver toujours à 2 minimum dans la zone où se situe le ballon. Les arrières latéraux doivent resserrer l’axe lorsque le ballon est "côté opposé".
Les attaquants doivent marquer dans une des trois
cages. Veiller aux rotations des joueurs sur les
postes offensifs et défensifs. Changer les jokers.
Variantes :
- Le but n’est valable qu’en 1 touche de balle.
- Le point est accordé lorsque l’attaquant passe
balle au pied dans une des portes (bien insister sur
la fixation de la défense pour se donner le temps
nécessaire au franchissement de la porte en
conduite suite à un changement de jeu).
SEMAINE 2 – SÉANCE 2
SEMAINE 2 – SÉANCE 2
EXERCICE 1 : CRÉER LA SUPÉRIORITÉ
NUMÉRIQUE SUR LES CÔTÉS (JEU)
EXERCICE 2 : GARDER LE TEMPS D'AVANCE
(SITUATION)
8 contre 8 + 1 joker qui joue avec l'équipe qui a le ballon (2 contre
2 au départ dans les couloirs, et 3 contre 3 + joker offensif dans
l’axe). Les joueurs dans les couloirs ne peuvent pas rentrer dans le
jeu. L’objectif est de combiner afin de créer une supériorité numérique en 3 contre 2 sur les côtés avant de trouver un partenaire
dans l’axe. Le surnombre peut être apporté, soit par le joker soit
par un partenaire. Les couloirs matérialisés en biseaux permettent
de varier les possibilités de centre (aériens, au sol, en retrait…).
Insister sur les combinaisons, les appels dans le tempo, les dédoublements, les courses en oblique, etc…
Dans la situation de jeu décrite par le schéma, les bleus attaquent le grand but, les rouges défendent. On joue à 5 contre 4. Si
les défenseurs récupèrent le ballon, ils doivent parvenir à effectuer une passe au travers d’une des trois portes dans un laps de
temps imparti (exemple : 5 secondes).
L’action s’engage dès la première passe (avec 2 défenseurs de
part et d'autre de l'attaquant à la source du ballon). Attention au
hors-jeu. Les défenseurs rouges (en crise de temps) reviennent
pour défendre. Les attaquants doivent conserver le temps
d’avance en trouvant les solutions les plus efficaces (donc les
plus rapides pour empêcher le retour des défenseurs) pour marquer le but.
Variante :
- Lorsque le surnombre a été créé d’un côté, un partenaire de
l’autre couloir peut entrer en jeu pour réceptionner le centre
(surnombre côté puis surnombre axe).
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Variantes :
- Jouer sur le positionnement de départ des défenseurs (+ ou –
proches de leur cage) sur la position de départ du ballon, sur le
nombre de défenseurs en zone de déséquilibre (ex 2x1, 2x2 etc..).
- Donner un temps maximum pour terminer l’action…
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71
∫ PROGRAMME ª
SEMAINE 3 – SÉANCE 1
CHANGER LE RYTHME DE JEU (SITUATION)
Matérialiser 3 zones dans les couloirs : 1 zone de préparation (ZA), 1 zone inattaquable de décrochage (ZB) et 1 zone de changement de
rythme (ZC). Zone de finition dans l’axe avec 1 attaquant et 1 défenseur. L’objectif pour les attaquants (rouges) est de marquer en
profitant d’un changement de rythme. Si les défenseurs (bleus) récupèrent, ils marquent un point en trouvant un des deux joueurs cible
(jokers).
- 1er temps : les attaquants conservent le ballon à 4 contre 2 (possibilité de se servir du joker en soutien. Le joker a 2 touches de balle).
- 2ème temps : lorsque la situation s’y prête, l’attaquant situé au départ en Zone C décroche en Zone B pour solliciter une passe. Il peut
alors soit remiser (appui-soutien-appel), soit dévier directement pour un partenaire s’engageant en Zone C.
- 3ème temps : l’action continue dans un laps de temps imparti en 3 contre 2. Attaquants : le joueur s’étant projeté en Zone C + le
joueur ayant décroché + l’attaquant axial. Défenseurs : le défenseur axial + le défenseur latéral.
Finir l’action puis alterner avec la même situation de l'autre côté.
Variante :
Jouer sur un retour d’un
défenseur (exemple : un
des deux défenseurs initialement en Zone A) ou
sur la participation des
joueurs "côté opposé"
pour faire évoluer le
rapport de force.
SEMAINE 3 – SÉANCE 2
JEU COMBINÉ SUR LES CÔTÉS-UTILISATION DE LA LARGEUR
Evolution "à vide" à X joueurs positionnés en fonction du système de jeu de l’équipe (4-3-3 sur l’exemple). L’objectif est de marquer des
buts après avoir combiné sur les côtés. Répéter les actions, veiller à la coordination appels-passes ; appuis-soutiens-appels, finir les actions
puis recommencer en veillant au rythme.
Variantes :
- Imposer des lignes directrices (exemple : le
ballon doit être passé par les 3 zones).
- 3 touches de balles maximum et jeu en 1
touche obligatoire pour les joueurs sollicitant le ballon en appui.
- Obligation de retrouver un dédoublement
dans le cours de l’action, idem pour une
course croisée, une permutation….
- Jeu en 1 touche de balle dans les derniers
20 mètres.
72
Vestiaires
SEMAINE 4 – SÉANCE 1
DRIBBLES ET ENCHAINEMENTS (JEU)
Match à 8 contre 8 sur une moitié de terrain. Deux couloirs aménagés en 3 contre 2 offensif avec joker + 2 zones de finition en 2 contre
1 offensif. Les buts ne sont valables que sur centres.
Les attaquants doivent donc combiner entre eux ou éliminer individuellement leurs adversaires pour trouver les meilleures conditions
de centres. Encourager la prise d’initiative, les dribbles, les 1 contre 1 lorsque la situation s’y prête.
Variantes :
- Rester en 2 contre 2 sur les côtés (gestion de l’aspect athlétique).
- Possibilité d’aménager les zones latérales en biseaux.
- Déterminer une hauteur à partir de laquelle le joueur ayant remporté son 1 contre 1 offensif peut rentrer en zone axiale pour poursuivre l’action. Auquel cas, le défenseur latéral côté opposé rentre également pour jouer un 3 contre 2.
SEMAINE 4 – SÉANCE 2
CENTRES ET REPRISES
Circuit(s) de passes finissant devant la cage après un centre. Les ballons sont joués alternativement par les rouges, puis les bleus.
Comptabiliser les buts (concours entre les deux équipes). Privilégier les circuits courts et les conditions favorisant la répétition des
centres. Veiller à ce que le centre soit délivré en fonction des appels des attaquants ou en fonction de la lecture de la situation.
Variantes :
- Le circuit peut être libre ou imposé (le tout étant que l’on retrouve un centre).
- Possibilité de placer un défenseur (par exemple contre 2 attaquants).
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73
∫ FOOT ANIMATION ª
Au secours, je ne parviens
Ils n'en font qu'à leur tête. La difficulté de certains éducateurs à garder la maîtrise de leur séance, à
"tenir" les joueurs, est une réalité du football d'en bas. Reste à déterminer l'origine de cette indiscipline
chronique. Une démarche qui incite d'abord à sa propre remise en cause. Explications.
'est une vérité qui ne
c e s s e d e n o u s fa i r e
écho depuis la base. Les
éducateurs qui officient en
école de foot n'ont jamais
éprouvé autant de difficultés à
donner du sens à leur mission
d'encadrement. En cause,
l'évolution des mentalités
chez des jeunes enfants pour
qui le football est devenu un
loisir consommable parmi
(tant) d'autres. Moins de passion, d'investissement, d'application, de discipline… Les
joueur s n'acceptent plus
aujourd'hui qu'un minimum
de contraintes. On ne va plus au foot pour s'entraîner, mais pour jouer,
s'amuser, se défouler ! Dans ce contexte, les "coaches" peinent à s'y
retrouver. Car leurs attentes diffèrent de celles de leurs protégés.
"Être éducateur, c'est bien travailler pour faire progresser", entendon le plus souvent.Travail et progrès : deux termes déjà rabâchés aux
écoliers à longueur de journée ! "Non, le foot, c'est la récré" semblent
exprimer tous ces jeunes U9, U11, U13 qui, par cette attitude,
compliquent la tâche de l'éducateur. Cet éducateur qui, une heure et
demie durant, essaye tant bien que mal de faire respecter l'ordre nécessaire à un contenu maîtrisé. En hurlant le plus souvent… Cet éducateur
qui a peut-être échafaudé sa meilleure séance et qui se voit confronté,
au bout de dix minutes, à la sempiternelle question : "c'est quand
qu'on fait un match ?". Une question qui a le don d'agacer car elle
signifie ni plus ni moins que ce qui est proposé n'est pas intéressant.
Frustrant, dévalorisant, décourageant…
C
>"C'est quand qu'on fait un match ?"
À la longue, trois cas de figure se détachent. Un : l'éducateur jette
l'éponge. "Ils ne veulent pas s'entraîner, ils ne sont pas sérieux, ils ne
sont pas gérables… J'arrête". Deux : l'éducateur s'entête à imposer le
contenu de sa séance. "Ce n'est pas à eux de me dicter ce que je dois
faire, il faut que je me fasse respecter". Malheureusment on entretient ici la frustration et l'écart entre les attentes de l'entraîneur et
celles de l'entraîné se creuse. C'est pire.Trois : l'éducateur dit amen en
quelque sorte à la volonté de ses joueurs en improvisant un match à
chaque séance ou presque. "Jouez !" . Ce faisant, il occulte toute notion
de progression. Sans compter que l'idée d'un éducateur voué à n'être
qu'un distributeur de chasubles ne réjouira pas le lecteur... Alors,
74
naturellement, il existe une
quatrième solution permettant de conserver l'aspect
ludique et récréatif de la
séance tout en préservant la
notion de progression… et la
motivation de l'éducateur. "On
t o u c h e i c i à l a n o u ve l l e
approche de la DTN sur ce
que doit être le football des
jeunes en terme de contenu",
explique Michel Drouilhat,
C o n s e i l l e r Te c h n i q u e
Départemental du district de
Seine et Marne Nord (77).
