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Comment s`adapter suite aux intempéries

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Comment s’adapter suite aux
intempéries
28 juin 2016
Les intempéries depuis fin mai ont causé de nombreux dégâts dans les cultures, mais aussi dans les
prairies. Dans les pâtures, là où l’herbe a été piétinée par les pieds des animaux, les repousses sont
difficiles. Côté stock, les pluies à répétition et les orages imprévisibles ont retardé la plupart des
récoltes, ce qui sera sans doute synonyme de qualité médiocre.
Le réseau herbe et fourrages vous présente les réponses qui existent aux problèmes auxquels sont
confrontés les éleveurs aujourd’hui.
Situations abordées
1. Mon foin est versé, il a été inondé et est resté plusieurs jours sous l’eau. Aujourd’hui, il est pourri
en partie ou en totalité. Il y a parfois même des résidus dans la parcelle (terre, sable, branches, etc.),
et la portance est encore limite : qu’est-ce que je fais ? ......................................................................... 2
2. Mes prairies ont été fortement piétinées au pâturage, et beaucoup de refus restent. Y a-t-il
quelque chose à faire ? ........................................................................................................................... 3
3.
Je n’ai pas encore semé mon maïs, ou il manque beaucoup de pied : quelle stratégie adopter ? 5
4.
Que faire des céréales très sales, versées, malades ou mal remplies ? ........................................ 6
5. Au vu du printemps, un manque de fourrages en quantité ou en qualité est à prévoir pour l’hiver :
comment refaire du stock de sécurité et nourrir cet été ? ....................................................................... 7
Programme Herbe et fourrages Centre
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1. Mon foin est versé, il a été inondé et est resté plusieurs jours sous
l’eau. Aujourd’hui, il est pourri en partie ou en totalité. Il y a parfois
même des résidus dans la parcelle (terre, sable, branches, etc.), et la
portance est encore limite : qu’est-ce que je fais ?
Lorsque des branches ou autres objets sont présents dans la parcelle, la seule solution est de les
enlever manuellement pour éviter d’abîmer le matériel de récolte.
Dans le cas où de la terre ou du sable s’est déposé sur plus de 5 cm de hauteur, ou si l’herbe est en
partie pourrie, le fourrage récolté sera peu appétent, et de faible valeur alimentaire pour les animaux.
Mais vous avez intérêt à exporter cette herbe de la parcelle, pour avoir un regain de qualité ou une
repousse rapide pour la pâture.
Trois solutions s’offrent à vous :
Stratégie
Avantage
Faucher, et presser pour exporter l’herbe. La
présence de terre et/ou de pourriture donnera un
fourrage abîmé et à fort risque butyrique et/ou de
listeria. Ce fourrage ne peut pas être conservé
pour les animaux : le mettre en fumier
Permet
une
repousse
rapide
pour pâturer ou
faire un regain de
qualité
Coûteux
Broyer et laisser l’herbe se décomposer
Peu coûteux
Risque
de
gêner
repousse car trop
volume
Attendre de pouvoir faire du foin pour nettoyer la
parcelle
Peu
coûteux.
Permet d’avoir du
fourrage
Risque de ne pas avoir de
repousses propres avant
les chaleurs.
Foin qui ne pourra être
utilisé qu’en complément
d’affouragement l’été
Programme Herbe et fourrages Centre
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Inconvénient
la
de
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Dans tous les cas, n’intervenir qu’en sol ressuyé. Tant que la portance est limite sur une grande
partie de la parcelle, il ne faut pas tenter d’intervention mécanique (fauche et autre). Autrement, c’est
la production d’herbe du reste de l’année qui sera menacée. Si la faucheuse marque, stopper le
chantier et patienter quelques jours de plus.
Pour ramasser le maximum d’herbe avec la faucheuse, incliner la barre de coupe vers l’avant, et
faucher dans le sens contraire de la verse autant que possible pour ramasser le maximum d’herbe.
2. Mes prairies ont été fortement piétinées au pâturage, et beaucoup de
refus restent. Y a-t-il quelque chose à faire ?
Les pluies ont complexifié la gestion de l’herbe. Avec l’humidité, l’herbe a continué à pousser mais les
conditions de portance se sont fortement dégradées au point que même le pâturage est devenu
impraticable dans beaucoup de situations. Les stratégies ont alors été différentes : certains éleveurs
ont rentré leurs animaux, d’autres ont limité le temps de séjour sur chacune des parcelles, ou encore
ont sacrifié un ou quelques paddocks pour stocker leurs bovins.
Le constat est le suivant :
-
présence importante de refus et d’herbe couchée. Afin de redynamiser les repousses, il
est important de les faucher ou de les broyer (en fonction du volume d’herbe sur pied). Se
reporter au point 1.
-
zones de sol nu, sans végétation suite aux piétinements des animaux. « On parle de prairie
dégradée lorsque sur un mètre carré, on voit l’équivalent d’au moins la surface d’une assiette
sans végétation ».
Programme Herbe et fourrages Centre
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Préconisations :
-
Nivelage des trous laissés par les pieds des animaux
Cela peut être réalisé par les animaux eux-mêmes avec un nouveau passage sur la parcelle une fois
ressuyée, avec un sol encore légèrement malléable en surface. Cela peut également être fait à l’aide
d’un rouleau de type « cultipacker », « crosskillette », sur sol bien ressuyé.
-
Faut-il sursemer ?
Le printemps 2013, très humide, avait aussi provoqué un tel piétinement. Le reste de l’année avait
montré que la flore des prairies naturelles ont la capacité de recoloniser ce sol nu. Vous pouvez
attendre la fin août pour voir l’évolution de la prairie avant d’intervenir.
La réussite d’un sur-semis est très aléatoire. Voici les conditions qui la favorisent :
Eviter de sursemer derrière un foin, surtout s’il a été récolté tardivement et qu’il présentait des
adventices. Les graines provenant de ces espèces seront autant de concurrence potentielle
pour celles que l’on souhaite mettre en place.
Fin août reste la période favorable. D’abord, cela permet de voir comment la prairie va se
comporter ces deux prochains mois, et d’autre part, la végétation déjà existante est alors
moins poussante, donc moins agressive vis-à-vis des espèces sursemées.
Pas d’apport d’azote afin de ne pas favoriser la flore déjà en place.
