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Bulletin de liaison de la Paroisse Saint Augustin

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Bulletin de liaison de la
Paroisse Saint Augustin
n° 76
Juin Juillet Août 2016
Ameugny - Bissy - Blanot - Bonnay - Bray - Chapaize - Chissey - Cormatin
Cortambert - Cortevaix - Donzy - Flagy - Lournand - Malay-Ougy - Massilly - Taizé
Maison Paroissiale Bois Dernier - http://www.paroisse-st-augustin-en-clunisois.fr
tel: 03 85 50 77 59
Aime
et fais ce que tu veux
Message d’amour à toutes les familles
Jean Cuisenier - Curé de la paroisse Saint Augustin
Dans ce
numéro :
Regards sur l’exhortation apostolique
2
Divorceras-tu mon
amour
5
Les sœurs de Saint
André
6
Retraite aux flambeaux
7
Accueil des réfugiés
8
Le ban sacré de Cluny
9
Le général Etienne
Mayneaud de Lavaux
10
Nos joies et nos
peines
11
Message de Paix
12
Visages du diocèse
d’Autun
13
Catétous
14
Prière à la Sainte
Famille
15
Prochains RendezVous
16
« LA JOIE DE L’AMOUR qui est
vécue dans les familles est aussi la
joie de l’Eglise. »
Ce sont les premiers mots de l’exhortation du Pape François, suite au
synode sur la famille, publiée le 8
avril dernier.
Rien ne change vraiment quant à
l’enseignement de l’Eglise sur le
mariage et la famille.
Mais tout change dans le regard que
nous sommes appelés à porter sur
les situations humaines des familles
toujours complexes et singulières, si
souvent blessées et fragilisées.
Nous sommes invités à porter le regard que portait Jésus sur les personnes qu’il rencontrait. C’est simple et aussi exigeant !
Le message du Pape nous rappelle
que l’amour est capable de se ressaisir et de repartir. L’Evangile est
pour tous, l’Eglise est pour tout le
monde.
« Personne ne peut être condamné
pour toujours, parce que ce n’est pas
la logique de l’Evangile. » Nous ditil.
C’est pourquoi il s’adresse à chacun :
« J’invite les fidèles qui vivent des
situations compliquées à s’approcher
avec confiance de leurs pasteurs ou
d’autres laïcs pour s’entretenir avec
eux .
J’invite les pasteurs à écouter avec
affection et sérénité, avec le désir sincère d’entrer dans le cœur du drame
des personnes et de comprendre leur
point de vue, pour les aider à mieux
vivre et à reconnaître leur place dans
l’Eglise ;
J’invite les communautés chrétiennes à accompagner les futurs époux
dans la préparation au mariage ; leur
cheminement est un bien pour les
communautés elles-mêmes. »
Et l’exhortation s’achève par un bel
encouragement :
« Cheminons, familles, continuons à
marcher.
Ne désespérons pas à cause de nos
limites, mais ne renonçons pas non
plus à chercher la plénitude d’amour
et de communion qui nous a été promise. »
Page 2
Bulletin de liaison de la Paroisse Saint Augustin
Regards sur l’exhortation apostolique « Amoris Laetitia »
Denys Bourguignat
Une exhortation apostolique pour quoi faire ?
Dans les pratiques de l’Eglise
catholique, le pape peut convoquer les évêques en synode pour
réfléchir ensemble sur un sujet
théologique, pastoral ou, comme
cette fois-ci, de société : la famille. Il y a eu deux sessions en
2014 et en 2015 que nous avons
déjà évoquées dans ce Bulletin.
A l’issue des travaux d’un synode, le pape peut rédiger un document, une exhortation, pour
fixer les orientations qui découlent de ces travaux. Dans sa liberté magistérielle, le pape peut
reprendre tout ou partie des
conclusions ; pour cette exhortation, fait nouveau dans l’Eglise,
le pape François reprend, commente et complète toutes les
conclusions des pères synodaux.
Publié le 8 avril 2016, ce texte
long, fort, plein de repères se
rapportant à la vie quotidienne
des familles, traversé par beaucoup de tendresse et d’affection,
parcouru par la miséricorde, est
un manuel à l'usage des pasteurs,
des personnes qui préparent au
mariage et... de tous ceux qui
veulent vivre un amour humain
joyeux et fort. Le pape, dès l’introduction, prévient qu'il faut
lire cette exhortation "avec patience". C'est dire qu'en effet il
faut prendre son temps. Au terme de la longue lecture de ces
256 pages, il apparaît que le fil
rouge qui lie les neuf chapitres
du texte est éminemment pastoral. Tout le texte est construit sur
un carré solide : la Bible, la
culture du temps, la théologie de
la famille et la parole personnelle d’un pape pasteur.
Parcourons les thèmes abordés dans « La joie de l’amour »
Au commencement, la Parole
Dès le début, le pape insiste. La
famille se comprend à partir de
la Bible qui "abonde en familles,
en générations, en histoires d’amour et en crises familiales, depuis la première page où entre
en scène la famille d’Adam et
d’Ève, avec leur cortège de violence mais aussi avec la force de
la vie qui continue (cf. Gn 4),
jusqu’à la dernière page où apparaissent les noces de l’Épouse
et de l’Agneau (Ap 21, 2.9)."
La réalité des familles d’aujourd’hui
Avec Amoris laetitia (La joie de
l’amour), le pape François pose
un regard à la fois plein de réalisme et de tendresse sur la famille dans toutes ses composantes. Une famille qui, sans jamais
être idéalisée ou modélisée, est
considérée comme le cadre irremplaçable d’apprentissage de
la fraternité et de l’accueil de la
différence, une « école de la société » et son lieu d’intégration.
Avant tout, un lieu d’amour dans
lequel l’Église reconnaît celui de
Dieu et où, selon elle, se joue
l’avenir de l’humanité. D’où le
besoin de prodiguer à la cellule
familiale, et à son noyau qu’est
le couple, tous les soins utiles et
les conseils avisés pour rester
une référence solide dans un
monde devenu liquide.