"Pendant longtemps, en formation de cadres, on a insisté
sur des exercices un peu rébarbatifs et des canevas de séance bien
ficelés. L'idée aujourd'hui, c'est de recentrer l'activité sur le jeu,
tout en instaurant des règles d'action permettant d'induire la
réflexion et la progression du joueur". Mais qu'entend-on par "jeu" au
juste ? "Des situations jouées, en opposition, quel que soit le rapport numérique, et dont l'aménagement et l'approche pédagogique
encouragent le joueur à s'intéresser au contenu, à se l'approprier,
pour en devenir acteur. Le jeu ne doit plus arriver seulement comme
la récompense de fin de séance. Il doit être un fil conducteur".
>"Celui qui s'évertue à vouloir faire taire des enfants
pendant sa séance est dans l'erreur" (Jacques
Bouvret, CTD)
Est-ce à dire qu'il ne faut proposer que du jeu ? Jacques Bouvret, CTD de
l'Eure (27) nuance : "on peut très bien alterner entre jeu et exercice
technique, par exemple, mais toujours garder à l'esprit que l'objectif est de proposer l'activité qui correspond le mieux au public
concerné. Or, l'enfant, le jeune, veut jouer. Après, c'est à l'éducateur
de lui faire comprendre que dans un 5 contre 5, par exemple, il
touchera plus souvent le ballon que sur un 8 contre 8 sur un demiterrain. Et toucher plus de ballons, cela veut dire dribbler plus
souvent, frapper davantage au but… C'est un message à faire passer
pour obtenir l'adhésion". Obtenir l'adhésion, voilà la clé. Pour dix
éducateurs qui "serrent la vis" dans le but de mater les récalcitrants,
combien pensent d'abord à optimiser le contenu de leur entraînement pour focaliser davantage l'attention des joueurs vers le jeu et
éviter ainsi qu'ils ne se dispersent ? Plus facile à dire qu'à faire me
direz-vous. Soit ! Jacques Bouvret : "de toute façon, à cet âge, l'atten-
Vestiaires
pas à tenir mes joueurs !
tion, la concentration font défaut, et c'est normal. C'est d'ailleurs
pour cette raison qu'on préconise des séances intéressantes et
variées, avec des ateliers qui ne dépassent pas 10 à 12 minutes.Audelà, le joueur décroche et n'écoute plus. Une chose est sûre : celui qui
s'évertue à vouloir faire taire des enfants pendant la séance est
dans l'erreur ! Chercher à les transformer est peine perdue. La seule
chose qui compte est de les placer dans un contexte favorable à leur
épanouissement et curiosité". L'indiscipline ne serait-elle pas en définitive, pour une part en tout cas, que l'expression du désintérêt du
joueur vis-à-vis de ce qu'on lui propose ? Se poser la question, c'est
un peu y répondre.
■ Julien Gourbeyre.
Pierre SAGE. Titulaire du DEF, Pierre Sage est par ailleurs président de AltisGroup, société de conseil,
formation et accompagnement de clubs de football.
"Assouvir le plaisir de l'enfant sans occulter les
objectifs pédagogiques"
Etes-vous d'accord pour dire que les jeunes
licenciés en école de foot souhaitent de plus
en plus pratiquer, à l'entraînement, un jeu
sans contrainte ? Oui, ce qu'ils veulent, c'est jouer,
s'amuser, point. Cela amène forcément l'éducateur à
se questionner sur la méthode à employer.
Justement, laquelle est-elle selon vous ? Sans
dire de créer un leurre, je crois que l'éducateur à tout
intérêt à proposer des jeux axés sur le plaisir, l'aspect
ludique, mais dans lesquels il placera quelques règles visant à maintenir la notion de progression. En d'autres termes, mettre en place des
séances à base de jeu de façon à assouvir le plaisir de l'enfant, tout
en n'occultant pas les objectifs pédagogiques.
lonner aux autres dans le temps, et donc de continuer
à jouer. Une chose est sûre, l'éducateur a ici un grand
rôle à jouer. C'est lui qui doit favoriser la progression du
joueur. Et pour ce faire, il doit stimuler, être un activateur, mettre de la compétition dans les jeux, avoir une
attitude questionnante… Après, pour savoir si on a
réussi ou échoué, j'ai coutume de dire que le meilleur
indicateur,c'est le renouvellement des licences la saison
suivante.
N'y a-t-il pas un fossé tout de même entre les contenus de
formation de cadre, où l'on vous enseigne à structurer
une séance de manière cohérente, et la réalité du terrain qui vous pousse avant toute chose à vous adapter ?
Je ne crois pas. La base de l'apprentissage, c'est d'être capable de le
Des objectifs vers lesquels on peut tendre au choix à déplacer, de le transposer. En formation, on configure des problèmes
travers l'utilisation des variables pédagogiques ? et on vous enseigne une méthode.Mais c'est à l'éducateur ensuite,dans
son club, d'élaborer le contenu de sa séance ! A lui d'adapter ses conteExactement. L'espace de jeu, le rapport numérique, la cible, etc…
nus au public qu'il a en face de lui. À un moment donné, il faut savoir
Mais beaucoup d'enfants, en U11 et U13 surtout, deman- dépasser le cadre de l'organisation et de l'animation d'une séance
pour aller vers la conception et l'enseignement.
dent à leur coach de "faire un match", sous"Les joueurs doivent
entendu "comme le week-end", sur le demi- intégrer le fait que l'enterrain et avec les vraies cages. Pour cerPour finir, on ne peut nier le fait qu'indétraînement renferme
tains, le jeu c'est cela, et rien d'autre… D'abord,
pendamment de ce qu'il propose à l'entraîaussi une part de frustranement, l'éducateur peut aussi se voir
on peut tout à fait proposer une opposition dans les
tion. C'est la conjugaison
confronté à un problème de discipline.
conditions du match du week-end, tout en imposant
avant la dictée…"
Quels conseils lui apporteriez-vous ? De poser
une ou deux règles permettant de maintenir son objectif de séance. Ceci étant, je dirais que les joueurs doivent intégrer le fait un cadre de fonctionnement, fixer les règles de groupe, situer les
que l'entraînement renferme aussi une part de frustration. C'est à limites. Cela peut paraître banal, mais l'expérience montre que peu
l'éducateur de leur inculquer ce message. Par moment, la séance est au d'éducateurs le font "vraiment". C'est-à-dire accepter de perdre peutmatch ce que la conjugaison est à la dictée.
être une à deux séances avec ça, mais gagner ensuite en efficacité. On
peut même aller plus loin en posant ce cadre avec les joueurs. Ils souMais s'est-on déjà posé la question de savoir si les enfants mettent, vous validez. Enfin, j'ajouterais que la discipline fait partie du
qui veulent simplement jouer ont "aussi" envie de pro- projet club. Si les enfants n'ont pas été habitués à un cadre de fonctiongresser ? Même si cette volonté n'est pas consciente au départ, nement en U7 et U9, il y a fort à parier que l'éducateur U11 aura du mal
c'est bien la progression qui va permettre à l'enfant de pouvoir s'éta- à faire évoluer de mauvaises habitudes… ■
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75
∫ FOOT ANIMATION ª
La méthode Coerver conserve ses (nombreux) adeptes
1 ballon pour 1 joueur. Décriée par un certain nombre de techniciens français, pour lesquels
l'entraînement ne doit plus se concevoir qu'à travers la globalité du jeu, la méthode Coerver continue
pourtant d'alimenter les séances de nombreux grands clubs européens, tels l'Ajax Amsterdam ou le Standard
de Liège. Deux écuries visitées récemment par VESTIAIRES et dans lesquelles nous avons été effectivement
surpris par l'habileté technique et motrice des enfants en école de foot. Explications.
u cours de notre dernier reportage au sein de l'Académie
Robert-Louis Dreyfus du Standard de Liège, nous avons pu
assister à un plateau U7, U9 et U11 regroupant une dizaine de
petits clubs amateurs du coin.Très vite, nous avons été bluffé par
l'habileté technique et motrice de ces footballeurs en culotte
courte ! Conduite de balle maîtrisée, contrôle orienté, redoublement de passes… Rien de comparable avec ce que l'on voit en
France, hormis peut-être dans quelques écoles de foot de clubs
professionnels. Et encore… Alors pourquoi (et comment) une
telle différence ? Un premier élément de réponse nous a été vitesse, recevoir et passer, se déplacer, finir...). Il suffit de voir sur
donné par l'échauffement des joueurs avant le coup d'envoi. la toile quelques vidéos d'entraînement pour se rendre compte
Alors qu'en France, l'éducateur sort généralement de son sac 2 de tous les bienfaits de cette méthode sur l'habileté technique
et motrice des joueurs, et de l'importance, pour
ou 3 ballons à s'échanger librement ou de façon
Développement de la
l'éducateur, de démontrer... Nous en avons d'aildirigée, là, chaque enfant a sa boule de cuir. S'en
suit une répétition de gammes techniques étonne- technique individuelle, de leurs publié une, extraite d'une séance U9 à l'Ajax
ment bien exécutées. Le "mystère" est résolu. la vitesse d'exécution, et Amsterdam, sur notre site Internet (www.vestiaires-magazine.com). Reste que la méthode
Depuis toujours influencés par le voisin néerlande la créativité
Coerver – à ne pas confondre avec la méthode
dais en matière de football, les clubs belges utilisent eux aussi la méthode Coerver, du nom de l'ancien techni- purement analytique et limitante - a aussi ses détracteurs.
