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Au pont de Pope Lick

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CARNET PEDAGOGIQUE
Cie Ariadne / contacts :
Marie-Laurence BOITARD – 06 03 89 89 60
Mlboitard.ariadne@orange.fr
www.cie-ariadne.fr
SOMMAIRE
I AU PONT DE POPE LICK : le texte et l’auteure
1 – l’histoire
I. AU PONT DE POPE LICK : le texte et l’auteure
Pace Creagan, traîne ses 17 ans sur le Pont de Pope Lick, elle ère et cherche à
1 – l’histoire
2- Naomi Wallace
3- Questionnaire Proustien de Naomi Wallace
défier la mort… Elle invente un jeu dangereux et provoque le jeune Dalton - 15 ans -
II. LES LAISSES POUR COMPTE DU PROGRES : au cœur de la
Grande Dépression
Le jeune homme espère que sa témérité sera récompensée d’un baiser mais le
1- les années 30 : Grande Dépression et fascination duProgrès
2- La Grande dépression dans l’art d’hier et d’aujourd’hui
3- Bibliographie et iconographie
: traverser les voies de chemin de fer avant que la locomotive à vapeur du train de
marchandises n’ait eu le temps de passer d’un bout à l’autre du pont.
jeu tourne mal…
En prison, Dalton repense aux événements qui l’ont conduit ici. Face à lui, ses
parents brisés par la crise économique de 1929 et Chas le gardien dont le fils est
mort du même jeu fou.
Dans ce texte la rage de vivre des jeunes gens se heurte à l’inertie des adultes
III. AU PONT DE POPE LICK : le spectacle
1- Notes d’intentions
2- Interview d’Anne Courel
3- L’équipe
désabusés, abîmés par les déboires et la misère.
Néanmoins Naomi Wallace raconte une histoire d’amour, une vraie, une de celles
où les mots et les gestes sont maladroits, une de celles « qui finit mal » mais où
chacun a joué son va-tout, personne n’a triché.
Pour préparer et/ou prolonger l’expérience du spectacle, la Cie
Ariadne propose des ateliers
Histoire adolescente où deux enfants déjà adultes nous disent à quel point ils
auraient envie d’être pris dans les bras pour, juste un instant, se sentir exister.
Mais c’est l’heure (l’ère) de la machine à vapeur … qui s’annonce en sifflant l’air de
la modernité triomphante ; l’ère industrielle fonce dans (vers) la nuit et n’a
aucunement le temps de s’attarder : les humains n’ont qu’à s’adapter …
2- Naomi Wallace
Née dans le Kentucky en 1960, Naomi WALLACE est dramaturge, scénariste et poétesse.
Elle vit actuellement dans le nord de l’Angleterre.
Elle a obtenu son diplôme de Bachelor of Arts au Hampshire College et a suivi ensuite des
études supérieures à l’Université de l’Iowa.
Elle a écrit sa première pièce The War Boys à 32 ans.
Depuis ont suivi de nombreuses autres pièces dont Things of dry hours (Les heures sèches),
créée à Pittsburgh puis à New York et lue à la Comédie Française en 2008. Son œuvre est
entrée au répertoire de la Comédie Française en 2012 avec Une puce, épargnez-là dans une
mise en scène d’Anne-Laure Liegeois.
En 1997, elle a écrit le scénario du film Lawn dogs (réalisation John Duigan) qui a remporté le
prix du meilleur scénario au Sitges Festival. Elle est l’auteure associée à l’Actor’s studio
Theatre de Louisville, au National Theatr ede Londres et à 7 :84 Theater compagny de
Glasgow.
Son œuvre a été récompensée de nombreux prix et ses pièces sont produites au RoyaumeUni, aux Etats-Unis et au Proche Orient.
Un monde qui s’efface a été lue à la Mousson d’été en 2006 et enregistrée pour France
Culture.
Une puce, épargnez là, Au cœur de l’Amérique et Au pont de Pope Lick sont parus aux
Editions Théâtrales.
Elle a aussi publié un recueil de poésies, To Dance a Story Field (Peterloo Poets) et écrit du
théâtre pour le jeune public, notamment The girl who fell through a hole in her jumper.
Naomi Wallace est également membre du comité de parrainage du Tribunal Russel sur la
Palestine.
3- Questionnaire Proustien de Naomi Wallace (traduit par Sabryna Pierre)
Le contexte artistique :
Qui sont vos auteurs favoris, de théâtre et en général ?
Euripide, Shakespeare, John Webster, Flaubert, Zola, Bertolt Brecht, Adrienne
Kennedy, Lorraine Hansberry, James Baldwin, Harold Pinter, Edward Bond,
Eduardo Galeano, August Wilson, Tony Kushner, Caryl Churchill, Kia Corthron et
bien d’autres...
Vos héros/héroïnes préférés dans la fiction ?
Ida and Rufus Scott dans Un Autre Pays de James Baldwin. Dorothea Brooke
dans Middlemarch de George Eliot, Isabel Archer dans Portait de femme d’Henry
James, Dulcie Dando in Dulcie Dando Football Player de Sue Stops.
Quelle musique écoutez-vous ?
Du classique et de la country, et du blue grass. De la musique d’Amérique latine et
du Moyen-Orient.
Quelle musique écoutiez-vous pendant que vous écriviez Au Pont de Pope-Lick?
Je travaille dans le silence.
Qui sont vos peintres, artistes plastiques, œuvres ou peintures favorites ?
Vermeer, Picasso, Klee, le Greco.
Qu’aimez vous voir en tant que spectatrice, sur scène ou à l’écran ?
Quelque chose qui met à l’épreuve ce que je pensais être des certitudes. Quelque
chose de magique.
Quelles sont les œuvres qui ont une grande influence sur votre vie ?
Les écrivains que j’ai cités plus haut m’ont influencée, même si je ne sais pas trop
bien pourquoi. Peut-être parce que toutes ces œuvres sont des endroits de mise à
l’épreuve de la manière dont on voit le monde, dont on voit l’amour, l’amitié ou
encore la guerre.
