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Appellations anciennes : Le Bour- get : 1184 : (ecc/esia de) Borget

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VILLARODIN - BOURGET
Appellations anciennes : Le Bourget : 1184 : (ecc/esia de) Borget ; 1214 :
(Petrus presbyter de) Burgeto . Villarodin : 1214 : (in) Villarodini; 1345 : (de)
Villario Audini; 135 7: Villarium
Oudini (de parrochia Burgeti) ; 1555 :
Villard Odin ; 1606 : Villaroudin.
Habitants: à Villarodin: Villarins,
au Bourget: Bordiats ou Bordiatins.
Population : En 1561, Villarodin
comptait 217 habitants et le Bourget
391. En 1677, Villarodin: 300 habitants. Villarodin- Bourget: en 1861 :
512 ; en 1886 : 551 ; en 1906 : 502; en .
1921 : 412; en 1926: 503; en 1936 :
527 ; en 1946 : 472; en 1954: 501; en
1962: 516; en 1968: 765; en 1975;
399; en 1982 : 449.
Altitude: 1163 mètres.
Superficie: 3388 hectares.
A 4 km en amont de Modane.
Hameaux: Villarodin, le Bourget,
Amodon.
Historique
Une origine ancienne
Des trouvailles archéologiques prouvent que l'homme s'est très tôt installé
sur les pentes bien ensoleillées de la rive
droite de l'Arc, du côté du Bourget. Ce
sont d'abord des céramiques de l'Age
du Bronze, puis des objets de l'Age du
Fer: un tumulus a livré une fibule, des
bracelets de bronze et des fragments de
céramique du Hallstatt (VIII' , VII siècles avant Jésus Christ). Une tombe a
livré un torque, un ardillon de fibule et
des bracelets de la Tène Ancienne (vers
400 avant Jésus Christ) . Ce mobilier
funéraire est un témoin de l'implantation en Maurienne des Gaulois de l'époque de Bellovese. La peuplade dont il
s'agit est celle des Médules qui sera soumise par les Romains en 15 avant JésusChrist.
La présence romaine a laissé égaIemen t un témoin : quelques monnaies.
Le Bourget était bien situé, sur la route
qui utilisait le versant plus vite déneigé,
de la rive droite. Sans doute le bourg
vit-il passer tous les grands personnages
se rendant en Italie ou en revenant, mais
nous n' en avons pas trouvé trace.
Jusqu'au XII' siècle, l'histoire de
Villarodin-Bourget demeure bien obscure.
L 'enchevêlrement féodal
Au Moyen Age, il est difficile de dissocier l' histoire des troi s villages
d'Avrieux, du Bourget et de Villarodin.
En effet, si Avrieux était le chef-lieu
d'une châtellenie appartenant au Seigneur de la Chambre tandis que le Bourget appartenait au comte de Savoie, vassal et suzerain possédaient des hommes
dans l'une et l'autre commune. D'autre
part , si l'on croit le chanoine Truchet
qui écrivait que le Bourget et Villarodin
n'avaient toujours fait qu'une commune, ce n'était pas si simple au niveau
de la paroisse car, jusqu'en 1613, les
habitants de Villarodin dépendaient de
celle du Bourget et de celle d'Avrieux
dont les curés respectifs percevaient les
dîmes. Or, pour les gens du Moyen Age,
la paroisse était une division territoriale
aussi importante - quoique sur un autre
plan - que la commune. A cela s'ajoutaient de nombreux pâturages possédés
en commun. Les auteurs des monographies de Villarodin et du Bourget dans
"La Maurienne par les Instituteurs"
pensaient même que jusqu'au XVI ' siècle, Avrieux, le Bourget et Villarodin ne
formaient qu'une seule "communauté"
mais cette hypothèse ne concorde pas
a vec les quelques documents que nous
avons trouvés et il semble que les
auteurs aient fait quelques confusions
entre communes et paroisses.
Toujours est-il que cet enchevêtre233
ment des juridictions fut une source de
conflit. Dès 1294 une querelle éclata au
sujet de la répartition des tailles entre les
gens d'Avrieux, qui possédaient des
propriétés au Bourget et les habitants de
cette commune. On s'arrangea à l'amiable . Le problème rejaillit au XV' siècle
et de nouveau on passa une transaction
afin de bien fixer les droits et les devoirs
de chacun.