cien hollandais,Wiel Coerver, vainqueur de la Coupe UEFA en Français et Espagnols, par exemple, lui préfèrent une approche
1974 avec Feyenoord. Une approche de l'entraînement basée de l'entraînement, en école de foot, basée essentiellement sur
sur la technique individuelle, la vitesse d'exécution, la créativité, le jeu. Cette dernière a elle aussi fait ses preuves. Il n'y a donc pas
et qui a fini par s'exporter aux quatre coins du monde. Cette phi- de bonne ou de mauvaise recette. Comme toujours, la vérité
losophie qui repose sur la recherche constante de développe- se situe très certainement dans un savant mélange des deux
ment technique du joueur, et sur un jeu en mouvement basé approches, permettant ainsi une plus grande variété et richesse
sur l'offensive, à la fois attractif, créatif voire instinctif, s'organise des contenus d'entraînement. N'est-ce pas là finalement le
à l'entraînement autour de la "pyramide de développement" meilleur moyen de fidéliser et de faire progresser ?
du joueur, constituée de plusieurs axes (maîtrise du ballon,
■ JG
A
EXEMPLE PRATIQUE
Voici un exemple d'exercice en rapport avec l'axe de développement "se
déplacer". Cet axe de travail vise à se déplacer, donc, et à créer des espaces
face à des défenses regroupées. Des exercices de 1 contre 1 ou 2 contre 2 qui
prônent également le dribble, le mouvement, l'initiative, le choix, et qui
vont nécessiter des changements de rythme, de direction, des feintes, afin
de prendre le dessus sur son adversaire. Ici, au signal de l'éducateur (visuel
ou auditif), un joueur de chaque équipe court le plus rapidement possible, passe dans la porte, et joue un ballon adressé par l'éducateur. Le but :
faire tomber un des deux ballons posés sur les quilles. Les joueurs devront
donc insister sur les feintes et changements de direction pour se donner
l'espace et donc le temps nécessaire à l'ajustement de leur frappe.
76
Vestiaires
EN
BREF…
Plus 110% de CFF1 (ex-Initiateur 1 en
2012-2013) !
La nouvelle architecture des diplômes mise
en place par la Direction Technique Nationale
va incontestablement dans le sens d'une augmentation de la compétence des éducateurs
à la base. Jugez plutôt : outre les 294 modules
U9 et 220 modules U11 enregistrés sur la saison 2012-2013 (8853 participants au total),
la DTN a enregistré pas moins de 13 343 certifications (CFF1) contre 6389 en 2011-2012 !
Des canons à ballons aux stages Passion
Foot !
Une nouveauté en 2014 pour les pensionnaires des stages Passion Foot : Bruno Mignot,
président de l'association, a breveté des
"canons à ballons" destinés au football d'animation, et permettant aux jeunes pratiquants
de travailler l'amorti pied/poitrine ou encore
le jeu de volée.
Renseignements : www.passionfoot.org
U13 : les bleus champions du monde !
L'information est "presque" passée inaperçue, et pourtant ! Quinze ans après les Bleus
d'Aimé Jacquet, la France est montée sur le
toit du monde, le 6 septembre dernier, en
battant le Brésil en finale de la Danone
Nations Cup, aux tirs au but. C'est le RC Lens
qui représentait les Bleus dans cette compétition internationale réservée aux U13. Les
Sangs et Or ont dominé les jeunes Brésiliens
du Sport Clube Andrelandia après avoir éliminé l'Argentine, le Mexique et le Japon aux
tours précédents. La finale s'est disputée à
We m b l e y s o u s l e s y e u x d u p a r r a i n d e
l'épreuve, Zinédine Zidane. A noter enfin
que les Lensois comptaient dans leurs rangs
un certain Jonathan Varane, petit frère du
défenseur du Real Madrid et de l'équipe de
France.
Pas d'étirements avant les U11
A chaque match ou entraînement, on voit
encore des éducateurs faire pratiquer des étirements à leurs joueurs en école de foot. Cette
pratique - si elle peut présenter un intérêt
éducatif - ne remplit en revanche aucun objectif de prévention des blessures ou de souplesse. En effet, jusqu'en U11 les enfants ne
sont pas concernés par les lésions musculaires
de type élongation ou claquage. Et pour ce
qui concerne la souplesse, Charles Thiebauld
et Pierre Sprumont, auteurs de l'ouvrage
"L'enfant et le sport", confirment qu'un
"entraînement de souplesse n'est pas nécessaire avant 9-10 ans, Excepté pour certains
sports comme la gymnastique ou la danse".
En Espagne, les éducateurs coachent
sur le terrain !
Voilà qui ferait bondir plus d'un Conseiller
Technique Départemental français. Dans la
plupart des clubs amateurs espagnols, il est
admis que les éducateurs en foot réduit coachent leurs joueurs à l'intérieur de l'espace de
jeu ! Pendant que les joueurs défendent ou
attaquent, leurs éducateurs se déplacent
donc à leur côté (sans courir) pour les conseiller, les encourager, les rassurer, et arbitrer.
Etonnant.
Exercice ludique U7-U9 : Chameau –
Chamois
Voici un exercice ludique permettant de développer l'attention, la concentration, la vitesse
de réaction et la vitesse-vivacité d'un jeune
public U7-U9.
Séquence 1 (6 minutes) : une colonne
de joueurs (2 équipes) avec, de part et d'autre, une ligne de plots rouges ("chameau")
et une ligne de plots jaunes ("chamois").
L'éducateur raconte une histoire.
Lorsqu'apparaît le mot chameau ou chamois,
les joueurs doivent réagir le plus vite possible
en sprintant vers la ligne correspondant. Le
dernier arrivé donne un point à l'équipe
adverse. L'équipe qui cumule le plus de points
remporte le jeu.
Séquence 2 (6 minutes) : les joueurs sont
maintenant regroupés dans un carré de 20x20
mètres (à adapter selon le nombre de
joueurs). Les bleus sont les "chameaux", les
blancs les "chamois". Ils sont positionnés en
file indienne (l'une à côté de l'autre).
L'éducateur raconte une histoire.
Lorsqu'apparaît le mot chameau, les blancs
(chamois) doivent attraper les bleus (chameaux) et inversement. L'équipe qui a réussi
a attraper les joueurs adverses en un minimum de temps remporte le jeu.
Exercice ludique U7-U9 :
Chameau – Chamois
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Schémas réalisés avec le logiciel Pro Training 3D
77
∫ Etranger ª
STANDARD DE LIEGE
Valeurs, progrès et innovation
Laboratoire. Sortie de terre il y a six ans, l'Académie Robert-Louis Dreyfus a doté le Standard de Liège
d'un outil haut de gamme lui permettant de mener une politique de formation citée en référence aujourd'hui
dans tout le pays. Plus qu'une politique, une "philosophie" basée en priorité sur le bien-être et
l'épanouissement personnels des jeunes. D'où ce travail de recherche de tout ce qui peut améliorer le
quotidien et la progression des footballeurs en herbe. Un travail de réflexion, de création, d'innovation, réalisé
dans le sillage du Directeur de la structure, l'ancien formateur nancéen Christophe Dessy. VESTIAIRES a passé
deux jours au sein de ce véritable laboratoire duquel on n'a peut-être pas fini d'entendre parler…
la question : "Quel est le premier critère pour entraîner en formation au
Standard de Liège ?", le directeur
de l'Académie, Christophe Dessy passé par l'AS Nancy-Lor raine
(1999-2004) - nous répond : "Etre
sportif. Plusieurs fois par mois,
nous faisons une sortie, que ce soit
en VTT ou en course à pied. Je ne
veux pas d'éducateur qui se laisse
aller. C'est un état d'esprit". État
d'esprit. Le mot est lâché. Il ne nous
quittera plus pendant tout notre
séjour en Wallonie. Rarement un
centre de formation nous aura
donné l'impression d'un lien aussi
étroit et inaliénable entre valeurs
humaines et performance sportive.
Et ce à tous les étages. Du suivi scolaire (32 heures de cours par
semaine… avec heures de soutien le mercredi après-midi et présence
à l'Académie de plusieurs joueurs universitaires) au code vestimentaire
(chaussures de football noires obligatoires pour éviter les vols et ne pas
créer de disparité) en passant par le recrutement des jeunes ("on ne discute pas avec les agents. De toute façon, nous ne mettrons jamais
d'argent sur un jeune") ou encore la relation avec les parents (étroite,
riche et constructive), tout semble mis en œuvre pour tendre vers
l'épanouissement et la réussite "globale" du joueur, avant d'envisager
plus spécifiquement sa réussite "sportive". Une politique qui a déjà
porté ses fruits si l'on en juge par le nombre de professionnels sortis de
l'Académie Robert-Louis Dreyfus en moins de six années d'existence
(voir par ailleurs). En un temps record, le Standard de Liège a donc su
se doter du meilleur outil de formation et du plus bel espace de jeu (17
hectares) dédiés aux jeunes du Royaume. Des installations et un matériel de pointe qui font des "Rouches" une référence en matière de formation en dépit d'un budget (36 ME) deux fois inférieur à celui du
grand rival,Anderlecht. Mais le Standard, qui renferme également la
meilleure section féminine du pays, a d'autres atouts.
À
78
>École de foot : Subbuteo, jeu de cartes et volley-ball !
