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Aziz Djaouti, bédéiste depuis toujours…
Entretien réalisé par Maria Leulmi
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onal de la Bande Dessinée- Bejaia. Photo D.R.
« Avec l’avènement des jeux vidéo et la place
qu’occupe Internet dans le quotidien des jeunes, la
lecture est devenue presque inexistante. Le livre a été
remplacé par les jeux électroniques… »
Natif de Tili Ouakadi, dans la commune de Chemini à Béjaia, Aziz Djaouti
s’intéresse à l’art et se laisse absorber par les bandes dessinées. Né en 1955,
il découvre son attrait pour le dessin et se met à représenter des paysages
tout en y mettant un grain d’imagination pimenté d’un soupçon d’humour. Un
berger avec son troupeau de chèvres lui valent le premier prix lors d’un
concours organisé par son école primaire. Employé de banque, vendangeur,
agriculteur et tagueur… Aziz Djaouti semble avoir plusieurs cordes à son arc.
De Béjaia à Alger, de Paris à Zurich en passant par Rome et Munich, il a
toujours été à la quête d’aventures et de découvertes depuis son enfance. Et
pour savoir ce qu’il est devenu, nous l’avons convié pour un entretien…
Libre Algérie : Comment vous vous êtes mis à dessiner ?
Aziz Djaouti : C’est depuis mon jeune âge. Et j’ai obtenu le premier prix lors
d’un concours qui a été organisé. A partir de là, un de mes enseignants à
l’école primaire m’a encouragé à faire du dessin, je me suis donc laissé
emporter par mon imagination…et puis, je me suis même inscrit à l’école des
beaux-arts d’Alger en 1973 à l’époque de Mr. Yelles, mais je n’y ai passé que
quelques mois. Juste après, je m’envolais pour un autre pays à la quête
d’aventures…
Quelles sont les figures que vous dessinez souvent ?
Un berger avec une flûte et un troupeau de chèvres (rires)
Est-ce que le dessin vous a permis de trouver un travail ?
J’ai intégré le service des dessins industriels au sein de la Sonacom. Puis, je
suis allé en France pour un stage de formation qui a duré une année. Juste
après, je me suis rendu en Suisse, j’y suis resté trois années où j’ai pu faire de
tout ! Employé d’écurie, vendanges, agriculteur… et en parallèle, j’avais fait la
connaissance des « blousons noirs », un mouvement de révolte artistique, on
dessinait partout dans les rues, c’était à l’aube du street art avec des tags de
toutes sortes…
A quel moment êtes-vous retourné en Algérie ?
Vers la fin des années 1980, j’ai rejoint le service de fonderie de la Banque
Nationale. Je me suis spécialisé dans la fonderie d’art…
En tant qu’employé de banque, vous êtes-vous familiarisé avec d’autres artistes ?
Il y avait M’hamed Issiakhem qui faisait des dessins mais je n’ai pas eu
l’occasion de le connaître personnellement, car, il ne venait que pour réaliser
des illustrations.
Avez-vous songé à avoir votre propre atelier d’art ?
Oui, ceci a toujours fait partie de mes projets mais hélas, ça coute
excessivement cher, d’autant plus que je fais de la fonderie, les machines
adéquates ne sont pas à la portée de tous !
Votre première bande dessinée ?
La première fut réalisée en 1990 et s’intitulait Les aventures de Tchipouh, j’en
ai fait trois volumes. Je fais aussi des histoires illustrées avec des textes écrits
en français et même en tamazight. Les livrets illustrés sont centrés sur des
faits historiques, des héros de la guerre de libération nationale, mais aussi des
grandes figures de l’Histoire antique. Ils sont destinés aux enfants, aux
écoliers afin qu’ils puissent se divertir tout en s’instruisant. J’ai d’ailleurs eu
beaucoup de commandes de la part du ministère de la culture pour mes
collections à l’exemple du livret illustré sur le roi numide Massinissa, sur
Jugurtha, Tacfarinas, Bouamama, Fadhma N’Soumer…
A votre avis, les jeunes lisent assez ?
Non. Avec l’avènement des jeux vidéo et la place qu’occupe Internet dans le
quotidien des jeunes, la lecture est devenue presque inexistante. Le livre a été
remplacé par les jeux électroniques et je pense qu’il est urgent que nos enfants
renouent avec la lecture et la bande dessiné. Je me rappelle de mon enfance où
la BD était omniprésente et jusqu’à maintenant d’ailleurs (rires).
Avez-vous des difficultés pour éditer vos œuvres ?
A vrai dire, me faire éditer n’est pas un problème. Car la demande de ce genre
de livre est assez importante. J’ai récemment fait un tirage de 5000
exemplaires pour chacun de mes livrets qui, d’ailleurs, ont été distribués dans
différentes écoles.
Des projets en cours ?
Oui. Je prépare une histoire illustrée sur Tariq Ibn Ziyad et sur le colonel
Amirouche Aït Hamouda.
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