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Bertrand Hell France

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Les idées en scène #2
Les états limites : le corps à l’épreuve
L’auteur
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Bertrand Hell, anthropologue, est spécialiste du chamanisme et
des cultes de possession. Il a mené des études de terrain inscrites
dans la longue durée (Maroc, Mayotte). Il a récemment quitté le
monde universitaire pour poursuivre ses travaux en se basant sur
le taoïsme et en particulier sur les réflexions de Tchouang Tseu
concernant les registres de la conscience. Il a également été
conseiller scientifique de l’exposition « Les maitres du désordre »
au Musée du Quai Branly.
Possession et chamanisme (Flammarion, 1999 ; édition poche
2012)
L’œuvre
Entre chien et loup. Faits et dits de chasse dans la France de
l’Est (Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2014)
Sang noir. Chasse, forêt et mythe de l’homme sauvage en
Europe (L’Œil d’or, 2012)
Possession et chamanisme (Flammarion, 1999 ; édition poche
2012)
Soigner les âmes - L’invisible dans la psychothérapie et la cure
chamanique, avec Édouard Collot (Dunod, 2011)
Le Tourbillon des génies. Au Maroc avec les Gnawa (Flammarion,
2002)
Le chamanisme et la possession n’appartiennent pas au passé, bien au contraire.
Partout, que ce soit en Sibérie, en Asie du
Sud-Est, en Afrique ou aux Amériques, l’idée
d’une alliance possible avec la surnature est
vivante. Le désenchantement annoncé du
monde tarde, car, lorsque le malheur frappe
et ébranle les certitudes, le recours aux spécialistes des esprits demeure privilégié. En
quoi le vaudou haïtien ou le chamanisme
coréen permettent-ils de faire face à l’infortune, de surmonter l’adversité ? Comment
le tambour du chamane bouriate ou le couteau ensanglanté du possédé marocain peuvent-ils faire refluer la
maladie ? Confrontant sa connaissance approfondie des cultes de
possession au Maroc, en particulier celui des Gnawa, avec d’autres
études, Bertrand Hell met en évidence le fondement anthropologique de ces pratiques.
Pour cela, il nous invite à comprendre la place extraordinaire réservée, dans chaque société, à l’allié des esprits. Alors se dessine
la figure universelle d’un maître du désordre associé à l’ambivalence, à la transgression et au « bricolage ». Rompant avec les a
priori réducteurs, cet ouvrage livre un éclairage original sur l’efficacité symbolique du chamanisme et de la possession.
DR
Bertrand Hell
France
Villa Gillet - 25 rue Chazière - 69004 Lyon - France - Tel : 00 33 (0)4 78 27 02 48 - Fax : 00 33 (0)4 72 00 93 00 - www.villagillet.net
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Entre chien et loup. Faits et dits de chasse
dans la France de l’Est (Éditions de la Maison
des sciences de l’homme, 2014)
Sang noir. Chasse, forêt et mythe de l’homme
sauvage en Europe (L’Œil d’or, 2012)
Soigner les âmes - L’invisible dans la
psychothérapie et la cure chamanique, avec
Édouard Collot (Dunod, 2011)
Le Tourbillon des génies. Au Maroc avec les
Gnawa (Flammarion, 2002)
D’un bout à l’autre des
Vosges, les chasseurs poursuivent en une quête passionnée l’animal-gibier. Une
voie étroite, parfois dangereuse, mène le chasseur
du domestique au sauvage,
entre chien et loup. Oscillant entre les deux pôles,
marqué par une fièvre singulière, le chasseur se voit
assigner dans la France de l’Est un statut particulier et s’inscrit dès lors en marge du groupe
social. Faits et dits de chasse témoignent d’une
même perception de l’acte cynégétique : techniques de chasse et vision symbolique de l’espace sauvage se répondent et renvoient à un
système plus général.