L'état d'esprit, on l'a dit, des valeurs - "la popularité de Marseille et la
combativité des gens du Nord" dit-on ici - mais aussi un véritable
savoir-faire. Chez les petits
d'abord, où la méthode Coerver
(voir page 74) est préconisée
pour développer les habiletés
techniques. Bluffant. L'influence
néerlandaise, toute proche, ne
se dément pas. Mais le plus étonnant demeure sans doute le travail de recherche et de réflexion
visant à optimiser l'entraînement et l'approche pédago- Sur les ateliers de psychomotricité,
les jeunes en école de foot alternent
gique avec la présence notam- entre exercice de coordination et
ment d'un psychomotricien réflexion personnelle à base de
détaché de l'université de Liège. cartes à jouer.
Vestiaires
HISTOIRE DE VOITURE ET D'AVION
EN ÉCOLE DE FOOT…
En foot réduit à 5, le Standard fait travailler les joueurs sur deux
organisations de jeu : en carré (2 défenseurs, 2 attaquants) pour
travailler la zone, et en losange (1 défenseur, 2 milieux excentrés,
1 attaquant) pour favoriser les circuits de passes à 2, à 3. Selon
que l'on attaque ou que l'on défend, le carré est matérialisé
dans l'esprit des enfants par la "petite ou grosse voiture" tandis
que le système en losange évoque un "petit ou gros avion".
Tableau noir ludique avec un match à l'aide d'un terrain de Subbuteo.
Les joueurs doivent placer un bonhomme en fonction d'une situation
de jeu imaginée par l'éducateur.
Parmi les actions mises en place par ce dernier, on notera par exemple
les mini séances de "tableaux noirs" réalisées à l'aide d'un terrain
Subbuteo, pendant lesquelles les joueurs sont invités à venir placer tel
ou tel bonhomme en fonction d'une situation de jeu ! Il y a aussi les circuits de coordination avec, parmi les ateliers, un exercice de réflexion
personnelle à base de cartes à jouer ?! "Nous veillons à travailler à la
fois sur le corps et l'esprit", souligne Christophe Dessy. "L'enfant doit
toujours être actif et en éveil".Autre spécificité, la mise en place d'un
jeu de volley-ball avec une grosse balle, très légère, qui reste plus longtemps en l'air, permettant ainsi aux enfants de travailler leur psychomotricité. Génial. "En école de foot, nous allons nous diriger de plus en
plus vers ces jeux ludiques qui aident les enfants à développer leur
motricité par le biais de différentes activités. Nous avons d'ailleurs
instauré une journée par mois 100% ludique, des U8 aux U14".
>Une machine à rebond
inédite pour les gardiens
de but !
En préformation, l'approche est
la même. Technique, jeux et
coordination sont omnipréJorge Veloso, l'entraîneur des garsents.Toute programmation tacdiens U11-U14, a élaboré lui-même
une "machine à rebond" dont il s'ap- tique est exclue ! La volonté d'inventer de nouveaux procédés
prête à déposer le brevet.
per mettant d'optimiser les
contenus d'entraînement est bien présente, elle.Ainsi, depuis cette saison, c'est Fabian Nicolai, l'éducateur U14, qui à innové avec le port
de chasubles autour du cou "afin d'inciter le joueur à davantage
lever la tête pour prendre l'information, plus difficile à capter". De
vieilles chasubles découpées en bande pour l'occasion. Et les gardiens ne sont pas en reste. Jorge Veloso, l'entraîneur spécifique U11-U14
a imaginé et mis au point lui-même une machine à rebond à 5 faces permettant une multitude d'exercices à plusieurs gardiens (voir vidéo
sur www.vestiaires-magazine.com). Le technicien s'apprête à breveter son invention ! On voit bien ici toute la marge de manœuvre dont
bénéficient les éducateurs du Standard, encouragés à faire preuve de
créativité dans leurs séances, qu'ils conçoivent eux-mêmes tout en
www.vestiaires-magazine.com
respectant une planification annuelle qui, elle seule, leur est imposée. "Cela ne m'empêche pas de contrôler les contenus", explique
Christophe Dessy. "Chaque jour, je participe à une séance, mais les
éducateurs ne savent pas laquelle…".
>Un 4-4-2 immuable, "véritable
institution"
Un management participatif dont l'unique
objectif est de sor tir de futur s pros
"conformes" aux attentes et à la philosophie du Standard. Mais aussi à son style de
jeu. À ce sujet, notons que la catégorie U19
L'éducateur des U14,
est la première à basculer du 4-3-3 au 4-4-2, Fabian Nicolai, a découpé
"le système de jeu historique et immuable un jeu de chasubles de
du Standard. Une institution ici", rap- façon à ce que les joueurs
pelle Christophe Dessy. "On veut des les portent comme une
joueurs rapides et portés vers l'offensive, écharpe. L'objectif : optimiser la prise d'informaque ce soit devant ou sur les côtés. Nos tion en obligeant le joueur
deux attaquants actuels en équipe profes- à lever la tête.
sionnelle ont 19 ans ! Un bon moyen de
montrer à tous nos jeunes qu'on leur fait confiance". D'ailleurs, à
chaque match disputé à Sclessin, le Directeur de l'Académie souligne
en fluo sur la feuille de match les titulaires passés par le centre de formation, avant de l'afficher dans les vestiaires de l'Académie. "Ainsi,
enfants et parents peuvent constater que nous ne mentons pas
lorsque nous avançons que le club fait confiance à ses jeunes". Et ce
n'est sans doute pas près de se terminer.
■
Julien Gourbeyre
SEULEMENT 2 SÉANCES COLLECTIVES
HEBDOMADAIRES À PARTIR DES U15
Au Standard de Liège, la catégorie U15 marque un tournant
décisif dans le cursus de formation du joueur. D'abord, c'est là
que démarre véritablement le développement athlétique avec
le passage de différents tests physiques (VMA, vitesse, Cybex…).
La musculation, elle, ne démarre qu'en U19. La catégorie U15
marque par ailleurs le début de l'individualisation de l'entraînement. "Dans la semaine, les joueurs n'ont que deux séances collectives. Tout l'entraînement est individualisé par mini-groupe
le reste du temps. On cherche le progrès avant d'obtenir des
résultats. Le classement des équipes de jeunes est chez nous
secondaire".
Suite page suivante 
79
∫ Etranger ª
Joueurs passés pro ces 6 dernières années
Une grande famille. Voici les principaux joueurs sortis de l'Académie Robert-Louis Dreyfus depuis sa création, il y a 6 ans.
Nombre de ces joueurs, originaires de la région de Liège, ont passé plus d'une décennie au club, depuis les équipes de jeunes.
Christian Benteke (Aston Villa, Ang)
Grégory Servais (RFC Huy, Bel)
Ritchie Kitoko (Udinese, Ita)
Samuel Piette (Real Union club, Esp)
Réginal Goreux (Samara, Rus)
Nacer Chadli (Tottenham, Ang)
Thomas Meunier (FC Bruges, Bel)
Luis Cavanda (Lazio Rome, Ita)
David Rico Garcia (La Calamine, Bel)
Fesquet Penga Ilenga (RFC Liège, Bel)
Kadir Bekmezci (Sivasspor, Tur)
Marouane Fellaini (Manchester United,
Ang)
Jérôme Nollevaux (FC Brussels, Bel))
Valentin Goffin (CS Visé, Bel)
Miguel Dachelet (Heist, Bel)
Axel Witsel (Zénith, Rus)
Sébastien Pocognoli (Hanovre, All).
Mehdi Carcela (Standard Liège)
Michy Batshuayi (Standard Liège)
Imoh Ezekiel (Standard Liège)
Anthony Moris (Standard Liège)
Paul-José M'Poku (Standard Liège)
Julien De Sart (Standard Liège)
François Marquet (Standard Liège)
Fellaini, l'ambassadeur
I
l est à ce jour le plus beau joyau façonné par le
Standard de Liège. Arrivé en bord de Meuse à 16
ans, l'actuel milieu de terrain de Manchester United
a disputé 84 matches avec les "Rouches" (2006-2008)
avant de rejoindre Everton puis MU l'été dernier.
Une formidable vitrine pour l'Académie Robert-Louis
Dreyfus, comme l'expliquait récemment Christophe
Dessy dans le magazine officiel du club : "(…)
Marouane Fellaini a attiré les projecteurs sur notre
centre de formation. Depuis un peu plus d'un an, il y
a une prise de conscience de l'opinion publique que
quelque chose de bien se passe au Standard. Parce
que Nacer Chadli (Tottenham, Ndlr), Christian
Benteke (Aston Villa, Ndlr) et Kevin Mirallas (Everton,
Ndlr) sont passés par ici, on reçoit beaucoup de
80
demandes émanant d'Angleterre de personnes désireuses de comprendre notre philosophie de formation (…)". Le Red Devil est devenu un ambassadeur de
choix pour les formateurs du Standard. Non seulement sur le plan sportif, mais aussi d'un point de vue
éducatif. Car le joueur a laissé l'image d'un garçon
très poli, discipliné et équilibré. À tel point que le 11
août dernier, lors d'une rencontre entre le staff et
les familles des jeunes de l'Académie, le directeur
du centre a diffusé un documentaire de 28 minutes
sur le Diable Rouge. Un film qui montre que l'ascension de ce géant d'1m94 tient aussi et surtout à "sa
mentalité de gagneur et le rôle essentiel joué par sa
famille qui lui a inculqué des valeurs qui dépassent
très clairement les limites d'un terrain de football".
Vestiaires
Programme pédagogique
hebdomadaire des U17
JOURS
MATIN
APRES-MIDI
LUNDI
Techniques statiques
ou dynamiques (jeux)
Techniques défensives
et offensives
MARDI
Développement VMA /
Vitesse
Techniques spécifiques
+ jeux à thèmes +
Phases arrêtés
MERCREDI Ecole
JEUDI
Ecole
Développement tactique (exercices +
situations)
Toutes formes de jeux
à thèmes + phases
arrêtées
Vitesse + développeVENDREDI ment tactique
Ecole
(mise en situation)
SAMEDI
Repos
DIMANCHE Repos
www.vestiaires-magazine.com
Match de championnat
Repose
Christophe Dessy
Un recrutement très local
P
as moins de 30 recruteurs officient pour le Standard de Liège
(dont 11 pour l'école de foot, dans un rayon de 40 km, et 19 sur
l'ensemble du territoire). Plusieurs clubs partenaires, régionaux, nationaux voire internationaux sont rattachés au club.
