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année du sacerdoce - Doyenné de Saint servais

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ANNÉE DU SACERDOCE
À LA RENCONTRE D’UN SAGE : L’ABBÉ JEAN MEUNIER
Aujourd’hui, nous avons rendez-vous avec un personnage qui ne laisse pas
indifférent. Il a traversé des époques. Il a connu des visages d’Église différents. Il
nous raconte son itinéraire à travers des anecdotes et des souvenirs qui laissent
rêveur.
C’est dans le beau pays de Couvin que Jean voit le jour, le 7 août 1925. Il s’en vient
former avec sa sœur, décédée voici peu, une famille heureuse. Ses parents s’étaient
mariés assez tard, le mari ayant été prisonnier de guerre durant l’horrible
affrontement de 14-18.
Le père est menuisier et il vend des meubles. La mère aide son époux dans le
commerce qui les occupe.
Après les études primaires, Jean fera ses Humanités au Collège de Chimay, où il sera
interne durant 6 ans, les dures années de la guerre de 1940.
En 1943, Jean est en rhétorique. C’est l’année au cours de laquelle l’occupant
décrète qu’avant d’entreprendre des études supérieures, ceux qui sortent
d’humanités sont obligés d’accomplir une année de travail au profit de l’Allemagne
d’Hitler. Le directeur aurait dû fournir la liste des rhétoriciens aux Allemands, mais il
va poser un geste qui marquera à jamais ces jeunes qui allaient se lancer dans la vie.
Il prétexte le besoin de repos d’un professeur, pour organiser les examens terminaux
en une journée, ce qui permettra à tous de quitter le collège à temps et de se
cacher. Pendant ce temps, le directeur brûle les listes des élèves, qu’il ne pourra
donc remettre aux Allemands. Cela lui vaudra de goûter aux geôles nazies.
Durant cette période agitée, un rhétoricien ’43 propose à ses compagnons de classe
de se retrouver plus tard pour un pèlerinage à Notre-Dame de l’Arbrisseau, à Salles,
s’ils sortent indemnes de cette guerre. Ils le feront, ce pèlerinage … 25 ans plus
tard ! Le directeur qui avait été emprisonné pour les avoir sauvés, leur rappellera
qu’ils « auraient pu être plus pressés ! »
Ce sera en 1943, que le jeune Jean prendra la décision de devenir prêtre.
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Il faut se souvenir du climat idéaliste de l’époque … l’exemple du Principal Cassart, la
générosité et la proximité du professeur de rhétorique, l’influence du vicaire de
Couvin.
Ce sera durant une messe durant le mois de mars de cette année, au Collège de
Chimay, que Jean sera « secoué », en lisant le marque-page d’un livre de méditation.
Ne fallait-il pas s’engager ? Deux réponses s’offraient à lui : d’une part, celle du
jeune homme riche qui ne pouvait suivre le Christ ; celle des apôtres, d’autre part,
qui laissèrent tout pour le suivre. Cette dernière réponse l’impressionnera : il sera
donc prêtre !
La première année de Philosophie, il la suivra « en secret ». Monseigneur Charue,
l’évêque de l’époque la reconnaitra valable. Jean poursuivra alors sa formation à
Floreffe, puis au Séminaire de Namur.
Il sera ordonné prêtre le 31 juillet 1949. Lors de cet heureux jour, ils étaient 23 à
mettre leurs pas dans ceux du Christ. Seuls 8 sont encore là aujourd’hui, pour
témoigner de leur bonheur.
Au lendemain de l’Ordination, Monseigneur Charue le nomme vicaire à la paroisse
Saint-Victor à Auvelais. Il lui annonce, en même temps qu’il l’enverra à Louvain,
l’année suivante pour y suivre une formation de licencié en sciences sociales et
politiques.
Cette période d’Auvelais restera une grande joie dans sa vie de prêtre. Il y sera
merveilleusement accueilli, entre autres par Monsieur le Doyen Baugnée, homme bon
et ouvert.
Le premier jour, il lui confie sa pensée. Il estime devoir être en mesure de confier à
son vicaire qu’il voit, ce qu’il remarque, ce qu’il espère … et ce, en pouvant compter
sur le secret absolu de son interlocuteur. Il s’agissait d’une énorme confiance, à la
hauteur de la profondeur de la pensée du Doyen.
Leur entente fut des plus cordiales et des plus constructives, au point que
Monseigneur Charue, ancien paroissien d’Auvelais, mis au courant de leurs projets,
laissa tomber la proposition d’études à Louvain.