Et alors là, quelquefois, les mots assemblés dans un certain ordre élisent domicile
à l’intérieur de notre corps. J’espère avoir absorbé les mots de ces auteurs, pour
un petit bout de temps.
L’environnement de l’écriture
L’endroit où vous écrivez habituellement ?
J’ai une petite cabane dans le jardin.
L’endroit où vous avez écrit Au Pont de Pope-Lick ?
Dans un coin de mon salon d’Iowa City. Les yeux fixés sur un mur, sans regarder
par la fenêtre.
Quels objets vous entouraient à cette époque ?
Un piano, un bureau en bois.
Sur quel support écrivez-vous (papier, ordinateur)?
Je commence à écrire sur papier. Pendant quelques années j’ai écrit sur
ordinateur. Mes ces dernières années je suis revenue au papier. Pour moi, c’est un
lien plus intime entre la main et le mot. Et on peut voir la trace du travail accompli,
la genèse matérielle des pensées initiales. J’aime raturer des choses et avoir ces
ratures sous les yeux.
Quand écrivez vous ? A quel moment de la journée ?
D’ordinaire le matin. Et quand je commence une pièce, j’essai de finir le premier jet
en moins de trois semaines. Toutefois, la préparation et les recherches pour la
pièce peuvent prendre des années.
Inspiration, secrets, pensées
Vos hobbies ?
Regarder le tennis (je suis une grande fan de Rafael Nadal)
Quels sont les objets dont vous ne vous séparez jamais ?
Une petite Madone en bois sculpté qui vient de Russie, que ma mère m’a donnée.
Quelle est votre idée du bonheur ?
Etre utile aux autres.
Qu’est-ce que vous aimeriez être ?
Dans une autre vie, un jockey.
Où aimeriez-vous le plus vivre ?
Là même où je vis à chaque instant donné.
Dix mots qui vous accompagnent ?
Nadira, Caitlin, Tegan, amitié, révolution, résistance, paix, ratons laveurs, tortues et
hérissons.
Quel est votre état d’esprit en ce moment ?
Dans le Kentucky, où je suis née. Puis de retour à la maison, en Angleterre.
II. LES LAISSES POUR COMPTE DU PROGRES :
au cœur de la Grande Dépression
1. les années 30 : Grande Dépression et fascination du
Progrès
la Grande dépression et le Dust Bowl
La Grande Dépression, dite aussi « crise de 1929 », est la période de l'histoire
mondiale qui va du krach de 1929 aux États-Unis jusqu'à la Seconde Guerre
mondiale. C'est la plus importante dépression économique du siècle dernier, qui
s'accompagna d'une importante déflation et d'une explosion du chômage et poussa
les autorités à une réforme agressive des marchés financiers.
Les premiers signes de la crise apparaissent dès le début des années 20. Les
pays d’Europe, ayant rétabli leur production agricole à l’issue de la Guerre de 14,
mettent en place de lourdes taxes sur les produits américains. Au Etats-Unis, la
demande stagne également, avec la fin des immigrations de masse, et les fermiers
n’écoulent plus leurs stocks. A cela s’ajoute les catastrophiques Dust Bowls, ces
tempêtes qui pendant plus d’une décennie détruisent toutes les récoltes,
dépouillent les champs de leur terre la remplaçant par de la poussière, et
ensevelissent habitations et matériel agricole.
Des milliers de fermiers s'en sont trouvés jetés sur les routes, en direction de
l'ouest. On pense qu'environ 3 millions de personnes sont ainsi partie, notamment
vers la Californie.
La population entre donc dans un cercle vicieux destructif, qui durera plusieurs
années. Les prix s’effondrent, les métayers sont expulsés, et les migrants se
multiplient sur les routes.
Développement du progrès : Big boys et parcs d’attraction
Mais la crise n’arrête pas la marche du Progrès. Les personnages de Au Pont de
Pope-Lick en sont les premiers spectateurs, avec la locomotive qui passe audessus de leur tête, et l’industrie des loisirs, dont Coney Island est le fleuron, et à
laquelle ils n’ont pas accès, lui suppléant le jeu dangereux de la « course »
Big Boys
Les locomotives surnommées Big Boy furent les plus grosses locomotives à
vapeur jamais construites. Ces locomotives classées dans la série 4000 de l'Union
Pacific, doivent leur surnom à un graffiti « Big Boy » inscrit à la craie par un ouvrier
sur la porte de la boîte à fumée de la première machine avant sa mise en peinture.
2. La Grande dépression dans l’art d’hier et d’aujourd’hui
Littérature, Photographie, musique et théâtre, voici un corpus d’extraits
d’œuvres qui permettront d’éclairer Au Pont de Pope-Lick et d’aborder les
problématiques esthétiques, historiques, et philosophiques de la pièce de façon
transdisciplinaire.
Coney island
Le premier carrousel de Coney Island fut installé en 1876. Ce manège était
constitué de chevaux et d'animaux de bois, sculptés à la main et disposés côte à
côte. Tout cela était éclairé par des lanternes au kérosène (Thomas Edison ne
présentera sa première ampoule que trois ans plus tard en 1879). Un flûtiste et
un tambour apportaient l'accompagnement musical ; un chapiteau protégeait le
manège des intempéries et le tarif était fixé à cinq cents. En 1919 la liaison
ferroviaire fut raccordée au métropolitain et l'ouverture du terminus New West
End Terminal pour toutes les lignes de métro fit entrer Coney Island dans une ère
prospère. Après la Seconde Guerre mondiale, le déclin s'amorça. La généralisation
de l'air conditionné au cinéma puis dans les appartements et l'avènement de
l'automobile profitèrent à des parcs nationaux aux dépens de Coney Island.
Sur l’homme et la machine :
Les Raisins de la Colère John Steinbeck (traduction de J. Witta-Montrobert)
« Les tracteurs arrivaient par les routes, pénétraient dans les champs,
grands reptiles qui se mouvaient comme des insectes, avec la force incroyable des
insectes. Ils rampaient sur le sol, traçaient la piste sur laquelle ils roulaient et qu’ils
reprenaient. Tracteurs Diesel, qui crachotaient au repos, s’ébranlaient dans un
bruit de tonnerre qui peu à peu se transformait en un lourd bourdonnement.