Une charte nous donne une bonne
idée de la complexité de la situation. Il
s'agit d'une reconnaissance faite le 16
janvier 1514 par les habitants du Bourget en faveur du duc de Savoie. Quarante quatre chefs de familles, ainsi que
les trois syndics , se déclaraient hommesliges du duc de Savoie tandis que noble
Denis Palluel et treize autres chefs de
familles se reconnaissaient hommes du
Seigneur de la Chambre: mais ceci ne
les dispensait pas de la cavalcade (le service militaire), lorsq u ' ils y étaient appelés par le duc.
Quant au spirituel, l' église de Villarodin dépendait de celle du Bourget, et elle
était desservie par un vicaire. Le 12 janvier 1613, monseigneur Philibert Milliet
(selon le chanoine Gros, mais le chanoine Gorré l'attribue à Monseigneur de
Gorrevod le 22 juin 1532), l'érigeait en
paroisse et les habitants, réunis sur la
place publique, s'étaient engagés à doter
sa cure de 235 florin s. Cette so mme provenait de voeux, legs et fondations précédents ou serait gagée sur leurs propriétés . Mais on ne toucha pas aux
dimes que les curés du Bourget et
d'Avrieux percevaient sur le territoire
de Villarodin et qu 'ils continueraient à
percevoir. Ce fut la cause d'un procès,
en 1720, entre le curé de Villarodin et
ses deux confrères, on en ignore la suit e.
Il existait également divers fiefs. Par
exemple noble Berlion d'Orelle possédait des servis, usages, dimes ... qu ' il
vendit à la commune en 1433 pour 146
florins . Citons aussi les nobles Palluel,
Mareschal, Balay ...
234
On peut se faire une idée de la valeur
de quelques droits seigneuriaux , par
leurs actes d'affranchissement. Le 15
août 1751 les droits des seigneurs de la
C hambre furent affranchis contre 2 346
livres de Savoie pour le Bourget et 3 883
livres, plus 634 livres d 'arrérages pour
Villarodin . Le 9 février 1768 l'évêque de
Maurienne affranchissait ses dimes qui
se montaient au Bourget à II quartes de
seigle et à Villarodin à 75 quartes. Cet
a ffranchissement fut co nclu contre la
cense de 12 livres pour le Bourget et de
75 li vres pour Villarodin.
Pet ils malheurs d'un noble
Il est bien difficile de retracer la vie
des gens du peuple, faute d 'écrits . On
est mieux renseigné par contre en ce qui
concerne les nobles . Un document du 31
août 1476, dont la Société d'Histoire et
d'Archéologie de Maurienne a publié le
texte latin en 1881 , nous dévoile ce que
pouvait conten ir la maison d'un de ces
petits seigneurs de village . Michel, fil s
naturel de Pierre Palluel était mort en
léguant ses biens à son père et à Marguerite, veuve de Barthélémy Reynaud.
Mais les héritiers trouvèrent la maison
vide. Pierre Palluel profitant du passage
à St-Jean de Nicolas, évêque de Modène
et légat du pape Sixt IV, lui demanda de
porter une sentence d'excommunication
contre les voleurs de biens, meubles et
immeubles lui appartenant et con tre
ceux qui ne les dénonceraient pas.
L'excommunication était une forme
judiciaire assez souvent employée par
les tribunaux écclésiastiques et sans
doute était-elle crainte en ces périodes
de foi intense. Dans le cas présent on
ignore quelle fut son efficacité mais le
texte dresse un inventaire des objets
volés . En voici quelques extraits: "or et
argent monnayés et non monnayés,
bourses, gobelets, anneaux d'or et
d'argent, vases d'or, d'argent, de cuivre, d'airain , de fer, cordons tissés d'or
ou d'argent, lettres, testaments, quit-
tances, titres de rentes, livres de raison
et autres papiers tant publics que privés,
garnitures de lits, draps, nappes, essuiemains, coussins, couvertures, tuniques,
chausses et autres vêtements, linge de
toutes sortes, marmites d'airain et de
cuivre, assiettes peintes, pots, plats, landiers, petites coupes, chandeliers, buffets, armoires, coffrets, arches, chaises
et autres ustensiles de maison, froment,
avoine, seigle, orge, pois, fèves et autres
légumes... bœufs, brebis, vaches,
veaux, chevaux, porcs, moutons".
Cette liste, quoiqu'incomplète, nous
montre une demeure bien fournie qui
n'était certes pas celle d'un habitant
ordinaire. On comprend que le seigneur
de la Chambre, lors de son passage en
1455 , ait préféré loger chez les Palluel
plutôt que dans sa tour d'Avrieux, sans
doute moins confortable.
