close

Se connecter

Se connecter avec OpenID

brouillon - Bouger les lignes

IntégréTéléchargement
COUPOLE
« Démocratie et Diversité culturelles »
Synthèse intermédiaire | Juin 2016
Bouger les Lignes est une initiative de la
BR
OU
N
O
L
IL
Ministre de la Culture, réalisée en collaboration
avec l’Observatoire des Politiques culturelles et
l’Administration Générale de la Culture, avec le
soutien de PointCulture.
TABLE DES MATIERES
PRESENTATION DE « BOUGER LES LIGNES »
4
LA COMPOSITION DE LA COUPOLE
4
LE CAHIER DES CHARGES
5
Les enfants, public prioritaire
5
Faire réussir la diversité dans la culture
5
Une nouvelle politique de démocratisation
CE QU’EN DIT LA DECLARATION DE POLITIQUE COMMUNAUTAIRE
Enseignement supérieur
Renforcer la création et la formation artistique dans l’enseignement supérieur
Egalité
5
7
7
7
7
Lutter contre tous les stéréotypes et les préjugés
8
Promouvoir les droits des femmes et l’égalité entre les sexes
8
Renforcer le vivre ensemble
9
Renforcer l’inclusion des personnes handicapées
9
Permettre à chacun de vivre son orientation sexuelle et son identité de genre
9
de manière épanouie
Renforcer l’accès à la culture
10
Accès de la culture à l’école
10
Accès à la culture pour tous les publics
11
CE QU’EN DIT LA NOTE D’ORIENTATION DE LA COUPOLE
12
LA METHODOLOGIE
13
L’AGENDA DE LA COUPOLE
14
LES THEMATIQUES
14
LES RECOMMANDATIONS
17
1er sujet| Accessibilité culturelle
17
L’accessibilité en termes de mobilité
17
L’accessibilité en termes financiers
18
L’accessibilité en termes de communication
19
ON
L
L
UI
O
R
B
2
2e sujet | Médiation culturelle
20
Confirmer et renforcer les outils de la médiation
20
Reconnaître et déployer le rôle de la médiation culturelle
21
Créer des espaces de rencontres, des plateformes de mutualisation
21
Concerter des politiques culturelles transversales
22
3e sujet | Diversité des institutions
23
Décloisonner les lieux
23
Décloisonner les équipes
23
Décloisonner la programmation
24
Décloisonner la communication
25
4e sujet | Diversité des publics
26
Toucher des populations diversifiées
27
Faire en sorte que des citoyens différents se rencontrent dans les lieux
27
et les programmes culturels (mixité sociale active et effective)
Inciter les populations à s’impliquer et à participer à l’élaboration du
28
programme et du lieu
7 AXES PRIORITAIRES EN GUISE DE CONCLUSION
30
Gouvernance
30
Budgets
31
Gestion et respect du temps
31
Formation
31
Transversalité
32
Interfaces collaboratives physiques et numériques
33
Décentralisation
33
ON
L
L
UI
O
R
B
3
PRESENTATION DE « BOUGER LES LIGNES »
Lien vers le site Tracer nos politiques culturelles, la plaquette de présentation et le
montage vidéo réalisé par PointCulture :
http://www.tracernospolitiquesculturelles.be/bouger-les-lignes/
LA COMPOSITION DE LA COUPOLE
La coupole est coprésidée par :
Elle rassemble en outre :
- B. Boon Falleur (Flagey)
Laurence Adam
- I. Gillard (FPCEC)
Article27#Bxl
- S. Colasse (CDWEJ)
- M. Polackova (Plasticienne)
Pierre Hemptinne
- C. Schumacher (CREAHM)
PointCulture
- V. Delvaux (CIEP)
- C. Remmery (Bibliothèque de Mouscron)
Matteo Segers
- S. Alexandre (Réseau des Arts à Bruxelles)
ACC
- J. Youssfi (Cie les Nouveaux Disparus)
- A.-M. Andrusyszyn (Lire et écrire)
- B. Vrancken (CC Le Fourquet)
Ensemble, ils coordonnent les réflexions et l’animation des ateliers. Ils veillent en outre au respect des
échéances et de la méthodologie participative.
La coupole est soutenue par l’Administration Générale de la Culture (AGC) et par l’Observatoire des
Politiques Culturelles (OPC).
Le référent Cabinet de cette coupole est Quentin Hayois.
La coordination générale de Bouger les Lignes est assurée par Mélanie De Groote.
ON
L
L
UI
O
BR
BLL | Coupole Démocratie et Diversité culturelles
4
LE CAHIER DES CHARGES
Extrait du discours inaugural (19 janvier 2015, Théâtre National)
Les enfants, public prioritaire
Focus sur :
- Le Théâtre jeune public.
- La création et la diffusion dans le domaine de la chanson et de la musique jeune public.
Faire réussir la diversité dans la culture
Notre politique culturelle s’adresse à tous nos citoyens et doit être adaptée à leurs attentes, besoins,
envies. Une Charte de la diversité pourrait être discutée pour répondre à cette problématique. Notre
espace francophone est traversé par des publics métissés. C’est particulièrement le cas pour Bruxelles
qui est une ville plurielle, mais la diversité n’a pas encore suffisamment traversé les pratiques et les
politiques culturelles. Elle n’est pas assez présente, ni dans les publics visés par nos politiques ni au
sein des opérateurs ou acteurs, malgré un foisonnement de talents et un intérêt du public.
Bien souvent, nous concevons nos projets culturels pour/et par des groupes spécifiques alors que la
réussite ne se fera qu’à travers le dialogue et la mixité. C’est bien la différence entre la multiculturalité,
qui signifie une addition de politiques monoculturelles, et l’interculturalité, qui implique la mixité.
Nous devrons donc établir un cadre qui encourage l’interculturalité au sein des programmations et
des équipes culturelles, déployer des nouvelles politiques d’attractivité des publics, valoriser les
nouveaux talents et nouvelles expressions artistiques, ceux du hip-hop, du rap, du slam et des arts
urbains.
Une nouvelle politique de démocratisation
Penser au développement de l’offre culturelle, c’est également penser à celles et ceux qui rencontrent
des difficultés pour participer à la vie culturelle ou qui ont l’impression que celle-ci ne leur est pas
destinée. L’Eurobaromètre Culture 2014 indique que 47% des Belges manquent d’intérêt pour la
culture et 25% disent manquer de temps pour la visite d’un musée ou pour se rendre dans une
bibliothèque. À titre d’exemple, d’autres études indiquent également qu’un tiers des citoyens n’est tout
simplement pas au courant de cette offre et un quart d’entre eux ne pratique aucune activité
culturelle.
Les différentes politiques qui ont été menées jusqu’ici pour que la culture s’ouvre à tous ont souvent
donné des résultats mitigés. Et de nombreuses questions nouvelles se posent.
ON
L
L
UI
O
BR
BLL | Coupole Démocratie et Diversité culturelles
5
Alors, comment réussir un nouvel élan de participation en tirant opportunité des changements
actuels ? Comment échapper au risque d’une culture qui ne serait réservée qu’à une partie seulement
de la société ?
Beaucoup d’acteurs culturels jettent d’ores et déjà des ponts importants entre la population et les
offres culturelles de qualité. Ces actions méritent d’être encouragées ainsi que les « bonnes
pratiques » mieux identifiées et plus systématiquement partagées.
Les premières réflexions conduiront la coupole vers les obstacles les plus importants :
- Le manque de temps des usagers implique une réflexion sur la personnalisation des services et les
heures d’ouverture et de prestations des lieux culturels.
- Le sentiment de manque d’intérêt implique des efforts d’information et de soutien à une plus large
diversité des créations.
- La question des prix doit être revue avec les opérateurs pour viser des publics précis, notamment les
jeunes de moins de 25 ans et les publics précarisés. A cet égard, l’article 27 de la Déclaration
Universelle des Droits de l’Homme, qui guide depuis plus de dix ans l’action de l’association du même
nom (article 27), doit plus que jamais, mobiliser nos forces et se déployer avec notamment l’octroi
d’une carte inspirée de « paspartoe » mise en place par la Vlaamse Gemeenschapscommissie qui
octroie des avantages pour un ensemble d’activités culturelles.
- Nous devons par ailleurs renforcer le rôle de médiation et d’ancrage social des institutions via la
formation des acteurs culturels à cette médiation, à l’instar de ce que réalise déjà PointCulture et la
systématisation dans les conventions avec les opérateurs de cette recherche de lien avec tous les
publics sur la base d’une stratégie de médiation, y compris une évaluation qualitative des résultats
obtenus, visant les publics prioritaires car telle est leur principale responsabilité.
- Au-delà des publics fragilisés, les réflexions s’orienteront également vers les seniors qui sont de plus
en plus et de plus en plus tard des utilisateurs de culture, vers les jeunes pour lesquels des Pass
Jeunes pourraient être imaginés, vers les personnes en situation de handicap pour lesquelles une
politique transversale est nécessaire…
ON
L
L
UI
O
R
B
BLL | Coupole Démocratie et Diversité culturelles
6
CE QU’EN DIT LA DECLARATION DE POLITIQUE
COMMUNAUTAIRE
La DPC est le document qui reprend les différents engagements du Gouvernement de la Fédération WallonieBruxelles en début de législature. Ce document est la ligne directrice des initiatives qui seront prises par les
différents ministres dans le courant de cette législature (2014-2019) et qui ont déjà fait l’objet de négociations
et d’accords :
ENSEIGNEMENT SUPERIEUR
1
Renforcer la création et la formation artistique dans l’enseignement supérieur
L’enseignement supérieur artistique est à l’aube d’une nouvelle évolution au sein des pôles académiques et
de l’ARES. Le Gouvernement veut saisir cette opportunité pour :
- rapprocher l’organisation et le statut de l’enseignement supérieur artistique avec celui des autres
établissements, tout en préservant les spécificités de cet enseignement ;
- renforcer les partenariats avec des opérateurs culturels, ainsi qu’avec l’enseignement
secondaire artistique à horaire réduit ;
- ouvrir des collaborations des écoles supérieures artistiques avec le monde de l’innovation et de
l’entreprise.
