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BAC n° 60

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B u l l e ti n d e s A g r é g é s e t C e r ti fi é s d e
l ' E d u c a ti o n N a ti o n a l e
Avec les contradictions que l’on voit chez les vainqueurs comme chez les vaincus du
Brexit, ce qui est clair, c’est la nature purement économique que les dirigeants de l’UE ont
voulu conférer à l’Européen en lui ôtant, en dépit des discours de propagande, toute dimension
politique. Là est la faillite des libéraux qui se croyaient les triomphateurs dans la guerre de
classes qu’ils ont déchaînée sur la planète entière pour mieux la piller et asservir sa population,
sept milliards d’êtres humains tout de même. Là est aussi bien mis en évidence l’objectif n° 1
du capitalisme financier, actionnarial et spéculatif : détruire les Etats-Nations dont les
législations visent à protéger les citoyens, ceux-là mêmes qui en exprimant leur souveraineté
ont construit ces Etats-Nations.
Le SNCA e.i.L. Convergence qui poursuit, en fidélité à la Charte d’Amiens, l’objectif
d’améliorer au quotidien la condition des travailleurs et, sur le plus long terme – mais qui peut
ne pas être si éloigné que cela - d’aboutir à leur émancipation du salariat, donc du patronat,
considère que cet objectif s’inscrit aussi dans les principes et valeurs de la République comme
il est au cœur du programme du Conseil National de la Résistance de 1944.
Il ne s’agit pas d’opposer les Etats-Nations entre eux mais, en faisant valoir l’intérêt
général commun aux peuples dont ils émanent, d’établir des solidarités internationales
permettant de rompre avec la mondialisation qui se faisant au bénéfice de quelques millions
d’individus exclus ceux-ci de la commune humanité.
La difficulté pour obtenir et conserver un emploi, la paupérisation par le chômage, le
sous emploi et la pression sur les salaires, le déclassement social ne devraient pas être à l’ordre
du jour dans un monde doté de tant de richesses, de tant de talents et de tant de bonnes volontés.
Pourtant, le capitalisme du XXIème siècle entend asservir toute cette vraie richesse afin d’en
extraire, au seul profit de son club de nantis, les substantiels bénéfices. Les techno-bureaucrates
de l’UE sont certes condamnables ; il ne faudrait toutefois pas oublier qu’ils produisent leurs
textes à la demande expresse des chefs d’Etat et de gouvernement ou à celle de leurs ministres
spécialisés, qui, de retour chez eux se vantent d’abord de l’avancée des travaux et bavent ensuite
sur la seule responsabilité de Bruxelles dans les options tyranniques auxquelles ils soumettent
leurs peuples.
Refuser de continuer la route avec l’UE, quelque forme que prenne ce refus, ce n’est pas
se replier sur soi-même, comme les inconditionnels de la disparition de la démocratie le
serinent ; c’est renouer les liens de peuples à peuples que le capitalisme entend détruire, c’est
exercer la souveraineté de chacun d’eux , mais conjointement : que l’Autre soit de cette partie
du monde qu’on nomme Europe ou d’ailleurs, aucun citoyen souverain ne le rejette mais au
contraire l’accueille fraternellement.
L’avenir est à la République universelle et sociale.
Capitalismus delendus est.
L’utilité de l’inutile*
Voici que se terminent les corrections des examens des Lycées et collèges. Brevet des
collèges, baccalauréat, BTS, etc. Les professeurs ont été envoyés ici et là, plus ou moins loin
(250 km parfois, pour le brevet…), munis de consignes strictes : ne pas commencer les
corrections avant le laïus du Principal, ne pas entrer les notes avant telle heure (le serveur n’est
pas ouvert)… Grâce à tous ces efforts, à des consignes de bienveillance –comme l’école de
Najat, dont il ne restera, comme le chat d’Alice, que le sourire… On laisse les traces qu’on
peut…**- les résultats seront positifs.
Ce Brevet ! Quelle merveille ! Seul diplôme du système éducatif qui ne sert à rien : ni à
passer en seconde, ni à obtenir une qualification professionnelle. Combien l’ancien Certificat
d’études***, ou le Brevet supérieur nous manquent aujourd’hui ! Vraies qualifications,
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diplômes reconnus, qui ouvraient la voie à d’autres études, ou au métier… Il est vrai que chacun
peut accéder au Lycée, de nos jours, sans autre mérite que de s’être donné la peine de naître.
Fi du travail et du mérite ! Fi donc de la République et de ses valeurs ! Qui reconnaîtrait la
République vertueuse dans cette caricature de démocratie, où les voleurs disputent le pouvoir
aux analphabètes ?
