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Besancenot creuse le fossé avec Mélenchon

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fossé avec Mélenchon – Un « travailleur détaché » (...)
GAUCHES
Besancenot creuse le fossé avec Mélenchon –
Un « travailleur détaché » vole-t-il son pain au
travailleur du cru ?
dimanche 31 juillet 2016, par LAIRECHE Rachid, PELLETIER Robert (Date de rédaction antérieure : 22 juillet 2016).
Les dernières positions et sorties de Jean-Luc Mélenchon, notamment sur les travailleurs
détachés, refroidissent les relations entre le NPA et l’ancien socialiste.
Oliver Besancenot, acte 2. Vendredi matin, sur Twitter, la figure de l’extême gauche a (une nouvelle fois)
affiché ses différences avec Jean-Luc Mélenchon. Comment ? Olivier Besancenot a posté un billet de blog
rédigé par Robert Pelletier, un collègue du NPA [voir ci-dessous]. L’auteur se pose des questions sur les
positionnements de Jean-Luc Mélenchon.
Les mots sont durs. Pelletier revient sur la sortie de l’ancien socialiste à Bruxelles et la fameuse phrase : «
Une Europe de la violence sociale, comme nous le voyons dans chaque pays chaque fois qu’arrive un
travailleur détaché, qui vole son pain aux travailleurs qui se trouvent sur place. » Jean-Luc Mélenchon
avait accusé les médias. Comprendre : vous déformez le sens des mots. Pour le NPA, le candidat à la
présidentielle s’est placé dans « une posture qu’il affectionne, la victime des médias ».
« Une spécialité des déclarations provocatrices »
Robert Pelletier revient (aussi) sur le tweet de Mélenchon au soir de la finale de l’Euro entre la FrancePortugal : « Ce soir, c’est juste du foot. Rien à voir avec France-Allemagne. » Il écrit : « Ce dérapage
s’inscrit dans une double logique, où la volonté du coup médiatique le dispute au nationalisme fortement
teinté d’anti-germanisme déjà largement étalé dans son livre le Hareng de Bismarck (le poison allemand).
» Selon le NPA, le candidat à la présidentielle s’est fait « une spécialité des déclarations provocatrices
trop vite qualifiées de dérapages mais qui font système, tout en combinant un fond pouvant répondre au
pire des attentes populaires en matière de concurrence entre salariés, de chauvinisme, de sécuritaire ».
La conclusion acte le divorce à ciel ouvert entre le NPA, qui a comme candidat Philippe Poutou, et JeanLuc Mélenchon. « Au total, la construction d’un personnage dont l’éthique est bien éloignée de la nôtre,
des valeurs que nous défendons. Celles et ceux que nous côtoyons dans les mobilisations et qui
soutiennent ou envisagent de soutenir la campagne JLM 2017 ne peuvent continuer à excuser, pour
quelque raison que ce soit, des orientations qui ne sont pas des dérapages mal contrôlés. » Cette fois,
Jean-Luc Mélenchon ne pourra accuser les médias. Les doutes et les critiques tombent de sa gauche.
Rachid Laïreche
* Libération. 22 juillet 2016 à 12:53 :
http://www.liberation.fr/france/2016/07/22/besancenot-creuse-le-fosse-avec-melenchon_1467842
Mélenchon : J’suis pas un imbécile puisque j’suis candidat...
Lors du débat au Parlement européen qui a suivi le Brexit, Jean-Luc Mélenchon s’est autorisé
une nouvelle sortie ouvrant la voie à une nouvelle polémique...
Une polémique certes passée au second plan après le massacre de Nice et le coup d’État manqué en
Turquie, mais qui (re)pose la question des positionnements du JLM 2017.
Dérapage ou système ?
Dans ce discours, Mélenchon condamnait « une Europe de la violence sociale, comme nous le voyons dans
chaque pays chaque fois qu’arrive un travailleur détaché, qui vole son pain aux travailleurs qui se
trouvent sur place ». Une « actualisation » nauséabonde du célèbre sketch de Fernand Raynaud : « J’suis
pas un imbécile puisque j’suis douanier. J’aime pas les étrangers, ils viennent manger l’pain des
Français... ». Devant la reprise et la critique de sa sortie par les médias, Mélenchon s’est placé dans une
posture qu’il affectionne : la victime des médias, du journal le Monde, « relais de divers groupes connus
pour leurs opinions parfois très discutables. Le même journal et la meute... » Chacun trouvera sa place.
Dans un premier temps, il défend l’expression qui, selon lui, « décrit très bien la compétition entre les
travailleurs détachés et les travailleurs locaux ». Quant à « voler le pain », il juge que c’est « une
expression très classique qui n’est pas connotée. (…) Ce sont les mots adaptés à la situation... » Puis,
devant le développement de la polémique et parce que « Des amis sont troublés. (…) Il va de soi que je ne
retire rien. (…) J’y ajoute des guillemets. Mettez des guillemets autour des mots sur le pain que je
prononce. (…) À l’oral, on n’entend pas les guillemets. »
Sauf que dans la foulée de sa sortie sur Twitter au soir de la finale de l’Euro-foot France-Portugal (« Ce
soir, c’est juste du foot. Rien à voir avec France-Allemagne »), ce nouveau « dérapage » s’inscrit dans une
double logique, où la volonté du coup médiatique le dispute au nationalisme fortement teinté d’antigermanisme déjà largement étalé dans son livre le Hareng de Bismarck (le poison allemand).
« Un instant de philosophie pratique »
C’est ce qu’écrit Mélenchon sur Facebook le 14 juillet. Se défendant vertement de toute dérive chauvine,
Mélenchon s’engage sur une autre fausse piste autour de la responsabilité individuelle, dénonçant ceux
qui « voudraient que nul n’ait jamais de responsabilité personnelle dans l’histoire. Tous seraient victimes
du capitalisme et cela absoudrait en permanence de toutes turpitudes dont ils seraient participants. Ce
n’est pas ma manière de voir. À mes yeux, le principe de responsabilité personnelle est engagé en
permanence. Personne n’est obligé de faire le métier de bourreau. C’est un choix personnel et peu
importe ses raisons. (…) Sans la résistance personnelle et individuelle aux actes mauvais que l’on est
invité à commettre, quel qu’en soit la nature, l’injustice continue son chemin sur notre dos ».
Les travailleurs détachés seraient-ils responsables ou complices de l’exploitation par les patrons qui
profitent de la disparité des systèmes sociaux en Europe ? Encore une mauvaise querelle ? Mélenchon
s’est fait une spécialité des déclarations provocatrices trop vite qualifiées de dérapages mais qui font
système, tout en combinant un « fond » pouvant répondre au pire des attentes « populaires » en matière
de concurrence entre salariéEs, de chauvinisme, de sécuritaire.
Au total, la construction d’un personnage dont l’éthique est bien éloignée de la nôtre, des valeurs que
nous défendons. Celles et ceux que nous côtoyons dans les mobilisations et qui soutiennent ou envisagent
de soutenir la campagne JLM 2017 ne peuvent continuer à excuser, pour quelque raison que ce soit, des
orientations qui ne sont pas des dérapages mal contrôlés.
Robert Pelletier
* Paru dans l’Hebdo L’Anticapitaliste - 346 (21/07/2016) :
https://npa2009.org/actualite/politique/melenchon-jsuis-pas-un-imbecile-puisque-jsuis-candidat
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