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ccmed_0007-9731_2006_num_49_19... - Hal-SHS

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Compte rendu de l’ouvrage de Celia Chazelle et Burton
Van Name Edwards, éd. - The Study of the Bible in the
Carolingian Era. Turnhout, Brepols, 2004 (Medieval
Church Studies, 3).
Eric Palazzo
To cite this version:
Eric Palazzo. Compte rendu de l’ouvrage de Celia Chazelle et Burton Van Name Edwards, éd.
- The Study of the Bible in the Carolingian Era. Turnhout, Brepols, 2004 (Medieval Church
Studies, 3).. Cahiers de Civilisation Médiévale, C.E.S.C.M, 2006, La médiévistique au XXe
siècle. Bilan et perspectives, 4849 (194), pp.182-183. <halshs-01346569>
HAL Id: halshs-01346569
https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01346569
Submitted on 19 Jul 2016
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Cahiers de civilisation médiévale
Celia Chazelle et Burton Van Name Edwards, éd. — The Study of
the Bible in the Carolingian Era. Turnhout, Brepols, 2004 (Medieval
Church Studies, 3)
Éric Palazzo
Citer ce document / Cite this document :
Palazzo Éric. Celia Chazelle et Burton Van Name Edwards, éd. — The Study of the Bible in the Carolingian Era. Turnhout,
Brepols, 2004 (Medieval Church Studies, 3). In: Cahiers de civilisation médiévale, 49e année (n°194), Avril-juin 2006. La
médiévistique au XXe siècle. Bilan et perspectives. pp. 182-183;
http://www.persee.fr/doc/ccmed_0007-9731_2006_num_49_194_2938_t1_0182_0000_3
Document généré le 01/06/2016
182
CAHIERS DE CIVILISATION MÉDIÉVALE, 49, 2006
leçons retenues par l'éditeur rendent la
compréhension du texte nettement plus difficile que
les variantes mentionnées. En plus, il est frappant
de voir que dans plusieurs cas le ms. B (Paris,
BnF, latin 15453), qui est un des plus anciens,
car daté de 1243, offre des lectures somme toute
plus satisfaisantes (et à plusieurs reprises
confirmées par l'édition Junta de la
Renaissance). Les raisons pour lesquelles ce manuscrit
n'a pas reçu un plus grand poids dans
l'établissement du texte nous échappent complètement.
On a parfois l'impression que le propre
raisonnement d'Averroès n'est pas suffisamment
valorisé. Cela se révèle surtout au niveau de la
ponctuation (p. ex., p. 11, 1. 72 un point est
requis entre individuo et sive). Toutefois, d'autres
éléments pointent dans le même sens :
la présence de mots superfétatoires, tels p. 20,
20 ergo accidentalis ; (compte tenu du contexte,
il faut avec le ms. B supprimer ces mots) ;
le maintien de lectures douteuses, telles p. 6,
1. 71: numeramus (le contexte, voir p. 4, 1. 11
et 7, 1. 77, suggère une lecture nominamis) et
p. 10, 26 quod est continuum (ces mots sont
sans doute à supprimer, car ils constituent une
sorte de répétition de continuum à la ligne 25).
Pour la fixation des textes des lemmes, ni le
texte grec ni le commentaire d'Averroès ont à
première vue été pris en considération. En voici
quelques illustrations :
Lemme 2, 1. 4 : mensura ; en vue de 6, 46
{magnitudo) et du texte grec (megethos), on
peut se demander si une correction en magnitudo
ne s'impose pas ;
Lemme 4, 1. 9 : corpus ; en vue de 10, 48 et
du texte grec (moriou), la leçon pars, qui est
attestée dans le ms. Z, est sans doute
préférable ;
Ibid., 1. 16 : après finem, il faut probablement
ajouter avec le ms. G (et l'édition de Junta)
aut non in magnitudine, surtout en tenant compte
de p. 11, 1. 84-85 ;
Lemme 10, 1. 5 : en vue du texte grec (toioutoon)
simplicium, nous préférons la leçon similium
(BJX) à celle, retenue par l'éditeur, de
simplicium.