La question se pose chaque année de savoir s’il faut maintenir l’examen du baccalauréat,
qui est fort onéreux, dont les lauréats ne peuvent que rarement mener avec succès des études
supérieures. Au moins, celui-ci sert-il de passeport à l’entrée à l’Université. Mais le brevet ?
Certes, les parents sont attachés à ce pseudo-diplôme ; certes, on occupe les élèves avec cela
jusqu’à la fin de l’année… Najat-beau-sourire se targuera bientôt des excellents résultats
obtenus au brevet, pour déclarer que, décidément, « tout va mieux ».
L’incompétence, l’ignorance, la pauvreté d’esprit ne font plus honte. Tel ministre de la
culture est incapable de citer un vers de Molière, tel autre avoue benoîtement n’avoir pas le
temps de lire, toute expression publique est maculée de fautes de syntaxe, de barbarismes, qui
traduisent toujours la défaillance de l’intelligence.
Capitalismus delendus est. Décidément.
* Titre d’un ouvrage de Nuccio Ordine, où il montre combien les Lettres (l’inutile) sont utiles
** « Ils ne sont pas méchants, ils sont lourds », Céline
*** Voir Céline, encore, Mort à crédit.
L’échelle de la corruption
La république bananière n’existe pas que là où les plantations de bananiers épuisent les
sols et les transforment en infertiles sols latéritiques. Elle n’est même plus à nos portes qu’elle
a déjà franchies depuis longtemps : elle est, de fait, bien installée chez nous. Des bakchichs qui
graissent les pattes pas trop regardantes*, à la fraude fiscale et des comptes truqués de campagne
électorale au blanchiment d’argent sale, elle étale régulièrement sa crasse à la une de nos
journaux. Ainsi, le Monde du 26 juin faisait savoir que LAFARGE, premier cimentier mondial,
continuait ses affaires en Syrie du Nord en payant grassement DAESH au mépris des lois contre
le terrorisme et son financement. Mais cette corruption affichée, identifiée, qui contamine aussi
les agents de nos institutions n’est que la partie de l’iceberg qu’au loin détecta l’équipage du
Titanic qui se faisait éperonné dans le même temps par sa partie immergée.
En effet, la corruption présente plusieurs niveaux, au moins trois, dont le supérieur est
sous nos yeux et que nous réprouvons chaque fois que ses nauséeuses et parfois homicides
conséquences ébranlent la démocratie.
Sous ce premier niveau de la corruption, sa substructure en quelque sorte, dont chacun
de nous sait qu’il existe, il y en a un deuxième qui implique le fonctionnement de l’Etat. En
effet quelle pire corruption que celle qui met en cause les responsables d’un pays dont le rôle
est de garantir l’application des lois et qui les contournent et/ou font comme si elles n’existaient
pas ?
Cette corruption-là, qui permet à toutes les hiérarchies institutionnelles de violer
impunément les lois, s’appuie pour ce faire sur deux notions contraires au mérite républicain :
le profil et les compétences.
Une démocratie républicaine ayant comme premier souci de garantir l’intérêt général,
se dote d’institutions relevant de la Fonction Publique et de services publics pour atteindre cet
objectif. Le fonctionnement de ces institutions et services publics oblige l’Etat à recruter des
personnels qualifiés, impartiaux et incorruptibles. Le concours de recrutement anonyme est la
méthode la plus sûre et la plus logique pour assurer simultanément l’incorruptibilité,
l’impartialité et la qualification. Le recours au contrat doit rester exceptionnel et doit permettre
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de pourvoir des postes rares, voire exceptionnels mais nécessaires à tel ou tel moment de la vie
de l’Etat. Or, les services publics et les fonctions publiques recourent de façon pléthorique aux
contractuels assumant des fonctions courantes et pérennes. C’est une façon de diminuer les
dépenses de l’Etat en contradiction avec les règles et les normes édictées par la République ellemême pour recruter des agents dignes d’elles.
Cette prolifération de contractuels formés à leurs tâches sur le tas, celui de la nécessité,
induit que d’autres motivations que celles de trouver du personnel apte peuvent intervenir dans
le choix opéré par la hiérarchie d’un agent contractuel d’abord, voire titularisé ensuite.
Prenons un exemple : il faut trouver un-e adjoint-e à un-e fonctionnaire en charge de
travaux de bureautique dans une institution officielle. Plutôt que de créer un poste et de le mettre
au concours, on** propose d’embaucher par contrat une connaissance de l’agent bureauticien,
ou la nièce au chômage du chef de bureau quand ce n’est pas la fille sans emploi du chef de
service : cela s’appelle du copinage et du népotisme ; on peut même aller jusqu’à parler de
clientélisme … A moins que ce recrutement corresponde aux impératifs d’une tâche
inhabituelle et peu fréquente. Mais classer des papiers et faire des photocopies, est-ce une tâche
si rare et exceptionnelle qu’elle implique de recruter hors normes ?
