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Artaud, Le Théâtre et son double, 1938 Eugène

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Artaud, Le Théâtre et son double, 1938
Dans Le Théâtre et son double, Antonin Artaud tente de définir un théâtre qui retrouverait sa force en
réunifiant le corps et l'esprit, l'abstrait et le concret, l'homme et le monde. Dans cet extrait, il dénonce le
théâtre occidental qui selon lui ne met l'accent que sur le discours, le rationnel.
Le théâtre qui n'est dans rien mais se sert de tous les langages : gestes, sons, paroles,
feu, cris, se retrouve exactement au point où l'esprit a besoin d'un langage pour
produire ses manifestations.
Et la fixation du théâtre dans un langage : paroles écrites, musique, lumières, bruits,
indique à bref délai sa perte, le choix d'un langage prouvant le goût que l'on a pour les
facilités de ce langage ; et le dessèchement du langage accompagne sa limitation.[…]
Briser le langage pour toucher la vie, c'est faire ou refaire le théâtre ; et l'important est
de ne pas croire que cet acte doive demeurer sacré, c'est-à-dire réservé. Mais
l'important est de croire que n'importe qui ne peut pas le faire, et qu'il y faut une
préparation.
Eugène Ionesco, Notes et contre-notes, 1962
Certains reprochent aujourd’hui au théâtre de ne pas être de son temps. A mon avis, il
l’est trop. C’est ce qui fait sa faiblesse et son ephemerite [...] toute l’histoire est valable
lorsqu’elle
est
transhistorique;
dans
l’individuel
on
lit
l’universel.
[...]
Si donc la valeur du théâtre était dans le grossissement des effets, il fallait les grossir
davantage encore, les souligner, les accentuer au maximum. Pousser le théâtre au-delà
de cette zone intermédiaire qui n’est ni théâtre, ni littérature, c’est le restituer a son
cadre propre, a ses limites naturelles. Il fallait non pas cacher les ficelles, mais les
rendre plus visibles encore, délibérément évidentes, aller a fond dans le grotesque, la
caricature [...] Humour, oui, mais avec les moyens du burlesque. Un comique dur, sans
finesse, excessif. Pas de comédies dramatiques, non plus. Mais revenir a l’insoutenable.
Pousser tout au paroxysme, la ou sont les sources du tragique. Faire un théâtre de
violence : violemment comique, violemment dramatique.
Eviter la psychologie ou plutot lui donner une dimension metaphysique. Le theatre est
dans l’exageration extreme des sentiments, exageration qui disloque la plate realite
quotidienne. Dislocation aussi, desarticulation du langage. [...]
Mais il n’y a pas que la parole : le theatre est une histoire qui se vit, recommencant a
chaque representation, et c’est aussi une histoire que l’on voit vivre. Le the atre est
autant visuel qu’auditif. Il n’est pas une suite d’images, comme le cinema, mais une
construction, une architecture mouvante d’images sceniques. [...] Il est donc non
seulement permis, mais recommande de faire jouer les accessoires, faire vivre les
objets, animer les decors, concretiser les symboles. De meme que la parole est
continuee par le geste, le jeu, la pantomime, qui, au moment ou la parole devient
insuffisante, se substituent a elle, les elements sceniques materiels peuvent l’amplifier a
leur tour.
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