Dans le cadre de la réforme du financement, le gouvernement veillera à objectiver les mécanismes de
dotations et de subventions, en tenant compte de la spécificité des domaines, en ce compris l’octroi de
fonctions logistiques nécessaires à la pratique de l’enseignement artistique.
EGALITE
2
Déterminé à concrétiser les engagements contenus dans les instruments internationaux, le Gouvernement
mènera une politique transversale active pour que tous les citoyens exercent leurs droits et construisent le
vivre ensemble dans le respect de chacun. Tous ont une place dans la société, participent à la cohésion
sociale, quel que soit leur sexe, leur origine, leur nationalité, leur orientation sexuelle, leur handicap, leur
croyance philosophique ou religieuse, leur identité de genre, etc. Le Gouvernement veillera à introduire la
dimension de l’égalité dans tous les domaines relevant de ses compétences. A cette fin, il adoptera un plan de
promotion de l’égalité précisant le programme gouvernemental en matière de prévention et de lutte contre
les discriminations. L’acquisition d’un esprit critique et la déconstruction des stéréotypes à caractère sexiste,
raciste et/ou homophobe se travaillent au travers de différentes politiques de la Fédération WallonieBruxelles et en particulier via l’école. Les séries télévisées, les publicités, mais aussi les livres pour enfants ou
les manuels scolaires peuvent continuer à perpétuer, consciemment ou non, des stéréotypes qui confortent
le rapport de domination. Or, les stéréotypes ne sont pas innocents. Ils peuvent mener à des phénomènes de
ségrégations et de discriminations.
1 www.federation-wallonie-bruxelles.be/index.php?id=dpc2014-2019 (p.31) | 2 www.federation-wallonie-bruxelles.be/index.php?id=dpc2014-2019 (pp.48-50)
ON
L
L
UI
O
R
B
BLL | Coupole Démocratie et Diversité culturelles
7
Lutter contre tous les stéréotypes et les préjugés
Le Gouvernement souhaite mieux outiller les acteurs de l’enseignement et l’ensemble du monde associatif à
la gestion de l’égalité, des différences et de l’interculturalité et les inciter à développer des projets de
promotion de l’égalité. Le Gouvernement propose de :
- promouvoir la généralisation d’une éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle dès l’enseignement
fondamental, en partenariat avec des acteurs extérieurs à l’école ;
- poursuivre l’inclusion dans l’offre de formation initiale et continue des enseignants des modules portant sur
les questions de genre, la promotion de l’interculturalité et la gestion de la diversité culturelle ;
- promouvoir la réalisation et l’utilisation d’outils pédagogiques appuyant la démarche de dialogue
interculturel et interconvictionnel entre cultures, religions et convictions philosophiques ;
- veiller à l’utilisation de manuels scolaires dépourvus de stéréotypes liés au genre, à l’origine et à l’orientation
sexuelle ;
- développer et mieux intégrer dans la vie scolaire les projets portant sur l’histoire et l’actualité du racisme, de
l’antisémitisme et de la xénophobie ;
- soutenir des actions de sensibilisation sur les stéréotypes et les préjugés au sein de chaque secteur de la
Fédération Wallonie-Bruxelles (jeunesse, enseignement, sport, médias, etc.).
En outre, le Gouvernement entend poursuivre la mise en place du baromètre de la diversité et de l’égalité du
Conseil supérieur de l’audiovisuel et le panorama des bonnes pratiques pour l'égalité, la diversité et la lutte
contre les stéréotypes et les préjugés dans les médias audiovisuels de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Il
encouragera aussi l’égalité, la diversité et la lutte contre les stéréotypes et préjugés par le biais de l’éducation
aux médias.
Promouvoir les droits des femmes et l’égalité entre les sexes
L’égalité entre les femmes et les hommes constitue un enjeu de société et démocratique essentiel. Pour y
répondre, le Gouvernement propose de :
- implanter le gendermainstreaming qui consiste à examiner systématiquement et a priori l’impact de ses
décisions sur l’égalité des femmes et des hommes ;
- continuer à développer des plans de promotion de l’égalité et de la diversité propres à la fonction publique,
notamment dans l’objectif d’une participation équilibrée au sein des plus hauts postes de l’administration ;
- lutter contre les temps partiels non choisis, par exemple en développant des solutions permettant
d’améliorer l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle (création de places d’accueil de la petite enfance,
gardemalades, accueil extrascolaire, etc.) ;
- sensibiliser les élèves aux stéréotypes de genre associés aux filières d’études, aux métiers, aux statuts
professionnels ou leur impact sur l’orientation scolaire ;
- encourager la participation des femmes et/ou des hommes au sein des secteurs d’activités où elles/ils sont
sous- représenté(e)s ;
ON
L
L
UI
O
R
B
BLL | Coupole Démocratie et Diversité culturelles
8
- encourager des plans de promotion de l’égalité et un dispositif promouvant une représentation équilibrée
des femmes et des hommes dans les organes de gestion et de décision au sein des établissements
d’enseignement supérieur ;
- sensibiliser et responsabiliser l’ensemble des acteurs concernés en matière d’hypersexualisation des enfants
qui renforcent les stéréotypes. Le Gouvernement entend également faire de la lutte contre tous les types de
violences envers les femmes une priorité, et participera activement au plan national initié à cet effet par
l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes. Il entend mettre en œuvre, dans le cadre de ses
compétences, la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des
femmes et de la violence domestique, en s’appuyant sur l’expertise du tissu associatif et des acteurs de
terrain. Plus particulièrement, le Gouvernement s’attachera à développer des projets de sensibilisation et de
prévention à l’égard des jeunes.
Renforcer le vivre ensemble
C’est avec la plus grande détermination que le Gouvernement mènera une politique de lutte contre toutes les
formes de racisme. Il prendra des initiatives et participera activement à celles prises par le Centre interfédéral
pour l’égalité des chances et par les autres niveaux de pouvoir en faveur de l’éradication des préjugés
racistes, antisémites et xénophobes, dans tous les secteurs. Une attention particulière sera apportée dans ce
cadre aux actions de sensibilisation et aux mesures de prévention des discours racistes et d’incitation à la
haine et à la violence, en particulier sur internet, dans les forums et sur les réseaux sociaux. Le
Gouvernement entend également encourager les acteurs de terrain à développer des initiatives tendant à
déconstruire des préjugés racistes, antisémites et xénophobes et à promouvoir une démarche interculturelle
fondée sur le respect des règles communes et de l’identité de chacun. Faisant suite à la sixième réforme de
l’Etat, qui prévoit la suppression du fonds d'impulsion à la politique des immigrés (FIPI) et le transfert partiel
des moyens aux entités fédérées, le Gouvernement proposera la mise en place d’un dispositif simplifié, en
concertation avec les secteurs et acteurs concernés (jeunesse, éducation permanente, etc.), en soutien à des
projets favorisant la citoyenneté active, la promotion de la démarche interculturelle et le travail culturel
d’appropriation de la langue française. Le Gouvernement entend également adopter des plans de promotion
de l’égalité et de la diversité dans la fonction publique dans le but notamment de lutter contre les
discriminations sur le marché du travail.
Renforcer l’inclusion des personnes handicapées
Pour ce qui est des compétences de la Fédération, cette question est abordée dans les chapitres relatifs à
l’enseignement, la culture et le sport. Le Gouvernement veillera, en concertation avec les Régions, à
centraliser les informations et à orienter adéquatement les personnes porteuses de handicap vers les
services relevant des compétences de la Fédération.
Permettre à chacun de vivre son orientation sexuelle et son identité de genre de manière épanouie
Dans une société démocratique respectueuse, chaque personne doit pouvoir vivre son orientation sexuelle et
son identité de genre de façon épanouie sans devoir subir de discrimination ou de limitation dans la
jouissance de ses droits.
ON
L
L
UI
O
R
B
BLL | Coupole Démocratie et Diversité culturelles
9
Dans ce cadre, le Gouvernement entend :
- mener des campagnes d’information et de sensibilisation destinées à promouvoir l’égalité des LGBT en
collaboration avec le Centre interfédéral pour l’égalité des chances et le secteur associatif dans toutes les
matières relevant de sa compétence, notamment dans les écoles ;
- encourager l’organisation de formations sur le respect des diversités sexuelles à destination de l’ensemble
des acteurs scolaires ;
- prendre en compte la spécificité des personnes transgenres et supprimer les discriminations spécifiques qui
subsistent à leur encontre (par exemple la validité du diplôme).
RENFORCER L’ACCES A LA CULTURE
3
Accès de la culture à l’école
Chaque citoyen, chaque élève doit pouvoir avoir accès à la culture et acquérir une capacité d’expression
artistique. Pour lever les obstacles (niveau d’étude, appartenance sociale, handicap, âge, conditions
économiques, etc.) qui freinent l’accessibilité culturelle, le Gouvernement souhaite repenser de manière
générale le lien entre la culture et l’école et, en particulier, évaluer l’actuel dispositif « culture/école », le
programme « spectacle à l’école » et leur impact auprès des publics scolaires concernés (tant en ce qui
concerne les dispositifs légaux que leur exécution).
Dans le cadre de cette politique, il convient de :
- procéder à une évaluation des mécanismes existants et de leur impact auprès des publics scolaires
concernés (tant en ce qui concerne les dispositifs légaux que leur exécution) ;
- encourager les synergies entre les établissements scolaires et le monde culturel (musées, bibliothèques,
centres culturels, artistes, académies, etc.) afin d’offrir à chaque l’élève un accès à la culture et aux différentes
formes de la création via par exemple le développement de « résidences artistes » dans les écoles ;
- renforcer la promotion d’une offre culturelle adaptée mais aussi des mesures d’accessibilité telles que la
gratuité des musées le premier dimanche du mois et développer des outils pédagogiques pour accompagner
les établissements scolaires et les enseignants dans l’éducation artistique et culturelle ;
- intégrer une dimension éducative, pédagogique et scolaire par tout opérateur culturel reconnu en
Fédération Wallonie-Bruxelles (programmation spécifique, tarifs, support pédagogique, etc.) ;
- encourager de manière systématique les collaborations entre académies, écoles et opérateurs culturels ;
- développer des programmes de formation des artistes, opérateurs culturels et professionnels de la culture
aux démarches pédagogiques ainsi que des programmes de formation à l’éducation artistique et culturelle
des enseignants et futurs enseignants.