Prenons un autre exemple : un collège est sans principal parce que le dernier en date est
appelé à exercer d’autres fonctions dans les services académiques du rectorat. Le poste ainsi
libéré n’est cependant pas mis au mouvement parce que ce collège, voyez-vous, n’a pas besoin
d’un principal qualifié, ayant telle ou telle ancienneté et telle ou telle notation le rendant apte à
diriger un établissement secondaire du premier degré ; il faut qu’il soit attribué à Madame ou
Monsieur Truc-Muche qui est apparenté-e à une notabilité locale que connaît bien le DASEN
ou un autre ponte du rectorat. Ou est la garantie d’indépendance et d’incorruptibilité du
prochain chef d’établissement, sans parler de sa qualification quand les normes sont traitées à
front renversé ?
Allons jusqu’à un troisième exemple : un stagiaire n’a pas bénéficié au cours de son
année de stage des conditions prévues par la loi pour qu’il se déroule au mieux des intérêts du
stagiaire. Pourquoi ? Parce que les différents intervenants de sa hiérarchie n’ont pas respecté,
pour des raisons x ou y, les circulaires qui prescrivent les procédures permettant d’établir
l’équité dans une demande de titularisation. Que croyez-vous qu’il arrivât ? Ce fut le stagiaire
qui paya les pots cassés par une hiérarchie administrative et pédagogique contournant
allègrement les textes qu’elle a en charge pourtant d’appliquer et de faire respecter.
Les hiérarchies prennent ainsi de mauvaises habitudes, en particulier dans la fonction
publique territoriale, mais pas seulement, où la promotion est de moins en moins liée à une
amélioration de la qualification de l’agent et de plus en plus effectuée « à la tête du client » …
entendez ici la docilité du nouveau recruté.
Où est, dans ces cas, l’égalité républicaine des droits ?
Donc, la France a des hiérarchies institutionnelles de plus en plus rongées par la
corruption à cause de ces pratiques habituelles et tolérées de passe-droit, de cooptation, d’entresoi, qui loin de garantir l’exercice de l’Etat de Droit l’affaiblissent en le gangrénant à son tour.
C’est pourquoi, les comportements illégaux des « élites » et des « sous-élites », leurs
faire-valoir, entraînent le délabrement des institutions elles-mêmes. Quand dans la Police, dans
la Justice, dans l’Education Nationale les responsables de ces institutions font prévaloir leurs
caprices intéressés, pour ne pas dire leur bon plaisir, sur l’intérêt public, c’est-à-dire le respect
des lois et règlements, les institutions perdent leur vrai visage ; elles sont viciées, déformées,
mal entretenues au point qu’elles se corrodent, que la rouille et les vers attaquent leurs
soubassements qui finiront par s’écrouler***. Une bonne inondation là-dessus et on n’en
parlera plus !
Voilà où en est la France : un pays dont les « élites » tournent en rond en espérant que
le vertige qui les a saisies, tétanisera aussi les citoyens et les travailleurs.
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Heureux que, contrairement à ce que pensait le fondateur de cette cinquième
République, tous les citoyens, tous les travailleurs ne soient pas des veaux !
La République numérotée se meurt ! La République numérotée est morte !
Vive la REPUBLIQUE !
* Le prédécesseur d’Anne HIDALGO à la mairie de Paris a entrepris des travaux de rénovation des trottoirs parisiens dont
les chantiers ne sont toujours pas clos en choisissant pour ce faire un superbe granit espagnol qui si vous en mettez un fragment
dans votre poche est réduit en arène en moins d’une semaine. Pourquoi ce choix ? Sûrement pas pour la qualité et la solidité
du produit !
** Que de mystère dans ce « on » et dans celui de ses motivations !
*** Quand une dame, maire de la Capitale de la France, avec l’aval du ministre de l’écologie, fait voter par son conseil
municipal que certaines automobiles sont interdites de circulation sous des prétextes dont le commun dénominateur est d’être
tous en infraction avec l’égalité des droits, cette personne et ses conseillers « élites de la France » non seulement
contreviennent aux règles constitutionnelles de la République mais de plus s’en foutent, si je puis dire, royalement aux divers
sens de cet adverbe …
La mise en marche de l’in-culturation
Il y a peu, Madame le Ministre de l’Education Nationale, de l’Enseignement Supérieur
et de la Recherche a dénoncé avec force la place subalterne qu’occupait au sein de l’OCDE la
rémunération des enseignants français. Elle a donc annoncé des augmentations tout azimut (en
oubliant toutefois les enseignants coordinateurs de la MLDS …) avec comme seul objectif la
reconnaissance du travail des agents de l’Ecole de la République qui, on le sait désormais, est
une école de la bienveillance.