Sans renoncer à un style toujours abordable, Jorge Bergoglio
saisit avec pédagogie cette complexité actuelle de la famille,
sachant que rien n’y est « blanc
ou noir ». Les « imperfections »
existent partout et il pointe du
doigt que« certaines familles
chrétiennes, par leur langage,
par leur manière de dire les choses, par leur attitude, par la répétition constante de deux ou
trois thèmes, soient vues comme
lointaines, comme séparées de
la société ». Le pape invite donc
son Église à partir de
« l’immense diversité des situations concrètes ».
Dans un souci constant de rapprocher le monde et l’Eglise, le
pape n’idéalise pas la société
contemporaine, mais ne la juge
jamais. Il semble important pour
lui de ne pas faire de l’Eglise
une société déconnectée des réalités du monde, ou pire encore
jugeant le monde. S’il fait l’éloge du « mariage d’amour », il se
garde bien de proposer un « stéréotype de la famille idéale » et
va même jusqu’à s’inquiéter des
« illusions sur un amour idyllique et parfait, privé ainsi de toute stimulation pour grandir »,
privilégiant un amour « artisanal », patiemment construit par
les époux, y compris dans les
difficultés du quotidien.
Le pape aborde ensuite les situations diverses des familles, reprenant en cela les longues interventions des pères synodaux.
Son souci consiste, comme le
bon berger, à ne perdre aucune
de ses brebis, particulièrement
celle qui s’est égarée :
" Dans les situations difficiles
que vivent les personnes qui sont
le plus dans le besoin, l’Église
doit surtout avoir à cœur de les
comprendre, de les consoler, de
n° 76
les intégrer, en évitant de leur
imposer une série de normes,
comme si celles-ci étaient un
roc, avec pour effet qu’elles se
sentent jugées et abandonnées
précisément par cette Mère qui
est appelée à les entourer de la
miséricorde de Dieu. Ainsi, au
lieu de leur offrir la force régénératrice de la grâce et la lumière de l’Évangile, certains veulent en faire une doctrine, le
transformer en "pierres mortes à
lancer contre les autres."
Une nouvelle approche pour les
divorcés remariés
C’est seulement vers la fin du
parcours, dans son avant-dernier
chapitre, que le pape donne ses
conseils sur la question tant attendue de la pastorale des divorcés et des divorcés remariés. Le
principe d’intégration est essentiel, « qu’ils ne se sentent jamais
excommuniés » et donc membres
de la communauté. Dans le chapitre intitulé « Accompagner,
discerner et intégrer la fragilité », le pape François ouvre avec
précaution la porte à leur
« participation plus entière à la
vie de l’Église », sans exclure
mais sans pour autant mentionner explicitement leur accès aux
sacrements. Respectueux des
travaux des pères synodaux, il
trace un « itinéraire d’accompagnement et de discernement ».
Le pape rappelle cependant que
« le divorce est un mal », en reconnaissant des situations extrêmes où la séparation est inévitable.
À ceux qui auraient préféré une
position plus tranchée, le pape
jésuite prévient qu’en raison
précisément de la singularité de
chaque situation, « on ne devait
pas attendre du Synode ou de
cette exhortation une nouvelle
législation générale du genre
canonique, applicable à tous les
Page 3
cas ». Et à ceux qui redouteraient que le cas par cas conduise à une « double morale » dans
l’Église, il rassure : « Ce qui fait
partie d’un discernement pratique face à une situation particulière ne peut être élevé à la catégorie d’une norme. »
Une vision du mariage et de la
famille entre tradition et réalité
pratique
La plus grande partie de l’exhortation consiste en une suite de
sages conseils pour vivre la vie
de famille selon l’Évangile. Le
pape traduit la vision de l’Eglise
sur la famille avec des mots simples et une sagesse proche de
celle d’un "bon grand-père" qui
s’adresse à ceux qui l’écoutent
avec attention : "“S’il te plaît”,
quand, dans une famille, on
n’est pas égoïste et que l’on apprend à dire “merci”, quand,
dans une famille, quelqu’un s’aperçoit qu’il a fait quelque chose de mal et sait dire “excusemoi”, dans cette famille il y a la
paix et la joie."
En disciple de saint Ignace de
Loyola qui « voit Dieu en toutes
choses », Jorge Bergoglio décèle
ainsi, avec émerveillement, la
richesse insoupçonnée de situations de famille au quotidien, qui
peuvent être habitées par la foi :
« La spiritualité de l’amour familial est faite de milliers de
gestes réels et concrets. »
Le pape réaffirme la vision traditionnelle de la théologie du
mariage ; il la présente comme
un idéal pour lequel il faut se
battre, parfois avec courage.
L’éducation des enfants revient
à plusieurs reprises, le pape semble donner des clés aux parents
les plus désemparés, il encourage, console, conseille. Et aborde
tous les cas difficiles avec sagesse : "Il est important d’orienter
l’enfant avec fermeté afin qu’il
demande pardon et répare le
tort causé aux autres."
Si le pape rappelle qu'en aucune
manière l'Église "ne doit renoncer à proposer l’idéal complet
du mariage, le projet de Dieu
dans toute sa grandeur", la rigidité doit être exclue. Il en est
ainsi en particulier pour la procréation : confirmant les propos
de ses prédécesseurs sur la dignité de la personne, il met en
avant le choix personnel des
couples qui ont à se former un
jugement droit, en conscience.
Dans ce texte, le pape parle très
peu des questions d’homosexualité, insistant surtout sur un accueil des personnes, mais considérant une famille uniquement
dans sa forme traditionnelle:
"C’est pourquoi nous désirons
d’abord et avant tout réaffirmer
que chaque personne, indépendamment de sa tendance sexuelle, doit être respectée dans sa
dignité et accueillie avec respect, avec le soin d’éviter toute
marque de discrimination injuste et particulièrement toute forme d’agression et de violence".
La culture du temps
Tout au long du texte, Amoris
laetitia fait une douce invitation
à ré-apprivoiser le temps pour en
savourer la portée. Temps de la
grossesse, de l’enfance, temps
des fiançailles, de la maturité
affective ou du célibat, temps du
discernement, du veuvage.
Temps aussi à maîtriser pour ne
pas reporter indéfiniment son
mariage, pour ne pas le rompre
trop vite, pour savoir aussi arrêter un deuil ou simplement
éteindre un écran.