En 1952, on peut commencer à vivre l’expérience de la Veillée pascale dans la nuit
du samedi saint au dimanche, on démarre tout de suite.
Le message de Pâques est autrement parlant !
Un peu plus tard, des messes célébrées dans la soirée sont admises à certains jours.
À Auvelais, les premières années après l’instauration, des messes du soir, même les
jours de semaine, il y a assez bien
de monde.
A la fête de Sainte Barbe, en
décembre 1956, l’abbé Meunier lit
quelques extraits de la lettre de
Monseigneur Himmer, évêque de
Tournai, écrites pour tirer des
leçons de la catastrophe de
Marcinelle. A la sortie de la messe,
le directeur du charbonnage
Elisabeth dira : «nous avons un
vicaire rouge » !! Les enfants, en
bon termes avec le vicaire,
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chercheront à calmer leur père.
L’abbé Meunier restera dans cette paroisse durant 14 ans. Ce fut une période
heureuse riche en projets et en audaces pastorales en tous genres.
Le groupe des « Vicaires » du Doyenné (ils étaient 12 à l’époque !) n’était pas
étranger à cette richesse pastorale. Ils se réunissaient tous les mardis, encouragés
par leur évêque, ce qui n’étaient guère apprécié par tous les curés, certains voyant là
un risque de perte d’influence et de prestige.
C’est de ces rencontres que naîtront quelques réformes qui nous semblent d’un autre
temps, aujourd’hui.
C’est ainsi qu’ils lanceront une nouvelle manière de célébrer les funérailles. Une
grosse occupation du vicaire de l’époque était de participer aux enterrements. Il
fallait parfois jusqu’à 2 ou 4 vicaires par enterrement. C’était la façon d’indiquer la
qualité du défunt … une qualité liée exclusivement au milieu social. Situation
insensée, quand on y pense, aujourd’hui !
Ils allaient enfin pouvoir célébrer la mort d’un homme en étant proche de sa vie et
proche de l’Évangile ! On croit rêver !
Les dernières années de son vicariat, l’abbé Meunier se verra confier une mission
régionale dans la Basse-Sambre. Il s’agissait d’aider à la réforme et au renouveau
d’institutions importantes, comme les « Équipes populaires ; les mouvements de
jeunesse, Vie féminine ». Il sera même nommé aumônier décanal des équipes
populaires … une mission importante qui s’étalera sur quatre années.
En 1963, Jean deviendra curé de Sainte-Croix et Doyen de Saint-Servais.
Deux jours après l’enterrement du doyen Maljean, à Saint-Servais, Monseigneur
Blaimont, vicaire général, rencontre un groupe de prêtres au sein duquel se trouve
Jean. Jusqu’alors, il a toujours appelé celui-ci : « Monsieur le vicaire ». Et voilà qu’il
change subitement sa façon de faire et il appelle « Monsieur l’aumônier ». Et on va
donc respecter la coutume de l’époque : ce n’est pas un « vicaire » qui va devenir
directement « doyen », mais un « aumônier ». Le communiqué de l’Evêché parlera
d’aumônier.
Jean sera Doyen de Saint-Servais durant 11 ans. Il croyait bien, au départ y rester au
moins 25 ans !
Une autre époque pleine de richesses va pouvoir se déployer pour ce prêtre rempli
de dynamisme et d’idéal.
C’est le temps des premières mises en pratiques des documents et des décisions
remarquables du Concile Vatican II. Un souffle d’enthousiasme domine. Mais, il y
aura en 1968 le choc du remue-ménage social et culturel du mois de mai et la
tempête suscitée par la publication de l’encyclique « Humanae Vitae » sur la
contraception, en juillet. A Saint-Servais, la pratique dominicale est restée stable de
1963 à 1968. A partir de cette dernière année, elle va rechuter.
C’est le temps des bonnes relations avec les grands leaders socialistes du lieu. Ceuxci voulaient jouer la carte d’une proximité avec l’Église catholique. A un moment
donné, il y a une grave division entre socialistes. Sans s’immiscer dans les
manœuvres politiciennes et en gardant sa liberté, le doyen écoute les avis des deux
camps et ose suggérer aux uns et aux autres des réconciliations possibles.
C’est aussi le temps où la formation de « secteurs pastoraux » était déjà à l’ordre du
jour.
