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a été enseveli est descendu aux enfers…

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Priez,
aimez,
offrez,
souffrez,
et faites silence.
Bulletin de
San Damiano Media
Numéro 52 - 3e trimestre 2012
sdmedia@worldonline.fr
… a été enseveli,
est descendu aux enfers ...
EDITO
Ah, je voudrais qu’on écrive mes paroles, et qu’on les
grave sur du bronze avec un ciseau de fer, un burin, et
qu’elles soient pour toujours inscrites dans la pierre. Je
sais que mon libérateur est vivant, et qu’à la fin il se
présentera sur terre.
Quand ma peau sera
détruite, il se lèvera;
Quand je n'aurai plus
de chair, je verrai
Dieu ! Je le verrai, et
il me sera favorable;
Mes yeux le verront, et
non ceux d'un autre:
mon coeur déjà s’épuise dans cette attente (Jb 19 23-27).
Quelle force dans la
Foi ! On attribuerait
volontiers ces paroles
à un saint Paul ou un
saint Pierre, eux qui
ont vu Jésus. Mais
non. C’est Job, le héros en haillon de l’Ancien Testament. Il n’a
pas vu le Messie mais
sa foi est inébranlable ; comme du roc.
Magnifique exemple
pour cette année de la
Foi que nous entamons,
cette Foi qui fait vivre malgré les embuches et les misères de la vie.
Jésus est enseveli. Pendant que ses disciples sont dans
l’effroi et l’interrogation, il descend dans ces « enfers »
où attendent les saints de l’humanité première.
C’est le « Samedi Saint ».
Le samedi est le jour de Marie car en ce Samedi Saint,
elle est la seule à tenir debout dans l’espérance. Ce jourlà, elle est toute l’Église à elle seule. Toute la foi et toute
l’espérance de l’Église à travers les siècles se trouvent
ramassées en elle (P. Daniel
Ange Méditation sur le Samedi
Saint. Zenit).
Voilà pourquoi dans ce
monde de plus en plus
troublé par le doute, il
faut avoir recours à elle.
Concrètement
Réfléchissons sur une
nouvelle Croisade du
Rosaire (p 5) si nous désirons que la Nouvelle
Evangélisation porte ses
fruits.
A l’aube de l’Année de
la Foi, redécouvrons
cette belle dévotion du
Chapelet de la Foi (p 10)
qui nous est propre à
nous, fidèles de NotreDame des Roses. Marie
nous invite tous à le
dire ! Car Marie est une
force invincible « une
armée rangée en bataille » terrible pour les
forces de l’enfer (p 6-7).
Saint Bartolo Longo est à l’origine d’un immense
mouvement en faveur du Rosaire. Comme le père Kolbe
à fait de Niepokalanow la « Cité de l’Immaculée ». il a
fait de Pompeï la Cité du Rosaire et son oeuvre n’est pas
sans présenter de profondes similitudes avec la Cité des
Roses voulue par Marie à San Damiano (p 16) ■
1
Le Mystère du Samedi Saint est un
mystère d’ensevelissement
Ce Samedi est entre désespoir et joie, entre confusion
et lumière, entre dépression et rémission, entre mort et
vie, entre supplication et action de grâce. Certains ont
comparé le samedi saint au mystère de la vie humaine:
Le « Deuxième jour »
« Détruisez ce temple et en trois jours je le rebâtirai » (Jn 2, 19), avait dit Jésus en parlant du temple de son
corps. En fait de trois jours, seul le second, le samedi,
est entier ; avec un commencement, un déroulement et
une fin.
Il en est de même pour la vie humaine qui a un début,
un développement et un terme. Avant le début de la vie
il y a tout ce qui lui a précédé en terme de génétique et
de culture ; mais aussi en terme de désir divin sur notre
vie car Dieu nous désire de toute éternité (Dès le ventre
de ma mère, tu es mon Dieu (Ps 22 32). Après cette vie de
matière ; il y a la Gloire et la Résurrection où Jésus nous
précède et nous accueille.
Le deuxième jour est le jour du SILENCE de Dieu :
Le corps de Jésus est allongé tranquillement sur la
pierre : Interminable, cette nuit du Vendredi et cette
journée du Samedi ! Intolérables, la douleur, la stupeur
des disciples, des apôtres, des amis. Et aussi des merveilleuses Saintes Femmes qui l’ont suivi jusqu’au bout
et qui viennent de voir Joseph et Nicodème unissant
leurs forces pour rouler l’énorme pierre. Elles sont rentrées en hâte se cacher à Jérusalem. Tous sont terrés et
atterrés, se demandant si, à leur tour, ils ne vont pas y
passer. A chaque instant, on peut les surprendre, les
arrêter, les tuer… Le monde entier s’écroule ! L’espérance est écrasée ! C’est le Samedi du désespoir…
Aujourd’hui, nous vivons ces Vendredi et Samedi
saints. Tant et tant de baptisés sont accablés, tels les
disciples d’Emmaüs : « Nous avions espéré en lui,
compté sur lui, misé sur lui. Nous avons tout fait : baptême, première communion, confirmation. Et maintenant tout est fini ! L’espérance est passée au passé » !
Et toi, ne l’es-tu pas, toi aussi parfois, en ces heures
de la vie où Jésus semble avoir disparu de l’horizon ?
Et toi, n’es-tu jamais guetté par la petite désespérance
qui rôde autour de ton coeur ?
Les déceptions de l’amour n’ont-elles jamais provoqué l’envie de ne plus vivre ? Tant il est vrai qu’aimer
et vivre, c’est la même réalité (P. D-A).
C’est aussi le mystère de la « nuit de l’âme » qu’ont
vécu tant de mystiques, Thérèse d’Avila, Jean de la
Croix, Thérèse de Jésus, mère Teresa et bien d’autres :
Impression que l’âme est dans un tunnel sans fin,
qu’elle ne verra pas la lumière, qu’elle n’aura plus de
consolations célestes, ou de consolations tout court,
qu’elle est laissée de côté, abandonnée de Dieu. Jean de
la Croix explique que ce temps est, au contraire, un
temps d’extrême lumière ; comme lorsqu’ils sont
éblouis, les yeux se croient aveugles car ils ne distinguent aucune forme. C’est le moment d’extrême présence du Seigneur à nos cotés car nous portons avec lui
la croix en sa compagnie, car il nous laisse sa Mère,
celle qui vient consoler les apôtres, les disciples, « Mère
de la Consolation et des affligés » (cf. p 8-9). Elle est celle
qui nous accompagne, nous tous, qui parcourons les
siècles à tâtons, celle qui vient nous tenir par la main,
nous guider comme on guide un aveugle. Toutes les
apparitions de Marie depuis 2000 ans ne sont-elles pas
comme autant de phares pour notre pèlerinage ? Car
Marie est l’Etoile de la Mer, celle qui guide les navigateurs (p6).
Elle dit, la nuit de Noël 1969 à San Damiano : J’ai
marché toute la nuit avec vous, vous tenant compagnie,
avec mon patriarche saint Joseph.
Ce qui était dit au sens immédiat de la proximité des
pèlerins, processionnant dans le froid, se comprend aussi au sens spirituel car elle marche avec nous dans notre
nuit.
Je vous donne une forte bénédiction, dit-elle je vous
couvre de mon manteau et vous suis pas à pas (SD 6 janvier 1967).
Car dans cette nuit si noire, une étoile brille. Plus resplendissante que l’étoile du shabbat. Et dans une nuit
noire, il suffit qu’entre deux nuages brille une étoile,
pour que la confiance reprenne. Cette petite étoile, c’est
l’Etoile de la Mer pour les navigateurs en pleine tempête. Marie ! En cette nuit, elle est comme l’astre qui a
guidé les mages jusqu’à la crèche. Elle va guider les
Apôtres jusqu’à l’aurore de Pâques. C’est la seule qui
veille, parce qu’elle sait. Cela n’ôte rien à la déchirure
de son coeur. Marie vit ce que vivent tant de mamans
autour de nous, dont l’enfant a été tué dans un accident
de la route, ou, bien pire, assassiné ! Elle est la petite
flamme qui brille dans la nuit. Elle veille « plus qu’un
guetteur n’attend l’aurore » (Ps 129) (P D-A)…/…
Thérèse et l’abandon
Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face est venue rejoindre ce peuple du Samedi Saint. À cette table
des pécheurs, où Jésus l’avait invitée à le rejoindre luimême, elle partage le pain d’amertume des désespérés
pendant dix-huit mois. Elle subit les mêmes tentations
de s’arracher la vie, qui s’imposent à tant d’entre nous.
Elle est plongée dans un souterrain, un trou noir : celui
du soir du Vendredi saint. C’est sa descente aux enfers…
Face à tous les philosophes du soupçon, qui contamineront notre siècle, les maîtres du doute et de la méfiance ; elle a été la maîtresse – ou plutôt la princesse –
de l’abandon et de la confiance (P D-A).
San Damiano est imprégné de la spiritualité de l’abandon. On ne l’a pas très bien compris en France au début
car l’expression resignarsi qui figurait dans le vocabulaire de la Madone à été toujours traduite à tord par « se
résigner ». La Madone nous aurait-elle appelé à nous
résigner dans nos épreuves ? On pourrait considérer cela
comme un évitement psychologique, prélude au refoulement afin de « tirer le rideau » sur ce qui ne va pas. Cela
me fait penser au cas (vécu) de ce dentiste qui dit à son
patient qui souffre le martyre : « essayez de ne pas y
penser »…
2
Se résigner n’est pas ce que demande le Ciel. Se résigner n’a rien à voir avec l’abandon. Le Seigneur nous
demande au contraire de nous battre. Mais le combat que
nous menons est le sien, et il est notre « roc, notre citadelle » (Ps 18, 3). Dès lors que nous sommes dans SA citadelle, alors nous pouvons nous abandonner dans ses
bras. Et sa citadelle, c’est le cœur de sa mère, le Cœur
Immaculé. C’est depuis son Jardin de Paradis, icône en
3D, de son Cœur Immaculé, qu’elle nous dit :
Soyez sereins, Mes petits enfants, toujours avec Jésus
dans le coeur. Jésus est le Roi des rois, et il vous rend
heureux sur cette terre et au Ciel. C’est si bon de vivre
avec Jésus, parce qu’il vous donne toujours la paix, l’amour et Il vous donne aussi la grâce et l’abandon pour
porter la Croix avec Lui (SD 15 août 1968).
Mais dans ce corps à corps avec le Menteur, l’Homicide, Thérèse n’a pas cédé d’un pouce. Elle a résisté
jusqu’au sang de son âme. Elle lui rétorque : « Tu blasphèmes, eh bien, moi, j’aime ! » Agressée en sa foi, elle
contre-attaque par l’amour. Elle repousse le Toto en lui
tournant le dos, et en criant : « Credo ! Credo ! » (Cf. p
11). Et puisque croire c’est aimer, non seulement elle
signe de son sang le Credo, mais, de la pointe d’un
couteau, elle grave dans le bois du montant de sa porte
ces simples mots : « Jésus : mon unique amour » Ce
qu’elle veut croire, elle le chante. Elle s’écrie :
« T’aimer, c’est ma joie ! » ...
Notre siècle infecté des relents de la suspicion, Thérèse l’a parfumé de la douceur de l’abandon (P D-A).
