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cap plein SUD Idf juin-juillet 2016

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Juin-Juillet 2016
Edito
Panem et Circenses, du pain et des jeux. C'est
par cette pratique que les empereurs romains ont
assis leur pouvoir sur le peuple durant la Rome
Antique. 25 siècles plus tard, la recette continue
d'être utilisée. Et ça marche ! Abrutissez le peuple
à grand renfort de Roland-Garros, d'Euro 2016,
de Tour de France et bientôt de Jeux Olympiques
de Rio et vous pourrez en toute tranquillité faire
un monumental bras d'honneur aux millions de
manifestants cumulés qui ont défilé depuis plus
de 3 mois contre la Loi Travail. Vous pourrez en
profiter pour valider la construction d'un aéroport
inutile commandé par vos amis de chez Vinci à
qui vous offrez des millions d'euros pris dans les
poches du contribuable. Et qu'on ne vienne pas
dire que c'est le peuple qui s'est exprimé au
travers d'un référendum pipé : lorsqu'on
demande aux habitants de Nantes-Métropole
(908 815 hab.) si l'aéroport les gêne en même
temps qu'on demande aux habitants de NotreDame-des-Landes (2012 hab.) s'il sont prêts à se
faire exproprier, on connaît déjà le résultat du
référendum.
C'est d'ailleurs ce principe du référendum qui va
pouvoir s'appliquer partout en entreprise avec la
loi qui vient de n'être pas votée : si les syndicats
majoritaires refusent de signer un accord, alors il
restera le référendum direct auprès des salariés.
On pourra librement répondre par référendum
aux questions du genre « préférez-vous travailler
les jours fériés ou bien être licencié ? »,
« Accepteriez-vous la baisse de votre salaire en
échange du maintien de votre emploi ? ». C'est
beau, la démocratie directe, il suffit juste de
savoir poser les bonnes questions. Et Myriam El
Khomri aura laissé son nom à une loi. Sauf que
n'est pas Simone Veil qui veut car autant les lois
Veil sont un vrai symbole de progrès social,
autant la loi travail va permettre de s'attaquer aux
salariés et à leurs droits, et parmi les salariés aux
plus faibles d'entre eux : les salariées.
À part ça, l'équipe de France de foot vient de
perdre en finale. Mais qui sait, peut-être Manuel
Valls va dégainer une fois de plus le 49-3 pour
annuler le 1-0 de la défaite.
Sommaire :
Dans CHS-CT, il y a Hygiène,
Temps de travail des formateurs : définitions,
Mon Travail : et si on en parlait.
Bernes sur Oise - pays de gale : nul(s) !
Depuis le 2 mai 2016 le centre AFPA de Bernes sur
Oise accueille des sans-papiers et les héberge. Une
demande de réunion extraordinaire du CHS-CT
(Comité d'HYGIÈNE et Sécurité et des Conditions de
Travail) a été faite le lendemain (3 mai) afin de
traiter plusieurs points, portant sur la sécurité et
l’hygiène. La direction n’a pas daigné répondre
favorablement, arguant du fait qu'un seul des
membres du CHS-CT en avait fait la demande, sans
obtenir l’accord des 2 membres restants.
Soit ! c’est un choix de la direction, et pourtant
dans le compte-rendu du mois de décembre ces
questions avaient été posées, auxquelles la
direction du centre avait répondu « Aujourd’hui ce
n’est pas d’actualité, mais les moyens seront
abordés sur tous les thèmes en amont de leur
arrivée. »
Qu’attendait donc la direction pour répondre à ces
questions ? Un cas de gale ? Non. Deux cas de gale ?
Non. Un troisième peut-être ? Toujours pas !!! Il a
fallu un quatrième cas de gale, un stagiaire en
marché privé, ainsi qu’une intervention des élus
SUD auprès de la directrice régionale, pour
qu’enfin un CHS-CT extraordinaire soit mis en
place.
Nous parlons certes de la direction, mais que dire
de la passivité des deux autres membres du CHS-CT
qui n’ont pas répondu favorablement à la
demande…
Depuis, tous les sans-papiers ont été pris en charge
dans des conditions dignes et humaines, une
désinfection des hébergements et de certains
bâtiments (dont l’administratif) a été réalisée. De
plus un médecin s’est déplacé sur le centre de
Bernes le vendredi 17 juin afin de répondre aux
questions des salariés.
La direction nous a informé que l’association
COALLIA, censée prendre en charge – moyennant
finances – le quotidien des sans-papiers de Bernes,
« était loin d’être à la hauteur ». Doux
euphémisme, ou bien la « hauteur » était telle que
c'est la raison pour laquelle on n'a pas pu les voir.
