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Biographies, entretiens…

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Festival de Marseille – danse et arts multiples
LUNDI
04
JUILLET
24 juin › 19 juillet 2016
ALIFBATA
Aka Moon
21:00
MUCEM
Place d’Armes du
Fort Saint-Jean
Belgique, Balkans, Syrie, Irak , Inde
DIRECTION ARTISTIQUE
Fabrizio Cassol
AVEC
Aka Moon
Fabrizio Cassol ( saxophone ), Michel Hatzigeorgiou ( basse ),
entrée libre
Stéphane Galland ( batterie )
INVITÉS
Tcha Limberger ( violon,
voix ), Zila Khan ( voix ), Nedyalko Nedyalkov ( kaval ),
Tima Nedyalkova ( voix ), Khaled El Hafez ( voix ), Amir El
Saffar ( trompette, santour, voix ), Khaled Aljaramani ( oud,
voix ), Emmanuel Baily ( guitare )
SON
Michel Andina
Coproduction Festival de Marseille et le Mucem
Depuis plus de vingt ans, Aka Moon réinvente le jazz en le plaçant sous influence ethnique, funk ou rock. Une philosophie du métissage qui a donné naissance à deux nouveaux
création
musique
groupes : Aka Balkan Moon, inspiré par la tradition des Balkans, électrisé par le violoniste
Tcha Limberger et ses musiciens bulgares,
et AlefBa, résolument tourné vers les sonorités sensuelles du Moyen-Orient, regroupant à l’origine des chanteurs venus de Syrie,
d’Égypte et du Liban. Ces « âmes universelles »
se sont réunies pour un concert qui voyage
entre Orient et Occident et sont rejointes
dans leur périple par la somptueuse Zila Khan,
chanteuse soufie née à Calcutta.
COPRODUCTION
( Marseille )
Festival de Marseille - danse et arts multiples ; Mucem - Musée des Civilisations d’Europe et de Méditerranée
Festival de Marseille – danse et arts multiples
24 juin › 19 juillet 2016
Alifbata
Aka Moon
parcours
Aka Moon
En 1992, au retour d’un séjour déterminant chez
les Pygmées Aka, en République centrafricaine,
le groupe Aka Moon est fondé par Fabrizio Cassol
(saxophone alto), Michel Hatzigeorgiou (basse électrique) et Stéphane Galland (batterie). S’ouvre alors
une nouvelle période caractérisée par de nombreux
voyages d’étude en Inde, en Afrique, au Maghreb,
à Cuba… et des rencontres déterminantes avec le
maître indien Umayalpuram K. Sivaraman, le maître
sénégalais Doudou N’diaye Rose, ainsi que des
musiciens comme Marc Ducret, Benoît Delbecq,
David Gilmore, Joe Lovano, Robin Eubanks, Magic
Malik, Philip Catherine, Mark Turner, David Linx,
Fabian Fiorini, Toots Thielemans ou Baba Sissoko.
Soutenu par le Théâtre royal de La Monnaie, le
groupe développe plusieurs projets autour des
différentes expressions vocales, notamment avec
David Linx, Santhanagopalan (Inde), Miguel Cerro
(flamenco), Marie Daulne (Zap Mama), Kris Dane,
Oumou Sangaré (Mali), Meshell Ndegeocello (ÉtatsUnis) et un chœur de six cents enfants. Aka Moon
participe au Wintermärchen, opéra de Philippe
Boesmans et Luc Bondy, et à des créations des chorégraphes Anne Teresa De Keersmaeker (Rosas) et
Alain Platel (les ballets C de la B).
Pour Aka Moon, les rencontres musicales s’accompagnent d’études rigoureuses, alimentées par de
nombreux voyages permettant de saisir des savoirs
véhiculés le plus souvent oralement. Depuis leur
séjour chez les Pygmées Aka, les focus d’étude
se sont intensifiés et déplacés vers les différentes
traditions africaines, indiennes, maghrébines,
cubaines, arabes, afro-américaines et, bien sûr,
européennes. Un vaste champ de synchronisations,
articulé autour des traditions écrites et orales, qui
leur permet d’aborder la complémentarité de ces
savoirs au travers du rythme.
Le groupe est invité dans une trentaine de pays,
dans des festivals comme North Sea Jazz Festival
(Rotterdam), Festival international de Jazz de
Montréal, Vancouver International Jazz Festival,
New York Jazz Festival, Jazz Middelheim (Anvers),
Gaume Jazz (Belgique), Moers Jazz Festival
(Allemagne), Jazz à la Villette (Paris), Dublin Jazz,
London Jazz, Cluzone Jazz (Italie), Porto Jazz,
Dimajazz (Algérie), Jazz à Carthage (Tunisie)…
Zila Khan
Née à Calcutta, Zila Khan est une chanteuse soufie.
