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5 scènes extraites de la BO de La liste de Schindler, Steven

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5 scènes extraites de la BO de La liste de Schindler, Steven
Spielberg, 1993
Le thème de Schindler est ce qu’on appelle un leitmotiv, John Williams, le
compositeur, en fait varier les orchestrations pour mieux caractériser l’action et
son personnage principal. Il change aussi fréquemment son prolongement pour
créer un effet centrifuge (move forward) et faire avancer l’action tout en ajoutant
du liant entre les scènes.
Leitmotiv : mélodie qui caractérise un personnage ou une idée et, qui
revient pour créer un effet d’association.
Pour John Williams, écrire la musique de ce film fut un très grand défi. Il
fallait absolument éviter de tomber dans les excès larmoyants et
mélodramatiques tout en conservant approche émotionnelle puissante et
respectueuse du sujet.
La partition de La liste de Schindler repose essentiellement sur deux thèmes
d'une beauté poignante, dont le thème de Schindler auquel nous nous intéressons
plus particulièrement. Ceci lui valût d'ailleurs un cinquième Oscar de la
meilleure musique de film.
Ce thème accompagne essentiellement les actions de Schindler tout au long du
film, et sa quête pour sauver le plus de juifs possibles d'une mort certaine.
Empruntant la technique du leitmotiv (popularisée dans l’opéra dès Wagner au
XIXe siècle), Williams fait varier la couleur de sa mélodie en fonction de
l’évolution du récit et de l’état d’esprit de Schindler.
Hormis la scène d’entrée dans le ghetto (scène 1 mais Shindler n’a aucun lien
avec l’action, le musicien fonctionne par anticipation) le thème est le grand
absent de toute la première partie du film, sans doute parce qu’alors Schindler
n’est qu’une belle crapule déguisée en homme d’affaires, ayant pour seul souci
sa réussite financière personnelle grâce aux conditions particulières offertes par
la guerre.
La mélodie ne prend son sens qu’avec l’épisode des Perlmann (scène 2). Le
thème apparaît tout petit, très doux, c’est une minuscule flamme encore mais il
marque le basculement du personnage principal : non seulement il sauve
sciemment des juifs sans en tirer le moindre profit, mais il prend un énorme
risque personnel. Schindler vient de basculer dans le camp des Justes.
Lorsque Stern discute (scène 3) de l’organisation des convois pour la
liquidation du camp de travail (évocation du « traitement spécial », il faut
comprendre : les chambres à gaz), Schindler se dit déterminé à rentrer chez lui, à
tout abandonner. Ecoutez bien sa mélodie, tremblante, lointaine et hésitante
mais bien vivante : elle nous en dit bien plus sur la tristesse, les doutes et les
remords qu’il porte que la seule expression de son visage.
La grande scène (scène 4) de l’élaboration de la liste (notez l’inversion des
attitudes avec Stern très calme et Schindler surexcité / le contraste des éclairages
avec le comptable lumineux et l’homme d’affaires dans l’ombre / la mise en
lumière de la liste, véritable talisman) souligne la grandeur du héros au moment
ou Stern comprend ce qui se passe : la mélodie se fait de plus en plus affirmative
(flûte traversière puis hautbois), elle porte l’espoir de tous ces noms.
Pour la montée dans les convois (scène 5) réservés aux « juifs de Schindler »,
on a enfin le thème repris par tout l’orchestre symphonique, c’est un
dénouement musical très classique, avec une évolution vers la sérénité attachée
au mode majeur (jusqu’ici toutes les évolutions de la mélodie sont restées en
territoire mineur). Attention, si vous avez vu le film, vous savez qu’il reste en
fait une péripétie concernant le train des femmes : la musique nous joue donc ici
un dernier tour (move forward pour nous piéger) en nous induisant à penser que
tout est terminé.
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