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Benkirane revigoré par le FMI

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LES ÉCO - JEUDI 4 AOÛT 2016
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Grand angle
Économie nationale
Benkirane revigoré par le FMI
● Le FMI vient de publier son dernier rapport sur la situation actuelle de l’économie nationale et ses perspectives
d’évolution sur les prochaines années. Le rapport s’inscrit dans le cadre du renouvellement de la 3e Ligne de
précaution et de liquidité (LPL) qui a été accordé au Maroc par l’institution monétaire, il y a quelques jours,
a salué les performances enregistrées par le pays, ces dernières années, grâce à la mise en œuvre des réformes
structurelles. Un bon point pour le gouvernement même si beaucoup reste à faire pour maintenir la dynamique.
E
n cette veille de campagne électorale qui
semble avoir débuté
bien avant l’heure, le rapport que vient de livrer le FMI sur
la situation économique va certainement faire l’affaire des autorités***. La publication du rapport s’inscrit dans le cadre de
l’accord au titre de la 3e Ligne de
précaution et de liquidité (LPL)
que le Conseil d’administration
du FMI a accordée au Maroc à
l’issue de sa réunion du 22 juillet
dernier (voir les ecos.ma). À cette
occasion déjà, le Conseil d’administration du fonds monétaire a
tenu à exprimer tout son appui
au programme de réformes menées par les autorités***, ces dernières années, afin de poursuivre
la consolidation budgétaire, à
renforcer davantage la résilience
et la compétitivité de l'économie
nationale ainsi qu’à promouvoir
une croissance plus forte, plus
inclusive, et plus créatrice d’emplois. Dans le même cadre, le
rapport d’évaluation de l’économie du pays vient d’être rendu
public et détaillé, au cours d’une
conférence de presse mardi à
Rabat, par le chef de mission du
FMI au Maroc, Nicholas Blancher,
également conseiller au département Moyen-Orient et Asie centrale du FMI. Tant dans le rapport
que dans les explications de
ser la politique macroéconomique des autorités*** depuis
2012, date de la signature du premier accord au titre de la LPL, ce
qui a permis d’assainir la situation
sur plusieurs plans, notamment
budgétaires et financiers. À en
croire l’institution, le Maroc est en
bonne voie d'assainir sa situation
économique et à atteindre les
objectifs convenus, en vue de
parvenir à assainir les équilibres
macroéconomiques. Beaucoup
reste certes à faire et l’économie
nationale doit faire face à plusieurs risques du choc, mais
pour le FMI, l’essentiel c’est que la
dynamique de réformes structurelles engagées par les autorités
soit maintenue. «Ces efforts dénotent d'une dynamique forte», a
estimé Nicholas Blanche.
l’économiste, le FMI n’a cessé de
tresser des lauriers au Maroc,
«une économie qui performe»,
selon l’expression consacrée par
l’institution, un des plus grands
partenaires techniques et financiers du royaume.
Motifs de satisfaction
Sans le dire expressément, le
rapport du FMI a de quoi encen-
Le gouvernement boosté
en pleine précampagne
Malgré, les performances de
l’économie marocaine, beaucoup reste à faire pour parvenir à
une croissance durable inclusive
et qui devrait permettre de relever les défis du chômage et
ceux relatifs à la réduction des
inégalités sociales. Selon les analyses du HCP ou de BAM, il s’agit
de la poursuite de la mise en
œuvre des réformes structurelles que les autorités ont promis d’accélérer le rythme des
prochaines années. Il n'y a donc
rien de nouveau sur ces aspects,
mais le rapport du FMI qui intervient, en pleine précampagne
électorale, va certainement intégrer le débat politique. Le gouvernement qui a été malmené,
ces derniers temps, sur «le faible
impact de sa politique économique» a de quoi répondre du
tac au tac à ceux qui mettent en
avant la décélération de la croissance attendue cette année,
comme principal argument critique à l’égard du cabinet de
Benkirane. C’est d’ailleurs sur ces
aspects que se sont, dernièrement, orientés les débats politiques et qui transcendent, dans
une large mesure, les programmes économiques que les
principales formations sont en
train d’ébaucher en prélude à
leur campagne électorale. Avec
l’évaluation succincte que vient
de faire le FMI sur la situation
économique, la campagne promet mais pour l’essentiel, le nouvel accord du FMI qui s’étale sur
deux années, constitue déjà une
feuille de route qui lie, d’ores et
déjà, le prochain gouvernement.