3 www.federation-wallonie-bruxelles.be/index.php?id=dpc2014-2019 (pp.53-54)
ON
L
L
UI
O
R
B
BLL | Coupole Démocratie et Diversité culturelles
10
Accès de la culture pour tous les publics
En termes d’accès à la culture de l’ensemble des publics, le Gouvernement souhaite mettre en œuvre les
mesures suivantes :
- valoriser et soutenir les pratiques artistiques en amateur ;
- évaluer et le cas échéant adapter les dispositifs visant à favoriser l’accès à l’offre culturelle
(article 27, etc.) ;
- maintenir et cibler les politiques de tarifs réduits envers les publics (ressourcesfinancières limitées, familles,
etc.) ;
- favoriser les collaborations entre opérateurs culturels et acteurs sociaux en matière de médiation culturelle ;
- valoriser et renforcer l’éducation permanente comme pilier sociétal en poursuivant avec attention la
politique mise en œuvre en matière d’éducation permanente et en menant uneflexion
ré
dans le courant de la
législature visant à évaluer l’adéquation des politiques en place avec les besoins du secteur ;
- soutenir les mécanismes utiles et facilitant l’accèsffreà culturelle
l’o
pour les personnes souffrant d’un
handicap ;
- favoriser une concertation transversale et structurelle entre tous les secteurs concernés par le
livre et l’édition (enseignement, petite enfance, alphabétisation, nouvelles technologies, culture).
N
O
L
UIL
O
BR
BLL | Coupole Démocratie et Diversité culturelles
11
CE QU’EN DIT LA NOTE D’ORIENTATION DE LA COUPOLE
Il faut replacer la question de la démocratie culturelle dans la tension croissante entre politique culturelle
publique et industrie culturelle de loisir. Dans ce contexte, il est utile de rappeler que l’enjeu de la
démocratie culturelle est de contribuer au développement d'une société progressiste la plus ouverte
possible, via l’épanouissement individuel et collectif, en favorisant l’émergence de modèles culturels
respectueux des peuples et de l’environnement. Le tout, dans une volonté de diversité, de complémentarité
et d’accessibilité. Cela concerne tous les champs de la politique, du local à l’international : orientations
économiques, programmes d’éducation et de formation…
Une part importante des populations de nos sociétés, et en général de la planète, doit faire face
quotidiennement à des obstacles économiques, sociaux, culturels, symboliques… pour assurer sa survie.
A ces conditions de vies contraignantes viennent s’ajouter des obstacles spécifiques quand il s’agit d’aborder
le droit à la culture. Les obstacles peuvent être liés aux coûts et aux codes d’accès aux œuvres, ainsi qu’à la
reconnaissance des productions culturelles (selon qu’elles soient créées par des amateurs ou des
professionnels, légitimées ici ou là)…
L’application des droits culturels est pourtant une condition fondamentale pour garantir l’émancipation
d’une société juste et égalitaire. En garantissant à chacun le droit d’être acteur de culture, d’être reconnu et
légitimé dans sa production de culture, on ouvre un champ de combat contre les inégalités.
Nous identifions un double mouvement pour contrer l’exclusion culturelle :
• permettre à tous les citoyens de se prévaloir de leur sensibilité, de leur richesse créative, de leur
jugement critique, de tisser des fils vers l’extérieur ;
• favoriser un environnement juste et solidaire, ouvert à chacun dans sa singularité et qui reconnaît
les différentes cultures, les prend en compte, leur donne une place, qui facilite l’échange et le partage
plutôt que leur « intégration », leur « assimilation ».
Il faut faire émerger l’expression de toutes/tous, leur permettre de tisser des liens avec l’espace commun et
de contribuer à sa transformation. Notre conception de l’action culturelle, des espaces et des institutions
culturelles, de la gestion des actions culturelles, de la formation des professionnels de la culture doit
absolument s’inscrire dans ce cadre sous peine de contribuer à la perpétuation d’une société qui clive les
cultivés, les détenteurs du savoir, et les autres qui doivent encore apprivoiser les matières culturelles. Cette
vision de la « médiation culturelle » au cœur de notre société est très large et pas à destination exclusive
(du haut vers le bas).
Le paysage culturel francophone est habité par un maillage dense d’opérateurs dont la question de la
médiation est ancrée dans l’action quotidienne. Sur base des expériences des professionnels du secteur,
nous devons actualiser, reformuler et renforcer les pratiques par la création de liens actifs entre opérateurs,
sans pour autant recommencer ce qui a déjà été fait. Notre conception du champ de la culture ne se limite
pas aux professionnels. La place du citoyen est au cœur de toutes nos réflexions.
ON
L
L
UI
O
BR
BLL | Coupole Démocratie et Diversité culturelles
12
LA METHODOLOGIE
La mission principale de la coupole est de mettre en place un processus consultatif destiné à formaliser des
recommandations concrètes et pragmatiques en vue de simplifier le cadre des politiques culturelles de la
FWB, pour le rendre visible, plus compréhensible et permettre de meilleures procédures.
L’horizon à atteindre n’est pas forcément celui du consensus, mais de l’expression d’orientations collectives
fussent-elles divergentes.
Des ateliers de travail :
Chaque axe de travail fait l’objet d’une réflexion spécifique en atelier. Le cas échéant, des groupes de travail
ont abordé une question technique. Les différents ateliers étaient encadrés par deux membres de la coupole.
Ils incarnent une réalité du terrain et nourrissent les réflexions, tout en faisant preuve de neutralité et de
volonté d’ascendance dans les débats. Ils avaient la possibilité d’associer un artiste, un chercheur ou un
acteur de terrain pouvant exposer un témoignage éclairant sur les thèmes mis en discussion.
Une dynamique qui tire le meilleur de l’intelligence collective :
Pour mettre en débat chaque axe, la coupole s’est appuyée sur un intervenant externe chargé de l’animation
des ateliers avec une méthodologie de mise en débat commune. Son rôle était de garantir un suivi régulier
des différentes étapes, collaborer activement aux travaux de la coupole, s’assurer que les débats sont nourris
et bien menés…
Outre les réflexions préparatoires de la coupole, chaque atelier s’est structuré autour de trois temps :
1
2
La phase des constats
Les premières rencontres publiques ont permis aux participants de partager leurs constats et
d’amorcer la pompe des recommandations concrètes.
La phase de réflexion
C’est le moment de mise en débat des idées, de la consultation directe, du partage d’opinions.
L’animateur a guidé les rencontres selon des cahiers des charges établis par la coupole.
Les réflexions devaient mener à des recommandations précises pour permettre à la Ministre de poser
rapidement des actes concrets et des mesures rationnelles et pragmatiques.
3
La phase de construction
Une première synthèse des réflexions réunissant des recommandations a été composée à la suite des
rencontres. La coupole a ainsi permis aux participants de confronter les outils et/ou les mesures
concrètes suggérés en ateliers. Le rapport intermédiaire est donc un document à amender pour
aboutir au rapport de conclusions générales reprenant l’ensemble des mesures validées par les
secteurs artistiques, culturels et créatifs et qui sera remis à la Ministre en fin de processus. Une dizaine
de recommandations prioritaires sont dégagées en guise de conclusion.
ON
L
L
UI
O
R
B
BLL | Coupole Démocratie et Diversité culturelles
13
L’AGENDA DE LA COUPOLE
Février – Mars :
Conception et logistique des ateliers
Fin juin :
Rapport intermédiaire et transmission
publique
Avril > fin mai 2016 :
Juillet - septembre :
Organisation de 2 ateliers par groupe
Recueil des réactions et
de travail (4)
amendement du texte
Juin :
Rédaction et validation de la synthèse
Fin septembre :
Présentation publique de la synthèse
intermédiaire par la coupole
finale
LES THEMATIQUES
1er
SUJET
ACCESSIBILITÉ DE TOUS À TOUTES LES CULTURES
Le marchepied (coûts d’accès et mobilité)
L’accessibilité de la culture est envisagée sous l’angle physique de la liberté de déplacements (parkings,
mobilité, adaptation des lieux d’expression, infrastructures d’accueil, PMR), mais aussi dans le sens social et
éducatif (tarification, décryptage, compréhensibilité, horaires d’ouverture...). Les freins symboliques sont
traités dans les autres sujets.
Le droit d’accès à l’offre artistique passe par un accès régulier, non contextualisé à une offre diversifiée et à
prix abordable pour tous les publics, tous les citoyens qui voudraient avoir accès à une offre culturelle mais
ne le peuvent pas, faute de moyens financiers.
Nous souhaitons que la FWB fasse en sorte que chaque citoyen, dès le plus jeune âge, ait accès à une offre
culturelle variée et de qualité, à deux pas de chez lui, qu’il la connaisse et qu’il en fasse usage.
2e
SUJET
MÉDIATION CULTURELLE
Stratégie mettant en œuvre la démocratisation culturelle, la diversité culturelle et la démocratie
culturelle
La médiation culturelle est une action essentielle à l’articulation entre les citoyens et les espaces de vies
culturelles. La médiation se pratique de manières très diverses sur le territoire de la Fédération WallonieBruxelles. L’idée est ici de faire un focus sur la médiation qui « porte » le citoyen et l’inclut dans une démarche
d’éducation permanente ; une médiation qui responsabilise et qui garantit le lien entre le public, l’artiste et
l’institution.
LON
L
I
U
BRO
BLL | Coupole Démocratie et Diversité culturelles
14
La Fédération Wallonie-Bruxelles a besoin de définir et de déployer une stratégie de médiation globale,
idéalement portée par une personne en charge de la médiation culturelle dans chaque lieu culturel, dans
chaque commune.
C’est l’ensemble de la politique culturelle en FWB qui est concernée par la concrétisation d’une stratégie de
médiation culturelle. Il est nécessaire d’y consacrer du temps et des moyens. Une personne ressource dans
chaque espace-temps culturel et artistique est indispensable. Nous l’appelons ici « médiateur culturel », il
porte aussi le nom de « chargé de projet », « relation quartier », «médiateur artistique», «animateur
socioculturel »... selon les institutions et les organismes.