Intervenir sur une végétation la plus rase possible pour qu’un maximum de lumière arrive au
niveau du sol.
Choisir des espèces agressives : ray-grass, trèfle blanc, trèfle violet.
Intervenir sur un sol ouvert. La préparation du sol est par définition sommaire, mais il faut
créer des conditions favorables à la germination.
Travailler en conditions optimales : sol réchauffé, friable et légèrement humide.
Ne pas « enfouir » les graines, elles doivent être à 1 cm de profondeur.
Bien rappuyer le sol après semis pour favoriser le contact terre/semence. Un passage
d’animaux peut suffire.
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3. Je n’ai pas encore semé mon maïs, ou il manque beaucoup de pied :
quelle stratégie adopter ?
Il y a beaucoup de parcelles de maïs qui ne sont pas semées au sud de la Loire et encore quelquesunes de façon éparse sur toute la région Centre. Certaines déjà semées sont impactées par
différentes choses : inondations, mouche du semis, taupins, geomyza… Il faudra donc prendre soit la
décision de re-semer, soit d’implanter une nouvelle culture. Nous allons voir les différents scénarios cidessous.
Cas 1 : vous n’avez pas encore semé votre maïs

Jusqu’à début Juillet :
Il est encore possible de semer des maïs sans souci, mais en adaptant les indices de précocité. Il
est aujourd’hui nécessaire d’aller sur des indices de précocité inférieur à 200 et de se rapprocher le
er
plus possible des indices 160-180. Pour un semis au 1 juillet, avec un indice 160-180, il y a des
chances de pouvoir récolter un maïs ensilage à 32% de matière sèche entre le 20 et le 25 octobre,
avec une climatologie favorable. Mais dans les parcelles encore gorgées d’eau, la portance ne sera
sûrement pas bonne à ces dates. Il faut absolument intervenir dans de bonnes conditions de
semis afin de ne pas pénaliser la levée du maïs et ne pas endommager encore plus les parcelles.
Si vous ne pouvez pas trouver des maïs avec des indices précoces, et que votre maïs n’est pas semé
: garder les semences pour l’année prochaine, ou les rendre à votre fournisseur, et chercher à acheter
des hectares sur pied à proximité de votre exploitation. Sinon, vous pouvez semer une dérobée d’été
(cf paragraphe dérobée).

Au-delà de début Juillet :
Il est risqué de mettre en place du maïs, car cela sous-entend une récolte très tardive (novembredécembre) qui pourra être soumise à des gels entrainant une anticipation de la récolte. De plus,
rentrer avec des ensileuses dans les parcelles au mois de novembre n’est pas facile sur certains
secteurs. Vous pouvez semer une dérobée pour avoir au moins une production de fourrage à récolter
en septembre sur la parcelle (cf paragraphe dérobée page 7).
Cas 2 : vous avez semé votre maïs, mais vous observez un manque important de pieds ou des
pieds malades (- de 50 000 pieds/ha)

vous avez désherbé
Vous pouvez faire un sur-semis de maïs entre rangs avec des outils de semis direct (impliquant une
récolte avec coupe kemper). Si vous n’êtes pas équipé avec du matériel pour le sur-semis, il est aussi
possible de semer une dérobée d’été, mais il faudra être vigilant aux cultures à implanter suite à
l’application de produits de désherbage de pré-levée ou post-levée précoce que vous avez faite sur le
maïs. Par exemple, après l’application d’Adengo, seul un maïs peut être semé, pas de sorgho ni de
ray-grass.

vous n’avez pas désherbé votre maïs
Le re-semis complet de la parcelle avec un semoir classique est à envisager. Se reporter alors au cas
1.
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Précision sur l’azote pour maïs et betteraves fourragères implantés
L’épisode pluvieux hors norme que nous venons de subir sur la région a plusieurs conséquence sur
les cultures de maïs. Outre les parcelles ennoyées, on peut craindre des pertes substantielles
d’azote sous les parcelles de maïs fertilisées.
Arvalis a fait tourner ses modèles de lessivage sur quelques cas type de la région et il apparait que
pour les situations qui cumulent des pluies depuis le semis >= à 200mm et des types de sols sableux
ou argilo calcaires superficiels, entre 50 et 90% de l’azote de l’engrais est lixivié. Même si, dans la
majorité des situations, la fertilisation azotée des maïs n’est pas soldée à l’heure actuelle, les enjeux
se situent, selon Arvalis, tout de même autour de 50 à 100 U.
Des démarches sont mises en place pour sensibiliser l’administration à ce cas de figure exceptionnel
et permettre aux producteurs de maïs, tournesol, betterave concernés de dépasser la dose totale
prévisionnelle d’apports comme peut le suggérer l’article 10 de l’arrêté préfectoral 16.081 du
18/03/2016 qui stipule qu’en cas d’accident cultural, la dose du bilan pourra être dépassé mais avec
un enregistrement précis de l’accident et de sa date.
4. Que faire des céréales très sales, versées, malades ou mal remplies ?
Beaucoup d’éleveurs comptent aussi des céréales dans leur assolement. Dans certaines parcelles, le
rendement pourrait être insuffisant pour rentabiliser les charges investies sur la culture. Si le grain n’a
pas dépassé le stade laiteux-pâteux, une récolte en ensilage est possible, à valoriser auprès des
animaux à plus faible besoin. Attention au délai avant récolte du dernier traitement. Si le grain est
pâteux, il est trop tard, un tel ensilage ne se conservera pas. Il faudra récolter en grain coûte que
coûte.
Valeur alimentaire moyenne au stade grain laiteux-pâteux (source INRA 2007) :
(/kg MS)
MS
UFL
PDIN
PDIE
MAT
CB
35%
0,64
60
60
9,8%
26,7%
Attention à la qualité sanitaire des céréales : les grains touchés par la fusariose sont propices à la
présence de mycotoxine, et sont donc à écarter de la consommation animale.
Programme Herbe et fourrages Centre
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5. Au vu du printemps, un manque de fourrages en quantité ou en qualité
est à prévoir pour l’hiver : comment refaire du stock de sécurité et
nourrir cet été ?
Des éleveurs de toutes les filières peuvent être dans cette situation : un éleveur ovin en tout foin, qui a
l’essentiel de son foin versé encore non récolté, un éleveur bovin lait qui n’a pas pu semer 50% de
ses maïs, un éleveur caprin qui n’a pas pu aller chercher toutes ses premières coupes de trèfle violet,
un bovin viande qui n’avait plus de stock en sortie d’hiver, qui a affouragé au champ au printemps,
dont une partie des prairies sont piétinées et une partie du foin versé, etc.