Les partis politiques devront par
conséquent en prendre compte
avant de promettre d’autres
orientations économiques… ●
PAR ABOUBACAR YACOUBA BARMA
a.barma@leseco.ma
Assurance contre les chocs exogènes
Selon le FMI, le renouvellement de cette nouvelle facilité financière, dont le montant a été réduit significativement par rapport à 2014 et 2012, en raison du
renforcement des marges de manœuvre macroéconomiques, vise particulièrement à servir d’assurance pour le Maroc contre d’éventuels risques de dégradation accrue de l’environnement international. Les deux premières LPL ont servi de couverture pour l’assainissement de la situation macroéconomique
à travers notamment la réduction des déficits budgétaires et du compte courant et l’approfondissement des réformes économiques et financières. Autant
dire qu’en comparaison à 2012, les motifs d’inquiétude sont plus liés au contexte extérieur qu’à la situation interne. C’est pour cette raison, d’ailleurs, que
la 3e LPL devra davantage contribuer à renforcer la confiance des investisseurs et des partenaires financiers étrangers dans les perspectives et les politiques
économiques et financières de notre pays. Selon Nicolas Blancher, l'économie marocaine reste toujours confrontée à des risques baissiers dont la conjoncture externe, la montée des risques géopolitiques et sécuritaires, outre le risque d'une plus grande volatilité financière internationale. De même, le FMI
s’est engagé à soutenir les politiques du Maroc en matière d'assainissement budgétaire ainsi que les efforts visant à poursuivre la décentralisation budgétaire dans le cadre de la régionalisation avancée, «des efforts contribueront à préserver et à améliorer les finances publiques».
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Grand angle
Justes, les réformes !
● Au delà des considérations d’ordre général, l’analyse en détail de l’évaluation
du FMI permet de mieux apprécier la dynamique de l’économie nationale. Selon
le rapport, avec des fondamentaux solides, un système bancaire performant et
une tradition de conduite des réformes, les perspectives pour l’économie nationale s’annoncent prometteuses. Revue de détails.
SITUATION ÉCONOMIQUE
LES FONDAMENTAUX
SONT SOLIDES
C’est le FMI qui le dit : « les fondamentaux économiques du
Royaume sont solides, les politiques menées sont efficaces et
le pays dispose d’une tradition sérieuse de mise en œuvre des réformes que les autorités s’engagent d’ailleurs à poursuivre».
Autant donc d’arguments positifs
à l’actif des autorités et qui ont
permis au Maroc de passer, haut
la main, l’épreuve de qualification
pour la 3e Ligne de précaution et de liquidité
(LPL). Le Maroc a ainsi
enregistré de réelles
performances sur 4 des
5 critères d’évaluation.
Le rapport du FMI a mis
en exergue plusieurs
volets qui témoignent
de cette vitalité de la
santé économique marocaine notamment le système
bancaire qui est «stable», les réserves de changes qui se sont
nettement «améliorées», la dynamique des investissements qui
s’est «maintenue» ainsi que les
exportations qui sont en «
hausse». De même, le rapport
d’évaluation a mis en exergue
plusieurs points positifs enregistrés grâce aux efforts des autorités visant à améliorer le climat
des affaires. «Des réformes très
importantes ont été mises en
œuvre et continuent d'être engagées en matière d'amélioration
du climat des affaires», a souligné Nicholas Blancher. Pour le
chef de mission du FMI au
Maroc, c’est un aspect important
dans le cadre de la mise en
œuvre des politiques visant «une
croissance plus large et inclusive». De même, en matière de
politique budgétaire, l'adoption
de la loi organique des finances,
«organise de manière plus claire,
Le train de réformes
lancé ces dernières
années a contribué à
améliorer le climat
des affaires.
transparente et stricte, la gestion
des finances publiques». C’est
dans le même sens que s’inscrit
la réforme du régime de compensation, des retraites ainsi que
de la fonction publique. Au niveau du secteur financier, le rapport a loué la mise en œuvre des
nouvelles dispositions relatives à
la supervision bancaire ainsi que
celles visant le renforcement de
la stabilité financière.