Son profil et ses compétences trouveront des précisions dans la charte de la médiation. Retenons qu’il est
porteur de la médiation culturelle de son institution, qu’il établit les connexions entre celle-ci, les artistes,
les organismes sociaux et les citoyens dans la déconstruction des a priori, dans la compréhension des
enjeux et des attentes de chacun, dans la construction des liens entre tous. Il cherche une harmonie entre
l’atteinte des objectifs de son institution, ceux des artistes, des citoyens et des associations. Il est porteparole de son institution auprès d’eux et vice-versa. Pour ce faire, il rassemble ses découvertes et les
restitue. Il construit des carrefours de rencontres. Il déploie son action en diversifiant son réseau.
La thématique de la diversité a été divisée en deux thématiques : diversité des institutions (sujet 3) et
diversité des publics (sujet 4).
3e
DIVERSITÉ DES INSTITUTIONS
SUJET
Le décloisonnement des institutions, des opérateurs et associations culturels
Défendre la diversité, c’est aussi, pour l’opérateur culturel, poser des choix en interne (infrastructure,
personnel, proposition d’offre ou de pratique culturelle, implication du public dans l’orientation des
programmes…), c’est encourager la mise en place de ponts et de dialogues entre tous mais aussi avec les
autres espaces institutionnels et associatifs.
4e
SUJET
DIVERSITÉ DES PUBLICS
La participation culturelle du plus grand nombre pour garantir l’action d’un maximum d’acteurs et de
citoyens
La participation culturelle est un enjeu essentiel pour soutenir la démocratie culturelle (des pratiques
culturelles soucieuses du devenir démocratique) et promouvoir la diversité culturelle. Elle amène le citoyen à
sortir de son cadre pour rencontrer l’œuvre et l’autre. Elle est un savant allié contre la peur et le repli sur soi.
Par participant à la culture on peut entendre : acteur qui procède à la rencontre et à la découverte
(expérience esthétique dans tous les sens du terme) d’une œuvre commune.
Garantir la participation culturelle est un enjeu permanent car celle-ci n’est jamais acquise et les citoyens
doivent continuellement être intéressés à l’action.
N
LO
L
I
U
BRO
BLL | Coupole Démocratie et Diversité culturelles
15
Participation citoyenne par la mise en œuvre d’expérimentations culturelles citoyennes
Inscrire le développement des projets dans la mixité sociale en travaillant à la mise en œuvre des liens plus
forts entre citoyens dont les contextes d’existence sont variés (culturellement, socialement, économiquement,
politiquement…). Ces projets pourraient dès lors favoriser les rencontres entre les organisations culturelles
(arts de la scène, bibliothèques, centres culturels, CEC, éducation permanente, ateliers d’artistes…), les
entreprises, les écoles (dont les académies), les maisons de jeunes, les syndicats, les associations sociales de
lutte contre la pauvreté… .
Poursuivre le développement et stimuler l’émergence de projets où les participants sont placés au cœur des
processus de découverte, de la définition du contenu et du déroulement, où les participants portent leurs
paroles et les expriment de manière créative, où ils ont l’occasion de créer collectivement, de devenir auteur,
d’atteindre l’espace public.
N
LO
L
I
U
BRO
BLL | Coupole Démocratie et Diversité culturelles
16
LES RECOMMANDATIONS
1
er
ACCESSIBILITÉ DE TOUS À TOUTES LES CULTURES
SUJET
L’accessibilité en termes de mobilité
- Prévoir structurellement du personnel volant dans chaque lieu culturel pour aller vers l’extérieur, vers
les publics fragilisés, plus distants et à mobilité réduite ; décentraliser une partie de la programmation
et des ateliers ; soutenir la création de structures artistiques et/ou culturelles mobiles... Le rôle de
l’institution est de décentraliser la culture.
- Déplacer les lieux culturels et l’offre culturelle vers les lieux de vie des citoyens et encourager les lieux
culturels à rester des lieux de vie et de rencontre pour tous.
- Organiser la décentralisation de l’offre culturelle (visites préalables, babysitting contre horaire du soir,
matinée scolaire élargie...).
- Soutenir les opérateurs pour qu’ils puissent investir des espaces inhabituels (privés ou publics), sortir
la culture de ses lieux traditionnels, réinvestir la rue, les villages, les quartiers isolés, les espaces de la
vie quotidienne (quais, bords de voirie...) ; identifier ces lieux et ces zones et soutenir les opérateurs
dans ce sens (= « si vous ne pouvez pas aller à la culture, la culture vient à vous »).
- Resserrer le maillage local des services pour accentuer la proximité de l’offre culturelle, y compris en
zone rurale. Soutenir et valoriser un maillage de petits lieux au sein des lieux de vie et des quartiers.
- Répertorier et renforcer les initiatives visant à promouvoir et à faciliter la pratique culturelle des
personnes handicapées.
- Sur base d’un diagnotic des lieux culturels (pris en charge par la FWB) et dans le respect des
législations fédérale et européenne en la matière, améliorer l’accueil des PMR en :
• distinguant les mesures et aménagements obligatoires (subsidiés) /
indispensables /recommandables et raisonnables.
• formant les équipes à l’accueil PMR.
- Introduire les outils numériques dans les espaces culturels pour en optimaliser l’accès : tables et
visites tactiles, audiodescriptions, traductions en langue des signes, impression 3D d’œuvres d’art,
d’objets anciens ou de maquettes…
- Créer une plateforme numérique commune reprenant les possibilités d’accès des lieux des services
de mobilité et en en faisant la promotion. Concerter et impliquer les ministres de la mobilité et du
tourisme.
N
BROUILLO
BLL | Coupole Démocratie et Diversité culturelles
17
- Nouer des accords de coopération avec les communes, les régions, le Fédéral et les sociétés de
transports publics pour élaborer une offre de transports publics en adéquation avec l’offre culturelle
(Tourisme-Culture-Mobilité et inversement) ; forcer une prise de conscience réciproque pour
coordonner davantage les moyens de transports publics avec les activités culturelles sur un territoire
donné ; diffuser des informations coordonnées.
• Prendre en charge l’ouverture de lignes de bus exceptionnelles, dans les milieux ruraux et lors
d’événements culturels particuliers (cf. Noctambus).
1
er
SUJET
• Permettre à tous les réseaux de l’enseignement de bénéficier de moyens de transports gratuits
à des fins culturelles.
• Promouvoir et favoriser le développement des services de taxis collectifs aussi aux personnes
qui n’ont pas un abonnement régulier : voir TaxiTec, le service taxis du TEC, et Collecto, les taxis
collectifs de la Stib.
• Elargir le principe des tickets B-Excursions à l’offre culturelle permanente.
- Permettre la (re)transmission de certains projets artistiques et culturels via les télévisions publiques,
les télévisions locales, les webTV et les radios numériques, par exemple. Cette possibilité technologique
doit s’envisager en complémentarité et comme une piste d’ouverture vers les homes, les hôpitaux, les
expatriés, les prisons…
- Donner un maximum de visibilité (numérique et in situ) aux espaces culturels (logo, signalétique,
géolocalisation sur les applications gps gratuites…) ; coordonner la signalétique avec les communes, les
provinces, les régions.
L’accessibilité en termes de financiers
- Lister, évaluer et coordonner les différents mécanismes de réductions de prix existant aux niveaux
fédéral, régional, communautaire, provincial, communal (Article27, Paspartoe, PDM…) afin que l’offre
soit visible et praticable ; inventer un système de réduction simple, clair, facile à l’usage et généralisé
sur le territoire belge ; soutenir et renforcer le système Article27 qui établit un lien de l’offre vers les
lieux de vie des personnes qui subissent une situation de pauvreté.
- Elargir et harmoniser la palette des statuts dans les politiques tarifaires des lieux culturels (étudiants,
familles nombreuses, demandeurs d’emploi, isolés, seniors…) ; uniformiser la manière de présenter les
prix selon les statuts ; redéfinir les écarts entre les différents tarifs en employant un moyen non
stigmatisant (crédits-loisirs ou chèques culture, carte jeune…) ; sensibiliser les organisateurs à
appliquer une politique tarifaire démocratique, sans mettre en danger leur programmation, leur
proposer un « diagnostic tarifaire ».
- Permettre aux lieux culturels de proposer des prix démocratiques et accessibles pour tous afin
d’assurer que les lieux culturels restent des espaces de vies communs les plus mixtes possible.
- Créer des artothèques (location d’œuvres d’art à prix démocratique) pour contribuer à la
démocratisation de l'accès à l’œuvre d'art, à la sensibilisation du grand public, à la promotion et à la
diffusion des plasticiens contemporains ; organiser des événements de type « donnerie d'art et de
culture » virtuelle ou événementielle.
- Intensifier et financer la présence de la culture à l’école (sorties, résidences, etc.), seul endroit où tous
devraient avoir un accès égal à la culture et, souvent, seul espace de rencontre avec une culture non
commerciale.
N
BROUILLO
BLL | Coupole Démocratie et Diversité culturelles
18
L’accessibilité en termes de communication
- Créer une plateforme numérique et interactive qui reprend l’offre culturelle ; l’utilisateur se crée un
« profil culturel » qu’il alimente, partage, commente.
- Créer et assurer la gestion d’un outil papier décliné en version numérique présentant les lieux
culturels de la FWB sous un angle informatif et qualitatif et non purement promotionnel pour
permettre une familiarisation par rapport au lieu.
- Nouer des collaborations entre la Région wallonne et les institutions subsidiées par la FWB pour faire
correspondre la carte des Espaces publics numériques avec les réseaux culturels : accès à des postes
informatiques, à une connexion Internet, à des formations, à un réseau social… L’information est
4
rendue accessible grâce à la mise à disposition et à la maîtrise de l’outil informatique.
- Donner plus de place à l’information culturelle de proximité dans les médias subsidiés.
4 Article 1 de la Charte des EPN de Wallonie : « Le label Espaces publics numériques de Wallonie est initié par le Gouvernement wallon et porté
par les pouvoirs locaux, pour lutter contre l’exclusion numérique et favoriser la participation citoyenne de tous à la Société de l’information. »
www.epndewallonie.be
N
BROUILLO
BLL | Coupole Démocratie et Diversité culturelles
19
2
e
MÉDIATION CULTURELLE
SUJET
Confirmer et renforcer les outils de la médiation
- Créer et structurer des plateformes collaboratives qui permettent l’échange, l’identification des
besoins/envies du public (des habitants) et des non-publics sur un territoire déterminé et avec ses
acteurs.