Mais le lecteur est aussi confronté à des fautes
évidentes. Les citations d'Aristote, présentes
dans le commentaire d'Averroès, ne sont pas
toujours correctement identifiées (6, 65 ne
constitue pas une citation, mais 18, 36 et...
simplex ; 19, 40 motus... simplicis et 19, 51-53
COMPTES RENDUS
manifestum... circulari par contre en sont).
L'apparat des variantes n'est pas toujours
adéquat. Une comparaison avec l'édition de
Junta de 1550/522 le montre :
lemme 8, 1. 3 porte corpus compositun habuit
motum simplicem, mais / propose (en plus d'une
grande conformité avec le texte grec) : in
corpore inveniatur motus simplex (l'apparat se
contente de mentionner l'utilisation de inveniatur
à la place de habuit) ;
/ porte aussi des variantes non indiquées, telles
que aliquis au lieu de aliqui (p. 26, 1. 16), scilicet
au lieu de sed (p. 27, 1. 42) et ipsa au lieu de
ipsam (p. 29, 1. 4). Certaines leçons sont en outre
manifestement fautives. Ainsi, lemme 1, 1. 3, le
mot nature est à lier au pronom isti, comme la
répétition de la citation dans le commentaire le
prouve (voir p. 3, 1. 45-46) ; p. 10, 1. 39 : il faut
lire à base de p. 9, 1. 5 possible (JX) au lieu
de impossibile ; et p. 19, 1. 51 : le contexte impose
de lire etsi au lieu de et si.
Il est vrai que l'édition ne se veut que « semicritique ». Néanmoins, on a l'impression que des
pressions de temps sont à la base d'un certain
nombre d'imprécisions, voire de fautes. C'est
regrettable, d'autant plus que l'édition présente
aurait dû rendre superflu le recours aux éditions
de la Renaissance. Nous ne croyons pas que
c'est vraiment le cas. Bien sûr, le chercheur aura
intérêt à consulter celle-ci outre celles-là, mais
il ne pourra sans doute pas se passer
entièrement de ces dernières. Espérons que le CDRom prévu apportera quelques corrections
essentielles au présent travail. Nous en savons
l'éditeur capable, ce qui nous renforce dans
l'idée que ses conditions de travail n'étaient pas
entièrement adaptées à une tâche d'une telle
envergure.
Jules Janssens.
Celia Chazelle et Burton Van Name Edwards,
éd. — The Study of the Bible in the
Carolingian Era. Turnhout, Brepols, 2004,
XI-258 pp. (Médiéval Church Studies, 3).
L'étude de la Bible dans le haut Moyen Âge
constitue sans doute l'un des thèmes favoris de
la médiévistique tout au long du XXe s. et
s'annonce encore comme l'un des domaines de
recherche privilégiés dans les années à venir.
Elle est de toute première importance pour les
CELI A CHAZELLE ET BURTON VAN NAME EDWARDS
recherches sur l'exégèse du haut Moyen Âge,
sur laquelle, récemment, certaines publications
ont permis de jeter un regard neuf. Je pense
en particulier à la belle introduction de Gilbert
Dahan à son livre consacré à l'exégèse chrétienne
de la Bible dans la seconde moitié du Moyen
Âge (L'exégèse chrétienne de la Bible en Occident
médiéval, xif-xiv s., Paris, 1999).