Les documents font défaut pour préciser la vie des habitants. La chapelle
St-Roch, à l'entrée de Villarodin, datée
de 1565, est le souvenir d'une peste. Le
Bourget possédait son hôpital mais il
était bien pauvre: en 1700 il n'avait que
9 florins et 3 sols de revenus.
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Enfin, l ' hi stoire récente de
Villarodin-Bourget fut surtout marquée
par le bouleversement de ses activités.
Archéologie
Le Bourget constitue un site intéressant, en ce qui concerne l'Age du Fer.
Tumulus Hallstattien: En 1979, à la
Chaussine, au dessus du village du
Bourget, R. Chemin a dégagé un tumulus de pierres brutes de 1,20 m de hauteur sur 5 mètres de diamètre. Des ossements en partie dispersés et des débris
calcinés, laissent supposer une incinération partielle. Le mobilier funéraire se
composait d'une fibule, de 4 bracelets et
de menus fragments de céramique. La
fibule est du type à navicella , elle
mesure 9 centimètres de long et comporte un arc creux, renflé au milieu,
décoré de lignes incisées : lignes transversales formant deux bandes hachurées
de losanges au centre et deux branches
ornées de groupes de lignes longitudinales de chaque côté. Deux des bracelets (6
HA UTE.M AUn ! ENNE:
863. En virons d ~ ModHJll' r~ a \'\:.i\· ) -
I.E IH lI j jn; I·:T VILL .\I{!/III\.' les I:orls de I. C~.'Ieilluli - II.' .\l'd lt l ' ro!d
\ ' lh' g hJl!'rJ ' ~'
Le Bourget au début du siècle.
235
et 5,5 cm de diamètre) sont ouverts, à
tige pleine et mince, sans décor; les
deux autres (diamètre 5,5 cm), fermés,
sont décorés à l'extérieur de petites
canelures transversales.
Tombe de la Tène Ancienne: Découverte par J. Clappier en 1974 près du
Rocher des Amoureux, il s'agit d'une
tombe plate formée par un entourage de
gros galets et contenant un squelette
paré d'un torque, d'un bracelet et d'une
fibule. Ce matériel a permis de dater la
tombe de 400 avant Jésus-Christ, environ.
Le torque en bronze, d'un diamètre
de 14 centimètres et d'un poids de 85
grammes, a une tige pleine de section
circulaire (0,5 cm) munie à chaque
extrémité d'une cuvette cylindrique de 3
cm de diamètre, permettant une fermeture par emboitage. La tige lisse présente, près des cuvettes, un décor
gravé: deux motifs en S spiralé.
Le bracelet en bronze massif, ouvert,
de forme ovale, offre une section semicirculaire (poids : 57 grammes ; grand
diamètre: 6,3 cm largeur: 1,2 cm ;
épaisseur: 0,5 cm). Sa face externe
comporte un décor géométrique incisé:
segments de cercle opposés alternant
a vec des ocelles.
Il ne reste que l'ardillon, à ressort
bilatéral, de la fibule de bronze.
Tous ces objets sont déposés au
Musée Savoisien.
Eglises
Celle de Villarodin a pour patrons
Saint Julien et St Férréol. Construite en
1528, en 1631 on ajouta le chœur actuel
a vec son dôme et en 1666 le vestibule et
les tribunes. En 1836, rétables et statues
ont été restaurés et dorés par Tabur et sa
fille Concorde de Villarodin, qui ont
même signé et daté. Le tableau de
l'autel de Saint Joseph est de Pierre
Dufour.
236
Celle du Bourget est dédiée à St
Pierre. Consacrée en 1678, elle a été restaurée en 1895. Beau clocher roman à
arcatures lombardes, malheureusement
mal restauré en 1935. La décoration
intérieure XVII' et XVlIl' siècles est
intéressante. Notamment une statue de
la bienheureuse Marguerite de Savoie
(bois doré XVII) ; Bras de Lumière en
bois doré, anges porte-flambeaux; le
tableau du maître-autel (St Pierre aux
liens) est d'un des frères Dufour.
Chapelles
St-Roch: à l'entrée de Villarodin
datée de 1565, restaurée en 1953.
St Sébastien : oratoire orné d'une statue de St Sébastien en bois polychrome,
XVII' siècle.
Chapelle du Pra : à la Norma, XVII'
siècle.
Chapelle Sainte Marguerite à Amodon, ce serait l'une des plus anciennes
de Maurienne. L'abside est ornée de
peintures murales: un Christ en
Majesté daté du XV, siècle .
Ste Apollonie : 1713
Chapelle XIX' siècle dans le cimetière
Chapelle St Barthélémy à l 'Orgère :
fresques de 1676 (Sainte Marie Madeleine, St Barthélémy).