Monstres camus qui soulevaient la terre, y enfonçant le groin, qui descendaient les
champs, les coupaient en tous sens, repassaient à travers les clôtures, à
travers les cours, pénétraient en droite ligne dans les ravines. Ils ne roulaient
pas sur le sol, mais sur leur chemin à eux. Ils ignoraient les côtes et les ravins,
les cours d’eau, les haies, les maisons.
L’homme assis sur son siège n’avait pas l’apparence humaine ; gants,
lunettes, masque en caoutchouc sur le nez et la bouche, il faisait partie du
monstre, un robot sur son siège. Le tonnerre des cylindres faisait trembler la
campagne, ne faisait plus qu’un avec l’air et la terre, si bien que terre et air
frémissaient des mêmes vibrations.
Le conducteur était incapable de le maîtriser... il fonçait droit dans la campagne,
coupait à travers une douzaine de fermes puis rebroussait chemin. Un
coup de volant aurait pu faire dévier la chenille, mais les mains du
conducteur ne pouvaient pas tourner parce que le monstre qui avait
construit le tracteur, le monstre qui avait lâché le tracteur en liberté avait
trouvé le moyen de pénétrer dans les mains du conducteur, dans son cerveau,
dans ses muscles, lui avait bouché les yeux avec des lunettes, l’avait muselé...
avait paralysé ses perceptions, avait muselé ses protestations. Il ne pouvait
pas voir la terre telle qu’elle était, il ne pouvait pas sentir ce que sentait la terre ;
ses pieds ne pouvaient pas fouler les mottes ni sentir la chaleur, la puissance de la
terre. Il était assis sur un siège de fer, les pieds sur des pédales de fer. Il ne pouvait
pas célébrer, abattre, maudire ou encourager l’étendue de son pouvoir, et à cause
de cela, il ne pouvait pas se célébrer, se fustiger, se maudire ni
s’encourager lui-même. Il ne connaissait pas, ne possédait pas, n’implorait pas
la terre. Il n’avait pas foi en elle. Si une graine semée ne germait pas cela ne faisait
rien. Si les jeunes plants se fanaient par suite de la sécheresse ou s’ils étaient
noyés par des pluies diluviennes le conducteur ne s’en inquiétait pas plus que le
tracteur. Il n’aimait pas plus la terre que la banque n’aimait la terre. »
Au Pont de Pope-Lick Naomi Wallace (traduction Dominique Hollier)
PACE : Vous avez déjà entendu parler de Cugnot, Mme Chance ? Nicolas Cugnot. Il
a fait la première machine à vapeur qui se déplace. Elle s’est traînée à 3 km/heure
avant d’exploser. C’était en France. En 1769, je crois. Le gouvernement a mis
Cugnot en prison. L’explosion n’avait blessé personne. Je n’ai jamais compris
pourquoi on l’avait mis en prison.
GIN : Mon fils ne connaît rien aux locomotives.
PACE : Je crois qu’ils ont eu peur. Pas de la machine, mais de Cugnot. Ils n’avaient
jamais vu quelque chose qui se déplace comme ça, à la vapeur. De l’eau toute bête
(elle fait le bruit de la vapeur) transformée en vapeur. Ça a dû les secouer d’une
manière ou d’une autre. Rien que de le voir. Ils ne lui ont pas pardonné.
GIN : Qu’est-ce que vous lui voulez, à Dalton ?
DALTON : Mais enfin ! On prend le thé, c’est tout.
GIN : Tais-toi.
Dalton se tait.Il se prend la tête dans les mains.
Ici nous sommes une famille. Une famille classique. Mon mari, Dalton et moi. Il y a
beaucoup de soucis dehors, beaucoup de mauvais temps. Mais nous prenons soin
les uns des autres ; nous n’avons besoin de rien, à l’extérieur. Je veux que vous le
sachiez.
PACE : Vous connaissez la Union Pacific ? Ils vont construire les plus grosses
locomotives à vapeur du monde. Le moteur et le tender pèseront plus de cinq
cents tonnes. Colossal. Ce sera des locomotives articulées 4-8-8-4 avec deux jeux
de roues motrices, avec chacune ses cylindres.
Gin la regarde, c’est tout.
Je suis désolée, Mme Chance. Mais moi et Dalton. Ça ne vous regarde pas.
GIN : Des cylindres, hein ? Des roues motrices. Des locomotives articulées. Si vous
imaginez piéger mon fils avec…
DALTON : Mais je rêve… !
PACE : Madame Chance, je ne cours pas après les cylindres de votre fils, si c’est
ce que vous cherchez à dire. Nous ne nous sommes jamais touchés. Je n’ai rien à
me reprocher. Même si une fois je lui ai dit de se déshabiller, là-bas au dessous du
pont.
GIN : De se désha—
DALTON : Pace !
PACE (le coupe ) : Tais-toi, toi. (temps) Et puis une autre fois sur les rails. A trente
mètre de haut. Pas un train en vue. Il faisait un peu frisquet ce soir là, mais il n’y
avait aucun danger.
GIN : Je crois que vous feriez mieux de partir.
PACE : Il ne m’aime pas, vraiment. Il me trouve vulgaire.
GIN : Tu t’es déshabillé ?
PACE : C’est votre fils. Il fait comme on lui dit.
GIN : Pourquoi est-ce que tu as fait ça ? N’importe qui aurait pu te voir.
PACE : Oui. Moi je l’ai vu. Et il ne ressemble pas du tout à une locomotive. Nan.
Dalton est pâle. Tout pâle. Pas de carburant. Comment est-ce qu’il se tient chaud ?
Il n’y connaît que couic en matière de cylindres. Et il est tellement léger, qu’est-ce
qui le maintient en place ? Sur les rails, plouf, plouf, plouf. Aucune traction. Par
contre les Big Boys, les nouvelles machines, il va leur falloir près de dix tonnes de
charbon à l’heure dans la chaudière. Et le foyer pour brûler le charbon est plus
grand qu’une cuisine.
Gin la regarde, c’est tout.