Le Mystère du samedi saint est aussi un
mystère de libération,
Il y a tous ceux qui, comme Job, sont morts avant la
venue du Messie. Job disait mon cœur déjà s’épuise dans
cette attente (Jb 19, 27). C’est en ce samedi que leur délivrance « des enfers » est accomplie.
Saint Pierre précise : « Mis à mort selon la chair, il a
été vivifié selon l'esprit. C'est en lui qu'il s'en alla même
prêcher aux esprits en prison, à ceux qui jadis avaient
refusé de croire lorsque temporisait la longanimité de
Dieu, aux jours où Noé construisait l'Arche (1 P 3 18-21).
Jésus ne va pas « en enfer ». L’enfer est un lieu où les
âmes, pleinement libres, ont refusé l’amour divin définitivement et pour l’éternité. Jésus ne peut les visiter car
elles ne le veulent pas, dans un acte éternel. Dieu ne peut
forcer la liberté humaine car il veut être aimé. Dieu a
pris ce risque de laisser l’homme libre. C’est pourquoi
toute religion où on prétendrait imposer la foi aux autres
et forcer les consciences, est un non-sens.
Donc, "ce sont précisément ces âmes saintes, qui attendaient leur Libérateur dans le sein d'Abraham, que Jésus-Christ délivra lorsqu'il descendit aux enfers" (Catech.
Romanus. 1, 6, 3). Jésus n'est pas descendu aux enfers pour y
délivrer les damnés (Concile de Rome de 745) ni pour détruire
l'enfer de la damnation mais pour libérer les justes qui
l'avaient précédé (Concile de Tolède) (CEC n° 633).
Il y a un grand malentendu chez nos contemporains car
on entend souvent dire ; « si Dieu est bon il n’y a pas
d’enfer », ou bien ; « s’il y en a un, il n’y a peut-être personne dedans ». Le Démon a intérêt à faire croire tout
cela, cela lui permet de relativiser la gravité du péché
dans les consciences.
L'enseignement de l'Eglise affirme l'existence de l'enfer
et son éternité. Les âmes de ceux qui meurent en état de
péché mortel descendent immédiatement après la mort
dans l’enfer, où elles souffrent les peines de l'enfer, "le
feu éternel". La peine principale de l'enfer consiste en la
séparation éternelle d'avec Dieu en qui seul l'homme
peut avoir la vie et le bonheur pour lesquels il a été créé
et auxquels il aspire (CEC n° 1035).
L'erreur d'Origène, qui assure qu'après bien des siècles,
tous les pécheurs obtiendront leur pardon, NotreSeigneur l'a condamné par ces seuls mots : Il ne lui sera
pardonné ni dans cette vie ni dans l'autre (Matt 12,32). Les
références évangéliques sont nombreuses où Jésus parle
de la perdition, des ténèbres, de la géhenne de feu :
Ne craignez rien de ceux qui tuent le corps, mais ne
peuvent tuer l'âme, dit Jésus; craignez plutôt Celui qui
peut perdre dans la géhenne à la fois l'âme et le corps
(Matt 10, 28).
A San Damiano, Marie affirme la même chose :
C’est la vérité pure : ou enfer ou Paradis ! Pensez-y
bien et préparez vous pendant qu’il en est encore
temps... Sur cette terre vous êtes pour peu de temps.
Vous devez penser à l’éternité où vous serez pour toujours et jouirez du bonheur du Ciel (SD 12 aout 1966).
D’ailleurs, s’il y avait si peu de risque pour les hommes, de tomber en enfer, pourquoi Marie, l’Epouse de
l’Esprit Saint, se donnerait tant de mal pour visiter les
hommes tout au long des siècles. Notons au passage que
les apparitions mariales sont nombreuses au regard de
celles du Christ dans l’histoire de l’Eglise. Cela est dû au
fait que Marie est laissée à l’humanité pèlerine comme
elle a été laissée auprès des apôtres en ce fameux Samedi
Saint…/...
3
Par extension le samedi est aussi le jour de
la libération des âmes du Purgatoire
C’est encore Marie qui se charge de leur ouvrir les portes.
La doctrine du Purgatoire est ancienne et était déjà partagée par les Juifs de l’Ancien Testament. Ainsi Judas
Macchabée fit faire un sacrifice expiatoire pour les
morts, afin qu'ils soient délivrés de leur péché (2M 12,46).
Dans la communion des saints, professe le Catéchisme
E.C., Il existe entre les fidèles - ceux qui sont en possession de la patrie céleste, ceux qui ont été admis à expier
au purgatoire ou ceux qui sont encore en pèlerinage sur
la terre - un constant lien d'amour et un abondant
échange de tous biens. Dans cet échange admirable, la
sainteté de l'un profite aux autres, bien au-delà du
dommage que le péché de l'un a pu causer. Ainsi, le recours à la communion des saints permet au pécheur
contrit d'être plus tôt et plus efficacement purifié des
peines du péché (CEC n° 1475).
De ce lien de charité entre tous, Marie témoigne aussi :
Avec les prières que vous avez faites ces jours-ci, vous
avez soulagé beaucoup d’âmes. Ce soir, de six à sept
heures, faites une heure de prière avec la récitation du
Rosaire en entier. J’irai encore au Purgatoire, je libèrerai beaucoup d’âmes qui vous sont chères (SD 19 juillet
1967).
Rosa affirmait que nos proches défunts viennent toujours nous accueillir au Jardin de Paradis :
Puisque vous ne voulez pas venir, j’enverrai ici les
âmes du Purgatoire, a dit le Père Eternel (SD 10 juin 1966).
C‘est une des vocations des pèlerins, là-bas, en ce lieu,
d’intercéder pour elles, et les prières officielles leur y
réserve toujours une intention :
Je vous recommande beaucoup, beaucoup, de prier et
d’assister à la sainte messe pour les âmes les plus abandonnées du Purgatoire (SD 15 avril 1966).
Marie nous signale l’importance de notre présence en
ce lieu, pour elles comme pour nous :
Ces heures que vous passez ici au froid, au gel ou à la
chaleur seront décomptées au Purgatoire… Je vous
donne cette joie parce qu’une minute passée ici équivaut
à plus d’un an au Purgatoire (SD 22 décembre 1967).
Loin d’être un commerce ou un « donnant-donnant »,
on peut comprendre cet échange de charité à la lumière
de l’enseignement de l’Eglise :
Le pardon du péché et la restauration de la communion avec Dieu entraînent la remise des peines éternelles
du péché. Mais des peines temporelles du péché demeurent. Le chrétien doit s'efforcer, en supportant patiemment les souffrances et les épreuves de toutes sortes et,
le jour venu, en faisant sereinement face à la mort, d'accepter comme une grâce ces peines temporelles du péché; il doit s'appliquer, par les oeuvres de miséricorde et
de charité, ainsi que par la prière et les différentes pratiques de la pénitence, à se dépouiller complètement du
"vieil homme" et à revêtir "l'homme nouveau" (CEC n°
1473).
L’Adoration
Dans la solitude de cette vie où, tous, nous progressons
dans les larmes et les tribulations, nous ne sommes pas
seuls. Jésus et Marie sont à nos côtés. Marie nous demande de nous approcher de l’Eucharistie et d’entrer
dans l’adoration :
Ne vous préoccupez pas tant des choses matérielles.
Allez écouter la messe, recevez Jésus dans le coeur.
C’est Lui, le Roi des rois, et Il vous donnera beaucoup
de force et d’abandon pour porter la croix que Jésus
voudra vous envoyer (11 février 1968).
Faites une heure d’adoration par jour. Cette heure
vous sera d’un si grand prix pour le Ciel et quand vous y
arriverez, cette heure vous fera entrer dans la joie du
Paradis (SD 19 aout 1966).
Face à tous les défis et l’agitation des ténèbres de ce
monde, ne perdons pas notre temps dans des actions humaines ou politiques à courte vue (Cf. p 5).
Ecoutons plutôt et mettons en pratique ce que nous dit
Marie :
Vous recourez à toutes les personnes du monde mais
non à Moi ! Moi qui suis ici, votre maman de la consolation, du réconfort pour tous ! Je suis ici prête à vous
écouter (SD 29 avril 1966) ■
Jean-Romain Fabrikant
4
Faut
Faut--il une nouvelle Croisade du Rosaire ?
La conférence épiscopale
des Philippines a invité ses fidèles à une croisade du Rosaire en
famille avec l’objectif de réciter
« un million de Rosaires pour
la paix », du 7 octobre 2011, fête
de Notre-Dame du Rosaire au 31
mai 2012, fête de Notre-Dame de
toutes les nations.
Souvenons-nous : depuis les
années 2009, les Philippines
sombraient dans une sorte de
chaos politique et intercommunautaire avec des actions antichrétiennes liés aux fondamentalistes musulmans. Les évêques
philippins ont eu le courage de
lancer cette croisade pour la paix
dans le monde.
Ils n’ont pas été suivis par les
autres conférences épiscopales. On doit bien constater aujourd’hui que la situation des Philippines s’est considérablement
apaisée, tandis que le reste du
monde semble s’enfoncer dans un
chaos toujours plus violent.
Ceci pour rappeler la puissance du
Rosaire, s’il était besoin, après tant
de victoires de la prière. Mgr Sócrates Villegas avait dit : « La prière
peut changer le monde et les personnes qui prient peuvent changer
le destin des peuples ; il ne peut y
avoir de paix sans prière ».
Pour un combat eschatologique,
un remède eschatologique
En France le problème qui agite
actuellement la communauté catholique, est lié au projet gouvernemental de légaliser un mariage gay avec,
pour conséquence immédiate, la
possibilité d’adopter des enfants.
D’ores et déjà, on nous annonce
que, comme il est probable que la
plupart des enfants d’origine étrangère seront récusés pour de tels
plans; afin de rétablir une « parité »
avec les couples non homosexuels,
une priorité leur sera donnée sur le
marché des enfants adoptables français. Autant dire que tous les enfants adoptables de l’hexagone
leur seront réservés.
Ce scandale émeut légitimement
de nombreux hommes et femmes de
bonne volonté. Les réponses des
responsables catholiques, qu’ils
soient pasteurs, politiques ou professionnels des médias, sont diverses. On évoque les risques de débordements, d’incestes, de polygamie. On invoque légitimement le
droit des enfants d’avoir un père et
La Vierge au chapelet
Bartolomé Estebán Murillo
une mère, on évoque la possibilité
de faire agir une clause de conscience des maires et des élus, etc…
Toutes ces réactions, bonnes en
soi, plafonnent au plan sociologique et politique et sont bornées
aux moyens humains.
On oublie que l’enjeu est autre. Il
s’agit du maillon particulier d’un plan
global de destruction de l’homme,
d’un complot contre la vie, qui commence avec l’avortement (plus d’un
milliard de meurtres de bébés à naitre, dans le monde), qui se continuera avec l’euthanasie, qui se singularise avec les persécutions religieuses contre la liberté de conscience
avec la montée d’un Islam ou d’un
indouisme violent.
Nous sommes au centre d’un
combat eschatologique qui a
commencé il y a deux mille ans et
qui n’a jamais été aussi violent.
Contre les forces du mal, sachons
utiliser les armes du Ciel !
Prions instamment nos évêques, nos pasteurs, nos prêtres,
d’avoir le courage d’emmener les
fidèles dans une nouvelle croisade du Rosaire.
