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Be Street Magazine #44 2015

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I N T E R V I E W
A R T
L'UN DES GRANDS PARADOXES DE
L'ATLAS, C'EST DE DESSINER DES
BOUSSOLES AUX ALLURES DE LABYRINTHES. AU-DELÀ D'UNE ESTHÉTIQUE DÉPASSANT LA SEULE IMPROVISATION, SES TRAVAUX SONT
L'ILLUSTRATION D'UNE RECHERCHE
PERMANENTE. LA RECHERCHE SUR
LE MOT AU-DELÀ DE SON PROPRE
SENS. QU'EST-CE QUE CELA VEUT
DIRE « ÉCRIRE » ? EST-CE QUE L'ON
DESSINE DES VÉHICULES DE LA PENSÉE ? EST-CE QUE L'ON ENFERME LE
SENS ? SI LE FAIT DE DIRE TUE L'IDÉE,
ALORS OÙ SE PLACE LE GESTE ? RENCONTRE.
L'ATLAS
Texte : Florian Nardon
Photos & Artworks : Galerie Magda Danysz & Giorgio Coen Cagli
ONE OF THE MANY PARADOXES
SURROUNDING L’ATLAS IS THAT HE
DRAWS COMPASSES THAT LOOK
VERY MUCH LIKE LABYRINTHS.
BEYOND MERE IMPROVISATION, HIS
WORKS ARE THE LIVING PROOF OF
A MAN CONSTANTLY QUESTIONING
HIMSELF. GOING BEYOND THE LITERARY MEANING OF A WORD, IS THE
NATURE OF HIS QUEST. WHAT DOES
“WRITING” REALLY MEAN? IS IT
POSSIBLE TO CONCEIVE A VEHICLE
BASED ON IMAGES IN YOUR HEAD?
IF SPEAKING OUT LOUD AN IDEA IS
KILLING IT, WHAT REMAINS? ON THE
HUNT FOR ANSWERS…
A R T
Be Street: We know that you are a true passionate, so tell us the story of writing as you know
it!
It is the story of human consciousness itself, from traces
to signs, I'm not a very scholar type of guy in the way I
tell things as I stopped my art history and archaeology
studies very early to go on my artistic path; but if I was to
give a personal vision, I would say that writing is the first
abstraction of reality. Man has created a symbolic geometric abstraction that extends from the phoneme to the
ideogram in order to convey its mental representation of
the world.
B.S: You went into graffiti during the 90’s, how
was it back then?
Be Street : Je sais que tu en es passionné alors,
est-ce que tu pourrais nous raconter l'histoire de
l'écriture comme tu la vois ? C'est l'histoire de la conscience humaine par elle-même,
de la trace jusqu'au signe, je ne suis pas très scolaire dans
la manière de raconter les choses car j'ai arrêté mes études
d'histoire de l'art et d'archéologie assez précocement pour
commencer mon chemin d’artiste ; mais s'il faut donner
une vision personnelle, je dirais que l'écriture est la première abstraction de la réalité. De la forme représentative,
l'homme a créé une abstraction géométrique symbolique
qui s'étend du phonème à l'idéogramme pour pouvoir donner sa représentation mentale du monde.
B.S : Tu as commencé le graffiti dans les années
90, c'était comment à cette époque ?
J'ai commencé à faire du graffiti en 1991 au lycée, c'est DJ
Feadz qui m'a initié à la culture hip hop. Il y avait « MJ
SPRAY » à la sortie du métro Père La chaise, une boutique
où nous allions « acheter » nos premières « Sparvars » avec
lesquelles nous peignions dans les chantiers du 11ème et du
20ème ou un peu plus loin sur la petite ceinture en allant
vers Montreuil où nous prenions les fresques de Mode 2
en pleine tronche. J'étais aussi ami avec le frère de Gary
(qui avait peint le Louvre avec Oeno et Jackson quelques
années auparavant) ; il nous refilait les t-shirts de « Fuck
da Police mouvement », dessinés par COLT à la main.
