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4-Des questions se posent

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Des questions se posent
Cracovie, le 28 juillet 2016
Les JMJ se déroulent dans la joie, les rues du centre de Cracovie sont emplies de jeunes et de
scènes où ils chantent et dansent.
Cependant, il semble que des problèmes logistiques se font jour.
En effet, les moyens de transport de la ville et de la région ne sont pas à la proportion de tant
de monde. Avant-hier soir, la gare a été fermée : les quais étaient saturés et des risques
existaient de chutes sur les voies. Ensuite, les groupes entraient après filtrage. Ceci eut pour
conséquence que certains n’arrivèrent à leur hébergement (souvent situé entre 30 et 70km de
Cracovie) qu’à 2h voire 3h du matin ; d’autres restèrent dans la ville et dormirent comme ils
le purent.
Je dois cependant préciser que le groupe de Poitiers et Angoulême, grâce à son organisation et
à la discipline des jeunes, est rentré au plus tard à minuit et demi.
Ce fait m’inspire plusieurs réflexions. D’abord ceci confirme, comme d’ailleurs les
propositions qui sont faites (catéchèses, animations) que les JMJ sont destinées aux majeurs :
les personnes doivent être autonomes, il est impossible d’encadrer des groupes dans une telle
foule.
D’autre part, ceci pose une question pour les JMJ elles-mêmes. Si elles demeurent un
événement mondial, seules les capitales ou les très grandes villes, dotées de moyens de
transport pouvant absorber ordinairement jusqu’à un million de personnes sont en capacité de
le proposer sans gros problèmes, et ceci ne discrédite en rien l’engagement de la Pologne,
mais les moyens existent ou n’existent pas.
Une autre solution est d’opter pour d’autres types d’événements, à l’échelle d’un continent,
d’une région, en fonction des capacités réelles des lieux. Dans ce cas, on imagine mal le pape
faire le tour de ces divers rassemblements.
Nouveau dans les JMJ – ce sont mes premières, je l’ai déjà confessé – j’imagine volontiers
que toutes ces questions ont été abordées par les organisateurs de ces rencontres.
Bien entendu tous ces problèmes n’existaient pas la semaine passée : nous étions répartis dans
toute la Pologne. Ce temps serait-il alors à prolonger, ne rassemblant les foules que pour les
deux seuls derniers jours ? Mais ce serait perdre ce qui fait une des forces des JMJ : elles sont
« mondiales », elles croisent les cultures, les musiques, les couleurs.
Il fallait bien que je goutasse par moi-même aux difficultés des transports. Pour les catéchèses
matinales nous sommes véhiculés par des volontaires. Ce jeudi, pour aller à la rencontre des
groupes du Mans et de Meaux, à 50km de Cracovie, un séminariste est venu me chercher.
Problème : il vient de la campagne, il ne connaît pas Cracovie et il se fie à une machine sans
intelligence : le GPS de son Smartphone (eh oui, le « smart »-phone n’est pas doué
d’intelligence !). Après avoir erré dans les rues du centre de Cracovie dont beaucoup sont
interdites à la circulation en raison des JMJ, j’ai fini par prendre les choses en main et lui
indiquer la bonne direction. Je ne parlerai pas de son usage des vitesses et du frein (les
fabricants de plaquettes doivent apprécier ce genre de conducteurs). Bref, je suis arrivé à bon
port et ai demandé aux jeunes de prier pour moi afin que je sois plus miséricordieux pour les
(mauvais) chauffeurs. Mais il me semble tout de même que, lorsqu’on se porte volontaire
pour un service, on a vérifié ses aptitudes à y satisfaire.
Depuis hier mercredi, le pape François est en Pologne ; ce matin il s’est rendu à Czestochowa.
J’ai vu à la télévision qu’il avait fait une chute lors de l’encensement de l’autel, pour se
relever aussitôt.
Signe de fatigue peut-être, surtout cette fâcheuse habitude de faire trop souvent de l’espace
qui entoure l’autel un véritable parcours d’obstacles, avec marches nombreuses et irrégulières,
et quand en plus on se déplace avec des ornements liturgiques… L’esthétique en sort peut-être
gagnante ce dont le doute, mais l’aspect pratique est complètement négligé, un peu comme si
le corps était oublié dans cet espace.
Cet après-midi, le pape François est venu à la rencontre des jeunes et de tous ceux qui les
accompagnent dont les évêques.
Une pluie fine a tombé une partie du temps de cette rencontre dont le point d’orgue fut la
prise de parole du pape : force, énergie, sens de la foule, interactivité, etc. Ce que dit le pape
de l’homélie et de ses nécessaires qualités dans Evangelii gaudium fut exprimé ici des actes.
A suivre…
Pascal Wintzer, archevêque de Poitiers
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