close

Se connecter

Se connecter avec OpenID

Communiqué de la plateforme de la petite pêche

IntégréTéléchargement
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Le 7 juillet 2016
Moratoire de la pêche du bar en 2017 : Laissera-t-on la flottille des ligneurs
disparaître ?
Le 30 juin 2016, le CIEM (Conseil International pour l’Exploration de la Mer) a recommandé dans son avis scientifique pour la
gestion du bar en 2017 dans la zone Nord, (de la pointe du Raz à la Mer du Nord) un moratoire intégral de la pêche du bar en 2017.
Après des années de plus en plus difficiles pour les ligneurs de bar, c’est un nouvel arrêt de mort qui se profile…
Début de saison catastrophique
De Dunkerque à Royan, les ligneurs sont unanimes, le bar est absent. Ce constat empirique est confirmé par la chute des ventes en
criées de bar de ligne entre janvier et juin passant de 221 tonnes en 2015 à 127 tonnes en 2016 soit un effondrement de 43%.
Dans la même période, les ventes de bars pêchés au filet ou au chalut représentaient 1165 tonnes en 2016 (1502 tonnes de janvier
à juin 2015), soit 10 fois plus que les métiers de l’hameçon.
Malheureusement, nous voyons se reproduire dans le golfe de Gascogne exactement le même scénario qu’en Manche avec 3 ans
ème
de décalage et bien plus vite que nous le redoutions !! La délimitation purement arbitraire du 48
parallèle permettant de
« préserver » le golfe de Gascogne de toute mesure de gestion apparaît maintenant comme une erreur fondamentale et doit être
revue avec urgence. La mise en place d’un arrêt biologique permettant de préserver la reproduction hivernale du bar au même
titre qu’en Manche nous semble impérative, ainsi qu’une limite de capture individuelle permettant de véritablement contrôler le
prélèvement total de bar et une limitation drastique de la plaisance.
Arrêtons de jouer avec les nerfs des pêcheurs
Depuis près de 20 ans nous alertons les scientifiques sur la diminution de la ressource et nous nous sommes vus répondre qu’il n’y
avait pas de problème de ressource… Et rien n’a été fait pour enrayer la surpêche du bar. Depuis plusieurs années, les pêcheurs
professionnels participent à des campagnes de marquage. Chaque année, la faiblesse des études scientifiques sur l’évaluation du
recrutement des juvéniles de bar est pointée du doigt sans que rien ne change ou en tout cas sans effet notable.
Alors qu’en 2013, soudainement, les scientifiques confirment la mauvaise santé du bar en Manche, au même moment, les pêcheurs
opérant dans le golfe de Gascogne perçoivent depuis des années une baisse de la ressource. Mais les avis scientifiques sont
rassurants : la biomasse est en hausse, pas d’inquiétude… Mais comment peut-on affirmer que la biomasse est en hausse quand on
exclut de l’analyse les captures de la pêche de plaisance qui sont loin d’être négligeables et qu’on sait qu’il s’agit là d’un avis très
incertain ? Nous refusons cette approche de précaution qui permet de continuer à pêcher sans limite puis nous impose en à
peine trois ans un moratoire intégral sur la pêcherie !
L’inertie du système est intolérable
Encore une fois, la petite pêche est victime de l’inertie du système, encouragée par les organisations professionnelles, protégée
par une administration qui n’a que faire de ces petits pêcheurs, qui ne sont que des grains de sable dans la machine. Ne nous
méprenons pas, cette crise ne concerne pas que le bar et les seuls ligneurs. C’est le dysfonctionnement de l’ensemble du secteur
qui est en cause, de la surexploitation passée du merlu, puis de l’anchois et maintenant de la sole qui a engendré un report de
pêche sur le bar, d’une fraude généralisée que l’Etat peine à enrayer. Comment accepter qu’un moratoire intégral soit décrété pour
les ligneurs alors qu’en janvier 2016, certains chalutiers ont prélevé illégalement des dizaines de tonnes de bar en toute impunité,
et qu’à partir de juillet, ces mêmes bateaux disposent d’un quota mensuel d’une tonne jusqu’à la fin de l’année ?
Pendant des décennies, les débarquements de bar des ligneurs sont restés stables, autour de 300 tonnes dans la Manche, soit 10%
de l’ensemble des captures de bar dans la zone. Sur toute la France, une flottille de plus de 300 navires est menacée. C’est là tout
le paradoxe. Les ligneurs ne représentent qu’une faible part du prélèvement, pratiquent une pêche respectueuse du milieu et de
la ressource, extrêmement sélective, valorisent très bien leur poisson, et pourtant, ce sont eux qui risquent de disparaître !
Mais l’instauration d’un moratoire intégral n’est pas une solution miracle. Le manque de sélectivité et les rejets engendrés par les
autres métiers sont également au cœur du problème. Les rejets de bar par les chalutiers de la zone nord ont été estimés par les
organisations professionnelles à 50 tonnes par mois entre décembre et avril, avant le passage à 42 cm. Les seuls rejets de bar
pèseraient donc à eux seuls un tonnage supérieur à celui des ligneurs !
Bien entendu, la situation du bar est très mauvaise, bien entendu, nous concevons la difficulté de l’évaluation scientifique, mais il
n’est pas question de sacrifier la flottille des ligneurs. Nous affirmons qu’il est encore possible de sauver la flottille et de restaurer
la population de bar. De plus, avec la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne, comment vont se passer les discussions sur la
gestion du bar en 2017 ? Il serait inconcevable que le Royaume-Uni n’applique pas les mêmes mesures que le reste de l’Union.
Contact : Ken Kawahara - Secrétaire
Tel: +33 06 25 10 32 95 - ken.kawahara@plateforme-petite-peche.fr
Auteur
Document
Catégorie
Uncategorized
Affichages
0
Taille du fichier
393 KB
Étiquettes
1/--Pages
signaler