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Amoris laetitia - Paroisse St Aubin

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La Croix -jeudi 30 juin 2016
RELIGION
24
« Amoris laetitia »,
une mise en œuvre à tâtons
tTrois mois après
sa publication, l’exhortation
Amoris laetitia suscite
à la fois « enthousiasme »
et « perplexité ».
tNombreux sont
les catholiques à exprimer
le besoin d’une formation
au « discernement »
et à « l’accompagnement »
demandés par le pape.
« Bouffée d’air frais », mais aussi
« inquiétude », « déstabilisation »,
voire « panique »… La réception
de l’exhortation apostolique Amoris laetitia (« La joie de l’amour »)
ne va pas de soi pour les catholiques français. D’où sans doute ce
« silence » que beaucoup constatent, près de trois mois après
sa publication. Théologiens et
autres spécialistes de la famille
dans l’Église de France hésitent
à qualifier l’état d’esprit général,
visiblement partagé entre l’« enthousiasme » suscité par ce « très
bel hymne à l’amour », qui renouvelle le langage de l’Église sur les
passions, l’affectivité, la sexualité,
et… une « grande perplexité », liée
surtout à ces mots placés par le
pape en tête de l’avant-dernier
chapitre : « accompagner, discerner, intégrer ».
« Les diocèses
ne se précipitent
pas sur le texte
parce qu’eux-mêmes
ne savent pas
comment
s’y prendre. »
« Dans l’ensemble, les familles
de ma paroisse qui ont lu l’exhortation la reçoivent avec bonheur,
elles y trouvent de quoi se nourrir,
relate le P. Éric Morin, prêtre du
diocèse de Paris et coordinateur de
l’École Cathédrale. Mais j’entends
aussi des résistances, des difficultés
à voir les continuités avec les textes
précédents. »
Professeur au Centre Sèvres
et président de l’Association des
théologiens pour l’étude de la
morale, le P. Alain Thomasset entend aussi ces différents sons de
cloche : « Amoris laetitia est un
encouragement formidable pour
les services de pastorale familiale
qui se sentent renforcés et invités
à collaborer avec d’autres (charité,
De nombreuses familles considèrent l’exhortation Amoris Laetitia comme une bonne chose. Mais sa mise en œuvre reste floue,
aussi bien pour les laïcs que pour les diocèses. Corinne Simon/Ciric
préparation aux sacrements, catéchèse, etc.). Mais beaucoup se demandent “comment on va faire ce
discernement personnel et pastoral”. » Lors de ses interventions,
quel que soit le public, la même
question revient : « ”et dans tel cas,
on a le droit ou on n’a pas le droit ?”
Quand je réponds que ça dépend,
s’exprime alors parfois la crainte
de “l’arbitraire” », reconnaît-il.
La méthode demandée par le
pape, incontestablement exigeante, implique un basculement :
« juger non plus en conformité à
une règle mais dans un accompagnement personnel qui allie vérité
et miséricorde », résume ce jésuite.
« Un peu perdus », certains prêtres
et laïcs attendent de leur évêque
des directives, ce que certains regrettent, espérant que les diocèses
ne publieront pas trop vite des
orientations pastorales avant que
le travail d’appropriation n’ait eu
lieu. « De toute façon, les diocèses
ne se précipitent pas sur le texte
parce qu’eux-mêmes ne savent pas
comment s’y prendre », remarque
un laïc engagé.
Diacre, responsable de l’accueil des personnes séparées
ou divorcées dans le diocèse de
Créteil, Jean Delarue ne se sent
pas bousculé par le texte. Au
contraire, Amoris laetitia renoue
à ses yeux avec « une Tradition
qui s’était un peu perdue, sauf
chez les ignatiens ». Formé par
le P. Xavier Thévenot, il a appris
avec ce grand théologien moraliste à « articuler Évangile, ma-
paroles
mettre au travail, en évitant
deux écueils : ne pas bouger, et
nous contenter de simplement
déplacer la frontière. Le vrai
défi, c’est de trouver comment
accompagner vraiment ces
personnes. Pour cela, l’idéal
serait de créer des groupes de
travail pour lire le texte chapitre
par chapitre, dans le dialogue et
éventuellement la confrontation.
Car il ne faut pas faire comme si
le texte ne posait pas problème.
Cela prendra plusieurs mois,
mais cela nous permettra
d’avancer ensemble concernant
les critères de discernement.