Lorsqu'un joueur extérieur est repéré en formation, il passe
d'abord plusieurs mois en immersion au sein du club. "Par expérience, il faut faire attention aux joueurs qui donnent tout et se
montrent sous leur meilleur jour pendant un essai, avant de
vous décevoir par la suite… Sur la durée, en revanche, on ne
peut pas tricher", explique le Directeur de l'Académie. Notons
qu'une majorité de joueurs sont issus de la région de Liège.
81
∫ EXPATRIÉ ª
Guillaume Beuzelin ouvre l’Ecosse
aux jeunes français
Passerelle. L’ancien attaquant du HAC notamment entraîne depuis un an
les joueurs de l’Edusport Academy au cœur de l’Ecosse, près de Glasgow.
Récit d’un passionné qui affiche ses ambitions.
"L
e football écossais, c’est d’abord un état d’esprit, une
ambiance… Ca m’a plu". Ce n’est donc pas seulement
pour les beaux yeux de Madame, Ecossaise, que Guillaume
Beuzelin, dit "Boozy", a choisi d’entraîner au Royaume-Uni.Après une
car r ière de joueur qui l’aura mené du Havre aux Hiber nian
d’Edimbourg en passant par l’Angleterre (Coventry) ou encore
Chypre (Nicosie), le natif de Haute-Normandie, usé par des blessures
à répétition, raccroche les crampons en 2012, à 33 ans. C’est là que
Christopher Ewing, directeur de l’Edusport Academy, le sollicite pour
lui proposer un projet. Guillaume Beuzelin raconte : "L’idée de Chris
m’a séduit tout de suite : il voulait créer un lien, une passerelle
entre la France et l’Ecosse pour attirer des joueurs français dans
cette structure afin de leur donner l’opportunité d’intégrer un
club professionnel écossais. Ayant joué dans les deux pays, je
connaissais beaucoup de monde…".Ainsi, Ewing trouve en "Boozy"
la personne idoine, capable par son passé de joueur de faciliter ce
lien entre les deux pays. "L’académie, pour sa troisième année
d’existence, accueille actuellement 35 joueurs français, âgés de
17 à 22 ans, généralement recrutés au niveau DH-CFA2, parfois en
provenance de centres de formation", explique
l’ancien attaquant. "Mon rôle est d’accueillir les
joueurs sur un programme de 9 mois durant lesquels je les entraîne
chaque matin. L’après-midi, ils suivent des cours d’anglais. Et le
week-end, ils affrontent des équipes semi-pro et professionnelles lors
de matches amicaux avec l’ambition de se montrer et de décrocher un contrat".
>"Une différence de tempo et d'intensité souvent
surprenante pour les jeunes joueurs, lorsqu'ils
arrivent"
Et ça marche ! Pour preuve, l’année dernière, Nicolas Carrou, gardien de but passé par le centre de formation de Lens, a signé un contrat
pro à Morton (D2 écossaise). Cette année, il a été titulaire et élu très
récemment "homme du match" au terme d’une victoire prestigieuse
au Celtic Park de Glasgow ! "Nous avons également un ancien pensionnaire du centre de formation de l’OM, qui effectue actuellement un essai au Glasgow Rangers. Un joueur dans lequel nous mettons beaucoup d’espoir". Mais tous ne réussiront pas, naturellement. Si rien ne se profile à l’horizon au terme des 9 mois, le
joueur retourne en France avec, dans ses bagages tout de même,
une expérience culturellement et sportivement riche, dans un
contexte très différent de ce que l’on connait en France. Un
football dont le fameux "kick and rush" a laissé place à une
toute autre approche, comme nous l'explique Guillaume
Beuzelin. "Ayant pratiqué le football dans les deux pays, j’ai
constaté une différence de tempo souvent surprenante pour
les jeunes joueurs français, lors des premiers matches.
Pourtant, après une période d’un ou deux mois, ils s’adaptent
et souvent s’y plaisent. D'ailleurs, pour les préparer au mieux,
nous invitons des joueurs écossais de bon niveau à venir
s’entraîner avec nous". Les entraînements sont donc basés sur
l'intensité. Quant à Guillaume Beuzelin, s'il se dit heureux de son
sort, il garde néanmoins dans un coin de sa tête le projet d’entraîner un jour une équipe professionnelle. Il s’en donne les moyens
en finissant de passer tous les diplômes nécessaires. Et peutêtre alors, utilisera-t-il une nouvelle fois la passerelle. Mais dans
l’autre sens.
■ François Villebrun
www.edusportacademy.com
82
Vestiaires
Publireportage
Ambassadeur. Kipsta s'est associé à Mickaël Landreau par le biais d'un partenariat inédit basé sur une
démarche de co-conception. L'idée : combiner le savoir-faire des Chefs de Produit de la marque des sports
collectifs du réseau Oxylane, avec l'expérience de sportif de haut niveau de l'actuel portier bastiais, dans le
but de faire naître des produits innovants et durables. Explications avec le principal intéressé.
Mickaël LANDREAU : "Pourquoi
j'ai choisi de
m'investir aux côtés de la marque Kipsta"
Pourquoi avoir accepté de vous
investir dans ce partenariat d'un
genre nouveau avec la marque
Kipsta ? C'est la première fois
effectivement qu'une marque me
proposait une telle collaboration
visant à m'impliquer de manière
concrète dans la conception de
produits pour gardiens de but.
Une approche très différente de
celles que j'ai pu connaître par le
passé avec d'autres équipementiers. C'est ce qui m'a séduit.
contact par téléphone ou lors de
mes visites au siège de la
marque. Les échanges étaient à
chaque fois très constructifs.
Chacun était à l’écoute de mes
observations et en même temps
force de proposition pour me
soumettre les meilleurs composants
avec
un
rapport
qualité/prix intéressant. C’est
aussi en cela que cette collaboration m’a plu : le fait de tendre
vers l’excellence, mais au meilleur tarif. Le travail que j’ai pu
faire sur les gants et les chaussures a permis en effet de servir de base pour concevoir d’autres niveaux de gamme afin
que chacun puisse s’équiper avec les mêmes produits que
ceux des pros.
Comment s'est traduite cette implication ? Dès le premier jour
de ma collaboration avec Kipsta, j’ai été immergé au sein de
l’équipe de conception football constituée des Ingénieurs
Produit, Chefs de Produit, designers et modélistes. Tous
pratiquent le football et savent de quoi ils
"Les gants commercialisés De quoi êtes-vous le plus fier aujourd'hui,
parlent. Sur le gant par exemple, j’ai
travaillé avec une personne qui a lui-même aujourd'hui en magasin sont via ce partenariat avec Kipsta ? D'avoir
exactement les mêmes que réussi à développer une gamme complète
été gardien de but. Il comprenait donc
de gants répondant à 100% des besoins
parfaitement les retours que je pouvais lui
ceux que je porte"
des gardiens de but de haut niveau (voir
faire suite aux tests des gants.
par ailleurs). D'autant que ceux qui sont aujourd’hui commerVous vous êtes senti impliqué à 100% dans la création et la cialisés en magasin sont exactement les mêmes que ceux que
fabrication de ces nouveaux produits ? Complètement. Pour je porte, ce qui permet à tous de pouvoir s’équiper avec un
arriver à un produit optimal, nous avons souvent été en produit haut-de-gamme et à un prix raisonnable.
3 modèles distincts
De la collaboration entre Kipsta et Mickaël Landreau est née une gamme complète de gants de gardien de but, la gamme F700,
constituée de trois modèles :
Le F700 Coutures Plates
Le F700 Rollfinger
Le F700 Finger Protect
∫ RÉCIT TACTIQUE ª
" Nous avons fait le match que
■ Par Alain CASANOVA
Entraîneur du Toulouse
Football Club (Ligue 1).
Toulouse/Lyon (3-0) - 25 novembre 2012 (14e journée de L1).
Une fois n’est pas coutume, VESTIAIRES s’est plongé dans une
rencontre de championnat de notre élite professionnelle.
Approche tactique, principes de jeu, mise en œuvre…,
Alain Casanova, le coach toulousain, nous fait le récit tactique
du match TFC-OL, datant d'il y a un an.
eplaçons dans un premier temps ce match dans le contexte
du championnat de France de Ligue 1 en novembre de l’année dernière. Nous devions rencontrer une équipe de Lyon
qui nous était supérieure sur le papier. À ce stade de la compétition
(14e journée, Ndlr) et malgré notre bon début de saison, nous
nous étions un peu essoufflés (9e au classement, Ndlr) et restions
sur quatre défaites consécutives dont une en Coupe de la Ligue.
Notre situation était plutôt précaire... Pour Lyon, en revanche, ce
match au Stadium pouvait permettre de conforter leur place de leader (après 7 victoires, 4 nuls et 1 défaite, Ndlr). Pour des raisons différentes, cette affiche revêtait donc un certain enjeu des deux
côtés. Précisons que l'OL nous réussissait plutôt bien jusqu’à
maintenant, surtout à domicile. Tactiquement, j’étais persuadé
que si nous restions bien en place, organisés avec des principes de
jeu simples, nous allions être capable de leur poser des problèmes…
R
>Je pense que l'idée du staff lyonnais était de bloquer
la première relance d'Etienne Capoue, à l’intérieur
du jeu, dans la remontée du ballon.