Éloge de la patience, l’exhortation formule la joie du temps
retrouvé, comme celui passé à
jouer avec ses enfants.
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Bulletin de liaison de la Paroisse Saint Augustin
Quelques florilèges au fil de l’exhortation
Le pape François fait une autocritique sans concession de la
manière dont l'Eglise a souvent
parlé du mariage :
"D’autre part, nous avons souvent présenté le mariage de telle
manière que sa fin unitive, l’appel à grandir dans l’amour et
l’idéal de soutien mutuel ont été
occultés par un accent quasi
exclusif sur le devoir de la procréation. D’autres fois, nous
avons présenté un idéal théologique du mariage trop abstrait,
presque artificiellement construit, loin de la situation concrète et des possibilités effectives
des familles réelles. Cette idéalisation excessive, surtout quand
nous n’avons pas éveillé la
confiance en la grâce, n’a pas
rendu le mariage plus désirable
et attractif, bien au contraire !"
"Nous sommes appelés à former
les consciences, mais non à prétendre nous substituer à elles."
Pour illustrer ce qu’est l’amour
conjugal selon l’Evangile, il
s’appuie sur l’hymne à la Charité de saint Paul (1 Co 13), qu’il
explique patiemment, terme
après terme, pour en faire le fondement du mariage :" Patience,
bonté sans fanfaronner, amour
pour la famille mais aussi pour
ceux qui sont loin de la foi et qui
ne partagent pas la foi chrétienne, sans rudesse et avec un détachement nécessaire, sans violence intérieure, toujours dans le
pardon, jamais se coucher sur la
colère, se réjouir avec les autres
jusqu’à la fête. Se limiter en
gardant le silence pour ne pas
entretenir le mal, veiller à la
réputation des autres, avec
confiance en la vie, en l’autre et
en l’avenir, l’autre peut changer, supporter tout en surmontant tout le défi du mal sous toutes ses formes".
Ils ont dit…
Sur l’ouverture apportée par ce
texte : « C’est à un changement
de regard sur les familles qu’il
invite les pasteurs : en ne changeant pas la loi mais en leur
demandant de faire du cas par
cas, il va finalement beaucoup
plus loin », observe Mgr JeanPaul Vesco, évêque d’Oran (La
Croix – 09/04/16).
Sur l’esprit général de l’exhortation : " Pour les amateurs de
normes, rien n’est résolu. Le
pari fait par François consiste à
ne pas toucher aux structures
pour privilégier la conversion
missionnaire des personnes qui
font l’Église. Pas de réforme des
lois ou des institutions, mais une
ambitieuse réforme de l’attitude
personnelle." (Jean-Pierre Denis
– La Vie – 08/04/16)
Cette interprétation est souvent
reprise par les médias : "Si les
églises étaient réservées aux
personnes parfaites, elles seraient vides depuis bien longtemps. Faire preuve de charité
et savoir accueillir l'autre, dans
ses joies comme dans ses faiblesses, c'est ce qu'a choisi de
rappeler le pape François. Plutôt qu'une pensée dogmatique et
binaire, entre bien et mal, noir
Divorceras-tu mon amour
et blanc, le pape François propose avec ce texte une pédagogie de la famille. Un texte qui ne
propose aux fidèles de l'Église
catholique ni des directives ni
des commandements, mais plutôt
un programme, un « chemin de
vie »." (Judikaël Hirel – le Point
– 08/04/16)
Sur la question des divorcé remariés : « Le pape ne dit pas la
phrase que tout le monde attendait. Mais c’est tant mieux ! Il
n’enferme pas l’Évangile dans
un règlement », se félicite Mgr
Jean-Paul Vesco (La Croix –
09/04/16).
n° 76
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Divorceras-tu mon amour
Philippe Borrini
ÉVANGILE DE MATHIEU
19, 3-9
Des Séparés s'approchèrent
et lui demandèrent: Un homme
peut-il renvoyer sa femme pour
n'importe quel motif ?
C'était un piège. Il leur répondit : "N'avez-vous pas lu que
dès l'origine le Créateur les fit
mâle et femelle" ?
Il ajouta : "C'est pourquoi
l'homme quittera son père et sa
mère pour s'unir à sa femme et
ils ne feront qu'un. Dès lors, ils
ne sont plus deux, car ils forment une seule chair. Aussi, que
nul ne sépare ce que Dieu a fusionné de la sorte. "Ils répliquèrent : "Mais alors, pourquoi
Moïse a-t-il prévu qu'un homme
puisse renvoyer sa femme par un
document de divorce ?"
Jésus : "Moïse connaissait
la dureté de votre cœur."
De toute évidence tout les
séparait, mais ils se sont mariés,
ils s'aimaient. Elle avait la santé,
lui la maladie. Elle avait des
économies, il avait des dettes. Il
vivait la nuit, elle vivait le jour.
Elle fuyait la lumière artificielle,
lui était un magicien des éclairages. Il avait le goût des défis,
l'envie des autres, elle était sauvage et prudente. On pourrait
continuer la liste, mais ce serait
tomber dans le piège de la satisfaction facile. Mais ils s'aimaient, c'était même une légende dans le canton.
D'ailleurs je n'ai aucune idée
comment raconter leur histoire.
Au début ça va tout seul, il y a la
force du corps, l'évidence d'une
si longue attente. Et puis il faut
passer le cap des jours d'été et
aborder l'hiver au chaud. Pour
trouver une maison commune il
a fallu en abandonner deux. Autant se couper une jambe, autant
voyager avec son pommier.
Mais l'avantage se révéla vite
supérieur à la perte. Ils s'aimaient toujours. Malgré la maladie, les petites économies, la
nuit sans jour et les jours sans
nuits.
Un soir l'ange du Seigneur
lui dit par-dessus l'épaule, arrête
de regarder les autres qui te font
les yeux doux depuis que tu n'es
plus à prendre. Celle-là c'est la
tienne, je t'en supplie, arrête de
courir à quatre pattes comme un
cheval, désormais tu marches à
deux jambes. Je lui ai posé la
question, quand est-ce que l'enfant va venir, parce que je ne
crois pas que je vais tenir encore
longtemps. L'ange du Seigneur,
m'a tapé sur l'épaule, j'en sais
rien, ce n'est pas dans ma mission. Il est reparti avant que j'aie
repris ma respiration.