Seules les mauvaises langues ont détecté, au delà de la « bienveillance », des intentions
électoralistes ; dirons-nous que c’est de bonne guerre ?
En dépit de quoi, les statistiques « Pisa » qui ne sont, certes, pas toutes d’une grande
fiabilité, relèguent vers les derniers rangs quant aux résultats et performances de ses élèves,
cette même école de la République …
Serait-ce que l’Ecole lorsqu’elle est « de la République » est incapable d’instruire,
d’éduquer et de former correctement ses élèves qui sont les citoyens républicains de demain ?
Le SNCA e.i.L. Convergence suggère un distinguo : ne pas confondre l’Ecole de la
République et ceux qui en ont la responsabilité, c’est-à-dire les ministres, les hauts
fonctionnaires et la hiérarchie supérieure qui définissent, orientent et encadrent ses objectifs.
Or, depuis des décennies, tous ces gens-là, disons plutôt une grande partie d’entre eux,
sont engoncés dans le libéralisme qui doit régner même sur les services publics, ce qui est un
contresens basique puisque les objectifs des services publics ne doivent pas être la rentabilité
ni la productivité mais l’équité entre tous les bénéficiaires de ces services.
A vrai dire, depuis tout ce temps, nous sommes dans la contre-révolution, la contrerévolution sociale et politique.
Le banc d’essai de ces pulsions contre révolutionnaires qui déterminent
l’enthousiasme destructeur d’élites autoproclamées, c’est la décentralisation.
A l’encontre du génie français !
De même qu’en 1789, les populations de l’Alsace ont clairement exprimé qu’elles
voulaient être françaises et que soient dessaisis de leur emprise sociale et fiscale les princes
germaniques « possessionnés » en cette contrée, de même en 1792-1793, à l’exception de la
chouannerie qui n’était pas, tant s’en faut, un mouvement d’avant-garde, les citoyens français
ont indubitablement affirmé leur jacobinisme qui s’inscrivait et s’inscrit toujours dans la
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continuité multiséculaire de la construction territoriale et politique de la France. En faisant des
sujets du monarque, les citoyens de la Nation, la Révolution n’a pas fait table rase de l’histoire,
à preuve le blanc du lys royal* qu’ils ont intercalé entre les couleurs, bleu et rouge de la ville
révolutionnaire par excellence, Paris**.
Donc, les élites autoproclamées, ont décidé, avec des nuances il va de soi mais sans état
d’âme, qu’un état centralisé devait sous le coup de la baguette magique de leur bon plaisir, i.e.
l’arbitraire, se transformer en un temps record en une pâle imitation de l’Allemagne
Fédérale***.
Le capitalisme, autre nom du libéralisme économique, a besoin de l’Etat pour le sortir
d’affaire quand il est en crise : il faut sauver les banques et les gros actionnaires en faisant
casquer les contribuables par exemple … Ou il faut envoyer les Compagnies Républicaines de
Sécurité, financées par les mêmes contribuables pour déloger les grévistes qui bloquent les
terminaux pétroliers ou les approvisionnements des grandes surfaces. Certes, le petit Français
en pâtit. Mais ce n’est pas pour lui qu’interviennent les CRS : c’est pour assurer la permanence
des profits de Mesdames et Messieurs les gros actionnaires de la pétrochimie et de la grande
distribution.
En dehors de ces moments où le capitalisme a besoin pour sa sauvegarde de l’Etat, le
reste du temps il n’en a que faire. Payer des impôts ? Se priver ainsi de bon argent non pour
investir mais pour spéculer … Vous n’y pensez pas !
Bien sûr que si ! Nous pensons aux services publics, aux transports en commun, aux
hôpitaux, à l’Ecole, à la Justice, et même à la Police et à l’Armée.
Il y a donc une forte contradiction, un vrai conflit d’intérêts, entre la volonté des citoyens
détenteurs de la Souveraineté Nationale et Populaire et les desiderata du capitalisme
immanquablement cramponné à ses profits. Or, l’idéologie dominante, qui prétend que tout doit
être vu sous l’angle économique, que tout doit être géré comme une entreprise privée a corrodé
à ce point les mêmes élites autoproclamées, qu’elles prétendent que moins il y a d’Etat mieux
c’est.