Rémi Garde alignait une équipe classique selon un schéma en 4-23-1, avec une surprise tout de même : Steed Malbranque se retrouvait à gauche de la ligne de 3 alors que lors des matchs précédents, il jouait devant la défense ou en relayeur. Par ailleurs, avec
Yoann Gourcuff dans l’axe, derrière l'attaquant, je pense que l'idée
84
du staff lyonnais était de bloquer la première relance d'Etienne
Capoue, à l’intérieur du jeu, dans la remontée du ballon. Quant à
nous, l'équipe était organisée en 4-1-4-1 avec Capoue devant nos
quatre défenseurs, le duo Didot-Sissoko en milieux relayeurs,
deux joueurs de couloir (Tabanou et Regattin), et un attaquant
axial en la personne de Ben Yedder. Le rapport de force pouvait
sembler déséquilibré, mais nous demeurions convaincus que l'OL
restait vulnérable en défense, notamment à cause d'une charnière
centrale Umtiti-Bisevac qui manquait de coordination et d’automatismes.
>Pratiquer un jeu direct en réduisant volontairement
la préparation de notre jeu offensif, contrairement à
ce que nous avions l’habitude de faire…
Tactiquement, l’idée de base était de mettre beaucoup d'intensité, de rythme et d'engagement physique dès l’entame du match.
Pour ce faire, j’ai demandé à mes joueurs de pratiquer un jeu direct
en réduisant volontairement la préparation de notre jeu offensif,
contrairement à ce qu’on avait l’habitude de faire, et de jouer à fond
tous les deuxièmes ballons ! En proposant peu d’échanges et en
mettant rapidement le ballon dans le dos de leur défense, on pouvait les presser très vite, ce qui ne manquerait pas de leur causer
quelques difficultés… Il fallait contraindre cette défense lyonnaise à jouer face à son but pour que les joueurs n’aient pas le
temps de préparer leurs premières relances. J’espérais les renVestiaires
nous avions prévu de faire"
dre un peu fébrile et obtenir quelques coups de pied
arrêtés intéressants pour emballer le match. Sur le
plan défensif, mes joueurs devaient imposer un bloc
médian haut. À chaque récupération de balle sur leur
jeu long, c'est-à-dire tous les deuxièmes ballons que
l’on pouvait récupérer, il fallait jouer rapidement dans
leur dos sans prise d'information préalable. Et ça a
marché !
>Insister sur Lacazette et Malbranque, qui
ne sont pas des spécialistes de ces postes
de milieu excentré…
L’entame du match s’est déroulée comme prévu,
même si cela ne s’est pas matérialisé par l’ouverture du
score, et bien que Ben Yedder se soit vu injustement
refuser un but (8ème, Ndlr). Mais ce n'était que partie
remise. Nous avons réussi à débloquer les compteurs peu après la
pause (50e, Ndlr). Au départ de l'action, il y a une prise de vitesse
de Tabanou qui déborde dans le couloir gauche et centre au
deuxième poteau où Monzon, le latéral lyonnais, ne ferme pas
bien. Ben Yedder, de la tête, marque dans un trou de souris entre le
portier rhodanien et son montant. Le deuxième but interviendra
à quelques minutes seulement du coup de sifflet final, après une
relance décisive d’Aurier, notre latéral droit, sur un ballon mis
rapidement dans leur dos... Le troisième (91e, Ndlr) fait suite à
une récupération de Braaten suivi d’un échange à l’intérieur, puis
un départ de Ben Yedder dans le dos de leur défense centrale.
Décidemment, nous avions vu juste ! Avec du recul aujourd'hui, je
me dis que la mise en place d'un gros défi physique d’entrée de jeu,
avec beaucoup d’intensité défensive et offensive, les a déstabilisés,
nous permettant par la suite de développer également notre jeu
court combiné dans les couloirs. J’avais d'ailleurs demandé d’insister sur Lacazette et Malbranque qui ne sont pas des spécialistes de
ces postes. Il s’agissait d’apporter des supériorités numériques par
3 AXES DE TRAVAIL DANS LA SEMAINE
Dans ma méthodologie hebdomadaire, je fonctionne selon trois
axes de travail. Le premier est fonction de mon projet de jeu. Sans
entrer dans le détail, mon équipe doit suivre des principes de jeu en
fonction de ce que je veux mettre en place. Le deuxième axe de
travail tient compte du match que l’on vient de faire. J’essaie d’améliorer les choses qui n’ont pas bien marché. Enfin, le troisième point
concerne le match à venir. Je regarde systématiquement 3/4 matchs
de l’adversaire que nous allons rencontrer pour visualiser les problèmes qu’il peut me poser et ceux que je peux lui poser. Je propose ensuite à mes joueurs de visionner dès le début de la semaine,
un montage vidéo de l’adversaire avec ses principales caractéristiques. J’en profite pour présenter le travail que l’on va effectuer. Le
jour du match, je fais un plan de jeu dans lequel je reprends tout ce
que l’on a pu travailler lors des jours précédents.
www.vestiaires-magazine.com
nos latéraux dans les couloirs pour centrer.
>Créer une supériorité à l’intérieur du jeu pour
permettre des décalages dans les couloirs
La densité imposée au milieu de terrain nous a permis de provoquer des 3 contre 2 dans la remontée du ballon avec les 2 défenseurs centraux, plus Capoue, face à Gomis et Gourcuff afin de
créer rapidement un décalage pour avoir un temps d’avance. Si
Capoue était bloqué et que notre défenseur central n’arrivait pas
à créer la supériorité numérique, un des deux milieux relayeurs
(Didot ou Sissoko) devait descendre au niveau de Capoue pour être
libre sur un échange oblique avec le central (voir schéma, Ndlr).
Cette supériorité à l’intérieur du jeu a créé des décalages dans
les couloirs avec l’apport du latéral, mais aussi dans l’axe en provoquant des ruptures d’alignement qui ont permis à un milieu excentré ou à un milieu relayeur de s’engouffrer dans le dos de leurs
deux défenseurs centraux.
>Les Lyonnais s’ouvraient assez rapidement lorsqu’ils
avaient le ballon et engageaient du monde vers
l’avant…
Enfin, on l'a vu, j’ai beaucoup insisté sur la transition défensiveoffensive. Et pour cause, les Lyonnais s’ouvraient assez rapidement lorsqu’ils avaient le ballon et engageaient du monde vers
l’avant avec des latéraux qui évoluaient très haut et des centraux
qui géraient moyennement la profondeur. Il fallait donc, dès notre
récupération, jouer rapidement devant pour les contrer. Un joueur
comme Ben Yedder, capable par sa technique de jouer en appui et
de provoquer des ruptures d’alignements ou encore Sissoko ou
Tabanou, joueurs puissants et forts dans la profondeur, ont ainsi été
les fers de lance de cette transition. Notre plan de jeu a donc bien
fonctionné. Ce qui n’est pas toujours le cas… Pour autant, cette
fois-ci, nous sommes parvenus à faire le match qu’on avait prévu de
faire. Les joueurs ont respecté à la lettre les principes de jeu. Et Lyon
est tombé au Stadium. Comme souvent ces dernières années. ■
Schémas réalisés avec le logiciel Pro Training 3D
85
∫ COACH DE LÉGENDE ª
Helenio Herrera, architecte
La France, son berceau. Il y a tout juste 16 ans (9 novembre 1997) s'éteignait Hélénio Herrera, à 87 ans.
Seize ans, comme le nombre d'années que l'ancien stratège de l'Inter Milan a passé en France. Lui, l'un des plus
grands entraîneurs de football de tous les temps ! Retour sur un destin hors norme.
'ai longtemps cherché un autre Herrera,
avant de le retrouver à travers la personnalité de Mourinho". Cette confidence de
Massimo Moratti, président de l'Inter, sur la chaîne
italienne "7 Gold", en dit long sur l'héritage laissé
par le virtuose du catenaccio, et sur sa personnalité… Près d'un demi-siècle avant le débarquement
en Lombardie du "spécial one", "il mago" (le magicien) avait déjà laissé une trace indélébile chez les
Nerazzurri, et marqué de son empreinte le football
mondial. Pour beaucoup, Helenio Herrera apparaît
non seulement comme le premier "animal médiatique" dans l'histoire des entraîneurs de haut niveau,
mais aussi comme un technicien dont les méthodes
avant-gardistes ont permis au Barça, d'abord, de
stopper l'hégémonie du grand Real, et à l'Inter
ensuite de régner sur l'Europe au milieu des années
60. Ce que l'on oublie souvent, en revanche, c'est
que l'homme a fait ses armes… en France, où il fut
joueur puis entraîneur.
Né à Buenos Aires d'une famille espagnole partie
s'installer au Maroc pendant le Protectorat français,
Herrera obtient la double nationalité franco-argentine à 4 ans. Défenseur rugueux aux "Roches noires" de Casablanca, puis au
Racing AC, il est voué à une modeste carrière tandis que son père l'encourage à devenir charpentier. Mais à 22 ans, sa vie bascule. Une première
fois. Retenu en sélection nord-africaine pour affronter les bleus, il est
repéré par le CASG Paris où il jouera pendant un an (1932-1933) avant
de rejoindre le Stade Français puis le FCO Charleville (D2).
"J
>Le premier "animal médiatique" dans l'histoire des
entraîneurs de haut niveau.