Plusieurs solutions sont possibles :
-
Implanter des dérobées entre deux céréales, ou entre une céréale et une culture de
printemps.
Acheter du fourrage, sur pied ou en botte : recherchez le fourrage de qualité, qui sera rare
cette année
Achat de maïs sur pied : recherchez également le maïs en bon état, sinon autant acheter de
l’aliment.
Le réseau herbe et fourrages met à votre disposition une plateforme d’annonces d’offres et de
demandes de fourrages sur son site internet http://www.herbe-fourrages-centre.fr
Implanter une dérobée
Le choix d'une culture dérobée doit être raisonné en fonction du type d'animaux auquel elle sera
destinée. Un bilan fourrager sommaire, mais indispensable est à faire dans ces situations pour éviter
toute précipitation inutile. Si l'on décide de mettre en place ce type de cultures, il faut envisager
l'utilisation probable qui en sera faite, en fonction de la parcelle (éloignement, portance), de la
destination prévue (pâturage et/ou stock) et de la place dans la rotation à venir, pour réaliser le
meilleur compromis entre avantages et contraintes.
Cette culture complémentaire occasionne des coûts importants en frais d’implantation et de récolte, il
faut donc mettre toutes les chances de son côté pour leur réussite.
Programme Herbe et fourrages Centre
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Choix de la parcelle à semer en fonction de la rotation
Vous pouvez implanter une dérobée au sein des rotations en place, ou vous pouvez décider d’adapter
votre rotation cette année pour pouvoir en implanter.
Vous pouvez semer :
-
-
Derrière céréale récoltée en immature : choisir une dérobée à semer avant le 10 juillet (voir cidessous)
Sur parcelle prévue en maïs, mais non encore semée : choisir une dérobée à semer avant le
10 juillet
Derrière orge menée en grain, si ce n’est pas un colza prévu derrière (sinon la dérobée n’aura
pas le temps de produire). Dans ce cas, vous pouvez choisir de ne pas faire un colza derrière,
pour pouvoir cultiver la dérobée. Choisir une dérobée à semer avant le 10 juillet.
er
Derrière blé, triticale ou colza mené en grain : choisir une dérobée à semer après le 1 août.
Vous pouvez éventuellement voir avec vos voisins céréaliers pour utiliser leurs surfaces SIE pour
implanter des dérobées. Attention dans ce cas aux résidus de désherbage tardif qui ont été faits
courant avril contre chardons, rumex ou gaillet).
Précautions d’implantation
Assurez-vous de l’humidité suffisante du sol afin d’assurer la levée : un semis dans la foulée de la
moisson est souvent réussi. Un contrôle particulier doit être apporté aux herbicides appliqués sur la
culture précédente (principallement sulfolynurées). Enfin, une attention particulière doit être apportée
au réglage des grilles de la moissonneuse afin de jeter le moins possible de petits grains : ceux-ci
pénaliseront la culture nouvellement semée.
Aspects zootechniques
La plupart de ces cultures dérobées ont une valeur alimentaire modeste. Le RGI et le colza fourrager
sont les deux espèces qui présentent la meilleure densité énergétique. Le colza fourrager a aussi une
bonne teneur en protéines.
RGI et colza fourrager vont facilement venir en substitution de maïs ensilage pour les systèmes bovin
lait. Les autres espèces seront plus adaptées aux besoins des génisses ou pour compléter les stocks
insuffisants des mères allaitantes.
Choix de la dérobée
Le tableau ci-dessous résume les principales espèces utilisables en dérobée. Vous trouverez ensuite
des données détaillées pour chacune d’entre elles.
Programme Herbe et fourrages Centre
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Tableau des dérobées possibles (source : chambre d’agriculture du Loir-et-Cher)
Dose de semis
Date de
semis
Fourrage
En pur
Sorgho fourrager
Multi-coupe
20 kg / ha pour variété
sudan grass (pâturage)
Type
d’exploitation
Rendements
(TMS/ha)
Valeur
nutritive
Observations
3à6
0,72-0,85 UFL
et 10 à 12 % de
MAT
Attendre 60 cm (40 cm pour variété sudan grass) pour faire
pâturer sinon risque de toxicité.
Fenêtre d’exploitation en pâture très étroite (15 j).
Mettre un fil avant et arrière pour ne pas gaspiller et faciliter la
repousse.
En ensilage coupe directe mettre de la paille au fond du silo pour
absorber l’eau.
Moins de rendements que le sorgho.
Possibilité de faire pâturer avant 60 cm.
Moins de refus au pâturage que le sorgho.
Multi coupe.
Bonne valeur alimentaire en mélange
Pas d’intérêt
Ensilage
Enrubannage
Pâture
Ensilage
Enrubannage
Pâture
3à6
0,72-0,77 UFL
et 10 à 12 % de
MAT
30 kg / ha pour variété
hybride (fauche)
Avant le 10
juillet
Après le 1er
août
Associé avec
légumineuse (kg/ha)
Millet perlé
fourrager
15 kg /ha
7 kg millet + 12 kg trèfle
d’Alexandrie
ou 10 kg vesce
Moha
25 kg / ha
12 kg moha et 12 kg de
trèfle d'Alexandrie
Foin
Enrubannage
Pâturage
3à4
0,72-0,80 UFL
et 10 à 14 % de
MAT
Le moha chute rapidement en valeur alimentaire une fois qu’il
est épié.
Bonne valeur alimentaire en mélange
Avoine brésilienne
diploïde
60 kg / ha
50 kg d’avoine et 10 kg
de vesce ou 12 kg de
trèfle d’Alexandrie
Ensilage
Enrubannage
Pâture
3à6
0,72-0,80 UFL
et 11 à 16 % de
MAT
Bonne production sur l’automne et très appétent.
Possibilité de semer une céréale à la suite.
20 à 25 kg / ha
12 kg de RGI et 15 kg de
trèfle incarnat
Ensilage
Enrubannage
Pâture
2à3
0,93 UFL et 12
% MAT fin
épiaison
Récolte sur octobre : attention au matraquage des parcelles qui
peut pénaliser la coupe du printemps
Pérennité : 6-8 mois
Très bonne valeur alimentaire
Pâture
Affouragement
3à5
0,85 UFL et 19
% MAT
Pâturage possible jusqu’en début d’hiver.