- Permettre aux acteurs de terrain de capitaliser sur les outils et les expériences acquises par les
bibliothèques, les centres culturels et les CEC lors de la mise en œuvre de leur décret rédaction
ou de la
de leur contrat-programme. Des rencontres au niveau local aideront d’autres opérateurs
culturels à
élaborer leur propre stratégie de médiation culturelle et seront autant d’occasions de renforcer les
liens entre tous.
- Elargir à l’ensemble de la FWB la charte de la médiation culturelle initiée par Article27 en
5
collaboration avec une vingtaine d’institutions culturelles bruxelloises.
La stratégie de médiation
culturelle devra prendre pleinement sa place dans les futurs contrats-programmes, y être définie de
manière singulière par les institutions culturelles et créer des perspectives d’échanges entre elles.
- Garantir la fonction de médiation dans les lieux et temps culturels : présence dans les musées et
autres lieux d’exposition pour répondre aux questions du public, accompagner le spectateur, le rendre
acteur de certains événements ou projets, organiser des rencontres avec les artistes, nourrir la
demande, communiquer l’offre, accueillir...
- Ouvrir les lieux de culture à la population et lui donner à voir l’envers du décor : portes-ouvertes,
visites, nocturnes et journées festives des institutions culturelles permettent au public de décrypter les
œuvres, de découvrir la diversité des métiers artistiques et de désacraliser les lieux culturels
emblématiques. La possibilité d’organiser des anniversaires au musée ou au théâtre participe aussi au
rapprochement des publics.
- Recommandation exprimée par la coupole « Artistes au centre » :
Permettre aux médiateurs d’accéder aux ressources numériques ; la médiation comme outil de
diffusion :
• Créer une cellule de médiation des arts et techniques numériques au sein de l’administration.
• Créer une plateforme d’information à l’usage des professionnels de l’éducation et de la
médiation (cadastre des interventions en éducation, contenus éducatifs… mis en ligne par un
comité de représentants des fférents
di
secteurs, en collaboration avec des chercheurs, des
artistes, des publics scolaires…). Un site mis à jour par un animateur de réseau et alimenté par
une équipe rédactionnelle, des rencontres physiques de tous les secteurs…
• Réaliser des mallettes pédagogiques pour promouvoir etffuser
di les arts ; ffuser
di
cette
mallette via une équipe pédagogique, à travers les écoles, les centres culturels, des musées, des
Maisons de Jeunes…
5 http://www.article27.be/bruxelles/IMG/pdf/charte_institution_culturelle.pdf
N
BROUILLO
BLL | Coupole Démocratie et Diversité culturelles
20
Reconnaître et déployer le rôle de la médiation culturelle
- Ouvrir la réflexion sur les moyens budgétaires et responsabiliser les pouvoirs publics sur les moyens
nécessaires à leurs ambitions (internes et externes), sortir du carcan financier de la FWB.
- Rendre certaines aides structurelles pour prévoir l’avenir autrement et travailler sur le long terme ;
financer les volets « médiation » des conventions et contrats-programmes.
- Créer des outils d’analyse, des indicateurs et des modes d’évaluation des actions et contenus culturels
avec l’appui de l’administration, en concertation étroite avec les opérateurs, sans nuire aux spécificités
artistiques et culturelles des espaces.
2
e
SUJET
- Soutenir et développer la médiation par la formation, l’emploi et le financement, pour permettre
l’établissement de relations de confiance de longue durée, à l’adresse de tous les publics et concernant
tous les contenus (mixité dans tous les sens).
- Lister et coordonner les programmes de formation avec les opérateurs de terrain (CPAS, Article27,
travailleurs sociaux, centres culturels, musées, réseaux locaux de lecture publique, CEC, Maisons de
Jeunes, Maisons de Quartier, EPN, Centres sportifs...). Donner aux travailleurs et aux institutions le
temps et les moyens de se former ; construire des compétences culturelles, artistiques et
pédagogiques.
- Favoriser le partage d’informations et les connexions entre acteurs de terrain, entre opérateurs
culturels et sociaux.
- Légitimer les médiateurs et les politiques de médiation à travers une harmonisation des textes
normatifs ; simplifier les textes pour alléger la charge administrative (AGC et acteurs de terrain) et en
permettre un remodelage visionnaire et ambitieux.
- Susciter l’analyse, la définition et la construction institutionnelle de la médiation et des formes qu’elle
prendra en fonction du contexte particulier et des publics.
- Intégrer la médiation dans les pratiques quotidiennes de l’ensemble du personnel de l’institution à
travers les contrats-programmes et une formation des cadres culturels ; les objectifs de l’institution
doivent apparaître dans le schéma de fonctionnement de chacun.
- Reconnaître l’artiste et ses partenaires (diffuseurs, agents, producteurs...) comme médiateurs des
œuvres ; former les artistes à la médiation, à la transmission de leur passion. Plusieurs profils culturels
ou artistiques peuvent/doivent graviter autour de la médiation.
- Amener la notion de médiation dans la formation initiale de différents métiers en lien avec le
socioculturel (animateur, éducateur, communicateur, AS...).
- Soutenir des initiatives transversales dans le domaine de la médiation culturelle.
- Revoir les modalités d’évaluation et de justification (court et long termes), les mettre en phase avec le
« temps » du terrain et les envisager dans la confiance ; coordonner le temps du subside et le temps du
projet : donner le temps de la rencontre et de l’installation de la confiance réciproque avec les citoyens.
Lier les exigences de résultats aux objectifs.
Créer des espaces de rencontres, des plateformes de mutualisation
- Susciter et valoriser la mise en place de partenariats pour toucher les habitants au cœur du milieu de
vie et se positionner dans la diversité ; développer des dispositifs de soutien qui favorisent les
rencontres (prison, SDF…).
N
BROUILLO
BLL | Coupole Démocratie et Diversité culturelles
21
- Créer des espaces de collectivisation et de mutualisation des savoirs et savoir-faire, des espaces de
dialogue et de conseil de la pratique de la médiation culturelle. Instaurer, systématiser et pérenniser des
espaces/temps de rencontres entre acteurs locaux (culturels, sociaux, associatifs…) pour favoriser le
partage d’informations, les échanges d’expériences, la connaissance des réalités de terrain, l’identification
des acteurs et les initiatives mutualisantes. Encourager ces démarches entre travailleurs, leur en donner les
moyens et leur faire confiance, ne pas en attendre un résultat immédiat.
- Créer une plateforme professionnelle numérique pour centraliser l’information et permettre le partage
d’expériences.
2
e
SUJET
Concerter des politiques culturelles transversales
- Définir des politiques culturelles cohérentes, structurées et partagées, avec des objectifs et des
orientations claires (dont la diversité culturelle et artistique) et qui laissent aux opérateurs l’autonomie
dans la diversité et la flexibilité pour gérer le type de médiation en fonction des publics, des temps et
des moments.
- Améliorer la coopération et la coordination des différents niveaux de pouvoir pour une meilleure
articulation dans les domaines de l’emploi, de la formation, de la diversité des publics, de la mobilité…
- Préserver le travail de l’administration et de l’inspection de toute forme d’ingérence, leur permettre de
faire leur travail et de pouvoir sanctionner les opérateurs qui ne remplissent pas leur contratprogramme.
- Structurer un dialogue permanent et établir une relation de confiance réciproque entre les différents
niveaux : politiques, fonctionnaires, opérateurs, citoyens ; déployer des liens entre les secteurs et les
lieux de décisions.
- Intégrer la dimension culturelle dans les plans développés au niveau d’autres politiques (lutte contre
la pauvreté, écologie, économie circulaire…).
N
BROUILLO
BLL | Coupole Démocratie et Diversité culturelles
22
3
e
SUJET
DIVERSITÉ DES INSTITUTIONS
Décloisonner les lieux
- Penser une politique culturelle globale et reconnaitre la diversité des champs de la culture : éducation
permanente, arts de la scène, musées, pratiques en amateur… ; renforcer la cohérence et la
cohabitation des missions de chacun pour fluidifier la lisibilité du territoire et l’accès des différents
publics.
- Mettre en valeur les opérateurs culturels qui définissent leur champ d’action en tenant compte d’une
réalité plurielle ; qui soutiennent les citoyens dans l’appropriation des œuvres en mettant en place des
espaces d’expression critique et/ou d’expérimentation artistique, des espaces de débats, qui étendent
la notion de vivre ensemble à leur propre lieu, qui s’ouvrent à tous les publics dans un rapport qui ne
se limite pas à la consommation culturelle. Penser le public comme un acteur de l’espace culturel dans
lequel il est inclus notamment par son identité et par son bagage.
- Permettre au personnel de se mettre à jour et de s’ouvrir à de nouveaux publics : remise en question,
utilisation de nouveaux outils, maîtrise des outils informatiques et numériques, bonnes pratiques…
- Faciliter l’accès à l’information pour toutes et tous, en exploitant pleinement les potentialités offertes
par les NTIC et en créant des outils spécifiques pour opérateurs culturels de la FWB.
- Assurer une meilleure coordination des communications culturelles sur un même territoire,
développer ou renforcer des outils d’informations centralisateurs en utilisant les nouveaux médias tout
en n’oubliant pas celles et ceux qui n’ont pas accès aux nouvelles technologies ; le cas échéant, rendre
accessibles les nouvelles technologies.
- Elargir structurellement les espaces d’information, d’écoute et de collaboration avec les entreprises
sociales, les syndicats, les communes, les mutuelles, les écoles, le secteur associatif, l’ONEM, le FOREM,
ACTIRIS…
- Affecter des moyens spécifiques à la création d’espaces d’expression critique et/ou d’expérimentation
artistique, des espaces de « vivre ensemble » dans les lieux culturels.
- Renforcer, facilité l’expression citoyenne notamment en accompagnant (artistiquement,
culturellement) les projets et en ouvrant les lieux à leur réalisation.
