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Article de Michel Juvet paru dans Le Temps du 25

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Au coeur des marchés
25 juillet 2016
Ni hausse de taux ni récession
D
ouze mille milliards de dollars… C’est la valeur
totale des bilans des banques centrales anglaises,
japonaises, américaines et européennes. Somme
à laquelle on pourra rajouter bientôt presque mille milliards pour le bilan de la BNS.
Quinze mille milliards de dollars… C’est la valeur de
marché des obligations étatiques émises par les mêmes
pays qui se traitent avec des rendements négatifs.
Treize mille milliards contre 15 mille milliards quel est
le rapport? C’est vrai que si les chiffres, gigantesques
d’ailleurs, se ressemblent, a priori ils n’ont rien en
commun. Des bilans de banques centrales contre des
valeurs d’obligations étatiques négociées en bourse,
c’est un peu comme comparer le bilan d’UBS avec les
dettes émises par Nestlé. C’est comme comparer des
pommes et des poires.
Pourtant il existe bien un lien qui remonte à la crise
financière de 2008. La nécessité et la volonté des
banques centrales d’éviter la déflation, de faire redémarrer le crédit et d’assouplir les charges financières
pour les Etats endettés ont provoqué cette caractéristique historique sur les marchés obligataires: plus de
40% des dettes souveraines des marchés développés
pénalisent aujourd’hui les revenus des épargnants avec
des intérêts négatifs.
Or comme le relève la Banque des Règlements Internationaux, la «maman» des banques centrales, si ces
politiques monétaires ont réussi dans leurs objectifs
initiaux, les coûts à long terme et les risques qu’elles
entraînent pour les marchés financiers (perte de la notion de risque) ou pour les économies (perte d’efficacité
et guerre des changes implicite) pourraient effacer les
avantages accumulés jusqu’à présent.
D’ailleurs on le voit bien: les marchés, confiants dans
la magie des banques centrales, passent au travers
de toutes les crises avec une bonhomie étonnante: la
dévaluation du Yuan, la démission de Rousseff, le coup
d’Etat en Turquie, le Brexit, les incertitudes politiques
américaines, le flou sur le sort des banques italiennes
n’ont eu finalement cette année que peu d’impact sur
les performances financières et la prise de risque des
investisseurs.
Mais il y a plus ennuyeux, l’endettement en général
progresse dans tous les domaines. Les dettes publiques
qui étaient censées être maîtrisées progressent partout
et atteignent des niveaux records dans les pays industrialisés, sans d’ailleurs générer plus de croissance; les
dettes privées des entreprises américaines sont également à un niveau historiquement très élevé et les dettes
des étudiants américains sont deux fois plus élevées
qu’en 2008.
Bref, il ne faut pas que les taux montent, ni qu’une
récession survienne!
25 juillet 2016 | Article de Michel Juvet, Analyste financier et Associé de Bordier & Cie, paru dans
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