Chaque fois qu’ils l’ont fait, Marie a
donné la victoire. Souvenons-nous
de Lépante, souvenons nous de
l’Autriche en 1955 qui obtint miraculeusement sa libération du joug soviétique après une année de Rosaires promis par le dixième de la population de ce pays.
A San Damiano, Marie affirme
que le Rosaire est l’arme la plus
puissante pour nous sauver.
Ne perdons pas de temps. Allons
à l’essentiel.
Marie, notre Mère, nous supplie :
Mais priez, priez et jetez-vous à
mes pieds, car Je suis votre
Mère qui vous aime tant ! Serrezvous contre moi avec votre chapelet qui est votre force, votre
soutien, votre défense sur cette
terre et surtout au moment de
votre mort. C’est l'arme la plus
puissante ; le Rosaire !
Rappelez-vous, mes enfants,
que où Je vais, Je demande le
Rosaire, parce que avec le Rosaire, Je vous conduis au Ciel, si
vous le priez avec foi.
Là où l'on récite le Rosaire, Je
vais et suis au milieu de vous :
dans les maisons, dans les églises, partout où l'on se réunit pour
le Rosaire ; J'y suis. (SD 17 avril
1970).
Réunissez-vous groupe par
groupe priant le saint Rosaire pour
demander pitié et miséricorde (SD
20 dec 1968).
(St Michel) Moi avec mon épée, et
vous avec le Rosaire en mains, faisons-La triompher au plus vite ! (SD
5 janvier 1968).
Allez dans le monde avec en
mains le Rosaire, c'est l'arme qui
vous donnera la force et le soutien
dans les luttes. Portez le Rosaire
dans les maisons, parce que c'est
seulement avec le Rosaire que la
paix viendra dans le monde et
dans les coeurs (SD 14 avril 65).
Et le pape Jean-Paul II écrivait :
« Le Rosaire est à la fois méditation
et supplication… L'intercession maternelle de la Mère de Dieu est
toute puissante sur le coeur de
son Fils » (Rosarium Virginis Mariae, écrite le 16 octobre 2002, 38e
anniversaire de la première apparition de San Damiano, et 24e de celui
de l’élection de Jean-Paul II).
Le Pape Benoit XVI, ce 7 octobre
dernier, en la fête de Notre Dame du
Très Saint Rosaire, a confié à « la
Bienheureuse Vierge Marie, Etoile
de la nouvelle évangélisation »,
les travaux du synode sur ce thème.
« Avec elle, invoquons une effusion
spéciale de l’Esprit Saint ». Il a
invité à « prier le Rosaire personnellement, en famille et en communauté, en nous mettant à l’école
de Marie, qui conduit au Christ, centre vivant de notre foi ». ■ SDM
5
POURQUOI LE NOM DE MARIE EST
EST--IL TERRIBLE POUR LES FORCES DE L’ENFER ?
Le Message de San Damiano foisonne de titres
par lesquels Marie se fait connaître. Le Premier
vocable en 1962 est « Je suis la Mère de la
Consolation et des affligés ». Elle se nommera
ensuite, dès le 16 octobre 1964 ; « Madone Miraculeuse des Roses ». Puis, tour à tour, Reine du
Ciel et de la Terre, Reine de l’Univers, Reine de la
paix, Mère du Bon Conseil, Mère de Miséricorde… Ce serait une longue litanie à redonner.
Cette insistance sur ses titres a une signification
eschatologique.
Le Nom de Marie fait fuir les démons. Marie
vient pour nous sauver, pour sauver l’humanité qui
est en grand danger, tant sont vives les luttes entres
les forces de l’enfer et le peuple de Dieu (cf. note 6 p
9). C’est une vraie bataille qui est engagée au centre de laquelle nous sommes plongés, car furieux
de dépit contre la Femme, le démon s'en va guerroyer contre le reste de ses enfants (Ap 12,17).
Pourquoi le nom de Marie est-il si terrible
aux forces du mal ?
Un capucin du XVIIe siècle répond :
Comme les démons ont conservé après la perte
de la grâce, toutes les perfections de leur nature,
toutes leurs lumières et toutes leur intelligence, le
nom seul de Marie leur est terrible parce qu’il
porte dans sa signification le présage de la ruine
de leur empire. Ils comprennent fort bien, ces esprits rebelles, toutes les Grâces et les Grandeurs
qui sont renfermées dans ce nom. Par une énigme
secrète, dit Nicéphore, en même temps qu’ils entendent
prononcer ce nom, ils conçoivent l’idée sombre et
confuse d’une certaine Vertu divine qu’il contient, qui
est l’objet de leurs envies et la cause de leur désespoir.
Car si le nom de Marie, dans le sentiment de quelques
interprètes, après saint Jérôme, vient de la racine hébraïque Azor, qui signifie lumière, d’où ils déduisent
que Marie signifie Illuminatrice, ou Etoile de la Mer ;
il est certain qu’en même temps que le démon entend
prononcer ce Nom Auguste, il s’enfuit tout confus
comme un oiseau de nuit, ennemi du jour et de la lumière, et avec raison. En effet, il se souvient dans ce
moment, des lumières de la Foi qu’il a perdu par son
infidélité et son orgueil, et de la lumière de la Gloire
qu’il a perdu par sa réprobation. Il se souvient que Marie est l’Aurore qui annonce la venue du Soleil de Justice au monde, et que ce Soleil ne s’est point levé pour
lui. Il se souvient que Marie est l’Etoile de la Mer pour
les hommes seulement, parce qu’elle les conduit au
port du salut. A tel point que ce Nom est pour lui, non
pas synonyme de lumière ou de grâce, mais de ténèbres, de foudres et d’éclairs qui ne servent qu’à lui découvrir l’horreur de son crime et l’abîme de ses malheurs. Il en conçoit tant de haine, de crainte et de fureur qu’il est contraint de prendre la fuite et d’aller se
cacher dans le fond des enfers (…).
Vierge de l’Apocalypse.
Pierre Paul Rubens
Voilà pourquoi il semble que les Pères ont raison
d’appeler le Nom de Marie un nom foudroyant, une
parole triomphante et le fléau des démons (Octave de l’Assomption de la Sainte Vierge. 1687. Nicolas de Dijon).
Pensons-y lorsque nous récitons notre Chapelet où le
nom de Marie est proclamé cent sept fois (cf. p5), ou lorsque nous disons le Chapelet de la Foi où il est prononcé
soixante fois (cf. p10).
Saint Alphonse de Liguori ajoute : "De même donc
que, par ses cinq plaies, Jésus-Christ a préparé le remède à tous les maux du monde ; ainsi, par la vertu de
son très saint nom composé de cinq lettres, Marie ménage chaque jour aux pécheurs, la rémission de leur
faute". Voilà pourquoi il est dit dans les Cantiques sacrés : Ton nom est comme une huile répandue ; car
l'huile guérit les malades, répand une odeur agréable,
et nourrit la flamme ; et le nom de Marie guérit les pécheurs, réjouis les âmes, et les embrase du divin
amour".
Marie disait à sainte Brigitte : " Tous les démons
craignent mon nom et le redoutent ; et, rien qu'à l'entendre, ils relâchent au plus vite l'âme qu'ils tenaient
déjà entre leurs griffes ". Par contre, pendant que les
anges rebelles s'éloignent des pécheurs qui invoquent le
nom de Marie, les bons anges se rapprochent davantage des âmes justes qui le prononcent dévotement" (St A.M. de Liguori : Les Gloires de Marie) ■
SDM
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LA FETE DU SAINT NOM DE MARIE - UN PEU D’HISTOIRE
Vierge
aux 3 Roses
La fête du Saint Nom de Marie, a été instituée dans
la ville de Cuenca, en Espagne (Nouvelle-Castille), en
1513. Un temps abrogée par saint Pie V (1570), elle fut
rétablie par Sixte V (1585-1590) et célébrée le 17
septembre. Réservée à Cuenca, (diocèse de Tolède),
elle fut étendue à toute l'Espagne, puis au royaume de
Naples (1671). Le diocèse de Milan la célébrait le 11
septembre et d'autres le 22 septembre. Cette fête ne fut
instituée à Rome qu'en 1683, par Innocent XI, en
action de grâce pour la délivrance de Vienne assiégée
par les Turcs (12 septembre 1683) :
Tandis que la Hongrie se révoltait contre les
Habsbourg, les 300 000 hommes des armées turques
conduites par le grand vizir de Mehmed IV, Kara
Mustapha Pacha, et guidées par le comte hongrois et
protestant Tököly, bloquaient Vienne depuis le 14
juillet 1683.
L'empereur d’Autriche Léopold I° (1640-1705) et son
beau-frère, Charles de Lorraine, avaient déserté la ville
où treize mille hommes attendaient l’assaut turc. Le
Pape Innocent XI qui voulait former une ligue
catholique contre les Turcs, ne put compter que sur
l'alliance avec Jean III Sobieski (1624-1696), roi de
Pologne depuis 1674.
Celui-ci fut prévenu lors d'un pèlerinage à
Czestokowa d’où il partit le 15 août. Louis XIV avait
refusé d’entrer dans la ligue car il se serait bien
accommodé de la chute de Vienne, dût-elle passer
sous le joug musulman. Le 11 septembre, Sobieski
prit le commandement de l'armée catholique qui
comportait, en plus de ses propres troupes, celles du
duc de Lorraine et du prince de Waldeck, en tout 80
000 hommes, contre 300 000… Le dimanche 12
septembre 1683, le roi de Pologne Jean Sobieski
servit la messe, communia, arma son fils chevalier et
s’écriât : « Aujourd'hui, il y va tout ensemble de la
délivrance de Vienne, de la conservation de la
Pologne et du salut de la chrétienté entière ! » Puis,
il se mit à la tête des coalisés et chargea en criant :
« Non nobis, Domine, non nobis, sed nomini tuo da
gloriam ! » (Non pas à nous Seigneur, non pas à nous, mais à
Toi en revient toute la gloire). Les Ottomans furent battus à
Kahlenberg le même jour et, dans Vienne délivrée,
Jean Sobieski vint se prosterner avec ses généraux
devant la statue de Notre-Dame de Lorette vénérée
dans l'église des Augustins où l'on chanta un Te
Deum. Ce jour-là, on avait fait à Rome une grande
procession suivie par le pape. Le 24 septembre, le
cardinal-vicaire prescrit des sonneries de cloches et
des prières d'action de grâces et, le 25 novembre, un
décret établissait la fête du Saint Nom de Marie pour
l'assigner au dimanche dans l'octave de la Nativité de
la Bienheureuse Vierge.
Innocent XIII étendit la fête du Saint Nom de Marie
à l'Eglise universelle en 1721. Elle fut placée au 12
septembre par Pie X lors de la grande réforme du
Bréviaire romain. La fête du Saint Nom de Marie a
disparu lors de la réforme du calendrier liturgique sous
Paul VI (1969), mais on l’a laissé au titre de messe
votive, dans Les messes en l'honneur de la Vierge
Marie, document ratifié par Jean-Paul II en août 1986.
Au lendemain des évènements du 11 septembre
2001, Jean Paul II rétablit cette fête dans toute sa
solennité pour l’Eglise entière, au 12 septembre ■
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Message de Jésus et Marie
à Rosa di Gesù-Maria
San Damiano, le vendredi 6 mars 1970
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Je suis la Mère de la Consolation,
la Mère des Affligés
LA MAMAN CELESTE, par l’entremise de Mamma Rosa, annonce :
Mes petits enfants, Je suis là avec mon Fils Jésus, qui est le Roi des rois…
JESUS :
Je suis le Bon Pasteur, et Je viens pour sauver mes brebis, pour les conduire
à la maison du Père, pour leur donner tout mon amour, pour leur donner
toute ma miséricorde parce que Je veux vous sauver, mes frères, Je veux
vous sauver ! Je ne veux pas vous laisser aller à la perdition !
