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Causes du retard des Arabes et des Musulmans

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Université d’El-Azhar
Faculté de langue et de traduction
Département des études islamiques en langue française
Causes du retard des Arabes et des
Musulmans
Etude analytique et critique suivie de la traduction de l’ouvrage
d’Al-ghazali portant le même titre
Thèse de magistère présentée par
Ahmad Samir Mohammad
Sous la direction de
Prof. Dr. Sami Mandour
Professeur et chef du département français à la faculté de langues et de
traduction – université d’El-Azhar
Co-directeur :
Dr. Farok Tantawi
Maître de conférences au département d’islamologie en langue française à la
faculté de langues et de traduction – université d’El-Azhar
Le Caire, 2014
1
‫بسم هللا الرحمن الرحيم‬
‫‪2‬‬
‫لجنة الحكم والمناقشة‬
‫‪1‬‬
‫أ‪.‬د‪ /‬أحمد فؤاد عبد‬
‫المجيد عفيفي‬
‫استاذ متفرغ‬
‫بقسم اللغة‬
‫الفرنسية بكلية‬
‫اللغات والترجمة‬
‫جامعة األزهر‪.‬‬
‫عضوا‬
‫‪2‬‬
‫أ‪.‬د‪ /‬سامي محمد رجب‬
‫مندور‬
‫استاذ ورئيس‬
‫قسم اللغة‬
‫الفرنسية بالكلية‬
‫مشرفا وعضوا‬
‫‪3‬‬
‫أ‪.‬د‪ /‬جوزين جودت‬
‫عثمان‬
‫استاذ بقسم اللغة‬
‫الفرنسية كلية‬
‫اآلداب جامعة‬
‫القاهرة‪ ،‬ورئيس‬
‫قسم اللغة‬
‫الفرنسية بكلية‬
‫اللغات والترجمة‬
‫– جامعة مصر‬
‫عضوا‬
‫‪3‬‬
Dédicaces
Je dédie ma thèse à mes deux parents qui m’ont aidé,
et m’aident encore, à vaincre toutes les difficultés de la
vie. Ils m’ont comblé de tendresse et d’amour tout en
sacrifiant leur vie à mon bonheur. Bref, sans eux, cette
thèse n’aurait pas vu le jour. Je la dédie également à ma
femme qui était toujours à mes côtés dans les moments les
plus difficiles. Malgré ses plusieurs charges, elle
m’aidait et m’encourageait à accomplir cette œuvre
difficile. Enfin, je dédie cette thèse à mon frère, à ma
sœur, à mes profs et à mes amis.
4
Remerciements
J’aimerais, tout d'abord, exprimer mes sentiments les plus sincères à mon
prof. Dr. Sami Mandour, chef du département français à la faculté de langue et
de traduction, l'université d'El-Azhar, mon directeur de thèse. Malgré ses
nombreuses charges, il n’a épargné aucun effort pour m’aider et mener la thèse
à bonne fin. Son expérience scientifique m’a appris beaucoup et m’a mis sur
la bonne voie.
Egalement, je remercie très chaleureusement mon codirecteur de thèse
monsieur le docteur Faroq Tantawi, maître de conférences à l'université d'ElAzhar. Je suis tellement reconnaissant de ses multiples efforts et de l’intérêt
qu’il a accordé à ma thèse. Il l’a révisée, surtout la traduction, avec un soin très
particulier tout en m’indiquant mes fautes sans oublier de me proposer la bonne
solution. Il me traitait comme un père qui s’intéresse à l’avenir de son fils. Sa
grande expérience m’a profité beaucoup et laissé une empreinte remarquable
sur la totalité de la thèse.
Je tiens également à remercier infiniment monsieur le professeur Ahmad
Fouad, ex-chef du département de français à l'université d'El-Azhar, pour
l’aide compétente qu’il m’a apportée et pour ses conseils très éclairés. Je le
remercie aussi d'avoir accepté de participer au jury de thèse. C’est un honneur
pour moi.
Mes remerciements chaleureux vont aussi à Madame le professeur Gusine
Gawdat, chef du département de français à la faculté de langue et de traduction
– université de Masr, qui m’a accordé l’honneur de juger cette thèse.
5
Avertissement
Concernant la traduction des versets coraniques dans la thèse, nous avons
adopté la traduction du Complexe Roi Fahd « Le noble Coran et la traduction
en langue française de ses sens ». Pour les Hadiths et les citations arabes, il
s'agit d'une traduction personnelle du chercheur.