- Permettre des espaces de recherche et de développement ; des temps d’expérimentation.
Décloisonner les équipes
- Développer des aides et accompagner le processus de diversification des équipes administratives,
artistiques, pédagogiques et techniques :
• Définir les groupes cibles (-26 ans, 45 ans et +, infrascolarité, handicap, interculturalité, genre)
et les domaines (recrutement et sélection, gestion du personnel, communication interne,
positionnement externe) à adapter aux zones d’action de chaque opérateur.
• Rédiger et développer des plans de diversité pour les cabinets, les administrations, les
instances d’avis ; inciter les opérateurs culturels et les organes de décision en leur sein à
développer des plans de diversité spécifiques et leur en donner les moyens. S’inspirer du Plan de
Diversité d’Actiris.6
6 www.diversite.irisnet.be
N
BROUILLO
BLL | Coupole Démocratie et Diversité culturelles
23
• Aider les opérateurs à dresser une photographie qualitative et quantitative de leur organisation
en termes de diversité pour dégager les points forts et les points d’attention ; établir les actions
à mener vers les groupes cibles, définir le budget, le personnel et un timing.
3
• Informer et former (recrutement neutre, RH, management de compétence, accompagnement
des personnes plus âgées, gestion du personnel) ; donner des outils applicables rapidement et
faciles à mettre en œuvre.
e
SUJET
• Mettre en place des incitants à l’emploi : aides liées à la diversité au regard de la pression
supplémentaire sur les opérateurs ; quotas sous forme d’idéal à atteindre ; développement
d’aides à l’emploi « diversité » ; communications sur les aides existantes…
• Former des conseillers à la diversité au sein de la FWB pour accompagner, aiguiller cette
nécessité ; revoir la fonction des inspecteurs dans une optique d’accompagnement et de
soutien.
• Inscrire le Plan de diversité dans les contrats-programmes et les conventions.
- Permettre la mutualisation des compétences et des équipes entre plusieurs structures.
- Créer des ponts structurels entre les ministres régionaux et communautaires.
• Emploi : permettre à plus de monde de connaître le secteur culturel pour donner envie d’y
travailler, pour diversifier les profils qui s’y intéressent ; défendre les postes subventionnés à
destination de la culture.
• Enseignement (fondamental, supérieur, artistique) : susciter de nouvelles vocations ; la
diversité est dans les écoles et doit pouvoir se retrouver dans les secteurs culturel, artistique et
créatif ; développer l’immersion en milieu professionnel pour ouvrir le regard des jeunes.
• Cohésion sociale
• Egalité des chances
- Prendre des initiatives destinées à ouvrir les postes à responsabilités à la diversité.
Décloisonner la programmation
- Encourager la défense d’une politique culturelle d’ouverture dans les programmations et les offres
culturelles et artistiques en soutenant, stimulant l'émergence d'esthétiques et de recherches
différentes, minoritaires, critiques, alternatives, populaires. Et que ces esthétiques alternatives soient
accompagnées par de la médiation.
- Viser la mixité des publics sans uniformiser les propositions culturelles : chacun doit garder sa
spécificité et chaque programmation ne pourra jamais intéresser tous les publics, les attentes des
publics étant diverses et variées, nous devons les respecter et pouvoir continuer à les surprendre.
- Augmenter la transparence des procédures de sélection artistique et être en mesure d’expliquer les
orientations artistiques et culturelles à la population.
- Toucher de nouveaux publics à travers de nouvelles formes de diffusion, des applications numériques
et des créations innovantes pour rapprocher les habitants des œuvres et de l’institution culturelle, une
programmation complémentaire intégrée :
• BD, films, documentaires, poèmes, musiques… disponibles en ligne ;
• prestations publiques dans les cercles privés pour des jauges réduites ;
• nouveaux médias ;
•…
N
BROUILLO
BLL | Coupole Démocratie et Diversité culturelles
24
3
e
SUJET
- Veiller à ce que les institutions de la culture « légitimée » accueillent une diversité de publics et une
diversité de cultures, et dès lors participent à la construction d’une culture plus perméable à toutes les
formes de cultures ; générer des ponts et des espaces pluriels.
Décloisonner la communication
- Créer des lieux et moments de rencontres entre acteurs d’un même territoire pour mutualiser les
stratégies de communication qui sont déjà utilisées et qui fonctionnent, pour en penser de nouvelles
plus efficaces et plus adaptées.
- Mettre en place une formation aux nouvelles technologies et aux réseaux sociaux adaptée à la réalité
et aux besoins du secteur culturel.
- Soutenir les initiatives à destination des autres langues et modes de communication : la langue est
aussi un facteur d’exclusion, au niveau de la communication (communication multilingue) et de la
programmation (spectacles sans paroles accessibles à tous).
N
BROUILLO
BLL | Coupole Démocratie et Diversité culturelles
25
4
SUJET
DIVERSITÉ DES PUBLICS
Toucher des populations diversifiées
- Défendre et reconnaître la place de la culture dans notre société :
• Sensibiliser les ministres concernés par la lutte contre la pauvreté à s’ouvrir au champ culturel
comme levier dans la lutte contre les inégalités.
• Conscientiser les opérateurs culturels aux mécanismes générateurs d’inégalités sociales,
économiques, politiques et culturelles et au rôle qu’ils doivent assumer dans la lutte pour la
réduction de toute forme d’inégalité.
- Décloisonner les financements et les décrets en vue de stimuler les partenariats inter-champs sur un
même territoire ; augmenter la porosité des enveloppes (éducation permanente, culture, cohésion
sociale...).
- Mieux se connaître : mettre en place des initiatives régionales de rencontres inter- secteurs
rassemblant les opérateurs culturels et socioculturels (y compris les acteurs culturels non
conventionnels) afin de :
• Améliorer le maillage entre les institutions sociales et culturelles en vue de toucher les publics
des uns et des autres, les citoyens de l’ensemble du territoire.
• Présenter la réalité des différents secteurs (décret, missions, etc.).
• Favoriser des moments d’échange et de co-construction de projets communs ; donner la
possibilité aux travailleurs sociaux d’intégrer des projets culturels participatifs dans leurs actions.
- Favoriser la rencontre des populations en les mettant davantage dans une position d’acteur-trice :
• Permettre aux populations engagées dans des structures culturelles et/ou socioculturelles de
se rencontrer et de prendre part à la délibération des projets menés dans le champ culturel.
• Mettre en place des dispositifs donnant le temps et les moyens de préparer ces rencontres et
d’en assurer le suivi (de manière transversale mais aussi au sein des sous-secteurs).
- Mettre l’accent sur la qualité du processus dans l’évaluation des projets (socio)culturels ; mettre en
place des méthodologies appropriées et inscrites dans la durée pour favoriser la participation des
populations (et plus particulièrement des milieux populaires, des minorités, des exclus...) dans les
projets et programmations culturels; adapter l’évaluation des projets à ces axes, l’aspect quantitatif et
le résultat matériel devant être des indicateurs parmi d’autres, pour éviter de ne mener que des projets
avec des publics dits « rentables » et de faire de la culture un nouveau champ d’exclusion.
- Assurer la cohérence politique entre les différents sous-secteurs; favoriser la convergence des
politiques culturelles des différents sous-secteurs pour coordonner et renforcer les ressources de
chacun :
N
BROUILLO
BLL | Coupole Démocratie et Diversité culturelles
26
4
e
SUJET
• Encadrer davantage les missions menées par la RTBF et les télévisions locales ; faire en sorte
qu’elles assurent leurs missions de services publics et d’opérateurs culturels (information, recul
critique, dans des valeurs progressistes visant l’égalité, la justice sociale et l’émancipation).
• Financer des opérateurs qui luttent contre les discriminations, qui soutiennent des projets de
vivre ensemble – voire de « faire ensemble » – et qui doivent contrer d’autres pratiques de
communication visant l’audimat et le sensationnalisme ; impliquer les télévisions
communautaires dans la visibilité de ces projets, inscrire ces missions dans leur projet politique.
- Financer décemment et dans la durée le champ de la culture et de ses sous-secteurs pour permettre
aux opérateurs d’agir efficacement, de favoriser la rencontre des populations, la diversité culturelle
dans leurs projets, de développer le travail partenarial... dans un contexte acceptable de travail
(moyens humains, ressources financières, travail dans le moyen terme...) ; assurer un financement à la
hauteur de ce que prévoient les différents décrets et ne pas mettre trop d’énergie dans des appels à
projets visant la soi-disant innovation et le travail à court terme.
- Favoriser la reconnaissance des identités plurielles d’opérateurs culturels et socioculturels ; faciliter
cette reconnaissance de la pluralité d’un point de vue décrétal, administratif, financier, via le soutien à
l’emploi pour permettre aux différents sous- secteurs de se positionner dans la lasagne
institutionnelle : les différents sous-secteurs ont tendance à positionner les opérateurs culturels dans
des cases difficilement perméables.
- Dispenser des formations spécifiques aux chargés de communication pour leur permettre de toucher
les populations, de mixer les lieux et les modes de communication ; donner le temps aux travailleurs
de se déplacer sur les terrains.
- Générer des ponts et des espaces pluriels avec et entre les publics à travers, notamment, les jeux
vidéo et les arts numériques/techniques.
- Améliorer et généraliser le processus de consultation permanente à travers une évaluation de
l’opération Bouger les Lignes (rythme, durée, représentativité, communication, suivi...).
- Informer le personnel associatif et les travailleurs sociaux sur les projets artistiques et culturels, les
rendre à l’aise avec ces matières, les considérer comme des personnes relais sur le terrain : visites
guidées spécifiques, salons, village culturel, formation...
Faire en sorte que des citoyens différents se rencontrent dans les lieux et les
programmes culturels
- Renforcer les méthodologies et professionnaliser la fonction de médiation culturelle, que ce soit sur le
terrain ou au niveau institutionnel; développer les moyens et les compétences des personnes en
charge de la médiation culturelle (animateur/trice socio- culturel/le, bibliothécaire, artistes...) pour leur
permettre d’aller à la rencontre des citoyens, de construire une relation basée sur l’échange et de créer
des liens dans la durée :
• Organiser le partage et la mise en commun et en valeur des analyses partagées et territoriales
réalisées par les bibliothèques, les centres culturels..., ainsi que les analyses provenant du
champ social (cohésion sociale), pour permettre une plus grande connaissance des populations
et de leurs désirs, une meilleure connaissance des différents intervenants d’un même territoire,
pour leur permettre d’apporter des propositions plus adaptées... Exploiter les analyses
territoriales et l’action locale comme éléments clés de la rencontre.