C'était l'époque du premier album d'NTM, d'ASSASSIN,
d'IAM... La naissance d'une nouvelle vision de la situation
sociale qui a permis à toute une partie de notre génération
de voir les choses différemment, une sorte d'utopie concrète
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que nous suivions par instinct de survie. J'habitais à Avron,
avenue de Taillebourg, et c'est là qu'avec Elger et Feadz,
nous avons commencé à peindre ma cage d'escalier qui au
fil des années 90 s'est remplie de gens du mouvement graffiti (Œdipe, Popay, Jiwee, Katre, O'clock, Koerz, Lue, Zevs,
Soie et des dizaines d'autres). Nous faisions des fêtes sur
deux étages avec notre voisine Brigitte Slama qui travaillait avec Mondino et était par conséquent amie avec Joey
Starr, Solo ou Mathieu Kassovitz. J'avais 15/16/17 ans à
cette époque, et c'est à ce moment que j'ai réalisé la force
de ce mouvement en même temps que mon désir d'en faire
partie. Je taguais « Socle » durant ces années et c'est en
1996 que j'ai choisi le nom « l'Atlas » durant mon voyage
au Brésil en hommage au livre géographique.
B.S: Where did you learn calligraphy?
I started all by myself in 1997 with books and classes at
the Comptoir des Écritures, rue Quincampoix, and then
I went to Morocco, Cairo and Syria where I met different
calligraphers (Smail Bour Quaïba, Munir Al Sharaani ...)
who introduced me to calligraphy in its purest form and
its geometric space. Later, I went to China with my Tai
Chi master (Zhang Aijun) who introduced me to a calligrapher who taught me sigillography, the art of engraving
seals in marble. I then re-injected all this ancestral traditional tradition in today’s contemporary Western culture,
I wanted to mix something very old with an emerging
culture, feed contemporary art with classic art; and of
course, I used public places as exhibition space.
B.S: What’s intriguing is that you are fascinated
by calligraphy, therefore drawn by hand. And
yet, your work is very neat, straight as if made
by a machine. How come?
Yes it’s the constant struggle of handmade vs. machines!
In an era where everything is made by machines, I found
"I wanted to mix something very old
with an emerging culture."
« Je voulais mélanger quelque
chose de très ancien avec une
culture naissante. » I started going into graffiti art in 1991, at highschool, DJ
Feadz introduced me to the hip hop culture. There was
“MJ SPRAY” at the entrance of the tube station Père La
Chaise, a shop where we “bought” our first “Sparvars” we
used to spray the building sites from the 11th and 20th
arrondissement as well as a bit further away towards
Montreuil where the frescos from fellow sprayer Mode
2 were staring right back at us. I was also friends with
Gary’s brother (who painted the Louvre with Oeno and
Jackson a few years earlier). He gave us "Fuck da police
movement" tees, drawn by COLT himself. At that time
NTM’s, ASSASSIN’s and IAM’s first albums came out.
The birth of a new vision of the social situation that allowed a portion of our generation to see things differently,
a kind of concrete utopia we followed by survival instinct.
I was living in Avron, Avenue de Taillebourg, and with
Elger and Feadz, we started to paint the staircase, which
over the 90’s filled up with people from the graffiti movement (Oedipe, Popay, Jiwee, Katre, O'clock, Koerz,
Lue, Zevs, Soie and dozens more). We had two floors
parties with our neighbour Brigitte Slama who worked
with Mondino and were friends with Joey Starr, Solo or
Mathieu Kassovitz. I was 15/16/17 back then, and that's
when I realized the power of this movement and my desire to be part of it. I taggued "Socle" during these years
and in 1996 I chose the name "L’Atlas" during my trip to
Brazil as an homage to the geography book.
B.S : Où est-ce que tu as appris la calligraphie ?