Nécessité de mettre un libre-service foin/paille pour limiter à 40
% la part de colza dans la ration.
Très bonne valeur alimentaire
Pâture
Affouragement
3à5
0,89 UFL et 15,5
% MAT
L’introduction de RGI en mélange sécurise le pâturage du colza
RGI alternatif
diploïde
Colza fourrager
6 à 12 kg / ha
Colza fourrager +
RGI
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10 kg RGI et 5 kg colza /
ha
9/23
Le sorgho fourrager multicoupe
Sorgho fourrager
Il en existe deux types : monocoupe ou multicoupes.
Le sorgho fourrager multicoupe se caractérise par sa capacité de repousse, autorisant
plusieurs coupes successives.
 Les variétés sudan-grass sont plus adaptées au pâturage (tige fine)
 Les variétés hybrides (sorgho x sudan-grass) sont plus adaptées à la fauche.
Rendement
Les multi-coupes donnent des rendements compris entre 3 et 6 TMS/ha pour une coupe, et peuvent
atteindre un totale de 6 à 12 tMS suivant la climatologie en une période très courte (première coupe
de 45 jours à 60 jours après semis avec de 4 à 6 tMS) puis repousses. Ceci sous -entend des récoltes
aux mois de septembre et d’octobre pour des semis de Juillet.
Valeur alimentaire
Récolté au stade début épiaision, les tables INRA annoncent les valeurs alimentaires suivantes : 0,72
UFL, 77 PDIN, 76 PDIE.
En 2011, différents éleveurs du Centre avaient réalisé du sorgho fourrager multi-coupes dont voici les
valeurs alimentaires de 8 échantillons :
Espèce
SF 1
SF 2
SF 3
SF 4
SF 5
SF 6
SF 7
SF 8
Forme
Enrubannage
Ensilage
Ensilage
Ensilage
Ensilage
Ensilage
Ensilage
Ensilage
MS
(%)
40
20
20
17
20
22
19
26
Matière
minérale
(g/kg de
MS)
121
82
65
89
91
75
75
116
23
Sources : PRDA fourrages Centre, 2011
MAT
(g/kg
de MS)
123
123
107
82
106
70
122
96
104
Cellulose
brute
(g/kg de
UFL
UFV
MS)
/kg de MS /kg de MS
332
0.71
0.63
278
0.86
0.79
332
0.79
0.71
331
0.73
0.65
284
0.86
0.80
310
0.85
0.78
311
0.78
0.70
272
0.79
0.71
306
0.80
0.72
UEL
/kg de
MS
1.12
1.21
1.23
1.27
1.22
1.27
1.22
1.26
1.23
UEB
PDIN
PDIE
PDIA
/kg de (g/kg de (g/kg
(g/kg
MS
MS)
de MS) de MS)
1.22
75
70
22
1.37
72
58
15
1.41
67
54
14
1.49
54
49
11
1.39
67
58
14
1.48
50
55
11
1.38
74
54
15
1.47
56
52
14
1.40
64
56
15
Récolte
Programme Herbe et fourrages Centre
28/06/16
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Il peut être pâturé, utilisé en vert ou bien récolté en ensilage/enrubannage. Il ne contient pas
d’amidon et s’exploite en plusieurs coupes à partir d’un stade d’environ 40 cm (sur sudan) à 60 cm
(sur hybride) afin de minimiser la présence d’acide cyanhydrique toxique pour l’animal.
L’ensilage reste le mode d’exploitation de prédilection du sorgho fourrager. Les analyses de valeur
alimentaire nous montrent qu’atteindre 30 % de MS n’est pas chose évidente. Les teneurs en énergie
sont en moyenne plutôt bonnes mais ce fourrage décroche au niveau protéines. Même pour
l’ensilage, il faut chercher à faucher à la conditionneuse et éviter une coupe directe. La
conditionneuse limiter l’effet « plaquage » des tiges au sol et améliore la reprise par le pick up de
l’ensileuse. Le sorgho fourrager reste une plante très riche en eau sur pieds (18 % au stade fin
montaison – début épiaison). On va chercher à atteindre les 30 % de MS en assurant un pré-fanage
de 2 à 3 jours afin d’éviter que le silo coule. Le pilotage de la date de récolte se gère comme pour une
graminée. En visant une récolte juste avant la sortie des premiers épis on va maximiser quantité et
qualité.
L’enrubannages est possible mais les cannes ont parfois tendance à percer les films. Dans ce cas,
préférer plutôt des variétés BMR et essayer de viser des stades de récoltes plutôt précoces. Les
variétés BMR ont la particularité d’avoir une lignification différente (moins de lignine), ce qui
améliore leur digestibilité. Cette caractéristique est liée à la présence du gène BMR (Brown mid rib =
nervure brune centrale) qui a néanmoins l’inconvénient, de rendre les plantes sensibles à la verse. Ils
ont aussi un démarrage en végétation plus lent.
En pâture, il y a un fort gaspillage lorsque le sorgho commence à épier. Le sorgho peut pousser
jusqu’à 6 cm par jour. Ainsi, suivant la hauteur d’entrée, on aura parfois seulement une quinzaine de
jours avant qu’il y ait trop de refus. Après pâturage, on peut broyer pour faciliter les repousses . Si l’on
veut assurer 10 kg de MS par VL pendant 30 jours, il faut prévoir 700 à 800 m² de sorgho par vache.
Mais le sorgho reste une plante difficile à pâturer.
Dose de semis
Compte-tenu de ses capacités, le sorgho valorisera mieux que les autres plantes les parcelles
difficiles, voire séchantes. Assurez la levée en préparant un lit de semence fin et ressuyé en reprise
de labour. Utilisez un semoir à céréales, semez dans la foulée à 2 cm de profondeur (la graine n’a pas
de réserve) et tassez. Les doses de semis sont de 20 à 25 kg/ha en variétés sudan et 30 à 35 kg en
variétés hybride. Pour germer, le sorgho nécessite un sol encore humide et déjà réchauffé à 12° C.
Eliminez la concurrence dès le départ en désherbant les sorghos fourragers avant le semis (lors de la
préparation du sol) et (ou) complétez par un traitement en post-semis/prélevée. Surveillez les
dicotylédones car la plantule de sorgho n’est pas agressive.