N
BROUILLO
BLL | Coupole Démocratie et Diversité culturelles
27
4
e
• Professionnaliser la fonction de médiation par une formation spécifique et continue et ce dans
le but de construire des méthodes et des outils d’animation spécifiques.
SUJET
• Partager et valoriser les outils pédagogiques et les méthodes participatives portées
notamment par le secteur de l’éducation permanente.
- Créer des outils d’animation d’expériences, de vivre une action culturelle ; financer les actions de
participation et de mises en situation collectives.
- Permettre aux structures de gérer leurs espaces de convivialité plutôt que de les concéder à des
opérateurs privés pour adapter l’offre, les horaires…, rendre les espaces publics au public ; travailler
avec les opérateurs sociaux, les organismes de formation, dans le respect des missions et des
fonctionnements de chacun : avoir un objectif commun et le nommer.
- Inciter les populations à circuler d’une institution à l’autre, d’une offre culturelle à l’autre.
- Rendre les lieux accessibles et accueillants pour tous.
- Organiser la diversité au sein des conseils d’orientation à travers des personnes relais, et des
ambassadeurs culturels.
- Développer des outils, méthodologies et compétences pour permettre à chacun de s’exprimer s’il le
souhaite, avec le soutien de l’éducation permanente (partage de ressources et d’expériences) ;
décloisonner les frontières de l’éducation permanente, de la cohésion sociale et de la culture, organiser
les rencontres ; établir un volet culturel dans les plans de cohésion sociale.
- Créer des lieux et espaces communautaires de rencontre et de concertation pour échanger et
encourager la mutualisation (co-working) ; initier une coordination culturelle pour toutes les
communes, à partir des centres culturels.
Inciter les populations à s’impliquer et à participer à l’élaboration du programme
et du lieu
Encourager les partenariats intersectoriels ; les reconnaître, les financer et les valoriser dans les bilans
de chacun avec une possible et souhaitable transversalité des champs, quel que soit le pouvoir de
tutelle, le secteur :
- Dans le secteur de l’EP, opérer un changement de paradigme dans les dynamiques et aller vers les
populations sans attendre que les publics constitués viennent vers les institutions.
• Aider les institutions à développer des dispositifs pratiques pour « aller vers ».
• Modifier les décrets pour qu’ils permettent d’établir des connections avec des institutions qui
se trouvent en-dehors du champ culturel (social, éducatif, santé...).
- Dans le secteur des Centres culturels, appréhender mieux le fait que le champ culturel s’est élargi
(beaucoup d’autres opérateurs utilisent la pratique culturelle sans pour autant collaborer avec les
institutions culturelles), mais qu’il s’est aussi rétréci (plus de cloisonnement et donc moins de richesse).
• Considérer et positionner le citoyen autrement que comme consommateur.
• Nécessité de plateformes qui mettent en lien les différents opérateurs (plutôt que chacun sur
ses enjeux, sur son échelle de territoire, etc.)
• Comment faire remonter la participation des gens au niveau institutionnel ?
N
BROUILLO
BLL | Coupole Démocratie et Diversité culturelles
28
- Dans le secteur du théâtre, faire travailler ensemble les différents métiers pour éviter de morceler les
travailleurs eux-mêmes.
4
e
SUJET
• Replacer l’humain au centre des préoccupations.
• Décloisonner à travers des plateformes qui mettent en lien les populations.
• Permettre aux acteurs de terrain de travailler ensemble, tous champs confondus, comme pour
le secteur de la Lecture publique qui encourage les collaborations locales.
Soutenir, financer, reconnaître et valoriser les initiatives ascendantes qui permettent de libérer des
paroles, d’exprimer des langages et de déployer des cultures portées par les gens :
• Alléger la charge administrative qui pèse sur les opérateurs pour qu’ils puissent concentrer leur
énergie dans la réalisation des projets.
• Responsabiliser les porteurs de projets sur du sens plutôt que sur du quantitatif.
• Défendre et préserver la liberté de création de sens qui est permise par différents décrets (EP,
Cc, biblio).
• Valoriser les initiatives des opérateurs et les modes d’implication des citoyens dans les projets.
• Amplifier les phénomènes d’ascendance par rapport aux circuits descendants.
• Renforcer la cohésion institutionnelle.
• Lancer des appels à propositions de projets plutôt que des appels à projets ; inverser les
modes de fonctionnement.
• Faire circuler des œuvres des différentes communautés ; revendiquer la diversité culturelle.
- Appliquer les décrets d’un point de vue financier : privilégier les financements structurels plutôt que
ponctuels comme les appels à projets.
- Permettre à des citoyens de devenir des ambassadeurs culturels, de partager leurs expériences
artistiques et culturelles ; leur donner envie de donner envie aux autres, dans le cadre d’une relation de
confiance voire d’intimité ; rendre la culture populaire et permettre à la culture populaire de s’exprimer.
- Coordonner et permettre les maillages et les partenariats locaux pour ouvrir les portes des
institutions culturelles ; s’appuyer sur les services de proximité pour faciliter les contacts, les
rencontres, les synergies; créer et déployer des services structurels collaboratifs sur le territoire
(cohésion sociale, animateurs de rue...) ; organiser, 2 x par an, des plateformes de rencontres entre
opérateurs culturels, acteurs de l’éducation permanente, services de proximité...
N
BROUILLO
BLL | Coupole Démocratie et Diversité culturelles
29
7 AXES PRIORITAIRES EN GUISE DE CONCLUSION
GOUVERNANCE
Avant toute chose, la Fédération Wallonie-Bruxelles doit définir une politique culturelle cohérente, structurée
et partagée, avec des objectifs et des orientations claires (dont la diversité culturelle et artistique), tout en
laissant aux opérateurs l’autonomie pour gérer le type de médiation en fonction des publics, des lieux et des
moments. Il s’agit donc de penser une politique culturelle à la fois globale et consciente de la diversité des
champs de la culture : éducation permanente, arts de la scène, musées, pratiques en amateur... Seule une
politique culturelle qui assume les transversalités et les spécificités pourra renforcer la cohérence et la
cohabitation des missions de chacun, mais aussi, et là est bien notre préoccupation, fluidifier la lisibilité du
territoire et l’accès des différents publics.
La politique culturelle de la FWB doit en outre intégrer une politique d’emploi spécifique qui inscrit un Plan de
diversité dans les contrats-programmes et les conventions, qui développe des aides et accompagne un
processus de diversification des équipes administratives, artistiques, pédagogiques et techniques, y compris
au sein des directions, des cabinets et des instances d’avis.
La coupole a également mis en exergue le besoin de lister, d’évaluer et de coordonner les dispositifs qui
contribuent à la démocratisation et à la diversité de nos institutions culturelles et artistiques. Pour rencontrer
les publics et les citoyens, l’offre doit être claire, visible et praticable : en matière de tarification, de réductions
de prix, d’informations...
L’évaluation est un instrument destiné à améliorer ces outils. Elle a cependant des effets destructeurs si les
exigences de résultats ne sont pas liées aux objectifs ; si elle n’est pas construite avec les opérateurs et
pensée au service d’objectifs définis et partagés avec/entre les représentants politiques, l’administration et les
secteurs. L’évaluation doit reposer sur des outils d’analyse et des indicateurs concertés avec les opérateurs et
mis à leur disposition. Le point d’attention doit être la qualité du processus et le temps de la mise en
confiance réciproque (travailleur-habitant) ; l’aspect quantitatif et le résultat matériel ne devant être que des
indicateurs parmi d’autres, pour éviter de ne mener que des projets avec des publics dits « rentables » et de
faire de la culture un nouveau champ d’exclusion.
La préoccupation est donc bien celle d’un dialogue permanent et structuré sur base d’une relation de
confiance réciproque entre les différents niveaux (politiques, administrations, opérateurs, citoyens), de liens
organiques entre les secteurs et les lieux de décisions (et vice- versa). « Bouger les Lignes » est à cet égard un
instrument à améliorer (évaluation des rythmes, de la durée, des représentativités, de la communication, des
suivis...) et à généraliser comme processus de consultation permanente.
N
O
L
UIL
O
BR
BLL | Coupole Démocratie et Diversité culturelles
30
BUDGETS
Liée à la gouvernance, la question des budgets doit être abordée de façon transparente et pragmatique, à
commencer par les moyens qui seront affectés à la mise en œuvre des recommandations exprimées dans
cette synthèse et sur les choix politiques qui en résulteront (ou inversement d’ailleurs).
Les pouvoirs publics doivent se conscientiser et se responsabiliser quant aux moyens nécessaires à leurs
ambitions. A ce titre, la mise en place d’un décret suppose qu’il est applicable d’un point de vue financier, qu’il
n’alourdit pas la charge des opérateurs s’il ne l’allège pas par ailleurs.
Outre la nécessité d’assurer des financements à la hauteur de ce que prévoient les différents décrets, il est
recommandé de privilégier les soutiens structurels plutôt que ponctuels. Les échéances des appels à projets
correspondent rarement aux réalités « long-termistes » des secteurs (cf. infra) et ne valorisent pas les
initiatives ascendantes. Or, c’est ce type de projets qui permettent de libérer des paroles, d’exprimer des
langages et de déployer des cultures portées par les gens.
La médiation – ses fonctions et ses outils – doit être renforcée dans les contrats-programmes et les
conventions. Elle doit être financée, au besoin, en sortant du carcan budgétaire de la FWB, sachant que ses
bénéfices collatéraux englobent tous les aspects du quotidien et du vivre ensemble.
GESTION ET RESPECT DU TEMPS
La notion de temps, déjà évoquée ci-dessus, est une réelle obsession des acteurs de terrain. Par définition, le
travail de l’action culturelle s’inscrit dans la durée pour favoriser la participation des populations – plus
particulièrement des milieux populaires, des minorités, des exclus... – dans les projets et programmations
culturels.