Venez, venez à Moi, et Je vous soulagerai1 ; venez à Moi, et Je vous purifierai ; venez à Moi, et Je vous sanctifierai. Je suis Maître2, Je suis Juge, Je
suis Miséricordieux.
Je veux sauver tous les enfants de ma Maman qui sont ici-bas. PARCE QUE
MA MAMAN VIENT POUR VOUS AIDER, POUR VOUS SAUVER, POUR
VOUS DONNER UNE PAROLE DE RECONFORT ET DE CONSOLATION3. ECOUTEZ-LA, ECOUTEZ-LA, TANT QU'IL EN EST ENCORE
TEMPS. ECOUTEZ-LA, VOTRE MAMAN DU CIEL ET LA·MIENNE,
ECOUTEZ-LA! C’EST LE PERE ETERNEL QUI L'ENVOIE EN CE LIEU.
PENSEZ ET REFLECHISSEZ
C’est moi, Jésus, tout lacéré par les graves péchés que commet l'humanité,
par tant de sacrilèges de la part des hommes, car ils n'écoutent plus leur
frère!
Moi, Je veux être avec vous, mes frères4, Je veux enflammer votre coeur, et
Je veux régner dans vos coeurs, parce que J'ai répandu tout mon sang pour
vous purifier, pour vous rendre purs, afin qu'un jour vous arriviez au Ciel
auprès de Moi, auprès de ma Maman et la vôtre.
Demandez pardon, demandez miséricorde, et demandez une grande foi. La
foi, c'est cela qui conduit au Ciel ; la foi, c’est elle qui surmonte tous les obstacles. Et demeurez fermes5, CAR MA MAMAN VIENDRA VOUS DONNER
UNE GRANDE LUMIERE... SOIT DANS LA PAIX, SOIT DANS LA
TEMPETE. Elle vous l’a répété tant de fois ! Pourquoi n'écoutez-vous pas
une Maman qui vous donne toutes les grâces, qui vous appelle à la pénitence
pour vous sauver? Réfléchissez, réfléchissez, mes frères ! Vous voyez le
monde comme il marche vers l'abîme : Tant de boue, tant de calomnies, tant
d'orgueil, tant de malice ! Priez, offrez, souffrez et faites silence, car ma Maman et la vôtre, fera tout !
1"Venez à moi, vous tous qui
peinez et ployez sous le fardeau, et
moi je vous soulagerai" (Matt 11,28).
Pourquoi tous, tant que nous
sommes, nous fatiguons-nous ?
C'est parce que nous sommes des
hommes mortels, portant des vases
de boue (2 Co 4, 7), cause pour nous
de mille anxiétés. Mais si ces vases
de chair nous tiennent à l'étroit,
dilatons du moins en nous les
espaces de la charité. Car pourquoi
vous dit-il : «Venez à moi, vous
tous qui êtes fatigués », si ce n'est
pour que vous cessiez de l'être (St Augustin).
2 On appelle Jésus « Maître » à de nombreuses reprises
dans les Évangiles. En hébreux ; Rabbi. L’aveugle-né et
Marie Madeleine l’appellent Rabbouni, diminutif affectif de
Rabbi qui évoque à la fois le côté solennel du nom qui est
La Mamma Celeste, tramite Mamma Rosa,
annuncia :- Figliuoli miei, sono qua con il mio
figlio Gesù che e il Re dei re...
GESU :
Io sono il buon pastore che vengo mer salvare le
mie pecorelle, per portarle nella casa del Padre,
per darci tutto il mio amore, per darci tutta la mia
misericordia...! Perche vi voglio salvare fratelli
miei, vi voglio salvare...! Non vi voglio lasciare
andare perduti...!
Venire, venire a Me che Io vi solleverò...! Venite
a Me che Io vi purificherò...! Venite a Me che Io
vi sanctificherò...! Io sono maestro, Io sono
giudice, Io sono misericordioso...!
Voglio salvare tutti i figli della mia Mamma che
sono quaggiù...! PERCHE LA MIA MAMMA
VIENE PER AIUTARVI, PER SALVARVI,
PER DARE UNA PAROLA DI CONFORTO E
DI CONSOLAZIONE...! ASCOLTATELA
ASCOLTATELA TANTO CHE SIETE
ANCORA IN TEMPO, ASCOLTATE LA
VOSTRA MAMMA E MIA DEL CIELO...!
ASCOLTATELA...! LA MANDA L’ETERNO
PADRE IN QUESTO LUOGO, PENSATE E
RIFLETTETE...!
Io sono Gesù tutto lacerato dai gravi peccati che
commette l’umanita, dai tanti sacrilegi... (degli
uomini)... che non ascoltano più suo fratello...!
Io voglio essere con voi, fratelli miei,... Io voglio
infiammare i vostri cuori e voglio regnare nei
vostri cuori... perché io sparso tutto il mio sangue
per purificarvi... per rendervi puri per, un giorno,
arrivare al Cielo accanto a Me e alla mia e vostra
Mamma.
Chiedete perdono,... chiedete miericordia e
chiedete tanta fede...! La fede é quella che porta
al Cielo...! La fede é quella che supera ogni
ostacolo... e siate fermi,... CHE LA MIA
MAMMA VERRA A DARVI GRANDE LUCE
O NELLE PACE... O NELLA TEMPESTA...!
(Lei) ve lo ha ripetuto tante volte...! Perché non
ascoltate una Mamma che vi dà tutte le grazie,
che vi richiama alla penitenza per salvarvi...!
Pensate, penstae fratelli miei...! Vedete il mondo
come camina nell’abisso...! Tanto fango, tante
calunnie, tanto orgoglio, tanta malizia...! Pregate,
offrite, soffrite et tacete... che la mia e la vostra
Mamma tutto farà...!
une appellation respectueuse décernée par les Juifs à leurs
chefs spirituels, et le côté proche et intime qui nous
rapproche de la Miséricorde.
3 Cette parole est à mettre en relation avec « Je vous
soulagerai » (n°3) et « Je suis la Mère de la consolation, la
Mère des affligés », (n°9) qui vient ajouter comme un écho
aux paroles de Jésus. Le message encourage à contempler
la Miséricorde.
4 Jésus, qui sanctifie, et les hommes qui sont sanctifiés sont
de la même race ; et, pour cette raison, il n’a pas honte de
les appeler ses frères (He 2, 11).
5 C'est pour cela qu'il vous faut endosser l'armure de Dieu,
afin qu'au jour mauvais, vous puissiez résister et, après
avoir tout mis en oeuvre, rester fermes (Ep 6, 13) (cf note 6 p
suivante). L’armure de Dieu, c’est la Foi. L’épée qui nous
permet de la défendre, c’est la prière, en l’occurrence, c’est
le Rosaire (cf p 5).
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LA MAMAN CELESTE :
Je suis la Reine du Ciel, la Mère de l'univers, qui vous aime tant ! Je vous veux
tous sous mon manteau. Je veux enflammer votre coeur. Donnez-Moi tous vos
coeur! Donnez-les-Moi pour que Je les tienne serrés contre Moi, et vous ne
périrez pas. Quelles que soient les tentations, quelles que soient les luttes, vous
serez fermes6.
Moi, Je suis la Mère de la Consolation, la Mère des affligés7, le refuge des pécheurs, la Mère des agonisants8, car tant d’agonisants partent de cette terre
sans que personne ne les assiste, sans que personne ne leur donne une parole
de réconfort, une lumière, une préparation à la mort, pour aller de la terre au
Ciel ; c’est si douloureux. Priez, priez, mes petits enfants, pour les agonisants.
Allez auprès des agonisants, apportez-leur une parole de réconfort, d’abandon
et ainsi, du Ciel ils vous aideront. Les âmes du Purgatoire font tant pour
vous, elles font tellement. Elles voient tout ici-bas et elles pleurent tant!
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10 Agrippez-vous à Moi9, mes enfants, et priez avec foi. Priez pour mes apôtres;
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priez pour le Saint Père Paul VI, pour qu'il soit fort! Que le Saint-Esprit
l'éclaire d'une grande lumière, d'un grand amour; qu'il pardonne à tous et
donne à tous une parole de réconfort. Vous, aidez-le dans la prière, dans le
sacrifice.
JE SUIS AVEC VOUS,; JE VIS AVEC VOUS, et Je vous attends heure par
heure pour vous conduire au port10assuré du bonheur.
Le Père Éternel vous bénit. Le Père Éternel vous envoie une forte bénédiction,
un secours, une grâce, un réconfort pour cette terre, et un réconfort pour le
moment où vous serez sur le point de la quitter.
Au nom de la Très Sainte Trinité, Je vous donne la bénédiction, ensemble avec
mon Fils, et ensemble avec le Père Éternel.
Au Nom du Père, du Fils, et du Saint-Esprit ! Amen.
6 Marie doit être terrible au diable et à ses suppôts comme
une armée rangée en bataille, principalement dans ces
derniers temps, parce que le diable, sachant bien qu'il a peu
de temps, et moins que jamais pour perdre les âmes, redoublera tous les jours ses efforts et ses combats ; Il suscitera
bientôt de nouvelles persécutions, et mettra de terribles embûches aux serviteurs fidèles et aux vrais enfants de Marie,
qu'il a plus de peine que les autres à surmonter (St L. M.
Grignon de Montfort, Traité de la Dévotion à la Sainte Vierge ; 46). Lire aussi
p 5 : Le Saint Nom de Marie…
7 Lorsque L’abbé Peyramale, curé de Lourdes, avait demandé à Bernadette de questionner la « Dame » à propos de son
nom, il a finalement reçu sa réponse : « Je suis l’Immaculée
Conception ». Il s’est passé la même chose à San Damiano.
Dom Pellacani, curé de ce lieu, avait demandé à Rosa d’interroger cette « jeune épouse » qui l’avait guérie le 29 septembre 1961, si elle la revoyait, pour en connaître l’identité. Au
printemps 1962, sur le parvis de l’église Notre Dame des Grâces à San Giovanni Rotondo, alors que Rosa s’apprête à rencontrer le Padre Pio, celle-ci se trouve face à la Sainte
Vierge : « Me reconnais-tu ? – Oui, vous êtes la Madone,
mais vous n’avez pas voulu que je le dise ». Et, comme pour
devancer l’interrogation de Rosa et satisfaire à la curiosité du
curé de San Damiano, la Vierge ajoute « Je suis la Mère de
la Consolation et des Affligés ». C’est donc le premier vocable sous lequel Marie se fait connaître à Rosa, qui est repris
ici. « Mère de la consolation », cela renvoie à la parole du
Christ : « Je vous enverrai le Paraclet », ce qui signifie Avocat, Consolateur. Marie, Mère de la Consolation évoque donc
la présence de l’Esprit Saint dont Elle est l’Épouse, selon les
mots des pères de l’Eglise. Il y a donc dans ce message cette
merveilleuse correspondance et équilibre entre Jésus qui est
Miséricorde (n° 3) et Marie, demeure de l’Esprit Saint qui est
Consolation ; Jésus qui est Juge et Marie qui est Avocate ;
Jésus qui est Maître, et Marie qui est Reine.