Maisons et châteaux
"La Maurienne par les Instituteurs"
cite une particularité des constructions
de Villarodin, remarquée également par
Pérouse: des escaliers faisant communiquer les étages à l'intérieur mais
dépassant l'alignement du mur pour
former des tourelles demi-circulaires
accolées à la façade. Nombreuses portes
en plein cintre, passages couverts.
Au Bourget, les maisons basses comportaient une grande cuisine avec une
immense cheminée et une petite pièce
attenante servant de chambre à coucher
aux chefs de famille: le "Pélo" ou
"Pléchotte" .
Le Bourget possédait également des
maisons aux façades ornées de fresques.
A l'entrée du village, à droite en venant
de Modane, une maison présentait dans
son fronton l'écusson de Savoie trois
fois répété et au-dessous une frise chargée elle aussi d'écussons: écusson de
Savoie, un autre à croix trêflée, monogramme du Christ. Ces peintures, très
détériorées vers 1880 n'étaient plus visibles en 1906 lors d'une excursion de la
Société d' Histoire et d'Archéologie de
Maurienne. Nous pouvons lire dans son
compte-rendu: "c'est la maison du
Mistral , ancien fonctionnaire des ducs
de Savoie qui cumulait les attributions
de percepteur et d'officier de police;
malheureusement une couche de mortier a recouvert les vieilles peintures qui
en décoraient la façade". Mais quelques
pas plus loin, la maison des nobles Palluel présentait encore ses fresques. En
1891, le chanoine Truchet les décrivait
ainsi: "la porte de la maison est entourée d'un arc, dans l'intérieur duquel est
le monogramme du Christ, J.H.S., surmonté d'un soleil et de la date A.D.
MCCCCLV'" die VlII septembris. Les
peintures du mur supérieur sont trop
détériorées pour pouvoir être déchiffrées. A droite de l'inscription une longue frise est divisée en dix parties; un
écusson d'argent chargé de neuf pommes de pin; l'écusson de Milan, la guivre ; un portrait de femme; la croix de
Savoie répétée cinq fois dans une bordure variée d 'or, d'azur ou endentée;
un portrait d'homme à cheveux blonds,
portant entre ses mains un cœur renversé , l'écusson de la Chambre, d'azur
semé de fleurs de lys d'or à la cotice de
gueules brochant sur le tout". En fait
ces peintures devaient déj à être assez
effacées pour que leur interprétation
soit difficile . Le Chanoine Gros en effet
ne lisait pas la date du 8 septembre 1455
mais celle du 9 septembre 1475 : A.D.
MCCCCLX XV die VIlII septembris, et
au lieu d'un cœur renversé il voyait une
poire ou une pomme de pin. Il n'a pas
vu non plus l'écusson aux neuf pommes
de pin, mais un écusson d 'hermine ou
de croix.
Activités
C'est sans doute le passage qui a justifié, en partie, le développement de la
commune. Comme le montrent les trouvailles archéologiques, dès la plus haute
époque, le Bourget fut un relais important sur la voie reliant la Maurienne à la
vallée de Suse par le Mont-Cenis. Cette
fonction garda longtemps son importance et le Bourget est cité dans quelques récits de voyageurs. Par exemple
en 1518 Jacques le Saige, marchand de
draps de soie, demeurant à Douai et se
rendant à Jérusalem écrivait: (de Saint
André) "au Bourget (il y a) deux grandes lieues et pénibles chemins de pierre,
et monts et vallées, et toujours neige
d'un côté et de l'autre. Il nous fallut
passer plusieurs eaux. Nous demeurâmes au diner au dit Bourget qui est un
village, et portent les femmes des alentours rouges chapeaux, et je dépensai
cinq gros. Du Bourget à Tresmignon, il
y a trois grandes lieues et tels chemins
que devant".
Si de nombreux habitants vivaient du
passage, l'activité essentielle était cependant l'agriculture. Les Villarins arrosaient leurs champs en dérivant , à l'aide
de canaux de bois, sur deux ou trois
kilomètres, l'eau du ruisseau de Pelousaz. Les principales cultures étaient le
seigle, les choux, le chanvre, la pomme
de terre. On pratiquait l'élevage. En
1561 Villarodin comptait 47 bovins et
336 ovins, le Bourget 197 bovins et 389
ovins. L'alpage se déroulait en deux
temps: pâturages inférieurs de printemps et d'automne (Amodon était
alors un véritable village) ; pâturages
supérieurs vers les chalets d 'été dispersés
dans les montagnes. Le bois était bien
exploité, la commune en possède 780
hectares.