Là, aux côtés de son ami Julien Darui, il s'incline en finale de la Coupe de
France 1936 au terme d'une incroyable épopée. La tactique défensive
mais non moins efficace du coach ardennais de l'époque, l'Autrichien
Erich Bieber, inspirera beaucoup notre futur technicien… La Coupe,
celui-ci finit par la soulever en 1942 sous les couleurs du Red Star.Trois ans
86
plus tard, à 35 ans, il raccroche les crampons alors qu'il est entraîneurjoueur à Puteaux. Rien ne permet à ce moment-là de croire au fabuleux destin qui l'attend. Et pourtant ! Sa vie bascule une deuxième fois lorsqu'il
retourne au Stade Français où il est nommé à la tête d'une équipe de
vedettes emmenée par Larbi Ben Barek. La suite ? Trois saisons décevantes,
certes, mais qui débouchent sur l'opportunité d'un départ au Real
Valladolid, tout juste promu en Liga. Chez les Pucelanos, une finale de
Coupe du Roi dès la première saison lui ouvre les portes de l'Atlético
Madrid ! Il y remporte 2 titres de champion (50 et 51). La légende est en
marche. Et après des passages mitigés à Malaga, La Corogne ou le FC Séville
(52-58), la consécration arrive enfin. C'est le FC Barcelone. En deux ans avec
les Blaugrana, Herrera est sacré 2 fois (59 et 60) mettant un terme à la
domination du Real de Di Stefano, Puskas et Gento ! Outre un doublé
coupe championnat pour sa première saison en Catalogne (59), il décroche
une Coupe des Villes de Foires (ancêtre de la Ligue Europa) en 1960.
Vestiaires
du football moderne
>La consécration avec Barcelone, l'éternité avec
l'Inter Milan !
Seules ombres au tableau : une élimination en demi-finale de la C1
par… les Merengues et, surtout, sa mésentente avec la star hongroise
Laszlo Kubala (3e meilleur buteur de l'histoire du Barça), qui précipite
sa sortie. Pour mieux rebondir. Car "HH" comme on l'appelle, fait
partie désormais du gotha européen. C'est ce qui explique que le
père de Massimo Moratti,Angelo, lui aussi président de l'Inter, accède
aux prétentions financières démesurées d'un entraîneur qui lui promet cependant monts et merveilles.Promesse tenue.Pendant huit ans,
le Franco-Argentin va faire des Nerazzurri l'une des toutes meilleures
équipes au monde. Avec à la clé 3 scudetti (63, 65, 66), 2 Coupes
Intercontinentales (64 et 65) et 2 coupes d'Europe des Clubs
Champions (64 et 65). Sa science tactique, ses méthodes innovants,
sa fine psychologie et son côté "bête de scène" lui confèrent une cote de
popularité sans précédent. En Italie, Helenio Herrera devient une icône.Au
point de faire partie parallèlement du staff de la Squadra Azzurra à partir
de 1966. Une première dans le pays pour un entraîneur étranger. En 1968,
évoquant la fin d'un cycle à l'Inter, HH rejoint l'AS Rome où il remporte
une coupe nationale, avant d'assister sur le banc à la défaite de l'Italie en
finale de la Coupe du Monde 70 contre le Brésil de Pelé (4-1). C'est le
moment d'arrêter. Helenio Herrera ne reviendra à Milan qu'en 1973 pour
une saison anecdotique, puis effectuera également un retour à Barcelone
en 1979 où il succède, ironie du sort, à Kubala... La Coupe du Roi 1981 sera
son dernier trophée.Helenio Herrera a 71 ans.Il tire sa révérence.Rideau sur
une carrière phénoménale. Et inespérée. Lui, l'enfant de Casablanca, qui
croyait avoir déjà réalisé son rêve en signant une modeste carrière de footballeur professionnel en France, pouvait-il imaginer qu'il serait toujours
considéré, 80 ans plus tard, comme l'un des plus grands entraîneurs de
tous les temps ?
■
A VOIR
L'interview de Helenio Herrera par Robert Chapatte dans l'émission "Les
coulisses de l'exploit", le 21 novembre 1962, sur le site Internet www.ina.fr
Julien Gourbeyre
LE SAVIEZ-VOUS ?
• Pour une raison que l'on ignore, HH a toujours
menti sur son âge, se rajeunissant de 6 ans.
• Enfant, à Casablanca, Helenio Herrera fut à deux
doigts de succomber à une diphtérie. Cet épisode le marquera à vie.
• Déjà soupçonné au Stade Français (45-48) de distribuer de l'amphétamine à ses troupes (!), HH
fut pointé du doigt lorsque 3 de ses joueurs à
l'Inter furent contrôlés positifs, en 1962.
En cause, une défaite à Mantoue (1-0) dont le
jeune gardien a tout arrêté ! Un certain Dino
Zoff…
• HH avait pour habitude de toujours pénétrer sur
le terrain en premier afin d'essuyer en premier les
sifflets du public et ainsi préserver un peu ses
joueurs.
• Alors coach du Stade Français, HH a fait partie
du "comité de sélection" des bleus (46-48).
• Helenio Herrera a affronté une seule fois un club
français en coupe d'Europe : l'AS Monaco de
Biancheri et Hidalgo (2e tour de la C1) en 1963
(victoire de l'Inter 1-0 puis 3-1).
• À Milan, HH s'amusait à annoncer le résultat de
son équipe, d'où son surnom de "il mago" (le
magicien).
• Le 27 mai 1964, HH remporte sa première C1 en
battant le Real 3-1. La "der" de Di Stefano chez
les Merengues…
• Helenio Herrera fut le premier à parler de "douzième homme" et à haranguer les supporters.
Un an après son départ de l'Inter, le premier mouvement Ultra était né : la "Curva Nord".
• Sa saison à Malaga (52-53) est la seule de sa carrière entachée d'une relégation.
• En 1967, Herrera laisse échapper son 4e titre de
champion avec l'Inter lors de l'ultime journée.
• Désireux de revenir en France dans les années
70, Herrera a été approché par le PSG, en vain.
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Schémas réalisés avec le logiciel Pro Training 3D
Suite page suivante 
87
∫ COACH DE LÉGENDE ª
Grand artisan du Catenaccio, mais pas que…
Rigueur tactique. Helenio Herrera véhicule à tort l'image d'un entraîneur aux principes de jeu très défensifs.Après avoir
été à la tête d'un atlético tout feu tout flamme, il dirigea le Barça le plus offensif de l'histoire (3,03 buts par match en championnat
sur 2 ans) ! Et fit surtout du Catenaccio, à Milan, une redoutable machine à contrer…
ans l'imaginaire des gens, Herrera va
d e p a i r e a ve c l e C a t e n a c c i o , q u i
consiste à évoluer à 5 derrière, selon des
principes ultra-défensifs. Pourtant, le natif
de Buenos Aires n'en est pas le précurseur.
A l'origine de ce système, on trouve d'abord
le Français Robert Accard (Stade Français)
dans les années 30 et son fameux "béton", un
WM avec apparition d'un libéro. Une organisation adaptée par l'entraîneur autrichien
du Servette de Genève, Karl Rappan, qui
ajoute un 4e défenseur devant le libéro.
C'est le "verrou suisse". Le "cadenas" (catenaccio) de l'autre côté des
Alpes. Les Italiens Rocco (US Triestina) et Foni (Inter Milan) s'en inspirent
en effet largement jusqu'à ce que le système soit popularisé (et aménagé)
par Herrera. À tel point que ce dernier en réclamera dans un premier
temps la paternité, avant de tenter de s'en détacher le restant de sa vie !
Et pour cause, il est bien trop réducteur et dévalorisant de considérer le
Catenaccio comme un système fermé et ultra-défensif. Car contrairement
à ses prédécesseurs, HH en a fait paradoxalement une arme offensive
redoutable ! D'abord, il est le premier à avoir muter ses latéraux en vrais
joueurs de couloir, magnifiquement représentés par Giacinto Facchetti
et le Brésilien Jaïr. Ensuite, il a fait de la contre-attaque sa vraie marque de
fabrique : les 2 milieux axiaux jouaient très bas de façon à aspirer les
défenseurs adverses et profiter, à la récupération et en un minimum de
passes, des espaces laissés libres dans leur
dos.
D
>Pionnier de la verticalité du jeu
Plus que le Catenaccio, HH a donc inventé la
"verticalité".Il ne supportait pas qu'on ralentisse une action en dribblant.Vitesse de jeu
et engagement physique étaient ses deux principes fondamentaux. Son héritage est donc
bien plus vaste qu'il n'y paraît… Et touche
aussi aux méthodes d'entraînement.En effet,
Herrera exigeait de ses troupes un niveau de préparation très élevé et une
hygiène de vie irréprochable (il a inventé la mise au vert).L'ancien joueur de
l'Atlético Madrid,AlfonsoAparicio dira de lui :"c'était un phénomène.Il nous
imposait des séances quotidiennes de 3 heures, mais le week-end, on
dévorait tout le monde".Aucun avant lui n'a accordé autant d'importance
à la préparation physique, à l'observation des adversaires, et à la dimension mentale dans la recherche de la performance.Passé maître dans l'art de
la causerie,il affichait régulièrement des messages sur le mur,comme celuici resté célèbre :"celui qui joue pour lui-même joue pour l'adversaire.Celui
qui joue pour les autres joue pour lui-même". Charismatique et doté
d'une haute estime de lui, Helenio Herrera n'a pas seulement inventé la
rigueur tactique.Il a métamorphosé à jamais l'image et le rôle de l'entraîneur.
■ J.G.
QUELQUES CITATIONS RESTÉES CULTES
• "On gagnera avant même d'être descendu du bus".
• "Enfant, j'ai compris très tôt que lorsque j'avais un objectif, la misère, la
• "L'an passé, nous étions partis très fort. Cette saison, nous avons décidé
de partir plus tranquillement et de mettre tous nos efforts sur les
matches retour…".
guerre, la peur n'existait pas pour moi".
• "Intelligence et plaisir du travail : voilà le secret du succès".
• "Celui qui ne donne pas tout ne donne rien".