J'ai commencé seul en autodidacte en 1997 avec des livres,
puis à prendre des cours au Comptoir des Écritures, rue
Quincampoix, et ensuite je suis parti au Maroc, au Caire
et en Syrie où j'ai rencontré différents calligraphes (Smaïl
Bour Quaïba, Munir Al Sharaani...) qui m'ont initié à la
calligraphie pure et à sa géométrisation dans l'espace. Plus
tard, je suis allé en Chine en compagnie de mon maître de
Tai Chi (Aijun Zhang) qui m'a présenté un calligraphe avec
qui j'ai par la suite appris la sigillographie, l'art de graver les
sceaux dans du marbre. J'ai ensuite réinjecté toute cette tradition ancestrale et traditionnelle dans notre culture occidentale contemporaine, je voulais mélanger quelque chose
de très ancien avec une culture naissante, nourrir le contemporain avec du classique ; et bien sûr, continuer à utiliser
l'espace public comme lieu d'exposition.
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B.S : C'est intriguant parce que tu dis être fasciné par
la calligraphie, donc quelque chose dessiné par la main.
Et tes réalisations sont très nettes, très droites, comme
faites par une machine. Pourquoi ?
Oui, c'est le combat de la main contre la machine ! Dans une
époque où tout est fait par des machines, je trouve du sens à créer
des choses à la main qui les égalent (parfois). Par ailleurs, ce style
très géométrique vient d'un style de calligraphie qui s'appelle le
kufi que je me suis approprié en imbriquant ses codes dans l'alphabet latin. En déformant ces lettres autour de formes géométriques,
je cherche, comme je le disais plus haut, à trouver un juste milieu
entre la forme et la lettre, entre l'acte et l'intention.
B.S : Tu peux nous parler de tes boussoles ?
J’ai commencé à faire des boussoles en 2000, quand la Mairie de
Paris a commencé à effacer de manière systématique tous les murs
de la ville : plus de 30 ans de culture qui disparaissaient comme
ça en une seule année, j'en ai pleuré à l'époque ! C'était pour moi
une perte de repères, non pas seulement sentimentale et culturelle,
mais spatiale aussi. En effet, pour nous les tags dans les rues étaient
comme les Kairns dans la montagne pour les marcheurs. Voila
pourquoi j'ai commencé à réaliser des boussoles au gaffer blanc
sur le bitume parisien, dans une sorte de désert urbain où toute
l'histoire de l'écriture et de sa disparition était à retracer !
my calling in creating things by hand that (sometimes) match
machine productions. Plus, this very geometric style comes from a
calligraphy style called “kufi” that I learned as well – its codes are
embedded in the Latin alphabet. By distorting these letters with
geometric shapes, I try to find the balance between form and letter,
between act and intent.
B.S : La sémiologie, c'est quelque chose qui te parle ?
Oui, « La Lettre atteint le Sens ».
B.S : Avec toi le mot semble vidé de son sens. On dirait
que tu travailles son enveloppe seulement...
B.S: Please tell us about your compasses!
I started making compasses in the year 2000 when the City of
Paris began to systematically destroy all the walls of the city: more
than 30 years of culture disappeared just like that in one year... I
cried at the time! I felt totally lost, not only on a sentimental and
cultural level, but also geographically. For us, street tags were like
Kairns in the mountains for walkers. That's why I started to paint
compasses with white gaffer on the city’s asphalt, in midst of a
sort of urban wilderness where the entire history of graffiti art had
disappeared and had to be retraced!
Je recherche en effet une double lecture : celle de la forme, et celle
de la lettre. Certains voient d'abord le sens de la lettre et du mot,
d'autres celle de l'évocation de la forme universelle, d'autres perçoivent les deux à la fois.
B.S : Il y a tout un jeu entre le plein et le vide dans tes
travaux. L'œil se perd rapidement et on pense tout de
suite à l'Art Optique des années 60...