Dans ce volume, Celia Chazelle et Burton Van
Name Edwards ont rassemblé de fort
intéressantes contributions consacrées à l'étude de la
Bible à l'époque carolingienne. Tout d'abord, je
mentionnerai l'excellente synthèse introductive
écrite conjointement par les deux éditeurs du
volume. Dans ces pages, Celia Chazelle et Burton
Van Name Edwards font bien plus que de
seulement planter le décor du volume. Ils
remarquent à juste titre l'omniprésence de l'exégèse
biblique dans le monde et la culture de l'époque
carolingienne, comme en témoigne d'ailleurs le
nombre important de manuscrits exégétiques
conservés de cette époque. À partir de la
réforme du texte biblique menée par Alcuin,
l'exégèse a pu servir dans des domaines aussi
différents que celui de l'éducation, de la culture
ou bien encore dans celui de la liturgie. Ces
AA. ont dans ces pages clairement décrit les
jalons chronologiques majeurs marquant les
différentes étapes de l'étude de la Bible durant
la période comprise entre la seconde moitié du
vnr s. et la fin du IXe s. De façon générale, ces
jalons correspondent aux impulsions particulières
données par les différents souverains
carolingiens à la connaissance de la Bible à travers
l'exégèse. Je ne peux dans le cadre de ce compte
rendu entrer dans le détail de chacune des
contributions rassemblées dans ce volume. L'un
des points communs entre tous les articles est
de proposer une approche nouvelle d'un aspect
plutôt bien connu de l'exégèse ou bien encore
de faire découvrir de nouveaux textes comme
le fait p. ex. Burton Van Name Edwards à
propos des commentaires de Walafrid Strabon
et d'Haimon d'Auxerre sur le Deutéronome. La
première partie de l'ouvrage regroupe des
contributions traitant des commentaires bibliques à
l'époque carolingienne. Dans cette partie, je
relève surtout le très riche article de Michael
Fox sur le travail d'exégète accompli par Alcuin
soulignant ainsi que l'exégèse carolingienne ne
repose pas seulement sur la réception de
l'importante tradition patristique mais qu'elle propose
également des innovations originales portées par
183
des grandes figures de la théologie, comme
Alcuin. Dans la seconde partie, les contributions
abordent plus directement le thème de l'exégèse
biblique en relation avec certains aspects du
contexte historique de l'époque carolingienne.
Ici, Alcuin est à nouveau à l'honneur à propos
de la conception du miles Christi, considérée à
partir de l'exégèse. De son côté, William Diebold
traite de façon originale de l'influence de
l'exégèse à l'époque carolingienne sur les arts
et la culture en portant un suggestif coup de
projecteur sur la citation de la première Épître
aux Corinthiens (1 Cor 3,10) mentionnant le
« bon architecte », considéré comme une sorte
de paradigme de la figure de l'architecte, ou de
l'artiste, et proposant une haute vision
spirituelle de la production artistique du IXe s.
Intéressante aussi est la synthèse de Celia
Chazelle sur les conceptions carolingiennes en
matière d'exégèse sur l'eucharistie. De façon
plus novatrice en revanche, Dominique IognaPrat montre, quant à lui, l'importance des traités
liturgiques de l'époque carolingienne dans la
construction de la conception du lieu sacré
(p. 215-244). L'A. souligne à juste titre
l'originalité de la démarche de Walafrid Strabon, mais
aussi celle de Raban Maur dans son De institutione clericorum. Ces hautes figures de la
théologie du Moyen Âge, exégètes de la liturgie,
incluent leur considération respective sur le lieu
de culte, sur l'espace sacré, dans une réflexion
globale sur l'institution ecclésiale. Ainsi donc,
au-delà de l'étude du vocabulaire du lieu de
culte à laquelle procède Walafrid Strabon, tout
en se situant volontairement dans la lignée des
textes scripturaires pour justifier la continuité
« historique » de la réflexion sur le lieu de culte
au sein de l'Église, Walafrid contribue avec
d'autres à la mise en place du concept d'Église
pris ici dans le sens de l'institution ecclésiale.
Certes, dans ces textes carolingiens, nous ne
sommes pas encore face à une ecclésiologie aussi
élaborée qu'elle le sera par la suite, notamment
à partir de la réforme grégorienne, mais on
notera l'importance de la réflexion sur le lieu
de culte dans la tradition biblique pour construire
ce concept ecclésiologique d'institution ecclésiale.
Désormais, ce beau volume collectif s'imposera
comme l'un des instruments indispensables pour
tout médiéviste s'intéressant à l'exégèse du haut
Moyen Âge.
Éric Palazzo.
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