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2-De Bełchatów à Cracovie

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De Bełchatów à Cracovie
Cracovie, le 26 juillet 2016
Le dimanche 24 juillet, à 15h, tous les groupes accueillis dans le diocèse de Lodz participaient
à une messe d’envoi dans une grande arène sportive, nous étions sans doute près de 5000 ; pour
majorité des Français : beaucoup avaient participé au festival organisé à Lodz par le Chemin
neuf.
Après une belle célébration, une (longue) homélie de l’archevêque de Lodz qui présidait la
messe, et des remerciements non moins longs, les jeunes étaient invités à participer à un
concert : grosse sono, lumière d’ambiance, rythmes et danses… Je me suis autorisé à rester à
l’extérieur ; dans ce genre de situations je prévois toujours de la lecture pour occuper le temps.
A côté de la foi qui réunit ces jeunes du monde entier qui peinent à se comprendre quand ils
parlent, la musique, le rythme, la danse est bien pour eux un langage universel. Bien entendu,
parmi les chants, l’hymne officiel des JMJ trouve souvent sa place. Même s’il sonne bien à
l’oreille, je ne sais pas comment il résistera au terme de ces quinze jours et surtout au-delà,
l’usure guettera probablement.
Nous devions retrouver les cars pour 20h30… comme il se doit ils ne purent s’ébranler qu’à
21h45 : j’ai toujours du mal à constater que bien des personnes, et je ne parle pas que des jeunes,
peinent à respecter les consignes données. C’est un peu comme s’il n’existait aucune
autodiscipline et comme si le groupe ne comptait pas : tant que dure la musique on reste, même
si une heure de rendez-vous a été donnée. Ce sont les joies et les heurts de la vie de groupe…
Pour un homme qui vit seul et plutôt dans le silence, il y a des situations qui, pour le dire en
positif, dépaysent, ou bien, plus négativement, irritent.
Nous partîmes quand même. Descendant du car passablement énervé par ce retard, je suis
abordé par une dame polonaise, une des familles d’accueil des jeunes français ; en anglais, elle
me félicita : on n’aurait jamais vu, me dit-elle, un évêque polonais prendre le car avec les jeunes.
Je l’ai remerciée pour ses propos, ne lui disant pas mon agacement de ce retour retardé ni surtout
que le lendemain, pour me rendre à Cracovie, un prêtre polonais en mission à Metz, s’était
proposé pour me faire faire le voyage dans sa voiture. Malgré les propos de cette femme, j’ai
accepté ! Il faut cependant préciser que la résidence des poitevins et des charentais se trouve à
plus de 30km de Cracovie, alors qu’avec les évêques, je loge presque au centre de la ville.
C’est vrai, sans dresser de couronne ni blâmer quiconque, le clergé français, évêques et prêtres,
vit assez simplement, au regard de bien des autres clergés dans le monde. Ainsi, lorsque je dis
que je fais mes courses et ma cuisine, comme bien de mes confrères, les Polonais et d’autres
sont passablement étonnés. D’ailleurs, je l’ai aussi vérifié en France : ma trouvant dans un
hypermarché de Poitiers avec mon caddie, une personne a presque frôlé la syncope de me voir
ainsi équipé. La laïcité, souvent mal saisie à l’étranger, la saisie par l’Etat des biens de l’Eglise
lors de la Révolution, puis en 1902 et après 1905, ont beaucoup de positif en ce qu’elles
contraignent prêtres et évêques à des conditions de vie plus évangéliques, il faut cependant
reconnaître que ceci a retiré à l’Eglise bien des moyens d’action et de présence dans la société.
Mais, revenons en Pologne. Depuis ce lundi soir, les conditions de déroulement des JMJ sont
bien différentes ; les jeunes ne logent plus dans des familles mais dans des établissements
scolaires, des centres municipaux, des gymnases.
Il faut souligner qu’une des grandes richesses des JMJ est la découverte d’un pays et d’une
Eglise, avant tout par la vie en familles et les contacts avec les jeunes catholiques de la ville ; à
Bełchatów cela fut très réussi ; il me semble que le départ pour Cracovie ne fut donc pas sans
marques d’émotion.
Les personnes faisaient tout pour leurs hôtes, parfois jusqu’à proposer une nourriture plus
qu’abondante ; ceci peut être bien différent désormais…
Ce lundi, à Cracovie, un groupe d’une trentaine de picto-chatentais a rejoint ceux qui étaient en
Pologne depuis une semaine. Devant nous s’ouvrent ces moments où la foule va être présente,
et puis ce sera dans quelques jours l’accueil du pape. Il vient bien entendu à la rencontre des
jeunes du monde entier mais il est aussi à la rencontre de la Pologne.
Les évêques sont maintenant affrontés à une question redoutable : le dress code ! Des
pictogrammes placés dans les lieux d’hébergement précisent comment ils doivent être habillés
en fonction de telle ou telle circonstance. Pour nombre de celles-ci, la soutane est de rigueur. Il
faut reconnaître que si ce vêtement offre un certain chic, par forte chaleur il n’a pas que des
avantages. Mais, tant que les problèmes sont de cette nature, rien de bien grave.
A suivre…
Pascal Wintzer, archevêque de Poitiers
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