Fertilisation
Les besoins en azote pour du sorgho multi-coupes sont modérés. De manière générale, 30 à 40
d’unités d’azote après la levée et après chaque exploitation permettent une bonne production. Le
phosphore limite les risques de toxicité et la potasse aide la plante à résister au sec. Un apport de 60
à 80 unités/ha est suffisant. En cas d’apport de fumier, seul un apport d’azote est nécessaire limité à
30 – 60 N sur l’ensemble du cycle végétatif.
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28/06/16
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Le moha
Photos : moha
Le Moha est une graminée tropicale, résistant très bien à la sécheresse. Cette plante a également la
particularité de se développer très rapidement et a un fort pouvoir couvrant ce qui lui permet de
concurrencer les adventices. Le moha est la seule graminée, avec le millet, à pouvoir se développer
avec moins de 10 mm d’eau nécessaire à la levée. Pour pousser, il lui faut un sol chaud. Les sols
lourds et argileux qui sont moins favorables à son installation sont à éviter.
Rendement
Son rendement peut atteindre 3 à 5 TMS en fin d’été. Il ne peut malheureusement se récolter qu’une
seule fois, il n’y a pas de repousses.
Valeur alimentaire (tables INRA)
CB g/kg MS
MAT g/kg MS
UFL /kg MS
UFV /kg MS
PDIN g/kg MS
PDIE g/kg MS
Stade montaison
Stade début épiaison
264
190
0,81
0,74
119
93
304
122
0,72
0,64
77
76
Le moha voit sa valeur alimentaire chuter rapidement dès que l’épiaison est atteinte.
Programme Herbe et fourrages Centre
28/06/16
12/23
Valeur alimentaires (PRDA fourrages Centre, 2011) :
Moha
Moha
Moha
Moha
Moha
Moha
+
+
+
+
+
+
Espèce
Mode de
récolte
MS (%)
Matière
minérale
(g/kg de MS)
Moha
Moha
Moha
Moha
Moha
Moha
Moha
Foin
Foin
Ensilage
Ensilage
Enrubannage
Enrubannage
Enrubannage
89
87
47
49
73
25
70
144
152
111
113
72
138
97
trèfle
trèfle
trèfle
trèfle
trèfle
trèfle
alexandrie
alexandrie
alexandrie
alexandrie
alexandrie
alexandrie
Trèfle d'Alexandrie
Matière
minérale
(g/kg de MS)
Cellulose
MAT
brute
(g/kg de
(g/kg de
MS)
Espèce
MS)
144
152
111
113
72
138
97
145
122
108
114
123
128
Foin
28
51
73
42
62
93
45
Matière
UFV
minérale
UEL
/kg
MSde
(%)MS(g/kg
/kgde
deMS)
MS
145
122
108
114
123
128
110
MAT
(g/kg
UEB
de
/kgMS)
de MS
Cellulose
brute
(g/kg de
MS)
UFL
/kg de MS
UFV
/kg de MS
UEL
/kg de MS
108
107
106
105
90
164
46
302
320
288
325
359
301
310
0.71
0.68
0.75
0.75
0.75
0.80
0.72
0.64
0.61
0.67
0.68
0.67
0.73
0.65
1.06
1.07
1.11
1.11
1.16
1.05
1.22
1.11
1.12
1.20
1.19
1.29
1.08
1.42
104
315
0.74
0.66
1.11
1.20
121
128
133
97
120
150
272
324
254
292
280
278
0.82
0.70
0.81
0.75
0.80
0.76
0.76
0.62
0.75
0.67
0.73
0.69
1.09
1.09
1.08
1.12
1.08
1.01
1.14
1.16
1.14
1.21
1.14
1.01
125
283
0.77
0.70
1.08
1.13
169
261
0.72
0.64
0.99
0.98
Cellulose
brute
(g/kg
PDIN
de
UFLPDIE
UFVPDIA
UEL
(g/kg
MS)
de MS)/kg(g/kg
de MS
de MS)
/kg(g/kg
de MS
de MS)
/kg de MS
UEB
/kg de MS
UEB
/kg de M
PD
(g/kg d
108Moha
107Moha
106Moha
105Moha
90 Moha
164Moha
46 Moha
302
320
288
325
359
301
310
0.71
Foin
0.68
Foin
Ensilage
0.75
Ensilage
0.75
Enrubannage
0.75
Enrubannage
0.80
0.72
Enrubannage
89
0.64
87
0.61
47
0.67
0.68
49
0.67
73
25
0.73
70
0.65
144
1.06
152
1.07
111
1.11
113
1.11
72
1.16
138
1.05
97
1.22
108
1.11
107
1.12
106
1.20
105
1.19
90
1.29
164
1.08
46
1.42
302
70
320
69
288
72
325
72
359
58
301
101
310
70
0.7177
0.6875
0.7565
0.75 66
0.75 77
0.8066
0.7265
0.64
0.61
0.67
0.68
0.67
0.73
0.65
30
30
23
24
24
22
11
1.06
1.07
1.11
1.11
1.16
1.05
1.22
1.11
1.12
1.20
1.19
1.29
1.08
1.42
7
6
7
7
5
1
7
104
315
0.74
0.66
1.11
104
1.20
315
73
0.7470
0.66 23
1.11
1.20
7
Enrubannage
0.82
Enrubannage
0.70
Enrubannage
0.81
Ensilage
0.75
Enrubannage
0.80
0.76
Foin
28
0.76
51
0.62
0.75
73
0.67
42
62
0.73
93
0.69
145
1.09
122
1.09
108
1.08
114
1.12
123
1.08
128
1.01
121
1.14
128
1.16
133
1.14
97
1.21
120
1.14
150
1.01
272
77
324
85
254
85
292
58
280
78
278
98
0.8264
0.7067
0.81 89
0.75 59
0.8072
0.7687
0.76
0.62
0.75
0.67
0.73
0.69
18
28
34
17
29
40
1.09
1.09
1.08
1.12
1.08
1.01
1.14
1.16
1.14
1.21
1.14
1.01
7
8
8
5
7
9
283
0.77
0.70
1.08
125
1.13
283
80
0.7773
0.70 28
1.08
1.13
8
Trèfle
169d'Alexandrie
261
Foin
0.72
0.64
45
110
0.99
169
0.98
261
110
0.7284
0.64 44
0.99
0.98
11
Moha
Moha
Moha
Moha
Moha
Moha
+
121
trèfle
+
128
trèfle
+
133
trèfle
+97
trèfle
+
120
trèfle
+
150
trèfle
125
110
Mode
UFL de
/kg
récolte
de MS
Enrubannage
Enrubannage
Enrubannage
Ensilage
Enrubannage
Foin
MAT
(g/kg de
MS)
alexandrie
272
alexandrie
324
alexandrie
254
alexandrie
292
alexandrie
280
alexandrie
278
Précision : Face à la sécheresse 2011, les éleveurs ont bien souvent cherché à maximiser la quantité,
au détriment de la qualité. Les valeurs alimentaires obtenues avec ces 14 échantillons sont très
moyennes, sauf pour les associations avec du trèfle d’Alexandrie ou l’on améliore la teneur en MAT.