En voilà une sottise ! L’Etat-Nation, celui de la République, doit au contraire assurer le
bien commun qui ne peut ni ne doit être soumis à la satisfaction d’intérêts particuliers. C’est
pourquoi l’Etat républicain est laïque. Cependant la caste des dirigeants politiques pratique
obstinément le contraire de ce qu’exige l’Etat républicain : elle dilue les pouvoirs par une
décentralisation de plus en plus dévastatrice pour le plus grand nombre, multipliant ainsi les
petites chéfailloneries locales plus facilement intimidables, voire plus facilement corruptibles
que les agents d’une administration centralisée. Et cela permet de disloquer chaque jour
davantage les grandes institutions de la République. La focalisation actuelle des instances
politiques et syndicales autour du projet de loi EL KHOMERI révèle bien cette dislocation :
un Code du Travail protecteur ou un Code du Travail permissif …
Une des conséquences terrifiantes de l’affaiblissement de l’Etat, c’est la stagnation puis
le recul du niveau culturel de la population en quoi les statistiques mentionnées en début
d’article ne sont ni mensongères ni à prendre à la légère. Malgré les cris d’orfraie du ministre
de l’ENESR, il est peu probable qu’un pouvoir à ce point subjugué par le libéralisme
économique puisse redresser la barre.
Le lien entre l’inculturation en marche et l’idéologie dominante du moins d’Etat
possible afin de laisser les mains libres au capitalisme est indéniable. Prenons l’exemple des
collectivités territoriales qui ont quasiment la bride sur le cou en matière budgétaire. La loi
impose aux employeurs, et les collectivités territoriales ont beaucoup d’employés, d’inciter
leurs salariés peu ou pas diplômés à préparer des concours internes afin d’améliorer leur
qualification et d’assurer ainsi leur promotion professionnelle et sociale. La plupart des
collectivités locales biaisent cette prescription par des jeux de primes compensant partiellement
des salaires déficients et par des promotions ne passant plus par la réussite aux concours,
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ignorant donc le « mérite républicain », remplacé par les « compétences » trop souvent
synonymes d’ « à la tête du client » ; d’où des pratiques de clientélisme de plus en plus
répandues qui font peu de cas de la « liberté » individuelle de chacun.
Cela s’accompagne donc de moins de formation des travailleurs, puisque celle-ci n’est
plus le gage d’une amélioration du statut professionnel.
Cette pernicieuse pratique antidémocratique, antirépublicaine, antisociale aussi, gagne
les autres fonctions publiques par le biais de la multiplication des postes à profil complètement
déconnectés des qualifications acquises et validées par des diplômes. Pourquoi passer des
concours, augmenter ses connaissances, améliorer ses qualifications si faire sa cour à qui détient
une once de pouvoir local peut vous valoir une promotion ? La devise républicaine est ainsi
bafouée doucettement, sans faire de bruit, mais sûrement.
Que devient la Liberté avec moins d’instruction ?
Que devient l’Egalité quand le droit est remplacé par la connivence, voire la
complaisance ?
Que devient la Fraternité quand l’essentiel est de plaire au principicule ultra-localisé ?
Le SNCA e.i.L. Convergence dénoncera toujours avec vigueur la dérive
décentralisatrice qui ne fait jamais le bonheur des peuples et, chaque fois qu’il en aura
l’occasion, il mettra ses forces dans la reconstruction de la République.
* Les amateurs de botanique savent tous que la fleur de lys n’a rien à voir avec le lilium candidum à fleurs en
entonnoir ou avec celui de type martagon aux pétales séparés et récurvés. A y regarder de plus près, la fleur de
Louis ressemble plutôt à un iris pseudacorus d’un jaune étincelant qui illumine pendant quelques courtes semaines
printanières les fossés et les terrains fangeux voire les gués submergés des ruisseaux et des rivières qui ne
connaissent pas chaque année les crues dévastatrices de l’an 2016.
** Il est vrai que depuis la Commune de 1871, les diverses édilités qui se sont succédé à la tête de la municipalité
parisienne ont tout (et toutes …) fait pour vider la Ville Lumière de sa substance prolétarienne et insoumise …
Mais allez savoir …
*** Outre que l’Allemagne a connu récemment la division territoriale (1945-1989), son statut « fédéral » plonge
ses racines bien plus avant dans le temps. Peut-être avez-vous le vague souvenir des « Traités de Westphalie » de
1648 ? A l’époque, les Etats allemands subissaient la « Guerre de Trente Ans » avec un arrière goût prononcé de
guerres de religions. Les Etats voisins, dont la France, s’en étaient donné à cœur joie pour intervenir et prolonger
les « misères de la guerre »
En 1648, Louis XIV a dix ans ; c’est Mazarin successeur désigné de Richelieu qui dirige la France malgré la
guerre civile, dite la Fronde, qui l’agite ; et c’est aussi lui qui inspire ces traités de Westphalie qui imposent
durablement – jusqu’à aujourd’hui – le morcellement politique de l’Allemagne.
