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Chapitre 6 - Collège Gustave Courbet

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Chapitre 6
Ce matin, en me levant, je me gratte les mains. Je les passe à l'eau froide avant de prendre
mon petit-déjeuner. Mais ça ne suffit pas, elles me démangent toujours autant. Je remonte dans la
salle de bain, je mets de la pommade hydratante, mes mains restent toutes rouges mais ça a
calmé les démangeaisons.
Il est 9h 30, je n'ai pas cours ce matin car la prof de français n'est pas là. J'ai donc du
temps devant moi pour continuer mon enquête et retourner au musée. Mes parents sont déjà au
travail, je vais pouvoir y aller tranquillement sans devoir encore mentir à propos d'un soi-disant
exposé.
Je me prépare rapidement, je prends dans mon sac à dos mon téléphone, le plan avec les
inscriptions et la petite carte du musée. Allons-y.
A l'accueil du musée, je présente mon Pass'Culture mais l'hôtesse d'accueil me dit que
c'est gratuit pour les écoliers, les collégiens et les lycéens. Elle se souvient de moi, je lui dis que
j'ai bien aimé la visite de la veille et que je profite de l'absence d'un prof pour revenir voir des
tableaux qui m'ont plu. Comme je suis arrivé à l'ouverture du musée, les salles sont encore
désertes. Je vais en profiter pour retourner explorer les toilettes réservées au personnel sans que
personne ne me voie.
Je vais dans la salle 3 sans avoir l'air pressé et je me glisse rapidement dans les toilettes.
J'examine plus attentivement les lieux, je remarque qu'il y a encore d'autres morceaux jaunes au
sol, près de la cuvette des toilettes. D'où ça peut bien venir, ces morceaux jaunes ? Je regarde à
nouveau tout autour de moi, y compris dans la poubelle des toilettes, qui est vide. Il n'y a des
morceaux qu'auprès des toilettes. C'est forcément là qu'il s'est passé quelque chose. Je regarde
les murs puis le plafond à la recherche d'une trace.
Tiens, une plaque du faux plafond n'est pas bien mise. Il faut que je voie ça de plus près.
Je monte sur la cuvette des toilettes, je réussis à défaire la plaque du faux plafond. Je la pose sur
le réservoir de la chasse d'eau. Je me mets sur la pointe de pieds pour jeter un coup d’œil en haut.
Je vois une espèce de mousse jaune qui est toute aplatie sur un mètre carré environ. Je reprends
la plaque et je la remets dans le faux plafond ; ce n'est pas facile mais j'y parviens. En refermant
l'ouverture, j'entends quelque chose tomber sur le sol. Je descends de mon perchoir et je cherche
l'objet qui a fait du bruit en tombant. Je ne vois rien auprès de la cuvette des toilettes mais en
ouvrant la porte, je vois un bouton noir. C'est ce que j'ai dû entendre tomber. Il n'était pas là que je
suis entré dans les toilettes tout à l'heure. Je le récupère, le glisse dans ma poche. Il est temps
que je ressorte de ces toilettes pour faire un tour dans le musée, sinon quelqu'un risque de trouver
ça étrange.
J'ai fait le tour des salles pendant une bonne demi-heure, il n'y a pas grand monde, on est
mardi matin, la plupart des gens travaillent. En repartant, je croise un homme en costume noir,
comme un uniforme de travail. Je m'approche de lui, il porte un badge avec son nom.
- Bonjour, excusez-moi de vous déranger. Vous êtes bien le gardien de jour ?
- Oui, c'est bien moi. Que puis-je faire pour toi ?
- En fait, je voudrais m'excuser, je croyais que j'avais perdu mon portable dans le musée,
mais je l'ai retrouvé chez moi. Je suis désolé d'avoir dérangé votre collègue hier soir.
- Ne t'en fais pas, ce n'est pas grave, ça ne nous dérange pas d'aider les gens. Je dirai à
Jérémy – c'est mon collègue – que tu as retrouvé ton portable.
Je le remercie en lui serrant la main ; je remarque les boutons sur la manche de son
costume : ce sont les mêmes que celui que je viens de trouver dans les toilettes du personnel !
Après cette découverte, je rentre rapidement chez moi. Il faut que je déjeune avant d'aller au
collège. Mon cerveau est en ébullition, je sens que j'approche du but.
L'après-midi, au collège, je passe mon temps à me gratter les mains : elles me démangent
de plus en plus. Je finis par aller à l'infirmerie ; l'infirmière me met de la pommade. Elle me dit que
c'est sûrement une allergie.
En rentrant du collège, je prends mon goûter et je file dans ma chambre : on a une tonne
de devoirs ! Je n'ai pas le temps de penser à mon enquête. Lorsque mon père m'appelle pour le
repas, je viens de finir mes exercices de maths. Avant de descendre, je vais dans la salle de bains
me passer les mains à l'eau froide et remettre de la pommade hydratante.
À table, mes parents commencent par me demander comment s'est passé ma journée.
- Dis donc, Florian, as-tu vu l'état de tes mains ?
- Oui, je sais, maman, j'ai mis de la pommade. Et même, au collège, je suis allé à
l'infirmerie ; l'infirmière m'a mis de la pommade et elle m'a dit que c'était sûrement une allergie.
- Si ça continue, on ira chez le médecin demain. Depuis quand as-tu ça ? T'as touché
quelque chose en particulier ?
- Je ne sais pas trop...depuis hier soir, je crois. Mais je ne vois pas ce que j'ai pu toucher
qui m'aurait fait ça, réfléchis-je à voix haute.
- Ça fait comme moi quand j'ai refait l'isolation du grenier avec la laine de verre, l'été
dernier, ça va passer. Tu as dû toucher quelque chose d'irritant, conclut mon père.
- Ah, ça doit être les morceaux de mousse jaune qui traînaient dans les toilettes du musée,
je les ai ramassés sans réfléchir pour les mettre à la poubelle, mens-je.
Une idée me traverse l'esprit : le gardien de nuit se grattait les mains lui aussi ! Je suis
impatient de vérifier mon hypothèse. Dès que le dîner est fini, je monte dans ma chambre. Je
ressors les indices de mon sac à dos et de ma poche : le plan avec les inscriptions, la carte de
visite du musée et le bouton noir. Mes soupçons vont-ils se confirmer ? J'examine le plan et la
carte de visite : c'est la même écriture ! Le bouton doit être celui de la manche du gardien de nuit,
il lui en manquait un, hier soir.
Surexcité par ma découverte, j'ai du mal à m'endormir.
Ai-je trouvé le voleur que la police cherche depuis plus de trente-six heures ?
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