Imaginez ! C’est vers ça que nous allons. »
Un parallèle entre la Grande Dépression et la crise économique
des années 90 :
The Ghost of Tom Joad de Bruce Springsteen
Men walkin' 'long the railroad tracks
Goin' someplace there's no goin' back
Highway patrol choppers comin' up over the ridge
Hot soup on a campfire under the bridge
Shelter line stretching' 'round the corner
Welcome to the new world order
Families sleepin' in their cars in the Southwest
No home no job no peace no rest
The highway is alive tonight
But nobody's kiddin' nobody about where it goes
I'm sittin' down here in the campfire light
Searching for the ghost of Tom Joad
He pulls a prayer book out of his sleeping bag
Preacher lights up a butt and takes a drag
Waitin' for when the last shall be first and the first shall be last
In a cardboard box 'neath the underpass
Got a one-way ticket to the promised land
You got a hole in your belly and gun in your hand
Sleeping on a pillow of solid rock
Bathin' in the city aqueduct
The highway is alive tonight
Where it's headed everybody knows
I'm sittin' down here in the campfire light
Waitin' on the ghost of Tom Joad
Now Tom said "Mom, wherever there's a cop beatin' a guy
Wherever a hungry newborn baby cries
Where there's a fight 'gainst the blood and hatred in the air
Look for me Mom I'll be there
Wherever there's somebody fightin' for a place to stand
Or decent job or a helpin' hand
Wherever somebody's strugglin' to be free
Look in their eyes Mom you'll see me."
Well the highway is alive tonight
But nobody's kiddin' nobody about where it goes
I'm sittin' down here in the campfire light
With the ghost of old Tom Joad
La Fantôme de Tom Joad (traduction Sabryna Pierre) :
Des hommes marchant le long de la voie ferrée
Allant quelque part d’où l’on ne revient pas
L’hélico de la patrouille de l’autoroute surgit derrière la crête
Soupe chaude et feu de camp sous le pont
La file d’attente pour un abri s’étend jusqu’au coin de la rue
Bienvenu dans le nouvel ordre mondial
Des familles dormant dans leurs voitures dans le sud ouest
Pas de maison pas de travail pas de paix pas de repos
L’autoroute est vivante ce soir
Mais personne ne plaisante à propos d’où elle va
Je reste assis à la lumière du feu de camp
A la recherche du fantôme de Tom Joad
Il sort un livre de prières de son sac de couchage
Le prêcheur allume un mégot et tire une latte
En attendant que le dernier soit le premier et que le premier soit le dernier
Dans une boîte en carton dans le souterrain
J’ai un aller simple pour la terre promise
Tu as un creux dans le ventre et un flingue dans la main
Tu dors avec une pierre en guise d’oreiller
Tu te baignes dans l’aqueduc municipal
L’autoroute est vivante ce soir
Où elle va tout le monde le sait
Je reste assis à la lumière du feu de camp
A la recherche du fantôme de Tom Joad
Et Tom a dit « maman, partout où il y a un flic qui tabasse un type
Partout où un nouveau-né affamé crie
Où on se bat contre le sang et où la haine est dans l’air
Cherche-moi maman c’est là que je serai
Partout où quelqu’un se battra pour un endroit à lui
Ou un travail décent ou une main tendue
Partout où quelqu’un se battra pour être libre
Cherche dans ses yeux maman tu m’y verras
L’autoroute est vivante ce soir
Mais personne ne plaisante à propos d’où elle va
Je reste assis à la lumière du feu de camp
A la recherche du fantôme de Tom Joad
Rêver un avenir incertain :
Des Souris et des Hommes de John Steinbeck (Traduction Maurice-Edgar
Coindreau)
- Lennie dit, lamentablement : George ne s'en ira pas, il ne me laissera pas seul.
J'sais bien que George n'ferait pas une chose pareille.
- Le palefrenier continua rêveusement : Je m'rappelle quand j'étais gosse, dans la
ferme à volailles de mon père. J'avais deux frères. Ils étaient toujours avec moi,
toujours là. On dormait dans la même chambre, dans le même lit... tous les trois.
On avait un carré de fraisiers, un coin de luzerne. Quand il y avait du soleil, le matin,
on lâchait les poulets dans la luzerne. Mes frères plantaient un grillage autour et
les regardaient… blancs qu'ils étaient, les poulets.
Peu à peu, Lennie s'intéressait à ce qu'il entendait.
- George a dit qu'on aurait de la luzerne pour les lapins.
- Quels lapins ?
- On aura des lapins et un carré de fraisiers.
- T'es dingo.
- Pas du tout, c'est vrai. Tu demanderas à George.
- T'es dingo, dit Crooks, méprisant. J'ai vu des centaines d'hommes passer sur les
routes et dans les ranches, avec leur baluchon sur le dos et les mêmes bobards
dans la tête. J'en ai vu des centaines. Ils viennent, et, le travail fini, ils s'en vont ; et
chacun d'eux a son petit lopin de terre dans la tête. Mais y en a pas un qu'est foutu
de le trouver. C'est comme le paradis. Tout le monde veut un petit bout de terrain.
Je lis des tas de livres ici. Personne n'va jamais au ciel, et personne n'arrive jamais
à avoir de la terre. C'est tout dans leur tête. Ils passent leur temps à en parler
mais c'est tout dans leur tête.
Il s'arrêta et regarda vers la porte ouverte, car les chevaux s'agitaient, inquiets, et
les licous cliquetaient. Un cheval hennit.
- J'parie qu'il y a quelqu'un là-bas, dit Crooks. Peut-être bien Slim. Des fois, Slim
vient deux ou trois fois par nuit. C'est un vrai roulier, Slim. Il s'préoccupe de ses
bêtes.
Il se mit péniblement debout, et s'approcha de la porte.
- C'est toi, Slim ? Cria-t-il.
- La voix de Candy répondit : Slim est allée en ville. Dis, t'as pas vu Lennie ?
- Le grand type tu veux dire ?
- Oui, tu l'as pas vu par là ?
- Il est ici, dit Crook brièvement.
Au Pont de Pope-Lick Naomi Wallace (traduction Dominique Hollier)
DALTON : Nous ne voulons pas mourir.