Récolte
Le moha a un cycle de végétation court (60 à 90 jours). On peut l’exploiter en ensilage, en
enrubannage ou en foin. C’est en général deux mois après le semis que la fauche va être réalisée,
correspondant au stade début épiaison (environ 70 cm), à ce stade la valeur alimentaire est optimale.
La fauche ne demande pas d’exigence particulière, elle est effectuée comme pour toute autre prairie,
par ailleurs, il est assez facile de le faire sécher.
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13/23
La pousse explosive du moha rend son utilisation en pâture délicate.
Dose de semis
Le lit de semence doit être fin et émietté, à une profondeur 1 à 2 cm maximum avec un rappuyage
après semis, qui permet d’assurer le contact graine-terre. Le semis doit être effectué à la dose de 20 25 Kg/ Ha en pur, ou de 10 - 15 Kg / Ha en association avec le trèfle d’Alexandrie à 12 Kg / Ha (très
bonne complémentarité entre ces 2 espèces. Le trèfle d’Alexandrie, légumineuse non météorisante
capable de pousser elle aussi par fortes températures, améliore la valeur alimentaire du moha
implanté seul).
Surveiller les limaces jusqu’au stade 3 – 4 feuilles.
Le millet perlé fourrager
Millet perlé fourrager, 50 jours après le semis, Cher, 2011
Le millet perlé est une graminée annuelle estivale d’implantation rapide, très résistante au sec et à la
chaleur qui nécessite moins d’eau que le sorgho ou le maïs. Il vient sur tout type de sols, en particulier
les sols légers et acides, et doit être implanté sur un sol suffisamment réchauffé.
Rendement
Le millet perlé est proche du sorgho fourrager en terme de valeur alimentaire et de rendement
(environ 3t/ha) et présente l’avantage de pouvoir être pâturé à n’importe quel stade et de redémarrer
très vite après pâture.
Valeur alimentaire
En termes de valeur, on se situe assez proche d’un moha ou d’un sorgho fourrager, d’après les
analyses réalisées sur le terrain en 2011 :
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Espèce
Millet perlé
Millet perlé
Millet perlé
Millet perlé
1
2
3
4
Mode
d'exploitation
Enrubannage
Enrubannage
Enrubannage
Foin
MS (%)
28
34
27
76
Matière
minérale
MAT (g/kg
(g/kg de MS)
de MS)
165
100
117
80
118
95
165
106
95
re
Cellulose
ale
MAT (g/kg brute (g/kg
MS)
de MS) Espèce
de MS)
1
100Millet perlé
268
2
80Millet perlé
330
3
95Millet perlé
310
4
106Millet perlé
284
95
Matière
Cellulose
Mode
minérale
MAT
UFL
UFV
UEL
UEB (g/kg brute
PDIN(g/kg
d'exploitation
MSMS
(%) /kg
(g/kg
de MS
MS) (g/kgde
/kg de MS /kg de
dede
MSMS)/kg de
deMS)
MS)
Enrubannage
165
100
268
0.75
0.6928
1.12
1.19
67
Enrubannage
117
330
0.75
0.6734
1.14
1.2480
56
Enrubannage
118
310
0.77
0.6927
1.12
1.2195
63
Foin
165
106
284
0.65
0.5776
1.08
1.14
69
298
0.73
0.66
1.12
95
1.20
298
64
Cellulose
brute (g/kg
de MS)
268
330
310
284
UFL
/kg de MS
0.75
0.75
0.77
0.65
UFV
/kg de MS
0.69
0.67
0.69
0.57
UEL
/kg de MS
1.12
1.14
1.12
1.08
298
0.73
0.66
1.12
UFL
PDIE
(g/kg
/kg
MS
dede
MS)
0.75
59
0.75
59
0.77
59
0.65
72
0.73
62
UFV
UEL
PDIA
(g/kg
/kgdedeMS)
MS /kg de MS
0.69
1.12
16
0.67
1.14
16
0.69
1.12
15
0.57
1.08
30
0.66
19
1.12
Sources : PRDA fourrages Centre, 2011
Il peut être associé à une légumineuse afin d’augmenter les valeurs alimentaires (60 % trèfle
d’alexandrie et 40 % millet).
Récolte
Pas de composé toxique : il peut être pâturé dès les premières feuilles. Au-delà de 50 cm, à réserver
pour la fauche. Adapté à l’ensilage en coupe directe (bec Kemper) ou après fauche conditionneuse, et
ramassage au pick up. Il est possible de les enrubanner mais il vaut mieux utiliser un liage filet. La
présence d’un rotocup sur presse peut être un plus.
Dose de semis
Le semis s’effectue à la dose de 12 à 15 kg/ha en pur à une profondeur de 1 à 2 cm maximum. Le lit
de semence doit être fin et émietté puis rappuyé afin d’assurer le contact graine-terre.
Les brassicacées : colza, navet, rave
Les brassicacées (anciennement appelés crucifères : colza, navet, rave) peuvent être pâturées
rapidement (à 60 jours). Ces espèces possèdent un degré de tolérance au gel assez élevé. Tant que
les conditions climatiques le permettent, plusieurs cycles de pâturage peuvent se succéder, grâce aux
repousses régulières. Le pâturage est un mode intéressant de valorisation car les brassicacées sont
appétentes avec de bonnes valeurs alimentaires. Le faible taux de matière sèche rend difficile
l’exploitation en fauche pour réaliser des stocks.