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La région de Meux fonctionnait déjà « en secteur ». À Floreffe, on commençait la
même démarche. Pour Saint-Servais, c’était déjà compliqué : trop de « grosses
paroisses » se suffisaient à elles-mêmes !
C’est aussi le temps des vicaires. Il n’y en a pas mal dans le Doyenné ! On est loin de
la pénurie de notre temps !
C’est encore le temps où on parlait déjà de la formation de responsables … tout
comme aujourd’hui !
À Sainte-Croix, en 1974, on se trouve avec une zone insuffisamment équipée dans le
domaine de la pastorale : la Montagne Saint-Marc et ses environs, il n’y a pas de lieu
de culte, pas d’école, pas de présence religieuse. Plusieurs milliers de personnes
habitent ce quartier populaire, fort éloigné de l’église paroissiale.
C’est là que va naître le projet du « Foyer Jean XXIII », qui aura pour but de combler
les lacunes et d’ouvrir les portes d’une approche missionnaire.
Des Sœurs de la Charité de Gand viendront s’y implanter, apportant les richesses
humaines et spirituelles de leur petite communauté naissante, à ce vaste projet.
Monseigneur Mathen, ordonné le 3 mai 1974, en tant qu’évêque coadjuteur, prendra
la direction di diocèse le 24 juin de cette année.
Il appellera pour le seconder, l’abbé Meunier qui sera nommé Vicaire général le 12
juillet de cette même année.
Dans sa vie, ce sera l’année du « grand changement », qu’il nous illustre par cette
autre anecdote bien significative.
Après 25 ans au service de la paroisse, après des dimanches ponctués par la
participation à 4 ou 5 messes, il se retrouvait « sans messe à dire » !
C’est tellement précieux pour un prêtre d’avoir une communauté avec qui pouvoir
célébrer … et là, il n’y aurait même eu personne pour remarquer qu’il n’était attendu
nulle part pour la célébration de l’Eucharistie !
Il va donc se démener pour trouver de tels endroits : auprès de l’abbé Barbier à
l’église Saint-Joseph, auprès de paroisses en manque de prêtre pour une semaine
sainte ou pour Noël …
C’est ainsi qu’il aura l’occasion de vivre une expérience marquante, lors de sa
première nuit de Noël faisant suite à sa nomination.
Pour la messe de minuit, il a rendez-vous dans l’église de Merlemont, près de
Philippeville. La messe se passe. Après la célébration, il remet de l’ordre. Il se voit
invité à se presser, parce qu’il faut fermer la porte de l’église … et il se retrouve seul
avec lui-même sur la place du village : pas même une tasse de cacao. Il ne lui reste
plus qu’à regagner ses pénates namuroises, vivant la solitude du prêtre.
Heureusement, ajoutera-t-il cela n’arrivera qu’une fois en 17 ans !
« Si je ne m’étais pas démené, je serais devenu « non-pratiquant ! », nous confierat-il en toute simplicité.
La collaboration avec Monseigneur Mathen et son équipe fut une grande période,
toute faite de confiance, d’appui, de responsabilités assurées entièrement.
Il aura toujours été encouragé et appuyé dans ses initiatives. « L’évêque n’essaiera
pas de réussir après moi », ajoutera-t-il. Il était un homme qui savait déléguer et qui
ne cherchait pas à s’imposer.
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Il aura eu à influencer des « nominations » de prêtres, une tâche ingrate et difficile
pour laquelle il fallait être à l’affût des susceptibilités de chacun. De plus, il fallait
tenir compte d’un effectif déjà rare.
Une mission qu’il savourait, c’était la célébration des Confirmations. Il s’agissait là de
moments pléniers faits de rencontres et de belles liturgies, pour lesquelles on avait
mis les petits plats dans les grands.
Le grand regret de cette époque, c’est d’avoir été privé d’un peuple stable, au milieu
duquel on peut « vivre » et « être ».
Le diocèse est un territoire étendu. Les Confirmations sont des moments de
communautés éphémères. Les nombreuses réunions à Bruxelles ou ailleurs sont des
mangeuses de kilomètres, même si elles ne manquent pas d’intérêt. Une vie
chargée, qui n’est pas épanouissante à tous les instants !
Un grand moment de son « Vicariat » fut pour l’abbé Meunier les rencontres des
« Sessions d’Orval », dès 1975. Les doyens avaient alors l’occasion de se retrouver
avec des spécialistes pour une semaine de formation. L’Évangélisation fut une de
leurs préoccupations. Ces sessions dureront jusqu’en 1979 et furent de précieux
moments d’échanges et d’étude.