A elle, je lui ai demandé si
elle avait reçu la visite d'un ange, elle a semblé hésiter, je crois
que si j'avais insisté, elle serait
partie. J'ai de la chance, sur le
moment je ne me suis rendu
compte de rien. Elle n'a jamais
voulu le reconnaître, mais je
crois qu'ils étaient de mèche,
l'ange et elle. D'ailleurs neuf
mois après, l'enfant est arrivé. Il
ne ressemblait à personne de
connu. Mais c'est toujours le cas,
les enfants ont une logique à
eux, on ne sait jamais d'où ils
arrivent et où ils vont partir. On
n'est pas trop de deux pour les
rassurer quand il y a du vent et
que les tuiles jouent des castagnettes dans le cimetière.
Alors les choses ont commencé à devenir sérieuses. Il
allait falloir durer. Moi je savais
que j'avais une mission, mais
elle, va savoir ce qu'elles pensent quand elles étendent le linge et qu'elles mettent du levain
de côté. L'enfant grandissait, il
occupait à présent l'espace laissé
vide entre les mots qu'on ne dit
pas. Le vide devenait trop plein.
Les parents craignaient pour
l'enfant dont la ligne de vie de la
main semblait si courte. Mais la
vie d'un enfant semble toujours
trop courte pour des parents
émerveillés, il devient un jeune
adulte avant que tu aies pu remplir d'images l'album photos. Un
enfant qui ne leur ressemblait
pas mais qui avait tout enregistré
du livre secret de la famille. Un
big data cet enfant là.
Et puis l'enfant est parti au
large. Lui s'est ouvert en deux,
comme un arbre tordu par les
champignons. Elle, elle s'est enfermée dans le silence et dans
l'activité d'une maison qui n'arrête jamais. Les spécialistes du
bois, l'ont recousu et pour continuer, il a bien fallu dire les mots
qui n'étaient jamais sortis de
peur de casser la vaisselle. Ils se
sont tout dit, ils ont saigné
d'abondance et c'est ça qui les a
sauvés.
Sans le faire exprès, sans
calcul, ils ne sont jamais allés
trop loin. Ils sont restés à porter
de voix. Personne n'est venu
jouer les arbitres et rafler la mise
en fin compte. Autant que les
gens de robes noires ne se sont
pas mis dans la poche, avocats,
juges et autres corps intermédiaires, profession fort honorable et indispensable par nos
temps susceptibles du droit opposable et du principe de précaution.
A présent ils font attention.
Ils savent par où ne pas passer.
L'espace est à peu près réparti, il
y a les espaces communs et les
autres, pas définitifs, pas chez le
géomètre, mais au final assez
précis. Et s'ils voulaient l'admettre, ils reconnaîtraient qu'ils sont
ensembles toute la journée. Ils
n'ont pas trop besoin de s'expliquer, ils savent où sont leurs
jambes et leurs pieds. Ils se tiennent debout, ils avancent à deux,
à la bonne vitesse.
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Bulletin de liaison de la Paroisse Saint Augustin
Les sœurs de Saint-André
Père Jean
Nous sommes une petite congrégation apostolique ignacienne,
née bien avant Ignace de Loyola,
au début du XIIIème siècle, aux
portes de la ville de Tournai
(Belgique). Un petit groupe de
femmes qui ont traversé les remous de l’histoire.
Nous ne savons presque rien de
nos fondatrices.
La tradition orale parle seulement de deux sœurs qui ont ouvert leur maison pour accueillir
à la nuit tombée les voyageurs,
les pèlerins, les vagabonds. Par
la suite ce petit hôtel-Dieu, tenu
par six sœurs, s’est mis à accueillir des femmes âgées et malades. La communauté recevait
des aumônes et vivait selon la
règle de St Augustin.
Le 17ème siècle fut pour nous un
premier tournant : animée par
une aspiration profonde de la
plupart des sœurs, la communauté passa de la vie hospitalière
à la vie cloîtrée, contemplative.
Notre règle n’étant pas adaptée
à cette nouvelle manière de vivre, les sœurs ont reçu l’aide
d’un jésuite – la Compagnie de
Jésus récemment fondée avait un
collège à Tournai- pour rédiger
de nouvelles constitutions. C’est
par lui que nous avons été initiées aux Exercices spirituels de
saint Ignace et que notre spiritualité reçut une première empreinte ignatienne. La communauté florissait, elle compta jusqu’à une centaine de moniales.
Puis vint la Révolution française
et ses heures les plus sombres :
dispersion des sœurs, réquisition
des bâtiments… tout semblait
perdu. Mais un tout petit groupe
de sœurs, entrées dans la clandestinité, à quelques rues de leur
ancien couvent survécut à la débâcle. Nous n’avions plus rien,
ni maison, ni reconnaissance
ecclésiale. Le Concordat apporta
un certain apaisement et nous
nous sommes mises à racheter
« nos » murs, nous avons repris
la vie commune et accueilli de
nouvelles vocations. Après bien
des tribulations, les sœurs reçurent en 1857 des Constitutions,
adaptées, selon leur désir, d’après celles de saint Ignace. Elles
devenaient résolument apostoliques et se mirent à essaimer en
Belgique d’abord, puis en Angleterre, au Brésil, au Congo…
ouvrant des écoles, de petits centres spirituels, attentives aux
besoins du temps et de l’Eglise.
Et nous voici aujourd’hui à Taizé. Cette année, à la Pentecôte
2016, cela fait 50ans que nous
sommes arrivées « sur la colline », à la demande de frère Roger.
Dans les années soixante nous
n’étions pas présentes en France.
La rencontre avec Taizé s’est
produite ici sur la colline où
quelques sœurs avaient passé
quelques jours et aussi dans notre maison de Leuven où frère
Roger était invité pour donner
une conférence. Logé dans notre
communauté, dans la soirée, il
nous dit « Il faut que vous veniez à Taizé ». L’année suivante, trois sœurs sont venues pour
les trois mois d’été, afin d’aider
à l’accueil des hôtes à la salle
d’expositions. Et nous sommes
toujours là ! Avec un accueil de
plus en plus large sur la colline,
au long des années, les tâches
des sœurs se sont diversifiées.