Et nos élites autoproclamées, incultes sinon illettrées – il est vrai qu’entre les deux concepts la frontière est bien
incertaine – proposent aux Français, comme modèle d’organisation politique ce que nos ancêtres ont imposé à
leurs voisins pour assurer la sécurité de la France ! Le monde à l’envers …
Contribution de la commission ouvrière des personnels de direction
La mobilité en cours de blocage
ou
Une revalorisation et une reconnaissance au point mort
Reçu début juillet par le chef de bureau de la DGRH qui a en charge les personnels de
direction, le SNCA e.i.L. Convergence a mis en avant trois éléments qui selon lui contribuent
au blocage de la mobilité des chefs d’établissement et de la promotion des adjoints sur les postes
de chef.
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Ces trois points émergent d’ailleurs d’un discours contraint et strictement bienveillant
sur les quelques situations d’obligation légale. Pour le reste, soit près de 92% des 14000
personnels de direction, le mécontentement grandit. Il semble que pendant ce temps, de part et
d’autre de la commission paritaire, on organise le jeu local de chaises musicales pour faire
attendre les adjoints sur deux ou trois postes avant l’hypothétique affectation-promotion. Il est
vrai qu’obliger pour obliger doit conférer au fonctionnaire comme à l’affilié un
sentiment d’« obligé » …
Le premier point, c’est, bien sûr, l’hyper-localisation du mouvement qui relève plus des
recteurs que du ministre et plus des DASEN que du recteur : mouvement déconcentré à plus
de 80 %, mais à recrutement national. Cela se traduit par une permanente distorsion entre ce
que préconisent les textes à portée nationale, c’est-à-dire des vœux de mutation les plus ouverts
possible, et l’interprétation qui en est faite localement au point qu’un établissement libéré par
la nomination de son chef à d’autres fonctions n’est pas mis au mouvement parce que réservé
par le bouche à oreille à un cadre reconnu localement. Il y a là non seulement une grave atteinte
à l’équité mais aussi une déshérence de fait des règles fixées. On nous dit que les recteurs y
trouveraient leur compte …
Voire, car le recours aux faisant-fonction, qui par ailleurs bénéficient rarement de la
reconnaissance à laquelle peuvent prétendre des personnels qui tirent souvent l’institution mal
organisée de la difficulté, est symptomatique du dysfonctionnement du mouvement. En effet,
malgré un fort recrutement par concours et la rareté annuelle des départs à la retraite, le
mouvement quoique recommandé sur un laps de temps de 3 à 6 ans, a besoin que les faisantfonction viennent à la rescousse pour pallier les errements rendus possibles par des textes et des
pratiques obsolètes. Ces faisant-fonction ne sont pas la cause d’un mouvement ankylosé mais
bien le révélateur de cette ankylose… Prétendre, d’autre part, que le moteur du mouvement est
le départ à la retraite des chefs d’établissement et que, quand ces départs seront plus nombreux,
tout s’arrangera, est sans doute une vue de l’esprit d’origine technocratique ; bien entendu, le
SNCA e.i.L. Convergence n’y souscrit pas du tout qui y voit plutôt un alibi pour camoufler la
mauvaise gestion de l’institution.
Le deuxième point tient à la confusion des genres. Une CAPN d’élus des chefs
d’établissement réunie pour travailler avec l’administration au bon déroulement du mouvement
est aussi et simultanément un organe de promotion, ce que n’est jamais une CAPA, ou une
CAPN, d’autres personnels qui lorsqu’elle travaille sur les « muts » inter- et intra-, ne
s’occupent que de cela.
Et ce n’est pas tout ; la CAPN des PER DIR tient lieu, et toujours simultanément, de
comité médical et autres structures d’aide qui fonctionnent séparément et légitimement quand
il s’agit d’autres catégories de personnels. Remarque au passage : les élus de cette CAPN
relèvent d’abord de la plus grosse organisation syndicale des chefs d’établissement et, dans une
moindre mesure, d’une section confédérée. Or, sur les « chaînes », c’est-à-dire les successions
de mouvements individuels qui devraient permettre de pourvoir tous les postes de principaux
et de proviseurs, ces deux organisations corporatives ont des vues passablement divergentes :
l’une prétend qu’elles n’existent plus, l’autre qu’elles s’allongent … Ces analyses antagonistes,
assez compréhensibles entre organisations rivales, montrent surtout que la mobilité des PER
DIR se fait dans le plus grand flou par rapport au droit commun et à l’équité.