En 1979, Monseigneur Mathen s’inspirera du travail de ces sessions pour écrire un
document important : « Pour une Église diocésaine porteuse d’Espérance ».
À cette époque un nouveau besoin se fait sentir. S’il est important que des prêtres,
des doyens se retrouvent, il faut aussi ouvrir leurs cénacles aux laïcs.
Ce sera l’idée des « Assemblées de Nassogne ».
Une première, en 1980, permit une analyse de la société. Elle réunissait une minorité
de prêtres et beaucoup de laïcs.
La deuxième, en 1982, permit à ce même groupe de poursuivre son étude sur
« Évangélisation et engagements »
La grosse critique des participants était d’en sortir avec l’impression négative de
n’avoir jamais l’occasion de prendre part à l’élaboration de décisions, face à tous ces
enjeux abordés.
Un changement de cap s’imposait, qui allait aboutir à l’Assemblée de Nassogne
d’octobre 1985.
Tous les groupements
allaient être consultés. Les
conseils
pastoraux
provinciaux allaient devoir
mettre de l’ordre dans
toutes ces idées qui
fusaient de partout. De là
allait surgir un document
contenant
ces
« propositions
des
diocésains ».
Ensuite les deux conseils
pastoraux allaient voter sur
toutes ces propositions,
pour n’en retenir que 30.
Les
propositions
qui
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allaient recevoir à Nassogne les 2/3 des voix deviendraient des « motions », parmi
lesquelles il faudrait choisir les prioritaires.
Avec l’accord de l’évêque, ces motions retenues allaient devenir des « décisions
diocésaines ».
De tout ce travail démocratique, fait dans le respect des uns et des autres, sortira un
document. Il énumère les 21 propositions qui ont obtenu les 2/3 des suffrages.
L’évêque en retiendra 20 d’entre elles qui deviendront des « décisions diocésaines ».
Sept motions prioritaires votées seront aussi retenues, dont l’aide aux exclus, la
recherche de sens, la redécouverte du dimanche à partir de l’Eucharistie … L’évêque
y ajoutera une priorité qui est encore d’actualité : les secteurs.
Ce travail fut une aventure, faite de confiance, de mobilisation. Il était fait de social
et d’attention à l’humain … un humain branché sur Jésus-Christ qui « a revêtu notre
humanité ».
Une époque passionnante, dont nous n’avons pas à rougir !
Lors du remplacement de Monseigneur Mathen, c’est toute son équipe qui cède la
place à d’autres.
Pour Jean Meunier vient alors le moment d’écrire une nouvelle page de son
ministère. Il le fera à la clinique Sainte-Elisabeth, à Salzinnes, où il assurera les
fonctions d’aumônier.
Là encore, quel ministère passionnant, que notre ami Jean nous développe à travers
l’une ou l’autre anecdote.
À peine revêtu des responsabilités de ses nouvelles attributions, Jean est appelé
dans une chambre, auprès d’une dame encore jeune, une maman qui souhaite le
rencontrer et qui est atteinte d’un cancer.
Jean ne la connait pas, pourtant elle lui détaille son parcours hospitalier. Elle est très
lucide sur son état et elle lui demande cette chose terrible : « Vous ne me connaissez
pas : m’aiderez-vous à mourir ? »
De septembre à novembre, il ira la visiter, échanger avec elle, jusqu’au jour où on lui
annonce que cela va être la fin. Il se rend une dernière fois à son chevet. Il y
rencontre son époux et ses enfants. Elle demande à pouvoir communier et à prier.
Elle le fera en présence de ses enfants et de son époux … un moment d’une densité
incommensurable.
Il l’accompagnera jusque dans ses derniers instants, jusque dans ces funérailles qu’il
ira célébrer à Arlon.
Ce que l’abbé regrette de cette période, c’est l’insuffisance de contacts avec le
monde médical. Il faudra attendre l’après de sa mission à la Clinique pour être invité
par des médecins et pouvoir échanger avec eux. Ils seront, par exemple, étonnés de
ses bons contacts avec le pasteur protestant ou avec le représentant du monde
laïque … étonnés que ces milieux puissent se retrouver à Sainte-Élisabeth !
Après six années d’apostolat intense à la clinique, il devra quitter cet endroit devenu
trop fatiguant. Il possédait heureusement une maison, qui allait se libérer à Belgrade.