Le port étalé des brassicacées permet de limiter le développement des adventices. Les coûts de mise
en culture, travail du sol et implantation sont très faibles et permettent un coût de revient compétitif.
Le colza fourrager est une culture à privilégier pour une exploitation précoce, il peut être cultivé en
pur (6 à 12 kg /ha) ou en association avec un ray-grass d’Italie par exemple.
Les navets peuvent également être utilisés pour des pâturages plus tardifs, et en association avec de
l’avoine par exemple. En pur, ils sont semés à la dose de 5 kg/ha.
Quant à la rave, c’est une espèce qui fait son cycle sut l’automne. Elle est à semer pas avant début
septembre (à la dose de 10 kg/ha) pour une exploitation sur l’hiver par des ovins.
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15/23
UEB
/kg de M
1.19
1.24
1.21
1.14
1.20
Zoom sur le colza fourrager : dérobée à pâturer par excellence
Valeur alimentaire
Récolte
Le pâturage est l’idéal. Au pâturage, le colza fourrager qui a une forte appétence s’exploite au fil
électrique afin de le rationner en bovins. Il faut disposer d'un front d'attaque suffisant (au moins 5
mètres de pâturage/vache) et d'un sol portant. Cette technique permet de limiter le gaspillage et
d’éviter des problèmes métaboliques en obligeant les animaux à manger du foin ou de la paille en
libre-service. Pour les ovins, le pâturage en continu est possible.
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16/23
Attention : Une transition alimentaire de 8 à 15 jours est nécessaire pour habituer progressivement
les animaux au colza et leur rumen. 2 à 3 heures de pâturage au fil l'après-midi suffisent. Pour les
laitiers, il faut prévoir d’arrêter la consommation une heure avant la traite pour que le lait n'ait pas le
goût de colza. Le pâturage rationné au fil sera limité à 2 h par jour. Sur la base de 3 kg MS/jour
l'incorporation de colza dans une ration de maïs permet d’économiser 700 g de tourteau de soja par
jour et par vache.
L’affouragement en vert est possible en faisant attention à ce que le fourrage ne s’échauffe pas.
L’ensilage n‘est pas préconisé car il y a des pertes de jus importantes
Dose de semis
Le colza s'accommode de sols variés. Les terres profondes dotées d'une bonne réserve hydrique et
un climat humide favorisent la réussite de la culture en particulier à la levée. Le colza peut être semé
par la technique du semis direct, à la volée, mais il est néanmoins recommandé d'utiliser un semoir à
céréales pour réaliser un semis en ligne, à la dose de 6 à 12 kg/ha. Celui-ci peut avoir lieu de juillet à
septembre. La graine de colza étant très petite, sera déposée à 2 cm de profondeur dans une terre
bien émiettée. On pourra procéder à un passage de rouleaux après le semis. Des associations sont
possibles : pour améliorer l’appétence 5 kg de colza + 10 kg de RGI, ou pour favoriser la transition
alimentaire 5 kg de colza + 25 à 40 kg d’avoine.
Fertilisation
En absence de fertilisation organique on réalisera un apport de 50 à 80 unités d’azote au semis.
Concernant, l’entretien de la culture, le colza se développant rapidement sa végétation fournie étouffe
le plus souvent les adventices. En cas d'attaque d'altise, il est parfois utile de traiter. Les traitements
seront effectués au moins 20 jours avant la consommation par les animaux
Les variétés d’hiver sont intéressantes car elles sont plus résistantes au froid (jusqu’à -12°C) et
montent moins rapidement en fleur que les variétés de printemps (résistance jusqu’à -5°C), d’où une
exploitation au pâturage plus souple. Mais leur croissance est un peu moins rapide que les variétés de
printemps. Il faut compter au minimum 100 jours après le semis pour les variétés d’hiver et au
minimum 60 jours pour les variétés de printemps. Dans tous les cas, le pâturage doit être réalisé
absolument avant la floraison.
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L’avoine diploïde
Avoine diploïde épiée, 65 jours après le semis, Cher, 2011
L’avoine diploïde (ou brésilienne, ou rude, ou strigosa) est une graminée qui, par rapport à l’avoine
classique, présente une exceptionnelle résistance à la rouille et une très grande rapidité
d’implantation. Elle est adaptée aux semis précoces en juillet-août et sera détruite par le gel. Son
cycle végétatif est plutôt calé sur l’automne.
On peut aussi la remplacer par de l’avoine de printemps, plus alternative qu’une avoine d’hiver mais
elle est subie souvent des attaques de rouilles.
Dose de semis
En pur, on sèmera à 60 kg/ha.
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18/23
Le ray-grass italien
RGI, 40 jours après le semis, Cher, automne 2006
Rendement
Le Ray-Grass d’Italie est une graminée rapide d’implantation à fort potentiel de rendement. C’est une
plante idéale pour constituer rapidement un stock de qualité à condition de choisir des variétés
alternatives qui démarrent très vite.
Récolte
Cette graminée présente l’intérêt de permettre une première exploitation dès l’automne (pâturage ou
fauche) et une seconde au printemps (pâturage/ensilage/enrubannage). Le pâturage d’automne ne
pénalise pas la pousse du printemps suivant à condition qu’il n’y ait pas de piétinement. Il faut donc
être prêt à sortir les animaux dès l’arrivée d’un épisode pluvieux. On peut aussi choisir d’ensiler ou
d’enrubanner la pousse d’automne. L’enrubannage reste une solution délicate car les 50 % de MS
sont souvent difficiles à atteindre. Dans ce cas, les bottes ont tendance à se déformer et la
conservation n’est pas toujours réussie. L’ensilage pose moins de problèmes mais il faut aussi être
vigilant à intervenir en conditions saines pour limiter le tassement par les remorques.
Dose de semis
En pur, on sèmera à 25 kg /ha les variétés tétraploïdes et à 20 kg les diploïdes. L’implantation est à
réserver de mi-août jusqu’à mi-septembre pour pouvoir espérer une exploitation avant l’hiver.