Etant donné que notre thèse porte sur la civilisation des Arabes et des
Musulmans, nous nous trouvons obligés d’utiliser des mots arabes. Raison
pour laquelle, nous aimions vous mettre au courant du système de
translittération que nous avons appliqué.
Le système adopté par la revue Hespéris-Tamuda1 :
Consonnes
'
‫ء‬
B
‫ب‬
T
‫ت‬
Th
‫ث‬
J
‫ج‬
ḥ
‫ح‬
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‫خ‬
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‫س‬
Sh
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ṣ
‫ص‬
ḍ
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ṭ
‫ط‬
ẓ
‫ظ‬
’
‫ع‬
1
La revue Hespéris-Tamuda est consacrée à l'étude du Maroc, de sa société, de son histoire, de sa culture et d'une manière
générale aux sciences sociales de l'Occident musulman.
6
Gh
F
Q
K
L
M
N
H
W
Y
‫غ‬
‫ف‬
‫ق‬
‫ك‬
‫ل‬
‫م‬
‫ن‬
‫هـ‬
‫و‬
‫ي‬
Voyelles brèves
َ
a, َ
u, َ i
Voyelles longues
‫ا‬
ā, ‫ و‬ū, ‫ ي‬ī
7
Introduction
8
Les Arabes étaient, pour de longs siècles, les maîtres du monde qui portaient le
flambeau de la civilisation à une époque où l’Europe s’enfonçait dans l’obscurité et la
barbarie. Sans doute, ils étaient les maîtres de la philosophie, de la littérature, de
l’algèbre de l’alchimie, de la géographie, de la géométrie, de l’astronomie, des sciences
expérimentales, etc. A travers de mille ans, ils étaient presque les seuls à porter par
excellence le flambeau de ces sciences et à les répandre partout. En effet, nier ces
apports est une sorte d’ingratitude qui n’a de justification que la haine non justifiée à
leur égard. A cet effet, François Laurent dit : « En vérité, il faut un étrange aveuglement
pour nier les bienfaits que l'humanité doit à ces prétendus Barbares de l'Orient.
Comment [...] oublier que la renaissance de la philosophie, de la littérature et des
sciences, est due aux travaux des Arabes ? Ces Barbares, qu'on accuse d'avoir arrêté
tout progrès, ont été l'instrument du progrès, même pour nous, hommes de l'Occident
qui les méprisons aujourd'hui du haut de notre grandeur intellectuell e2. »
Depuis quelques siècles, le monde arabe et musulman se trouve confronté à des
situations malheureuses qui s’accentuent de plus en plus au passage des jours. Il nous
suffit de jeter un regard passager sur la plupart des pays arabes et musulmans pour y
remarquer une image mélancolique qui met en relief un monde tellement enfoncé dans
une décadence totale sur tous les niveaux : social, politique, culturel, économique,
militaire, technologique, etc. Personne ne peut nier cette réalité évidente et ces malheurs
qui se sont accumulés à travers les siècles de déchéance : monde subdivisé en petits Etats
tous faibles sans exception, ignorance étouffante, pensée rétrograde, despotisme
politique, incohérence sociale, et d’autres malheurs que nous allons aborder en détail plus
tard.
2
François Laurent, Etudes sur l’histoire de l’humanité, éd. Meline, Cans et Cie, Paris, 1864, p, 436.
9
Malheureusement, le monde arabe et musulman reste nonchalant devant ces défis
dangereux et n’estiment pas, semble-t-il, les dangers de son insouciance. La conséquence
fâcheuse en est qu’il a perdu son libre choix et s’est trouvé soumis à l’hégémonie des
grandes puissances. En un mot, le monde arabo-musulman représente, à notre époque, un
modèle frappant de l’arriération humaine, ce qui a poussé certains à porter un regard de
dédain sur les Arabes et les Musulmans et à attribuer à l’Islam la responsabilité de leur
décadence. Soulignons que cette accusation a pris de l’ampleur après les évènements du
11 septembre et les actes terroristes attribués à l’Islam. D’où vient l’importance de notre
étude pour éclaircir les faits et démontrer les causes effectives de la décadence arabomusulmane d’une part et afin de mettre le doigt sur les maux dont souffre la communauté
arabe et musulmane dans l’espoir de s’en débarrasser et de la mettre sur la bonne voie
conduisant au progrès global. En tous cas, tous ces malheurs qui frappent le monde arabe
et musulman nous ont poussés à entreprendre cette thèse et à nous poser cette question
inévitable : pourquoi les Arabes se sont-ils enfoncés dans la décadence et l'arriération
après avoir été les maîtres du monde pour de longs siècles ?