Formée à la musique par son père, le célèbre joueur
de cithare Ustad Vilayat Khan, elle chante en huit
langues et maîtrise différents styles musicaux tels
que le classique indien, le semi-classique, le soufi, le
folk, la pop, le bhakti sangeet ou encore les chants
arabes ou perses. Son travail a été présenté partout
dans le monde, et notamment sur les scènes du
Lincoln Center et du Symphony Space, Broadway
à New York, Kennedy Center à Washington D.C.,
l’émission musicale indienne MTV Coke Studio ainsi
qu’à MTV IGGY. Zila Khan s’entoure de son père et
de son fils Faizan Shaikh Khan pour composer un
ensemble familial, The Fez Project, qui mêle musique
classique et soufie à des genres plus populaires
comme les musiques électroniques, le flamenco…
Zila Khan tourne en 2004 dans le documentaire
Spirit to Soul, qui retrace la vie de son père. Très
attachée à la pédagogie, Zila Khan tient à susciter
et entretenir l’intérêt des jeunes génération pour la
musique indienne classique et soufie. Elle anime des
ateliers de pratique musicale à destination des plus
jeunes, et fonde en 2008 la UstadGah Foundation
qui propose à des enfants doués pour la musique
et issus de classes sociales défavorisées une formation musicale et un accompagnement pour les aider
à vivre de la musique. Engagée pour les droits des
femmes, Zila Khan prend régulièrement part à des
conférences et est ainsi intervenue au Allen Room
et au Lincoln Center à New York dans le cadre du
Forum international pour l’égalité des sexes et l’éducation. Zila Khan est un des visages du patrimoine
et de la culture contemporaine indienne, et est à ce
titre régulièrement invitée à jouer pour des réceptions gouvernementales officielles ou délégations à
l’étranger.
Festival de Marseille – danse et arts multiples
24 juin › 19 juillet 2016
rencontre avec fabrizio cassol
Pourquoi le projet Alifbata ? Qu’est-ce qui vous a
poussé à fusionner Alefba et Aka Balkan Moon ?
Fabrizio Cassol : À l’origine, il y a deux projets, Alefba, en lien
avec le Moyen-Orient, et Aka Balkan Moon, qui est connecté
avec la musique des Balkans et plus particulièrement avec la
musique bulgare, mais qui touche aussi aux différentes traditions roumaines, grecques, serbes, et à celle, particulière, de
Budapest. Artistiquement, ce qui se passe dans les Balkans,
dans les mondes arabes et au Moyen-Orient est immense
et nous oblige à opérer des choix. Ces deux projets ont progressivement fusionné jusqu’à devenir Alifbata, parce qu’il
me semblait alors nécessaire d’ajouter une lettre – alef et ba
sont les deux premières lettres de l’alphabet arabe, ta est
la troisième. Le projet s’est étendu avec la présence de Zila
Khan, chanteuse musulmane soufie, née à Calcutta, en Inde.
La présence de cette artiste est importante, pour moi, parce
qu’elle apporte une vision féminine de sa culture, une vision
universelle également, grâce au soufisme, mais qui diffère
de celle que les gens s’en font traditionnellement. Cela me
semble particulièrement important en ce moment, considérant cette forme d’amalgame, de catégorisation un peu facile
qui se développe partout. En partant du Moyen-Orient, donc,
nous arrivons jusqu’en Inde. Quand on travaille dans une
approche multiculturelle, il est important de pouvoir créer
le plus de connexions possibles et de connaître l’histoire de
ces connexions. Alefba a été créé dans le grand tumulte des
« Printemps arabes ». Dès le début du projet, la dualité du A et
du B a permis d’exprimer deux aspects très importants, à mes
yeux. Il y avait tout d’abord un espace où les musiciens pouvaient exprimer librement leurs émotions sans qu’un compositeur occidental vienne imposer une forme ou une manière
de faire. C’est ce que j’ai appelé le A, un espace d’expression
émotionnel qui, par sa dimension très vocale, se rapproche
du requiem. Le B, c’est totalement l’inverse, c’est une fête qui
joue avec tous les ingrédients de la musique arabe, qui se tient
en dehors de toute dimension politique et sociale. On est dans
l’esthétique, le jeu, le plaisir musical. L’idée de connecter le
monde arabe avec le Moyen-Orient et avec les Balkans me
semble, somme toute, assez naturelle. Les différentes vagues
de migrations humaines ont transformé, façonné la musique
et l’art : quand on confronte des chants bulgares à des chants
classiques arabes, les chants bulgares peuvent sonner comme
des chants marocains. Ce parallèle, qui permet une interpénétration, un rapprochement, relativise les sonorités et, avec
elles, les identités culturelles. Ça devient une grande chaîne
dont toute la complexité reste à découvrir avec Alifbata, dont
la première a lieu à Marseille.
Comment voyez-vous le lien entre ces projets et
Marseille ? Cette ville peut-elle leur apporter une
couleur différente ou représenter un défi supplémentaire ?
F. C : Marseille est une ville très intéressante. Je collabore avec
Jan Goossens depuis plus de dix ans ; nous avons travaillé
avec des artistes venus d’un peu partout dans le monde, dans
une conscience que l’on peut qualifier d’universelle parce
qu’elle n’est pas simplement localisée. Toutefois, ce travail
artistique ouvert sur le monde a toujours été en rapport étroit
avec la conscience d’une ville, c’est-à-dire avec la conscience
de Bruxelles au KVS, avec celle, singulière, de Kinshasa,
lorsque nous y étions. Pour Jan Goossens, il est toujours
important d’observer ce qui se passe dans son rapport spécifique au lieu. Son arrivée à Marseille risque d’être fascinante
parce que Marseille est une ville à la fois complexe et fascinante, aux yeux du monde entier. Marseille est multiculturelle ; située dans le bassin méditerranéen, elle est forcément
connectée à toutes les rives de la Méditerranée, à toutes les
cultures méditerranéennes et c’est cette complexité que nous
devons découvrir.
propos recueillis par le Festival de Marseille
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