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15ème dimanche TO C 2016, 10 juillet 2016 C`est le P. Joseph

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15ème dimanche TO C 2016, 10 juillet 2016
C’est le P. Joseph Verlinde, fondateur d’une de ces communautés nouvelles en France, qui
raconte ce qui a décidé de sa conversion, alors qu’il était disciple d’un gourou aux Indes,
comme tant d’autres partis là-bas dans les années qui ont suivi mai ’68. Ils se promenaient
tous les deux dans une grande ville, et il aperçoit sur le trottoir un pauvre hère en train
d’agoniser. Il veut s’approcher pour lui porter secours, mais son gourou s’interpose et lui
dit : « Laisse-le, pas la peine, c’est son karma. » Il comprit là en un éclair ce qu’était dans
son essence le christianisme qu’il avait renié.
La parabole du Bon Samaritain nous est si connue qu’on se demande ce qu’on peut encore y
trouver de neuf. La question quelque peu provocatrice du légiste nous a quand même valu
cette perle : rien que pour ça, il mérite notre reconnaissance, tout juif suffisant qu’il était.
La loi, oh oui, il connaît ; il sait que le but de la vie, c’est la vie éternelle ; il demande donc
une voie sûre pour y parvenir. Tout cela est finalement l’essentiel, n’est-ce pas ? Et ses
questions sont de bonnes questions : « Qui est mon prochain ? » En effet, pas si facile à
déterminer : ça va jusqu’où, être charitable ? St Pierre fera une demande semblable, un
jour : « Combien de fois faut-il pardonner ? » Et il pensait être généreux en proposant un
chiffre : jusqu’à 7 fois ?. C’est que contrairement à Dieu, nous avons tous des limites, et nous
ne vivons pas dans l’abstrait et le virtuel, malgré tout ce qu’on essaie de nous faire croire.
Spontanément, nous cherchons comme le légiste à expliquer, mettre des barrières pour
rendre viable ce commandement impossible à vivre. Or, Jésus donne Lui aussi de manière
un peu provocatrice l’exemple diamétralement opposé au légiste qu’il a devant Lui : une
haine féroce opposait les deux peuples, pour des raisons religieuses, et on sait ce que ça
peut donner en pareil cas. On ne sait rien du pauvre diable assommé par les brigands. Il
n’était visiblement pas en état de décliner son identité. Etait-il juif ou étranger, riche ou
pauvre, brigand lui aussi ou homme de bien ? Aucune idée : un homme en mauvais état, qui
serait mort sans doute si quelqu’un ne s’était pas arrêté pour lui porter secours. Le sens
humain normal de ce samaritain suffit à lui dicter son devoir, qui ne se discute pas. Les
deux autres étaient visiblement empêtrés dans leur fonction, trouvant toutes les bonnes
raisons de ne pas le voir. Lui, il se laisse guider par sa simple humanité, et tout autre
principe cède devant l’urgence. De fait, il est indigne d’un homme digne de ce nom de
laisser quelqu’un agoniser dans le caniveau : ça s’appelle non assistance à personne en
danger, et cette notion juridique vient tout droit de la foi chrétienne qui a façonné notre
Europe. Mais il ne s’arrête pas là. Il use de tout ce que sa prévoyance lui a fait emporter
pour cet inconnu qui en a besoin plus que lui. Il le fait bénéficier de son moyen de
transport, le prend avec lui à l’auberge qu’il avait réservée, et s’arrange avec le tenancier
pour qu’il puisse rester là le temps qu’il faudra. Et enfin, sommet de discrétion et de
délicatesse, il ne reste pas au pied du lit pour que l’autre soit obligé à une reconnaissance
éternelle envers son sauveur, il ne laisse même pas une carte de visite. La charité vraie ne
crée aucun lien de dépendance indue. Difficile d’être aussi efficace, discret et désintéressé à
la fois. La vie éternelle, ça ne se cherche pas dans les nuages. Ce qui nous juge, c’est un
amour très concret pour celui qu’on a devant soi, là, maintenant, surtout celui ou celle
qu’on aurait toutes les raisons d’éviter. Certes, Jésus ne dit pas : « Courez les routes pour
chercher les blessés. » Mais si vous en rencontrez un –ne pas oublier les blessés de l’âme, il
sont foison dans notre monde aseptisé-, ne ratez pas cette occasion d’être pour lui un
prochain. La charité proche est un risque considérable, ça peut bouleverser une vie, c’est se
mettre à la merci de quelqu’un. Il y en a beaucoup, justement, qui ne veulent rien risquer. Il
y a trop de prêtres et de lévites, trop de jeunes hommes riches qui se défilent et n’osent
pas. C’est ça, l’évangile : l’appel à tout risquer, par amour immédiat et concret.
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