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Allocution de Manuel VALLS à ERBALUNGA

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Inauguration des locaux de l’intercommunalité du Cap Corse
Erbalunga – 4 juillet 2016
Allocution de Manuel VALLS, Premier ministre
Seul le prononcé fait foi
Monsieur le ministre,
Messieurs les parlementaires,
Monsieur le président du Conseil Exécutif de Corse,
Monsieur le président de l’Assemblée de Corse,
Monsieur le président du Conseil départemental de Haute-Corse,
Monsieur le président de la Communauté de Communes du Cap Corse, Cher Pierre
CHAUBON,
Mesdames, messieurs les élus,
Mesdames, messieurs,
Je ne pouvais pas venir en Corse sans m’échapper quelques heures des villes … sans
venir voir les villages.
Ils ont tellement d’importance. Ils sont ces creusets familiaux, ces témoins des
traditions, ces lieux de patrimoine magnifique et de culture … on cultive ici à la
fois la fierté d’être corse – il y a de quoi ! – et un vrai sens de la solidarité.
*
Venir à Erbalunga, c’est venir dans ce Cap Corse, où la beauté des paysages
montagneux le dispute à celle de la côte.
C’est aussi venir à votre rencontre, monsieur le Président CHAUBON. Conseiller
d’Etat de votre état … jurisconsulte de la Corse de cœur … votre carrière incarne
cette idée que l’Etat est là, en Corse, qu’il tient sa place … mais qu’il en réserve, aussi,
une particulière à cette île.
Je sais ce que la République et l’Etat vous doivent. On sait, ici, ce que vous doit la
Corse.
*
Venir à Erbalunga pour inaugurer le siège de la Communauté de Communes du Cap
Corse, c’est enfin démontrer que l’Etat n’abandonne pas les territoires ruraux ;
mieux, il les rend plus forts.
Il fallait, pour cela, bien prendre en compte les réalités du quotidien, écouter les
préoccupations, parfois les angoisses, mesurer la complexité de la vie dans les
territoires ruraux – je pense aussi à ceux de pleine montagne.
1
Tout cela, nous l’avons entendu. Et nous nous sommes donné un objectif :
répondre concrètement au sentiment d’abandon qui fait souffrir tant d’habitants.
Ils ont l’impression d’être laissés au bord du chemin. Et quand on croit en la
République, en sa force, sa continuité, on ne peut pas l’accepter.
*
Il fallait donc mobiliser des aides financières, donner des moyens aux territoires,
au travers notamment de la Dotation d’équipement des territoires ruraux.
En 2017, la DETR sera accrue de plus de 350 millions d’euros – le président de la
République l’a annoncé lors du Congrès des Maires. Par ailleurs, l’Etat financera
désormais des « contrats de ruralité », c’est-à-dire des programmes
d’accompagnement des territoires ruraux sur six ans.
Ils permettront de financer des mesures en faveur des bourgs-centre, de faciliter
l’implantation des dispositifs d’Etat, de bâtir des projets qui rendent les territoires
attractifs. Le ministre de l’Aménagement du territoire ne manquera certainement pas
de venir lui-même l’élaborer avec vous !
*
J’ai présidé il y a quelques semaines, au côté de Jean-Michel BAYLET, le 3ème
comité interministériel aux ruralités qui a mis en place ces contrats de ruralité. Ce
comité a permis aussi d’ouvrir davantage l’accès aux services essentiels.
Je pense notamment à l’accès aux soins. A la fin de ce mandat, nous aurons versé 2
500 bourses à de jeunes médecins pour qu’ils s’installent dans les territoires ruraux,
et nous aurons financé 1 400 maisons de santé.
Je pense aussi à l’accès aux nouvelles technologies, indispensables au dynamisme des
territoires. Notre investissement pour déployer partout l’accès à Internet très haut
débit est massif. Dans ce département, et en accord avec la CTC, ce sont 56 millions
d’euros qui seront déboursés au travers du Programme exceptionnel
d’investissements. Notre engagement en faveur de la téléphonie mobile est tout aussi
déterminé : grâce à un travail avec les opérateurs, nous aurons couvert toutes les
communes de France d’ici à la fin 2017.
*
Nous agissons, enfin, pour que l’action publique soit plus efficace, avec la réforme
territoriale et plus particulièrement celle des intercommunalités.
Il fallait encourager les communes à se regrouper pour soutenir l’investissement et le
développement local. A plusieurs, on peut faire beaucoup plus que seul ! On a plus
de moyens pour construire des logements, créer des équipements, installer des
services utiles aux habitants. Voilà la démarche que nous portons.
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Cette réforme de l’intercommunalité ne pouvait bien sûr pas se faire uniformément.
Votre territoire en est l’exemple : une dérogation au seuil légal de 15 000 habitants
minimum a été accordée aux territoires ruraux ou de montagne, pour lesquels les
rapprochements sont par nature moins évidents. Vous avez pu faire valoir votre
volonté de ne pas étendre davantage cette intercommunalité de 18 communes et 6
486 habitants. La réforme que nous menons tient compte des réalités territoriales : j’ai
souhaité, dès l’origine, que la parole des élus puisse être entendue. C’est le cas ici et
je m’en félicite.
*
Je sais que cette question de la prise en compte des intérêts locaux, de la proximité,
est au cœur de vos interrogations, au moment où la Corse se dote d’une
Collectivité unique.
La suppression du Conseil départemental ne doit à aucun moment nuire au
quotidien des habitants. Je n’imagine pas que les services qui étaient rendus ici
puissent s’éloigner. Seule la décision politique sera plus recentrée. De leur côté, les
services de l’Etat eux resteront !
C’est dans le même esprit que j’ai annoncé ce matin mon accord pour que Bastia
accueille à compter de 2018 une chambre des territoires, composée d’élus locaux qui
pourront débattre avec la Collectivité unique de la territorialisation des politiques
publiques. Les défenseurs de la ruralité trouveront là un lieu d’expression adéquat.
Je sais, néanmoins, le rôle d’aménageur du Conseil départemental, cher président
ORLANDI. La situation des routes ici en est l’exemple : près de 2 500 kilomètres de
réseau … dont 2 119 km de routes de montagne. Votre département subit là une
pression importante, que quatre évènements climatiques, presque coup sur coup,
sont venu aggraver. J’ai donc demandé que l’Etat puisse vous apporter un concours
supplémentaire. La Préfecture agira très vite en ce sens.
**
Mesdames, messieurs,
Vous l’aurez compris : venir à Erbalunga, ce n’est pas, pour un Premier ministre, une
simple envie d’évasion, de respiration … même si le cadre s’y prête …
Je suis venu ici pour dire aux habitants de la Corse que l’Etat tient sa place, qu’il
veille à la solidarité, au développement de tous.
Aujourd’hui est un grand jour pour la Corse avec la création de la collectivité
unique. C’est aussi un grand jour pour la République décentralisée que je
défends.
3
Une République unie, mais jamais uniforme. Une République qui permet plus
que jamais à l’identité, à l’âme de la Corse de s’exprimer.
J’y veillerai ! Merci à tous pour votre accueil !
***
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