LA MAMMA CELESTE
Io sono la Regina del Cielo, la Madre
dell’Universo che tanto vi amo...! Vi
voglio tutti sotto il mio Manto...! Voglio
infiammare il vostro cuore...! Datemi tutti
i vostri cuori...! Datemi i vostri cuori che li
terrò stretti a Me (così) che non perirete.
Qualunque (sia la) tentazione, qualunque
(sia la) lotta sarete fermi...!:
Io sono la Madre della consolazione, La
Madre degli afflitti, il rifugio dei pecatori,
la Madre degli agonizzanti...! Che tanti
agonizzanti partono da questa terra (senza)
che nessuno li assista, che nessuno dà una
parola di conforto, una luce, una
preparazione alla morte... dalla terra al
Cielo... tanto dolore...! Pregate, pregate
figliuoli per gli agonizzanti, avvicinate gli
agonizzanti, portate loro una parola di
corforto, di rassegazione (così) che dal
Cielo vi aiuteranno...! Tanto fanno le
anime del Purgatorio per voi... tanto, tanto
fanno...! Tutto vedono quaggiù e tanto
piangono...!
Aggrappatevi a Me, figli miei... e pregate
con fede...! pregate per i miei apostoli...
pregate per il Santo Padre Paolo VI (così)
che sia forte, che lo Spirito Santo lo
illumini di grande luce, di grande amore,
che perdoni tutti e che dia una parola di
conforto a tutti...! Aiutatelo voi, nella
preghiera, nel sacrificio...!
IO SONO CON VOI... VIVO CON VOI e
vi attendo ora per ora per portarvi al porto
sicuro della felicità.
L’Eterno Padre benedice...! L’Eterno
Padre vi manda una forte benedizione, un
aiuto, una grazia, un conforte di questa
terra e un conforto (per) quando sarete per
partire da questa terra.
A nome della Santissima Trinita vi do la
benedizione insieme a mio Figlio e
insieme all’Eterno Padre.
Nel nome del Padre, del Figlio e dello
Spirito, amen.
8 Tous les noms de Marie donnés
dans les messages de San Damiano
ne doivent pas nous dérouter. Les
papes ont fait du saint Nom de Marie, une fête (cf. p 7). Les noms de
Marie sont autant de Noms qui lui
sont donnés par Dieu et par lesquels
Il est Sanctifié.
Voici un trait raconté par le Père
Bernardin de Bustis. Un oiseau avait
été dressé à dire : Ave Maria ; se
voyant poursuivi par un épervier il
cria : Ave Maria ! Et l'épervier tomba
mort. - Le Seigneur a voulu nous montrer par cet exemple,
que, si un pauvre animal a pu être sauvé en prononçant le
nom de Marie, à plus forte raison tout homme échappera-t-il
aux mains du démon qui l'attaque, s'il a soin d'invoquer ce
nom béni. Ainsi, dit saint Thomas de Villeneuve, lorsque les
démons viennent nous tenter, nous n'avons qu'à imiter les
poussins effrayés à la vue du milan : de même qu'ils courent
aussitôt se réfugier sous l'aile maternelle, allons sans retard,
et sans raisonner avec la tentation, nous mettre en sûreté
sous le manteau de Marie. Car c'est à vous, ô notre Reine et
notre Mère, de nous défendre ; car, après Dieu, nous n'avons
pas d'autre refuge que vous ; vous êtes notre unique espérance, la seule protectrice en qui nous mettions notre
confiance (St Alphonse de Liguori : Les Gloires de Marie).
9 Voilà une expression fréquente du message. Selon le dictionnaire ; agripper : « saisir de façon très ferme, avide ou
désespérée ». Il s’agit en effet de notre dernier recours dans
la tourmente d’aujourd’hui dont il est dit plus haut qu’elle s’aggravera encore : « Écoutez-la, tant qu'il en est encore
temps » (n°4) ; « Elle viendra vous donner une grande lumière... soit dans la paix, soit dans la tempête » (n°7).
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10 Marie est l’« Etoile de la Mer » (cf. p 6).
Le Chapelet de la Foi
« Un des objectifs de l’Année de la foi est de faire du
Credo la prière quotidienne, apprise par cœur,
comme c’était l’habitude des premiers siècles chrétiens », a expliqué Mgr Fisichella le 21 juin 2012. Une
prière que saint Augustin recommande « avant de dormir » ou « avant de sortir ».
« La crise de la foi est l’expression dramatique d’une
crise anthropologique qui a livré l’homme à lui-même ;
c’est pour cela qu’il se retrouve aujourd’hui dans la
confusion, la solitude, en proie à des forces dont il ne
connaît pas même le visage, et sans un but vers lequel
diriger son existence ».
En cette année de la Foi il est donc bon de retrouver
notre tradition concernant le chapelet de la foi. C’est
l’occasion de redécouvrir cette dévotion particulière demandée par le Ciel à San Damiano le 1er vendredi du
mois de juillet 1969.
On notera, dans les paroles de Marie son insistance
pour cette prière qui est puissante contre les tentations et
pour obtenir la paix.
Extrait du Message de Notre Dame à San Damiano sur le Chapelet de la Foi, le vendredi 7 Juillet
Préparez-vous mes petits enfants, avec Jésus dans le
cœur, avec une grande foi et un grand amour. L’Amour, l’Amour, l’Amour entre vous tous, pour Jésus et
pour votre Maman Céleste qui vous aime
tellement, tellement !
Cela fait si longtemps que Je viens sur cette terre
pour vous sauver mes petits enfants. Depuis des années
Je suis sur cette terre plus souvent qu’au Ciel, et vous,
vous n’écoutez pas mes paroles de Mère, car une Mère
fait tout pour ses enfants. Je veux que vous soyez sauvés, mes petits enfants... Écoutez-moi !
Maintenant, Je proclame qu’il faut réciter le
Chapelet de la Foi.
C’est mon instrument qui vous l’enseignera :
Au début on récite le Credo ; ensuite on dit dix fois :
« Jésus, Marie, je vous aime, sauvez les âmes, et sauvez celles des consacrés ». A la place du Pater, on dit
un Credo, et à la fin récitez cinq Salve Regina pour
obtenir la paix entre les frères, et entre les hommes du
monde entier… que tous, vous soyez réunis avec une
grande foi et un grand amour pour Jésus. N’oubliez
pas de réciter chaque jour le Chapelet de la foi… Un
jour vous serez si heureux et si contents. Soyez forts
mes petits enfants, près de Jésus et sous mon manteau.
(A Rosa) : Fais prier nuit et jour. Appelle les âmes ici
en ma présence... Fais-les prier… Souffre et fais
silence. Prie, prie ma fille, et fais prier car Jésus le demande… Jésus te le demande si fort, il t’appelle près
de Lui. Jésus t’attends avec tant d’âmes
Pratiquement, on récite sur chaque dizaine du chapelet : un Credo, et dix fois :
Jésus, Marie, je vous aime, sauvez les âmes, sauvez les consacrés.
A la fin, cinq Salve Regina.
Symbole des apôtres
Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, créateur du Ciel et de la terre,
et en Jésus-Christ, son Fils unique, Notre Seigneur,
qui a été conçu du Saint-Esprit,
est né de la Vierge Marie ;
a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort;
a été enseveli, est descendu aux enfers ;
le troisième jour est ressuscité des morts ;
est monté aux cieux;
est assis à la droite de Dieu, le Père tout-puissant,
d'où il viendra juger les vivants et les morts.
Je crois au Saint-Esprit;
à la sainte Église catholique;
à la communion des saints;
à la rémission des péchés;
à la Résurrection de la chair;
et à la vie éternelle. Amen.
Salve, Regina
Salve Regina, mater misericordiae.
Vita, dulcedo et spes nostra, salve.
Ad te clamamus, exsules filii Evae.
Ad te suspiramus, gementes et flentes in hac lacrimarum valle.
Eia ergo, advocata nostra,
illos tuos misericordes oculos ad nos converte.
Et Jesum, benedictum fructum ventris tui,
nobis post hoc exilium ostende.
Ô clemens, ô pia, ô dulcis Virgo Maria ! Amen
*****
Salut, Reine, Mère de Miséricorde, Vie, Douceur,
et notre espérance, salut.
Vers toi nous élevons nos cris, pauvres enfants d'Ève exilés.
Vers toi nous soupirons, gémissant et pleurant
dans cette vallée de larmes.
Tourne donc, ô notre Avocate,
tes yeux miséricordieux vers nous.
Et, après cet exil montre nous Jésus, le fruit de tes entrailles.
Ô bienveillante, ô miséricordieuse, ô douce Vierge Marie. Amen
En cette Année de la Foi, pourquoi ne pas nous engager à dire cette prière
chaque jour, comme le demande Marie ?
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Saint Bartolo Longo
11 février 1841 – 4 octobre 1926
Béatifié par le pape Jean Paul II, le 26 octobre 1980
Pompéi, l'an 79 – L'antique Pompéi, forte de ses remparts contre l’ennemi, majestueux centre
de réjouissances terrestres, proche de la mer et du Vésuve, a disparu de la surface de la terre le
24 août 79 de notre ère. On y buvait, on y festoyait... le Vésuve explosa avec une violence
inouïe crachant d'énormes nuages de cendres qui saisirent tout en un instant. Pompéi était rayé
de la carte !
A côté de la ville des morts surgit celle des vivants. Voilà que l'Epouse de l'Esprit-Saint,
d'un vaste cimetière fit une roseraie. Pompéi préfigure cet avenir où, passé les épreuves apocalyptiques, « tout sera renouvelé ». Que la « Città Mariana » ait surgit, florissante, d'un chaos de
ruines, c'est l'oeuvre d'un seul homme : Bartolo Longo.
Selon notre habitude, nous tenterons de dégager de cette biographie certains traits de sa vie et
de son oeuvre qui nous rapprochent de la spiritualité de San Damiano.
L'enfance de Bartolo Longo
mière classe, puis consacré prêtre du spiritisme…
L'ange
Son père, Bartolo, est médecin. Sa mère Antonia
Luparelli, fille de magistrat, est très jeune quand elle
met au monde sa fille ainée, Rosa. Puis c’est la naissance de Bartolo, le 11 février 1841. La maman prend
du temps pour élever chrétiennement ses enfants. A
l'âge de six ans, selon l'usage chez les notables
d'alors, les enfants sont envoyés à l'internat. A dix ans,
alors que Bartolo est à son piano, on lui annonce la
mort de son père, c'est son premier grand chagrin. Sa
mère se remarie avec un avocat qui se montre un vrai
père pour lui.
Pour Bartolo, Dieu n’est rien, mais c’est son
« ange » qui lui, a le pouvoir. Cet ange se fait appeler
Michel, prince biblique des milices célestes avec sa
splendeur éblouissante. Il est fou de joie et pense avoir
atteint le but de son existence. L'ange se montre lumineux, séduisant. Bartolo l'écoute, lui obéit, s’en fait
l'esclave volontaire et enthousiaste. S'il savait qui est
cet ange en réalité : ténébreux, sulfureux... Bientôt
pourtant, il accumule les désillusions car les réponses
qu’il obtient sont souvent contradictoires ! (1)
Dans la tourmente
Des amis providentiels
Bartolo Longo choisit les études juridiques, mais sa
passion pour la musique ne le lâche pas. Ses parents
y voient un danger pour ses études et lui refusent l'argent pour l'achat d'un piano. Il n’y renonce pas et commence à jeûner pour économiser.