Oui en effet, la calligraphie n'est pas mon seul amour, en tant que
jouisseur optique, j'ai une grande attraction pour l'art optique. La
calligraphie joue souvent sur une proportion trois quart/un quart,
alors que l'art optique joue sur une proportion un demi/un demi
ce qui incite l'œil à passer du vide au plein ou du plein au vide ne
sachant plus lequel est lequel. Il y avait les arrières des panneaux
publicitaires fait par Vasarelly qui m'ont marqué dans mon enfance
(il en reste un à Paris en face du mur d'Art Azoï rue des Pyrénées)
mais aussi des jeux vidéos des années 80 : Pacman et Tetris. Ma
grand-mère avait un Julio Le Parc miniature avec les lumières qui
tournent à l'infini dans ce cercle blanc entouré d'un carré noir qui
me servit de veilleuse pour m’endormir. J'aime tout ce qui est lié à la
vibration rétinienne et qui donne l'impression de mouvement dans
l'immobilité ; un parallèle avec notre système solaire qui avance à
70 000 km/s sans que nous le sentions.
B.S: Is semiology something you are familiar with?
Yes, “The letter is what makes sense of things”.
B.S: The term seems to loose its meaning when you say
it. It’s as if you were merely working with its envelope...
I am indeed looking for a double meaning – form and letter. Some
people first see the meaning of the letter and of the word, others
see the universal shape, and some people see both.
B.S: You play with empty vs. full in your artwork. The
eye gets lost like it used to with Optic Art in the 60’s…
Yes indeed, calligraphy is not my only love, as an optical sensualist,
I have a great attraction for optical art. Calligraphy often plays a
proportion of three quarts / quarter, while optical art plays a half
/ half proportion, which encourages the eye to move from empty
to full or vice versa, not knowing which is which. There was a rear
billboard made by Vasarelly that struck me in my childhood (only
one remains in Paris in front of the wall of Art Azoï, rue des Pyrénées), but also video games of the 80’s: Pacman and Tetris. My
grandmother had a Julio Le Parc miniature with lights that tur-
B.S : J'ai pu lire que tu venais d'une famille de gens du
cinéma. Est-ce que ça a nourri ton travail ?
Oui, j'ai passé beaucoup de moments de mon enfance dans des
salles de montage ou de projection. Je vais d'ailleurs toujours très
souvent au cinéma; la pulsion scopique liée au sens est une chose
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"I do not like the current trend that
plagues our industry "
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profonde en moi et je suis fasciné par l'idée que le cinéma
soit une suite de photographies immobiles collées les unes
après les autres qui créent le mouvement et par la même
occasion un sens qui varie selon l'ordre que l'on va donner
à ces différents plans ! Je cherche sûrement dans ma peinture à ce que le spectateur doive parfois se déplacer devant
mon tableau, pour avoir une vision différente de celui-ci…
Comme disent les chamans, « Il n'y pas de réalité, il n'y a
que des visions » !
B.S : Même si la plupart de tes réalisations se
situent à l'extérieur, on dirait que tu as depuis un
certain temps délaissé le Street Art. Pourquoi ?
Je n'ai pas l'impression d'avoir « délaissé » le Street Art, j'ai
pris un peu de distance avec ce mouvement pour plusieurs
raisons : d'abord car j'ai un travail d'atelier que j'approfondis
depuis le début des années 2000 et qui me prend une bonne
partie de mon temps, j'ai par ailleurs des travaux comme
celui de « Toiles Errantes » et « Ground Print System »
qui me permettent de maintenir le lien entre l'intérieur et
l'extérieur (qui est avant tout une frontière mentale). Peutêtre également car je n'apprécie pas trop l'effet de mode
actuel qui sévit dans notre milieu et dont les motivations
des nouveaux acteurs sont plus pécuniaires que liées à un
amour de l'action pur. Mais c'est le lot de tous les mouvements qui rentrent dans l'histoire de l'art que d'être acculé
par les faussaires ! Un mal pour un bien. Et pour finir, j'ai
deux petites filles avec qui j'aime passer du temps ; elles
me font prendre conscience que la création artistique n'est
qu'une copie de la vraie création.