Depuis 1972 nous habitons dans
le bas du village d’Ameugny, à
1km de Taizé. Aujourd’hui, la
communauté d’Ameugny compte une petite vingtaine de sœurs
de plusieurs nationalités, toutes
engagées dans la mission à Taizé. Dans notre maison d’Ameugny, un peu en retrait de la foule
nous nous réunissons pour la
prière et les moments communautaires.
C’est donc dans le grand mouvement de Concile Vatican II que
nous sommes arrivées à Taizé.
Alors que l’Eglise catholique
nous invitait à vivre de manière
renouvelée le charisme de nos
origines, nous retrouvions ici
l’accueil large et généreux des
hôtes de passage qui a marqué
notre fondation. Comme aux
origines, nous essayons de vivre
l’accueil dans un regard de foi,
comme un service discret dans
la simplicité et la joie. Cependant nous ne sommes pas venues
à Taizé d’abord pour un travail
auprès des jeunes. Au début, les
jeunes étaient encore peu nombreux ou invités certaines semaines seulement. Nous sommes
venues portées par l’élan œcuménique du Concile, vivre une
présence d’unité et de communion auprès de cette communauté naissante, à l’époque constituée uniquement de frères protestants.
Petite communauté
catholique enracinée dans une
tradition très ancienne nous
n° 76
Page 7
avons trouvé, dans cette collaboration quotidienne avec les frères de Taizé, une vision de l’Eglise universelle, une fraîcheur
d’Evangile et une audace de la
foi qui nous renouvellent chaque
jour dans notre propre vocation.
Peu à peu nous nous sommes
aussi intégrées dans le voisinage
et dans le diocèse. L’une ou
l’autre assure un groupe de lecture biblique, une autre fait le
lien avec l’équipe d’animation
de la paroisse, certaines participent à Saint Désert à des formations à l’accompagnement spirituel, ou coaniment des groupes
d’aumônerie pour les jeunes des
environs. Dans la mesure du
temps et des forces disponibles
car le flux et le reflux des jeunes
à Taizé nous gardent disponibles
dans « la dynamique du provisoire ».
Ailleurs, dans les autres pays où
nous sommes implantées, en
Belgique, en Angleterre, au
Congo, au Brésil… nos activités
se diversifient et s’adaptent aux
besoins et aux possibilités. Notre tradition ignacienne ne nous
lie a priori à aucun lieu, ni à aucune œuvre, mais elle nous incite à choisir des activités et des
professions au service de la promotion humaine, de l’éducation,
de la formation de la foi et de
l’expérience spirituelle.
Samedi 28 mai, Sr Elke SØRHUS (australienne) et Sr Rosette
NKULU NGOIE (congolaise)
ont fait profession solennelle et
ont été accueillies pour toujours
dans la congrégation des Sœurs
de Saint-André au cours d’une
messe célébrée dans l’Eglise du
village d’Ameugny.
Retraite aux flambeaux vers ND des Roches
Une petite équipe d'habitants de Cortambert, en lien avec l’association « Cortambert, notre patrimoine » a émis le souhait de redonner vie à l'ancienne tradition de retraite aux flambeaux vers
la statue de ND des Roches, à l'occasion de la fête de la Vierge, le 15 août,
Rappelons que cette statue avait été érigée peu après la guerre, en 1951, à l'initiative du P. Bortaud, avec la participation des trois villages de Cortambert, Donzy-le-Pertuis, Blanot, en remerciement de la protection accordée par la Vierge, mère de tous nos foyers.
Durant de longues années, et encore du temps du P. Jean-Marie Fernez, tous les 15 août, les familles convergeaient depuis les trois villages et montaient en chantant vers la statue avec leurs
flambeaux. Une cérémonie d'action de grâce avait lieu autour de Notre Dame.
C'est cette démarche fervente et traditionnelle que nous nous efforcerons de renouveler le 15
août prochain avec le P. Jean Cuisenier, curé des seize villages de la paroisse Saint Augustin, et
avec une participation que nous espérons nombreuse et joyeuse.
Rendez-vous à tous le lundi 15 août à 20h30
au lieu-dit «La Fontaine du Roi» au-dessus de Varanges.
Un flyer avec croquis précisera en temps utile ce lieu de rendez-vous.
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Bulletin de liaison de la Paroisse Saint Augustin
La vie en clunisois
À la rencontre des migrants
Le Pape François sur l'île grecque de Lesbos, le 16 avril 2016
A son arrivée, il a visité un
camp de réfugiés, il leur a dit :
« J’ai voulu être ici aujourd'hui.
Je veux vous dire que vous
n'êtes pas seuls.
Je suis venu avec mes frères,
le Patriarche Bartholomée et
l'Archevêque Hieronymos, simplement pour être avec vous.
Nous sommes venus attirer l'at-
tention du monde sur cette grave
crise humanitaire et plaider pour
sa résolution. Nous nous sommes rencontrés afin de montrer
notre profonde préoccupation
face à la condition tragique des
nombreux réfugiés, des migrants
et des demandeurs d'asile.
C'est une crise d'humanité
qui appelle une réponse de soli-
darité, de compassion, de générosité et d'engagement immédiat
et pratique.
Nous demandons aux communautés religieuses d'accroître
leurs efforts pour recevoir, pour
assister et pour protéger les réfugiés de toutes confessions »...
L'accueil de migrants à Taizé
Des mesures d'éloignement
de Calais ont été envisagées par
le gouvernement et des personnes ont été accueillies dans différents endroits en France.
Fidèle à sa tradition d'accueil
et dans la ligne de l'appel du Pape François, la Communauté de
Taizé s'est portée volontaire
pour accueillir une dizaine de
jeunes, les aider et les soutenir
en attendant le règlement de
leur situation administrative.
Cet accueil de la Communauté a aussitôt engendré dans le
proche secteur (Clunisois, Mâconnais et Chalonnais) un grand
élan de participation des associa-
tions locales mais aussi de particuliers.