S’ils nous étaient donnés de
l’extérieur, nous ne romprions
pas avec l’ancienne logique. »
« Ne pas faire
comme si le texte
ne posait pas
problème »
Bertrand Dumas
Directeur du centre
théologique de MeylanGrenoble
« Faut-il appliquer tout de suite
les paragraphes de l’exhortation
concernant les divorcés
remariés ? Cela supposerait qu’ils
donnent une feuille de route.
Or le pape, volontairement, ne
l’a pas fait. Il nous faut nous
Recueilli par Anne-Bénédicte
Hoffner
gistère, conscience personnelle et
prise en compte des situations particulières ».
Heureux de ce texte qui « élargit déjà la palette » des propositions offertes aux divorcés remariés et conscient des attentes
qu’elle suscite « à la base », il
sait toutefois que sa mise en
œuvre concrète – un « chantier
énorme » – sera longue. Et qu’elle
passera d’abord par une « indispensable étape » de formation.
De nombreuses demandes sont
adressées en ce sens aux facultés
de théologie comme au service
Famille et société de la Conférence des évêques de France
(CEF) : elles témoignent d’un
besoin d’accompagnement des
acteurs de la pastorale familiale
eux-mêmes. « Des diocèses ou
des mouvements nous sollicitent
pour les aider à rentrer dans la
dynamique du texte. Plusieurs
ont aussi des questions plus spécifiques sur le discernement »,
souligne Oranne de Mautort,
directrice adjointe de ce service
PPP
de la CEF.
La Croix -jeudi 30 juin 2016
RELIGION
PPP Pour répondre aux demandes, l’Université catholique
de Lyon et le Centre théologique
de Meylan-Grenoble planchent
en partenariat sur plusieurs propositions : une sorte de « kit »
destiné aux diocèses, déclinable
selon les publics à qui ils souhaitent s’adresser (prêtres et diacres,
grand public, équipes de préparation au mariage, etc.), puis, à
partir de la rentrée 2017, un certificat universitaire de pastorale
familiale, dont l’exhortation servirait de « fil rouge » et qui allierait trois sessions de trois jours et
cours en ligne. Parce que son programme de cours était déjà bouclé
le 8 avril, l’École Cathédrale devra
se contenter cette année de « propositions ponctuelles » : sept ou
huit « jeudis – théologie » seront
tout de même consacrés à Amoris
laetitia, notamment ses sources
bibliques, probablement complétés par des tables rondes au Collège des Bernardins.
Une édition annotée du texte est
également en préparation, sous
la direction du service national
Famille et société de la CEF et de
la faculté de théologie du Centre
Sèvres (1) : destinée au grand public, elle a été conçue pour servir de
base à un travail individuel ou en
groupe. Elle est particulièrement
attendue à Strasbourg par les laïcs
déjà engagés dans l’accompagnement des personnes divorcées remariées qui ont prévu de se réunir
régulièrement à la rentrée autour
du texte. « Nous avons besoin d’une
grille de lecture commune qui nous
permette de trouver non pas ce que
chacun voudrait y voir mais ce qui
y figure vraiment », précise Agnès
Schléret, responsable de la pastorale familiale, heureuse déjà de cet
« élan » qu’elle ressent depuis le Synode et de cette place « plus importante donnée aux familles ».
L’enjeu est aussi dans cette appropriation du texte par les fidèles, « pour sortir de ce ”cléricalisme” souvent dénoncé par le
pape et réaliser enfin cette Église
synodale qu’il réclame », souligne
Mgr Bordeyne, recteur de l’Institut catholique de Paris, qui a
participé au Synode comme expert. « Dans l’accompagnement
des personnes, nous aurons besoin
de critères communs, sans doute à
l’échelle des paroisses ou des diocèses, mais pour cela, il faut qu’on
se parle », estime de son côté
Alain Thomasset. « Le pape le dit
dans l’exhortation : les solutions
ne tomberont pas d’en haut. Aux
pasteurs de trancher mais après
avoir écouté ceux qui connaissent
les problèmes, les couples, les acteurs de terrain. L’urgence c’est de
prendre le temps de lancer des processus pour cela. La démarche synodale est à poursuivre. »
Anne-Bénédicte Hoffner
(1) La Joie de l’amour, édition présentée
et annotée sous la direction du service
national Famille et société de la CEF
et de la faculté de théologie du Centre
Sèvres, Éd. Lessius, 300 p., 13 €.
À paraître fin août 2016.