Enfin, le troisième point aborde la mise en réseau des établissements qui contrairement
aux départs en retraite ne sera sûrement jamais le moteur hypothétique de la mobilité des PER
DIR !
Davantage de mise en réseau, soit moins de chefs d’établissement… Et, donc, beaucoup
de PER DIR adjoints qui le resteront pour une longue carrière. Pour plus d’amertume ?
Pourtant, au départ, ils sont recrutés de la même façon, le même concours et, de la part
de l’institution, les mêmes promesses de perspectives de carrière. Outre que
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la « bienveillance » de l’Education Nationale à l’égard des élèves et de leurs familles ne semble
pas très crédible de la part d’un super chef lointain, même pourvu de chefs adjoints risquant
d’être privés d’initiative et de créativité, il apparaît que l’institution et ses hiérarchies ne
tiennent pas à se poser la question d’un sous encadrement qu’elles mettent subrepticement en
place sans même en avoir la claire conscience.
Or, les personnels sont parfaitement conscients de ce qui leur arrive et ils se posent, eux,
des questions ; comme les réponses sont en général en déphasage partiel ou total avec les
inquiétudes qui font surgir ces questions, la relation PER DIR-Education Nationale ne pourrait
aller qu’en se détériorant au fur et à mesure des effets du constat statistique : 1282 mutations
de chefs (dont un petit nombre est aussi promotion d’adjoints), soit 12 de plus que l’an dernier,
et encore moins de mobilité inter-académique … Tout cela se compte à peine sur les doigts : il
ne suffit pas d’énoncer les réalités de l’encadrement supérieur de la fonction publique ni les
sauts de puce des adjoints sur postes d’adjoint pour échapper au ridicule. Reste des situations
humaines, réelles et insupportables qui ne peuvent être prises en compte. Hormis la
complaisance ou le bon vouloir, c’est probablement cela le plus grave dans la mal-gestion de
cette véritable richesse humaine, si nécessaire au système éducatif français.
Avant de clore cette relation d’un entretien avec les services de la DGRH, le SNCA
e.i.L. Convergence se doit de mentionner une remarque qu’il a faite au cours de cet échange de
vues. Le syndicalisme d’accompagnement, auquel les SYNDICATS e.i.L. Convergence
refusent de prêter la main, a deux inconvénients majeurs :
1. Les mandants des organisations qui le pratiquent sont floués, dupés, lésés parce
que la logique du syndicalisme administratif est de ne jamais parler des vrais
problèmes… qui sont pourtant ceux des mandants ;
2. L’institution, qui en l’occurrence doit servir l’Ecole de la République, perd
l’habitude d’être titillée là où ça fait mal ; du coup, les vrais problèmes sont
esquivés, négligés, niés. Evidemment, ce n’est pas la solution ; et, du coup, par
son aveuglement, l’institution si confortablement installée dans la cogestion, se
délabre, se délite et perd son âme. Ira-t-on jusqu’à dire qu’elle scie la branche
(vermoulue) sur laquelle elle est assise ?
Le constat est désespérant : tout dysfonctionne parce que l’autre ne fait pas ce qu’il
devrait faire. Mais cela est faux. De même que les décisions décriées de la Commission de
Bruxelles ont été fomentées par les gouvernements qui ensuite s’en lavent les mains tout en s’y
pliant, de même attribuer aux collectivités territoriales la responsabilité de la suppression, du
maintien ou de la création d’un établissement scolaire ou de certaines de ses classes est une
contre-vérité : la politique éducative se définit au niveau national qui est celui, officiel, du
recrutement de tous les personnels devant encadrer les élèves. Ceux-ci doivent être formés à
être les futurs citoyens de la République. Est-ce encore possible quand la liberté doit passer
sous le joug de la servilité ?
Contribution de la commission ouvrière des certifiés et agrégés
Rentrée 2016 en collège :
le jeu en vaudra-t-il la chandelle?
La Réforme du collège appliquée dans son ensemble à la rentrée prochaine génère chez
les enseignants une certaine angoisse devant le caractère monstrueux de cette « machine ».
Même si le discours de l’Institution se veut rassurant : « On va faire simple… » ou « Partez de
ce que vous faisiez déjà… », l’extraordinaire liberté laissée tant aux établissements dans
l’utilisation des heures réservées à l’autonomie -2.75h cette année-, qu’aux enseignants, à la
fois dans la construction des enseignements complémentaires (enseignements pratiques
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interdisciplinaires –EPI- et accompagnement personnalisé –AP-) et dans la création même de
leurs séquences disciplinaires dont les programmes sont beaucoup moins directifs qu’ils ne
l’étaient précédemment, est source de nombreuses inquiétudes devant l’immensité de la tâche!