Passionné de tout, il se mêle aussi de politique.
L’Italie est dans une phase agitée. Aussi le temps réservé à la prière s'amenuise et sa nostalgie de Dieu
s'essouffle.
Il se rend à Naples. Tous les courants intellectuels
l'intéressent et le tentent. Passionné de controverses, il
se laisse envahir par des sentiments de haine à l'égard
de l'Eglise et il va jusqu’à organiser des conférences
publiques anticléricales et à applaudir ceux qui injurient
les prêtres. A 23 ans, il obtient son doctorat en droit. Il
est devenu l'homme dont Satan avec toutes ses ruses
et ses finesses, entend faire son instrument. Il s’initie
aux secrets du magnétisme et du spiritisme, devient
littéralement envoûté par les mauvais esprits. Dans
l'une des premières séances, il demande : JésusChrist est-il Dieu ? La réponse est affirmative. Mais à
la question suivante : Les commandements sont-ils
vrais ? Il s’entend répondre : « Oui, sauf le sixième ».
Un autre jour, Bartolo demande : Laquelle des deux
religions est la vraie, la catholique ou la protestante ?
« Les deux sont fausses », répond le Menteur.
Après quelques mois, Longo devient médium de pre-
Le premier à s'inquiéter sur le sort de Bartolo est le
Professeur Vincenzo Pepe qui enseigne dans les lycées de Naples : « Veux-tu finir dans un asile de
fous?... Est-il possible que tu croies à toutes ces sottises ? Écoute et retourne vers ta foi perdue et pense
plutôt à ta profession qui pourrait mal finir ».
Bartolo sourit de la naïveté de son ami : Si tu te
convertis toi aussi au spiritisme, tu verrais des anges
de lumière t'ouvrir les rideaux du futur, te révéler les
mystères d'outre-tombe, te montrer les grandes erreurs
de la religion catholique et ils exauceraient n'importe
quelle de tes demandes. « Balivernes, hallucinations
d'exalté, cher Bartolo, je ne te comprends plus ! »
Une des amies de ce professeur, Caterina Volpicelli
est restée célibataire, voulant se consacrer à la prière,
à la dévotion du Sacré-Coeur et aux oeuvres de charité. Bartolo est frappé par cette jeune femme exceptionnelle. Le spiritisme dont il n'arrive pas à se détacher, la
foi de laquelle il est déjà éloigné, l'insatisfaction et le
vide qu'il commence à ressentir en lui, une nostalgie
du vrai surnaturel et surtout l'angoisse dans laquelle il
se trouve prisonnier, le poussent à lui parler. « Dieu
vous aidera, dit-elle, je prie pour vous »... Bartolo voit,
en songe, sa mère passer près de son lit et lui recommande tendrement de revenir au Christ…/...
1. Ne pensez pas trop au monde. Ne savez-vous
pas qu'un jour vous devrez être jugés en toute
vérité ?
Sur cette terre, vous pouvez dire tout ce que
vous voulez. Mais devant le Roi-Juge, vous ne le pouvez.
Là, c'est la vérité pure ! Et la vérité il faut la dire à
tous et aimer tous, et pardonner à tous ! SD 31 mai
11
La « signature » du père
Seigneur, que veux-tu que je fasse ?... O Seigneur,
fais-moi connaître tes voies, enseigne-moi tes sentiers.
Mais quels sentiers ? Il y est déjà et l’ignore ! (2)
Bartolo retourne au siège de l'association spirite et
cherche à entrer en contact avec l'esprit de son père. Il
demande comme signe, la signature de son père. Il
prend du papier, une plume et un encrier, s'assoit sur
la table du médium et attend. Tout à coup, sa main
commence à se mouvoir, la plume trace des signes. La
signature est bien celle, authentique, de son père !
Cette nuit-là, il ne peut s'endormir. Il lui semble que
l'ombre paternelle, la chère ombre paternelle ne se détache pas de son lit. Il se souvient alors que, lorsqu'il
était enfant, chaque fois que sa mère pensait à ses
disparus, elle allait à l'église assister à une messe pour
le repos de leurs âmes et communiait.
Demain matin, j'assiste à la messe pour mon père,
se dit-il pour mettre mon âme en paix. Le lendemain,
avant la messe, il va voir son ami le Prof. Pepe et lui
raconte tout. « Non seulement tu iras à la messe, mais
confesses-toi à un frère, c'est entendu ? »
Le père Alberto Radente lui refuse l’absolution mais
le guide dans un chemin spirituel. Au bout d’un mois
d’échange et de lutte, Bartolo reconnait ses erreurs.
Cette mission a déjà commencé dès sa première
rencontre avec la Comtesse de Fusco chez Caterina
Volpicelli, un soir, à l'occasion de la récitation du Rosaire. Mariée à quinze ans, veuve à vingt sept avec
cinq enfants, sans le sou, mais à la tête d'un important
patrimoine terrien qui ne rapporte rien à cause des
temps difficiles, elle participe aux oeuvres de charité.
La Volpicelli l'a accueillie en lui offrant un très modeste
appartement, dans sa maison, à Largo Petrone alla
Salute. La comtesse est très pieuse et remarque chaque soir ce jeune avocat dont on vante la grande piété.
Bartolo tombe malade et se voit l’objet de la sollicitude
des deux pieuses femmes. Caterina lui propose un de
ses logements inoccupés sous l'appartement de la
comtesse, et prie celle-ci de s'occuper de son couvert
contre une somme de cinquante ducats par mois. C'est
ainsi que Bartolo prend ses repas avec la comtesse et
ses fils, qui sont plus voyous les uns que les autres.
Un amour sans partage
La mission se concrétise
Il commence l'étude de la théologie avec ce prêtre
et prend aussi l'habitude d'ouvrir son âme au Père Ribera, qui lui donne à lire des livres ascétiques et de
saints. « Tu as une grande mission à accomplir », lui
répètent ses deux confesseurs. Mais où ? Comment ?
Est-ce vraiment une grande mission que celle d'introduire dans les maisons la dévotion au Sacré-Coeur et
la récitation du Rosaire ?
Vers la fin du mois d'août 1868, il rentre à Naples.
Caterina Volpicelli l'admet parmi les intimes de sa nouvelle communauté religieuse à Largo Petrone alla Salute, où s'est également retirée la veuve du Comte de
Fusco.
La famille de Fusco est la pierre angulaire dans la
grande oeuvre de Pompéi. La comtesse est en difficulté financière car les paysans ne payent rien de leurs
redevances depuis des années. Elle souffre d'être réduite à une condition de
petite bourgeoisie, en
dessous de son rang.
Grâce à Caterina Volpicelli, elle se consacre à la prière. Un
jour à table, on évoque les dettes, les
soucis financiers liés
aux biens laissés par
son mari. Bartolo ne
résiste pas et lui propose de devenir son
administrateur.
Où se trouvent vos avoirs ? - « A Lettere, à Gragnano et à Pompéi. »
Quels sont ceux qui ne payent pas les redevances ?
- « Ceux de Pompéi. Ils exploitent depuis années plus
de cinquante boisseaux de terrain sans rien payer. »
Et ces terres, rendent-elles bien ? - « Bien sûr, elles
sont très fertiles. Tout le monde le sait. »
Eh bien, j'irai moi-même voir où en sont les choses
et je vais tâcher de faire renouveler les contrats.
« Vous perdez votre temps, cher Maître. Il faut être fou
pour l’envisager. Pompéi est un pays de brigands, de
voyous, de malfamés ... Si vous êtes assez têtu pour
vous y aventurer, soit. Je préviendrai un de ces
paysans afin de vous protéger. »
A Valle de Pompéi, écrit Bartolo, je me suis rendu
sans aucun dessein d’apostolat. Je voulais renouveler
les fermages, rien d’autre ! Je pensais y aller pour faire
l'avocat. Au contraire, j’y ai fait le missionnaire, car tel
est le dessein de Dieu…/...
La charité ouvre le coeur
Celui qui doit lui ouvrir les horizons de la charité est
déjà fort connu à Naples. Il s’agit du Père Ludovico da
Casoria. Tout Naples loue les mérites de charité inventive et la sainteté débonnaire et prodigieuse de ce petit
frère des pauvres. Bartolo, toujours à la recherche
d'une mission à accomplir, est attiré par la sainteté
franciscaine, Il ne quittera pas ce prêtre jusqu'à sa
mort. Pour suivre son exemple, Bartolo commence à
fréquenter l'hôpital des incurables afin de visiter et d'aider les malades pauvres. Il découvre la terre de son
apostolat.
Tout donner
A l'âge de vingt huit ans, Bartolo Longo range la
toge dans un vieux tiroir, renvoie ses clients et laisse le
tribunal. Il lui reste le titre d'avocat – Maître Bartolo
Longo - Désormais, il ne lit plus que des livres pieux ou
encore des traités théologiques qu'il étudie sous la direction du Père Radente. Il conclut :
Si on ne donne pas tout, on ne donne rien !
Religieux ? non ; époux ? non. Il ne lui reste plus
que la voie du troisième Ordre Dominicain que le Père
Radente a crée à l'église du Rosariello.
Il se fait donc Tertiaire, étudie la littérature italienne
et latine, puis se met à la philosophie.
2. Je vous annonce encore de vous préparer à ma Venue
par la prière, le sacrifice, la pénitence et la réception de
Une mission déjà préparée
Jésus-Eucharistie souvent. SD 17 février 1967
12
Découverte de
Pompéi
Je prends le premier train pour
Pompéi-Scavi
et
deux hommes armés de fusils m’accueillent. « N'ayez
pas peur, nous
sommes des fermiers de la comtesse
et
nous
avons l'ordre de
vous tenir sous
notre
protection
car l’endroit est
dangereux ».
Il y a des marécages, mais c’est une
campagne
très
fertile permettant plusieurs récoltes par an ... quelques
maisons disséminées, la vieille ''Taverne'' qui a été
transformée en ''Casino'' de campagne ! Bartolo veut
visiter l'église de campagne, en face : petite et croulante, elle contiendrait une centaine de personnes ; un
autel en bois vermoulu dans lequel des insectes font
leurs nids et des rats, leur demeure. Il n' y a ni sacristie, ni sacristain. Le curé, un vieillard fils de paysans et
paysan lui-même, est la première personne avec qui
Bartolo peut converser sensément.
Bartolo remarque tout de suite l'état d'ignorance de
ces gens. Ils ne savent rien des prières les plus simples et des rudiments du catéchisme. Chaque fois
qu'ils ont besoin de quelque chose, ils consultent la
sorcière, la magicienne, pour obtenir charmes et maléfices. Il est venu pour renouveler les contrats des fermages, évaluer la productivité des terres de la comtesse, mais devant ses yeux s'étale la misère spirituelle
de tant de gens abandonnés. Comment est-ce possible ; tant de pauvreté et d'ignorance ? N’y-a-il vraiment
rien à faire pour ces gens ?