PACE : Alors nous serons patients.
DALTON : Oui. Jusqu’à Noël. Je recevrai des nouvelles chaussures. Et puis je
décrocherai un boulot. Je vais m’élever.
PACE : Ça c’est contraire aux lois de la pesanteur. Et de toute façon on ne peut pas
s’élever si on a pas les dents longues.
DALTON : J’ai les dents longues.
PACE : Dans quelques années tu n’en auras plus du tout.
DALTON : Tu n’as aucune ambition. Aucun projet d’avenir.
PACE : Peut-être, mais j’observe.
DALTON : Tu observes quoi ?
PACE : Les choses. Les gens. J’observe. Demain. Aujourd’hui. Depuis des années.
Et je vais te dire où en sont les choses. Toi et moi et les autres gosses ici, on est
comme. Bon. Comme des pommes de terre oubliées dans une boîte. Tu as déjà vu
une pomme de terre qu’on a oubliée au fond d’une boîte ? Parce qu’elle est dans le
noir, la pomme de terre croit elle qu’est dans la terre, alors elle commence à faire
des racines pour survivre, mais le noir ce n’est pas la terre et au bout du compte
elle ne tête qu’à une poignée d’air. Et elle meurt.
DALTON : Je ne suis pas une pomme de terre.
PACE : Si.
DALTON : Non. Les pommes de terre ne courent pas. Moi oui. Et quand on sera
décidés, tu ne seras pas à mi-chemin que moi je serais déjà de l’autre côté du pont.
Et en attendant, je rentre chez moi. »
The Tender Land Aaron Copland
Dans cet opéra d’Aaron Copland, la jeune Laurie, la fille aînée de la famille Moss,
des fermiers, est la première à avoir fait des études. Aspirant à vivre une vie
meilleure, loin de la misère de la Grande Dépression, elle décide de suivre sur les
routes Martin, un vagabond lumineux.
Laurie’s Song
Once I thought I’d never grow tall as this fence.
Time dragged heavy and slow.
But April came and August went
before I knew just what they meant,
And little by little I grew
And as I grew I came to know
How fast the time could go.
Once I thought I’d never go
Outside this fence.
This space was plenty for me.
But I walked down that road one day,
and just what happened I can’t say.
But little by little it came to be
That line between the earth and sky came beckoning to me.
Now the time has grown so short;
The world has grown so wide.
I’ll be graduated soon.
Why am I strange in side?
What makes me think I’d like to try
to go down all those roads beyond that line above the earth and ‘neath the sky?
Tomorrow when I sit upon that graduation platform stand,
I know my hand will shake when I reach out to take that paper with the ribboned
band.
Now that all the learning’s done,
Oh who knows what will now begin?
Oh it’s so strange, I’m strange inside.
The time has grown so short, the world so wide.
Chanson de Laurie (traduction Sabryna Pierre)
Avant je croyais que je n’atteindrai jamais la taille de cette barrière
Le temps se traînait lourd et lent
Mais Avril est venu et Août s’est enfui
Avant que j’aie eu le temps de les comprendre
Petit à petit j’ai grandi
Et en grandissant j’ai compris
Combien le temps passait vite.
Avant je croyais que je n’irais jamais au-delà de cette barrière
Cet espace me paraissait immense
Mais un jour j’ai marché jusqu’au bout de la rue
Et je ne saurai dire ce qu’il est advenu
Mais petit à petit il s’est avéré
Que cette ligne entre le ciel et la terre m’appelait
Maintenant le temps est devenu si court
Et le monde est devenu si vaste
Je serai diplômée bientôt
Pourquoi je me sens si étrange ?
Qu’est ce qui me fait penser que j’aimerais essayer
De parcourir toutes ces routes au-delà de la ligne entre le ciel et la terre
Demain quand je serai assise sur cette estrade de remise des diplômes
Je sais que ma main va trembler en prenant ce papier avec un bout de ruban noué
Maintenant que j’ai fini d’apprendre
Qui sait ce qui va bien pouvoir commencer ?
C’est si étrange, je suis étrange au-dedans
Le temps est devenu si court et le monde est devenu si vaste
3. Bibliographie et iconographie
III- AU PONT DE POPE LICK : le spectacle.
Littérature :
1- Notes d’intentions
La « lost generation » :
Ernest Hemigway Pour qui sonne le glas
John Steinbeck Des souris et des hommes ; Les raisins de la colère
Francis Scott Fitzgerald Gatsby le magnifique
Gertrude Stein Américains d’Amérique
John Dos Passos la trilogie U.S.A.
Nous sommes en 36. Mais l’histoire que nous offre Naomi Wallace a peu à voir
avec les congés payés ! Bien au contraire. Nous sommes quelque part aux EtatsUnis, le capitalisme triomphant, sans régulation ni entrave d’aucune sorte, a des
ratés. C’est la Grande Dépression, Roosevelt a mis en œuvre le New Deal, mais
n’enraye pas le chômage. Filant à toute vapeur, l’industrie laisse beaucoup de
monde sur le bord de la route.
Cinéma :
Pas d’état providence ou d’ascenseur social dans le secteur... en tout cas pas pour
les familles de Pace et Chance
Les raisins de la colère John Ford
A l’est d’Eden Elia Kazan
Les Moissons du ciel Terence Malik
Photographie :
Passer le pont ???
PACE … si tu ne le fais pas ta vie passera exactement comme tu
l’imagines : vite, sale et froide.
DALTON Hé. Après l’école je pourrais partir à l’université.
PACE Tu n’iras pas à l’université. Aucun de nous ne va aller à l’université.
Dorothea Lange (1895-1965)
Lewis Hine Wickes (1874-1940)
John Collier (1913-1992)
Walker Evans (1903-1975)
August Sander (1978-1964)
DALTON J’ai les résultats pour. C’est M. Pearson qui l’a dit.
Musique :
DALTON Si je ne peux pas aller à l’université, je partirai, c’est tout.
The Ghost of Tom Joad Bruce Springsteen
PACE Certaines choses sont faites pour rester à leur place, mon grand.