Et ce ne sont pas les récentes et tardives promesses du Gouvernement sur la revalorisation des
salaires des enseignants qui les ont rassurés. On l’a bien compris : la réforme vise surtout à
favoriser les échanges entre enseignants et à les contraindre à travailler ensemble, sans toutefois
prévoir dans leurs services des temps de concertation. On se souvient que, naguère,
l’annualisation du temps de travail des enseignants avait été évoquée, on comprend mieux
pourquoi!
En cette fin d’année, les traditionnels conseils d’enseignement ont été surtout consacrés
à la mise en place des EPI et de l’AP. En ce qui concerne les EPI, si les idées ne manquent pas,
la comptabilisation des heures paraît très compliquée puisque les enseignements
complémentaires sont pris sur les horaires des disciplines. Comment dès lors comptabiliser
précisément ces heures, sinon en se fiant aux seules déclarations des enseignants? Comment
savoir si les élèves auront réellement bénéficié des 2 ou 3 heures d’EPI prévues dans les textes?
Enfin, aucune version officielle du Livret personnel de compétences (LPC), permettant
la validation du socle, n’a pour l’instant été transmise officiellement aux enseignants. Ils
découvriront cela à la rentrée… Quant au nouveau bulletin, il devra faire apparaître, outre
l’appréciation générale, les connaissances et compétences travaillées. On imagine aisément la
surcharge de travail qu’engendreront ces modifications.
Si donc les professeurs sont un peu augmentés dans les années qui viennent, leur heure
de travail sera cependant sans doute moins rémunérée, eu égard à la quantité de travail exigée
par les multiples aspects de la Réforme…
Robespierre ou la République vertueuse
Il y a une station du métro parisien, mais extra-muros, qui porte le nom de Robespierre
(1758-1794). Certains élus municipaux de la capitale de la France trouvent que c’est insuffisant.
Ils ont bien raison. Mais leur proposition pour donner le nom de l’Incorruptible à une rue
parisienne n’aboutit pas, la majorité de leurs collègues faisant la sourde oreille.
Il est vrai que Maximilien de Robespierre s’il pouvait constater la situation
d’aujourd’hui serait effaré de constater combien le personnel dirigeant, politique, économique,
social, culturel, est perméable à la corruption et à un point tel qu’elle en affaiblit les structures
de la République.
Les années 1793-1794 sont celles de la guerre, étrangère et civile ; la politique du
Comité de Salut Public, y compris dans sa phase de Terreur, et de la Convention est tournée
prioritairement vers l’effort de guerre afin d’obtenir la victoire à l’intérieur et à l’extérieur tout
en édifiant les bases des institutions de la toute nouvelle République. Pourtant Robespierre et
ses amis ont aussi une conscience sociale. C’est ainsi qu’avec les biens confisqués aux émigrés,
ils projettent une redistribution des terres en faveur des indigents (décrets de Ventôse, févriermars 1794).
Robespierre rêve d’établir une « République vertueuse ». Certes, les « vertus »
auxquelles il pense, à commencer par le courage, sont celles dont l’antiquité romaine donne
l’exemple. Mais pour qu’une organisation sociale soit incorruptible et vertueuse il faut aussi
qu’elle soit exempte d’excès ; il y faut des riches, mais qui ne soient pas trop riches et des
pauvres mais qui ne le soient pas excessivement.
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Là encore l’idéal robespierriste est complètement contrecarré par la réalité
contemporaine qui creuse les inégalités, accentue la paupérisation des uns et dilate sans mesure
les profits des autres. Paris, une ville qui désormais chasse les pauvres et favorise l’installation
chez elle des grosses fortunes, symbolise, en quelque sorte, cette distorsion entre une société
adorant le Veau d’Or et la République vertueuse de Robespierre.
Il est peu probable que les élus municipaux parisiens, dans leur grande majorité, aient
très envie qu’en honorant Robespierre soient mis en lumière et a contrario les injustices sociales
et les dénis démocratiques dont ils ne s’accommodent pas si mal.
Qu’importe, il faut soutenir ceux d’entre eux qui veulent rendre justice à Maximilien de
Robespierre, ce grand patriote, ce grand républicain qui honore la France et l’Humanité.
sera le
Le 27 juillet 2016
anniversaire du 9 Thermidor de l’An II de la République
qui vit la chute de Robespierre, sa mise en accusation
et sa condamnation à mort.
222ème
Une pensée ce jour-là pour un homme injustement calomnié ne
gâchera pas vos vacances que l’équipe nationale de direction du
SNCA e.i.L. Convergence et celle des SYNDICATS e.i.L. Convergence
vous souhaitent agréables, reposantes et reconstituantes.
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