25
Le nombre d’ordinations baisse
légèrement en France
tUne centaine de prêtres
catholiques devraient être
ordonnés cette année en
France, contre 120 en 2015
et 140 en 2014.
Comme chaque année, les diocèses ont ordonné leurs nouveaux
prêtres et diacres le week-end le
plus proche de la fête des saints
Pierre et Paul, le 29 juin. Pour
2016, la Conférence des évêques
de France (CEF) a dénombré, selon
des estimations provisoires, une
centaine d’ordinations de prêtres :
79 sont des prêtres diocésains,
18 des prêtres religieux, cinq des
prêtres de la communauté SaintMartin et cinq autres de l’Institut
du Bon-Pasteur.
Parmi les 22 diocèses concernés
par des ordinations, le diocèse de
Vannes a ordonné sept prêtres. Soit
le plus fort contingent de l’année,
derrière celui de Paris (11 prêtres).
Le diocèse breton n’avait plus atteint un tel chiffre depuis 1968.
Les diocèses de Fréjus-Toulon et
de Bordeaux ont également connu
une belle année, avec respectivement six et cinq nouveaux prêtres.
Le diocèse de Saint-Denis a lui ordonné quatre prêtres. Il n’avait plus
vécu d’ordinations depuis huit ans.
Cette légère embellie ne suffit
pas à enrayer la baisse globale du
nombre de prêtres ordonnés : 120
en 2015, 140 en 2014 et 130 en 2013.
Ce qui ferait du millésime 2016,
avec une centaine de prêtres, l’un
des plus bas de l’après-guerre.
À court terme, la baisse s’ex-
plique par la diminution marquée
du nombre de religieux ordonnés
prêtres. En 2014, ils étaient une petite soixantaine, en 2015 une petite
cinquantaine, contre 18 cette année.
Mais il faut relativiser les chiffres de
2016, pour l’instant provisoires.
L’institut du Christ-Roi Souverain Prêtre, qui avait ordonné huit
prêtres français en 2015, n’a par
exemple pas encore été comptabilisé dans le recensement 2016
de la CEF. Huit nouveaux prêtres
« Il y a une crise des
vocations dans notre pays
parce qu’il y a une crise de
la foi, de la transmission,
du sens, de la famille. »
français doivent être toutefois ordonnés en juillet par l’institut. Ce
qui en fera la communauté la plus
prolifique en prêtres en 2016, et remontera sensiblement le total de
prêtres ordonnés. La plupart des
autres communautés connaissent toutefois une légère baisse de
prêtres ordonnés.
Cette diminution générale s’inscrit aussi dans une tendance longue.
La diminution des prêtres est quasi
régulière en France depuis le début
des années 1950. « Cette crise est ellemême la conséquence d’autres crises,
souligne Mgr Olivier Ribadeau Dumas, secrétaire général et porte-parole de la CEF. Il y a une crise des vocations dans notre pays parce qu’il y
a une crise de la foi, de la transmission, du sens, de la famille. »
L’effondrement de la pratique
religieuse, en particulier, a de
fortes conséquences sur le nombre
de vocations sacerdotales. « Sur les
cent dernières années, la proportion de prêtres en France est à peu
près corrélée au taux de pratique »,
explique Sœur Nathalie Becquart,
directrice du Service national pour
l’évangélisation des jeunes et pour
les vocations (Snejv).
Mgr Ribadeau Dumas se dit
conscient que la baisse du nombre
de prêtres français est aujourd’hui
inéluctable. Mais il tient à rappeler
les propos du pape François dans
son interview à La Croix, le 17 mai :
« Durant deux siècles, la Corée a été
évangélisée par des laïcs. (…) Pour
évangéliser, il n’y a pas nécessairement besoin de prêtres. » « Il est
bien sûr extrêmement important
d’avoir des prêtres, mais ce qui est
encore plus important, c’est que
toute l’Église soit missionnaire,
abonde Mgr Olivier Ribadeau Dumas. Il y a aujourd’hui des laïcs, des
baptisés qui sont de vrais prophètes
dans notre société. »
Du côté des vocations, l’espoir
reste de mise. Une enquête de la
CEF avait montré, en décembre
dernier, que 10 % des Français
avaient déjà pensé à la vie religieuse. Le chiffre monte à 15 %
chez les 18-24 ans.
La CEF a aussi enregistré une
petite hausse du nombre de séminaristes diocésains en France
en 2015 : 653, contre 645 en 2014.