CROISSANCE DU PIB
PERSPECTIVES
RELUISANTES
À MOYEN TERME
«La croissance économique devrait reprendre, à court terme,
dans un contexte de baisse de
l’inflation», projette le FMI, analysant les perspectives de la croissance du PIB sur les prochaines
années. «Les dettes publiques et
privées sont soutenables» a également estimé qui s’attend à ce
que la dette du trésor redescende autour de 60% du PIB
comme annoncé par le gouvernement, et le déficit budgétaire
stabilisé aux alentours de 2% à
l’horizon 2020. «Les comptes extérieurs et budgétaires se sont
améliorés grâce à des politiques
solides, à la diversification des exportations, à la baisse des prix du
pétrole et à la mise en œuvre de
réformes internes», lit-on ainsi
dans le document. De manière
générale, le FMI s’attend à ce que
le taux de croissance moyen s’accélère pour tourner autour de
4,9% par an à l’horizon 2020, soit
le même rythme que celui des
années 2000. Ce taux est certes
loin du seuil que les analystes locaux espèrent pour véritablement booster l’économie nationale, mais c’est déjà une
performance pour le FMI, comparé à la situation régionale et au
Examen de passage
C’était attendu que le Maroc n’aurait aucun mal à accéder à un renouvellement de la LPL au regard des résultats enregistrés
dans le cadre de la mise en œuvre des deux derniers programmes. Le Maroc n’a d’ailleurs jamais eu à recourir à cette couverture en dépit des risques. «Le Maroc continue de réunir les critères de qualification pour une nouvelle ligne de précaution, obtenant de bons résultats dans quatre des cinq critères d’évaluation », ont estimé les experts du FMI. Il faut dire que
sur les différents critères d’évaluation de la grille du FMI, le Maroc a enregistré une baisse de son déficit des comptes courants, les comptes en capital ont été dominés par des flux de capitaux publics, l’accès au marché international des capitaux
est régulier et avec succès à chaque fois en plus d’un niveau de réserves de changes confortable. C’est sur le cinquième
critère qui porte sur la solidité des finances publiques que le Maroc traine encore et doit fournir plus d’efforts pour atteindre
l’objectif d’une dette équivalente à 60% du PIB d’ici 2020 ainsi qu’un déficit budgétaire de 2% du PIB sur la même période.
«Le Maroc n’est confronté à aucune circonstance sous laquelle le FMI pourrait ne pas approuver une ligne de précaution» a
par conséquent conclut le FMI, ce qui permet de dire que le Royaume a passé son examen de passage haut la main.
contexte économique mondiale.
L’essentiel pour l’institution internationale, c’est que les différents
scénarii de perspectives d’évolution de l’économie marocaine à
court terme font ressortir «une
amélioration des indicateurs
selon une tendance ferme ou
modérée». Le FMI estime à juste
titre que des progrès sont nécessaires en matière de lutte contre
le chômage, particulièrement
parmi les jeunes et pour accélérer d'élargissement de la participation des femmes au marché
du travail. Autre aspects importants des recommandations du
Fonds, l'assouplissement du régime de change que le gouvernement a promis pour 2017 et qui
sera de nature à contribuer à la
préservation de la compétitivité
et au renforcement de la capacité de l'économie du Royaume à
absorber les chocs. Il devrait
s’étaler sur plusieurs années et
sera élargi à chaque fois la fourchette de fluctuation du dirham
jusqu’à atteindre 100% fixés par le
marché.
RISQUES
ATTENTION AUX CHOCS
EXTÉRIEURS
C’est surement le revers de la médaille. En dépit des efforts considérables fournis par le Maroc
dans la réduction des vulnérabilités budgétaires et extérieures,
ainsi que dans la gestion des
défis à moyen terme, l’économie
nationale est confrontée à la menace de plusieurs risques exogènes qui peuvent contrarier la
dynamique actuelle. Il s’agit notamment de risques de la
conjoncture externe encore
quelque peu atone, de la montée
des risques géopolitiques et sécuritaires ainsi que le risque d'une
plus grande volatilité financière
internationale. La montée de ces
risques peut avoir beaucoup d’incidences directes sur les équilibres macroéconomiques au vue
de leur impact sur certaines
composantes importantes de
l’économie nationale. C’est le cas
des risques géopolitiques ou sécuritaires régionaux qui peuvent
affecter le secteur du tourisme et
la dynamique des investissements directs étrangers (IDE). ●
PAR A.Y.B
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