Tu en fais probablement partie.
PACE Et qui va payer ? Regarde tes chaussures.
DALTON Quoi ?
PACE Tes chaussures. Si ta mère te met des chaussures comme ça,
c’est pas demain que t’iras à l’université. (Temps) Allez viens. On monte
regarder.
Naomi Wallace ne fait pas un cours d’histoire politique - qui ne serait pas sans lien
avec notre histoire contemporaine cependant ! - elle crée des personnages, des
histoires, des trajets sensibles.
Elle dénonce - ou plutôt révèle - comment les vies sont abîmées, comment elles
sont rongées par la mécanique du profit. Mais en profondeur, sans donner de
leçon, dans un texte percutant et poétique à la fois.
C’est une virtuose de la croisée des temporalités. Tandis que les éléments de
C’est néanmoins une histoire à raconter et ce n’est pas la moindre des qualités du
réalité témoignent au présent de la condition sociale, les ombres du passé rôdent
texte que de tenir ce cap.
comme des fantômes.
Anne COUREL
Tandis que demain se rêve, le passé envahit la scène.
Il s’agit donc de mettre en scène en parallèle passé, présent et futur, sans que le
spectateur s’y perde, de l’organiser, d’en jouer, comme dans un polar.
En cela c’est une œuvre populaire véritable, lisible et complexe en même temps.
On ne peut que saluer la pertinence de l’écriture, très anglo-saxonne avec son
admirable efficacité dans l’exploration dramatique des problèmes politiques tout en
convenant que la poésie règne en maître et se laisser aller à l’épaisseur des
personnages et situations en ce qu’elles nous renvoient à nos interrogations les
plus intimes.
La poésie, le trouble secret généré par ceux que j’appellerais « les fantômes de
Naomi », les ombres qu’elle invente mettent de la distance, font que nous sommes
authentiquement touchés.
Au plateau, à mon avis, cela fonctionne si les références à la fable sociale, presque
réaliste, sont en toile de fond, avec, au premier plan, les individus, leurs peurs, leurs
amours, leurs détresses, leurs envies de rire et de taper …
Pour moi, il me faut jouer de leur dimension, de leur rapport aux images que je me
propose d’emprunter au cinéma.
En effet, tout ici tient à la force des mouvements des uns (Pace en particulier) - défi
/ désir de mort / pulsion de vie formidable - ou à l’immobilité des autres (le père
de Dalton entre autres).
Pour entrer avec elle et les acteurs dans ce jeu complexe, j’ai envie d’utiliser tout à
la fois les images artisanales et traitées numériquement. Pour alimenter le travail,
nous nous sommes plongés avec les artistes, dans un univers cinématographique
en noir & blanc, celui qui avant la seconde guerre mondiale, se voulait réaliste,
dénonciateur de l’horreur de la condition ouvrière, et nous semble maintenant
complètement romancé. Il s’agissait de mettre les gens en avant, leur histoire,
leurs amours, les injustices qu’ils subissaient. Héros des mondes du travail, ils
avaient leur place en mode « plein écran », immenses et valeureux.
Pace et Dalton, leurs parents et voisins, les héros de Naomi, sont grands et petits,
perdus surtout. J’ai envie de jouer avec eux à cache-cache dans une forêt d’images
et mesurer avec eux le présent à l’aune du passé – si lointain et si proche à la fois.
2- Interview d’Anne COUREL
époque, comment comptez-vous faire apparaître cette Amérique des années 30 comme
Vous allez monter AU PONT DE POPE LICK de Naomi Wallace à l’automne 2013. Pouvez-
actuelle ?
vous nous dire pourquoi avoir choisi de monter ce texte de Naomi Wallace aujourd’hui ?
Naomi Wallace refuse d’être le peintre d’une Amérique passée ou d’un conflit entre nature et
C’est une pièce magnifique qui me permet à la fois de raconter une histoire « de fille », avec
monde moderne qui écraserait les individus. Elle le dit et l’écrit : elle ne veut pas d’une
son destin propre de jeune « presque-femme » saisie par la crise de 29, tout en questionnant
Amérique poussiéreuse ; elle précise : la pièce ne se situe PAS dans « le Sud » ; elle enjoint les
le rapport au monde de tellement d’autres aux prises avec un monde bancal, mal ajusté, où
metteurs en scène à être le plus loin possible de l’idée d’« Amérique profonde, désert et
l’intimité est sans cesse malmenée par la violence du contexte économique. On est à la
poussière ». Elle cherche à lutter contre l’idée reçue que les « racailles blanches » ne sont
croisée de l’individuel et du collectif, loin de tout manichéisme, au cœur de cette société dont le
intelligentes que par accident, si tant est qu’elles aient la moindre intelligence ou que les
fonctionnement lamine, déchire, attaque les liens entre les individus. Naomi Wallace nous
travailleurs très pauvres soient des gens brisés, usés. Pour elle, ils n’ont pas le temps (le loisir)
propose là une plongée dérangeante, sans concession, au cœur des mécanismes de
de se complaire dans la fatigue.
« l’american way of life ».
À sa suite, je me propose :
> d’utiliser les arts visuels pour interroger le réel et mettre l’outil numérique au service du
Votre travail témoigne le plus souvent d’une attention particulière au texte, à la musicalité
texte, de l’histoire et de la représentation scénique.
de la langue, qu’est-ce qui vous fait aller vers une proposition qui mêle images, théâtre et
> de faire jouer les acteurs avec les ombres et les images et de travailler sur leur immatérialité
cinéma ?
(pour mieux représenter les éléments inhérents à l’histoire comme la violence du train lancé à
Son écriture est ciselée, efficace ; sa poésie est sans concession - pour le sens de ce qu’elle
grande vitesse, la brutalité des outils et matériaux).
veut développer -. Du coup je m’y retrouve. Le texte est bien là, premier. C’est lui qui fait
> d’interroger la résonnance de ce texte aujourd’hui et de jongler avec les représentations
avancer l’action, passer d’un monde à un autre. Avec son texte, de mots en mots, Naomi
qu’ont - ou pourraient avoir - les spectateurs du contexte historico-politico-économique, de les
Wallace nous promène dans l’histoire de Pace et ses compagnons, au cœur de la vie de ces
questionner avec eux.
anonymes pris chacun à leur manière dans le tourbillon d’une Histoire qu’ils font et subissent.