SUD FPA Ile de France - 1 rue de la Citoyenneté - 93240 STAINS - http://sudfpa.net
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Temps de travail des formateurs :
le saviez-vous ? Définitions (1/2)
Après avoir énoncé les 4 activités du temps de
travail des formateurs-trices et le lieu où elles se
déroulent (Cap Plein SUD IdF Avril), après avoir
démontré que leur temps de travail hebdomadaire
était plus souvent 38 heures que 37 (Cap Plein
SUD IdF Mai), voyons les définitions à donner aux
activités :
Face à face pédagogique. Activité pendant
laquelle le formateur est entièrement disponible
pour les stagiaires. Le face à face pédagogique
ne se réduit pas, comme beaucoup le pensent, au
cours magistral en salle. Les stagiaires en atelier
sont en « face à face pédagogique », quand bien
même le formateur peut être dans son bureau, à
l'administration. C'est l'équivalent, en comparaison
avec le Code du Travail, de la pause. Si le salarié
reste à disposition de l'employeur pendant la
pause café (répond au téléphone, lit ses courriels
professionnels, etc), ce temps de pause est du
temps de travail effectif. Si pendant la pause, le
salarié est libre de ses activités, n'est pas tenu
d'être sur son poste de travail, peut même quitter
l'entreprise (exemple de la pause méridienne), alors
ce temps n'est pas du travail effectif. Être en
face à face pédagogique ne signifie pas être les
yeux dans les yeux en permanence avec les
stagiaires. Pendant l'activité « Face à face », la
responsabilité pénale du formateur peut être
engagée en cas d'accident de stagiaire.
Veille technique et pédagogique.
Principe d'autoformation individuelle de maintien
des compétences de chaque formateur, aussi bien
sur la technicité de la formation dispensée, que
sur les pratiques pédagogiques (les secondes
étant moins évolutives que les premières, les
processus
et
mécanismes
d'apprentissage
d'adultes en formation n'étant pas liées à des
évolutions technologiques). La veille est prévue
pour s'accompagner d'un retour mutualisable.
• Exemple 1 : lecture de « L'usine nouvelle »,
découverte d'un nouveau type de
matériel, d'un nouveau langage de
programmation,… → compte rendu au
groupe lors de la réunion du GRN du mois
suivant.
• Exemple 2 : lecture de « L'usine nouvelle »,
pas de nouveauté, compte rendu au
groupe qu'il n'y a rien de nouveau. Le
principe de la veille n'est pas de trouver
quelque chose de nouveau toutes les
semaines, mais de veiller « au cas où » il
y aurait quelque chose de nouveau.
Pendant l'activité de « veille pédagogique », la
responsabilité pénale du formateur NE peut PAS
être engagée. À suivre…
(Dés)Organisation du Travail : il ne manquait plus qu'une loi
Mardi 5 juillet, vers 17 heures Place de la Bastille, la onzième manifestation contre la loi « travail »
se termine, quand tombe la nouvelle de l'utilisation une nouvelle fois de l'article 49-3 de la
Constitution pour soustraire le texte au débat parlementaire. Après quatre mois de contestation et
onze manifestations, la nouvelle fait à tous les participants, l'effet d'un bras d'honneur.
Ce texte constitue l'attaque la plus violente portée contre les acquis des salariés, depuis le début du
20ème siècle. Pour les détails, nous vous recommandons de (re)lire le tract que SUD FPA diffusait en
juin, intitulé « La loi El Khomri et son monde ». Pourquoi « … et son monde » ? Parce que ce projet
de loi n'est que le premier acte de la mise en place d'un modèle de société dans lequel les droits
des salariés vont devenir de plus en plus faibles.
Au de là de l'aspect légal, rappelons que le plan stratégique de Philippe Caïla prévoyait déjà une
déresponsabilisation des acteurs par une confiscation de l'autonomie des acteurs, qui reposait sur
leurs compétences, au profit des prérogatives d'une petite maîtrise, à l'effectif stable voire
croissant, qui s'applique à l'obtention des résultats quantitatifs de l'activité de vente de produits de
formation.
Fragilisation professionnelle, puis fragilisation sociale.
Un nouveau « progrès » se dessine en Ile de France : certains centres souffrent déjà d'une crise
du logement qui oblige les formateurs à réinventer tous les matins leur mode de
fonctionnement selon la salle qu'ils ont trouvée – ou pas-, et son équipement. Le phénomène va
désormais se répandre partout avec le plan 500 000. Mais face à cela, l'élément de langage
dicté par la direction régionale circule déjà : il consiste à dire et faire dire qu'il n'y a qu'à l'AFPA
que les salles sont dédiées, alors que dans tous les autres organismes de formation, cette dérive
de confort n'existe pas. C'est impossible à prouver, mais peu importe. Et malgré le fait que
certains centres aient déjà développé le nomadisme des salles et des ateliers, force est de
reconnaître que nous ne sommes pas à la pointe du progrès au sein du SPE : dans les agences de
Pôle Emploi, les chaises ont depuis longtemps disparu. L'AFPA a encore des marges de « progrès ».
Pour trouver un représentant SUDFPA-Solidaires en Ile de France
Paris : Martine GLEYZE
Nanterre/Meudon/Plessis : François DUVAL
DRIF : Jean-Marc CELLIER
Stains/Gonesse : Bertrand DULIEU
Champs/Meaux : Jean-Jacques LEFEBVRE
Créteil : Bernard BONNET
Évry-Ris/Lardy : Jean DUFAU
Bernes / SOA : Pascal GRANDIN
SUD FPA Ile de France - 1 rue de la Citoyenneté - 93240 STAINS - http://sudfpa.net
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