Parmi eux, 106 ont commencé une
première année de formation en
2015, contre 90 en 2014.
Pierre Wolf-Mandroux
Les lefebvristes repoussent
l’idée d’un ralliement à Rome
tTrois mois après
la rencontre au Vatican
entre le supérieur de la
Fraternité Saint-Pie-X et le
pape François, Mgr Fellay
a fait savoir hier que la
reconnaissance canonique
n’était pas sa priorité, en dépit
des récentes ouvertures de
Rome.
Un pas en avant, deux pas en arrière. Dans le pénible dialogue entre
Rome et les lefebvristes, leur chef
de file, Mgr Bernard Fellay, vient de
marquer un coup d’arrêt, opposant
un refus net au pape qui avait pourtant fait des signes dans leur direction, en reconnaissant notamment
comme licites les absolutions accordées par les prêtres de la Fraternité
sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX) au
cours de l’Année de la miséricorde.
Mgr Fellay a ainsi affirmé, dans
un communiqué diffusé hier, que
la FSSPX « ne recherche pas avant
tout une reconnaissance cano nique » mais entend bien « continuer de porter fidèlement la lumière
de la Tradition bimillénaire ». Dans
cette note, il déplore également « la
grande et douloureuse confusion qui
règne actuellement dans l’Église »,
accusant le pape d’encourager des
« erreurs ».
Ces derniers mois, Mgr Fellay et
certains responsables de l’institut
avaient semblé adopter une attitude
plus conciliante envers les autorités
romaines. Mais, hier, le supérieur
général de la FSSPX a, une nouvelle
fois, fermé la porte des discussions
à une date symbolique, celle de la
fête des saints Pierre et Paul, jour
anniversaire des ordinations épiscopales par Mgr Marcel Lefebvre
en 1988, qui avaient provoqué le
schisme.
Il y a quelques mois, l’abbé Franz
Schmidberger, ancien supérieur
général de la FSSPX, avait détaillé dans un document adressé à
quelques responsables lefebvristes,
y compris Mgr Fellay, les arguments
qui justifieraient une réintégration
par Rome, suscitant de nombreux
remous dans la sphère traditionaliste. Étant donné les « exigences »
du Vatican revues à la baisse, estimait-il, « semble être arrivé le bon
moment pour régulariser la situation de la Fraternité ». Les déclarations d’hier démontrent qu’un tel
moment est loin d’être arrivé.
Marie Malzac
essentiel
Canada T
Les évêques condamnent
la légalisation de
l’euthanasie
La Conférence des évêques
catholiques canadiens (CECC)
a vivement condamné la légalisation de l’euthanasie et du
suicide assisté, adoptée il y a
dix jours. Mgr Douglas Crosby,
président de la CECC, voit
dans cette loi un échec du
gouvernement canadien qui a
pour mission d’« assurer une
protection humaine authentique pour les personnes souffrantes et vulnérables parmi
nous ». « Notre société consacre
désormais l’homicide comme
une manière acceptable de
mettre fin à la souffrance »,
déplore-t-il.
Philippines
Rodrigo Duterte
défie l’Église sur
la contraception
Rodrigo Duterte, le président
philippin qui prendra officiellement ses fonctions jeudi
30 juin, a annoncé son intention de promouvoir de « façon
intensive » la contraception
artificielle, vantant le programme de planning familial
qu’il a mis en place à Davao
lorsqu’il en était maire. Dans
cette grande ville, des subventions sont versées aux villageois qui acceptent de subir
une vasectomie, ainsi qu’aux
chirurgiens pratiquant les
opérations. Une nouvelle fois,
Rodrigo Duterte provoque
l’Église catholique, qui s’oppose aux moyens artificiels de
contrôle des naissances.
Afrique du Sud T
Les évêques inquiets des
violences préélectorales
La commission Justice et Paix
sud-africaine s’inquiète des
violents incidents, émeutes
et assassinats, qui ont récemment émaillé la campagne
pour les élections municipales
du 3 août. Le président de
cette commission, Mgr Abel
Gabuza, évêque de Kimberley,
appelle les jeunes à « ne pas se
laisser utiliser par des politiciens dont l’intérêt premier
est la quête de pouvoir ».
X
sur la-croix.com
t À la Saints-Pierreet-Paul, le pape
souligne l’action
de la prière
t La musique
chrétienne bientôt
mieux prise en compte ?
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