Au travers de ce spectacle, je chercherai comment les mots naissent aux confins de l’image
Avec violence et sensualité, elle fait s’entrechoquer les temps et les lieux, la mort et l’amour, le
en mouvement, comment convergent nos pratiques artistiques entre cinéma et art théâtral,
passé et le présent, le vrai et le faux, la réalité et la fiction. Je souhaite faire entrer le spectateur
en interrogeant notre culture contemporaine de l’image.
de plain-pied dans une réflexion sur le monde d’aujourd’hui et surtout sur la place qu’il laisse
Plus le temps passe, plus le théâtre se fait documentaire, plus il veut témoigner du réel. Sans
aux individus, que nous soyons en 1936 aux États-Unis ou quelque part en France au XXIe
doute est-ce une réponse naturelle à une époque comme la nôtre, où le virtuel et le spectacle
siècle. Pour la première fois, l’image me semble le champ d’expérimentation idéal tant
semblent avoir gagné sur tous les plans. Se pose à nous quotidiennement la question de la
l’imaginaire et la réalité qu’elle apporte sont indispensable à l’avance du récit. Néanmoins, je
vérité, du moins du partage de la vraie vie avec des vrais gens.
n’abandonne pas mon goût pour le travail sur le son ; outre la force du texte à faire résonner,
Or, Naomi nous propose une fiction pour mieux parler du vrai. Naomi n’écrit pas du théâtre
les bandes son originales des documents filmés et des extraits cinématographiques seront la
verbatim ou du théâtre d’agit prop, encore moins du théâtre réaliste ou témoin de la réalité.
matière sonore de la musique du spectacle.
Elle sait mentir pour dire la vérité, écrire une fiction pour mieux dire notre vérité. Je choisis de
plonger les personnages dans un monde de cinéma. Sans doute pour que nous hurlions
En quoi ces choix sont-ils une façon d’approfondir la réflexion que vous menez de spectacle
ensemble que la dépression, le labeur qui ronge, les temps difficiles et la crise, ce n’est pas du
en spectacle sur la manière dont le théâtre propose aux spectateurs un espace de
cinéma !
dialogue sur les questions sociétales ? En quoi cette pièce permet de parler de notre
1-
L’équipe
Lenfant, Mathurin Bolze, Muriel Laroche, Philippe Goudard, Marie Paul B, Tessa Beaumont, le
« Cirque du Docteur Paradis », cirque « Swamp ». Il fonde et co-dirige la Maison des Jonglages
> Texte /// Naomi WALLACE - Traduit par Dominique HOLLIER - Publié aux
pendant 3 ans. Il crée 3 spectacles dont il est auteur et interprète : Solo : pièce de jonglage sur
Editions Théâtrales
timbale, Oxymore : duo percussionniste et jongleur, Circulaire : duo pour jongleur-
L’Auteur est représenté dans les pays de langue française par l’Agence MCR,
percussionniste et percussionniste et Maputo – Mozambique : pièces pour 6 jongleurs
Marie-Cécile Renauld, info@paris-mcr.com
mozambicains dans laquelle il n’est pas interprète.
> Mise en scène /// Anne COUREL
- Stéphane NAIGEON / comédien
> Avec /// 5 comédiens - 3 hommes & 2 femmes
Stéphane Naigeon travaille depuis une vingtaine d’année. Il a été mis en scène par A. SIMON,
- Mathieu BESNIER / comédien
S. MONGIN-ALGAN, A. COUREL, G. BENICHOU, M. BELLETANTE, C. PERRETON, L.
De 1997 à 2001, Mathieu a fait le conservatoire du Mans puis de 2001 à 2004 l’ENSATT
FRECHURET, Y. CHARRETON, A. PICCHIARINI, G. NAIGEON, F. MAIMONE, A. DE BOISSY, N.
(productions de Richard Brunel, Christian Schiaretti & Michel Raskine) . Ensuite il a travaillé
RAMOND, P. CORREIRA, C. RENGADE, F. LAZARINI, G. CHABRIER, G. PASTOR, A. FOURNIER…
avec Anne Laure Liégeois (Don Juan de Molière, Simon Delétang (Shopping & Fucking de
- Jeanne VIMAL / comédienne
Mark Ravenhill, Froid & 20 novembre de Lars Noren, For ever Muller de Einer Muller ), Gilles
Formée à l’école de la Comédie de St Etienne.
Chavassieux (Faire l'amour est une maladie mentale qui gaspille du temps et de l'énergie de
Elle a travaillé avec Louis BONNET, Jean-Claude BERUTTI, Ivica BULJAN, François
Fabrice Melquiot, A la tombée de la nuit de Peter Turrini), David Mambouch (Noires pensées,
RANCILLAC , Herming BOCK, Gilles GRANOUILLET.
mains fermes de David Mambouch), Vincent Farasse (Alladine et Palomides & La mort de
Elle a réalisé plusieurs ateliers et stages.
Tintagiles de Maurice Maeterlinck) et Catherine Hargreaves (La Ballade du vieux Marin de
Avec Anne COUREL, elle a joué dans ALICE POUR LE MOMENT de Sylvain LEVEY.
Samuel Taylor Coleridge).
> assistante à la mise en scène /// Sabryna PIERRE
Au Cinéma, il a tourné avec Sam Karmann, Emilie Carpentier et Phillippe Vincent.
Après des études de littérature et d’arts plastiques, Sabryna a intégré l’ENSATT (2007-
- Claire CATHY / comédienne
2009) en section auteur. Elle est édité chez Théâtrales et a reçu des aides du CNT & du CNL.
Formation au Conservatoire régional de Lyon.