Cette solidarité s'est manifestée par divers moyens.D'abord,
des cours de français ont été vite
mis en place: chaque jour, des
bénévoles (en général des professionnels de l'enseignement ou
des gens habitués à l'alphabétisation) viennent à Taizé dispenser
des cours. D'autres se portent
volontaires pour accompagner
ces jeunes dans leurs différentes
démarches médicales ou administratives. Sur place, à Taizé,
les habitants de la Commune se
mobilisent aussi de diverses ma-
nières, des repas partagés aux
sorties à vélo.
Le vendredi (car ils sont tous
musulmans), ils sont accueillis à
la mosquée de Chalon ou de Mâcon. La présence des jeunes crée
ainsi des contacts nouveaux entre les communautés musulmanes et les frères de Taizé.
Une famille syrienne est arrivée à Taizé
Depuis plusieurs mois, la
communauté de Taizé était en
contact avec les autorités françaises et l'association « Relief &
Reconciliation for Syria » pour
faire venir une famille originaire
de Syrie. Mercredi 27 avril, les
deux parents et leurs quatre en-
fants sont finalement arrivés à
Taizé.
Ils ont été accueillis par les
frères , des bénévoles vivant
dans la région et aussi par les
deux familles arabophones déjà
présentes à Taizé, l'une irakoégyptienne, l'autre irakienne.
Des chrétiens d'Orient accueillant une famille musulmane : un
beau signe d'espérance dans la
tragédie aujourd'hui traversée
par le Proche-Orient.
n° 76
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Le ban sacré de l’Abbaye de Cluny
Christian Charlet
Vieille
histoire
que le ban sacré !
920 ans, c’est évidemment beaucoup et pourtant
tout dépend du regard que l’on
porte sur les événements du passé. Aller à la rencontre des moines du XIème siècle, rechercher
sur le terrain les traces de leur
passage, de leur mode de vie, de
leur travail, les rapproche beaucoup de nous, donne une coloration nouvelle à nos paysages.
Mais qu’en est-il exactement de
ce ban sacré ?
Rappelons les faits : Nous sommes le 25 octobre 1095. La prestigieuse église abbatiale est en
construction et le chœur, la partie la plus importante, celle réservée aux moines, est quasiment achevé. Il est temps de
consacrer l’autel, pôle central de
l’église, lieu du sacrifice eucharistique.
Or le pape Urbain II, ancien
prieur de l’abbaye, se trouve
dans les parages. Heureuse et
extraordinaire coïncidence : Urbain II est en effet en Gaule depuis le mois d’août. Il est venu
présider un concile à Clermont
et prêcher la première croisade
en vue de libérer Jérusalem et le
Saint-Sépulcre de l’occupation
musulmane. Cet appel soulève
l’enthousiasme des foules, car
l’expédition est sacralisée et
c’est au nom du Christ et pour la
délivrance de son tombeau que
les chevaliers s’engagent en
masse et arment leurs troupes.
C’est dans cette ambiance, tout
auréolé de son succès, qu’Urbain II retrouve son ancienne
abbaye.
Celle-ci est alors au faîte de sa
puissance et son rayonnement
s’étend sur l’Europe. Cependant,
au plan local, des querelles in-
cessantes ont lieu avec les féodaux voisins et avec les évêques
de Mâcon et de Lyon irrités devant l’indépendance de l’Abbé
qui, depuis la fondation de l’abbaye, n’a de comptes à rendre
qu’au lointain pape de Rome.
L’occasion est belle ! En priant
le pape de bien vouloir consacrer l’autel majeur, l’Abbé Hugues lui suggère de consacrer
également toute une zone autour
de l’abbaye, zone de paix qui
serait ainsi confiée à sa pleine
responsabilité. Dans l’exaltation
de ce moment historique marqué
par la préparation de la croisade,
le pape ne peut rien refuser à son
ancienne abbaye, et c’est ainsi,
qu’au cours de son sermon, il
délimite autour de Cluny une
large zone à laquelle il confère
le nom de ban sacré. Dans cette
zone l’Abbé exerce le pouvoir
et celui-ci revêt désormais un
caractère sacré. Quiconque voudrait contester son autorité risquerait l’excommunication, synonyme d’exclusion non seulement de l’Eglise mais de la société toute entière.
Sans qu’on le sache de façon
précise, il est probable que les
privilèges accordés par le pape
dans cette zone ne purent
s’exercer que sur une courte durée. Plusieurs textes pontificaux
postérieurs à 1095 eurent pour
effet de les réduire.
C’est pourtant dans cette zone
s’étendant de Lournand à Ste
Cécile et de Château à Cortambert, que l’influence de l’abbaye
restera la plus marquante, imprimant durablement le paysage : chapelles, croix, chemins
remontant souvent à l’occupation romaine, ponts, moulins,
carrières, étangs, tours de garde…tous ces vestiges parsèment
la zone du ban sacré. Beaucoup
de ces traces du passé sont méconnues et mériteraient d’être
signalées à l’attention. Certaines
sont des témoins importants de
notre histoire.
Au cours de l’été prochain, paraîtra sous l’égide de la FAPPAH
(1), une brochure intitulée :
« Itinérances autour des doyennés clunisiens et du ban sacré ».
L’association « Cortambert, notre patrimoine » a participé à sa
réalisation pour toute la partie
concernant le ban sacré.
N’hésitons pas à nous engager
sur ces beaux et antiques chemins désormais balisés aux armes de l’abbaye.. En bien des
endroits, du haut des crêtes, on
aperçoit le clocher de Cluny
dans le lointain et il est facile
d’imaginer ce temps où les moines, à pied ou à cheval, parcouraient ces chemins dans un souci
de sécurité ou d’intendance ou
tout simplement pour se rendre
de l’un à l’autre de leurs doyennés..
C’est toute l’histoire de ce pays
qui resurgit alors, attisant notre
désir d’en savoir toujours davantage et de faire revivre ce
passé prestigieux.