Le RGI et l’avoine (rude ou « fermière ») peuvent tout deux être associé à des légumineuses. Voici
quelques mélanges que l’on peut envisager :
Association
Avoine/Trèfle
d’alexandrie
Avoine/Vesce
Période de semis
Dose semis par
ha
Délai avant
exploitation
Avoine + pois
protéagineux
15 juillet-20 août
Avoine 50 kg
+ Vesce 15
kg
Avoine 50 kg
+ Trèfle
d’alexandrie 12 kg
90 à 110 jours
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Avoine 50 kg
+ pois protéagineux
50 kg
RGI/trèfle incarnat
15 août - 15
septembre
RGI alternatif 12 kg
diploïde ou 17 kg
tetraploïde + 15 kg de
trèfle incarnat
60 jours (automne)
19/23
MS (%)
36.2
57.1
51.2
47
La valorisation peut se faire sous forme de pâturage, d’enrubannage ou ensilage. L’association RGI/
trèfle incarnat permettra une seconde exploitation au printemps suivant. Par contre, pour les deux
mélanges à base d’avoine, il n’y a aura pas de repousses sauf pour celui contenant du trèfle
d’Alexandrie.
Valeur alimentaire des associations
Espèce
Avoine diploïde + pois protéagineux
Avoine diploïde + vesce
Avoine diploïde + vesce
Avoine diploïde + vesce
Mode
d'exploitation
Ensilage
Ensilage
Enrubannage
Enrubannage
MS (%)
36.2
57.1
51.2
47
Matière
minérale
(g/kg de
MS)
74.1
86.5
128
79
Sources : PRDA fourrages Centre, 2011
Matière
minérale
Cellulose
(g/kg de
MAT (g/kg brute (g/kg
Espèce
MS)
de MS)
de MS)
Avoine
diploïde +162
pois protéagineux
74.1
271
86.5
106 + vesce344
Avoine diploïde
128
152 + vesce300
Avoine diploïde
79
142 + vesce311
Avoine diploïde
140
307
MAT (g/kg
de MS)
162
106
152
142
Cellulose
brute (g/kg
de MS)
271
344
300
311
UFL
/kg de MS
0.79
0.70
0.70
0.76
UFV
/kg de MS
0.70
0.61
0.62
0.68
140
307
0.74
0.65
Matière
minérale
Cellulose
PDIN
Mode
MAT (g/kg
UFL
UFV
UEL(g/kg de UEB
(g/kgbrute
de (g/kg
PDIE (g/kgUFLPDIA (g/kgUFV
d'exploitation
MS) /kg de MS
de MS) MS) de MS)de MS)
/kg de MS
/kg de MS
/kg
de MS /kg de MS
MS (%)/kg de MS
de MS)
Ensilage
0.70
0.79
0.70 36.2
1.05 74.1
1.07 162
97 271
67 0.79
24
0.70
0.61 57.1
1.12 86.5
1.21 106
65 344
63 0.70
23
Ensilage
0.61
0.70
0.62 51.2
1.07 128
1.12 152
94 300
79 0.70
29
Enrubannage
0.62
0.76
0.68 47
1.08 79
1.14 142
88
74
Enrubannage
311
0.76 27
0.68
0.74
0.65
1.08
1.14 140
86 307
71 0.74 26
Photo avoine/vesce
Programme Herbe et fourrages Centre
28/06/16
20/23
0.65
UEL
/kg de
1.05
1.12
1.07
1.08
1.08
Les légumineuses
Pour une utilisation en cultures dérobées, les légumineuses sont souvent associées à une graminée.
Certaines peuvent être utilisées en pur comme le trèfle d’Alexandrie, le trèfle de perse et le trèfle
incarnat ; les deux premiers étant plutôt adaptés à des conditions estivales. En les semant derrière
une orge (en pur ou associé avec du moha), on peut les récolter en foin courant septembre.
Trèfle d’Alexandrie
Conditions pédoclimatiques : c’est une espèce gélive qui est à semer au printemps. Elle supporte
très bien les fortes températures estivales.
ème
Utilisation : pâturage ou fauche. Il donne une 2
coupe. En 2011, les éleveurs qui l’avaient
associés avec du moha avaient pu faire pâturer la repousse car il n’est pas météorisant.
Dose de semis :
En pur : 25 à 30 kg
En association : 15 kg/ha
Programme Herbe et fourrages Centre
28/06/16
21/23
Trèfle de perse
Conditions pédoclimatiques : ce trèfle est adapté à de nombreux types de sols et il est non gélif.
Utilisation : fauche. Il peut produire sur plusieurs coupes.
Dose de semis :
En pur : 25 à 30 kg /ha
En association : 10 à 15 kg/ha
Les autres trèfles annuels comme les trèfles de micheli, incarnat, squarrosum, vésiculé sont plus
adaptés à des conditions d’automne. On pourra plutôt les associer avec du RGI.
Trèfle de Micheli
Conditions pédoclimatiques : il est plutôt adapté à des sols humides et il est non gélif.
Utilisation : fauche ou pâturage
Dose de semis : 5 à 7 kg /ha en association.
La vesce ou les pois sont plus adaptés à des conditions de printemps mais ils donnent de bons
résultats associés avec une avoine.
Vesce
Conditions pédoclimatiques : les vesces préfèrent les sols sains, profonds et bien pourvus en
calcium (pH6).
Elles résistent bien au froid (-5 °C pour celles de printemps et -15 °C pour celles d’hiver).
Utilisation : fauche
Dose de semis :
En pur : 40 à 60 kg /ha
En association : il est préférable de l’associer (à la hauteur de 20 à 30 kg /ha) avec une céréale
faisant office de tuteur compte tenu de sa grande taille (avoine brésilienne).
Il existe plusieurs types de vesce (commune, velue..), les vesces communes étant les plus
productives. Parmi les différents types, on distingue des variétés d’hiver et d’autres de
printemps (espèce alternative). Les vesces ne fournissent qu’une coupe.
Programme Herbe et fourrages Centre
28/06/16
22/23
Contactez votre référent fourrages
Cher : Yvan LAGROST – 02 48 23 04 40
Eure-et-Loir : Philippe LOQUET – 02 37 53 44 33
Indre : Aurore ANTOINE – 02 54 61 61 54
Indre-et-Loire : Stéphane DAVID – 06 08 18 87 60
Loir-et-Cher : Vincent RIGAL – 02 54 73 65 66
Loiret : Philippe COCHET – 02 38 67 00 47
Pour plus d’informations au cours de la campagne, rendez-vous sur
http://www.herbe-fourrages-centre.fr
Un partenariat entre :
Programme Herbe et fourrages Centre
28/06/16
23/23
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