En vérité, cette question - qui compare la situation malheureuse des Musulmans de
ces jours-ci à celle heureuse d’autrefois – fait l’objet d’un long débat entre les penseurs
spécialistes de l'histoire arabo-musulmane. Notons que les réponses que la majorité de
ces penseurs y ont données ne diffèrent qu'en leurs détails et se mettent d'accord sur
l'essence du problème qui consiste, selon leur point de vue, dans l'éloignement des Arabes
de l'esprit de l'Islam. Quoi qu'il en soit, cette question s’avère indispensable ; car elle
reflète jusqu'à quel point on est conscient du degré de la décadence auquel ont atteint les
Arabes et les Musulmans. Cette conscience, à son tour, pousse l’homme à agir et à
déployer des efforts pour savoir l’essence du mal et chercher les moyens lui permettant
de s’en débarrasser. Cette question est également sensible ; car la formule de comparaison
qu’elle renferme donne lieu à s'interroger à propos de l'Islam lui-même : constitue-t-il
10
vraiment une des causes de la décadence des Arabes et des Musulmans comme le
prétendent certains ou bien était-il l’élément principal de leur progrès et de leur
civilisation ?!
En cherchant une réponse à cette question dans un grand nombre de recherches des
écrivains et de ceux qui accordent un certain souci à l'histoire arabo-musulmane, nous
pouvons découvrir qu’un bon nombre d’entre eux partagent presque les mêmes points de
vue ; mais chacun à sa manière de penser. Mais avant de jeter la lumière sur ces points
de vue, il convient de souligner que le déclin de la civilisation arabe figure parmi les
questions épineuses et complexes et que la plupart de ceux qui en avaient parlé ont
commis deux fautes d'ordre scientifique. La première en est qu'un nombre d'entre eux ont
justifié le déclin de la civilisation arabe par les mêmes raisons et les mêmes éléments qui
ont conduit à la décadence d'autres civilisations telles que celle grecque et romaine. En
agissant de la sorte, ils ont négligé les spécificités de cette civilisation. La deuxième faute
est due au fait que certains chercheurs se sont référés aux théories relatives à la décadence
des nations, sans pour autant essayer, eux-mêmes, d’analyser objectivement les causes de
la décadence arabo-musulmane en essayant de faire de leur mieux pour dégager leurs
théories à partir d’une expérience historique précise et non pas à partir des évènements
historiques bien établis3. C’est ce que nous allons débattre plus tard dans une partie de
notre thèse qui sera basée sur les trois points suivants :

Fondation de la civilisation.

L’essor ou l’apogée.

La décadence.
La thèse sera divisée en deux parties :
3
http://www.alarabimag.net/arabi/Data/2009/4/1/Art_88146.XML.
11
La première partie :
Etude analytique et critique (subdivisée en quatre chapitres) :
Chapitre préliminaire : Les Arabes avant l’Islam.
Nous allons aborder dans ce chapitre :
-
Les situations des Arabes avant l’Islam.
Premier chapitre : progrès des Arabes : étapes et causes.
Nous allons aborder dans ce chapitre :
- L’avènement de l’Islam et l’unité des Arabes dans une seule communauté.
- L’expansion territoriale de l’Islam et sa propagation dans les terres conquises.
- La tolérance des Musulmans éprouvée pour les habitants des terres conquises.
- L’accusation selon laquelle l’Islam est une religion belliqueuse qui s’est propagée
par l’épée.
- Le mouvement de la traduction et le progrès des Arabes dans tous les domaines.
Deuxième chapitre : la décadence sociale des Arabes et des Musulmans.
Nous allons aborder dans ce chapitre :
-Les avis divergents des penseurs au sujet de la décadence sociale des Arabes et des
Musulmans.
-L’extrême aisance et la vie de luxe est une raison de la déchéance sociale.
- L’éloignement de la société de l’esprit de l’Islam et de ses principes véridiques.
La propagation des superstitions et des pratiques contraires à la nature pure de l’Islam.
La négligence des causes de la femme dans tous les domaines. Le retour des traditions
tribales en matière de causes de la femme.
- Témoignages des penseurs européens au sujet de la femme en Islam.
12
- La détérioration des relations entre les Musulmans arabes et ceux non-arabes, aux
temps de la décadence, et ses effets négatifs sur l’effondrement de la société musulmane.
Troisième chapitre : la décadence politique des Arabes et des Musulmans.
Nous allons aborder dans ce chapitre :
-La politique s’est dérangée de sa voie habituelle dessinée par le Prophète et les
quatre califes bien-guidés.