(1) Fédération des Associations du Pays
d’Art et d’Histoire
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Bulletin de liaison de la Paroisse Saint Augustin
Le Général Etienne Mayneaud de Lavaux
Hubert du Ché
Général Etienne Mayneaud de Lavaux
Héros de l’abolitionnisme
8 aout 1751 – 12 mars 1828
Au cours du circuit de la route « des droits de
l’homme et des abolitions de l’esclavage
« organisé en Bourgogne le jeudi 12 mai 2016,
la commune de Cormatin a rendu hommage au
Général Etienne Mayneaud de Lavaux, un des
acteurs importants de l’abolition de l’esclavage
à la fin du 18ème siècle. Le Général de Lavaux a
été gouverneur de la colonie de Saint Domingue
du 15 septembre 1743 au 19 octobre 1796, et de
ce fait correspondant privilégié de ToussaintLouverture.
Après une messe en l’église Notre Dame de
l’Assomption, célébrée par le père Jean Noêl
Devillard, assisté du Père Jean Cuisenier et du
diacre Jackie Plesse, il y eut l’inauguration d’une plaque à l’entrée du château suivi du dépôt
d’une gerbe de fleurs à Ameugny sur le tombeau
du Général.
Au cours de l’inauguration de sa plaque, en présence Mme Christiane Mathos, présidente de
l’Association des amis des Antilles, du Maire
d’Ameugny Jeannick Lemaitre et du Maire de
Cormatin Jean-François Bordet, ce dernier a
laissé la parole à Mr Alain Fricaudet qui a évoqué les nombreuses action entreprises par le Général de Lavaux, en voici un bref extrait :
Trois mots dominent sa pensée et son action:
- la liberté générale
- l’éminente dignité de l’homme noir
- l’égalité totale de tous les noirs et blancs devant la loi
Toute sa vie Etienne Mayneaud de Lavaux a
soutenu fermement et invariablement cette
conception de la liberté générale.
Le Général de Lavaux était bourguignon, né à Digoin
le 8 aout 1751 d’une famille de petite noblesse, qui
après avoir exercé de nombreuses fonctions durant la
révolution et sous l’empire, avait acheté le château de
Cormatin dépendant de la commune d’Ameugny ou
l’on peut voir sa tombe à côté de l’église.
Lancée en 2004, la « Route des abolitions de l’esclavage », s’inscrit dans le projet international de « la
Route de l’esclave » soutenu par l’O.N.U. et l’UNESCO sur le devoir de mémoire et se veut être la déclinaison de la Loi du 10 mai 2001 adoptée par la France tendant « à la reconnaissance de la traite négrière
et de l’esclavage comme crime contre l’humanité ».
Dans un prochain numéro, nous reviendrons sur ce
sujet avec le rôle peu connu d’Anne-Marie Javouhey,
fondatrice de la congrégation des Sœurs de Saint Joseph de Cluny, qui a initié la première société d’esclaves libres.
(1) Rappel historique : Toussaint Louverture était
alors le chef des esclaves révoltés de l’île de SaintDomingue. Le général Maynaud, sensible à cette cause, résoudra la crise et, se liant d’amitié avec lui, le
nommera ensuite lieutenant général au gouvernement
de l’île.
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Nos joies et nos peines
Baptêmes
Aloïs Touzot, le 2 avril à Flagy
Ombeline Petitjean de Marcilly, le 9 avril à Ameugny
Célestine Allimant, le 16 avril à Chapaize
Alban Gressard, le 17 avril à Bray
Noan Blanc, le 22 mai à Lournand
Funérailles
Marie NAZARD, 95 ans, épouse de Gilbert BLANCHARD, le 25 février à Flagy
Marie-Louise BARRIER, 96 ans, épouse de René CHANUT, le 5 mars à Cortevaix
Georges DEMORON, 96 ans, époux de Cladie LAFARGE, le 8 mars à Bonnay
Arlette GERMAIN, 60 ans, épouse de Serge SANGOY, le 9 mars à Cormatin
Jérôme DE MISSOLZ, 62 ans, le 14 mars à Chapaize
Jeanne CHARRETON, 85 ans, épouse de Jean GRANGER, le 19 mars à Flagy
Benoît BAZOT, 91 ans, veuf de Suzanne BAZOT, le 4 avril à Bonnay
Yvonne MEHL, 93 ans, veuve de Pierre MEHL, le 8 avril à Chissey les Macon
Jeanne BORDAT, 94 ans, veuve de André BORDAT, le 10 avril à Bonnay
Odette THEVENET, 84 ans, épouse de René THEVENET, le 15 avril à Cormatin
Lucette RENOUF, veuve de Maurice BLOT, le 3 mai à Bonnay
Jeannine CHARON, 89 ans, veuve de François CHASSY, le 3 mai à Cortambert
Simone GUILLOTIN, 90 ans, veuve de Emmanuel COGNARD, le 14 mai à Massilly
Marie MEUNIER, 95 ans, veuve de Henri PETITJEAN, le 18 mai à Ougy
Titre de l'article intérieur
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Bulletin de liaison de la Paroisse Saint Augustin
Message de Paix
MESSAGE DE PAIX A TOUS LES HABITANTS DE SAONE-ET-LOIRE
« La vie, la mort : quelle espérance ? »
Depuis 10 ans, les représentants des différentes religions présentes en Saône-et-Loire, bouddhistes, juifs, chrétiens et musulmans, se réunissent au Carmel de la Paix à Mazille. L'évolution de notre
monde nous invite plus que jamais à poursuivre ensemble ce chemin de dialogue, de fraternité, d'amitié
et de paix.
Pour cette sixième rencontre, nous avons choisi d'échanger et de prier autour du thème :
« La vie, la mort, quelle espérance ? »
La vie et la mort, ce sont les questions de tous les hommes et femmes de la terre.
Nous éprouvons chacun notre précarité, nous sommes affrontés à la mort des autres, des vies sont brisées beaucoup trop tôt de manière brutale, violente, d'autres s'achèvent au bout d'une longue agonie
dans la solitude d'une nuit d'hôpital… Nous expérimentons nous-mêmes les fluctuations de notre existence, la maladie, le vieillissement, les séparations, les deuils, comme des morsures de la mort au cœur de
notre vie. La mort est pour nous tous un grand mystère : nos croyances et convictions nous relient à cette
immense inquiétude de chaque être.