Son texte STE a été finaliste du Grand prix de littérature dramatique en 2011. Elle participe a
A travaillé depuis 1980 notamment avec : Roger Planchon : Athalie de Racine, Gilles
de nombreux projets : assistante à la mise en scène de Catherine Hargreaves sur La Ballade
Chavassieux : Preparadise sorry now de Fassbinder, Sylvie Mongin Algan : Le triomphe de
du vieux marin, Projet Binôme Théâtre / Siences dirigé par Thibault Rossigneux. Elle est
l’amour de Marivaux, Françoise Maimone : Mac Beth de Shakespeare, Philippe Faure : Le petit
auteur associée au théâtre Théo Argence, a une commande d’écriture en cours pour Anne
silence d’Elizabeth.
COUREL et est responsable de la Plateforme à St Priest
Travaille depuis 1997 avec Philippe Vincent (cie Scènes) autour de Shakespeare, Brecht et
> Vidéo /// Fabienne GRAS avec la complicité de Pierre Grange, et Rémi Devouassoud
Müller (Waiting for Richard, Anatomie Titus, Quartette, Homme pour Homme…).
Pierre Grange est auteur réalisateur de fiction, dans ce cadre il a écrit et réalisé plusieurs
Travaille depuis 1988 avec Anne Courel (cie ariadne). A participé à une dizaine de spectacles
courts et longs métrages dont certains ont reçu l’aide à l’ écriture du CNC. Il est aussi
(Les sincères de Marivaux, Méfions nous de la nature sauvage, Le faiseur de Balzac, Le Collier
directeur et/ou concepteur de photos ; dans ce cadre il a travaillé comme chef opérateur,
d’Hélène de Carole Fréchette, Ma Famille de Carlos Liscano…).
créateurs d’images pour des spectacles, steadycam, monteur truquiste… Il a par ailleurs été
- Thomas GUERINEAU / comédien jongleur
enseignant à l’ARFIS-lyon.
Thomas Guérineau sort en 1996 de l’école de cirque Annie Fratellini formé en jonglage,
Remi Devouassoud a fait Supinfo com puis un BTS Design d’espace. Il est réalisateur,
danse, musique, acrobatie, mime. Au cours de son parcours artistique il croise la route de
infographiste, enseignant 3DFX, superviseur 3DFX.
Philippe Minella, Dominique Boivin, Francesca Lattuada, François Verret, Jean-Pierre Drouet,
Il a travaillé pour les Nuits Sonores 2012 & 2013, le collectif Cumulus, Renault, Sequoia,
Lê Quan Ninh, Mathias Pontevia, Sébastien Rouillard, Alban Richard, Erik Kruger, Marie
l’agence Y&R …
> Direction technique /// Jean-Pierre NAUDET
> régie vidéo /// Joran JUVIN
> Scénographie /// Stéphanie MATHIEU
POUR PRÉPARER ET/OU PROLONGER L’EXPÉRIENCE DU
SPECTACLE, LA CIE ARIADNE VOUS PROPOSE DES
ATELIERS :
Architecte diplomée de l’école nationale supérieure des arts et industries de Strasbourg,
scénographe diplômée de l’ENSATT. Stéphanie Mathieu travaille depuis 1998. Elle réalise des
mises en scènes pour Anne COUREL, Michel RASKINE, Philippe DELAIGUE, Laurent
Ce texte a été sélectionné par l'Education Nationale pour la liste de "lectures pour
les collégiens" en 2013
FRECHURET, Jeanne BEZIERS, Bernard ROZET, Camille GERMSER, Corinne MERIC,
Guillaume PAUL, Yuval PICK, Emmanuel DAUMAS, Michel DIDYM, André FORNIER, Sarkis
TCHEUMLEKDJIAN, Nicolas DUCRON, Emmanuel MERIEU, Claudia STAVISKY, Laurent
PIGEONNAT, Emilie VALANTIN…
> Lumières /// Hubert ARNAUD
> Création son /// François CHABRIER avec la complicité de Patrick NAJEAN
> Régie son /// Maurizio PRIOD
> Costumes /// Cara BENASSAYAG
Après des études d’histoire de l’art Cara a fait un BEP couture floue à la SEPR de Lyon.
Nous proposons des ateliers avec les publics scolaires et non scolaire autour du
spectacle
Par exemple , propositions pour des interventions en classes de collèges et lycées :
> Atelier transversal histoire et français : Inscrire le spectacle dans un parcours
de découverte des années 30 aux Etats Unis à travers des textes (par exemple
"les raisins de la colère" de Steinbeck...), des films, des images (notamment
Dorothea Lange)
Cara conçoit et réalise des costumes depuis 2001, entre autres, pour Emmanuel Daumas
depuis 2006 : La pluie d’été de M. Duras, Les Nègres de Jean Genet, La tour de la défense de
Copi ; Philippe Delaigue, depuis 2008: Cahier d’histoire #1et # 2, A l’ombre de Pauline Sales,
Le bonheur des uns ; Anne Courel, Cie Ariadne depuis 2008 : Alice pour le moment de Sylvain
Levey, Le roi s’amuse de V. Hugo, Le Traitement de Martin Crimp. Elle a également travaillé
> Atelier "quand les adolescents sont les personnages principaux". Initiation à la
littérature théâtrale contemporaine à partir de textes faisant figurer des
adolescents dans les rôles principaux ( des lectures de textes, des séances de jeu
et de mise en scène seront proposées)
avec Marie Sophie Ferdane, Cie du Bonhomme ; David Moccellin, Cie Frimas ; Cie Tire pas la
nappe…Mais aussi elle est habilleuse pour le Festival d’Avignon, le C.N.S.M.D. de Lyon et des
théâtres de la région Lyonnaise.
> Visuel /// Jérôme GRANJON – Pupik
> Photos /// Christian GANET
> Atelier d'expression corporelle : comment jouer un rôle muet ? S'exprimer par
le corps, les ombres, les gestes.... Travail notamment à partir du rôle du Père dans
AU PONT DE POPE LICK de Naomi Wallace
> Atelier de pratique lié à la vision du monde des adolescents et les conduites à
risques. Le thème de la violence et les adolescents abordé à partir de littérature
théâtrale contemporaine.
> Atelier autour de la traduction d’un texte anglais.
Nous sommes à votre disposition pour imaginer des interventions adaptées,
autour de ce spectacle.
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