Il importe de coordonner le temps du subside avec le temps du projet, de laisser aux opérateurs le temps de
la rencontre et de l’installation de la confiance réciproque avec les citoyens.
Des aides structurelles leur permettraient de prévoir l’avenir autrement et de travailler sur le long terme,
d’établir des relations de confiance de longue durée, à l’adresse de tous les publics et concernant tous les
contenus (mixité dans tous les sens).
La question du temps se retrouve aussi dans les modalités d’évaluation et de justification (court et long
termes). Ces étapes doivent être en phase avec le « temps » du terrain et envisagées dans la confiance.
Une qualité supérieure du temps favorisera la rencontre des populations et leur donnera davantage
l’occasion d’adopter une position d’acteur-trice au sein des structures culturelles et/ou socioculturelles.
FORMATION
Il ressort unanimement que la fonction de médiation culturelle doit être professionnalisée et les
méthodologies renforcées, que ce soit sur le terrain ou au niveau institutionnel. Pour ce faire, il convient de
développer les moyens et les compétences des personnes en charge de la médiation culturelle (animateur/
trice socio-culturel/le, bibliothécaire, artiste...) pour leur permettre d’aller à la rencontre des citoyens, de
construire une relation basée sur l’échange et de créer des liens dans la durée. Professionnaliser la fonction
de médiation passe par une formation spécifique et continue et ce dans le but de construire des méthodes et
des outils d’animations spécifiques.
ON
L
L
UI
O
R
B
BLL | Coupole Démocratie et Diversité culturelles
31
La médiation ne se limite pas aux acteurs culturels. Sur le terrain, de nombreux métiers participent à l’action
culturelle ou utilisent la culture comme outil de cohésion sociale. La notion de médiation doit s’immiscer dans
la formation initiale de l’ensemble des acteurs de terrain en lien avec le socioculturel (animateur, éducateur,
communicateur, assistant social...).
L’offre de formation continuée existe, mais elle est incomplète et dispersée. Le cadastre et la coordination des
programmes en faciliterait l’accès pour l’ensemble des opérateurs de terrain (CPAS, Article27, travailleurs
sociaux, centres culturels, musées, réseaux locaux de lecture publique, CEC, Maisons de Jeunes, Maisons de
Quartier, EPN, Centres sportifs...).
Au-delà d’une meilleure lisibilité du paysage de formation, la FWB doit donner aux travailleurs et aux
institutions le temps et les moyens de se former et de construire des compétences culturelles, artistiques,
pédagogiques et sociales. Le temps, toujours le temps... Donner le temps de prendre le temps, y compris de
se former !
TRANSVERSALITÉ
La transversalité concerne à la fois les partenaires, les outils et les champs de l’action culturelle. Pour être
opérationnelle, la transversalité doit agir à plusieurs niveaux :
Tout d’abord, la bonne volonté politique est requise pour faciliter les collaborations in situ. Le processus de
démocratisation et de diversité culturelles passera par la coopération et la coordination des différents
niveaux de pouvoir pour une meilleure articulation dans les domaines de l’emploi, de la formation, de
l’enseignement, des médias, de la diversité des publics, de la mobilité, de la cohésion sociale, de l’égalité des
chances... Des ponts structurels entre les ministres régionaux et communautaires sont à jeter.
Ce dialogue doit dépasser le cadre strict des compétences de la Ministre de la Culture pour assurer la
cohérence politique et favoriser la convergence des politiques culturelles des différents secteurs, pour
coordonner et renforcer les ressources de chacun, notamment en augmentant la porosité des enveloppes de
l’éducation permanente, de la culture et de la cohésion sociale.
Ce dialogue permettra en outre de favoriser la reconnaissance des identités plurielles d’opérateurs culturels
et socioculturels, d’un point de vue décrétal, administratif et financier, plutôt que de les enfermer dans des
cases institutionnelles peu perméables.
Sur le terrain, mieux se connaître favorisera la transversalité intersectorielle. Des initiatives régionales de
rencontres inter-secteurs, rassemblant les opérateurs sociaux, socioculturels et culturels (y compris les
acteurs culturels non conventionnels), resserreront le maillage entre eux et permettront de toucher les
citoyens de l’ensemble du territoire. Des moments d’échange et de co-construction de projets communs
donneront la possibilité aux travailleurs sociaux d’intégrer des projets culturels participatifs dans leurs
actions, par exemple.
Pour encourager les partenariats intersectoriels, les différentes autorités doivent les reconnaître, les financer
et les valoriser dans les bilans de chacun avec une possible et souhaitable transversalité des champs. Les
partenariats locaux ouvriront les portes des institutions culturelles en s’appuyant sur les services de
proximité pour faciliter les contacts, les rencontres, les synergies. La création et le déploiement de services
structurels collaboratifs et intersectoriels sur le territoire est une clé vers plus d’échanges et de partages entre
partenaires locaux, à partir de l’analyse partagée des centres culturels, des réseaux de lecture publique, mais
aussi des Plan de Cohésion sociale.
ON
L
L
UI
O
R
B
BLL | Coupole Démocratie et Diversité culturelles
32
Enfin, au sein des institutions culturelles, il faut que la médiation s’invite dans les pratiques et les réflexes
quotidiens de l’ensemble du personnel. Les contrats-programmes et une formation des cadres culturels
permettront d’intégrer les objectifs de l’institution dans le schéma de fonctionnement de chacun.
INTERFACES COLLABORATIVES PHYSIQUES ET NUMÉRIQUES
Le numérique et les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) sont d’autres
outils à exploiter pour coordonner et renforcer les maillages et les partenariats locaux, pour permettre
l’échange et l’identification des besoins/envies des habitants sur un territoire déterminé et avec ses acteurs.
Les outils numériques doivent rester un complément et un renfort à des dispositifs plus dynamiques. Des
lieux et des moments de rencontres entre acteurs d’un même territoire seront autant d’occasions pour
mutualiser les stratégies de médiation et de communication et pour en penser de nouvelles.
A cet égard, le secteur demande à ce que soient créés des espaces de collectivisation et de mutualisation des
savoirs et savoir-faire, des espaces de dialogue et de conseil de la pratique de la médiation culturelle ; à ce
que soient instaurés, systématisés et pérennisés des espaces/temps de rencontres entre acteurs locaux
(culturels, sociaux, associatifs...) pour favoriser le partage d’informations, les échanges d’expériences, la
connaissance des réalités de terrain, l’identification des acteurs et des initiatives mutualisantes, pour partager
et valoriser les outils pédagogiques et les méthodes participatives portées notamment par le secteur de
l’éducation permanente, pour exploiter les analyses territoriales et l’action locale comme éléments clés de la
rencontre. Il revient aux autorités de tutelle d’encourager ces démarches entre travailleurs, de leur en donner
les moyens et de leur faire confiance, sans attendre un résultat immédiat.
Un autre type de plateforme pourra susciter la rencontre entre opérateurs et habitants : une plateforme
numérique accessible, ergonomique et interactive qui reprend l’offre culturelle et permet à l’utilisateur de se
créer un « profil culturel » qu’il alimente, partage, commente.
Les lieux culturels gagneraient également en visibilité grâce à la création et à la gestion d’un outil papier
décliné en version numérique présentant les lieux culturels de la FWB sous un angle informatif et qualitatif et
non purement promotionnel, pour permettre une familiarisation par rapport aux lieux et aux opérateurs de
proximité.
DÉCENTRALISATION
La communication directe est un outil à déployer et à faciliter pour « aller vers », pour ouvrir le dialogue entre
opérateurs et habitants, pour susciter l’intérêt des uns et des autres.
Les lieux culturels et l’offre culturelle doivent se déplacer vers les lieux de vie des citoyens. Les liens avec les
lieux de vie des personnes qui subissent une situation de pauvreté ou d’exclusion doivent être
structurellement renforcés.
Mais les opérateurs ne portent pas seuls la responsabilité de l’initiative. La volonté est présente sur le terrain,
mais doit être organisée avec du personnel volant dans chaque lieu culturel pour aller vers l’extérieur, avec la
décentralisation d’une partie de la programmation et des ateliers, avec le soutien et la création de structures
artistiques et/ou culturelles mobiles...
ON
L
L
UI
O
R
B
BLL | Coupole Démocratie et Diversité culturelles
33
Notre politique culturelle renforcera et facilitera l’implication et l’expression citoyenne en soutenant les
opérateurs pour qu’ils puissent investir des espaces inhabituels (privés ou publics), sortir la culture de ses
lieux traditionnels, réinvestir la rue, les villages, les quartiers isolés, les espaces de la vie quotidienne,
augmenter la transparence des procédures de sélection artistique et être en mesure d’expliquer les
orientations artistiques et culturelles de leurs programmations à la population.
Médiation, démocratisation et diversité culturelles sont donc l’affaire de tous les acteurs de notre société.
L’action culturelle est à la fois outil et réponse inclusive de lutte contre les discriminations et les inégalités, de
partage de cultures, de cohésion sociale... C’est comme ça qu’elle est vécue sur le terrain et que les acteurs
sociaux, culturels, artistiques, socioculturels et de l’éducation permanente s’efforcent de la pratiquer, mais
notre lasagne institutionnelle fait obstacle aux initiatives et aux collaborations.
Pour augmenter la marge des interventions culturelles et des acteurs de terrain, pour effacer
progressivement les marges de notre société, nous demandons que les politiques régionales,
communautaires et locales se mettent, avec nous, autour de la table et procèdent à une harmonisation des
cadres légaux, à une coordination des cadres et des obligations administratives, à une révision crédible et
pragmatique des enveloppes budgétaires... pour améliorer notre vivre ensemble, nos conditions
professionnelles, pour renforcer et reconnaître les enjeux et la place de la médiation culturelle.
Harmonisation, cohérence, simplification, confiance doivent guider les politiques culturelles à tous les
niveaux, qu’elles s’entremêlent là où, aujourd’hui, elles s’entrechoquent.
ON
L
L
UI
O
R
B
BLL | Coupole Démocratie et Diversité culturelles
34
Auteur
Document
Catégorie
Uncategorized
Affichages
0
Taille du fichier
1 489 KB
Étiquettes
1/--Pages
signaler