A cela s'ajoutaient quelques industries. A la fin du XVlII' siècle Villaro237
87 +
L E II O\lU C; I:
A rriv~t d ;:s riH).ufcoll ~
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S"\' v Î1' )
Je P, n vCll ç r .
Le Bourget vers 1900 - La transhumance.
din possédait une chamoiserie. Il y avait
également des carrières: anciennes carrières de gypse, marbre ... En 1875 , V.
Barbier citait à Villarodin: "marbre
vert cristallin, de diverses nuances, se
polissant très bien. Carrière très abondante à 4 kilomètres de Modane". Entre
les deux guerres, les quartzites triasiques
de Villarodin furent exploitées pour alimenter les industries électro-chimiques.
Saint-Gobain
La compagnie Saint Gobain décida,
en 1917, de construire à VillarodinBourget, une usine de carbure de calcium et de cyanamide . L'énergie serait
fournie par l'eau de l'Arc, captée li
l'aval de Bramans, et actionnant, sous
100 mètres de chute, la centrale
d'Avrieux. Le raccordement à la voie
ferrée pouvait se réaliser assez facilement par un tronçon de 3,2 kilomètres.
L' usine entrait en fonction en 1923 . La
production fut en progrès constant: 12
300 tonnes en 1948 ; 22771 en 1955. En
238
1958 un four Elkem remplaça les deux
fours Miguet-Perron, et en 1960 la production atteignait 48 082 tonnes, et 66
000 tonnes en 1971. Dans le même
temps les effectifs diminuaient : 192 en
1948; 136en 1-955, 190 en 1960, 125 en
1971. La consommation d'électricité
baissait elle aussi : 3 850 kwh en 1950
pour 1 tonne de carbure, 3 350 en 1970.
La chaux provenait des carrières et
fours à chaux de St-Martin la Porte,
exploitées par St-Gobain depuis 1949.
L'abondance et la qualité de la lame calcaire permettait d'envisager plusieurs
décennies d'exploitation, au rythme
annuel de 220 000 tonnes. Tout ceci
pouvait permettre un certain optimisme
mai s les difficultés ne manquaient pas.
La consommation d'électricité (l'usine
avait perdu son autonomie énergétique
en 1946) représentait plus de 200/0 du
prix de vente; il fallait respecter les contraintes du réseau national: mettre les
fours en veilleuse 4 heures par jour, aux
heures de pointe, pendant 25 jours,
entre novembre et février. La chaux se
trouvait à proximité, mais le coke venait
de St-Etienne et le carbure était expédié
à St-Fons, St-Auban, Jarrie, ce qui
représentait de lourdes charges de transport. D 'autre part, les deux tiers du carbure de calcium de Villarodin-Bourget
étaient destinés à l'industrie du chlorure
de vinyle monomère, branche dans
laquelle la pétrochimie exerçait une concurrence de plus en plus efficace depuis
les années 50. La mise en marche par
Péchiney-Saint-Gobain de l'usin e de
Lavera produisant 200 000 tonnes de
monomère portait un coup de grâce à
l' usine mauri ennaise. Celle-ci était fermée à l'automne 1972.
Il Y eut 22 départs à.la retraite, 26
départs vo lontai res et 74 mutations dans
d'autres étab lissement s du groupe . Ceci
explique la ch ute de la population de
Villarodin-Bourget au recensement de
1975.
La Nanna
En 1970, la commune se lança dans le
touri sme , par l' intermédiaire d'un
syndicat intercommunal, constitué avec
Avrieux. Ceci permit la création, sur le
territoire de Villarodin , de la station de
la Norma . Un bon enneigement et la
facilit é d'accès ont assuré le développement de la station .
On peut espérer que cela apportera
qu elques ressources à la commune ,
lourdement touchée par la fermeture de
l'u sine de Saint-Gobain, qui avait mis
en difficulté son budget. D'autant plus
que la centrale E.D.F., dite de Villarodin, ne lui apporte aucune redevance:
co nstruite à la limite de Villarodin et
d'Avrieux, mais les turbines étant sur
cette dern ière, Villarodin ne touche pratiquement rien .
Aujourd'hui, si Villarodin-Bourget a
gardé une "ambiance encore rurale"
(Marcel Jail) : un seul paysan à part
entière en 1976 mais une vingtaine
d'ouvriers paysans, l'essentiel des actifs
se répartit entre la S.N.C.F. et les entreprises proches co mme l'O.N.E.R .A.
Quelques emplois ont été créés par la
Norma.
239
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