• "La clé, c'est d'éviter la monotonie : dans les discours, dans les entraîne• "En football, c'est la surprise, la vitesse et les variations inattendues qui
ments, dans l'alimentation…".
ouvrent les chemins du but".
• "Le problème, c'est qu'à 10, nous jouons mieux qu'à 11".
• "Il faut peu de passes et un jeu rapide pour arriver au but le plus vite pos-
sible. Le dribble est quasiment proscrit. C'est une ressource et non un système. Le ballon se déplace toujours plus vite s'il n'y a pas de joueur
derrière lui".
• "Moi, je n'ai de problèmes avec personne, y compris Kubala (attaquant
de Barcelone, Ndlr)… À condition qu'il fasse ce que je lui demande".
• "Tout système de jeu est une stupidité si on l'applique rigoureusement.
• "Il n'y a pas de magie dans le football : tout est affaire de passion et de
combat".
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Le style de jeu, c'est à l'entraîneur de le définir en fonction des caractéristiques et de la personnalité de ses joueurs".
Vestiaires
La méthode par l'exemple
Inter-Liverpool, le 12 mai 1965 (Demi-finale retour de la C1). L'un des plus beaux exploits
d'Herrera en Italie reste sans nul doute la demi-finale de C1 remportée contre le grand Liverpool de Bill Shankly, le 12 mai 1965.
Après une défaite chez le champion anglais en titre 3-1 et alors que la règle du but à l'extérieur n'existait pas, l'Inter parvient à
s'imposer au retour par 3 buts d'écart (3-0). Le deuxième but des interistes illustre parfaitement le jeu préconisé à l'époque par
l'entraîneur nerazzuro.A noter qu'en finale, l'Inter viendra à bout du Benfica d'Eusebio…
n but qui illustre parfaitement la verticalité
du jeu de l'Inter (jouer vite vers l'avant à la
récupération du ballon, en un minimum de
passes) et l'apport offensif du symbole de la
philosophie d'Helenio Herrera, Giacinto
Facchetti.
U
Le 11 de l'Inter face aux Reds
Aristide Guarneri (stoppeur) : arrivé à
l'Inter en 1958, il n'en part qu'en 1967, raflant
tous les titres au passage. International à 21
reprises.
Jaïr da Costa (latéral-milieu droit) : victorieux de la Coupe du Monde 1962 avant de
rejoindre Milan dans la foulée où il fut une pièce
maîtresse du dispositif de HH jusqu'en 1967.
Un petit gabarit insaisissable dans son couloir !
Giuliano Sarti (gardien) : Pilier de la
Fiorentina, il arrive à Milan en 1963, et connaîtra 8 sélections en équipe nationale.
Armando Picchi (libéro) : sans doute le
premier grand libéro de l'histoire. Il participe à
toute l'épopée, de 1960 à 1967 et porte le brassard de capitaine (12 sélections chez les A).
Tarcisio Burgnich (stoppeur) : formé à
l'Udinese, il arrive à l'Inter en 1962 où il disputera 467 matches jusqu'en 1974. Surnommé
"la roccia" (la roche), il était un défenseur
rugueux. Un des pilliers de l'Inter et de la
"Nazionale" (66 sélections).
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Giacinto Facchetti (latéral
gauche/droit) : s'il fallait n'en retenir qu'un,
ce serait lui. 18 saisons à l'Inter (634 matches, un
record), 94 sélections en équipe nationale dont
il était le capitaine, Facchetti est surtout le
joueur qui a révolutionné le poste d'arrière latéral. Le premier à "prendre" autant son couloir.
Une pièce maîtresse d'Helenio Herrera.
Carlo Tagnin (milieu) : seulement trois saisons à l'Inter (62-65). Le 27 mai 1964, en finale
de la C1, il a pour objectif de neutraliser Di
Stefano, qui dispute son dernier match avec le
Real. L'Inter l'emporte 3-1.
Luis Suarez Miramontes (milieu-attaquant) : la vedette de l'équipe. Ballon d'or
1960 à Barcelone sous la houlette de… Helenio
Herrera, l'international espagnol (32 sélections) suit son mentor à Milan (où il fut acheté
à prix d'or), qu'il quittera en 1970, après avoir
inscrit 183 buts en 318 matches.
Mario Corso (milieu-attaquant) : malgré
ses quelques 502 matches disputés sous le
maillot de l'Inter, cet ancien international (23
sélections) était surtout connu dans toute
l'Europe pour ses fameux coups-francs en
"feuille morte". Le premier spécialiste du genre.
Alessandro Mazzola (attaquant) : une
icône qui a effectué toute sa carrière à l'Inter
Milan (565 matches). Il portait le numéro 10.
Mazzola était un milieu offensif redoutable qui
a disputé 3 coupes du monde (70 sélections).
Joaquin Peiro (milieu-attaquant) : international espagnol (12 sélections) formé à
l'Atlético Madrid. Souvent dans l'ombre de
Suarez et Mazzola.■
Schémas réalisés avec le logiciel Pro Training 3D
89
Nos experts vous répondent
Michel T. (47) : "Je suis en conflit avec
l'entraîneur de l'équipe 2 qui
rechigne à me donner des joueurs
lorsque j'en ai besoin pour l'équipe
fanion du club. Cette situation crée
des tensions qui nuisent à nos objectifs et nous décrédibilisent auprès
des joueurs. Que me conseillez-vous
pour régler ce problème ?".
Laurent COASSE : "Ce genre de conflit
qui éclate entre deux éducateurs d’une
même catégorie va tôt ou tard aller à l’encontre de la performance du groupe. En
tant qu'entraîneur de l’équipe 1, lorsque
vous avez clairement identifié un besoin
de joueurs, vous devez être en mesure de
fournir des explications objectives auprès
du coach de la réserve, sans quoi ce dernier pourra développer un sentiment
d’injustice jamais très productif... Pour
une collaboration la plus étroite et efficace possible, je vous conseille dans un
premier temps de ne pas tendre vers une
communication trop autoritaire qui va
renfermer votre collègue dans une attitude défensive, et donc de refus de collaboration. Si cela ne suffit pas, n'hésitez
pas à définir voire redéfinir avec votre
président ou responsable technique le
projet du "groupe senior" dans le cadre
d'une réunion apaisée mais qui doit se
vouloir constructive. Cela permettra de
clarifier les objectifs à atteindre et, par
conséquent, les priorités pour chacune
des équipes".
Christophe P. (52) : "Je ressens le
besoin de la part de mes joueurs de
Laurent COASSE
Ancien entraîneur de l'AS Chavanay (Honneur Régional).
Titulaire du Brevet d'Etat.
souffler en cette fin d'année. Aussi,
je compte leur imposer une vraie
coupure de 3 semaines au moment
des fêtes de fin d'année. À la reprise,
dois-je réaliser un programme de
préparation physique sur le même
modèle que la préparation estivale,
ou le fait de reprendre "normalement" va-t-il au bout de quelques
séances les remettre à niveau ?".
Alexandre HIDALGO : "Il est vrai qu’au
moment des fêtes de fin d’année, une
coupure s’impose. Celle-ci a deux intérêts majeurs : récupérer physiquement,
mais (et surtout) se régénérer psychologiquement. Cependant, au plus la durée de
votre coupure sera longue, au plus la
durée de votre phase de reprise athlétique sera progressive et lente. Je vous
conseille donc une coupure de 10 jours,
suivi de 10 jours d’entraînements sous
forme ludique (touché de rugby, handball, randonnée collective, "run and
bike"…). Vos joueurs seront ainsi dans
un cycle de récupération psychologique,
tout en combinant une reprise d’activité
physique. Vous pourrez ensuite reprendre normalement vos séances technicotactiques".
Thibault C. (03) : "Entraîneur U15 d'un
petit club rural, j'ai une équipe de
14 joueurs très hétérogènes. Deux
trois bons (voire très bons) éléments, et trois quatre autres très
très faibles... En championnat, je
suis contraint de mettre toujours les
mêmes sur le banc pour obtenir ou
Jean-Marc KUENTZ
Ancien directeur de la formation au RC Strasbourg.
Actuel entraîneur adjoint de la sélection de Côte d'Ivoire.
préserver le résultat... Mais je commence un peu à culpabiliser vis-àvis des joueurs et des parents. Que
me conseillez-vous de faire ?" JeanMarc KUENTZ : "Lorsqu’on est entraîneur
d'une équipe à 11, on est aussi un compétiteur, et je peux comprendre votre
tentation de toujours aligner les meilleurs pour obtenir un résultat. Ceci étant,
en jeunes, on est avant tout un "éducateur-formateur" avec l'objectif de faire
progresser tous nos joueurs, ce qui passe
inévitablement par le fait de leur donner
du temps de jeu. Par ailleurs, laisser toujours les mêmes de côté peut avoir plusieurs conséquences : maintenir voire
creuser l’écart entre les meilleurs et les
moins bons, décourager petit à petit ces
joueurs qui vont perdre confiance en eux
et pour certains peut-être arrêter le foot,
les rendre non compétitifs et donc encore
moins "utiles" lorsque vous aurez besoin
d’eux ! D’autres part, je pense qu’il est
important que les bons joueurs acceptent
de se retrouver de temps en temps remplaçants pour ne plus imiter certaines
attitudes chez les adultes qui acceptent
mal ce statut. Être sur le banc n’est pas
une punition. Et celui qui rentre en jeu
peut vous faire gagner le match. Enfin, à
partir du constat de niveau que vous
faites, essayez de cibler les points sur lesquels ces joueurs plus faibles doivent progresser (technique, physique, mental,
tactique). L’idéal serait de pouvoir leur
proposer un travail individuel supplémentaire avant ou après la séance pour
les faire progresser… et les valoriser".
Alexandre HIDALGO
Préparateur physique à l'AC Arles-Avignon.
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