« Je n'apprécie pas trop l'effet
de mode actuel qui sévit dans
notre milieu »
B.S : C'est quoi ton actualité ?
Je reviens de Shanghai et de Rome. À Shanghai, j'ai réalisé
une série d'empreintes de plaques d'égout pour la galerie
Magda Danysz qui est le début d'un nouveau projet plus
vaste sur l'ensemble de la toile géographique. À Rome, j'ai
réalisé une grande peinture pérenne sur un immeuble par
l'intermédiaire de ma galerie Romaine (Wunderkarmmen)
chez qui j'ai une exposition personnelle en ce moment
intitulée TRANSVERSAL. Par ailleurs, nous venons de
clore avec Catherine Ahnell et Magda Danysz une exposition à la Galerie Item à Paris. Nous avons montré une
dizaine de lithographies que j'ai réalisé chez eux, ainsi qu'un
documentaire de David Maginot retraçant le processus de
création de mon exposition SHAPES. Pour finir en mars
prochain, je vais investir la Villa des Arts à Casablanca en
partenariat avec la Galerie David Bloch, et réaliser là-bas
aussi une peinture pérenne sur un immeuble.
B.S : Merci L'Atlas ! On a oublié de dire quelque
chose ? Oui une phrase d'Oscar Wilde que je viens de découvrir
et que j’adore : « Soyez vous mêmes, les autres rôles sont
déjà pris ! »
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ned endlessly in this white circle surrounded by a black
square, I had it next to my bed to fall asleep. I love everything related to retinal vibration, it gives the impression
of movement; a parallel with our solar system that moves
70,000 km / s without us feeling it.
B.S: I read that your family has a cinematic
background. Did that somehow impact your
work?
Yes, i spent most of my childhood in editing suites or
projection rooms. I still go to the movies a lot; scopic
impulses are deeply rooted within me and I am fascinated by the idea that cinema is a series of still photographs
pasted one after the other thus creating movement and at
the same time a meaning that changes according to the
narrative of those images! I think in my painting too, I
want the viewer to change perspective when looking at
my works, in order to gain a different vision... a Shaman
would say: "There is no reality, there are only visions!”
B.S: Even if most of your works are outdoor
pieces, it seems as if you have left Street Art
behind for a while now. Why is that?
I do not feel I have "abandoned" street art at all, but I
took some distance for several reasons: first, because of
my studio work I deepened since the early 2000’s, and
which eats up a lot of my time, works such as "Canvas
Errantes" and "Ground Print System" allow me to maintain the link between interior and outdoor works (which
is primarily a mental boundary). Perhaps also because I
do not like the current trend that plagues our industry
with new players whose interests are more monetary rela-
ted as opposed to love of pure actions. But that’s what
happens with all movements that enter gates of the world
of art, they’re being cornered by counterfeiters! A blessing in disguise. Finally, I have two little girls I like to
spend time with; they make me realise that creating art is
an artefact of true Creation.
B.S: What’s your latest news?
I just returned from Shanghai and Rome. In Shanghai, I
made a series of manhole cover footprints for the Magda
Danysz gallery, which is the beginning of a new larger
project on geographical canvas. In Rome I made a great
permanent painting on a building thanks to the roman
gallery (Wunderkarmmen), in which I have a solo exhibition titled TRANSVERSAL. In addition, we just
ended another exhibition at the Gallery Item in Paris
with Catherine Ahnell and Magda Danysz; we showed
ten lithographs that I made there, as well as a documentary of David Maginot tracing the process of creating
my exhibition SHAPES. Finally in March, I will invest
the Villa des Arts in Casablanca in partnership with the
David Bloch Gallery, where I’ll be making a permanent
painting on a building.
B.S: Thank you so much L’Atlas – anything we
forgot to mention?
Yes, an Oscar Wilde quote I recently discovered and that
I love: “Be yourself, everyone else is already taken”.
More info: latlas.org
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