Il allait pouvoir y offrir ses services à la Paroisse … l’écriture d’une autre page
merveilleuse de son ministère !
Voilà 12 ans maintenant qu’il vit cette disponibilité et qu’il en reçoit des satisfactions
quotidiennes.
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Il y a d’abord cet accueil merveilleux de l’abbé Collard, le curé, de l’abbé Rifon et des
paroissiens.
Il y a ce bonheur de découvrir qu’est venu le temps de vivre d’une manière moins
stressante, d’une façon plus libre, tout en se sentant utile.
Il y a cet autre privilège merveilleux de pouvoir retrouver une communauté chaque
dimanche pour célébrer l’Eucharistie et aussi plusieurs fois par semaine.
Il y a cette joie de rencontrer des hommes et des femmes lors de grands
événements de leur existence. Pendant longtemps, il a ainsi pu célébrer les
funérailles en prenant le temps de rencontrer les familles dans leur vérité et dans
leur humanité. Cela prenait certes beaucoup de temps, mais c’était tellement
important !
Joie d’être prêtre …
- Joie de vivre avec Jésus-Christ et de pouvoir l’offrir à un peuple.
- Joie de célébrer l’Eucharistie pour une assemblée … 60 ans d’un bonheur de tous
les jours. « Je souhaite célébrer et offrir la Parole de Dieu ».
Joie de rencontrer des gens, d’échanger, d’écouter, de donner et de recevoir. Jean
n’envisage pas une existence sans contacts !
Déceptions …
Un tel parcours, aux audaces et aux visages si différents, ne peut se vivre sans
quelques ombres ou quelques nostalgies.
Dans la Foi, on aimerait croire que nous allons vers un Christianisme vécu : que de
chemin reste à parcourir !
Il est aussi parfois triste de voir « s’écrouler » des signes et des gestes pastoraux
que l’on avait essayé de mettre en place … à moins que ce qui importait c’était le
message dont ils étaient porteurs ?
On sent aujourd’hui une Église qui souhaite se présenter « autrement ». Cela
pourrait susciter la nostalgie, à moins que ce ne soit l’avènement d’une minorité plus
vivante et plus enthousiaste ! Et si nous allions vers une autre façon de vivre notre
Foi ?
L’abbé Meunier regrette enfin que les temps ne semblent pas mûrs pour l’ordination
d’hommes mariés dans l’Église. « On y viendra, mais je ne le verrai pas : c’est encore
trop tôt ! », dira-t-il.
Un rêve …
Son rêve semble fait de plusieurs défis qui se pressent à nos portes.
D’abord, il semble établi que nous allons vivre en état « d’Église minoritaire » … Il lui
faudra être enthousiaste, « qu’elle ait la Foi ». Il s’agit là d’un chemin
d’approfondissement de tous les jours ! Qu’elle soit chaleureuse, accueillante !
Qu’elle soit signe » !
Ensuite, ces Chrétiens devront oser leur Foi au milieu de groupements pluralistes. Il
ne leur sera pas demandé de vivre à l’écart du monde, mais de se donner des lieux
d’approfondissement et de recherche de ce qui les fait vivre. De tels lieux de
formation et de recherche de sens semblent indispensables aujourd’hui !
Enfin, ces Chrétiens auront à cœur de s’insérer dans des groupes pluralistes, pour
s’engager avec d’autres dans les luttes qui concernent l’homme et sa dignité, qui
cherchent le respect actif des pauvres.
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Des passions, des loisirs …
Ce n’est pas sans nostalgie que Jean Meunier évoque son passé où il y avait des
voyages avec ses amis : Louis Son,
Robert Mathen, Virgile Nijs. L’Alsace
et la Bourgogne étaient de bons lieux
de resourcement !
Aujourd’hui de telles aventures se
font rares.
Quoi de meilleur aujourd’hui que de
se retrouver au milieu des pages d’un
bon livre retraçant l’histoire d’un
personnage ou d’une époque … Il lui
faut ainsi toujours un livre d’histoire,
d'histoire contemporaine surtout,
près de son lit.
Bonne lecture, Jean et merci pour ta sagesse, pour ton parcours illuminé par les
grandes heures de la vie d’une Église en perpétuel mouvement.
Merci pour ton sourire et ton humour qui nous aident à relativiser tant de choses.
Merci pour l’homme et le prêtre que tu es, tout éclairé par la beauté de l’Évangile qui
te fait vivre.
Christine Dave et Guy De Smet.
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