De la légitimité de l’accès au sauvage à la parenté élective, fondement de la confrérie des
chasseurs, de l’exclusion des femmes aux résonances anthropomorphiques de la poursuite de
l’animal et tout particulièrement du cerf, c’est
autour du Jagdfieber, la fièvre de la chasse, et
d’un véritable système de représentation s’articulant autour du sang sauvage, que s’ordonnent
les pratiques quotidiennes des gens de chasse.
Fruit d’une minutieuse observation ethnographique menée durant quatre années dans les
trois départements de la France de l’Est soumis
depuis 1881 au droit local de chasse, cet ouvrage
se propose de restituer la cohérence présente
et l’actualité des représentations d’une pensée
ordonnatrice, pensée vivante tissant la trame
dans laquelle s’inscrit toute l’organisation cynégétique.
Le sang noir, c’est le sang
du cerf en rut, tué lors de
la chasse, celui du sanglier,
vieux mâle solitaire ; mais
aussi celui qui coule dans
les veines du chasseur
à l’automne, ou encore
de l’homme des bois, du
loup-garou, de l’enragé,
du possédé. Il préside
aussi à la poursuite céleste
des pléiades par Orion.
Analysant la pratique de la chasse, en France
et en Europe, Bertrand Hell retrace, à travers le
motif central du sang noir, les multiples aspects
du mythe de l’homme sauvage, dont il est la
métaphore dans notre culture.
S’adonner à la chasse, c’est s’abandonner au flux
sauvage, risquer de passer sous son empire ; il
y faut donc des règles précises. mais la passion
peut devenir fureur, et fièvre dangereuse. De la
Méditerranée à la Sibérie, mythes et mythologies
illustrent ces débordements ; le thème touche
à la cosmologie, à la théologie, à la médecine,
il organise en profondeur l’imaginaire de notre
culture, et l’on verra que saint Hubert s’inscrit
dans la filiation d’Artémis, la divine chasseresse.
Ce livre n’est pas le fruit
d’une simple rencontre de
circonstance. Il résulte des
très nombreux échanges
noués dans la durée par un
psychiatre
psychothérapeute et un anthropologue
du chamanisme, qui privilégie une approche de terrain basée sur l’empathie et
l’interaction afin de mieux comprendre l’efficacité symbolique des rituels. Un constat a en
particulier frappé les auteurs : les turbulences
de la modernité et l’évolution des sociétés n’ont
pas totalement fait disparaître les racines fondamentales d’Homo sapiens.
L’approche comparative des cures chamaniques
et thérapeutiques révèle certaines aspirations
profondes de l’homme, et plus particulièrement
montre que la maladie est indissociable de la
présence d’un invisible. Construite à partir de
la demande de soins cette étude témoigne en
définitive de l’universalité des liens unissant
l’Homme au vivant, à l’harmonie et au sacré.
Confrérie populaire du
Maroc pratiquant un culte
de possession, les Gnawa
ont acquis leur notoriété en
Occident dans le domaine
musical : ils ont inspiré
Santana et Led Zeppelin,
certains se produisent aux
Francopholies de La Rochelle ou accompagnent
la chanteuse Sapho en
France, le pianiste Randy
Weston aux États-Unis... Mais, derrière le folklore,
le rituel gnawa recèle une extrême richesse. Car
pour dialoguer avec l’invisible et s’allier aux génies, les Gnawa entreprennent le « voyage » de la
lila : une cérémonie dont les étapes sont ponctuées par le sang et le sucre, le rire et l’extase,
les couleurs et les parfums, la danse et la fureur,
le jeu et le drame. Sous le regard de l’anthropologue, un monde démesuré se dessine, qui pratique l’exaspération et le ravissement pour enfin
goûter à la saveur du sensible.
Villa Gillet - 25 rue Chazière - 69004 Lyon - France - Tel : 00 33 (0)4 78 27 02 48 - Fax : 00 33 (0)4 72 00 93 00 - www.villagillet.net
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