Et pourtant nous affirmons que la mort-même peut être vécue, préparée, habitée d'une espérance
forte. Car au cœur de notre vie aussi, nous faisons l'expérience d'instants qui sont comme des brèches
ouvertes sur une réalité pressentie qui nous permet d'affirmer que la vie humaine conduit vers plus grand
qu'elle. Expériences de beauté, de rencontre vraie, d’œuvre de paix… Et quand l'un de nos proches disparaît, nous savons l'entourer, l'honorer par des rites, divers selon nos religions, qui accompagnent sa
dépouille et rassemblent autour de lui proches et amis, signifiant ainsi que ce « mort » demeure une personne à continuer à aimer, que son âme, ce qu'il y a d'unique en lui, est pour toujours vivante.
Notre message à tous les habitants de Saône-et-Loire est celui de chercheurs et de questionneurs
de ces mystères de la vie et de la mort, qui affirmons avec force que l'existence humaine a un Sens, que
notre finitude, reconnue et acceptée, n'est pas le dernier mot de notre condition : la mort est un passage,
notre vraie destinée est la plénitude de la Vie.
"La mort n'est plus la clôture sur laquelle vient buter toute espérance, mais le seuil d'une vie
nouvelle, plus juste, plus forte, plus vraie". (Pierre Claverie)
Croyant cela, nous pouvons tracer ensemble des chemins pacifiés, illuminés d'espérance, vers
tous nos frères et sœurs humains.
proclamé le dimanche 5 juin 2016
au Carmel de la paix de Mazille
Lors de la 6ème rencontre inter religion pour la Paix
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Visages du diocèse d’Autun
Notre Eglise a un visage !
En 2013, pour célébrer les cinquante années de l’après Concile, le diocèse a édité un livre intitulé « Visages du diocèse d’Autun » du père Jean François Arnoux pour donner de la visibilité
sur toutes les « pierres vivantes » de l’Eglise diocésaine, tous les prêtres, diacres, communautés
religieuses, laïcs en mission ecclésiale, responsables de services et de mouvements qui animent
la vie quotidienne de notre diocèse. La collection d’informations et de témoignages recueillis à
cette occasion ont été mis en ligne et nous avons donc à notre disposition beaucoup d’information sur les hommes et les femmes qui ont fait et qui font vivre les communautés qui composent le diocèse : il suffit d’aller à l’adresse http://www.visages-diocese-autun.fr.
Comme l’histoire ne reste pas figée, que le temps s’écoule, que des évolutions se poursuivent,
que certains chemins aboutissent, que d’autres stagnent et que d’autres se perdent, une mise à
jour continue devient nécessaire maintenant que le contenu du livre est disponible en ligne.
Donc, si vous avez des commentaires, des témoignages, des propositions pour ajouter des informations, allez sur le site et remplissez le formulaire prévu dans la rubrique « Contact ».
Ainsi, grâce à la contribution de chacun, les visiteurs du site pourront mieux connaître notre
Eglise d’Autun en voyant le visage et le parcours de ce qui de ceux et celles qui la font vivre,
avec aussi parfois une belle déclaration de ce qui fait leur engagement.
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Bulletin de liaison de la Paroisse Saint Augustin
Rencontre Catétous 18 juin 2016
Cela fait maintenant deux ans que la catéchèse dans notre paroisse rassemble parents et enfants
une fois par mois pour cheminer ensemble.
Samedi 18 juin c’est à une rencontre festive que petits et grands sont conviés.
Venez tous en famille avec les frères et sœurs plus grands.
Rendez-vous à 10h 30 devant l’église d’Ameugny pour des jeux sur le thème de l’Église.
Grands- parents, amis et paroissiens qui le souhaitent sont invités à nous rejoindre à 12h15
à l’église de la Réconciliation de Taizé pour la prière commune avec les frères.
Puis nous pique-niquerons tous ensemble avec ce que chacun aura apporté.
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Prière à la Sainte Famille
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Prière à la Sainte Famille
Jésus, Marie et Joseph, nous contemplons en vous la splendeur du véritable amour
et nous nous tournons vers vous avec confiance.
Sainte Famille de Nazareth, fais que nos familles soient des lieux de communion
et des cénacles de prière, d’authentiques écoles de l'Évangile et de petites églises
domestiques.
Sainte Famille de Nazareth, que dans les familles on ne fasse jamais plus l’expérience de la violence, de la fermeture et de la division, que celui qui a été blessé
ou scandalisé puisse vite connaître la consolation et la guérison.
Sainte Famille de Nazareth, que le prochain synode des évêques puisse réveiller
en tous la conscience du caractère sacré et inviolable de la famille et de sa beauté
dans le projet de Dieu.
Jésus, Marie et Joseph, écoutez et exaucez notre prière.
Amen
Pape François
Nos prochains Rendez-Vous
JUIN
19 juin
26 juin
CHAPAIZE
FLAGY
10H30
10H30
Messe
Messe
1 juillet
3 juillet
9 juillet
10 juillet
11 juillet
17 juillet
23 juillet
CHAPAIZE (auberge)
CORTEVAIX
COLLONGES
CHISSEY LES MACON
Maison paroissiale
MASSILLY
TAIZE
19H00
10H30
18H30
10H30
17H30
10h30
18H30
Marande
Messe
Messe
Messe
AEP/Correspondants
Messe
Messe
24 juillet
31 juillet
MALAY
AMEUGNY
10H30
10H30
Messe
Messe
19H00
Marande
7 août
13 août
14 août
CORTEVAIX (chez Marie-Noël à
MONT))
BISSY
COLLONGES
LYS
10H30
18H30
10H30
Messe
Messe
Messe
15 août
21 août
28 août
LOURNAND
CORTAMBERT
BONNAY
10H30
10H30
10H30
Messe ASSOMPTION
Messe
Messe St Augustin
2 septembre
4 septembre
10 septembre
CHISSEY (colonie)
OUGY
COLLONGES
19H00
10H30
18H30
Marande
Messe
Messe
11 septembre
BRAY
10H30
Messe
JUILLET
AOUT
5 août
SEPTEMBRE
Mise en page et illustration: Olivier LACAILLE d’ESSE
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