Pauvreté spirituelle de Pompéi
« Si tu cherches le salut, diffuse le Rosaire, lui disait
le Père Radente : C'est une promesse de Marie. Qui
diffuse le Rosaire sera sauvé ». Au loin l'Angélus
sonne. Un appel impérieux monte du plus profond de
son être : Que Marie soit connue et vénérée ici, et cette
vallée de ténèbres se changera en paradis ! Instaurons-y la pratique du Rosaire. (3)
Il tombe à genoux et prie. Oui, le chapelet, mon secours, ma consolation, mon salut ! Je te promets, ô ma
3. Allez dans le monde avec en main le Rosaire, c’est
l'arme qui vous donnera la force et le soutien dans les
luttes. Portez le Rosaire dans les maisons, parce que
c'est seulement avec le Rosaire que la paix viendra dans
Mère de tout faire pour le répandre, je ne quitte pas ce
pays avant de l'y avoir répandu ! »
Le soir même, il rassemble quelques paysans sur le
terre-plein du ''Casino''. Mais peu connaissent l'Ave
Maria. Comment faire pour leur apprendre les premières prières chrétiennes, et le catéchisme ?
Un jour il rencontre un prêtre, don Gennaro Federico, à la chasse dans les champs et lui confie son voeu
de constituer parmi les paysans une confraternité du
Rosaire, non seulement pour réciter le Rosaire, mais
aussi assister les infirmes, accompagner les morts au
cimetière. Le curé répond : « Ces paysans n’y comprennent rien. Pour les bouger, il faut bien autre chose
! Organisez une fête avec de la musique et des feux
d'artifice, des luminaires et une loterie. Vous les trouverez autour de vous, prêts à votre signal». Très bien,
commençons donc à les toucher par leurs points faibles. Bartolo exécute le plan de don Gennaro Federico... C’est un succès !
Pauvreté du tableau de la Madone
Maintenant, il faut un beau tableau de la Madone du
Rosaire, pour l'église. Bartolo rencontre à Naples le
père Radente : Mon Père, les missions de Pompéi remportent un grand succès ; les paysans récitent le Rosaire, ils viennent en foule écouter les missionnaires.
En souvenir de cette mission, je veux introniser, demain, sur l’autel de l'église de Pompéi, la Madone du
Rosaire... Grâce au père, Bartolo frappe à la porte d’un
couvent où on lui a promis un tableau de la Reine du
Rosaire… Quand la soeur revient avec le tableau,
j'éprouve un serrement de coeur, raconte Bartolo Longo. C'est une vieille toile usée, mais le visage de la Madone ressemble plus à celui d'une matrone, rugueux et
rougeâtre, qu’à celui, doux, plein de sainteté et de
grâce d'une Vierge. Tout le manteau est crevassé et
usé, des morceaux de couleur manquent par endroits.
Sans parler de la laideur des autres personnages.
Saint Dominique ressemble à un idiot du village et à
gauche, c’est une «sainte Rose» avec une figure rugueuse et vulgaire...! Bartolo n'a pas le courage d'exposer à la vénération cette authentique horreur.
Il quitte la soeur en lui promettant de revenir avec la
comtesse de Fusco. Lorsqu’elle découvre le tableau,
elle s'écrie : « Il est juste fait pour faire perdre la foi ! »
La soeur réplique : « Qu'importe vos grimaces, comtesse. Emportez ce tableau tout de suite ! »
La Madone sur une charrette de fumier
Il faut donc le faire porter à Pompéi. Impossible par
le train car trop encombrant. Bartolo se souvient que
chaque samedi, un charretier de Pompéi vient à Naples
récupérer le fumier des écuries des seigneurs pour le
revendre aux paysans. On l’envoie chercher. Celui-ci,
qui est déjà prêt avec son chargement malodorant, accepte de prendre le tableau, le charge à plat sur le fumier et s'en retourne à Pompéi. Bartolo le précède par
le train. La déception lorsque les missionnaires découvrent l'horreur ! En l’état, le tableau ne peut être accroché, il faut le retoucher dit un d’entre eux. On fait appeler un peintre qui rechigne devant la ruine. Il finit par
accepter de tenter quelque chose, mais ne promet rien
avant trois semaines.../...
le monde et dans les coeurs, parce qu'il n'y a
qu'orgueil, superbe, vanité. SD 14 avril 1967
13
Une église à Pompéi pour un sou par mois !
Entre temps, l'évêque arrive pour les confirmations.
Bartolo lui exprime le désir de vouloir bâtir dans l'église
paroissiale, un autel pour la Madone du Rosaire.
« Vous, Maître, vous voulez ériger un autel. Mais, c'est
une église qu'il faut construire ! L'actuelle est aussi
grande qu'une écurie. Cela fait des années que j'y
pense et maintenant que je vous trouve bien disposé,
je peux vous le dire : Je ne possède pas assez d'argent pour construire une église. Je mets pourtant à
votre disposition cinq cents lires... Vous ensuite, il faut
vous engager à trouver des associés qui vous verseront un sou par mois et vous verrez que l'église s'élèvera. Un sou par mois, n'en demandez pas plus, si
vous voulez réussir !...». Bartolo est sceptique « Vous
construirez peu à la fois, dit-il, en fonction de l'argent
récolté, sans prendre de risques. Je vous le conseille :
ne demandez pas à ces paysans un sou de plus par
mois, si vous ne voulez pas courir à la faillite. Puis se
penchant à la fenêtre, en face de la petite église en
ruine, il montre de la main droite un champ hérissé de
tiges de maïs et ensemencé de lupins, contigu à la
paroisse, et il s'exclame sur un ton qui semble prophétique : « Ici est l'endroit où doit être édifié une basilique
à Pompéi ! »
tiellement, un architecte, Antonio Cua se propose de
faire les plans et de surveiller les travaux gratuitement.
Nouvelle Pompéi - Une explosion d'oeuvres
L'oeuvre pompéienne : la basilique, les orphelins,
les fils et les filles des détenus, les asiles, les écoles...
la « Nouvelle Pompéi » et surtout ce vaste mouvement
de pratiquants du Rosaire du monde entier, a grandi
au rythme du coeur de Bartolo Longo. Il a demandé un
sou, mais il en est arrivé en fait des milliers ; et les milliers s'additionnant d'une manière vertigineuse sont
devenus millions ! Pompéi devient le « pays des
âmes », le pays des conversions.
Le tableau de Notre-Dame du Rosaire
transformé
En octobre 1879, est exposé solennellement le tableau après sa troisième restauration. Il a été réfait
selon les règles de l'art par Federico Maldarelli, qui a
su donner un visage délicat et doux à la Vierge, métamorphosant Sainte Rose en Sainte Catherine de
Sienne. Au mois de mai de la même année, Bartolo
écrit une neuvaine à la Vierge de Pompéi.
La prière et les oeuvres
Au bout de trois semaines, n'ayant pas de nouvelles Bartolo rend visite au restaurateur.
 « Croyez-moi Maître, j'aurais mis beaucoup moins
de temps si j'en avais fait un nouveau. Vous devez
prendre patience. C’est un travail difficile... Il me faut
encore trois mois ! »
Bartolo retourne à Pompéi le premier janvier 1876
avec don Gennaro Federico, ils font le tour des maisons de campagne, avec un registre sous le bras pour
inscrire les noms de ceux qui s'engagent à verser un
sou par mois pour la nouvelle église. Trois cents inscrits : trois cents sous ! C’est beaucoup pour ces pauvres paysans, mais ridicule pour l’entreprise de Bartolo.
A Pompéi, Bartolo continue sa mission. Il enseigne
aux paysans à prier, à répéter les prières qu'ils ont
oubliées ou qu'ils ont mal apprises, fait bâtir une église
pour eux. Les plus petits enfants arrivent tenus par la
main ou dans les bras de leurs mamans. Mais les plus
grands ne veulent pas entrer, et restent sur la place
pour jouer, jurer et se dévoyer. Ce sont des misérables, vêtus de lambeaux et sans chaussures : Si vous
venez me trouver le soir, leur dit Bartolo, je vous enseignerai à lire et à écrire. Et c'est ainsi qu'a débuté
l'école du soir.
Un Noël, Bartolo apporte une bonne provision de
figues cuites au four et fourrées d'amandes : le nombre
des enfants grandit et derrière les enfants, les parents :
Je ne pensais pas que des figues sèches seraient un
tel appât pour mettre en mouvement tout un peuple ! Il
en profite aussi pour faire le catéchisme aux adultes.
Les premiers miracles
Le combat
En quelques mois, les gens de Naples affluent à
Pompéi excités par les nouvelles des premières grâces
de la Madone du Rosaire : Une petite fille épileptique
guérie sans traitement, une jeune mère moribonde
ayant retrouvé une santé florissante, un prêtre atteint
du typhus et d'érysipèle guéri prodigieusement... Les
guérisons se multiplient. Bartolo est émerveillé.
Il est bien triste de constater que ce sont des prêtres et des laïcs au zèle déplacé, qui ont été les premiers à attaquer Bartolo Longo et à susciter contre lui
une honteuse campagne de presse. Bartolo se tait.
Ses relations avec la Comtesse de Fusco font le lit de
ragots : Ils habitent ensemble, mangent ensemble,
semblent être mariés et pourtant ne le sont pas. Le
vent de la calomnie se transforme en une telle tempête
que certains amis leur conseillent de se marier... Léon
XIII, au cours d'une audience accordée à Bartolo et à
la comtesse, tranche : « Vous, Maître, êtes-vous libre ?
La comtesse est-elle veuve ? Eh bien alors, tout le problème est résolu. Mariez-vous et personne ne pourra
plus rien dire ». Les noces sont célébrées dans la soirée du 1er avril 1885 par Mgr Carbonelli, vicaire général de Naples, dans sa chapelle privée. Ce mariage fait
taire les médisances pour un temps, car d’autres continuent d’inventer sur leurs rapports fraternels…/...
Un sou et la Foi
Le terrain de la basilique
Il s'agit maintenant d'acheter le terrain indiqué par
l'Evêque. On négocie avec le propriétaire, la somme
est excessive, mais l'achat est signé. La pose de la
première pierre est fixée au 8 mai 1876. Sur le champ
fraîchement acquis, couvert d'herbes et plein de sillons, une tente est plantée sous laquelle, on installe
une table, faite de deux fûts et d’une une planche couverte de draps et de morceaux d'étoffe. On en fait un
autel avec crucifix et candélabres. A la place d'honneur
est accrochée la vieille image du Rosaire, enfin retouchée au mieux par l'artiste.
Le dimanche suivant, le curé invite tout le
monde à apporter une pierre pour les fondements de
Pompéi. Les travaux débutent à l'économie. Providen-
Bibliographie :
Bartolo Longo Le bienheureux – Gennaro Auletta. Sanctuaire de Pompéi
Messages traduits du père André Althoffer
San Damiano, A l'aube du IIIe millénaire. Roland Maisonneuve. Ed
Tequi
14
Il a subit des déchainements
contre ses oeuvres.
Ce qui lui fait le
plus de mal, c'est
d'être accusé par
Léon XIII à cause
de médisances, de
ne pas être ouvertement et résolument catholique,
d'être, au contraire
ami des francmaçons,
voire
même
francmaçon lui-même,
camouflé en catholique. Bartolo se tait encore. « L'oeuvre de Pompéi
est une oeuvre de Dieu. Toi, regarde seulement Dieu.
La Madone te fera toujours triompher », lui dit son
confesseur.
Le secret de Bartolo Longo
Une pensée le tourmente depuis des années : s’occuper des enfants des détenus. Des lettres de supplication de détenus lui parviennent pour le supplier de
s'occuper de leurs enfants. Les spécialistes de criminologie affirment qu'il n'y a rien à faire pour les fils des
délinquants. En Angleterre et en Amérique, des tentatives ont eu lieu mais ont toutes échoué.