- La transformation du califat en royaume héréditaire.
-L’assassinat du calife ‘Uthman Ibn ‘Affan et les événements de la fitna (sédition)
et ses effets négatifs sur la communauté musulmane.
-L’interprétation de l’histoire islamique selon les penchants personnels et
confessionnels des sectes islamiques.
-Les méfaits du califat héréditaire à la lumière des opinions des penseurs.
- La détérioration des relations entre Musulmans arabes et les Mawalis de l’époque
omeyade.
- La supériorité des Mawalis par rapport aux Musulmans arabes à l’époque de la
décadence du califat abbasside.
-La perte du pouvoir arabe de la deuxième ère abbasside jusqu’à l’effondrement
définitif du califat.
-Les impacts néfastes de la faiblesse des califes.
Quatrième chapitre : la décadence intellectuelle des Arabes et des Musulmans :
Nous allons aborder dans ce chapitre :
-L’attachement aveugle des Musulmans au patrimoine des ancêtres et leur refus de
le développer ou au moins de le soumettre à la critique.
13
- Le despotisme politique qu’exerçaient les gouverneurs contre les savants pour leurs
opinions personnelles et les effets négatifs de cette attitude sur la stagnation du
mouvement scientifique dans les pays arabes.
-La victoire réalisée par l’école de pensée traditionnelle représentée par Abu Hamid
Al-ghazali sur l’école de pensée rénovatrice incarnée par Ibn Rochd.
- Le niveau très élevé d’analphabétisme dans le monde arabe et ses effets négatifs
sur le domaine technologique et économique.
- Rapports récents mettant en relief le taux élevés des illettrés dans le monde arabe.
Deuxième partie :
La traduction :
La deuxième partie de la thèse sera consacrée à la traduction, de l’arabe vers le
français, d’un ouvrage intitulé Ser Ta’oukhr al-‘Arab Wal Moslimin (causes de la
décadence des Arabes et des Musulmans) de cheikh Mohammad Al-ghazali, savant
sunnite très célèbre. En effet, notre choix est particulièrement tombé sur la traduction de
cet ouvrage ; car il consolide notre thèse d’une part ; et d’autre part nous aimions offrir
au lecteur intéressé la possibilité d’en savoir davantage. En effet, cet ouvrage est distingué
par le fait qu’il aborde la décadence du monde arabo-musulman d’une perspective
proprement islamique en se référant strictement au Coran, à la sunna et aux avis des
savants et des penseurs musulmans. Dans cet ouvrage, cheikh Mohammad Al-ghazali met
en relief les raisons de l’arriération du monde arabo-musulman sur un ton parfois
choquant ; à tel point que ce choc pourrait faire penser à certains qu’Al-ghazali éprouve
du dégout pour les Arabes et les Musulmans. Pas du tout, ce grand penseur, en agissant
de la sorte, ne fait qu’une autocritique sévère ayant pour but de mettre le doigt sur la plaie.
En effet, cet ouvrage est classé parmi des dizaines d’autres écrits par des penseurs
arabes. Or, il est, semble-t-il, le plus célèbre et le plus à aborder, en détail, les raisons
14
profondes de la décadence arabo-musulmane. En outre, cet ouvrage se distingue par son
style remarquable, raffiné et émotionnel qu’on peut facilement attacher à la catégorie des
ouvrages littéraires plutôt qu’à ceux proprement religieux. Il est plein de belles figures et
d’expressions nuancées qui attirent automatiquement l’attention et créent une atmosphère
agréable pendant la lecture. En tout cas, l’idée principale sur laquelle est basé l’ouvrage
tourne autour de l’éloignement des Arabes et des Musulmans de l’essence pure de l’Islam
et des conséquences néfastes de cette déviation. Il considère que tous les maux dont
souffre le monde arabo-musulman n’est qu’un reflet naturel de sa négligence des
recommandations de l’Islam dans tous les domaines de la vie. C’est pourquoi, Al-ghazali
estime que les Arabes et les Musulmans ne peuvent pas se débarrasser de leur recul et
mettre fin à leurs malheurs qu’avec leur retour à la nature pure de l’Islam. Il avance,
comme argument, que les premiers Musulmans étaient attachés à l’Islam véridique qui
n’a pas tardé de faire d’eux les maitres du monde dans un temps record. Peu nombreux
face aux forces ennemies bien équipées et aguerries, les Musulmans ont pu remporter une
victoire écrasante et propager l’Islam partout. En effet, cette idée est omniprésente dans
cet ouvrage ou bien son fil conducteur.
Conclusion
15
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