Son désir est exaucé ; en 1893, Bartolo commence
à les accueillir. Il héberge jusqu'à cinquante cinq fils
d'assassins et de délinquants. Ces enfants sont transformés en garçons exemplaires. Il aura aussi la joie de
voir réunies autour de lui les quinze premières filles de
détenus.
Le secret de Bartolo Longo est le travail et
la prière.
Le travail anoblit l'homme, la prière le sanctifie.
Mais il y a encore un autre secret : la charité. Bartolo a
compris que Marie et Marthe sont deux soeurs inséparables : A côté de la maison de la prière, il faut une
maison de charité active et du travail. Pompéi devient
le sanctuaire de la conversion.
Don de Pompéi au Vatican
En 1893, à l'occasion du jubilé épiscopal de Léon
XIII, Bartolo lègue le Sanctuaire dans son intégralité au
Saint Siège. Le Pape, par une lettre pontificale le
prend sous son autorité, laissant cependant à Bartolo
Longo son administration. Mais les ragots des médisants continuent et le doux Pie X, influencé, finit par le
considérer comme un voleur ! La Congrégation vaticane, décrète qu'à partir du 1er janvier 1905, l'administration serait séparée des oeuvres pompéiennes et
confiée aux dominicains du Sanctuaire.
Mais, le Sanctuaire et ses oeuvres sont inséparables. Nés ensemble, ils ont grandi ensemble, s'appuyant l'un sur l'autre. Unis d'une manière vitale au
4. Comme Bartolo Longo, Rosa a voulu donner toutes ses oeuvres au saint
Siège
5 . Priez , priez pour mes privilégiés,
plan spirituel et matériel, les séparer menace l’oeuvre
toute entière.
Don total de Bartolo Longo
Non sans héroïsme, Bartolo Longo se détache de
tout. Il est reçu en audience privée par le pape : Je
suis venu pour renoncer, en faveur du Saint Siège (4),
à tout ce qui a été fondé et construit à Valle de Pompéi, et à tout ce qui m'a été donné par legs et testaments. Mon unique but durant trente trois années de
travail, a été de sauver mon âme et celle de mon prochain en diffusant le Saint Rosaire et en éduquant les
fils des détenus, les orphelins de la Vierge de Pompéi
et les enfants de la Cité Pompéienne naissante. (5)
C’est une grande souffrance mais il garde l’essentiel : Tant que mon coeur battra, je continuerai à diffuser la dévotion du saint Rosaire. Personne ne se rend
compte de rien et les pèlerins ne voient pas les changements... Ils le voient toujours absorbé dans la prière,
avec un gros chapelet entre les mains, presque fasciné
devant la Madone. Il n'a pas déserté. Il a une correspondance volumineuse et reste proche de tous ceux
qui veulent lui parler ou le rencontrer.
Crépuscule du patriarche
Bartolo sait que sa fin est proche. Après les orphelines, les fils et les filles de détenus, il songe à transformer sa maison, qui est aussi celle de la comtesse, en
asile pour personnes âgées. Mais en 1924, celle-ci
meurt et ses héritiers s’empressent d’y mettre les scellés et intenter un procès. Bartolo doit quitter la maison
qui, pendant cinquante ans, a été le quartier général
des oeuvres pompéiennes. Seul et pauvre, Bartolo se
réfugie à Naples quatorze mois.
En cette année jubilaire 1925, Pie XI décide qu'on
inaugure le 24 mai, le nouveau et monumental clocher,
que l'on ouvre le 18 octobre, le nouvel hospice pour les
filles des détenus et que l'on célèbre le 13 novembre,
le cinquantenaire de l'arrivée du tableau de la Vierge
de Pompéi.
Bartolo Longo décide de revenir. A l'arrivée du train,
l'accueil est un triomphe ! La foule en délire l'accompagne et le suit, jusqu'au trône de l'auguste Reine du
Rosaire. Affaibli, il ne peut participer aux fêtes du cinquantenaire. Ce sont cinquante mille fidèles qui font
cortège à la procession triomphale de l'Image de Marie. Désormais, il ne sort plus de chez lui, allant de son
lit à son fauteuil. Début octobre, la fièvre monte. Le
docteur Giuseppe Moscati (bienheureux depuis) constate une pneumonie. Le patriarche va nous quitter. Le
lendemain, le 4 octobre au crépuscule, on lui donne
l'extrême onction. Dans la nuit, la maladie empire. On
célèbre la messe dans la pièce attenante. Au moment
de l'Elévation, Bartolo Longo expire.
L'apothéose des funérailles se déroulent le 7 octobre, fête de la Madone du Saint Rosaire. On célèbre
non pas un mort, mais un vivant ! Dans la gloire des
saints, Bartolo Longo prie sa Mère des Cieux qui est
aussi la nôtre, pour le Triomphe du Rosaire et de
l'Eglise. ■
pour mes apôtres, que tous puissent
revenir repentis, qu'ils puissent embrasser la croix et suivre leur frère Jésus en
étant saints : et toutes les âmes se sau-
Marie-Dominique Fabrikant
veront. Mais il faut la sainteté, la persévérance, l'amour,
l'humilité et la pauvreté. Tout
s'acquiert. SD 5 dec 1969
15
Les temps nouveaux sont commencés, en avant !
La Cascinotta - la Cité des Roses
C’est autour de la piéta, entourée d’un petit lac
Des milliers de foyers de renouveaux
brûlent dans le monde :
… La Cité de l'Immaculée avec le Père
Maximilien Kolbe (1894-1941), la Cité de
Schöenstatt avec le Père Kentenich (18851968), la Cité de Pompéi avec Bartolo
Longo (1841-1926), les foyers de charité
avec Marthe Robin, et tant d'autres lieux
de prières où sont attachées des oeuvres
de charité ! ...
Pour la Cité des Roses à San
Damiano, la Madone dit : La foi manque
maintenant, et on ne comprend pas la
grandeur de la Cité des Roses, qui fleurira
dans le monde entier, la Cité que Jésus veut
nous donner... Cette Cité se répandra,
pleine de joie et pleine de félicité pour le
royaume du Jésus...
La Cité des Roses est une et triple
Cette Cité a trois visages. A l'image de la
Trinité, elle est une Rose à trois coeurs, qui
n'en font qu'un. Une triple Cité une et trine :
1.
La première Cité, c'est le coeur
humain : Une cité source, parce qu'elle
s'abreuve à la source de Dieu. Le Jardinier
céleste, par ces pluies divines, veut faire de
chacun une rose de Dieu. Ainsi l'homme
doit-il laisser Dieu le transformer, forgeant
en lui le regard qu'il veut de lui et la
participation particulière qu'il attend de lui
pour les temps d'aujourd'hui.
2.
La deuxième Cité, c'est celle des
fondations de miséricorde corporelle et
spirituelle que Dieu veut voir ériger à San
Damiano même où doit s'incarner l'amour de
compassion effectif du Christ, l'humble frère
de tous. Par un coeur à coeur avec lui,
Jésus appelle chacun à devenir une âme de
compassion et à manifester ici concrètement
son amour fraternel :
La Vierge veut voir surgir à San Damiano et
aux alentours pour la gloire de Dieu et pour
la joie et la transfiguration des hommes et
femmes de ce temps. - Le centre en est le
Jardin de Paradis, lieu sacré : Jardin du
Père, du Fils, du Saint-Esprit. - La Vierge y
vient avec tous les anges et les saints pour
appeler ses enfants du monde entier et faire
de chacun un jardin de paradis... Je suis ici,
au milieu de vous, Vivante et Vraie comme
vous. SD 4 avril 1969. Elle veut un sanctuaire,
qui sera confié aux frères capucins... Marie
veut des oeuvres les plus diverses de
miséricorde corporelle et spirituelle :
maisons pour les enfants orphelins ou
abandonnés; pour les personnes agées ;
pour les vieux prêtres. Un village pour les
jeunes. Il faudra pourvoir pour tous ceux qui
sont délaissés par la société, les besogneux,
les pauvres, les marginaux... Rosa parle
également d'activités, unissant labeur et
prière. La Vierge demande un hôpital, un
centre de recherche ; un centre marial
oecuménique... des lieux de retraites
spirituelles ayant lieu tout au long de
l'année, et selon divers angles de vision ;
franciscain, bénédictin, dominicain et autres,
et aussi selon la spiritualité de la Cité des
Roses, car, disait-elle, les âmes sont si
différentes qu'il faut les approcher de
manières diverses... Il y aura tant de
vocations saintes dans la nouvelle ère ! En
ce lieu si grand se formera une grande Cité.
La Cité de l'amour, la Cité du Pardon, la Cité
de la Croix... Un centre international pour
former la grande Cité de l'Amour
3.
La troisième Cité, c'est le monde
entier. Dieu vient aujourd'hui préparer le
retour de son Fils... Il prépare une humanité
nouvelle ; une « civilisation de l'Amour ». Le
point minuscule de San Damiano est appelé
à se joindre et à s'unir à tous les points de
renouveau que Dieu suscite aux quatre
coins de la terre. La Vierge parle à ses enfants pour qu'ils entrent dans cet esprit.
Marie demande qu'on implore beaucoup le
Saint-Esprit pour entrer dans ces temps
nouveaux, car cette Cité du monde, Dieu
veut qu'elle devienne la Cité du
renouvellement de toutes choses par
l'Esprit.
Le temps du mûrissement
Notre-Dame des Roses apparaît un jour
dans le Jardin de Paradis. Rosa voit soudain
que le poirier, l'arbre de vie du jardin est
devenu une rose. Toutes les fleurs du jardin
se sont muées en petites roses. Tournant
son regard vers le prunier, Rosa voit qu'il est
aussi une rose.
Toutes ces roses pénétraient dans notre
coeur à tous. Je vis alors que la Vierge
tenait en main une rose très grande, très
haute, toute fleurie, et pleine de petits
boutons, qui ne cessaient de croître. Ces
surgeons, la Vierge les déposait dans le
coeur de ses enfants pour qu'avec son aide,
ils éclosent. Ces bourgeons sont le sceau
que la Madone met dans chaque coeur. Elle
attend qu'ils fleurissent. Alors la Cité des
Roses surgira ».
(R. Vignali C245-p166) - RM. IIIe mil. ■
Fin de la Supplique à Notre-Dame de Pompéi :
Ô Rosaire béni de Marie,
douce Chaîne qui nous relie à Dieu,
lien d'amour qui nous unit aux Anges,
tour de salut contre les assauts de l'enfer,
port sûr dans un naufrage général,
nous ne vous lâcherons jamais plus.
Vous serez notre réconfort au moment de l'agonie,
à vous le dernier baiser de la vie qui s'éteint.
Et le dernier mot sur nos lèvres sera votre nom très doux,
Ô Reine du Rosaire de Pompéi,
ô Mère très chère,
ô Refuge des pécheurs,
ô Souveraine Consolatrice des affligés." *
*******
* Après sa guérison instantanée, Rosa a fait un voyage à San Giovanni Rotondo. Sur le parvis de l'église, la Très Sainte Vierge s'est présentée à elle sous ce
vocable : « Je suis la Mère de la Consolation et des affligés ».
Notre-Dame de la Consolation
Vierge à l’Enfant dans l’église de San Damiano
16
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